Sommaire
- Introduction
- 1. Forces et faiblesses du secteur Open Source en UE – Barrières à l’adoption et à la contribution durable
- 2. Valeur ajoutée de l’Open Source pour les secteurs public et privé
- 3. Mesures concrètes pour soutenir l’Open Source en UE
-
Conclusion : Une feuille de route pour l’Europe
- 3. Créant des champions européens du support-utilisateur
- Proposition concrète : Lancer un « Plan Open Source pour l’Europe » doté de 2 Md€/an, combinant subventions, formation et communication. Ce plan pourrait être piloté par une Agence européenne du Logiciel Libre, en partenariat avec la Free Software Foundation Europe et des acteurs comme l’APELL (Association Professionnelle Européenne du Logiciel Libre).
Réponse à l’appel à contributions de l’Union européenne « Vers des écosystèmes européens numériques libres » - http://linux4all.eu
Introduction
L’Open Source représente une opportunité stratégique pour l’Europe afin de renforcer sa souveraineté technologique, sa compétitivité et sa résilience cyber. En tant qu’entrepreneur et investisseur impliqué dans l’écosystème du Libre, je propose une feuille de route ambitieuse centrée sur trois leviers clés :
1. Quadrupler en quatre ans la base d’utilisateurs Linux en Europe (passant de 16 à 64 millions d’utilisateurs).
2. Accroître la notoriété du Libre auprès du grand public via des campagnes ciblées et des partenariats public-privé.
3. Développer des sociétés européennes de support et de terminaux Linux pour répondre à la demande croissante et structurer un écosystème pérenne.
1. Forces et faiblesses du secteur Open Source en UE – Barrières à l’adoption et à la contribution durable
Forces
· Innovation collaborative : L’UE abrite des communautés dynamiques (KDE, Nextcloud, etc.) et des projets phares comme Blender (3D) ou Mastodon (réseaux sociaux décentralisés), qui démontrent la capacité européenne à innover.
· Souveraineté technologique : L’Open Source réduit la dépendance aux acteurs extra-européens (ex. : migration des administrations françaises vers Linux, comme la Gendarmerie nationale).
· Sécurité et transparence : Le code ouvert permet des audits indépendants, limitant les risques de backdoors (ex. : Signal, Matrix pour la messagerie sécurisée).
· Coûts maîtrisés : Réduction des licences logicielles pour les PME et les collectivités (ex. : ville de Munich, économies estimées à plusieurs millions d’euros avec LiMux).
Faiblesses et barrières
· Manque de visibilité : Le grand public associe encore l’Open Source à une solution « pour experts ». Les campagnes de sensibilisation sont rares et peu coordonnées.
· Fragmentation des efforts : Multiplicité des distributions Linux et des projets, sans leader européen unifié (contrairement à Red Hat aux États-Unis).
· Manque de sociétés de support matures : Peu d’acteurs européens proposent des services professionnels comparables à Red Hat ou SUSE, freinant l’adoption en entreprise.
· Barrières culturelles : Méfiance des DSI face à l’absence de « responsable unique » (ex. : craintes liées à la maintenance ou à la compatibilité matériel).
· Financement insuffisant : Les contributions des entreprises européennes aux projets Open Source restent faibles comparées aux GAFAM (ex. : seulement 5 % des contributeurs au noyau Linux sont européens).
· Complexité juridique : Incertitudes sur les licences (ex. : GPL) et la propriété intellectuelle dissuadent certaines organisations.
Barrières spécifiques
· Adoption : Manque de formation des utilisateurs finaux et des administrateurs système.
· Maintenance : Difficulté à pérenniser les projets sans modèle économique clair.
· Contributions durables : Les entreprises européennes contribuent peu en code ou en ressources humaines, préférant consommer plutôt que participer.
2. Valeur ajoutée de l’Open Source pour les secteurs public et privé
Secteur public
· Réduction des coûts : Ex. : L’Italie a économisé 50 M€/an en migrant 8 000 postes vers Linux (région de Bolzano).
· Sécurité : Ex. : L’Allemagne utilise Kolab pour ses emails souverains, évitant les risques d’espionnage.
· Interopérabilité : Ex. : Le portail de l’UE OSOR facilite le partage de solutions entre administrations.
Secteur privé
· Compétitivité : Les PME utilisant l’Open Source réduisent leurs coûts de 20 à 30 % (étude de la Commission européenne, 2022).
· Éviter le lock-in : Ex. : OVHcloud utilise OpenStack pour offrir une alternative à AWS/Azure.
· Agilité : Ex. : Blablacar et Doctolib s’appuient sur des stacks Open Source pour scaler rapidement.
· Cybersécurité : Ex. : Asterisk (téléphonie IP) permet aux entreprises de maîtriser leur infrastructure voix.
Facteurs clés pour évaluer la valeur ajoutée
Facteur Exemple concret Impact
Coût Migration de la MAIF vers Linux -40 % de coûts logiciels
Risque Utilisation de Keepass (gestion MDP) Réduction des fuites de données
Lock-in Adoption de Nextcloud par le CHU de Rennes Indépendance vis-à-vis de Microsoft 365
Innovation Rust (langage sécurisé) Adopté par Firefox et Microsoft (!)
Sécurité OpenSSL (malgré Heartbleed) Corrections rapides grâce à la communauté
3. Mesures concrètes pour soutenir l’Open Source en UE
Pour quadrupler la base Linux en 4 ans
· Campagne grand public : « Linux, c’est simple », « Linux, c’est libre » avec des ambassadeurs (ex. : partenariat avec des influenceurs tech, acteurs, journalistes,…).
· Pré-installation : Obliger les fabricants à proposer une option Linux sur les PC vendus en UE (comme le fait Dell avec Ubuntu).
· Formation : Intégrer l’Open Source dans les programmes scolaires (ex. : Class’Code en France) et créer des certifications européennes (ex. : « Administrateur Linux certifié UE »).
· Incitations fiscales : Crédit d’impôt pour les entreprises migrant vers l’Open Source.
Pour accroître la notoriété
· Événements grand public : Organiser un « Mois du Libre » dans les capitales européennes, avec des ateliers en magasins.
· Médias : Série documentaire sur les « héros » de l’Open Source européen
· Label « Open Source Friendly » : Pour les entreprises et administrations engagées.
Pour développer des sociétés de support
· Fonds européen d’investissement : Doté de 500 M€ pour financer des scale-ups européennes
· Appels d’offres réservés : Réserver 20 % des marchés publics IT à des solutions Open Source avec support local.
· Réseau de centres d’excellence : Créer des hubs régionaux (ex. : un « CERN du Logiciel Libre »).
Conclusion : Une feuille de route pour l’Europe
L’UE doit passer à la vitesse supérieure en :
1. Fixant un objectif clair : 64 millions d’utilisateurs Linux d’ici 2029 (1 européen sur 7)
2. Rendant l’Open Source visible et désirable via des campagnes chocs.
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