Pourquoi investir sur des auteurs vivants quand les morts sont aussi rentables ?

Posté par . Édité par baud123, Nÿco et Benoît Sibaud. Modéré par baud123.
86
22
fév.
2012
Culture

L’exploitation des auteurs morts par les Majors de la culture nuit à la création, empêchant la diffusion d’une traduction, ou la représentation d’une pièce de théâtre.
Le domaine public est en train de disparaître, on le cède irrationnellement à des Majors. Les licences libres constituent-elles la seule alternative pour les auteurs qui ne souhaitent pas que « leur mort nuise » à l’exploitation de leurs œuvres et au domaine public ? Il y a urgence à soutenir de nouveaux entrepreneurs innovants sur de nouveaux modèles de diffusion, respectueux des auteurs et de leur public.

L’article du Journal des Arts : « Le droit d’auteur et ses abus » publié en septembre 2003 entre étrangement en écho avec l’affaire François Bon et Gallimard, on se demande même s’il ne l’anticipait pas.

Tous ces débats sur les abus du droit d’auteur ne sont pourtant pas nouveaux. La metteuse en scène Myriam Saduis s’est vu interdire dernièrement de jouer au festival d’Avignon la pièce d’Ingmar Bergman « Une affaire d’âme » parce que la Fondation Bergman avait vendu les droits exclusifs d’exploitation en France à la metteuse en scène Bernadette Acolas et ses producteurs.

L’histoire se répète … Les éditions Gallimard font retirer du site publie.net la traduction de François Bon du "Vieil homme et la mer" d’Ernest Hemingway en faisant valoir l’achat des droits de l’œuvre auprès de la succession d’Hemingway.

La vente de l’exploitation exclusive du droit d’auteur à des entreprises culturelles est une atteinte au droit d’auteur lui-même. Il semblerait que la traduction de François Bon soit meilleure que la traduction de 1954 de Gallimard. Interdire cette traduction, n’est-ce pas porter atteinte au droit moral de l’auteur ; peut-on faire parler les morts ? C’est toute l’absurdité de la cession des droits patrimoniaux de l’auteur qui confère aux éditeurs un pouvoir que l’on devrait leur interdire.

Il est regrettable que les intérêts commerciaux dominent les choix esthétiques. La concession faite de l’exploitation des œuvres à la mort de l’auteur à des entreprises culturelles devrait être interdite ou rigoureusement limité.

Il serait souhaitable que dès la mort de l’auteur, ses œuvres soient élevées au domaine public, ce qui n’empêcherait d’ailleurs nullement leur exploitation commerciale : l’exploitation des œuvres de Molière, Racine, Bach etc. font vivre des milliers de projets artistiques.

Pourquoi le politique s’est-il autant inféodé au pouvoir des lobby culturels pour imposer périodiquement par des lois un allongement des droits d’auteurs ? L’exploitation des œuvres d’auteurs morts ne s’apparente-t-elle pas clairement à une concession de droits féodaux que tout intellectuel des lumières a combattus, et nous leurs héritiers devrions combattre ?

« Voilà longtemps que le droit d’auteur n’est plus l’héritier de celui qu’avaient inventé les Lumières, mais est devenu le moyen des industries culturelles pour imposer leur loi. » écrit Hubert Guillaud dans son analyse du différend opposant Gallimard et François Bon.

Le domaine public est-il en train de disparaître dans l’indifférence générale ?

Le domaine public est en train de disparaître… Vincent Noce l’auteur de l’article « Le droit d’auteur et ses abus » constate : « Désormais, tout le monde se sent « propriétaire » d’une œuvre et demande des comptes, plasticiens ou littérateurs, mais aussi les architectes avec leurs fontaines, les musées avec leurs tableaux, les municipalités avec leurs églises, voire les parcs naturels avec leur paysage. Tous oubliant allègrement que ces biens appartiennent au patrimoine public. Et que leur dissémination fait partie de leur mission éducative. »

Comment comprendre que le Ministère de la Culture ait accepté d’interdire les prises de photographie et les films aux visiteurs du Musée d’Orsay ? La raison avancée par la section CGT des musées fait frémir : pour augmenter la vente des cartes postales et des catalogues.

Quel prix les peuples auront-ils encore à payer pour préserver « cette économie de la culture » ? Cette économie si nuisible aux auteurs contemporains et aux publics.

Ernest Hemigway s’est suicidé en 1961 et les droits du livre « Le vieil homme et la mer » appartiennent jusqu’en 2047 à son éditeur Scribner dans le fond appartient désormais à CBS corporation. La société Scribner a vendu les droits de traduction en français à la société Gallimard. Il est désormais interdit à quiconque jusqu’en 2032 de proposer des traductions en français de ce livre. (1)

Pourquoi investir sur des auteurs vivants quand les morts sont aussi rentables ?

Il a été maintes fois démontré que l’allongement du droit d’auteur et des droits voisins profite essentiellement aux producteurs et nuit aux auteurs contemporains. Car enfin pourquoi investir sur des auteurs vivants quand les morts sont aussi rentables ?

Jamais la précarité du monde de l’art « des vivants » n’aura été si visible. En témoigne l’appel pour la création du Syndicat National des Entreprises Artistiques et Culturelles, auquel ce texte se fait indirectement l’écho, appelant à une manifestation le 24 février 2012 pour dénoncer :

  • « un millier d’emplois permanents seront prochainement détruits dans les théâtres, festivals, compagnies,centres d’art, lieux d’expositions, orchestres ou opéras,
  • des comédiens, musiciens, chanteurs, danseurs, circassiens, techniciens, plasticiens seront encore plus nombreux touchés par la précarité et le chômage, le saccage des programmations des saisons ou des festivals débutera dès l’été 2012. »

L’appel demande le dégel des crédits 2012 soit 47 millions d’euros consacrés à la création et 20 millions d’euros à la transmission des savoirs et la démocratisation.

Intéressant au demeurant de comparer les subventions demandées par le Syndicat National des Entreprises Artistiques et Culturelles avec le coût de l’Hadopi estimé globalement à 70 millions par le Conseil général des technologies de l’information.

À l’heure où le secteur de la culture traverse une crise sans précédent, il serait temps de chiffrer en plus de la Hadopi combien l’explotation économique des artistes morts par l’industrie coûte aux citoyens.

Combien le contribuable paye-t-il pour que les bibliothèques, les écoles, les collèges, les lycées, les universités, les conservatoires etc. aient le droit de diffuser des œuvres d’auteurs morts comme Maurice Ravel, Albert Camus etc. ?

Qui peut encore croire que l’argent moissonné par les industries culturelles sur l’exploitation des « artistes morts » sert à produire « des artistes vivants » ? Quand cela permet de rémunérer principalement les actionnaires de ces industries.

Il faut avoir à l’esprit que le secteur de l’économie culturelle a profondément changé, les acteurs se sont raréfiés à une dizaine d’acteurs qui se partagent de par le monde la majorité des œuvres culturelles. L’allongement des droits d’auteurs profite majoritairement à des Majors comme Walt Disney.

Le piratage des auteurs morts nuit-il à la production des auteurs vivants ?

Devant les abus d’exploitation du droit des auteurs morts, on pourrait se demander si « le piratage » de leurs œuvres ne constituerait pas, au fond et en vérité un profond hommage que l’on rendrait à ses auteurs ? Peut-on sérieusement imaginer Léo Ferré, Georges Brassens, Jean-Paul Sartre, Albert Camus, Guy Debord, Marcel Duchamp, défendre les droits des Majors ?

Ernest Hemingway est mort en 1961, voilà déjà 41 ans que Scribner-CBS corporation jouit exclusivement seul de l’exploitation de ses droits, doit-on leur accorder 35 ans supplémentaires ? Cela n’a pas de sens.

Il ne suffit plus de dénoncer les abus, les aberrations du droit d’auteur, et les conséquences mortifères sur l’instruction et la création. Il faut aussi démontrer ses dangers sur l’économie de l’art vivant.

À ceux qui arguent que le piratage nuit à l’économie de la culture, « nous » répondrons que c’est l’allongement toujours plus excessif des droits d’auteurs.

On aura fait dire tout et n’importe quoi pour justifier la mise en place de la loi Hadopi.

Aucune étude n’a démontré les dangers du piratage sur l’économie de la culture. La plupart (nous parlons bien sûr des études scientifiques et/ou indépendantes) concluent tout au contraire, jusqu’à une étude publiée sous l’autorité même de la Hadopi, qui constate que les plus gros téléchargeurs sont en même temps les plus gros acheteurs d’oeuvres. Si l’industrie de la musique peine à trouver des alternatives à la fin du support CD en sommes-nous responsables ? Quant à l’industrie du cinéma, jamais elle n’a gagné autant d’argent.

C’est le domaine public et en conséquence les citoyens qui sont victimes de cette guerre des Majors pour préserver leurs profits sans innover et restant sur un modèle dépassé. Les politiques qui ont choisi d’être les complices des Majors en imposant des allongements des droits excessifs devront rendre des comptes aux générations futures.

Il est de fait inquiétant que les deux principaux partis qui sont candidats à gouverner la France soient autant soumis à l’industrie culturelle, et les hésitations de François Hollande sur l’abrogation d’une loi qui n’aura rapporté aucun centime aux auteurs ne sont pas de bon augure.

De nouveaux modèles d’industries culturelles, respectant les auteurs et leurs publics, sont possibles.

A contrario le mouvement des licences libres concomitantes de l’avènement d’Internet, invente de nouveaux modèles, expérimente de nouveaux rapports entre auteurs et public.

Plusieurs expérimentations ont lieu pour associer le public à la production d’œuvre artistique.

Les artistes se réapproprient les questions centrales de l’économie de l’art, sur sa valeur d’échange, sa valeur d’usage. Il faut lire les réflexions d’Antoine Moreau pour sortir des logiques mortifères que nous imposent les Majors, et se débarrasser de cette odeur de cadavre d’auteur mort qui empoisonne aujourd’hui la création contemporaine.

Il est temps d’encourager de nouveaux modèles d’entreprises artistiques en phase avec leur siècle, respectant les auteurs et leurs publics.

L’économie numérique culturelle est à inventer, la multiplication et la diffusion des œuvres audio ou vidéo ne coûtent presque rien. Tout le monde copie, distribue des fichiers numériques, les transferts de son téléphone à son ordinateur. Il est impensable de vouloir reproduire sur ce qui est abondant une économie de la rareté. Toutes les tentatives autour des DRM, des technologies voulant artificiellement recréer de la rareté dans l’univers numérique sont vouées à un échec coûteux et dommageable pour tous.

Il faut créer des pépinières d’entrepreneurs numériques culturelles

On ne peut créer de la rareté artificiellement, l’avènement du numérique permet une nouvelle diffusion des œuvres culturelles, c’est partant de ce constat qu’il faut innover.

Benjamin Bayart, président de FDN faisait remarquer lors de la conférence « Hadopi Versus Licence Globale : Quels enjeux ? » qu’il était facile de créer une librairie dans le monde physique et quasi impossible dans le monde numérique.

Si dans le monde physique les industries culturelles ont le monopole de la distribution des œuvres (chaînes de télévision, réseaux de distribution auprès des grands magasins), elles ne peuvent l’avoir sur Internet. C’est une chance pour des millions de nouveaux entrepreneurs, encore faudrait-il les soutenir et leur permettre de vendre les œuvres détenues par les Majors.

La voie ouverte par des collectifs de réalisateurs comme Kassandre est une chance pour les partenaires publics désirant préserver une société du partage plutôt qu’une société de la privatisation de la connaissance.

La licence globale aura été certainement la pire erreur défendue par les associations de libertés numériques, tout d’abord parce que l’on ne crée pas une proposition pour répondre à un non problème : car il n’est pas démontré que le partage non légal des œuvres nuise à l’économie culturelle, ensuite parce que la nouvelle taxe qu’elle se propose de créer servira majoritairement à soutenir « cette industrie mortifère ».

Le domaine public doit redevenir une préoccupation centrale

Il y a urgence à explorer de nouvelles voies, il n’est pas possible que les droits d’auteurs nuisent autant à la création et empêchent des traductions de voir le jour ou des pièces d’être jouées.

La voie expérimentée par les auteurs diffusant sous licence libre se doit d’être plus soutenue par les pouvoirs publics, pour à terme redéfinir un droit d’auteur pour les auteurs et non pour les Majors.

Jérémie Nestel (Président de l'association Libre Accès)

(merci à Joseph Paris et bituur esztreym pour leur relecture)

(1) 2032 en France et non 2047 car selon l’Art. 123-12 du CPI, « la durée de protection est celle accordée dans le pays d’origine de l’oeuvre sans que cette durée puisse excéder » celle prévue par la loi française, cf. http://www.slate.fr/story/50303/CUL...

  • # Journal des Arts

    Posté par . Évalué à 2.

    Il y a une faille spatio-temporelle parce que d'un côte la dépêche dit qu'il a été publié le 13 février et l'article en lui-même fait mention de septembre 2003 ? Ce n'est pas plutôt qu'il a été mis en ligne récemment ?

  • # Problème compliqué

    Posté par . Évalué à 6.

    En fait le droit d'auteur est allé dans le sens inverse de ce qu'il aurait du être. On a allongé la durée avec les nouvelles technologie, au lieu de la réduire, et d'un système pensé pour les auteurs, on arrive finalement à un système qui les desserts plus qu'autre chose.

    Personnellement je suis pour une durée fixe du droit d'auteur pour un œuvre à partir du moment où elle est publié, et non une durée variable dépendant de la vie d'une personne. Ce système est complètement absurde, et inéquitable, selon qu'une œuvre est écrite à 20 ou 50 ans la durée de protection ne sera pas la même. Une durée allant de 3 à 6 ans me parait amplement suffisant comme protection aujourd'hui.

    Il ne faut pas décorner les boeufs avant d'avoir semé le vent

  • # Le point de vue des auteurs de maintenant.

    Posté par . Évalué à 10.

    Dans ce long débat autour de la question des droits d'auteurs, on entend et on lit à longueur de journée des tas d'opinions. Celle des libristes, des internautes qui piratent, des gérants des majors, des dirigeants des sociétés d'auteur, des politiques de chaque bord..

    Et finalement, ceux à qui le système donne le plus grand pouvoir (pouvoir qu'à 99% ils délèguent à l'industrie du divertissement), les auteurs, ont l'air d'être les plus silencieux. Et j'avoue que ce silence commence à me taper sur les nerfs.

    Par exemple, les plus de cent milles sociétaires de la SACEM n'ont rien à dire ? Pour rappel ils ont la possibilité de la quitter, la possibilité de s'exprimer en leur nom propre, la possibilité de participer aux élections de ses dirigeants et de la changer de l'intérieur.

    On ne va pas me faire croire que des artistes, dont un des aspects du métier est de jeter un regard sur la société, n'en ont rien à foutre de ce débat qui les concerne en premier lieu. Ce serait, étant donné la position centrale que leur donne le système, étant donné les lois et réglements liberticides (cf ACTA) qu'on énonce en leur nom, totalement indécent de n'en avoir rien à foutre et de continuer à nous faire des chansons et des films qui parlent de tout sauf de ça.

    Quand on touche au système de santé on a les soignants dans la rue. Quand on touche à l'éducation on a les enseignants dans la rue. Quand on touche à Internet et à la culture, ce n'est pas que les geeks qu'on devrait trouver dans la rue.

    THIS IS JUST A PLACEHOLDER. YOU SHOULD NEVER SEE THIS STRING.

  • # Re: Pourquoi investir sur des auteurs vivants quand les morts sont aussi rentables ?

    Posté par (page perso) . Évalué à 3.

    Pourquoi investir sur des auteurs vivants quand les morts sont aussi rentables ?

    In investissement c'est sur le long terme. Donc il faut investir dans les vivants pour qu'ils puissent rapporter plus d'argent quand ils seront mort.

  • # bibliothèques

    Posté par . Évalué à 2.

    Combien le contribuable paye-t-il pour que les bibliothèques, les écoles, les collèges, les lycées, les universités, les conservatoires etc. aient le droit de diffuser des œuvres d’auteurs morts comme Maurice Ravel, Albert Camus etc. ?

    Euh, pour les bibliothèques c'est quasiment le même prix que ce soit du Dan Brown, du Albert Camus ou du François Villon, non ? Il suffit d'acheter le livre...

    • [^] # Re: bibliothèques

      Posté par (page perso) . Évalué à 1.

      Ah, mais les livres du domaine public sont logiquement moins cher : il n'y a plus de rentiers à financer, et il y a libre concurrence entre les éditeurs.

      • [^] # Re: bibliothèques

        Posté par . Évalué à 2.

        Si les prix de vente étaient lié par une règle logique au prix de revient ca se saurait pour maintenant.

        Par exemple pour les livres j'ai plus l'impression que le prix dépend de l'éditeur , de la collection choisie et nombre de pages plutôt que du statut domaine public ou pas, auteur vivant ou mort.

  • # Pourquoi investir sur des auteurs vivants quand les morts sont aussi rentables ?

    Posté par . Évalué à 6.

    « Pourquoi investir sur des auteurs vivants quand les morts sont aussi rentables ? »

    Décider que les majors seraient les seuls gros méchants me paraît trop facile. Le public qui décide subitement qu'un auteur mort est un artiste en se ruant subitement sur ses albums à l'annonce de son décès a la plus grande responsabilité ! Car c'est finalement le public qui vote vote avec son larfeuille pour encourager les comportements commerciaux, les majors ne font qu'exploiter la demande, en "bons" commerçants, et ils auraient tort de se priver d'un truc qui rapporte gras ...

    « Je vous présente les moines Shaolin : ils recherchent la Tranquillité de l'Esprit et la Paix de l'Âme à travers le Meurtre à Main Nue »

  • # Une nouvelle approche ?

    Posté par (page perso) . Évalué à 9. Dernière modification le 23/02/12 à 14:41.

    Une approche plus radicale me semble nécessaire : à l'ère des nouvelles technologies, la culture est gratuite. Point.

    Lorsque l'on conçoit un système informatique devant résister à la défaillance d'un ou plusieurs de ses composants, on pose comme base d'architecture que ces composants vont tomber en panne. On considère que tomber en panne est un fonctionnement normal, que le système sera tout le temps partiellement en panne. Et on s'arrange pour qu'il fonctionne quand même ainsi. Le service attendu est alors toujours rendu. J'ai dû lire cela ici même, à l'époque, au gré d'un article sur la conception du Google File System.

    Aujourd'hui, la musique est gratuite. Le cinéma est gratuit. Les livres sont gratuits. Il suffit des les convertir au format numérique adéquat et de le partager avec ses amis, des inconnus, le monde entier, pour un coût de réplication marginal.

    La culture est gratuite.

    Certes, la culture coûte de l'argent à produire. Des sommes non-nulles pouvant même devenir très importantes. C'est normal, acceptable et légitime.

    Pourtant, le peuple veut de la culture gratuite, mieux, le peuple obtient de la culture gratuite. C'est ainsi, cela ne changera plus maintenant. Ni des lois toujours plus dépassées et intrusives, ni des protections inutiles qui n'embêtent que les honnêtes gens, ni la volonté de quelques millions d'artistes (qu'on l'on entend effectivement pas débattre sur le sujet, étrange) rien ne pourra arrêter le mouvement d'une population de plusieurs milliards d'humains. S'il est impossible de désigner le vrai vainqueur - artistes, public, rentiers ? - pour le moment, le combat pour la diffusion de la culture, pourtant perpétuel, est déjà presque fini.

    Mais si le peuple veut tout gratuitement, bonne nouvelle : le peuple est prêt à payer, les artistes pourront manger. Les artistes, pas une industrie moribonde dont l'humanité n'a plus besoin pour échanger la culture issue des ses esprits. Il y a sur terre plus de 6 milliards d'artistes, et tout autant de personnes prêtes à octroyer des sommes raisonnables en échange d'une œuvre quelconque. Contre ce petit instant où l'on vibre, ou l'on ressent une émotion.

    On n'aime en général pas payer ne serait-ce que quelques euros pour un album, par exemple, mais on serait prêt à cliquer cinquante fois par jour sur "j'aime", pour cinquante artistes différents, si chacun de ces clics débitait 10 centimes d'euro sur notre compte. Imaginez un pré-payé/bloqué, si cela vous fait peur.

    Essayez : prenez une webcam, chantez l'Internationale en rotant, convertissez et servez le tout sur Youtube. Il y aura forcément quelques milliers (millions ?) de personnes de part le monde pour visionner la vidéo, la partager sur des réseaux sociaux, en parler à leurs amis, quelques centaines de commentaires feront leur apparition pour troller sur le bien-fondé artistique et/ou politique de cette œuvre, pour s'étriper à savoir si c'est vraiment une œuvre, quelques clavier qui se blo

    ...et même des gens pour cliquer sur "j'aime". Et surtout, surtout, sur les milliards de gens ayant potentiellement accès à cette œuvidéo, il y en aura un bon nombre qui sera prêt à donner une poignée de centimes d'euros. Si, et vous le savez.

    Imaginez alors ce qui se passera si au lieu de roter, vous composez une chanson, la jouez face à la caméra et que par chancetravail vous avez un minimum de talent et/ou de charisme ? De la pure méritocratie !!!

    Combien de fois vous donneriez 10 centimes d'euros à Sandra Bae ? A Gotye ? Alors que vous n'irez probablement jamais acheter leur album - pour des raisons qui vous appartiennent, elle sont multiples et déjà longuement débattues ici - vous seriez prêt à vivre un instant d'émotion lors d'un concert payant, prêt à cliquer sur "+10¢", prêt à faire découvrir et partager ces œuvres à vos amis.

    Le monde actuel fonctionne sur le principe du moindre engagement. On veut de l'émotion, vite, maintenant et sans conséquences futures. La technologie nous le permet.

    Il y a de l'argent pour les artistes. Il y en a pour les 6 milliards d'artistes. A la hauteur de leurs talents respectifs. Il y a un beau terreau pour réformer la production et la diffusion de culture, là, non ? En partant du principe que le monde entier veut de la culture gratuite et l'obtient. Mêmes les artistes téléchargent, même Pascal Nègre télécharge !

    PS : commentaire issu de discussions avec des personnes mes différents cercles sociaux.

    • [^] # Re: Une nouvelle approche ?

      Posté par . Évalué à 4.

      Il y a sur terre plus de 6 milliards d'artistes, et tout autant de personnes prêtes à octroyer des sommes raisonnables en échange d'une œuvre quelconque. Contre ce petit instant où l'on vibre, ou l'on ressent une émotion.    
      
      

      Comme pour les troubadours au Moyen-Age? Sauf que les bonnes-gens se montrent moins généreux maintenant (la majorité paye déjà sa lucarne à la maison, pour la distraction: pas besoin de troubadours). Demande aux artistes si ça les nourrit, d’être payés "au chapeau" (mis à part quelques artistes déjà connus, comme Gustave Parking, mais je doute qu'au début de sa carrière ça aurait aussi bien marché que maintenant).

      Faire payer 10 centimes un morceau ça marche pas. Je le sais j'ai essayé. J'ai laissé le choix: soit un téléchargement "on donne ce qu'on veut (même 0€)", soit un "pas cher et on vous envoie le CD". Résultat: néant total côté "on donne ce qu'on veut", le téléchargement libre ça marche mieux. Bon, ok, question de goût: le produit ne vaut peut-être rien? Why not. Mais même les proches du groupe n'ont rien laissé. D'une part le "je clique / je paye" c'est pas naturel, et d'autre part même chez les personnes un peu averties, la notion de "culture = gratuit" est entrée trop profondément dans les mœurs. Les commentaires qu'on a eu c'est: "c'est cool d'offrir".

      prenez une webcam, chantez l'Internationale en rotant    
      
      

      Ah ben oui, évidemment, une telle œuvre, ça laisse du temps pour un travail nourricier en dehors de l'activité "artistique"...

      Plus sérieusement, je pense que la méritocratie c'est fini. Les artistes ne servent à rien en dehors de la StarAk et doivent disparaitre, comme les maréchaux-ferrants, les pétomanes et les ornhito ornyth ornhyt mammouths.

    • [^] # Petites corrections

      Posté par (page perso) . Évalué à 6.

      à l'ère des nouvelles technologies, la culture est gratuite.

      Les copies des œuvres qui constituent la culture sont gratuites.

      la musique est gratuite. Le cinéma est gratuit. Les livres sont gratuits

      Les exemplaires dématérialisés d'enregistrements musicaux, de films et de livres sont gratuits.

      Il est essentiel de bien faire la distinction en une œuvre et un exemplaire d'une œuvre, sinon le débat est faussé. Ce n'est pas pour rien que Stallman insiste pour dire qu'on peut partager ou modifier "une copie d'un programme" et non "un programme" (j'en parle un peu dans ce commentaire, troisième partie).

      La culture est gratuite.

      Non, la culture se partage. Il faut bien faire la différence entre le fait de proposer une œuvre exclusivement gratuitement et le fait de donner la possibilité aux utilisateur d'en partager des copies gratuitement.

      Il est à mon avis très important d'insister sur la notion de partage et de balayer le gratuit. Pas seulement pour des questions d'image (combien y a-t-il de gens qui font l'amalgame entre les pirates qui partagent et les marins d'eau douce du dimanche qui downloadent ?), pas seulement pour des questions techniques (merci le FBI d'avoir fait fermer une des plateformes les plus anti-pirates et anti-Internet qui soient ^^ ), pas seulement pour des questions éthiques (ah, les artistes et développeurs de jeux indés qui surfent sur la vague hype du gratuit, interdisant un partage dont ils n'ont rien à perdre...)...mais aussi pour des questions pragmatiques : le commentaire de yann75 qui suit est typique de l'incompréhension qui découle de cette non-distinction.

      Sachant que la plupart des gens achètent ce qui est vendu et partagent les copies d'œuvres culturelles avec la même facilité, sans vraiment se poser de questions, on pourrait imaginer un modèle économique similaire, compatible avec la liberté de ceux qui se soucient du droit de partager.
      Par exemple, Untel publie un album de musique via les réseaux classiques et le fait payer, mais mentionne (plus ou moins discrètement) une licence autorisant le partage. Ainsi, le comportement des gens ne change pas, ils continuent à acheter des copies de l'album et continuent à partager des copies. La seule différence c'est que tout est légal.
      (Bon, à posteriori il peut y avoir une autre différence, le fait qu'utiliser des licences partageables ferme des portes à l'auteur : assurer la promotion de ses œuvres via les réseaux centralisés et lobotomisateurs devient quasi-impossible. Mais je suis à peu près sûr qu'il reste possible d'assurer une promotion importante uniquement via le Net (j'avais entendu parler d'un chanteur qui avait amassé quelques dizaines de milliers de dollars en cumulant la distribution gratuite et la distribution payante via iTunes). )

      • [^] # Re: Petites corrections

        Posté par . Évalué à 5.

        Cette distinction entre œuvre et copie d'une œuvre est très intéressante et elle me fait fortement penser à une bonne vieille maxime du LL : "Un logiciel libre est gratuit une fois qu'il a été payé."

        Et pourquoi ça ne serait pas applicable, littéralement, au reste de la culture ?
        Implémentation de base : "eh les gars, on est en train de faire un chouette album,[ voilà un teaser,] quand les dons ont atteint X brouzoufs on release."

        Bien sûr ça nécessite que le groupe ait déjà de la notoriété mais eh, c'est normal non, qu'un groupe doive commencer modestement ? Pour se faire un nom ils peuvent publier gratos au début et jouer en concert. Ça nécessite aussi des fonds d'avance pour faire vivre le groupe pendant la création de l'album mais idem, eh, pourquoi l'art serait épargné par la notion d'investissement qui pèse sur toutes les autres activités humaines ?

        J'ai pris l'exemple de la musique mais ça devrait marcher à peu près aussi bien pour les films (de toute façon les films sont rentabilisés par le cinéma, pas par les DVD, donc le problème n'existe même pas) ou les livres. Surtout qu'à côté de ça, rien n'empêche de vendre des copies physiques qui ont une vraie plus-value (je pense aux livres, mais aussi au beau coffret CD pour faire un cadeau).

        Bon, ok j'admet, il y a un (non-)problème à cette solution : les (certains) artistes ne sont plus des rentiers.

        • [^] # Re: Petites corrections

          Posté par (page perso) . Évalué à 2.

          Implémentation de base : "eh les gars, on est en train de faire un chouette album,[ voilà un teaser,] quand les dons ont atteint X brouzoufs on release."

          Ça existe déjà plus ou moins, ça s'appelle Kickstarter. Les gens qui ont Flash d'installé regardent le teaser et font des dons.

          Ceci dit serait bien de faire une version librist-compliant de ce truc. J'ai entendu dire que les libristes étaient en général assez bon public quand il s'agit de donner.

    • [^] # Re: Une nouvelle approche ?

      Posté par . Évalué à 1.

      Une approche plus radicale me semble nécessaire : à l'ère des nouvelles technologies, la culture est gratuite. Point.

      Et tu payes le financement initial ?

      • [^] # Re: Une nouvelle approche ?

        Posté par (page perso) . Évalué à 3.

        Ça fait un moment que je repense ton commentaire, tu exprimes d'une manière très simple le problème : comment payer les artistes, techniciens, producteurs, etc, enfin, toute la chaîne de production d'une œuvre d'art ?

        Reformulons : Ce n'est pas la culture qui est gratuite, c'est sa diffusion.

        Enfin, c'est ainsi qu'il faut poser le problème selon moi, pour trouver les bonnes solutions et rémunérer les bonnes personnes, tout en permettant les libres circulation et utilisation des œuvres dans un cadre non-commercial - voire même pour toutes les utilisations, ça serait peut-être plus simple.

  • # Propriété privée des biens communs

    Posté par . Évalué à 6.

    Très bon texte. Mais, comment être surpris de la possession privée de la culture quand on voit tellement de bien publics qui sont devenus, de fait, des propriétés privées? L'eau ou les routes sont elles encore des biens collectifs? Comment Poweo peut-il nous vendre une électricité alors qu'il n'en produit presque plus? Comment peut-on breveter l'usage d'une plante comme médicament alors qu'il est ancestral dans un coin du monde? Quelle entreprise peut prétendre être propriétaire du riz basmati?

    N'attendons aucun débat rationnel avec les grandes industries, leur but est de nous vendre, ou le plus souvent de nous louer, ce qui nous appartient. C'est plus proche du hold-up que de la relation commerciale. John Brunner prédit des vendeurs d'air sain dans les grandes villes (le troupeau aveugle)…

    Dans mon boulot, je suis payé par l'état (par nous tous), et on me pousse à déposer des brevets basés sur mes travaux et à fonder une boîte privée (financée d'ailleurs avec de l'argent public) pour faire du bénéfice personnel. Toujours la même logique: privatiser le collectif.

    Je veux bien qu'un auteur ait des droits: il a travaillé, il a créé. Mais un auteur mort? Quel autre mort a des droits? À ma mort, ma retraite pourra-elle être transmise à mes enfants puis petits enfants? Mon droit de vote est-il transmissible ou cessible?

    Les oliviers appartiennent à ceux qui les cultivent, et l'art à ceux qui le font vivre. On préfère laisser crever une pièce dans l'oubli que de laisser des artistes la communiquer? Les seuls artistes que je connais vivent dans le précaire et les petits boulot. À qui profite les mal nommés droits d'auteurs??

    Problèmes de licence, de propriété, de partage des biens et des ressources, même combat!

    • [^] # Re: Propriété privée des biens communs

      Posté par . Évalué à 8.

      Le problème réside dans l'influence de puissantes sociétés industrielles plus intéressées par leurs bénéfices que par leur contribution à la création artistique, mais aussi à ces "artistes" richissimes pour avoir été promus "artistes d'exception" à coup de matraquage médiatique et grâce à un talent certain de quelques équipes de montage.
      On a des pseudo-artistes devenus des idoles qui pensent le mériter, et avouons-le, un certain nombre de pseudo-artistes ne bénéficiant pas de la même notoriété qui rêvent d'aller les rejoindre.

      Ceux qu'on n'entend plus, ce sont les artistes qui créent pour le plaisir de pratiquer leur Art.

      Le délai avant domaine public est plus ou moins une fumisterie qui n'aurait jamais dû exister si ce n'est les cas rares où les auteurs rencontrent un succès exclusivement post-mortem qui pourrait se révéler être une libération pour leur famille.

      Je suis ingénieur, et rien de ce que je créé aujourd'hui ne bénéficiera à ma fille après ma mort. L'idée semble même grotesque. Pourtant vous utilisez encore plus souvent votre téléphone que vous n'écoutez Justin Bieber! (surtout ici…). Je créé mais ce n'est pas de l'Art. Le résultat appartient à une entreprise qui sait en faire plus d'argent que moi, et je perçois un salaire en retour. Devrais-je consulter nos dirigeants pour que je cesse d'être ainsi spolié??

  • # pourquoi investir

    Posté par . Évalué à 2.

    Un artiste aujourd'hui est un produit, les investisseurs placent leur argent dans ce produit, et attendent en retour des bénéfices -rapides- évidemment. Les droits d'auteurs sont une partie de ces bénéfices que les investisseurs dans leur grande mansuétude, laissent à l'artiste pour ne pas qu'il dépérisse trop vite. Pour que ce produit fonctionne, on met en oeuvre la publicité, des circuits de diffusion contrôlés dont les coùts sont connus. Le produit-artiste est tenu de fournir des résultats réguliers, de qualité constante, dans des délais définis par avance. Notre artiste doit donc fournir à date fixe un album de x morceaux, eux-mêmes de x minutes et x secondes, dans une plage "artistique" prédéfinie (l'album devra être de type rock par ex., ya pas intérêt à y trouver un passage tout doux ou alors ce doit être défini dans le contrat de départ) pour pouvoir satisfaire aux circuits de diffusions sus-cités. S'il lui arrive -à notre artiste- d'avoir une panne d'inspiration, les bonnes idées originales n'arrivant pas à heures fixes, il risque d'avoir des comptes -financiers pour le coup- à rendre à ces commanditaires, et en conséquence à disparaitre rapidement du circuit pour y être remplacé par un autre plus productif et plus fexible. Les aspects juridiques sous forme de contrats/avovats sont là pour veiller et recadrer si besoin tout ce bazar.

    Ce mode de fonctionnement est aujourd'hui appliqué à TOUT ce qui nous entoure. La musique que vous écoutez là en ce moment, l'eau que vous buvez -qu'elle soit du robinet ou en bouteille- l'électricité que vous consommez, etc etc etc…
    Exemple avec Maurice Ravel et son boléro, extrait de "MAIN BASSE SUR LA MUSIQUE Enquête sur la Sacem" Par Irène Inchauspé et Rémy Godeau Editions Calmann_Lévy, 2003 :
    Maurice RAVEL est né à Ciboure, au Pays Basque en 1875 et décédé en 1937. Il compose en 1928 le Boléro. Ses oeuvres rapportent chaque année environ 1.5 millions d’euros de droits d’auteur. A qui ? A un ancien directeur juridique de la Sacem, Jean-Jacques Lemoine, parti en 1969. Comment ? Par des comptes anonymes dans des paradis fiscaux tels que Monaco, Gibraltar, Amsterdam, les Antilles néerlandaises et les Iles Vierges Britanniques. C’est une bataille juridique qui a duré pendant dix ans. En attendant, les droits d’auteur étaient bloqués à la Sacem.
    Jean-Jacques Lemoine a donc créé une société aux Nouvelles-Hébrides, appelée ARIMA (Artists Rights International Management Agency) qui devient la société éditrice des principales oeuvres de Ravel. Elle s’est expatriée et elle est aujourd’hui installée à Gibraltar car l’exemption fiscale est de 25 ans. Les oeuvres de Maurice Ravel ne tomberont dans le domaine public qu’en 2015. Il faut savoir que depuis 1970, le boléro a rapporté plus de 46 millions d’euros et tout ce pillage s’est fait sous les yeux de la Sacem, « consentante et silencieuse ». Si la Sacem intervenait, le catalogue risquerait de s’expatrier aux Etats-Unis.

    Dans ce grand guignol désolant, la culture vivante ne se laisse pas faire ; difficile de la définir sous forme de réglements, de contraintes, de contrats ; difficile de la définir tout court d'ailleurs. Pour moi et quel que soit le support cela consiste en un élément qui me fait progresser, qui me fait découvrir un nouveau quelque chose. Ce peut donc être un bon livre, un film, des photos, une exposition, mais aussi un bon repas, une conversation fructueuse, un commentaire constructif sur un site reconnu…

    Voila pourquoi je pense que les artistes morts, la culture morte sont plus faciles à rentabiliser. C'est prêt à consommer, c'est testé et c'est cuit depuis longtemps, ya juste à réchauffer. La télévision-micro-onde s'en charge très bien, rien qu'a voir les émissions régulières sur les 80's (entre autre), les re-re-re-méga-compilations qui relancent la machine pour un tour.

    Reconsidérer l'artiste tel quel, le démouler de ce truc mercantile dans lequel il est coulé, ca va pas être facile. Le concert en direct est un point de départ, on écoute, on participe, on danse, on chante avec les artistes… A partir de là disposer de copies de l'évènement ne devrait pas coùter quoi que ce soit de plus.
    Reste que l'artiste doit pouvoir vivre et non survivre. La mécanique en place aujourd'hui ne le permet tout simplement plus ; au même titre d'ailleurs que pour tout un tas d'autres activités de la vie courante.

    Puisqu'on parle d'artiste et pour s'aérer l'esprit, voici une production qui m'a bien plu, vue ya un moment chez Maitre Eolas, je ne connais pas les modalités financières sous-jacentes ;-)

    Enfin sur l'actuelle "culture gratuite" définie plus haut par Nayco que je cite : Une approche plus radicale me semble nécessaire : à l'ère des nouvelles technologies, la culture est gratuite. Point.

    En réponse : Une citation de Andrew Lewis lue sur un blog voisin :
    si vous ne payez pas un service, c’est que vous n’êtes pas le consommateur, vous êtes le produit vendu.
    La musique téléchargée "gratuitement" est payante, payez votre matériel informatique, payez votre abonnement internet, votre consommation électrique, payez les taxes sur les supports tels cd dvd clé usb disque dur et autres. Dans le cas de la musique téléchargée, VOUS êtes le produit vendu, vous faites fonctionner le système.

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