Les députés bientôt libres ?

Posté par . Modéré par Mouns.
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sept.
2006
Linux
Pendant les débats sur Dadvsi, nous n'avez pas pu ne pas entendre deux députés de l'UMP qui défendaient bec et ongle l'interopérabilité, il s'agit de Richard Cazenave (voir son blog) et Bernard Carayon. Encore merci à eux pour leur travail.

Mais ils ne s'arrêtent pas là. Ils ont proposé tous deux au président de l'Assemblée Nationale que les élus puissent choisir entre un poste de travail "propriétaire" et un poste de travail "libre". Et ça marche. Un audit a été confié à Atos Origin afin de faire le point sur les besoins informatiques des députés. Les conclusions sont attendues fin octobre. Les deux députés sont chargés de faire le suivi de cet audit.

Ensuite, les services informatiques de l'Assemblée devront faire un choix final. Un groupe de travail sera également constitué, composé de représentants de chaque parti. Espérons que l'on n'y trouvera que les députés qui ont débattu avec brio contre Dadvsi (on peut toujours rêver !). Bernard Carayon a écrit un rapport "À armes égales" (voir lien) au Premier Ministre. Vous pourrez lire page 73 les 2 propositions suivantes :

Proposition 3.7
« Compléter le mémorandum pour une «Europe numérique», en proposant à nos partenaires européens d'établir l'interopérabilité comme règle de droit commun fondamental en matière de développement informatique. »

Proposition 3.8
« Proposer à nos partenaires européens de favoriser systématiquement les standards ouverts et, comme premier exemple, d'imposer le format international ISO «odf» pour la création et la diffusion de tout document officiel échangé dans le cadre européen. »

Vous y trouverez également un passage sur les logiciels libres (début page 73) : Le logiciel libre, une efficacité adaptée à l'économie numérique. On y apprend par exemple que :

« la DGME (Direction Générale de la Modernisation de l'Etat) a engagé un appel à commentaire pour un "Référentiel Général d'Interopérabilité". Une première décision concrète doit être l'adoption du standard ouvert "odf" par l'administration française.»

Ok, nous on le savait. Mais j'aime bien le voir apparaître dans des rapports parlementaires à destination du Premier Ministre.

En découle alors la proposition 3.9 :
« Introduire par voie réglementaire, l'usage obligatoire de ce format par l'administration française pour la création et la diffusion de tout document administratif. »

Pour en revenir aux postes de travail des députés, page 74 du rapport vous trouverez les détails sur l'informatique à l'assemblée nationale :

- 1780 postes informatiques (bureautique + messagerie + antivirus) = 718¤
- total du parc = 1 300 000¤ ("la vente liée pratiquée pour le système d'exploitation ne permet pas d'en évaluer le coût réel" dixit l'auteur).
- coût moyen de maintenance d'un poste par an = 400 ¤
- coût total de maintenance = 700 000¤ /an
- 101 serveurs, 80 sous Windows, 10 sous Unix, 3 sous Novell et 8 sous Linux

Aller plus loin

  • # Jolie vision de la démocratie...

    Posté par . Évalué à -3.

    Un groupe de travail sera également constitué, composé de représentants de chaque parti. Espérons que l'on n'y trouvera que les députés qui ont débattu avec brio contre Dadvsi (on peut toujours rêver !).

    Parmi les gens qui se sont battus pour la DADVSI, il y a probablement des gens qui ont fait ces choix en leur âme et conscience, et pas forcément vendus au lobby propriétaro-drmien.

    Enfin bon, forcément, faut bien rajouter 2 sous à la machine à polémique :)
    • [^] # Re: Jolie vision de la démocratie...

      Posté par . Évalué à 3.

      L'idée de ma phrase était qu'un groupe de travail constitué des députés Cazenave et Carayon pour l'UMP, Bayrou pour l'UDF, Martine Billard pour les Verts, Frédéric Dutoit pour les communistes, Patrick Bloche pour le PS... et j'en oublie serait l'idéal car je pense fortement qu'ils ne pensent que du bien du Libre.
      • [^] # Re: Jolie vision de la démocratie...

        Posté par . Évalué à 3.

        C'est bien ce à quoi je pensais...
        En quoi l'avis des députés, nos élus je le rappelle, qui pourraient être défavorables à l'utilisation des logiciels libres pour des raisons probablement valables, ne serait-il pas au moins aussi bon à prendre que celui des avis pro-libres ?
        L'intérêt de la mise en place d'un groupe de travail n'est-il-pas d'échanger, plutôt que d'aller, moutonnement (néologisme sous copyright et dépot de brevet en cours), dans le même sens ?
        • [^] # Re: Jolie vision de la démocratie...

          Posté par . Évalué à 5.

          Parce que je préfère être représenté par des députés qui ont les mêmes idées que moi, et qui connaissent le sujet car je doute que beaucoup de députés soient sensibilisés et connaissent le sujet sur le bout des doigts. Donc je préfère être représenté par des députés connaissant le sujet.
          Et dans ce domaine, je trouve que ceux qui connaissent le sujet approuvent le libre.

          Et j'ai bien dit l'idéal serait que, et non il faut que. Bien entendu qu'il y aura des personnes dont qui n'aime pas le libre. Mais je ne vois pas où est le problème que le groupe de travail soit représenté plus par des pro-libre que des anti-libre si ce groupe a été formé démocratiquement. Et de toute façon, il y aura toujours un bord de sureprésenté (à mois que le nombre de participant soit pair et que chacun ait un avis)
  • # Avant de crier victoire...

    Posté par . Évalué à 10.

    ... attendez donc les conclusions d'Atos Origin.

    Il se trouve que je bosse chez AOI, et j'ai pu constater que bien souvent ces études servent de justification au commanditaire qui peut ensuite expliquer que « Après une étude indépendante, il s'avère que la transition au logiciel libre couterait plus cher que de rester en logiciels propriétaires ».

    Pour cela, tous les moyens sont bons pour biaiser l'étude. Par exemple l'appel d'offre dit qu'il faut faire un calcul de coûts en y intégrant les coûts de formation, et en utilisant une période d'amortissement comptable de deux ans (bah oui, 2 ans d'économies de licences ça ne suffit pas à rentabiliser la migration + la formation de 100% du personnel => conclusion le LL est plus cher).

    Il faut particulièremet se méfier dans les milieux politiques : le groupe politique X mène un campagne « pourquoi ne passons nous pas aux LL, ça coûterait moins cher au contribuable ». Dès que quelqu'un dit qu'il y a un moyen d'économiser l'argent du contribuable, il faut faire quelque chose, sinon la cour des comptes s'en mêle. Et pour enterrer le truc, ce genre d'étude biaisée est parfaite.

    Alors là, en l'occurrence, je ne dis pas que l'étude est biaisée, je n'en sais rien, et je ne travaille pas dessus. Mais je vous dis : méfiance...
    • [^] # Re: Avant de crier victoire...

      Posté par . Évalué à 4.

      Dans notre cas, le suivi du rapport est effectué par les deux députés UMP, qui veulent voir le libre se développer.

      D'après le blog de Mr Cazenave :

      Je suis très heureux d'avoir été désigné par le Groupe UMP avec mon collègue Bernard Carayon pour épauler l'administration de l'Assemblée nationale dans l'ouverture de ses systèmes d'information aux logiciels libres.

      Dans un premier temps il s'agit d'assurer le suivi de l'audit confié par le Secrétaire général de l'Assemblée nationale à ATOS Origin, afin d'établir les usages et les besoins des Députés pour leur poste de travail ; et dans un second temps, d'organiser la migration vers des solutions libres (système d'exploitation et logiciels) à l'occasion de la mise en place de la nouvelle législature en juin 2007.
      • [^] # Re: Avant de crier victoire...

        Posté par . Évalué à 4.

        Espérons-le...

        Et espérons que ces 2 députés sont bien entourés et conseillés par des gens compétents, qui savent un minimum de quoi ils parlent au sujet des logiciels libre.

        Parce que certains passages des débats sur le DADVSI, ça faisait peur quand même. Des fois c'était un tel degré d'ignorance qu'on en venait à se demander si c'était de la mauvaise foi ou vraiment de l'ignorance et de l'improvisation...
        • [^] # Re: Avant de crier victoire...

          Posté par (page perso) . Évalué à 5.

          https://linuxfr.org/2006/09/27/21390.html Munich va enfin migrer sous GNU/Linux peut servir d'exemple
          La comparaison n'a de sens qu'à comparaison à migration vers vista par exemple (permettant de prendre en compte les coups de changement de matériel obsolète pour l'un...). Dans ce genre de comparaison, les coûts seront mécaniquement similaires initialement, la pérennité en revanche devra faire l'objet de toutes les attentions (sachant que le financement d'un projet libre est un gain pour tous les utilisateurs...).

          Après le choix du libre, AMHA, est une vraie décision politique :
          - faut-il rester à la botte d'une société américaine ET faisant du propriétaire (non je ne fais : ni du pro-libre, ni de l'anti-américanisme primaire, c'est un constat) qui prétend (à raison, d'ailleurs) que ce n'est pas le TCO qui importe mais le fait que cela peut créer 50000 emplois https://linuxfr.org/~zx81/22663.html en Europe.
          - ou choisir de maîtriser son informatique (= s'en donner les moyens) ET de travailler avec du libre

          Le coût des licences est généralement de l'ordre de 2% (10% max éventuellement) du coût de l'informatique d'entreprise... l'important est l'interopérabilité, ce en quoi le libre contribue avec les formats ouverts (voire normalisés) naturellement adoptés.
    • [^] # externalisation à outrance

      Posté par . Évalué à 3.

      Moi ce qui me surprend c'est:
      Un audit a été confié à Atos Origin afin de faire le point sur les besoins informatiques des députés ... Ensuite, les services informatiques de l'Assemblée devront faire un choix final.
      Pourquoi le service informatique de l'Assemblée ne fait il pas lui même cet audit? Les besoins des députés ne doivent pas être très exigeant ... Évidement administrer Linux c'est plus compliqué et plus coûteux que de déballer un pc tout neuf et de signer un chèque.
      • [^] # Re: externalisation à outrance

        Posté par . Évalué à 10.

        Parmis les gros actionnaires d'Atos Origin, il y a peut-être des potes de l'ump...

        Cela expliquerait qu'on confie cet audit à Atos.

        Cela expliquerait aussi que toute l'infrastructure des radars automatiques est gérée par atos qui touche un pourcentage sur chaque PV.

        Cela expliquerait aussi que la plateforme pour payer ses PV en ligne soit gérée par Atos, ou que celle pour payer ses impots soit gérée par Atos, ou que celle pour déclarer ses revenus soit gérée par Atos.

        Je plaisante bien sûr, il faut prendre cela au degré n+1. Je n'ai pas vérifié, mais je pense quand même que tous ces marchés ont été attribués suite à des appels d'offres en bonne et due forme. Mais il et exact que c'est bien Atos qui fait tout ça...
    • [^] # Re: Avant de crier victoire...

      Posté par . Évalué à 7.

      "Il se trouve que je bosse chez AOI,"

      Tu passeras à la compta lundi...
    • [^] # Re: Avant de crier victoire...

      Posté par . Évalué à 3.

      Il se trouve que je bosse chez AOI, et j'ai pu constater que bien souvent ces études servent de justification au commanditaire

      En tous cas, Atos Origin a conduit une étude pour un client important (une grosse société de télécom), sur les mérites comparés de MySQL, PostgreSQL et Oracle, avec benchmarks à l'appui, du genre TPC; la conclusion a indiqué que les 2 logiciels libres étaient tout à fait aptes à remplacer Oracle. Je crois savoir que sur leurs benchs, c'est MySQL qui est arrivé en tête.

      Dans le domaine de l'interopérabilité, on m'a dit que pour répondre aux appels d'offre du secteur public et des ministères, il faut de plus en plus rendre ses propositions au format OpenOffice.
    • [^] # Re: Avant de crier victoire...

      Posté par (page perso) . Évalué à 2.

      Est-ce bien la même société Atos Origin qui est à l'origine de « Géode », le fameux logiciel de gestion des demandeurs d'emploi, commandité par l'ANPE en 1997 et abandonné récemment car inutilisable et devenu trop coûteux ?
      Faut dire que depuis 1997, ce sont 22,8 millions d'euros qui ont été ainsi subtilisés au contribuable pour brasser de l'air... (le logo n'avait coûté que 2,4 millions d'euros).
      Source : http://cequilfautdetruire.org/article.php3?id_article=880
      • [^] # Re: Avant de crier victoire...

        Posté par . Évalué à 2.

        Est-ce bien la même société Atos Origin qui est à l'origine de « Géode »

        Oui, comme tu l'as lu. A l'interruption du contrat GEODE, il y avait pas loin de 100 personnes d'Atos sur le projet. Il faudrait avoir le son de cloche côté Atos, pour savoir les tenants et les aboutissants. Par exemple, l'expression des besoins du client peut avoir été mal réalisée. J'ai déjà vu le cas où un client n'avait pas vraiment lu les spécifications élaborées par la SSII; quand il afait des réclamations, on n'a pu que lui montrer le document.
        • [^] # Re: Avant de crier victoire...

          Posté par . Évalué à 1.

          ... Mais , s'agissant d'un marché public, les specs n'ont pas de valeur "légale". seul ce qui est dans le Cahier des charges (CCTP) compte ... donc si le presta fait des specs disant , on fait X , mais pas Y, même si les specs sont validées, le client peut imposer a posteriori le developpement de Y si Y est évoqué dans le CCTP.
          si le presta et le client sont un peu rigide, ça peut couler/pourrir assez facilement un projet.
          • [^] # Re: Avant de crier victoire...

            Posté par . Évalué à 1.

            Mais , s'agissant d'un marché public, les specs n'ont pas de valeur "légale". seul ce qui est dans le Cahier des charges (CCTP) compte

            On joue sur les mots, quand je parle de "specs", je parle bien entendu de ce qui a été écrit sur ce qui doit être réalisé, que ça s'appelle "spécifications", "CCTP" ou autre "XYZK".

            (au passage, quel acronyme barbare ce CCTP, je signale à nos lecteurs que ça signifie Cahier des Clauses Techniques Particulières)
            • [^] # Re: Avant de crier victoire...

              Posté par . Évalué à 1.

              c'est important, car c'est une cause de foirage régulier des projets avec les client publics. Dans le privé, si la techno évolue au fil du projet, on peut réactualiser les specs et les adapter au besoin en se mettant d'accord pour que l'enveloppe fonctionelle reste équivalente. sur un marché public, tu dois obligatoirement veiller a respecter le cahier des charges initial, car en cas de conflit avec le client, tu te met en position de faiblesse.
  • # Ils vont faire des économies en anti virus ...

    Posté par . Évalué à 4.

    Au moins , ils feront des économies en anti virus !!!

    Le plus dur sera la conduite du changement ! Ceux qui ne veulent pas migrer vont pourir la vie aux informaticiens par principe ! C'est le risque !
    Les députés ne sont pas des gendarmes aux ordres d'un général .

    Les autres auront la fierté d'être enfin indépendant . J'utilise Mandriva depuis 3 ans professionnellement (Pc + Portable + àlamaisonperso) et je suis assez fier de travailler sur un système d'exploitation (que j'achète ) certe un peu commercial mais bien Français !!!

    J'en fais d'ailleurs certainement plus que le reste de ma famille qui passe son temps à régulariser son XP , mettre à jour ses anti spyware , anti virus etc..
    • [^] # Re: Ils vont faire des économies en anti virus ...

      Posté par . Évalué à 4.

      Le plus dur sera la conduite du changement ! Ceux qui ne veulent pas migrer vont pourir la vie aux informaticiens par principe ! C'est le risque !
      Les députés ne sont pas des gendarmes aux ordres d'un général .


      En l'occurence, l'idée n'est pas de migrer vers linux, mais plutôt de laisser le choix à chaque député entre windows et linux.

      Enfin bon, c'est ce que j'en ai compris.
  • # Réponse de Mr Breton à une question de Mr Cazenave

    Posté par . Évalué à 10.

    En décembre 2005, Mr Cazenave avait posé une question concernant l'utilisation des logiciel libres.

    M. Richard Cazenave souhaite appeller l'attention de M. le ministre de l'économie, des finances et de l'industrie sur l'ensemble des études qui démontrent que l'utilisation de systèmes et logiciels libres (GNU/Linux, OpenSolaris, FreeBSD....) permet de réaliser des économies significatives (70 %) tout en assurant l'indépendance technologique, la pérennité des investissements et la sécurité des informations. Il souhaite connaître le coût des outils Microsoft pour l'administration et le contribuable (on parle de 100 euros par poste) et combien Microsoft paie d'impôts en France. Il lui demande s'il n'est pas temps de privilégier le déploiement de solutions libres (qui peut être assuré par nos SSII, nombreuses et compétentes) plutôt que de recourir à des solutions propriétaires qui nous assujettissent techniquement et financièrement, au seul Microsoft.


    La réponse a été publiée début juillet 2006 :

    De nombreux services de l'État lancent des projets de développement informatique qui utilisent le modèle des logiciels libres. Néanmoins, l'administration effectue ses choix selon ses besoins et dans le cadre d'une analyse globale. Ainsi, le choix d'une solution libre est fait lorsqu'il est le plus avantageux. Le modèle économique relatif aux solutions dites libres mérite d'être précisé : les logiciels libres ne sont pas gratuits et les licences libres n'interdisent pas l'existence d'un marché. Développant le service au plus proche des concepteurs de systèmes d'information, les logiciels libres font passer d'une logique d'édition centralisée à un marché de service personnalisé. De grands acteurs l'ont déjà compris et ont anticipé cette évolution dans leurs activités. L'usage des solutions sous licence libre s'accompagne d'un passage au travail collaboratif qui concerne l'ensemble des agents et engage à la mutualisation des investissements entre les administrations, il s'agit là d'un axe fort pour la modernisation de l'État permettant la réduction des dépenses sans nuire au développement des services. Les expériences réalisées confirment que l'évolution en cours peut donc comporter des avantages économiques non négligeables, mais ce ne sont pas les seuls et ils sont à replacer dans le cadre d'une analyse globale. Au niveau des systèmes d'information, les développements sous licence libre sont susceptibles de garantir à l'administration la maîtrise, la pérennité et l'indépendance de ses choix. En effet, l'utilisation des logiciels libres permet de favoriser l'adoption des formats ouverts, qui contribuent : à l'interopérabilité, dans la mesure où elle permet les échanges sans imposer de solution logicielle ; et à la pérennité des données traitées par les administrations. Dans le domaine bureautique, certains ministères ont déjà effectué une migration vers des outils libres, comme OpenOffice, et des études approfondies seront menées qui permettront de définir les orientations à suivre au sein des administrations.


    La réponse a été faite par Mr Thierry Breton, alors Ministre de l'économie. Cette réponse a été publiée au Journal Officiel, ce n'est donc pas une réponse de couloir.

    Une preuve encore que la question du logiciel libre est un sujet qui prend de l'ampleur au gouvernement.

    La question et la réponse :
    http://questions.assemblee-nationale.fr/q12/12-81090QE.htm
  • # Questionnaire & Migration

    Posté par . Évalué à 4.

    Pour avoir vu le fameux questionnaire d'ATOS, je ne suis pas forcément très optimiste... Nombre de questions portent sur un choix de logiciel plutôt que d'énumérer les fonctionnalités souhaitées ou nécessaires.

    Une migration massive de députés et de leurs collaborateurs - les services, c'est une autre question - me semble par ailleurs bien difficile. Comme ailleurs, il faudra changer les habitudes - et c'est toujours compliqué - mais, plus qu'ailleurs, il n'est pas vraiment question d'imposer un cadre trop strict.

    Nombres d'usages font par ailleurs l'objet de solutions individuelles. Un exemple : le partage de l'agenda entre les collaborateurs à l'assemblée et en circonscription. Mettre en place une solution centralisée est difficilement envisageable (peur des fuites, de la gestion des droits, etc.) et il faudra bien permettre aux gens de continuer à travailler sans trop de perturbations, cette application étant plutôt critique.

    AMHA, avancer tranquillement, en proposant d'utiliser OpenOffice & firefox, et en couvrant peu à peu le périmètre des usages donnerait de biens meilleurs résultats en terme d'adoption qu'un choix brutal libre / propriétaire. Bref, une voie du milieu entre les deux extrêmes...

    Rome ne s'est pas faite en un jour, et il serait bien dommageable de braquer bon nombre de collaborateurs ou d'élus...
    • [^] # Re: Questionnaire & Migration

      Posté par . Évalué à 1.

      Je note que pour Ludovic Pénet, le choix de linux est une solution "extrème"et que le simple fait de proposer un choix (1) plutôt que d'imposer une solution (2) peut ""braquer nombre de collaborateurs ou d'élus"... Bigre! Quel désir d'avenir!

      On peut aussi être raisonnablement optimiste et faire confiance aux services de l'Assemblée et à la communauté pour proposer des solutions innovantes (non centralisées et aussi sécurisées que possible) qui sortent des choix binaires...


      (1) le député choisirait un système d'exploitation libre ou windows. On peut même imaginer qu'il paie les licences Microsoft Office sur son crédit informatique!
      (2) aujourd'hui les députés non pas d'autres choix que le célèbre trio MS Windows-MS Office-MS Outlook
      • [^] # Re: Questionnaire & Migration

        Posté par . Évalué à 1.

        Nous avons en effet deux manières différentes de travailler. Je m'efforce d'imaginer une solution douce, par étapes, la moins traumatisante possible - ce qui ne change bien sûr rien à l'objectif final... L'essentiel, aujourd'hui, ce sont les standards ouverts, qui permettent de redonner des marges de manoeuvres. C'est de se donner les moyens de pouvoir choisir autre chose, en prouvant au passage à des gens habitués aux outils de Microsoft qu'ils pourront continuer à travailler dans de bonnes conditions.

        Je ne peux que noter que c'est également la manière de procéder de nombre de grandes administrations : gendarmerie, MINEFI, etc., qui sont pourtant dans des configurations bien moins difficiles (ne faisons pas comme si tout et n'importe quoi n'était pas installé par nombre de collaborateurs sur les PC windows des parlementaires...). Elles ne peuvent pas se permettre le zèle, souvent contre-productif, des nouveaux convertis...
        • [^] # Re: Questionnaire & Migration

          Posté par . Évalué à 5.

          L'objectif est de donner le choix aux députés entre un système libre et un système propriétaire dès la prochaine législature.

          Ce choix peut tout à fait être modulaire : le poste de travail peut être
          * soit complètement libre
          * soit en Windows + OOo, Firefox, Thunderbird, Scribus et tout logiciel nécessaire, libre ou propriétaire
          * soit en Windows + MS Office

          Bien entendu, une "formation" est envisagée pour ceux qui choisiraient un poste de travail entièrement ou partiellement libre.

          Le poste proposé par défaut serait entièrement libre, les Députés ayant toujours la possibilité de choisir un poste comportant des logiciels propriétaires - notamment en raison de besoins spécifiques liés au fonctionnement de leur permanence. Ils s'acquitteraient alors eux-mêmes des licences correspondantes.
          Étant moi-même assistante parlementaire, et travaillant à la fois à Paris et en province, je peux témoigner que nous n'avons eu pour notre part aucun problème majeur à procéder à une migration totale de tous nos postes à Grenoble ; et les relations Assemblée-permanence n'ont pas été impactée par ce changement.
          Pour abonder dans le sens de Ludovic, étant utilisateurs de OOo et Mozilla, les standards ouverts ont été un atout essentiel de notre migration.

          L'intérêt de cette démarche est de faire prendre conscience aux Députés qu'il n'existe pas que Windows et MS Office, et que Linux n'est pas réservé aux serveurs ou aux postes de travail des geeks. Or si on n'invite pas les gens à remettre en question certaines choses qu'ils considèrent comme figées, ils risquent de ne pas le faire eux-mêmes.

          C'est aussi de faire prendre conscience aux Députés du problème de la vente liée et du coût des licences qui grèvent chaque année le budget de l'État et qui pourraient être remplacées par des solutions libres. L'Assemblée nationale pourra faire des économies substantielles de licences sur le moyen terme (pas la première année, mais l'AN est vouée à fonctionner encore pas mal de temps...).

          Il ne s'agit ni de "zèle", ni d'intégrisme (...) ou quoi que ce soit. Il s'agit de profiter de cette fenêtre de tir (5 mois avant la fin de la législature) plutôt que de reporter ça à dans 5 ans.
          Des migrations massives vers OOo sont déjà prévues dans l'administration, pourquoi ne pas préparer l'étape d'après ? D'autant que l'AN serait un bon exemple.
          • [^] # Re: Questionnaire & Migration

            Posté par . Évalué à 1.

            Merci, Alix, de cette réponse constructive.

            Je n'avais pas trouvé trace, dans ce que j'ai pu lire et entendre jusqu'à présent, de cette « modularité », qui me semble tooujours essentielle pour permettre à chacun d'avancer à son pas.
      • [^] # Re: Questionnaire & Migration

        Posté par . Évalué à 0.

        mouahahah

        c'est parce qu'ils refusent le choix binaire que cazenave et carayon ont tous les deux vote pour le DADVSI ?

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