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: L'Empire du disque contre-attaque, cette fois en Europe !

Posté par Jean-Louis Fandiari (). Modéré le 03 août 2003.
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Empire Strike Back ! Le titre d'un film de science fiction ? Pas seulement, car l'industrie de la musique a bel et bien décidé de mettre fin au mouvement de résistance rebelle. Celui-ci doit faire face à une véritable offensive qui prend la forme d'actions judiciaires, un peu partout dans le monde.

Aux Etats-Unis tout d'abord, comme annoncé dans ces pages, la RIAA (Recording Industry American Association) a obtenu plusieurs ordonnances contre des fournisseurs d'accès pour obtenir les noms des utilisateurs de P2P. Ces utilisateurs ont ensuite été informés du fait que des actions judiciaires pourraient avoir lieu contre eux : l'association évoque des sanctions de l'ordre de 150 000 $ par oeuvre contrefaite !

Cette délicieuse utilisation de la justice arrive à nos portes. Premier pays touché : le Danemark où une société de gestion de droit a adressé plus de 150 injonctions de payer à plusieurs utilisateurs. Second pays dans le collimateur de l'Empire : l'Espagne où le cabinet d'avocat Landwell a indiqué qu'il allait entamer des poursuites judiciaires à l'encontre de 4000 utilisateurs de la plate-forme d'échange de fichiers Kazaa !

Bien entendu, ces actions ne visent pour le moment que les plus visibles des rebelles, souvent les plus jeunes d’ailleurs : ceux qui procèdent à l’échange massifs de fichiers illégaux. Elles sont également un puissant outil de communication pour rappeler au grand public que l'échange massif de musiques en ligne, c’est mal.

Autre outil de communication : la loi. Plusieurs projets sont actuellement à l'étude pour criminaliser l'échange de fichiers contrefaits et/ou le fait de distribuer ou de détenir un logiciel de P2P conçu à cet effet.

Ainsi un projet de loi suédois destiné à transposer l'EUCD vise précisément le P2P. Ceci sans parler du projet un peu fou déposé le 16 juillet dernier devant le Parlement américain qui pose la fiction suivante : tout individu permettant l’accès à une œuvre numérique protégée sans le consentement du détenteur des droits est réputé avoir commis la distribution d’au moins 10 copies illégales de l’œuvre en question, infraction pouvant donner lieu à une peine d’emprisonnement de 5 ans maximum.

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Re: L'Empire du disque contre-attaque, cette fois en Europe !

Posté par arsenic () le 03/08/2003 à 18:35. (lien). Évalué à 6.

et ils comptent les mettre ou tous les prisonniers?

Freenet

Posté par cozon (page perso, ) le 03/08/2003 à 18:54. (lien). Évalué à 0.

Il devient de plus en plus tentant d'utiliser freenet.
Jusqu'ici, avec un cyrix 166 Mhz comme passerelle, c'était trop lourd.
J'aimerais savoir si ça fonctionne bien...

Et la France ?

Posté par David Maciejak () le 03/08/2003 à 18:57. (lien). Évalué à 2.

Il serait interessant de savoir comment le gouvernement francais va faire fasse aux pressions de la RIAA.

Re: L'Empire du disque contre-attaque, cette fois en Europe !

Posté par __caffeine__ () le 03/08/2003 à 19:09. (lien). Évalué à 10.

Décidément, on s'en débarassera jamais de ces sangsues...

Rappelons quand même que si les majors s'attaquent comme ça aux réseaux p2p plutôt que de sauter dans le train en marche, c'est parce que c'est la fin de leur monopole douteux sur la production artistique. Je vous invite à lire cet excellent lien, en anglais malheureusement:
http://www.goingware.com/tips/legal-downloads.html(...)
La crainte des majors, c'est pas le soi-disant manque à gagner dû aux téléchargements, c'est la mise en place de réseaux de promotion et de distribution indépendants d'elles, des réseaux où elles ne feraient pas la pluie et le beau temps. Rappelons qu'un artiste touche en moyenne 41 cents* de royalties par disque vendu, royalties sur lesquels il doit rembourser les frais de promotion de studio etc... "généreusement" avancés par la maison de disque. Dans le modèle actuel, la réelle source de revenu pour un musicien c'est les concerts, et de ce point de vue-là le p2p est déjà un avantage puisqu'apportant beaucoup d'exposition pour un coût nul.

Mais AMHA la question va plus loin que quelques businessmen agrippés à leur rente, ça aborde aussi la problématique de la liberté d'expression, du contrôle des médias et d'autres choses dont on discute souvent ici. Un lien avec plein de réflexions intéressantes:
http://grapevine.sourceforge.net/doc/grapevine-manifesto/grapevine-(...)

Concrètement, je suggère de passer à la désobéissance civile avant qu'il ne soit trop tard: utilisons et faisons connaître les outils de partage de fichiers sécurisés comme freenet ou grapevine (les deux sont sur sourceforge), et pourquoi pas lancer un manifeste, du genre du manifeste des 343 salopes sur l'avortement, où les signataires reconnaissent avoir utilisé un client p2p au moins une fois dans leur vie (60 millions d'utilisateurs rien qu'aux états-unis, de quoi opposer un démenti cinglant aux gesticulations de Rosen et consorts).

Quand une loi est stupide, il est du devoir du citoyen de s'y opposer (je sais plus qui a dit ça, mais pour une fois qu'une citation colle...)

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* rappelons également qu'un disque acheté directement à un label coûte entre 10 et 12 Euros. Arithmétique amusante: calculez la part de chacun des acteurs sur un CD vendu 20 Euros...

Re: L'Empire du disque contre-attaque, cette fois en Europe !

Posté par ptitux () le 03/08/2003 à 20:52. (lien). Évalué à 11.

Bon, c'est clair les majors tiennent à garder la main-mise sur le gros du magot. Pour ma part, leur position me fait gerber. Lorsqu'on les écoute, c'est le plus malheureux du monde, vous comprenez, à cause de l'échange de musique sur internet, ils voient leur chiffre d'affaire baisser et donc ils ne peuvent plus "lancer" de jeunes artistes et ils vont devoir licencier et blabla...
Faut vraiment être con pour croire des salades pareilles !!!
J'aimerais bien avoir l'avis des artistes qui se font exploiter à 1 € par album lorsque leur producteur s'envoie la grosse part du pognon...
Si la vente de CD baisse c'est aussi parce qu'il produise (on parle bien de produit maintenant et non plus d'art) de plus en plus de merdes à 2 balles, sans aucune originalité mais lancées à grand renfort de pub, du matraquage. Il suffit de voir ce qu'il font avec Jonathan qualifié de "l'artiste le plus talentueux de sa génération". Pas modeste. Et tout ce qu'il on trouvé à lui faire chanter, c'est une reprise. Comme ça, ils sont sûr que ça va marcher (puisque cela a déjà marché) et ça coûte pas cher. Bref, c'est le niveau zéro de l'art musical, de la merde à l'état brut doublé de l'exploitation d'un pauvre gars qui n'a d'autre choix que de se faire exploiter pendant des années par des producteurs ayant droits peu scrupuleux. A force de faire des reprises on se demande ce qu'ils vont chanter dans 10 ou 20 ans !
On n'est pas à une contradiction prèt. Cela ne dérange pas nos chères majors à la fois de protéger leurs disques contre la copie et de toucher la taxe sur les CD. De qui se moque-t-on ? Et dire que nos gouverments protège ce système mafieux !
Moi, j'ai choisi. Depuis qu'ils protègent les disques, je n'en n'achète plus. Cela va faire maintenant 2 ans. Si le même genre de magouiles arrive sur les PC (avec TCPA/Palladium et interdiction de certains logiciels) je jette le tout par la fenêtre et je passe à autre chose qui préservera ma liberté, qui elle n'a pas de prix.

Re: L'Empire du disque contre-attaque, cette fois en Europe !

Posté par Gloo () le 03/08/2003 à 22:49. (lien). Évalué à 10.

"Cette délicieuse utilisation de la justice arrive à nos portes"

Je ne vois pas en quoi c'est un problème. Dommage qu'il n'y ait eu que 150 injonctions de payer, qu'il n'y aurra que des poursuites judiciaires à l'encontre de 4000 utilisateurs, que les sanctions ne soit que de l'ordre de 150 000 $ par oeuvre contrefaite, et que les peines ne soit que de 5 ans d'emprisonnement maximum.

Moi je trouve ca bien, vivement que ca devienne monnaie courante. Comme ca, le chiffrement entrera rapidemment dans les moeurs, et la liberté du reseau sera d'autant plus forte que l'anonymat et le chiffrement ne seront plus considérés par l'utilisateur de base (et donc par les editeurs et programmeurs de soft) comme la cinquième roue du carosse.

L'étape d'après pour ces messieurs sera d'interdire d'une façon ou d'une autre l'utilisation de la crypto, et là, les masques vont tomber (industries, politiques, journalistes...). Je pense qu'il sera alors légitime pour tous (et pas seulement pour les accrocs du p2p et leurs Go de merde piraté qui pourrisent reseaux et logs) de gueuler et de faire de la désobeissance civile le cas écheant.

L'industrie du disque ne voit pas plus loin que son nez et nous emmene tout droit vers le "problème" des libertés fondamentales contre les interêts économiques. Tant mieux, et pourvu qu'on y arrive vite.

Avant ca, je ne vois aucune raison de s'enflammer.

Re: L'Empire du disque contre-attaque, cette fois en Europe !

Posté par Egidius () le 04/08/2003 à 07:38. (lien). Évalué à 4.

L'économie numérique est-elle soluble dans la répression ?

Le problème de fond concernant les échanges numériques, au sens le plus large du terme, c'est qu'ils terrifient les politiques et aussi les acteurs économiques les plus puissants.

Pour ne pas sortir du sujet de cette news, je propose l'exemple suivant :

Je désire me procurer un cd d'un petit label espagnol
(société de production de la taille d'une pme).

Je m'addresse pour celà à un disquaire indépendant et à une enseigne de grande distribution.

Verdict 19,50 euro le cd. (Une mastérisation d'un 33T de 1956 dont on peut considérer qu'il ne nécessite pas d'investissement de production en dehors du master et de la gravure des cd).

Le label vend directement par internet le même cd 8,80 euros + frais de port pour un total de 14 euros.

Donc 5,50 euros de différence pour un seul cd.

D'autre part il s'agit d'une oeuvre de 1956 dont je ne sais qui détient les droits d'auteur, ni quand ces droits expirent, ni combien ils représentent sur le prix total du cd.
Il est difficile de faire plus obscur.

Les producteurs et des distributeurs de produits audiovisuels ont pour objectif de maintenir des marges très élevées sur la vente de leur produits au mépris des client, au mépris des créateurs.

Il n'en reste pas moins que l'échange d'oeuvres numériques même à titre gratuit, qui est un phénomène massif, provoquent des lèses directs et indirects et fragilisent les libertés d'expression et d'échange.

Bien sur, ce phénomène dépasse largement le cadre du litige dont on veut à tout force le réduire. N'y voir là qu'un acte de "piraterie" démontre à quel point nos sociétés ne digèrent pas ces nouveaux moyens de communication.

Jamais la modernité ne posa un tel défi à nos sociétés.

Plusieurs idees

Posté par Julien Borrel () le 04/08/2003 à 08:43. (lien). Évalué à 2.

Il y a plusieurs nouvelles dans cette nouvelle.
La RIAA obtient des injonctions contre les fournisseurs d'acces afin de pouvoir identifier des noms d'utilisateurs de p2p?
C'est normal, et c'est la demarche a suivre. On ne s'attaque pas a l'intermediaire, mais on saisit la justice pour pouvoir remonter aux contrevenants. C'est bien. C'est beaucoup mieux que de faire fermer napster, par exemple.

La transposition de l'EUCD? C'est mal. Ca n'ajoute pas de protection a l'oeuvre, ca fait des lois redondantes, c'est stupide!

Le projet depose aux USA? Haha! Ils me feront toujours autant marrer. Bon, compter un minimum de 10 copies des que l'oeuvre est accessible est etrange... Pourquoi 10? Ca ne correspond a rien. D'ailleurs, on peut supposer qu'il n'a bien distribue qu'une seule copie. M'enfin, c'est un detail. Mais 5 ans de prison!!! Ca fait cher le CD de Celin Dion... Il vaudrait presque mieux l'assassiner. C'est ridicule.

Re: L'Empire du disque contre-attaque, cette fois en Europe !

Posté par bghflt (page perso, ) le 04/08/2003 à 12:52. (lien). Évalué à 1.

http://freshmeat.net/projects/peerprotect/?topic_id=151%2C253(...)

Le lien download est mort
Le site est protégé par mot de passe.

Vendredi tout marchait..

Mais ca n'a rien à voir avec le sujet

Re: L'Empire du disque contre-attaque, cette fois en Europe !

Posté par Space_e_man (page perso, ) le 05/08/2003 à 13:16. (lien). Évalué à 1.

Aux États Unis d'Amrique, la RIAA à depuis quelques temps obtenu gain de cause au pèrs des plus hautes instances et reçoit d'un grand nombre de fournisseurs d'accès internet, l'identité des utilisateurs de logiciel d'échange de fichiers ("peer to peer").

Mais l'un d'entre eux semble vouloir résister et se targue de vouloir défendre un certain "droit de leurs clients à la vie prive"!?.

Curieusement en effet, les aspirations de la RIAA ne semblent pas faire l'unanimité...

"USA- Pacific Bell refuse de dénoncer les pirates musicaux du net"
http://fr.biz.yahoo.com/030801/85/3bufm.html(...)

"Procès de la RIAA : un fournisseur Internet contre-attaque"
http://www.branchez-vous.com/actu/03-07/07-257704.html(...)

"La vie privée sacrifiée sur l'autel du copyright ?"
http://www.vouich.com/archives/nouvelles_du_cyberdroit/la_vie_prive(...)

"Les FAI incités à violer la vie privée des internautes"
http://www.01net.com/article/200225.html(...)

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