Journal Typographie & logiciels

Posté par . Licence CC by-sa
30
28
août
2015

Sommaire

Au départ ce devait être un journal. Mais je me suis dit « dommage de faire un truc sur la typo. sans la pratiquer », alors c’est devenu un PDF avec hyperliens. Il n’est pas finalisé, mais est déjà très correct. Me connaissant j’en ai pour des mois pour lui apporter les perfectionnements nécessaires, alors je préfère en parler maintenant. Je mets ici une version légèrement remaniée de la partie finale du dossier, la plus susceptible d’intéresser le lectorat Linuxfr (le reste est une synthèse documentaire).

Tour d’horizon des logiciels

On pourrait penser qu’avec l’ordinateur, les possibilités illimités offertes et l’ancienneté des logiciels bureautiques, la typographie devrait être correctement traitée. Pourtant il n’en est rien, et il faut donc être attentif aux fonctionnalités disponibles. Il s’agira toujours de détails, mais c’est précisément ce genre de détails qui ruinent l’aspect professionnel d’un document; il ne sert à rien de prendre soin de la mise en page, si on ne dispose pas d’une minimum en typographie.

Le test est simple, il faut reproduire la phrase «Quel Test final?» afin de valider un ensemble de fonctionnalités. Les alternatives contextuelles servent à modifier le dessin d’un caractère en fonction de son environnement immédiat; ici la barre du Q doit passer sous le u. Le kerning est l’espacement entre caractères, ajusté non pas sur la base du caractère isolé, mais d’un couple; ainsi le e qui suit le T doit être légèrement déplacé à gauche afin de remplir l’espace laissé vacant en-dessous de la barre horizontale du T. Et enfin la présence de ligatures doit être assurée, les standards sont le minimum syndical, les plus rares permettront de rendre un texte à l’allure très soignée.

La Garamond, une police qui a du caractère

À l’heure actuelle, on utilise surtout deux formats: TrueType Font, dépassé, et OpenType Font. On attend d’une police:

  • outre l’esthétique du dessin des glyphes, l’homogénéité du style et le choix de la fonte en rapport avec le message écrit;
  • un kerning, ou crénage, correctement spécifié par le concepteur;
  • des ligatures, standards à minima;
  • des alternatives contextuelles;
  • au moins deux graisses (normal–regular et gras–bold) et une vraie italique, pas le résultat d’un déformation automatisée;
  • des petites capitales, car si on se contente de réduire les grandes capitales, on modifie la graisse de la fonte, donc le gris typographique; mais des graisses intermédiaires peuvent sauver la mise;
  • pour la même raison, les exposants et les indices devraient avoir leur propre dessin, plutôt qu’être le résultat d’un opération automatisée;
  • disposer de différentes fontes, applicables en fonction de la taille des caractères, car il faut affiner les traits des glyphes au fur et à mesure que leur taille augmente (optical size chez Adobe ou display, subhead, caption, etc.);
  • il faut savoir qu’il existe une version minuscule (utilisée ici), avec ses jambages, des chiffres arabes usuels, très utile dans un texte de fond.

La Garamond Premier est une excellente police, avec une famille de fontes étendue et disposant de toutes les qualités. C’est une référence française, un temps éclipsée par des polices plus modernes, elle sort de l’ordinaire tout en restant traditionnelle, voir connote un certain luxe si toutes les ligatures et les alternatives sont en place (cf. collection la Pléiade). À contrario, je lui trouve un certain caractère, accusé par son âge, car elle me semble plus humaine que les didones, parce que moins raffinée en un sens. C’est cette tension entre deux aspects contradictoires qui me plaît.

InDesign, support complet

Je me devais d’en parler étant donné que les outils Adobe, souvent associés aux Mac, sont très populaires parmi les graphistes et autres “créatifs”. Je me fie à la documentation… & on comprend mieux le succès d’Adobe, qui est aussi une fonderie numérique reconnue: support complet dès le début des années 2ooo; c’est durant cette période que la fonderie sort ses polices en version OpenType.

Microsoft Office, version récente indispensable

Microsoft traîne quelques boulets avec la typographie; la fumeuse Comic Sans est une véritable catastrophe ambulante, l’Arial une vague copie de l’Helvetica. Il ne faut pas trop attendre d’une boite qui aura imposé sans effort un logiciel de traitement de texte d’une qualité pourtant médiocre. Même les dernières Calibri et Cambria ne me semblent pas très réussies: elles ont été manifestement et avant tout conçues pour l’informatique, pour mettre en avant la lisibilité sur écran avec le système ClearType; dans le détail, je les trouve très grossières. La Garamond livrée avec la suite de Microsoft ne déroge pas à la règle; elle ne supporte pas la comparaison avec la Premier; en fait, même la police libre EB Garamond, en cours de conception, me semble être de meilleure qualité.

Word 2oo7

Il y a une case à cocher, intitulée crénage. Elle est désactivée par défaut; je suppose qu’il fallait assurer la compatibilité avec l’existant, car le crénage change la chasse et donc la mise en page d’un document. Il faut donc penser à bien l’activer. Il n’y a aucune ligature; c’est impardonnable, rédhibitoire.

Word 2o1o

Ici on trouve un formulaire complet là où il n’y avait que le crénage: choix des ligatures, choix des variantes contextuelles, de la forme des chiffres, etc. ainsi que les variantes stylistiques (une fonctionnalité OpenType).

Microsoft aura tardé l’implémentation des fonctionnalités typographiques de base d’un traitement de texte. & comme beaucoup de version 2oo7 courront encore dans les rue pendant un bout de temps, il ne faudra pas s’attendre à un résultat correct dans un proche avenir. Un comble alors que l’OpenType a été initié par eux. Enfin, avec l’éternelle promesse faite aux utilisateurs de simplicité et pour ne pas le brusquer, nul doute que peu prendront la peine de respecter les règles les plus élémentaires de typographie en faisant la démarche de s’y initier et d’activer les options nécessaires à un rendu de qualité minimale.

Microsoft Word exemple
La Garamond premier et la Garamond made in Microsoft respectivement. Avec le formulaire de typographie avancée.

LibreOffice, la bonne surprise

Mon test utilise une version à jour, 4.4.4.3. La police est traitée de manière correcte et tout est automatique. Manque la ligature rare, à ajouter à la main. Pour ne pas commettre les mêmes erreurs que Microsoft, il faudrait en plus de ce résultat, permettre à l’utilisateur de s’initier à la typographie, par exemple en lui laissant le choix d’un style “lecture sur écran” avec la police DejaVu, et un autre pour l’impression avec une police plus adaptée.

Le support a toujours structuré l’écriture et son dessin, avec l’outil utilisé: chute de poterie, argile (à laquelle l’écriture cunéiforme s’adapte), gravure sur pierre, bois y compris vivant — il suffit d’observer les troncs en ville pour se rendre compte que l’usage a perduré… —, papyrus, parchemins, qui sont éventuellement assemblés en codex, papiers (de riz, torchon, bible…) et support numérique. Il n’y a donc pas de raisons de s’en abstraire et en fonction de la destination du document, son auteur devrait pouvoir sélectionner la mise en page et la police les plus adaptées. La technologie css le permet pour le web. Les suites bureautiques devraient offrir à leurs utilisateurs le choix de la finalité de leur document et proposer la typographie qui convient en conséquence.

Scribus, en net défaut

Scribus gère mal le format OpenType, par chance j’ai pu choper une version TrueType de la fonte. En conséquence, sauf le kerning rien n’est automatique: il faut ajouter les ligatures à la main, idem pour l’alternative contextuelle. Bref, c’est faisable pour des textes très courts, mais ça devient vite pénible car il faut chercher dans la table des caractères et insérer manuellement.

Ce logiciel phare de la pao libre, que j’apprécie par ailleurs, est une déception. Cependant, il semblerait qu’il y ait un travail en cours et allant dans le bon sens.

LaTeX, la Rolls-Royce

Ici je triche un peu; pour ne pas me prendre la tête j’utilise LyX; en backend c’est XeTeX qui est à la manœuvre, car c’est celui qui a fourni le meilleur support des polices OpenType. Avec la police de caractère par défaut (Computer Modern) et LaTeX standard, le kerning est bon, et la ligature standard est automatique. Il y a probablement moyen d’activer la ligature rare. Resterait l’alternative contextuelle à tester, mais comme ce n’est pas le but du test, je poursuis.

En passant à XeTeX et la Garamond Premier, l’alternative contextuelle est bien là; la ligature rare est, quant à elle, désactivée par défaut. Dommage qu’il n’y ait pas une option directement proposée dans l’interface. Il faut personnaliser le préambule.

\usepackage{microtype}
\usepackage{fontspec}
\setmainfont[Mapping=tex-text,Style=Swash,Numbers={OldStyle,Proportional},Ligatures={Rare,Historic}]{Garamond Premier Pro}

Attention! les deux fonctionnalités numbers sont utiles pour utiliser des nombres dans un texte: elles permettent le bas de casse et un crénage des chiffres. Pour un texte à dominante mathématique, il est plus discutable de les activer, à mon humble avis. Ici ce n’est qu’un exemple à adapter à vos propres goûts: par exemple swash produit de très belles capitales italiques (si disponibles dans la police), à utiliser avec modération.

Et le web ?

Pour le web, ça ne m’intéresse pas trop. Il faut dire qu’en terme de mise en page c’est une catastrophe. Mais j’ai été agréablement surpris que Firefox gère assez bien les polices OpenType (ligatures standards, alternatives contextuelles activées par défaut). Voici un billet qui peut servir de point de départ dans le domaine.

  • #  ? F726 ?

    Posté par (page perso) . Évalué à 6.

    Pardonne-moi de commenter avant même d'avoir lu ton journal (dont le sujet m'intéresse au plus haut point !), mais un truc me chiffonne : il y a un caractère bizarre, un rectangle avec "F726" marqué dedans, qui apparait de manière récurrente au milieu de ton journal. Au premier coup d'œil, je dirais que tu as substitué les conjonctions de coordination "et" par un caractère spécial que mon navigateur web (Firefox 40) n'affiche pas…

    • [^] # Re:  ? F726 ?

      Posté par (page perso) . Évalué à 3.

      Le mien l'affiche, curieusement, sous la forme d'esperluettes avec empattement, ce qui est très moche compte tenu de ce que le reste du texte est affiché linéales chez moi.

      • [^] # Re:  ? F726 ?

        Posté par . Évalué à 1.

        Arf t’as raison. Bon, sous Lyx c’était un & minuscule, puis bon… heu… copié-collé…

    • [^] # Re:  ? F726 ?

      Posté par . Évalué à 1.

      Avec la police par défaut, CSS par défaut il doit l’afficher. C’est un & minuscule. J’aurai dû le remplacer par le & normal majuscule. Le PDF ne devrait pas poser de problèmes.

      • [^] # Re:  ? F726 ?

        Posté par . Évalué à 6.

        Tu aurais surtout dû le remplacer par le mot "et". Plus personne n'utilise l'esperluette pour le mot "et" , en dehors des noms d'entreprises, et là encore, ça tend à tomber en désuétude en France.

        Ça, ce sont les sources. Le mouton que tu veux est dedans.

        • [^] # Re:  ? F726 ?

          Posté par . Évalué à 3.

          J’en parle dans le pdf.

          http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/colan_0336-1500_1987_num_73_1_986

          La suppression de la ligature tient à des contraintes techniques qui n’ont plus lieues d’être à l’heure actuelle. Gutenberg et d’autres, qui avaient pour le coup toutes les raisons de les virer, mettaient un point d’honneur à les conserver.

          En rapport aussi avec ça :

          Même un alphabet phonographique possède une puissance idéographique; tous les bons lecteurs le savent: la graphie des mots fait sens bien plus que leur phonétique (pour preuve l’orthographe silencieuse des mots, ex. “ver, vert, verre, vers”). La voie vers la lecture silencieuse est ainsi ouverte, et va connaître son développement durant les xiie–xiiie siècles.

          C’est ce que je veux expérimenter aussi; en l’occurrence, le pli pour le & est vite pris.

      • [^] # Re:  ? F726 ?

        Posté par (page perso) . Évalué à 1.

        Pas chez moi malheureusement. J'utilise Infinality, qui utilise Arial comme police "sans-serif", et j'ai toujours le rectangle "F726". En changeant la police dans l'inspecteur de Firefox, je ne trouve pas de meilleur résultat (j'ai essayé DejaVu Sans, Noto Sans, Open Sans et Cantarell).

      • [^] # Re:  ? F726 ?

        Posté par (page perso) . Évalué à 10.

        Chez moi, Firefox 40, je vois une sorte de '5' avec un trait en plus dessous: F726

        J'arrive pas à trouver la moindre information sur le web au sujet du fait que le & peut avoir une version minuscule. C'est la première fois que j'en entends parler. Tu as des sources à ce sujet?

        En tous cas, dans Unicode, je vois qu'il existe un "petit" &, mais ce n'est pas celui que tu as utilisé. Tu utilises U+F726. Or ce code est réservé dans une zone d'usage privée. En d'autres termes, on n'a pas le droit de l'utiliser (à moins de se mettre d'accord avec son interlocuteur sur son sens, ou dans un logiciel en particulier, etc. Ce qui est le but de ces plans d'usage privé. Mais en tous cas, pas pour un usage public sur le web avec le monde entier). Donc ça déjà, c'est une erreur.
        Ensuite même U+FE50 n'est pas un '&' minuscule d'après Unicode, mais une variante petite de '&', apparemment pour répondre à un standard chinois d'après Wikipedia, ce pour quoi Unicode appelle '&' un "Full Width Ampersand" (esperluette taille pleine, et non "majuscule"). Donc même si tu avais utilisé cela, cela aurait été faux également.

        Donc la question reste: qu'est-ce qu'une esperluette minuscule ou majuscule? En tous les cas, ce concept ne semble pas exister dans Unicode et il est donc impossible de le représenter sur un ordinateur pour un échange avec le monde (hormis si ça existe dans d'autres codages non basés sur Unicode). C'est la première fois que j'entends parler d'un tel concept.

        Film d'animation libre en CC by-sa/Art Libre, fait avec GIMP et autre logiciels libres: ZeMarmot [ http://film.zemarmot.net ]

        • [^] # Re:  ? F726 ?

          Posté par . Évalué à -1.

          Ben oui, c’est exactement ça, c’est dans la zone privée. Il se trouve que chez moi, ça passe bien. Du coup j’ai pas fait gaffe, toutes mes excuses.

          Quant au petit &, ben j’ai tout simplement vu en parcourant la table qu’il existait… me suis dit cool! le & majuscule attire trop, je vais changer.

          Unicode est pas tout à fait clean dans l’histoire non plus. Y’a de la place pour des tas de conneries, mais pas pour un petit & et quelques ligatures traditionnelles. On a le droit de dire… boulets?

          • [^] # Re:  ? F726 ?

            Posté par (page perso) . Évalué à 10.

            Unicode est pas tout à fait clean dans l’histoire non plus. Y’a de la place pour des tas de conneries, mais pas pour un petit & et quelques ligatures traditionnelles. On a le droit de dire… boulets?

            Ben… non. La question que j'ai posée dans mon message précédent et qui reste en suspens est: le '&' minuscule est-il un concept qui existe? Ou même qui a existé peut-être? Si ça n'existe pas, ni n'a jamais existé (dans aucune civilisation), il n'y a aucune raison pour le créer juste… ben pour rien. Y a juste aucune raison tout court, même pour penser 2 secondes à ce que ça pourrait exister. C'est comme se plaindre qu'il n'existe pas de point minuscule (ça ressemble au point… mais différemment!) ou de virgule minuscule!

            Unicode souhaite être aussi exhaustif que possible pour l'ensemble des caractères qui existent, voire qui ont existé. Son but n'a jamais été de créer des caractères. Ensuite on peut le critiquer pour intégrer des "conneries", comme des émoticones, etc. ce qui fut un sujet chaud. Mais même là, Unicode ne les a pas créés; ce sont toujours des caractères largement utilisés par certaines communautés (pour les émoticones rigolos justement, c'était leur utilisation massive, encore de nos jours, dans les communautés asiatiques surtout). Il y a donc un véritable usage, qu'on aime ou pas (je n'ai perso aucun avis à ce propos).
            Le '&' minuscule quant à lui — jusqu'à preuve du contraire (comme je disais, première fois que j'en entends parler. Ensuite je suis pas linguiste expert et je suis preneur de tout document qui utilise ce concept) — n'existe pas. Donc traiter ceux qui travaillent sur cette norme de "boulets" parce qu'ils n'ont pas eu l'idée d'inventer un concept inexistant et inutilisé jusqu'alors, je trouve ça un peu fort.

            Film d'animation libre en CC by-sa/Art Libre, fait avec GIMP et autre logiciels libres: ZeMarmot [ http://film.zemarmot.net ]

  • # Questions

    Posté par (page perso) . Évalué à 5.

    Je suis intrigué par ces options, pourrais-tu préciser ce qu'elles font ?

    \usepackage{microtype}

    Style=Swash,Numbers={OldStyle,Proportional}

    Enfin, Numbers=Oldstyle, je sais, ça demande d'utiliser des chiffres elzéviriens. Mais Numbers=Proportional, est-fce que ce ne serait pas la cas par défaut, et le contraire de Numbers=Monospaced ?

    • [^] # Re: Questions

      Posté par . Évalué à 7.

      microtype est un paquet qui permet des microajustements. Exemple ici:
      http://www.khirevich.com/latex/microtype/

      Tu obtiens des marges optiques, et un gris typo un peu plus homogène.

      Pour fontspec, oui, tu as Proportional et Monospaced (parfois appelé tabular). Je ne sais pas lequel est mis par défaut, alors dans le doute, je le spécifie. T’as aussi un SlashedZero qui peut avoir son utilité. Ces options doivent être choisies en fonction de la présentation voulue.

      Style=Swash : les lettrines du pdf sont dans ce style. Tu peux constater la différence avec les capitales italiques simples qui se trouvent parfois en légende de mes illustrations. Note qu’il ne s’agit pas d’une police différente : c’est vraiment la même police qui contient plusieurs glyphes pour un même caractère.

      • [^] # Re: Questions

        Posté par (page perso) . Évalué à 4.

        Tu obtiens des marges optiques,

        C'est quoi ?

        • [^] # Re: Questions

          Posté par . Évalué à 10. Dernière modification le 28/08/15 à 16:42.

          Les bords verticaux de tes textes, à gauche & à droite des paragraphes, ne vont pas être alignés géométriquement, mais optiquement. Par exemple si la ligne finit par une virgule ou encore un trait de césure, le caractère va légèrement se déporter dans la marge, pour tenir compte de son impact moins important dans le gris typographique. Tes marges ne seront pas droites à la règle, mais visuellement, tu auras l’impression qu’elles sont droites.

          Scribus a une option marge optique, le mieux c’est de l’essayer. Sous LaTex tu peux essayer aussi en activant ou non le paquet.

  • # hmm…

    Posté par (page perso) . Évalué à 10.

    d’un style “lecture sur écran”

    Je sais pas moi, mais tu aurais quand même pu utiliser les guillemets corrects : « »…

    la tête j’utilise LyX;

    … ou encore l’(insécable) espace devant ton point-virgule (ou toutes les ponctuations doubles d'ailleurs).

    • [^] # Re: hmm…

      Posté par . Évalué à -2.

      J’aurai pu, mais le résultat n’en aurait été pas moins minable… Le pdf aussi a encore du boulot de ce côté là…

    • [^] # Re: hmm…

      Posté par . Évalué à 0.

      Je sais pas moi, mais tu aurais quand même pu utiliser les guillemets corrects : « »…

      Je réserve l’usage des guillemets français aux citations. Les guillemets anglais je les utilise tels que les américains en font usage, à l’oral en mimant leur écriture dans le vide lorsqu’il veulent marquer une distance par rapport à ce qu’ils disent. Plus généralement je les utilise pour marquer un mot ou un groupe de mot.

    • [^] # Re: hmm…

      Posté par . Évalué à 1.

      on peut aussi écrire « un style adapté à la lecture sur écran » ou « un style facilitant la lecture sur écran ».

      C'est plus clair et ça évite la question des guillemets !

  • # Ligatures

    Posté par . Évalué à 7.

    Règles typographiques ou pas, les ligatures me sont très désagréables à l’œil et perturbent ma lecture, au point que je les ai désactivées par défaut sur mon firefox.

    Je veux bien que l'on m'explique leur intérêt parce que j'ai franchement du mal à comprendre leur utilité.
    À dire vrai, je veux bien qu'on m'explique l'intérêt de l'ensemble de ces règles de typographies, tout simplement, parce que wikipedia ne m'a pas éclairé.

    • [^] # Re: Ligatures

      Posté par . Évalué à 5.

      Pour les explications des règles de typographie, j'ai eu comme une révélation: j'ai commencé à lire ton pdf !

      • [^] # Re: Ligatures

        Posté par . Évalué à 1.

        Question : tu es un gros lecteur ?

        • [^] # Re: Ligatures

          Posté par . Évalué à 6.

          Pt'et bin qu'oui Pt'et bin qu'non
          Comprendre l'intérêt de la typographie requiert d'engloutir plusieurs dizaines de milliers de pages ?

          Je comprends la nécessité d'une représentation graphique légère pour faciliter la lecture, mais certaines règles typographiques vont à mon sens à l'inverse de cette légèreté et alourdissent visuellement le texte qu'elles sont censées servir.

          Le pdf faisant l'objet de ce journal en est un exemple frappant !

          • [^] # Re: Ligatures

            Posté par . Évalué à 1. Dernière modification le 28/08/15 à 18:47.

            C’est juste que je suppose que les ligatures et ce genre de choses, ça se remarque moins quand on est gros lecteur. Du moins, on sait que l’habitude de lecture joue sur notre manière de lire un texte. Y’a tout un article là-dessus. Ce n’est qu’un exemple des recherches qui peuvent être menées sur le sujet, mais ça a le mérite de montrer que c’est une question extrêmement complexe qui, à minima, dépend de l’expérience du lecteur. Comme c’est un article long, je peux t’inciter au moins à parcourir la page wikipedia sur la lecture rapide :
            https://fr.wikipedia.org/wiki/Lecture_rapide
            Grosso modo : petit lecteur => plus de vocalisation => lecture phonétique => plus de difficultés avec des changements de caractères (sauf grandes difficultés, on a appris à ne plus vocaliser étant enfant, mais chez l’adulte c’est l’expérience de lecture qui va entrer en jeu). Il y a des gens qui, régulièrement sur Linuxfr, se sont amusé à changer l’ordre des lettres dans les mots de leurs commentaires: sous certaines conditions ça reste lisible. Or les remarques à ce sujet ont été très intéressantes : ça allait du “j’y comprends plus rien”, à “j’ai continuer à lire sans le réaliser immédiatement”. Dans cette expérience-ci, c’est flagrant que le déchiffrage phonétique est impossible et que la lisibilité du texte va alors dépendre du lecteur.

            Je comprends la nécessité d'une représentation graphique légère pour faciliter la lecture, mais certaines règles typographiques vont à mon sens à l'inverse de cette légèreté et alourdissent visuellement le texte qu'elles sont censées servir.

            Je crois que c’est ici que j’ai vu passé une discussion sur les linéales style Helvetica.

            Ça dit en gros :

            Typiquement des écritures à la Helvetica, ou toutes autre linéale, sont simplifiées à l’excès. On les dit dit très lisibles pour cette raison. Pourtant, on se voit mal lire tout un roman avec. En fait la simplification peut être contre-productive.

            Le pdf faisant l'objet de ce journal en est un exemple frappant !

            C’est bien ça le soucis. Après quelques temps à utiliser le & je n’y fais plus attention. Pour les ligatures historiques je m’y suis fait aussi très rapidement. S’il fallait faire un parallèle, je dirais : le bépo ; c’est un apprentissage bête & méchant de réflexes ; je tape en aveugle & après presque 10 ans de bépo je me retrouverais bien bête de devoir dire à haute voix où se trouve telle ou telle touche. C’est une question de perception & c’est très subjectif je crois. Après y’a aussi mon style d’écriture qui n’est pas très fluide je trouve…

            • [^] # Re: Ligatures

              Posté par (page perso) . Évalué à 6.

              Je ne suis pas sûre que ce soit liée à la quantité de textes lus ; même si je suis d'accord, quand on lit beaucoup, ça ne suffit pas à nous arrêter.. Je suis une grosse lectrice, et pas fan des ligatures et autres signes décoratifs pour autant. Certes, à la lecture, je m'y fait rapidement, mais ça me fatigue plus vite quand même. J'aime la sobriété. Il m'est arrivé de "traîner" sur des vieux romans à cause de choix typographiques discutables. J'ai entre autre un souvenir épouvantable d'un roman de Théophile Gautier où tous les tirets (césures et autres) étaient remplacés par une sorte de signe "égal"… L'histoire était bonne, la lecture pénible. Là dans l'exemple, autant le "Q", ça peut aller, autant le "t" me fait grincer des dents !

              Bon, c'est un choix, et j'aime beaucoup les epubs parce qu'on peut justement imposer sa police…

            • [^] # Re: Ligatures

              Posté par . Évalué à 4. Dernière modification le 30/08/15 à 12:20.

              Grosso modo : petit lecteur => plus de vocalisation => lecture phonétique => plus de difficultés avec des changements

              Rien à voir àmha. Pour vocaliser le mot dans sa tête, il faut déjà avoir déchiffré le mot. Personne ne fait l'opération type « b-a == ba » dans sa tète, sauf peut-être les grands débutants, donc le mot est déjà complètement reconnu au moment où il est vocalisé. D'où égalité quant à la qualité typographique, qu'on soit petit ou grand lecteur. Sans compter que je doute fortement qu'on puisse se passer de vocalisation, amuse-toi à lire de la poésie sans vocaliser, ça va être folklo, et je ne parle pas de la quantité d'écrivains pour lesquels le rythme et la sonorité d'une phrase sont un souci de toute première importance (le gueuloir de Flaubert, toussa). Je pense que tu as un gros biais de perception ici, sans doute parce que tu lis en priorité des ouvrages théoriques.

              Typiquement des écritures à la Helvetica, ou toutes autre linéale, sont simplifiées à l’excès. On les dit dit très lisibles pour cette raison. Pourtant, on se voit mal lire tout un roman avec. En fait la simplification peut être contre-productive.

              Honnêtement, j'ai eu pas mal à bosser sur Pléiade et Garamond, puisque c'est comme ça qu'elle s'appelle, ne m'a jamais fait sauter au plafond. Je suis plutôt de l'avis de Zatalyz, pour moi ligature rime avant tout avec fioriture (sauf les cas évoqués plus bas, évidemment, comme æ et œ), un truc rétro et maniéré sur lequel il faut savoir passer. Sans pouvoir dire vraiment pourquoi (des fois j'ai l'impression que c'est juste une question d'interlignage, mais je suis sûr que c'est autrement plus subtil), je suis bien plus charmé par la sobriété de certaines polices modernes, comme si la meilleure typo était celle qui justement ne se fait pas remarquer.

              • [^] # Re: Ligatures

                Posté par . Évalué à 1.

                Sans compter que je doute fortement qu'on puisse se passer de vocalisation, amuse-toi à lire de la poésie sans vocaliser, ça va être folklo, et je ne parle pas de la quantité d'écrivains pour lesquels le rythme et la sonorité d'une phrase sont un souci de toute première importance (le gueuloir de Flaubert, toussa). Je pense que tu as un gros biais de perception ici, sans doute parce que tu lis en priorité des ouvrages théoriques.

                Je n'ai jamais (du moins aussi loin que je m'en souvienne, et abstraction faite de l'apprentissage initial probablement) lu en vocalisant, la lecture se passe exclusivement dans ma tête.

                Et pourtant, en lycée on avait énormément de choses à lire et à apprendre par cœur tous les jours : 1 poésie des Lagarde et Michard par jour (avec festival de poésie à la fin de chaque semaine, où chacun passait à tour de rôle, tirait un poème au hasard, et le récitait par cœur), 1 livre classique par semaine (la plupart du temps, d'auteurs étudiés dans les Lagarde et Michard) avec DS hebdomadaire le concernant , 200 mots de vocabulaire anglais tous les jours, avec interrogation quotidienne sur ces derniers et DS « surprise » toutes les semaines portant sur l'ensemble depuis le début de l'année, les noms des pays, de leur capitale, des gentilés, de leur monnaie, etc. en géographie, avec interrogation toutes les semaines, etc.

                En parallèle, durant mes années lycée, je dévorai un à deux romans par semaine (essentiellement du Stephen King pour le coup, dont je faisais la lecture en dehors des heures de cours, d'étude surveillée et de sport et activités annexes obligatoires, ce qui faisait qu'il me fallait un ou deux jours pour terminer la plupart de ses romans.

                Étrangement, et alors que j'adorais ça, cela fait des années que je ne lis plus aucun livre, mais vraiment aucun.

                Toujours est-il que je ne vocalise pas, ni ne vocalisais, au point que je n'ai jamais compris le besoin que peuvent avoir certains de le faire, je trouve même cela particulièrement gênant d'être à côté de telles personnes. Et je ne pense pas être un cas à part, nous étions une quarantaine dans la classe (et ~250 dans la promotion), et on entendait les mouches voler pendant les deux heures d'étude surveillée quotidiennes et obligatoires (servant à faire nos devoirs). Le silence absolu était d'ailleurs imposé, personne n'aurait pu vocaliser même en chuchotant à voix basse sans se faire réprimander. Je n'ai pas souvenir qu'il y ait eu un jour besoin qu'un surveillant y ait recours.

                • [^] # Re: Ligatures

                  Posté par . Évalué à 4.

                  On ne parle pas de la même chose. Vocaliser ici, c'est faire sonner le mot dans ta tête. Certaines techniques de lecture rapide (cf. le lien wp donné par NicolasG) consistent à supprimer cette phase au profit d'une reconnaissance purement visuelle (les mots deviennent des sortes d'idéogrammes, j'imagine).
                  Après, c'est peut-être moi qui ai indûment fait le rapprochement vocalisation => subvocalisation. Auquel cas, je suis d'accord avec toi, la vocalisation ne concerne vraiment que les gens pour qui le fait même de lire (peu importe la quantité) présente une difficulté.

                  • [^] # Re: Ligatures

                    Posté par . Évalué à 2.

                    Ah d'accord, alors je suis d'accord avec toi, et en effet je n'arrive pas à lire sans prononcer les mots dans ma tête, ça se fait juste naturellement, et je n'arrive pas même en forçant à m'en empêcher (certes, sans avoir jamais été formé à la « lecture rapide »).

                  • [^] # Re: Ligatures

                    Posté par (page perso) . Évalué à 4.

                    Certaines techniques de lecture rapide (cf. le lien wp donné par NicolasG) consistent à supprimer cette phase au profit d'une reconnaissance purement visuelle (les mots deviennent des sortes d'idéogrammes, j'imagine).

                    C'est pas vraiment ça. Le rythme et associé a une autre sensation que le son. Je ne sais pas vraiment comment expliquer ça autrement. La non vocalisation est naturelle chez moi. C'est peut-être différent pour ceux qui se l'imposent.

                    Quand je lis un roman, je suis a moins d'un effort particulier incapable de prononcer le nom des personnages ou des lieux sauf s'il s'agit de noms usuels. Pourtant j'en reconnais parfaitement la sonorité qui pour moi apparaît plutôt sous forme d'images ou de mouvements.

                    Cela permet effectivement une lecture très rapide et ne gâche en rien les belles phrases.

                    • [^] # Re: Ligatures

                      Posté par . Évalué à 3.

                      J'ai vraiment du mal à me représenter. Tu veux dire que ça ne t'arrive jamais d'être surpris du contraste entre la voix d'un auteur et celle que tu imaginais en lisant ses œuvres ? Où celles que tu donnais à certains personnages par rapport à telle ou telle adaptation cinématographique/télévisuelle ?

                      Perso, je me souviens que ça a été un choc quand j'ai entendu la voix chevrotante, limite geignarde, de Céline pour la première fois (pour moi, elle était bien plus caverneuse).

      • [^] # Re: Ligatures

        Posté par (page perso) . Évalué à 7.

        j'ai commencé à lire ton pdf !

        J'aimerais bien le lire aussi, mais je n'arrive pas à le télécharger : cette bouse de dl.free.fr me demande d'installer flash ;(

        * Ils vendront Usenet^W les boites noires quand on aura fini de les remplir.

    • [^] # Re: Ligatures

      Posté par . Évalué à 6.

      Les règles typographique et les ligatures, cai com l'ortografe, ca sert à rien ke pour fère joli.

    • [^] # Re: Ligatures

      Posté par . Évalué à 10.

      Il y a deux sortes de ligatures :
      – les ligatures linguistiques, qui sont du point de vue de la langue différentes des lettres non liées correspondantes (« œ » notamment n’a pas la même prononciation qu’« oe » : voir la différence entre « cœlacanthe » et « coercitif ») ;
      – les ligatures esthétiques.

      Règles typographiques ou pas, les ligatures me sont très désagréables à l’œil et perturbent ma lecture, au point que je les ai désactivées par défaut sur mon firefox.

      Concernant les ligatures purement esthétiques, je partage en bonne partie ton avis. Autant les ligatures qui allègent la graphie (comme « ff » ou « fi ») ne me gênent pas, autant les ligatures historiques avec des tracés superflus comme « st » sont pour moi perturbantes à la lecture et donnent un peu la même impression que quelqu’un qui parle en chuintant ou qui écrit avec un stylo qui bave. Dans un texte en Garamond, ça ne paraît moins déplacé… s’il a été écrit à l’époque de Garamont ou qu’on veut en donner l’impression. Dans le cas général, les ligatures historiques comme « st » font partie à mon sens des vieux trucs qui gagnent à avoir été abandonnés.

      Théorie du pot-au-feu : « Tout milieu où existe une notion de hauteur (notamment les milieux économique, politique, professionnels) se comporte comme un pot-au-feu : les mauvaises graisses remontent. »

      • [^] # Re: Ligatures

        Posté par (page perso) . Évalué à 10. Dernière modification le 29/08/15 à 18:36.

        Dans le cas général, les ligatures historiques comme « st » font partie à mon sens des vieux trucs qui gagnent à avoir été abandonnés.

        Je suis tout à fait d'accord avec toi sur ce point.

        voir la différence entre « cœlacanthe » et « coercitif ») ;

        Le nombre de fois où cette ligature est oubliée dans des mots vraiment importants tels que cœur, œuvre, œuf, cœliaque (allergie au gluten, mais la vraie, pas celle de la mode), bœuf, etc.

        C'est tellement moche de voir des « o-euvres », un morceau de « bo-euf » ou avoir mal au « co-eur » sur toutes les affiches dans la rue, les panneaux de signalisation (je pense au « coeur de ville »), ou encore en début de phrase (« Oeuvre de génie » au lieu d'« Œuvre de génie »).

        En fait, c'est juste une faute d'orthographe dans tous les cas.

        • [^] # Re: Ligatures

          Posté par . Évalué à 2.

          On ne verrait pas autant de fautes si:
          - c'était une lettre de l'alphabet et pas une ligature
          - si cette ligature était intuitive à faire. Hors quelque soit l'OS utilisé il faut apprendre une combinaison qui n'est pas universelle ou utiliser une aide (l'aide mémoire de linuxfr, copier/coller à partir de google, option de caractères spéciaux dans certains logiciels).
          - aligner les lettre « o » et « e » empêchait de lire le mot correctement. Ce qui n'est pas le cas. Je comprends aussi bien quand je lis coeur ou cœur et je ne connais aucun cas concret où deux mots différents ne se distinguent que par la présence ou non de la ligature entre ces deux lettres.

          En bref, ce n'est pas bien grave et j'imagine qu'avec le temps cette ligature finira par disparaitre sans que ça ne pause problème.

          • [^] # Re: Ligatures

            Posté par . Évalué à 4.

            ouch elle fait mal aux yeux cette faute. ;-)

            • [^] # Re: Ligatures

              Posté par (page perso) . Évalué à 1. Dernière modification le 02/09/15 à 22:08.

              sept fautes, oui :

              • si: : oubli d'une espace avant les « : »
              • c'était : oubli d'un § vide avant la liste pour permettre à la syntaxe Markdown de LinuxFr.org de la transformer en liste
              • Hors : c'est Or la conjonction de coordination
              • quelque soit : c'est quel que soit
              • linuxfr : c'est LinuxFr.org
              • bon, j'ai compté disparaitre car je préfère disparaître (avant l'orthographe de 1990, donc)
              • pause : tu te poses un peu là, sur ton temps de pause j'imagine ?

              vala, vala…

  • # LibreOffice, la pas si bonne surprise

    Posté par . Évalué à 6.

    LibreOffice n'est pas très bon dans la prise en charge des « font features ». MS Office sur ce point est un peu en avance avec son onglet Paramètres avancés de la fenêtre Police. Il n'y a pas d'équivalent dans LibO. Par exemple, avec l'excellente police EB Garamond, que j'ai adopté, pas moyen de changer le style des chiffres, par défaut ancien. Il existe toutefois l'extension barre typographique mais elle ne fonctionne qu'avec une police Linux Libertine adaptée.


    Je suis aussi un grand fan de la police Garamond et de typographie. Aussi je partage quelques infos :

    1. L'Imprimerie Nationale a consacré quelques pages en hommage à Claude Garamont, son inventeur. C'est assez intéressant et c'est assez amusant de penser que cette police vieille de 500 ans reste la police la plus copiée au monde :

      • Stempel Garamond
      • Adobe Garamond
      • Granjon
      • Sabon
      • Garamond Premier
      • Garamond Antiqua
      • EB Garamond
      • ITC Garamond
      • Apple Garamond
    2. Sinon notez également l'existence du Lexique des règles typographiques en usage à l'Imprimerie Nationale. Très intéressant pour qui veut être pointilleux ! Il ne coûte qu'une quinzaine d'euros.

  • # Kerning

    Posté par (page perso) . Évalué à 10.

    Juste pour signaler deux anglicismes que j'ai pu remarquer :

    • La traduction exacte de font est « police ». Le mot fonte existe bel et bien en français, mais désigne un « ensemble de tous les glyphes (…) d'une même famille, de même style, corps et graisse. » (source : wiktionary). Le font anglais est plus inclusif, puisqu'il désigne un ensemble de glyphes de même famille, style, mais comprend tous les corps et graisses.

    • Il existe une traduction du mot kerning en français. C'est crénage.

    C'était l'instant diptérosodomite. Veuillez m'excuser.
    Pour me faire pardonner, voici un petit XKCD qui parle de crénage, justement : https://xkcd.com/1015/

    De ses yeux vastes comme des océans, encroûtés de chassie et de poussière d'astéroïdes, Elle fixe le But Ultime.

  • # Pérennité ?

    Posté par . Évalué à 8.

    Mais je me suis dit « dommage de faire un truc sur la typo. sans la pratiquer », alors c’est devenu un PDF avec hyperliens.

    Il me semble que les fichiers placés sur dl.free.fr ne sont conservés qu’un temps limité.
    Si quelqu’un tombe sur ce journal dans six mois, il n’aura donc plus accès au PDF…

    Théorie du pot-au-feu : « Tout milieu où existe une notion de hauteur (notamment les milieux économique, politique, professionnels) se comporte comme un pot-au-feu : les mauvaises graisses remontent. »

    • [^] # Re: Pérennité ?

      Posté par . Évalué à 2.

      La durée de conservation du fichier est prolongée à " date du dernier téléchargement + 1 mois ". Donc ça peut durer longtemps …ou pas. Mais avec un p'tit script quelque part…

    • [^] # Re: Pérennité ?

      Posté par (page perso) . Évalué à 10.

      Le vrai problème c’est que le fichier n’est pas disponible sans avoir visionné une pub, et ça c’est non.

      ce commentaire est sous licence cc by 4 et précédentes

      • [^] # Re: Pérennité ?

        Posté par . Évalué à 1.

        Chez moi le telechargement s'est lancé directement sans quitter la page linuxfr (j'ai juste eu la fenetre «ouvrir avec ou enregistrer »

        • [^] # Re: Pérennité ?

          Posté par (page perso) . Évalué à 4.

          Tu es abonné chez free?

          ce commentaire est sous licence cc by 4 et précédentes

          • [^] # Re: Pérennité ?

            Posté par . Évalué à 2. Dernière modification le 30/08/15 à 18:11.

            Et en essayant :

             curl -Lso/tmp/monjoli.pdf http://dl.free.fr/jxm5mMK5f
            

            ?

            • [^] # Re: Pérennité ?

              Posté par (page perso) . Évalué à 4.

              $ file /tmp/monjoli.pdf
              /tmp/monjoli.pdf: HTML document, ASCII text, with CRLF, LF line terminators
              
              $ html2text /tmp/monjoli.pdf | grep -v ^$ | head
              Free
                  * Portail
                  * Freebox
                  * Bas_débit
                  * Webmail
                  * Mon_Compte
                  * Pages_Perso
                  * Envoi_de_gros_fichiers
                  * Accueil
                  * Internet
              

              ce commentaire est sous licence cc by 4 et précédentes

            • [^] # Re: Pérennité ?

              Posté par (page perso) . Évalué à 10.

              # curl -Lso/tmp/monjoli.pdf http://dl.free.fr/jxm5mMK5f
              # file /tmp/monjoli.pdf 
              /tmp/monjoli.pdf: HTML document, ASCII text, with CRLF, LF line terminators
              

              Bon, maintenant j’ai une copie de la page de téléchargement de Free. Personnellement, j’ai essayé avec deux navigateurs et à chaque fois je n’ai même pas pu télécharger le document (même en désactivant les bloqueurs de pub) car le bouton ne provoquait aucune action. Je suis surpris que tous parviennent à récupérer le fichier. Je n’osais pas faire de remarque et accusais mes butineurs, mais maintenant, je suis assez certain d’avoir le même cURL que les autres, donc là, ça commence à me faire penser beaucoup de mal de dl.free.fr !

              • [^] # Re: Pérennité ?

                Posté par . Évalué à 9.

                $ curl -Lso/tmp/monjoli.pdf http://dl.free.fr/jxm5mMK5f
                $ file /tmp/monjoli.pdf 
                /tmp/monjoli.pdf: PDF document, version 1.5
                

                Pas de doute, c'est lié à l'abonnement free. Pas très internet-friendly tout ça… :\

              • [^] # Re: Pérennité ?

                Posté par . Évalué à 4.

                Je n'ai bien cherché à comprendre, mais moi non plus je n'ai pas trouvé le moyen de le télécharger.

                bépo powered

          • [^] # Re: Pérennité ?

            Posté par . Évalué à 4.

            Oui, d'ailleurs je viens de tester du boulot et j'ai aussi une page intermediaireet ne peut pas telecharger le fichier…

            Ca passe l'envie d'utiliser le service.

    • [^] # Re: Pérennité ?

      Posté par . Évalué à 3.

      Peut-être mais il aura sans doute droit à une page de publicité, le veinard.

      Il se prend pour Napoléon, son état empire.

  • # Des questions...

    Posté par . Évalué à 5.

    Super ton document ! Je vais le faire circuler. D'ailleurs, on peut ? Il est libre ? Si c'est le cas, quand tu l'auras fini, ce serait sympa de pouvoir accéder aux sources LaTeX.

    J'aimerais avoir ton avis sur quelques points (je n'y connais pas grand'chose en matière de typo, même si j'utilise exclusivement du LaTeX (XeLaTeX plus précisément) pour des docs imprimés, soit directement, soit le plus souvent à travers la version pandoc de markdown).

    1) Que conseilles-tu alors comme police libre pour des documents imprimés ? Je vois que tu mets en avant Garamond (je suis aussi fan de son côté un peu suranné, par ex. dans la Pléiade). Mais je ne trouve que EB Garamond comme police libre. Il en existe d'autres ? Et à part cette dernière, d'autres sortent-elles du lot pour toi (facilité de lecture, esthétique, etc.) ? Par ex., dans la bibliothèque de http://openfontlibrary.org/ (qui peut aussi servir à la place de google fonts, pour construire un site web, au passage pour ceux qui ne connaissent pas).

    2) Niveau facilité de lecture sur un écran, j'avais cru comprendre que les standards changeaient, qu'il était plus facile de lire du sans-serif que du serif. Ton avis ? Voire d'utiliser des polices bitmaps notamment pour le terminal, en fonction de la résolution de l'écran le rendu étant plus précis. Perso, ces temps je teste un peu, j'utilise Infinality, avec DejaVu Sans pour le web, je teste un peu aussi l'Ubuntu font (c'est du sans-serif), et pour le reste j'utilise Terminus.

    3) Pour le web, il y a beaucoup d'efforts en ce moment qui sont faits (le dernier sur lequel je suis tombé https://blot.im/typeset/). Sommes-nous sur les mêmes préférences que dans la question 2 pour de la lecture sur le web ?
    Cette question se distingue un peu de la 2, se place peut-être davantage du côté du web designer que du côté de l'utilisateur. On peut apprécier une police bitmap pour son terminal ou pour coder, et pas pour lire sur le web.

    Et sinon, pour les fans de typographie et de LaTeX, un petit kif. Et allez, un autre :)

    • [^] # Re: Des questions...

      Posté par . Évalué à 1.

      Et sinon, pour les fans de typographie et de LaTeX, un petit kif. Et allez, un autre :)

      Merci, de très beaux exemples dans ces commentaires !

    • [^] # Re: Des questions...

      Posté par (page perso) . Évalué à 5.

      Super ton document ! …

      Il est quand-même un peu chargé, comme un solo de guitar hero très démonstratif.

      1) Que conseilles-tu alors comme police libre pour des documents imprimés ?

      J'aime beaucoup Palatino de Hermann Zapf, qui est dans un style très différend des caractères Garamond. Elle est d'apparence beaucoup moins raffinée que Garamond mais ses dessins sont très plaisants – les italiques sont particulièrement jolis – et supporte assez bien le rendu en faible résolution (écran d'ordinateur). LA version libre est URW Palladio et apparemment une relativement nouvelle s'appelle Pagella.

      2) Niveau facilité de lecture sur un écran, j'avais cru comprendre que les standards changeaient,

      La résolution d'un écran est bien plus basse que la résolution d'impression d'une imprimante bas de gamme. À titre d'exemple un Mac Book pro doté d'un écran dit Retina récent offre environ 220 PPP là où une imprimante jet d'encre à 50 € imprime sans problème à 360 PPP (600 PPP, 1200 PPP voire 2400 PPP pour du laser). Si on imprime à 2400 PPP c'est parceque l'œil humain est capable d'apprécier ce niveau de détail. Mon vieil écran VGA de 2002 a 72 DPI.

      Imprimer en basse résolution (sur un écran p.ex.) est très difficile et très sensible aux erreurs d'arrondi. C'est pour ça notamment que longtemps les polices True-Type étaient affichées très mal par freetype, tout simplement parceque la spécification ne détermine pas complètement les méthodes de calcul et d'arrondi, ce qui explique une partie des différences avec l'implémentation TrueType de Micorsoft. Mais TrueType est désormais obsolète, donc…

      Les empattements sont notamment des détails très fins qui vont mal supporter le rendu sur des supports à faible résolution. Beaucoup d'autre détails très subtils sont aussi malmenés par le rendu en basse résolution, comme l'ajustement des proximités ou des épaisseurs des traits pour fournir un joli gris. Sur ces types de support – mais aussi sur les supports destinés à être faxés par exemple! – il vaut mieux utiliser des caractères au dessin simple et un peu gras, comme par exemple certains sans-serif ou Times New Roman par exemple.

      3) Pour le web, il y a beaucoup d'efforts en ce moment qui sont faits (le dernier sur lequel je suis tombé https://blot.im/typeset/). Sommes-nous sur les mêmes préférences que dans la question 2 pour de la lecture sur le web ?

      En plus du support physique, la nature de la publication influence beaucoup. Par exemple j'ai un exemplaire du Canard près de moi, sur une page on peut trouver des articles écrits dans 5 fontes différentes (sur la page “la mare aux canards” je trouve deux fontes sans sérifs – gras et normal – et trois avec sérifs) ce qui aide probablement à distinguer entre les articles. Bref, c'est un métier!

      Ensuite le public de lecture a son importance, car les formes des caractères véhiculent aussi un message et on ne va pas trouver les mêmes caractères sur une boutique en ligne d'un marchand de produits de luxe et d'un marchand de BMX.

      • [^] # Re: Des questions...

        Posté par (page perso) . Évalué à 3.

        « La résolution d'un écran est bien plus basse que la résolution d'impression d'une imprimante bas de gamme. À titre d'exemple un Mac Book pro doté d'un écran dit Retina récent offre environ 220 PPP là où une imprimante jet d'encre à 50 € imprime sans problème à 360 PPP (600 PPP, 1200 PPP voire 2400 PPP pour du laser). Si on imprime à 2400 PPP c'est parceque l'œil humain est capable d'apprécier ce niveau de détail. Mon vieil écran VGA de 2002 a 72 DPI. »

        Attention toutefois à ne pas comparer de manière trop simpliste les choux et les carottes. Les pixels d'une image offrent généralement beaucoup de nuances colorimétriques (aux environs de 8 bits x 3 canaux). Alors qu'en imprimerie, il n'y a guère que 4 couleurs pour les points qu'il faut donc répartir de manière à obtenir des nuances de couleur.

    • [^] # Re: Des questions...

      Posté par . Évalué à 4.

      Pour la licence, je ne peux pas la mettre libre étant donné qu’il y a des documents qui ne le sont pas (la BnF autorise la diffusion non commerciale).

      Pour ma part, je m’en contrefiche, vous pouvez reprendre le document autant que vous voulez. Pour ce genre de choses, je ne suis pas du tout regardant sur le droit d’auteur.

      En tant qu’auteur, j’autorise ceux qui le souhaitent à le reprendre, sous réserve de respecter les droits des illustrations BnF. Je regarderai demain si y’a moyen de mettre des sources (un autre commentaire les demande). Le soucis c’est que je n’ai pas la licence des polices de caractères du document et qu’il vous faudra donc les obtenir par vous-même.

      Pour les polices libres, je ne peux pas te conseiller, mes compétences en la matière ne me permettent pas de juger des qualités esthétiques.

      Pour la lecture sur écran, note que la DéjaVu Serif est une égyptienne (empattements rectangulaires), caractéristique, entre autres, d’une police prévue pour l’écran.

      Perso, c’est : grand écran (scindé verticalement) + grossissement + recul + police serif forcée (la même quelque soit le site).

      • [^] # Re: Des questions...

        Posté par . Évalué à 3.

        Donc, tu autorises quelqu’un l’ayant récupérer à le mettre en téléchargement quelque part. Quelqu’un peut-il le faire ? Je n’ai toujours pas pu le lire et ça m’intéresse.

  • # Typornographie

    Posté par (page perso) . Évalué à 10.

    La typograhie c’est l’art de bien agencer les symboles pour faciliter la lecture et améliorer l’esthétique, mais elle ne se substitue pas au bon choix des symboles en premier lieu… quand je lis « Word 2oo7 » et « Word 2o1o », je me dis qu’il faudrait déjà utiliser un caractère différent pour « 0 » et pour « o » avant de gérer finement leur kerning, car cette écriture est laide (d’un point de vue typographique) et fausse quant au nom de ces logiciels.

    • [^] # Re: Typornographie

      Posté par (page perso) . Évalué à 3.

      Il semble que ce soit un problème d’export, dans le PDF ce sont des chiffres minuscules (mais qui rendent comme un mélange de chiffre et de lettre au copié-collé).

      ce commentaire est sous licence cc by 4 et précédentes

      • [^] # Re: Typornographie

        Posté par (page perso) . Évalué à 4.

        ah, cela me rassure de ne pas avoir été le seul à le relever :-)
        ça ne me dérangeait pas trop, ce pour quoi je n'en avais pas fait la remarque (j'apprécie l'effort en outre, vu que c'est plus agréable à la lecture àmha).

    • [^] # Re: Typornographie

      Posté par (page perso) . Évalué à 9.

      D'autant plus que ça casse la recherche textuelle. Dans Firefox, si je cherche « 2010 » sur ce journal, et bien il ne trouvera rien.

  • # coquille(·s ?) dans le .pdf

    Posté par . Évalué à 1.

    j'en ai au moins repéré une :

    l’illustration fais son grand retour => fait

  • # Le "Practical Typography" de Matthew Butterick, et son application aux usages français

    Posté par (page perso) . Évalué à 5. Dernière modification le 30/08/15 à 18:05.

    J'avais déjà mentionné le traité de typographie de Matthew Butterick à l'occasion de la récente dépêche sur LibreOffice. C'est un ouvrage que j'aime beaucoup : pour son style accessible et direct, pour sa mise en page (codée avec un outil ad-hoc - et sous LGPL - nommé Pollen), et aussi parce que je partage la plupart des observations de Butterick sur le webdesign contemporain. Et puis, j'aime bien la typographie, moi aussi !

    Cela dit, et ce fut également évoqué brièvement sous la dépêche LibreOffice, le traité de Butterick s'adresse à un public anglophone. Par conséquent, il comporte sans doute des particularités propres aux usages anglo-saxons et différentes de nos propres habitudes françaises. Étant encore néophyte en la matière, et sachant qu'il y a ici beaucoup d’aficionados des belles lettres (au sens littéral) comme NicolasG, j'aimerais savoir si vous sauriez éclairer ma lanterne sur les spécificités typographiques de chez nous, et le genre de conseils qu'il faudrait ajouter - ou substituer - à ceux que donne le Butterick's Practical Typography pour les appliquer à du texte formé en langue française. Qu'en pensez-vous ?

    • [^] # Re: Le "Practical Typography" de Matthew Butterick, et son application aux usages français

      Posté par (page perso) . Évalué à 10.

      j'aimerais savoir si vous sauriez éclairer ma lanterne sur les spécificités typographiques de chez nous, et le genre de conseils qu'il faudrait ajouter - ou substituer - à ceux que donne le Butterick's Practical Typography pour les appliquer à du texte formé en langue française.

      Pêle-mêle, quelques-unes des différences les plus importantes avec la typographie française :

      — Les guillemets primaires sont les chevrons (« … »), parfois justement appelés guillemets français. Les guillemets anglais (double quotes) peuvent être utilisés comme guillemets de second niveau, pour introduire une citation à l’intérieur d’une citation. Le chevron ouvrant (resp. fermant) est suivi (resp. précédé) d’une espace fine insécable.

      — Un tiret cadratin qui ouvre une incise est précédé d’une espace inter-mots et suivi d’une espace insécable ; inversement, le tiret qui ferme l’incise, le cas échéant, est précédé d’une espace insécable et suivi d’une espace inter-mots.

      — Le deux-points (:) est précédé d’une espace insécable et suivi d’une espace inter-mots.

      — Le point-virgule, le point d’exclamation et le point d’interrogation sont précédés d’une espace fine insécable et suivis d’une espace inter-mots. Par extension, il devrait probablement en être de même pour les caractères non-officiels comme le point d’exclarrogation (‽) ou le point d’ironie (⸮).

      — Si l’espace fine insécable n’est pas disponible, elle peut être remplacée par une espace insécable inter-mots.

      — Les énumérations utilisent des tirets cadratins ou demi-cadratins, non des bullets.

      Ces règles peuvent varier d’un éditeur à l’autre ou d’un manuel de style à l’autre. Pour les explications les plus exhaustives que je connaisse sur ces règles et sur de nombreuses autres, il y a le Dictionnaire raisonné d’orthotypographie française de feu Jean-Pierre Lacroux.

      • [^] # Re: Le "Practical Typography" de Matthew Butterick, et son application aux usages français

        Posté par (page perso) . Évalué à 4. Dernière modification le 30/08/15 à 22:18.

        — Les guillemets primaires sont les chevrons (« … »), parfois justement appelés guillemets français. Les guillemets anglais (double quotes) peuvent être utilisés comme guillemets de second niveau, pour introduire une citation à l’intérieur d’une citation. Le chevron ouvrant (resp. fermant) est suivi (resp. précédé) d’une espace fine insécable.

        Je crois que l'expression consacrée est guillemets de second rang et on peut aussi utiliser les «simple quotes françaises» (si on ose dire) que sont ‹ ›.

        — Un tiret cadratin qui ouvre une incise est précédé d’une espace inter-mots et suivi d’une espace insécable ; inversement, le tiret qui ferme l’incise, le cas échéant, est précédé d’une espace insécable et suivi d’une espace inter-mots.

        Tandis qu'en anglais on n'utilise pas d'espace ni avant, ni après.

        — Le deux-points (:) est précédé d’une espace insécable et suivi d’une espace inter-mots.

        J'utilise une espace fine insécable, et du coup j'ai vérifié ce que fait la Pléiade et le Traité d'harmonie théorique et pratique de Théodore Dubois — ouvrage, qui comme son titre le suggère, a été préparé par un punk typographe — et ces deux références de qualitay utilisent l'espace fine avant les deux points.

        — Le point-virgule, le point d’exclamation et le point d’interrogation sont précédés d’une espace fine insécable et suivis d’une espace inter-mots. Par extension, il devrait probablement en être de même pour les caractères non-officiels comme le point d’exclarrogation (‽) ou le point d’ironie (⸮).

        Tandis qu'en anglais on ne met pas d'espace avant le signe (et pour le deux points c'est kif-kif).

        — Les énumérations utilisent des tirets cadratins ou demi-cadratins, non des bullets.

        Les pastilles (bullets) sont plutôt un usage américain tandis que les anglais ont un usage similaire aux français! ☺

        Un point supplémentaire important est l'espace après le point final d'une phrase qui est différent en français et en anglais, en gros un espace simple pour dans le style français et une espace redoublée dans le style anglais.

        • [^] # Re: Le "Practical Typography" de Matthew Butterick, et son application aux usages français

          Posté par (page perso) . Évalué à 3.

          J'utilise une espace fine insécable, et du coup j'ai vérifié ce que fait la Pléiade et le Traité d'harmonie théorique et pratique de Théodore Dubois — ouvrage, qui comme son titre le suggère, a été préparé par un punk typographe — et ces deux références de qualitay utilisent l'espace fine avant les deux points.

          Je l’ai dit, ces règles varient. Et celle-là en particulier varie beaucoup. La version que j’ai proposée correspond à celle qu’il me semble avoir vu le plus souvent (et que j’utilise), mais j’ai aussi vu les deux extrêmes opposés, à savoir :

          — une espace fine avant toutes les ponctuations doubles (y compris le deux-points), comme ce que tu rapportes donc ;
          — une espace insécable inter-mots avant toutes les ponctuations doubles (et non pas seulement le deux-points).

          Jean-Pierre Lacroux, lui, va encore un plus loin dans la tétrapilectomie en recommandant devant le deux-points une espace insécable légèrement plus petite que l’espace inter-mots mais tout de même plus grande que l’espace fine…

        • [^] # Re: Le "Practical Typography" de Matthew Butterick, et son application aux usages français

          Posté par (page perso) . Évalué à 1.

          Un point supplémentaire important est l'espace après le point final d'une phrase qui est différent en français et en anglais, (…) une espace redoublée dans le style anglais.

          Justement, c'est le genre de truc que Butterick recommande de ne pas faire. Je me demande s'il n'existe pas pareillement des règles françaises qu'on applique machinalement mais qui s’avèreraient surannées.

  • # Téléchargement

    Posté par . Évalué à 9.

    Salut,
    Je suis dans le même cas que certains, je n’arrive pas à le télécharger sur dl.free… Quelqu’un aurait-il l’amabilité de le mettre ailleurs, si l’auteur l’autorise ?

    Sinon, tu as un source de ton document j’imagine. Est-il possible de le récupérer ? Quelle est la licence ?

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