Ça parle longuement de dette technique. Puis vient ceci :
Unless leadership has an engineering background, the value of the technical debt work likely needs to be quantified and shown as business value.
La réalité, dans une boîte, c'est que la dette technique doit être vue et évaluée par sa valeur « business » et uniquement cela. Peu importe que le management ait des compétences techniques.
Les ingénieurs veulent souvent « faire bien » et malheureusement même « faire mieux » . Plus facile à maintenir. Mieux conçu. Plus robuste. Mieux testé. D'ailleurs ça vaut pour les autres métiers : une personne de la comm' voudra « toujours faire un peu plus ». Un peu mieux mis en page. Des goodies un peu plus sympas. Un design un peu plus esthétique. Des vidéos un peu mieux montées.
Mais le besoin (de l'entreprise) n'est pas de faire mieux. Son besoin est de faire bien, juste bien.
Et s'il y a du temps dispo, documenter, industrialiser et normaliser pour que la prochaine fois, ce soit mieux.
Sur le fond du sujet, je suis relativement d'accord : les problèmes techniques sont en fait des problèmes humains qui sont en fait des problèmes de désalignement entreprise/collaborateur.
Est-ce que l'entreprise a tord d'être complaisante ? Est-ce que l'ingénieur a raison de vouloir éviter la dette technique à tout prix ? Ce qui me semble important, c'est surtout d'évoluer (en tant que personne) dans un écosystème (entreprise, marché) dont on partage les valeurs.
Et ça, ça veut dire se renseigner et s'ouvrir aux considérations non techniques.
Sans cet intérêt, sans cette ouverture, c'est perdu d'avance.
#tracim pour la collaboration d'équipe __ #galae pour la messagerie email __ dirigeant @ algoo
J'ai une compréhension de la dette technique plus proche de celle de l'auteur de l'article que de la tienne.
La dette technique ne se situe pas entre «juste bien pour l'entreprise» et «suffisament bien pour l'ego des développeurs» mais plutôt entre «trop vite et mal fait pour satisfaire le market» et «d'un standard suffisant pour ne pas grèver l'avenir»
Je vois la dette comme de la boue qui s'accumule sous les chaussures et qui petit à petit rend la marche moins rapide et plus pénible.
J'ai vécu dans une boite entièrement pilotée par le commerce, et effectivement il a fallu chiffrer cette dette en numéraire (en temps perdu par les développeurs, en allongement de délais) pour obtenir du temps pour la combler au fil de l'eau.
mais plutôt entre «trop vite et mal fait pour satisfaire le market» et «d'un standard suffisant pour ne pas grèver l'avenir»
La dette n'est pas un travail bâclé : la dette c'est emprunter du temps de développement à venir pour livrer plus rapidement une première version (ou des premières versions).
Et c'est précisément pour satisfaire le marché - parfois juste pour être le premier.
J'ai vécu dans une boite entièrement pilotée par le commerce, et effectivement il a fallu chiffrer cette dette en numéraire (en temps perdu par les développeurs, en allongement de délais) pour obtenir du temps pour la combler au fil de l'eau.
Si la langue de ton management c'est des montants en euros, il est naturel de convertir ta vision technique en euros : c'est la meilleure manière de les convaincre.
Si ton management sait qu'il s'est endetté, il sait aussi (normalement) qu'il faut qu'il rembourse pour pouvoir de nouveau emprunter lorsqu'il en aura besoin.
La dette n'est pas du travail mal fait. La dette, c'est du travail court-terme (ou moyen-terme) qui a vocation à être remboursé ; et comme une dette financière, tu rembourses + que ce que tu as emprunté. En revanche, ce surcoût est censé t'avoir permis de gagner plus - donc le calcul au final est positif, même une fois que tu as terminé de rembourser.
#tracim pour la collaboration d'équipe __ #galae pour la messagerie email __ dirigeant @ algoo
Mon postulat est que rien n'est mal fait : c'est fait avec les moyens, les objectifs et la compréhension du moment. Et c'est donc de la dette si après coup ça semble inadapté ou mal fait.
#tracim pour la collaboration d'équipe __ #galae pour la messagerie email __ dirigeant @ algoo
Posté par Barnabé .
Évalué à 3 (+2/-0).
Dernière modification le 18 décembre 2025 à 10:05.
Ton postulat est très idéaliste, et ne correspond pas à ma réalité, du coup j'ai beaucoup de mal à accepter tes arguments. Des choses mal faites, par des gens pas bons ou trop pressés, ou démotivés, il y en a dans tous les produits que j'ai rencontré pendant ma carrière.
Je comprends qu’en tant que dirigeant tu prends en compte la dette et essaye d’équilibrer avec les impératifs « marketing ».
J’ai connu au moins une boîte où le manager s’est ému de mon code trop léché (et ce n’était pas du temps pris en plus puisque l’on était dans les délais impartis) et m’a dit plus ou moins « t’embête pas et puis faut bien qu’on leur vende des correctifs… » ! J’en suis parti et ai appris quelques mois plus tard qu’ils ont perdu les gros clients (qui avaient certainement/probablement marre de payer des correctifs abscons…)
J’ai vu d’autres boîtes du genre, ou les chefs sont un peu comme les politiques : ça fait beaucoup de comm' et s’en foutent de la dette, ou plutôt espèrent ne plus être là quand il faudra rembourser.
“It is seldom that liberty of any kind is lost all at once.” ― David Hume
J’en suis parti et ai appris quelques mois plus tard qu’ils ont perdu les gros clients (qui avaient certainement/probablement marre de payer des correctifs abscons…)
En plus de 10 ans de boîte, je n'ai jamais eu de client qui parte car on avait trop de dette technique. Parce que c'est trop cher, parce que ça répond mal oui, mais pas parce qu'il y a trop de dette technique.
En revanche, des clients qui ne viennent pas parce qu'il manque une fonctionnalité, oui. Et pour réussir à les signer quand même, il n'y a rien de mieux qu'une fonctionnalité « ajoutée à l'arrache » et qui est retravaillée en parallèle de la signature du client ou de la mise en place.
Mais pour être capable de faire ça, il faut des développeurs qui comprennent l'enjeu et sont pro-actif dans cette stratégie de dette.
Ça ne veut pas dire saloper le travail, ça veut dire livrer vite même si un peu moche avec l'idée de rectifier / améliorer ensuite.
Certains vont me dire « oui on sait ce que ça donne ensuite ça passe sous le tapis » . Possible : si ça marche bien il n'y a pas de raison de retravailler la fonctionnalité (ou pas tout de suite).
En revanche, le prospect que tu n'as pas signé, tu as aucune chance de le voir revenir.
#tracim pour la collaboration d'équipe __ #galae pour la messagerie email __ dirigeant @ algoo
Pour préciser : les clients ne partent pas directement à cause de la dette technique… Mais plutôt des conséquences qu’ils en perçoivent : ça répond de plus en plus mal ou ça semble régresser, et en tout cas coûter trop cher pour ce que cela apporte. Il se trouve que dans le cas en question, pour des trucs qui semblaient fait à l’arrache, cette boîte demandait aux clients d’acheter la nouvelle version qui corrige (partiellement) le souci et en ajoute d’autres. Il est normal au bout d’un temps de se sentir prise pour une vache à lait…
“It is seldom that liberty of any kind is lost all at once.” ― David Hume
LeBouquetin ne dit pas que l'auteur à tord, mais qu'il faut relativiser. On ne peut pas être toujours au top, car financièrement cela se justifie.
Et c'est parfois salvateur.
1. Beaucoup de bugs touchent surtout les dernières versions. Avoir un peu de dette technique, c'est être avec une version un peu plus ancienne qui a plus de chance d'être un peu épargnée.
2. Les technologies évoluent souvent très vite, mais parfois avec des retours arrière, au moins partiel. A vouloir avoir toujours avoir la dernière version, on va être confronté à beaucoup de mise à jour dont parfois certaines sont contreproductives ou buggées. En plus pour chaque update, il faut un temps pour se remettre dedans. On a donc intérêt à attendre un peu une maturité.
3. Parfois une nouvelle technologie apporte beaucoup, mais parfois c'est discutable et ce n'est pas toujours anti-nomique : Exp : l'Intelligence Artificielle.
Mais évidemment, il ne faut pas avoir trop de dette technique. Il faut des outils assez a jours pour être toujours maintenus et parfois on peut gagner à utiliser des nouvelles fonctionnalités. C'est une affaire de compromis ce que dis assez bien LeBouquetin.
Sous licence Creative common. Lisez, copiez, modifiez faites en ce que vous voulez.
Les ingénieurs veulent souvent « faire bien » et malheureusement même « faire mieux » . Plus facile à maintenir. Mieux conçu. Plus robuste. Mieux testé. D'ailleurs ça vaut pour les autres métiers : une personne de la comm' voudra « toujours faire un peu plus ». Un peu mieux mis en page. Des goodies un peu plus sympas. Un design un peu plus esthétique. Des vidéos un peu mieux montées.
De la manière dont tu formule les choses, c'est comme si il y avait un "bien" qui soit absolu, connu et visible de tous, et que certains voudraient faire mieux.
Est-ce qu'ils veulent faire mieux, ou est-ce que leur vision de ce qui est bien est différente ?
Plus généralement, comment on sait quand c'est bien ?
J'ai travaillé dans plusieurs milieux différents, et je n'ai eu que très rarement l'impression de bien travailler, alors que mes employeurs étaient globalement très contents.
Quand j'ai travaillé en informatique, je voyais comment les choix d'architecture allaient nous limiter plus tard et à quel point il allait être difficile de les faire évoluer.
Quand j'ai travaillé dans le social, je voyais toute la violence institutionnelle et comment le rapport de force entretenait la conflictualité.
Quand j'ai travaillé dans le sport de nature, je voyais comment on détruisait le milieu dans lequel on êvoluait.
Quand j'ai travaillé dans le bâtiment, je voyais pourquoi on allait devoir tout recommencer dans 20 ou 30 ans.
Les employeurs trouvaient ça bien, parce que l'entreprise gagnait de l'argent.
Quelque part ce ne sont que des formes de dettes.
Mais au final, cela se fait au mieux au détriment du client, au pire au détriment des générations futures, parce que toute dette est à différents degrés une dette écologique.
Mais le besoin (de l'entreprise) n'est pas de faire mieux. Son besoin est de faire bien, juste bien.
Quelle place pour les besoins des employés ?
Ta logique me semble inscrite dans une logique capitaliste et libérale. Je le comprends, parce c'est la réalité d'aujourd'hui, mais peut-on le déplorer et chercher à s'en libérer ?
Merci pour ce long commentaire. Je ne vais pas réagir sur tout mais sur 3 points principaux.
Rappel du contexte : je gère une entreprise indépendante qui produit et déploie des logiciels libres. L'aspect « indépendant » de l'entreprise est fondamental dans ma vision car chaque euro dépensé est un euro qui sort de notre trésorerie, chaque euro dépensé pour des travaux non prioritaire est un euro investi avec un retour sur investissement imprévisible.
Les ingénieurs veulent souvent « faire bien » et malheureusement même « faire mieux » . Plus facile à maintenir. Mieux conçu. Plus robuste. Mieux testé. D'ailleurs ça vaut pour les autres métiers : une personne de la comm' voudra « toujours faire un peu plus ». Un peu mieux mis en page. Des goodies un peu plus sympas. Un design un peu plus esthétique. Des vidéos un peu mieux montées.
De la manière dont tu formule les choses, c'est comme si il y avait un "bien" qui soit absolu, connu et visible de tous, et que certains voudraient faire mieux.
Est-ce qu'ils veulent faire mieux, ou est-ce que leur vision de ce qui est bien est différente ?
Plus généralement, comment on sait quand c'est bien ?
Je prends un exemple simple : dans le contexte que j'évoque, nous travaillons sur un projet de développement commandé par un client. Dans ce cas, le bien est « simple » : c'est quand ça répond au projet et au cahier des charges signés entre l'entreprise et le client. Ni plus, ni moins :
moins, : ça ne répond pas au contrat
plus : c'est de l'argent que Algoo dépense en plus pour des bénéfices dont seul le client bénéficiera. C'est de la sur-qualité (le fameux « le mieux est l'ennemi du bien »)
Ta logique me semble inscrite dans une logique capitaliste et libérale.
Ce n'est ni du libéralisme, ni du capitalisme : c'est de la gestion de rentabilité.
C'est le nerf de la guerre d'une entreprise, y compris une SCOP.
Mais le besoin (de l'entreprise) n'est pas de faire mieux. Son besoin est de faire bien, juste bien.
Quelle place pour les besoins des employés ?
Pour s'occuper correctement des besoins des employés, une entreprise doit déjà être correctement rentable.
Pour être plus/mieux rentable il y a deux leviers :
augmenter les prix (à travail équivalent) ou augmenter les ventes (si le travail n'est pas linéaire
optimiser les dépenses (plusieurs options : minimiser les salaires, réduire les travaux inutiles, factoriser/mutualiser les travaux de développement, réduire les coûts de maintenance, etc, etc)
Dans mon parcours de chef d'entreprise (depuis plus de 10 ans maintenant), les plus militants pour « faire les choses à l'état de l'art sans dette » étaient paradoxalement les plus exigeants sur le sujet des besoins individuels des employés.
Les travaux qui ont apporté le plus de valeur à mon sens (valeur = bénéfices vs coût) :
ceux sur lesquels on a travaillé proprement tant sur le plan de l'architecture que du développement - par exemple l'architecture temps réel de Tracim avec ses API REST et son mécanisme d'événements et messages envoyés via un socket à chaque client. On n'a pas accumulé de dette sur ce sujet, on l'a fait correctement dès le départ. C'était une brique structurante, je savais exactement ce que je voulais qu'on fasse (et aujourd'hui, personne ne fait aussi en ingénierie sur des applications web à ma connaissance)
ceux qu'on a développé en mode POC en très peu de temps. La fonctionnalité de Kanban de Tracim par exemple, ou encore des outils internes de gestion reposant sur du dev « à l'arrache » sur base d'applications web Django.
ceux qu'on a fait sans respecter l'état de l'art car ils ont permis d'industrialiser très rapidement puis d'améliorer progressivement : scripts bash ou python « bricolés », conteneurs docker utilisés « comme des VM ».
Dans ces exemples, à part pour la partie architecture, il y a de la dette. Et pour la partie architecture, en réalité Tracim avait déjà 5 ans d'existence - donc des lacunes et des évolutions voulues bien identifiées.
La dette permet d'arriver « en avance » sur le marché par rapport aux moyens financiers qu'on a. Ça permet de signer avec des clients qu'on aurait loupé sans cela. Ça rembourse le surcoût lié à l'endettement (car au final les travaux de refonte coûtent)
#tracim pour la collaboration d'équipe __ #galae pour la messagerie email __ dirigeant @ algoo
J'apprécie les échanges avec toi, ton expérience fait que tu as un point de vue ancré dans le réel qui me fait défaut. Nous avons vu un échange de vive voix par le passé qui m'avait fait réfléchir et changer d'avis sur certaines choses.
Ce n'est ni du libéralisme, ni du capitalisme : c'est de la gestion de rentabilité.
Je ne vois pas comment tu peux évaluer une rentabilité indépendamment du modèle économique.
Dans un monde sans concurrence par exemple, pas besoin de faire quelque chose de rapide pour être le premier par exemple.
Je suis assez d'accord avec toi sur le fond, et je pense que ta vision des choses est efficace et nécessaire dans un monde capitaliste libéral.
Mais comme tu le constates elle engendre un surcoût. C'est ce que je déplore et je me demande s'il serait possible d'aller vers un monde qui fonctionne différemment et réduit ce surcoût.
Dans ce cas, le bien est « simple » : c'est quand ça répond au projet et au cahier des charges signés entre l'entreprise et le client.
Ça déplace la question du coup. Est-ce qu'on on peut évaluer sans équivoque si le produit répond au cahier des charges ? Il n'y a aucune subjectivité dans l'évaluation ?
Ça pose aussi d'autres questions :
Si on doit tout jeter à la poubelle et recommencer de zéro si le client fait évoluer son cahier des charges, est-ce que le travail de départ est quand même bien ?
Le client est-il suffisamment compétent ou accompagné pour établir son cahier des charges ?
Un exemple tiré du bâtiment parce que ça me semble plus parlant, mais je pense que la logique peut être généralisé.
J'ai travaillé sur des rénovations de toiture. Il y a des coûts fixes très important qui ne dépendent pas de la quantité d'isolation posée : échauffaudages, main d'oeuvre, couverture, etc.
On pose 10cm d'isolation supplémentaire.
Selon ta définition, c'est du bon travail, ça correspond parfaitement au cahier des charges.
Pourtant de mon point de vue, pour un coût supplémentaire relativement peu élevé, on pourrait isoler beaucoup plus et éviter de refaire le travail dans 20 ans.
Donc quand je rentre chez moi je ne suis pas vraiment fier de mon travail et je ne considere pas que j'ai fait du bon travail.
Bref, je suis globalement d'accord avec toi mais ]'amènerais plus de nuances et de relativité.
Ceci étant, ce que je retiens principalement, c'est que l'entreprise gagne à ce que les devs prennent en compte la réalité économique leur manière de coder (donc acceptent une forme de dette technique), et que les personnes responsables des chiffrages prennent en compte la dette technique dans les chiffrages.
Je me demande si la perception différente que tu peux avoir avec d'autres sur ce fil ne vient pas aussi d'un expérience différente.
L'entreprise que tu diriges me semble être assez particulière et je me demande si il n'y a pas une sur-représentation de passionnés qui vivent une grande frustration à accepter la réalité économique actuelle. Alors que tes interlocuteurs (dont je fais partit) sont confrontés à des milieux où la majorité des gens sont indifférents à beaucoup de choses.
Pourtant de mon point de vue, pour un coût supplémentaire relativement peu élevé, on pourrait isoler beaucoup plus et éviter de refaire le travail dans 20 ans.
Dans le monde économique tel qu'il fonctionne aujourd'hui, la démarche qui me paraît pertinente est d'informer le client et de lui proposer ce surcoût en lui expliquant les bénéfices.
Sur ce sujet particulier, j'ai tendance à me dire que la réglementation devrait imposer des choses
Je me demande si la perception différente que tu peux avoir avec d'autres sur ce fil ne vient pas aussi d'un expérience différente.
Complètement.
J'étais "comme tout le monde" avant de gérer Algoo.
Le commerce c'est facile. Le marketing c'est de l'arnaque. La dette c'est de la merde. Les managers sont des nases. C'est quand même pas sorcier.
Ce genre d'analyse que des gens intelligents qui prennent le temps de réfléchir font régulièrement - mais sans avoir les bases pour faire une analyse pertinente.
Il y a des choses que j'aurais pu comprendre si on me les avait expliqué quand j'étais salarié, mais ça n'est pas arrivé. J'ai donc appris sur le tard, à mon grand regret en tant que dirigeant mais aussi en tant que salarié sur mon parcours passé.
En partageant ici un point de vue bien différent de ce qu'on croise dans les milieux de techniciens, je me dis que j'en aiderai peut-être quelques uns à ajuster leur vision pour qu'elle soit un peu moins machiavélique.
Par exemple, un point important de la réalité économique, c'est que la plupart du temps, un entreprise signe dès contrats avec engagement de résultat. Souvent en s'appuyant sur des estimations fournies par les employés. Qui eux sont rémunérés en engageant de moyen. Déjà rien que pour ça il faut prévoir des marges - mais tu es régulièrement jugé avec ces marges car "tu te fais de l'argent sur le dos du salarié et du client. C'est pas correct".
L'entreprise monétise le risque. Ça choque régulièrement des gens - ce n'est pas pour autant que chacun est prêt à être payé en variable.
Bref.
Je ne me fais pas d'illusion : je sais que ma vision n'est massivement pas partagée ici - mais je ne suis pas en croisade : je partage des billes avec celles et ceux qui pensent qu'un peu de contradictoire les fait progresser.
#tracim pour la collaboration d'équipe __ #galae pour la messagerie email __ dirigeant @ algoo
Je ne me fais pas d'illusion : je sais que ma vision n'est massivement pas partagée ici - mais je ne suis pas en croisade : je partage des billes avec celles et ceux qui pensent qu'un peu de contradictoire les fait progresser.
Merci de le faire, ça ne fait pas bouger tout le monde mais ça en fait bouger certains. Au moins moi en tous cas.
j'en aiderai peut-être quelques uns à ajuster leur vision pour qu'elle soit un peu moins machiavélique.
ce n'est pas machaviélique1^W machiavélique — diabolique ça correspond aussi — c'est machinéen2^W manichéen — noir ou blanc comme aux dames (mais pourrait passer comme sexiste voire raciste o_O ?) — bien ou mal : bien ou mieux à suivre notre discussion, le mieux étant l'ennemi du bien dans ce cas :D
nan mais sérieux, utilisons parfois plutôt (l'ami de Mickey<) les 300 mots du vocabulaire commun /o\ :p
Pour que ta vision soit partagée, il faudrait qu’il y en ait plus qui aient ton état d’esprit. Pour avoir discuté avec beaucoup de dirigeants, quand tombe le masque, on a l’impression que le plus important est « comment se faire le maximum d’oseille en un minimum de temps » (optimisation du capitalisme quoi), et ce n’est pas étonnant quand on voit les modèles avec lesquels nous nous construisons (je te raconte pas tous ceux qui rêvent d’être un E.Musk ou un B.Gates etc.)
Bref, je vous ai pertinenté tous les deux : ce n’est pas que l’un a raison sur l’autre, c’est que nous ne sommes pas confrontés aux mêmes faces du dodécaèdre (ou plus) ;)
“It is seldom that liberty of any kind is lost all at once.” ― David Hume
# Je ne demande si l'auteur a compris l'enjeu (de la dette technique)
Posté par LeBouquetin (site web personnel, Mastodon) . Évalué à 5 (+5/-2). Dernière modification le 17 décembre 2025 à 08:38.
Ça parle longuement de dette technique. Puis vient ceci :
La réalité, dans une boîte, c'est que la dette technique doit être vue et évaluée par sa valeur « business » et uniquement cela. Peu importe que le management ait des compétences techniques.
Les ingénieurs veulent souvent « faire bien » et malheureusement même « faire mieux » . Plus facile à maintenir. Mieux conçu. Plus robuste. Mieux testé. D'ailleurs ça vaut pour les autres métiers : une personne de la comm' voudra « toujours faire un peu plus ». Un peu mieux mis en page. Des goodies un peu plus sympas. Un design un peu plus esthétique. Des vidéos un peu mieux montées.
Mais le besoin (de l'entreprise) n'est pas de faire mieux. Son besoin est de faire bien, juste bien.
Et s'il y a du temps dispo, documenter, industrialiser et normaliser pour que la prochaine fois, ce soit mieux.
Sur le fond du sujet, je suis relativement d'accord : les problèmes techniques sont en fait des problèmes humains qui sont en fait des problèmes de désalignement entreprise/collaborateur.
Est-ce que l'entreprise a tord d'être complaisante ? Est-ce que l'ingénieur a raison de vouloir éviter la dette technique à tout prix ? Ce qui me semble important, c'est surtout d'évoluer (en tant que personne) dans un écosystème (entreprise, marché) dont on partage les valeurs.
Et ça, ça veut dire se renseigner et s'ouvrir aux considérations non techniques.
Sans cet intérêt, sans cette ouverture, c'est perdu d'avance.
#tracim pour la collaboration d'équipe __ #galae pour la messagerie email __ dirigeant @ algoo
[^] # Re: Je ne demande si l'auteur a compris l'enjeu (de la dette technique)
Posté par Barnabé . Évalué à 3 (+2/-0).
J'ai une compréhension de la dette technique plus proche de celle de l'auteur de l'article que de la tienne.
La dette technique ne se situe pas entre «juste bien pour l'entreprise» et «suffisament bien pour l'ego des développeurs» mais plutôt entre «trop vite et mal fait pour satisfaire le market» et «d'un standard suffisant pour ne pas grèver l'avenir»
Je vois la dette comme de la boue qui s'accumule sous les chaussures et qui petit à petit rend la marche moins rapide et plus pénible.
J'ai vécu dans une boite entièrement pilotée par le commerce, et effectivement il a fallu chiffrer cette dette en numéraire (en temps perdu par les développeurs, en allongement de délais) pour obtenir du temps pour la combler au fil de l'eau.
[^] # Re: Je ne demande si l'auteur a compris l'enjeu (de la dette technique)
Posté par LeBouquetin (site web personnel, Mastodon) . Évalué à 2 (+2/-2).
La dette n'est pas un travail bâclé : la dette c'est emprunter du temps de développement à venir pour livrer plus rapidement une première version (ou des premières versions).
Et c'est précisément pour satisfaire le marché - parfois juste pour être le premier.
Si la langue de ton management c'est des montants en euros, il est naturel de convertir ta vision technique en euros : c'est la meilleure manière de les convaincre.
Si ton management sait qu'il s'est endetté, il sait aussi (normalement) qu'il faut qu'il rembourse pour pouvoir de nouveau emprunter lorsqu'il en aura besoin.
La dette n'est pas du travail mal fait. La dette, c'est du travail court-terme (ou moyen-terme) qui a vocation à être remboursé ; et comme une dette financière, tu rembourses + que ce que tu as emprunté. En revanche, ce surcoût est censé t'avoir permis de gagner plus - donc le calcul au final est positif, même une fois que tu as terminé de rembourser.
#tracim pour la collaboration d'équipe __ #galae pour la messagerie email __ dirigeant @ algoo
[^] # Re: Je ne demande si l'auteur a compris l'enjeu (de la dette technique)
Posté par Barnabé . Évalué à 2 (+1/-0).
Dans ce cas, comment nommes tu la somme des choses à corriger ou à refaire parce qu'elles ont été mal faites ?
[^] # Re: Je ne demande si l'auteur a compris l'enjeu (de la dette technique)
Posté par LeBouquetin (site web personnel, Mastodon) . Évalué à 3 (+2/-1).
Mon postulat est que rien n'est mal fait : c'est fait avec les moyens, les objectifs et la compréhension du moment. Et c'est donc de la dette si après coup ça semble inadapté ou mal fait.
#tracim pour la collaboration d'équipe __ #galae pour la messagerie email __ dirigeant @ algoo
[^] # Re: Je ne demande si l'auteur a compris l'enjeu (de la dette technique)
Posté par Barnabé . Évalué à 3 (+2/-0). Dernière modification le 18 décembre 2025 à 10:05.
Ton postulat est très idéaliste, et ne correspond pas à ma réalité, du coup j'ai beaucoup de mal à accepter tes arguments. Des choses mal faites, par des gens pas bons ou trop pressés, ou démotivés, il y en a dans tous les produits que j'ai rencontré pendant ma carrière.
[^] # Re: Je ne demande si l'auteur a compris l'enjeu (de la dette technique)
Posté par LeBouquetin (site web personnel, Mastodon) . Évalué à 2 (+1/-1).
C'est le problème de l'entreprise. Si les gens n'étaient pas motivés, c'est une forme de dette.
C'est plus proche du bouddhisme dans l'esprit je pense.
#tracim pour la collaboration d'équipe __ #galae pour la messagerie email __ dirigeant @ algoo
[^] # Re: Je ne demande si l'auteur a compris l'enjeu (de la dette technique)
Posté par Gil Cot ✔ (site web personnel, Mastodon) . Évalué à 6 (+4/-0).
Je comprends qu’en tant que dirigeant tu prends en compte la dette et essaye d’équilibrer avec les impératifs « marketing ».
J’ai connu au moins une boîte où le manager s’est ému de mon code trop léché (et ce n’était pas du temps pris en plus puisque l’on était dans les délais impartis) et m’a dit plus ou moins « t’embête pas et puis faut bien qu’on leur vende des correctifs… » ! J’en suis parti et ai appris quelques mois plus tard qu’ils ont perdu les gros clients (qui avaient certainement/probablement marre de payer des correctifs abscons…)
J’ai vu d’autres boîtes du genre, ou les chefs sont un peu comme les politiques : ça fait beaucoup de comm' et s’en foutent de la dette, ou plutôt espèrent ne plus être là quand il faudra rembourser.
“It is seldom that liberty of any kind is lost all at once.” ― David Hume
[^] # Re: Je ne demande si l'auteur a compris l'enjeu (de la dette technique)
Posté par LeBouquetin (site web personnel, Mastodon) . Évalué à 4 (+3/-1).
En plus de 10 ans de boîte, je n'ai jamais eu de client qui parte car on avait trop de dette technique. Parce que c'est trop cher, parce que ça répond mal oui, mais pas parce qu'il y a trop de dette technique.
En revanche, des clients qui ne viennent pas parce qu'il manque une fonctionnalité, oui. Et pour réussir à les signer quand même, il n'y a rien de mieux qu'une fonctionnalité « ajoutée à l'arrache » et qui est retravaillée en parallèle de la signature du client ou de la mise en place.
Mais pour être capable de faire ça, il faut des développeurs qui comprennent l'enjeu et sont pro-actif dans cette stratégie de dette.
Ça ne veut pas dire saloper le travail, ça veut dire livrer vite même si un peu moche avec l'idée de rectifier / améliorer ensuite.
Certains vont me dire « oui on sait ce que ça donne ensuite ça passe sous le tapis » . Possible : si ça marche bien il n'y a pas de raison de retravailler la fonctionnalité (ou pas tout de suite).
En revanche, le prospect que tu n'as pas signé, tu as aucune chance de le voir revenir.
#tracim pour la collaboration d'équipe __ #galae pour la messagerie email __ dirigeant @ algoo
[^] # Re: Je ne demande si l'auteur a compris l'enjeu (de la dette technique)
Posté par Gil Cot ✔ (site web personnel, Mastodon) . Évalué à 4 (+2/-0).
Pour préciser : les clients ne partent pas directement à cause de la dette technique… Mais plutôt des conséquences qu’ils en perçoivent : ça répond de plus en plus mal ou ça semble régresser, et en tout cas coûter trop cher pour ce que cela apporte. Il se trouve que dans le cas en question, pour des trucs qui semblaient fait à l’arrache, cette boîte demandait aux clients d’acheter la nouvelle version qui corrige (partiellement) le souci et en ajoute d’autres. Il est normal au bout d’un temps de se sentir prise pour une vache à lait…
“It is seldom that liberty of any kind is lost all at once.” ― David Hume
[^] # Re: Je ne demande si l'auteur a compris l'enjeu (de la dette technique)
Posté par abriotde (site web personnel, Mastodon) . Évalué à 4 (+2/-0).
LeBouquetin ne dit pas que l'auteur à tord, mais qu'il faut relativiser. On ne peut pas être toujours au top, car financièrement cela se justifie.
Et c'est parfois salvateur.
1. Beaucoup de bugs touchent surtout les dernières versions. Avoir un peu de dette technique, c'est être avec une version un peu plus ancienne qui a plus de chance d'être un peu épargnée.
2. Les technologies évoluent souvent très vite, mais parfois avec des retours arrière, au moins partiel. A vouloir avoir toujours avoir la dernière version, on va être confronté à beaucoup de mise à jour dont parfois certaines sont contreproductives ou buggées. En plus pour chaque update, il faut un temps pour se remettre dedans. On a donc intérêt à attendre un peu une maturité.
3. Parfois une nouvelle technologie apporte beaucoup, mais parfois c'est discutable et ce n'est pas toujours anti-nomique : Exp : l'Intelligence Artificielle.
Mais évidemment, il ne faut pas avoir trop de dette technique. Il faut des outils assez a jours pour être toujours maintenus et parfois on peut gagner à utiliser des nouvelles fonctionnalités. C'est une affaire de compromis ce que dis assez bien LeBouquetin.
Sous licence Creative common. Lisez, copiez, modifiez faites en ce que vous voulez.
[^] # Re: Je ne demande si l'auteur a compris l'enjeu (de la dette technique)
Posté par Jean-Philippe Garcia Ballester . Évalué à 3 (+1/-0).
De la manière dont tu formule les choses, c'est comme si il y avait un "bien" qui soit absolu, connu et visible de tous, et que certains voudraient faire mieux.
Est-ce qu'ils veulent faire mieux, ou est-ce que leur vision de ce qui est bien est différente ?
Plus généralement, comment on sait quand c'est bien ?
J'ai travaillé dans plusieurs milieux différents, et je n'ai eu que très rarement l'impression de bien travailler, alors que mes employeurs étaient globalement très contents.
Quand j'ai travaillé en informatique, je voyais comment les choix d'architecture allaient nous limiter plus tard et à quel point il allait être difficile de les faire évoluer.
Quand j'ai travaillé dans le social, je voyais toute la violence institutionnelle et comment le rapport de force entretenait la conflictualité.
Quand j'ai travaillé dans le sport de nature, je voyais comment on détruisait le milieu dans lequel on êvoluait.
Quand j'ai travaillé dans le bâtiment, je voyais pourquoi on allait devoir tout recommencer dans 20 ou 30 ans.
Les employeurs trouvaient ça bien, parce que l'entreprise gagnait de l'argent.
Quelque part ce ne sont que des formes de dettes.
Mais au final, cela se fait au mieux au détriment du client, au pire au détriment des générations futures, parce que toute dette est à différents degrés une dette écologique.
Quelle place pour les besoins des employés ?
Ta logique me semble inscrite dans une logique capitaliste et libérale. Je le comprends, parce c'est la réalité d'aujourd'hui, mais peut-on le déplorer et chercher à s'en libérer ?
[^] # Re: Je ne demande si l'auteur a compris l'enjeu (de la dette technique)
Posté par LeBouquetin (site web personnel, Mastodon) . Évalué à 4 (+3/-1).
Merci pour ce long commentaire. Je ne vais pas réagir sur tout mais sur 3 points principaux.
Rappel du contexte : je gère une entreprise indépendante qui produit et déploie des logiciels libres. L'aspect « indépendant » de l'entreprise est fondamental dans ma vision car chaque euro dépensé est un euro qui sort de notre trésorerie, chaque euro dépensé pour des travaux non prioritaire est un euro investi avec un retour sur investissement imprévisible.
Je prends un exemple simple : dans le contexte que j'évoque, nous travaillons sur un projet de développement commandé par un client. Dans ce cas, le bien est « simple » : c'est quand ça répond au projet et au cahier des charges signés entre l'entreprise et le client. Ni plus, ni moins :
Ce n'est ni du libéralisme, ni du capitalisme : c'est de la gestion de rentabilité.
C'est le nerf de la guerre d'une entreprise, y compris une SCOP.
Pour s'occuper correctement des besoins des employés, une entreprise doit déjà être correctement rentable.
Pour être plus/mieux rentable il y a deux leviers :
Dans mon parcours de chef d'entreprise (depuis plus de 10 ans maintenant), les plus militants pour « faire les choses à l'état de l'art sans dette » étaient paradoxalement les plus exigeants sur le sujet des besoins individuels des employés.
Les travaux qui ont apporté le plus de valeur à mon sens (valeur = bénéfices vs coût) :
Dans ces exemples, à part pour la partie architecture, il y a de la dette. Et pour la partie architecture, en réalité Tracim avait déjà 5 ans d'existence - donc des lacunes et des évolutions voulues bien identifiées.
La dette permet d'arriver « en avance » sur le marché par rapport aux moyens financiers qu'on a. Ça permet de signer avec des clients qu'on aurait loupé sans cela. Ça rembourse le surcoût lié à l'endettement (car au final les travaux de refonte coûtent)
#tracim pour la collaboration d'équipe __ #galae pour la messagerie email __ dirigeant @ algoo
[^] # Re: Je ne demande si l'auteur a compris l'enjeu (de la dette technique)
Posté par Jean-Philippe Garcia Ballester . Évalué à 5 (+3/-0). Dernière modification le 18 décembre 2025 à 12:31.
Merci pour ta réponse.
J'apprécie les échanges avec toi, ton expérience fait que tu as un point de vue ancré dans le réel qui me fait défaut. Nous avons vu un échange de vive voix par le passé qui m'avait fait réfléchir et changer d'avis sur certaines choses.
Je ne vois pas comment tu peux évaluer une rentabilité indépendamment du modèle économique.
Dans un monde sans concurrence par exemple, pas besoin de faire quelque chose de rapide pour être le premier par exemple.
Je suis assez d'accord avec toi sur le fond, et je pense que ta vision des choses est efficace et nécessaire dans un monde capitaliste libéral.
Mais comme tu le constates elle engendre un surcoût. C'est ce que je déplore et je me demande s'il serait possible d'aller vers un monde qui fonctionne différemment et réduit ce surcoût.
Ça déplace la question du coup. Est-ce qu'on on peut évaluer sans équivoque si le produit répond au cahier des charges ? Il n'y a aucune subjectivité dans l'évaluation ?
Ça pose aussi d'autres questions :
Si on doit tout jeter à la poubelle et recommencer de zéro si le client fait évoluer son cahier des charges, est-ce que le travail de départ est quand même bien ?
Le client est-il suffisamment compétent ou accompagné pour établir son cahier des charges ?
Un exemple tiré du bâtiment parce que ça me semble plus parlant, mais je pense que la logique peut être généralisé.
J'ai travaillé sur des rénovations de toiture. Il y a des coûts fixes très important qui ne dépendent pas de la quantité d'isolation posée : échauffaudages, main d'oeuvre, couverture, etc.
On pose 10cm d'isolation supplémentaire.
Selon ta définition, c'est du bon travail, ça correspond parfaitement au cahier des charges.
Pourtant de mon point de vue, pour un coût supplémentaire relativement peu élevé, on pourrait isoler beaucoup plus et éviter de refaire le travail dans 20 ans.
Donc quand je rentre chez moi je ne suis pas vraiment fier de mon travail et je ne considere pas que j'ai fait du bon travail.
Bref, je suis globalement d'accord avec toi mais ]'amènerais plus de nuances et de relativité.
Ceci étant, ce que je retiens principalement, c'est que l'entreprise gagne à ce que les devs prennent en compte la réalité économique leur manière de coder (donc acceptent une forme de dette technique), et que les personnes responsables des chiffrages prennent en compte la dette technique dans les chiffrages.
Je me demande si la perception différente que tu peux avoir avec d'autres sur ce fil ne vient pas aussi d'un expérience différente.
L'entreprise que tu diriges me semble être assez particulière et je me demande si il n'y a pas une sur-représentation de passionnés qui vivent une grande frustration à accepter la réalité économique actuelle. Alors que tes interlocuteurs (dont je fais partit) sont confrontés à des milieux où la majorité des gens sont indifférents à beaucoup de choses.
[^] # Re: Je ne demande si l'auteur a compris l'enjeu (de la dette technique)
Posté par LeBouquetin (site web personnel, Mastodon) . Évalué à 7 (+6/-1).
Dans le monde économique tel qu'il fonctionne aujourd'hui, la démarche qui me paraît pertinente est d'informer le client et de lui proposer ce surcoût en lui expliquant les bénéfices.
Sur ce sujet particulier, j'ai tendance à me dire que la réglementation devrait imposer des choses
Complètement.
J'étais "comme tout le monde" avant de gérer Algoo.
Le commerce c'est facile. Le marketing c'est de l'arnaque. La dette c'est de la merde. Les managers sont des nases. C'est quand même pas sorcier.
Ce genre d'analyse que des gens intelligents qui prennent le temps de réfléchir font régulièrement - mais sans avoir les bases pour faire une analyse pertinente.
Il y a des choses que j'aurais pu comprendre si on me les avait expliqué quand j'étais salarié, mais ça n'est pas arrivé. J'ai donc appris sur le tard, à mon grand regret en tant que dirigeant mais aussi en tant que salarié sur mon parcours passé.
En partageant ici un point de vue bien différent de ce qu'on croise dans les milieux de techniciens, je me dis que j'en aiderai peut-être quelques uns à ajuster leur vision pour qu'elle soit un peu moins machiavélique.
Par exemple, un point important de la réalité économique, c'est que la plupart du temps, un entreprise signe dès contrats avec engagement de résultat. Souvent en s'appuyant sur des estimations fournies par les employés. Qui eux sont rémunérés en engageant de moyen. Déjà rien que pour ça il faut prévoir des marges - mais tu es régulièrement jugé avec ces marges car "tu te fais de l'argent sur le dos du salarié et du client. C'est pas correct".
L'entreprise monétise le risque. Ça choque régulièrement des gens - ce n'est pas pour autant que chacun est prêt à être payé en variable.
Bref.
Je ne me fais pas d'illusion : je sais que ma vision n'est massivement pas partagée ici - mais je ne suis pas en croisade : je partage des billes avec celles et ceux qui pensent qu'un peu de contradictoire les fait progresser.
#tracim pour la collaboration d'équipe __ #galae pour la messagerie email __ dirigeant @ algoo
[^] # Re: Je ne demande si l'auteur a compris l'enjeu (de la dette technique)
Posté par Jean-Philippe Garcia Ballester . Évalué à 4 (+3/-1).
Merci de le faire, ça ne fait pas bouger tout le monde mais ça en fait bouger certains. Au moins moi en tous cas.
[^] # Re: Je ne demande si l'auteur a compris l'enjeu (de la dette technique)
Posté par BAud (site web personnel) . Évalué à 4 (+2/-0).
ce n'est pas
machaviélique1^W machiavélique — diabolique ça correspond aussi — c'estmachinéen2^W manichéen — noir ou blanc comme aux dames (mais pourrait passer comme sexiste voire raciste o_O ?) — bien ou mal : bien ou mieux à suivre notre discussion, le mieux étant l'ennemi du bien dans ce cas :Dnan mais sérieux, utilisons parfois plutôt (l'ami de Mickey<) les 300 mots du vocabulaire commun /o\ :p
sur l'air de Marcia Baïla des Rita Mitsouko ↩
les dyslexiques ont un talent caché pour les anagrammes :p ↩
[^] # Re: Je ne demande si l'auteur a compris l'enjeu (de la dette technique)
Posté par Gil Cot ✔ (site web personnel, Mastodon) . Évalué à 4 (+2/-0).
Pour que ta vision soit partagée, il faudrait qu’il y en ait plus qui aient ton état d’esprit. Pour avoir discuté avec beaucoup de dirigeants, quand tombe le masque, on a l’impression que le plus important est « comment se faire le maximum d’oseille en un minimum de temps » (optimisation du capitalisme quoi), et ce n’est pas étonnant quand on voit les modèles avec lesquels nous nous construisons (je te raconte pas tous ceux qui rêvent d’être un E.Musk ou un B.Gates etc.)
Bref, je vous ai pertinenté tous les deux : ce n’est pas que l’un a raison sur l’autre, c’est que nous ne sommes pas confrontés aux mêmes faces du dodécaèdre (ou plus) ;)
“It is seldom that liberty of any kind is lost all at once.” ― David Hume
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