Voila le film que Jean-Kevin doit aller voir (vous savez, le Jean-Kevin de Zipiz, le stéréotype du hacker r3b3llator boutonneux de 15 ans). Il y a là-dedans tous les ingrédients qui lui plairont : du hack, de la techno, de la fesse, des flingues.
Résumons l?histoire (ça va aller assez vite) : un hacker (genre Mitnick en plus beau, qui n?a plus le droit de toucher à un clavier, voyez) est employé par un vrai-faux truand (Travolta, bouffi) pour faire un casse en hackant une sorte d?agence BNP à Los Angeles. Notre Jean-Kevin va se régaler : quand le hacker se met a hacker, c?est avec de beaux logiciels graphiques (rassurez-vous ça ne tourne ni sous ni Linux ni sous Window$) et le comble du comble : un « worm tool kit v1.2 » (c?est marqué sur l?écran) qui permet d?assembler et de visualiser le « worm » : une espèce de Rubik?s Kub censé permettre le vol de 10 milliards de dollars ! Il tape très vite sur son clavier : ça veut dire que c?est un expert. Parfois, il pianote sur son clavier debout (et pour moi ça veut dire beaucoup...)
Jean-Kevin pourra s?adonner également à l?onanisme, puisque l?ingrédient « sexe » y est très présent (tous les personnages féminins se retrouvent à moitié à poil au moins une fois.) Il y a même une scène mémorable ou notre héros a pour challenge d?entrer sur le site de la CIA en craquant un mot de passe DES 128 bits en se faisant faire une gâterie par une blonde (z?avez déjà fait ça ?)
Enfin Jean-Kevin se régalera avec la bande-son techno (bien sûr... les hackers n?écoutent que ça, c?est écrit dans le « Hollywood?s scenarist handbook »), aussi agréable que le bruit du marteau-piqueur à six heures du matin.
Bref, le vrai film de r3b3lz, qui garantit « qu?aucun animal n?a été blessé, maltraité ou tué », mais qui ne donne pas beaucoup de valeur à la personne humaine. À chaque nouveau film d?action (je pense qu?on va avoir une longue série de films dans le genre « hacking » après avoir eu notre série de films sur fond de génétique), les producteurs en rajoutent : le scénario a été écrit sous LSD, les images sont moches (la mise au point laisse a désirer, les filtres ocres donnent un genre... vomitif), on ne comprend rien à l?histoire (de toute façon...) et on fait tout péter.
Mais surtout ce qu?il y a de bien avec ce genre de films, c?est que cela permet de justifier la surveillance du Net par nos gouvernements, parce que vous voyez, madame Michu, on peut vider facilement votre compte Télé-Achat avec le « worm toolkit v1.2 »...