• # La belle jambe que ça nous fait !

    Posté par  (site web personnel) . Évalué à -4 (+4/-9).

    Et pour les réparations, ça sera à la saint glin glin !

    (n'hésitez-pas à moinsser mon commentaire, j'ai déjà mauvaise réputation)

    Bon, en même temps, c'est quand même bien d'abroger tout ce merdier avant les élections de 2027, mais je moinsse néanmoins ce post totalement hors sujet, ça parle même pas de linux.

    • [^] # Re: La belle jambe que ça nous fait !

      Posté par  . Évalué à 10 (+14/-0).

      ça parle même pas de linux

      Ça parle tout de même de code et de liberté !

    • [^] # Re: La belle jambe que ça nous fait !

      Posté par  (site web personnel) . Évalué à 8 (+5/-0).

      Un peu dans le même état d'esprit que vous sur ce sujet : dans la mesure où il n'y a plus d'enjeu économique (par manque d'esclaves), ce vote ne permet pas d'afficher les positions de nos partis politiques ; peu d'intérêt réel. Mais on peut toujours faire l'expérience de penser d'imaginer qu'il puisse exister une population corvéable à merci, et tenter de deviner quels partis auraient la tentation de les maintenir dans cet état…
      L'expérience ne me paraît pas inintéressante. D'autant que le parallèle ne s’arrête pas là. Imaginons qu'une telle population existe, tout le monde s'empresserait de vouloir rétablir ses droits, par soucis de justice, d'égalité, de fraternité. Nul, pour des raisons bassement économiques n'argumenterait sur « l’impossibilité d'accueillir toute la misère du monde » ; personne pour pointer à chaque occasion que ces gens ne sont pas comme nous, et que contrairement à nous autres bon , il en est parmi eux qui sont méchants, voire dangereux, et qu'il faut contenir ces hordes sauvages qui nous envahissent en maintenant le statut qui permet à de généreux mécènes de ne leur offrir que du travail au noir.

      « IRAFURORBREVISESTANIMUMREGEQUINISIPARETIMPERAT » — Odes — Horace

    • [^] # Re: La belle jambe que ça nous fait !

      Posté par  . Évalué à 8 (+7/-0).

      Mais il y a eu « réparations »… pour les esclavagistes !

      « Y a même des gens qui ont l’air vivant, mais ils sont morts depuis longtemps ! »

    • [^] # Re: La belle jambe que ça nous fait !

      Posté par  . Évalué à 4 (+1/-0).

    • [^] # Re: La belle jambe que ça nous fait !

      Posté par  (site web personnel) . Évalué à 5 (+3/-1).

      Et pour les réparations, ça sera à la saint glin glin !
      Mais quand on y pense, les réparations, ça va assez vite être compliqué.

      Il faudrait donner de l'argent à qui ?

      Aux descendants des gens déportés partout dans le monde, aux gens qui habitent encore sur place, aux parents des déportés ?

      Ou il faut donner ça aux pays qui sont maintenant la ou la traite a été mise en place (Afrique de l'ouest), aux habitants de ces pays ou plus loin ?

      Et on fait comment pour les pays qui ne sont plus la France maintenant (Louisiane) ou ceux qui n'ont pas été sous le contrôle continue de la France (Martinique, pendant 12 ans) ?

      Et les gens montrent comment qu'ils sont descendant d'esclave ? On reclasse les gens en mulâtre, quarteron et sacatra comme à l'époque du code qu'on vient d'abolir ?

      Et ça, c'est avant de mettre un prix sur la réparation en elle même.

      Ça me semble autrement plus compliqué que la réhabilitation des personnes condamnés pour homosexualité, loi voté en 2025, ou il y a des archives des personnes vivantes. Et même la, ça a été dur alors qu'il y a moins de monde, plus d'appétence politique, et plus de documentation.

      Sans vraiment préciser au moins une grande part de tout ces détails, les demandes de réparations me semblent n'être qu'un signifiant vide, ce qui est toujours pratique d'un point de vue rhétorique, mais n'avance jamais.

      • [^] # Re: La belle jambe que ça nous fait !

        Posté par  . Évalué à 5 (+2/-0).

        Pourtant Macron a déjà reconnu sur le principe la nécessité du signifiant en question (cf. mon com juste au dessus). En principe l'étape d'après c'est l'ouverture de discussions / négociations pour parler de tout ça.

        • [^] # Re: La belle jambe que ça nous fait !

          Posté par  (site web personnel) . Évalué à 5 (+2/-0).

          C'est facile d'être d'accord avec un truc creux quand d'une part, tu va quitter le poste dans 1 an, et d'autre part, tu n'as littéralement rien dit de concret.

          Car oui, la rhétorique vide d'action, ça marche des deux cotés.

      • [^] # Re: La belle jambe que ça nous fait !

        Posté par  (site web personnel) . Évalué à 7 (+5/-1).

        À traits grands très (ou le contraire) on pourrait peut-être avancer vers une abolition mondiale de l'héritage. Deux avantages dans le sens qui nous intéresse : moins de motivation à accumuler puisque personne n'en héritera, donc également moins de motivation à l'exploitation d'autrui ; les gains malhonnêtes sont automatiquement abolis au décès du captateur : pas de perpétuation des conséquences.

        Sauf ce genre d'avancées très utopiques, il me semble invraisemblable de « réparer ». Même dans les cas les plus faciles, comme les indemnités extorquées aux Haïtiens, on voit mal ce qui pourrait être fait et efficace.

        « IRAFURORBREVISESTANIMUMREGEQUINISIPARETIMPERAT » — Odes — Horace

        • [^] # Re: La belle jambe que ça nous fait !

          Posté par  . Évalué à 4 (+1/-0).

          Comment on peut croire que c'est un projet plus facile à réaliser ? Héritiers de tous les pays, unissez vous !

          • [^] # Re: La belle jambe que ça nous fait !

            Posté par  (site web personnel) . Évalué à 3 (+0/-0).

            Le principe de l'utopie, contrairement à ce que le nom laisse entendre, n'est-ce pas l’inaccessibilité ? L'immense contraste entre cet état — parfaitement inatteignable nous sommes d'accord — que je brosse avec la délicatesse de mes gros sabots, et les slogans « réparationistes », c'est que pour les seconds il ne semble même pas envisageable de définir à quoi ils pourraient mener.

            « IRAFURORBREVISESTANIMUMREGEQUINISIPARETIMPERAT » — Odes — Horace

          • [^] # Re: La belle jambe que ça nous fait !

            Posté par  . Évalué à 3 (+2/-0).

            C’est pourtant très facile : une loi fixe un seuil au-delà duquel le patrimoine est redistribué entre tous au travers de différentes caisses selon la nature des éléments patrimoine.

            C’est par exemple par la loi que les œuvre d’art échappent aux impôts de succession : rien de bien compliqué donc.

            Il faut se rappeler que l’idée même d’un impôt sur les successions a été révolutionnaire au sens propre.

            « Y a même des gens qui ont l’air vivant, mais ils sont morts depuis longtemps ! »

            • [^] # Re: La belle jambe que ça nous fait !

              Posté par  . Évalué à 4 (+1/-0).

              Qui porterait un tel projet à l'échelle mondiale ? Tu peux être sûr que les oppositions seraient un chouilles combatives, tout l'appareil Bolloré en propagande par exemple, je pense que Poutine dirait "lol" …

              Il y a la question de la redistribution ensuite.

              • [^] # Re: La belle jambe que ça nous fait !

                Posté par  . Évalué à 3 (+2/-0).

                Avant de se penser « lumière du monde », occupons-nous de notre territoire.

                Évidemment que l’opposition sera là : que croyez-vous qu’il se passe depuis la mise en place de la Sécu en 1945 ? D’une certaine manière ce dont nous parlons est une extension de ce système au-delà du soin : alimentation, culture, logement, foncier, etc.

                Nous disposons d’une base solide dans ses principes, cette base ayant été érodée par des décennies de réformes.

                Il y a plein de dispositif à inventer pour continuer de gagner du terrain sur les accapareurs. Le libre en est l’illustration parfaite. Il a apporté une pierre fondamentale dans l’édifice à construire (et à défendre).

                « Y a même des gens qui ont l’air vivant, mais ils sont morts depuis longtemps ! »

          • [^] # Re: La belle jambe que ça nous fait !

            Posté par  . Évalué à 4 (+3/-0).

            Le libre contribue déjà à cette utopie en proposant un modèle qui limite la possibilité d’accumulation (liberté de copier) d’un côté, et favorise la mise en commun de l’autre (liberté de diffuser).

            « Y a même des gens qui ont l’air vivant, mais ils sont morts depuis longtemps ! »

      • [^] # Re: La belle jambe que ça nous fait !

        Posté par  . Évalué à 10 (+11/-0).

        Sans vraiment préciser au moins une grande part de tout ces détails, les demandes de réparations me semblent n'être qu'un signifiant vide, ce qui est toujours pratique d'un point de vue rhétorique, mais n'avance jamais.

        On peut commencer par ne pas rejeter d'emblée l'idée de réparation en la faisant paraître comme absurde ou impossible, puis se rassembler et y réfléchir. C'est non seulement possible mais c'est même très sérieusement envisagé dans plusieurs anciennes colonies anglaises. Certains particuliers ont sauté le pas, des organisations religieuses aussi. La Barbade est à la pointe sur le sujet (merci Mia Mottley) mais des réflexions sont menées un peu partout. On constate que le sujet est bien moins tabou pour le Royaume-Uni que pour la France, qui a toujours beaucoup de mal à regarder son passé en face… qu'il s'agisse de l'esclavage ou d'événements plus proches comme les massacres d'après-2ndGM, de l'Algérie ou même de Mururoa.

    • [^] # Re: La belle jambe que ça nous fait !

      Posté par  . Évalué à 3 (+1/-0).

      mais je moinsse néanmoins ce post totalement hors sujet, ça parle même pas de linux.

      Je pourrais parfaitement comprendre cela si tu était constant dans cette attitude… 😁

      Je ne vois pas en quoi il est « inutile » de proposer un lien qui parle de liberté, d'esclavage et d'une vielle loi (bien commun) toujours en vigueur depuis 1865. Tout ceci me semble bien entrer en résonance avec le libre et ses licences.

    • [^] # Re: La belle jambe que ça nous fait !

      Posté par  . Évalué à 2 (+0/-0). Dernière modification le 29 mai 2026 à 08:10.

      Sympa, le lien YT dans ton commentaire, j'adore ce gars.

      "Si tous les cons volaient, il ferait nuit" F. Dard

    • [^] # Re: La belle jambe que ça nous fait !

      Posté par  (site web personnel) . Évalué à 5 (+2/-0).

      Et pour les réparations, ça sera à la saint glin glin !

      Je pense qu'il ne faut pas balayer d'un revers de mains les avancées symboliques sur ces questions.

      La question du colonialisme reste un sujet tabou qui cristallise les relations internationales encore aujourd'hui. Notre relation compliquée avec l'Algérie ou le Mali (et ses voisins depuis) en sont un bel exemple. La plupart des États qui en ont fait ont du mal à assumer encore aujourd'hui l'héritage de cette période de l'histoire, à reconnaître leur responsabilité tout en accentuant les bénéfices de cette période pour les pays colonisées (ce qui est évidemment problématique).

      Que ces États progressivement assument leur responsabilité et tentent de corriger certains aspects de la colonisation (par l'évolution du droit, du programme scolaire, etc.) paraît anodin mais va dans le bon sens même si c'est trop lent et pas suffisant.

      Cela permet aussi de rappeler à certains citoyens que non ce n'était pas une période positive pour les pays colonisés en évitant d'invisibiliser le sujet.

      La question des réparations est un sujet complexe et qui est aussi source des difficultés à aller de l'avant. Le roi belge par exemple a présenté récemment des excuses publiques pour la gestion du Congo belge, mais le gouvernement n'a pas suivi par peur que cela puisse servir de base à exiger des réparations. Sauf qu'en attendant, en faisant l'autruche, cela complexifie les relations avec les pays victimes de la pratique et empêche d'aller de l'avant car le sujet reste tabou.

      • [^] # Re: La belle jambe que ça nous fait !

        Posté par  (site web personnel) . Évalué à 6 (+3/-0).

        Je pense qu'il ne faut pas balayer d'un revers de mains les avancées symboliques sur ces questions.

        Et moi je pense que les députés sont bien contents de pouvoir voter cette "abrogation" puisqu'elle est sans aucun risque pour eux et qu'elle est populaire. C'est évidemment plus difficile de s'attaquer aux autres problèmes du pays, de prendre des décisions impopulaires et de risquer de fâcher tel ou tel groupe de pression.

        Cette "abrogation" est décrite par les spécialistes du droit comme étant juridiquement inutile.

        Je cite cet article d'Historia écrit par Frédéric Charlin (maître de conférences en histoire du droit à l’Université Grenoble Alpes) :

        "Deux textes contraires ne pouvant coexister dans un même ordre juridique, l’article 6 de la Constitution de 1848 a abrogé tacitement tous les textes sur l’esclavage depuis 1635. C’est pourquoi l’idée d’abroger le Code Noir relève d’un non-sens juridique, historique et mémoriel."

        • [^] # Re: La belle jambe que ça nous fait !

          Posté par  (site web personnel, Mastodon) . Évalué à 3 (+1/-0).

          Soit, soit. Bien qu’un bon jump soit inséré dans le programme pour bypass un morceau devenu inutile ; c’est quand même mieux quand on fini par retirer le code mort. On aimerait que beaucoup de codes de loi obsolètes soient proprement retirées.

          “It is seldom that liberty of any kind is lost all at once.” ― David Hume

          • [^] # Re: La belle jambe que ça nous fait !

            Posté par  . Évalué à 3 (+1/-0).

            On aimerait que beaucoup de codes de loi obsolètes soient proprement retirées.

            Le soucis ici c'est que ça n'est pas proprement retiré. L'abrogation c'est pour le futur, en gros ça dit : "À compter de maintenant cette loi n'est plus valide". Ce qu'il fallait voter (et qui a bien plus de sens) c'est l'annulation : « L’abrogation est un mécanisme juridique par lequel on met fin à des dispositions légales. L’annulation annule la légalité des dispositions légales par le passé. » Mais si on annule, on reconnaît que la loi passée était fautive et ça ouvre donc la porte aux demandes de réparation. Un pas que ne franchira pas le Parlement… D'ailleurs les députés passent chaque jour devant la statue de l'un des rédacteurs du Code Noir. La déplacer dans un musée aurait plus de poids que l'abrogation d'un truc déjà abrogé. M'enfin je rejoins Renault plus bas : ça permet d'en parler et d'espérer qu'on avance un peu plus vers la fin du déni.

          • [^] # Re: La belle jambe que ça nous fait !

            Posté par  (site web personnel, Mastodon) . Évalué à 2 (+0/-0).

            Bon, il semble que le code noir serait déjà abrogé implicitement et que cette loi est plutôt mémorielle https://youtu.be/-xM0Ty73OGA (la phrase précédente est le résumé de la vidéo, et le conditionnel est parce-que je ne peux pas le vérifier mais j'ai confiance) Je découvre (grâce à cette vidéo) au passage ces deux liens :

            “It is seldom that liberty of any kind is lost all at once.” ― David Hume

        • [^] # Re: La belle jambe que ça nous fait !

          Posté par  (site web personnel) . Évalué à 7 (+4/-0).

          Cette "abrogation" est décrite par les spécialistes du droit comme étant juridiquement inutile.

          Je pense que personne ne remet cela en question, de la même façon que d'autres textes votés avant qui n'avaient qu'une portée symbolique car le texte était de fait inapplicable.

          C'est évidemment plus difficile de s'attaquer aux autres problèmes du pays, de prendre des décisions impopulaires et de risquer de fâcher tel ou tel groupe de pression.

          Le truc c'est que même évoquer le sujet est difficile, donc si on parle du sujet, c'est déjà bien en fait. Oui ça ne résout pas les gros problèmes, oui les pays concernés par la colonisation attendent plus de la France et autres, mais on ne peut pas passer d'un tabou absolu ou non sujet à on règle la question ensemble en une étape. On en est malheureusement à l'étape encore où les conséquences et l'horreur du colonialisme ne sont pas pleinement reconnues par les États et la population de ces États. Donc en parler, évoquer le sujet, etc. participe à quitter de cet état du déni de ce passé pour aller doucement vers une reconnaissance pleine et entière des responsabilités.

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