AuX sources du fun N° 1 : retrouver le fun dans les inutilitaires graphiques

Posté par  (site web personnel) . ÉditĂ© par chilinhualong, Florent Zara, L'intendant zonard, BAud, BenoĂźt Sibaud, orfenor, bobble bubble et cli345. ModĂ©rĂ© par Pierre Jarillon. Licence CC By‑SA.
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29
9
jan.
2026
Humour

AprĂšs un Ă©pisode 000 sur les logiciels inutiles et donc indispensables autour de l'ASCII art, cette dĂ©pĂȘche entre dans la fin du XX° siĂšcle avec les inutilitaires ayant des interfaces graphiques.

Sommaire

Introduction : poĂ©tique de l’inutile et regard de Xeyes

En ce passage vers une nouvelle annĂ©e, c’est l’occasion d’inviter Ă  de nouveaux regards, notamment Ă  travers les inutilitaires avec interface graphique dans le domaine du libre, de la mĂȘme maniĂšre que l’interface graphique a Ă©tendu leurs possibilitĂ©s. Il s’agit d’une revisite de ces logiciels qui ont marquĂ©, qui constituent les traces de l’histoire informatique et qui ouvrent Ă  une perception renouvelĂ©e, traversĂ©s par des souffles multiples, Ă  la fois historiques, poĂ©tiques, ludiques et philosophiques, et Ă©tendus dans le village global de 2026. Ainsi, nous les aborderons sous ces diffĂ©rentes modalitĂ©s, Ă  l’aune de ces diffĂ©rentes lumiĂšres.

Pour inviter Ă  porter ce regard sur ces angles multiples, nous prĂ©senterons les inutilitaires graphiques dans une perspective plurielle, Ă  la fois ludique, poĂ©tique et philosophique. En effet, ces Ă©quivalents dotĂ©s d’une interface graphique (GUI) de leurs homologues en ASCII ART, loin de toute logique de consommation, offrent un espace oĂč le regard peut vagabonder, oĂč l’expĂ©rience naĂźt aussi de l’inattendu et de la contemplation. Ce changement de point de vue se manifeste notamment dans des exemples comme le petit programme Xeyes. Aussi inutile soit-il, il est installĂ© par dĂ©faut dans la plupart des distributions : il se contente d’afficher des yeux qui suivent la souris, participant ainsi, Ă  son Ă©chelle, au dĂ©placement de la perception dans le logiciel libre. Il ne s’agit pas d’affirmer que Xeyes est intrinsĂšquement dĂ©pourvu d’usages utiles possibles, mais de le considĂ©rer ici dans une poĂ©tique du just for fun Ă  l’instar de Linus Torvalds qui proclamait Ă  Amsterdam que « The most important design issue
 is the fact that Linux is supposed to be fun  ». Ainsi Xeyes est vu comme un objet ludique et rĂ©flexif, en outre sa page de manuel elle-mĂȘme adopte un ton d’humour noir explicite : « Xeyes watches what you do and reports to the Boss. »

Bien entendu, Xeyes ne contient aucune backdoor destinĂ©e Ă  transmettre des donnĂ©es Ă  un quelconque supĂ©rieur — d’oĂč son inutilitĂ© revendiquĂ©e (OUF). Avec le recul, on pourrait nĂ©anmoins y voir une prĂ©figuration ironique des rĂ©vĂ©lations de Snowden, infiniment plus utiles, quant Ă  elles, pour dĂ©noncer des pratiques bien rĂ©elles de surveillance. LĂ  oĂč Xeyes se contente d’en proposer une parodie, il rappelle, par le jeu et le dĂ©calage, que le logiciel libre sait aussi penser le regard et l’interface autrement que sous l’angle de l’efficacitĂ©, participant ainsi, Ă  sa façon, Ă  cette autre poĂ©tique. Les yeux malicieux de Xeyes ont aussi Ă©tĂ© transportĂ©s sur d'autres OS

xeyes

De cette contemplation dĂ©coule Ă©galement une autre rĂ©flexion. Dans son essai « Sauvons le Beau : L’esthĂ©tique Ă  l’ùre numĂ©rique », le philosopheByung-Chul Han (PyƏng-ch’Əl Han í•œëł‘ì „) regarde le monde d’aujourd’hui, saturĂ© d’images lisses et parfaites, façonnĂ©es par un productivisme qui aplanit l’expĂ©rience personnelle. Tout est policĂ©, sĂ©duisant, immĂ©diatement consommable, mais dĂ©pourvu de profondeur. L’expĂ©rience esthĂ©tique se consomme comme un fruit sans chair, et le regard se laisse sĂ©duire sans se laisser transformer.

À travers Jeff Koons et le corps pornographiĂ©, il montre que l’expĂ©rience esthĂ©tique perd sa rugositĂ©, son mystĂšre, sa personnalisation et sa capacitĂ© Ă  surprendre et Ă  bouleverser. Elle devient un reflet Ă©tincelant dont l’intĂ©rieur sonne creux. Face Ă  cet appauvrissement, Han appelle Ă  se tourner vers l’altĂ©ritĂ©. Il invite Ă  arracher l’individu Ă  son narcissisme, Ă  le dĂ©tourner du miroir aux alouettes trop lisse, mais qui ne renvoie qu’une image vide. Voir l’altĂ©ritĂ©, c’est ramener le spectateur hors de lui-mĂȘme, le confronter Ă  une expĂ©rience esthĂ©tique qui change son regard, nĂ©e de l’inattendu, de la divergence, de ce qui dĂ©stabilise. Dans cette rencontre, l’expĂ©rience esthĂ©tique cesse d’ĂȘtre un simple objet de consommation et redevient un souffle qui questionne, qui surprend et qui bouleverse.

Cette attention au surprenant trouve un Ă©cho pour le moins inattendu dans le monde du logiciel libre. Dans The Cathedral and the Bazaar, Eric S. Raymond Ă©crit : « Every good work of software starts by scratching a developer’s personal itch. » Ainsi, chaque programme, chaque crĂ©ation naĂźt d’un dĂ©sir ou d’un besoin vĂ©cu, d’une singularitĂ© que l’on cherche Ă  exprimer et Ă  explorer. Ensuite, il ajoute Ă©galement : « The next best thing to having good ideas is recognizing good ideas from your users. Sometimes the latter is better. » Parfois, ce n’est pas l’idĂ©e initiale, mais la rencontre avec ce qui vient d’ailleurs, qui enrichit et change la perception. Le logiciel libre, via la rencontre avec l’altĂ©ritĂ© et de par ses pratiques open source, amĂšnent une approche mĂȘlant une esthĂ©tique de la participation, qui constitue une proposition Ă  la critique esthĂ©tique d’Han, laquelle, de maniĂšre tout Ă  fait surprenante, s’incarne dans le processus de participation Ă  travers le projet libre Gource, intĂ©grant l’approche dĂ©crite par Eric S. Raymond et une esthĂ©tique du libre dans une danse poĂ©tique lumineuse sous forme de constellation spatiale globale.

Entre Xeyes et Gource s’étale une certaine diversitĂ© d’inutilitaires que nous parcourons comme une mini-rĂ©trospective, mĂȘlant parfois la grande histoire de l’actualitĂ© informatique avec la petite histoire des inutilitaires, souvent inattendue, encourageante, conviviale et poĂ©tique. De cette mosaĂŻque Ă©mergeront certaines rĂ©flexions sur les inutilitaires sous forme d’abandonware, notamment Ă  travers « le voyage de Necko et la retraite de Kodo ». Ces rĂ©flexions sont aussi l’occasion de redĂ©couvrir des inutilitaires abandonnĂ©s Ă  explorer, vĂ©ritables parties prenantes de la grande aventure du logiciel libre, de son processus participatif en open source et de son invitation Ă  une ouverture d’esprit et du code.

xeyes

Les décoratifs graphiques

Xjokes

MxIco

Xtacy

Cette quĂȘte de l’émerveillement et de la profondeur, au cƓur du quotidien hypermoderne, nous mĂšne aussi vers un autre temps, hors de l’aliĂ©nante productivitĂ© : celui d’un second Han, l’ermite Han Shan 毒汱, sur les monts froids de la Chine des Mings. LĂ , dans la solitude et l’oisivetĂ© attentive, l’expĂ©rience ne se cherche pas, elle advient. La lĂ©gende dit que ses poĂšmes surgissaient sur les murs, les rochers, les arbres. PoĂšte ch’an, ancĂȘtre du zen japonais, Han Shan demeurait sous les pins, au bord d’un torrent, oublieux de lui-mĂȘme, contemplant un papillon sans savoir s’il rĂȘvait le papillon ou si le papillon le rĂȘvait, comme chez Zhuang Zi. Puis, puis, dans un Ă©lan soudain, il grave quelques vers dans la pierre et s’en retourne en riant vers son ermitage comme tout maitre ch’an , Ă©nigmatique et joyeux.

une fois Ă  Han Shan les dix mille affaires cessent
plus aucune pensĂ©e fugace ne s’accroche au cƓur
oisif, sur un rocher j’inscris des poùmes,
accordé au flux, comme une barque sans amarre.

ćŻ’ć±±è©©

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han shan

xjokes

Dans le logiciel libre, Xjokes se fait l’écho de cette suspension de l’utilitĂ©. Ainsi, un trou noir engloutit l’écran, des figures clignent de l’Ɠil, l’écran peut disparaĂźtre tout entier. Comme le Boing Ball de l’Amiga ou MxIco fait tourner de simples polyĂšdres , ces logiciels laissent le regard vagabonder. Oisifs, ces logiciels offrent un espace oĂč le temps semble suspendu, accordĂ© au flux du geste, comme un souffle qui traverse l’espace simplement.

mxico

Un autre poĂšte inconnu sous Xtacy (ecstasy) Ă©crira lui aussi sur le mĂȘme thĂšme :

Retrouve dans ta tĂȘte
Ton Ăąme de poĂšte
Souviens-toi comme cÂŽest chouette
La parfum des violettes
Un soir de pĂąquerettes

poesie

xtacy

Ainsi Xtacy le fera chanter avec ses couleurs changeantes, ses fractales, ses quadrilatÚres rebondissants et ses vagues sinusoïdales décalées, invite au vertige .


Les animaux virtuels et autres éléments virtuels de companies

gkrellm-bfm

Ce programme de monitoring dispose d'un canard qui sert
 de compagnon?
Un plugin de monitoring de charge pour GKrellM, inspirĂ© de wmfishtime et bubblemon. Il met en scĂšne des poissons pour illustrer le trafic rĂ©seau, des bulles pour l’utilisation du processeur et un canard
 pour reprĂ©senter un canard.

Xteddy

Xteddy, en tant qu’inutilitaire, a eu des usages inattendus, allant bien au‑delĂ  de sa fonction de simple peluche virtuelle de premier abord.L’auteur originel de Xteddy, Stefan Gustavson, raconte sur le site archivĂ© :

« I created Xteddy way back in 1994 as a spare time hack for fun. The reception I got from my colleagues was so heart-warming I was encouraged to distribute him world-wide. Much to my surprise, the response was overwhelming. By now, I have received hundreds of friendly messages of appreciation from all over the world, and they keep dropping in even this long after the release. To all of you teddy bear lovers out there: thanks! »

Ce simple projet ludique, conçu pour le plaisir, a rapidement touché et fédéré une communauté internationale. Un utilisateur raconte sur le site xteddy.org :

« Ever since I found out about the Xteddy Unix program, I ran it on my workstations when I was doing my University assignments, as it helped me think. »

Pour certains utilisateurs, dont celui qui a partagĂ© son expĂ©rience et mis a disposition le site Xteddy.org, Xteddy a eu un impact bien au‑delĂ  du divertissement : il a servi de soutien Ă©motionnel et d’aide Ă  la rĂ©flexion, apportant rĂ©confort et motivation dans des pĂ©riodes marquĂ©es par l’anxiĂ©tĂ© sociale ou les troubles paniques. TouchĂ© par l’influence positive de ce logiciel, cet utilisateur a pris contact et a ensuite créé le site xteddy.org, Ă  la fois espace de tĂ©moignage personnel et lieu de mĂ©moire pour la communautĂ©.

« I still get feedback at least once a year thanking me for what I’ve written here, so it > shall remain. I hope others find this interesting and helpful. »

Son engagement s’inscrit Ă©galement dans une dĂ©marche plus large de contribution au logiciel libre, puisqu’il participe activement Ă  divers projets open source, prolongeant ainsi l’esprit collaboratif et de soutien qui entoure Xteddy.
Aujourd’hui, bien que le site de l’auteur original ne soit plus accessible, l’hĂ©ritage de ce programme se perpĂ©tue grĂące aux nombreuses distributions

xteddy

XSnow

La neige, avec son blanc immaculĂ© et sa douceur fragile, a inspirĂ© le poĂšte corĂ©en Kim Sowol dans son cĂ©lĂšbre poĂšme 눈 였는 저녁 (Snowy Evening). Comme lui, certains pensent Ă  leur amour lointain en observant la neige tomber, tandis que d’autres n’ont pas eu la chance de voir le PĂšre NoĂ«l. Cette neige qui s’éparpille au vent mais ne fond qu’au contact des flammes rappelle la fragilitĂ© et la profondeur du cƓur humain. Aujourd’hui, mĂȘme ceux qui n’ont pas la chance de contempler la neige rĂ©elle peuvent retrouver cette magie grĂące Ă  XSnow, un programme qui fait tomber la neige virtuelle sur le bureau, recrĂ©ant une mini ambiance hivernale dans le silence d’un monde immobile. Sous le ciel pĂąle, les pensĂ©es s’immobilisent, lentes et blanches, tandis que la nuit Ă©coute le pas lĂ©ger de l’hiver, et que la neige continue de transformer le quotidien en souvenir poĂ©tique, et observer par intermittence le traineau du PĂšre NoĂ«l defiler sur son ecran. Un classique qui ajoute une touche de fraĂźcheur aux sessions de travail.

xsnow

xsnow

XPenguins : La Marche des RĂȘveurs Polaires

Dans le paysage immaculĂ© de votre Ă©cran, lĂ  oĂč ne rĂšgnent que l'ordre et la logique, une troupe inattendue fait son apparition. XPenguins, Ɠuvre de l'esprit crĂ©atif de Robin Hogan, est une douce folie, un souffle d'air vif des terres australes. InspirĂ©s des graphismes espiĂšgles du jeu Pingus, ces petits pingouins pixelisĂ©s arpentent l'impossible. Ils cheminent le long des prĂ©cipices de vos fenĂȘtres, se faufilent entre les barres de menus comme entre des sĂ©racs de glace, transformant votre bureau en un iceberg numĂ©rique oĂč rĂšgne une joyeuse absurditĂ©. Ils dĂ©filent, pattent, courts et dĂ©terminĂ©s, dans une marche tranquille et hypnotique, offrant un ballet burlesque contre la rigueur austĂšre de l'interface. Mais leur magie ne s'arrĂȘte pas aux confins de votre moniteur. Avec un clin d’Ɠil Ă  XBill, il se poursuit dans le jeu Pingus.

xpenguins

Doggo

Doggo est une IA de chien, dĂ©veloppĂ©e en Python avec Pygame. Le chien se dĂ©place alĂ©atoirement sur l’écran, change de direction et d’état, et sa couleur de pelage varie de maniĂšre alĂ©atoire. Les changements d’état suivent une chaĂźne de Markov. Ce projet est nĂ© de l’envie d’un collĂšgue de l’auteur, qui ne pouvait pas avoir de chien, de crĂ©er un compagnon virtuel tout en explorant les chaĂźnes de Markov.

doggo

Xroach

Xroach est un jeu classique qui consiste Ă  afficher des cafards rĂ©pugnants sur votre fenĂȘtre principale. Ces petites crĂ©atures se dĂ©placent frĂ©nĂ©tiquement jusqu'Ă  trouver une fenĂȘtre sous laquelle se cacher. À chaque fois que vous dĂ©placez ou rĂ©duisez une fenĂȘtre, les cafards se prĂ©cipitent Ă  nouveau pour se mettre Ă  l'abri.

Xfishtank

Un vieil étang (haïku)

Un vieil étang
Une grenouille saute
Des sons d’eau

Aussi bref que ce cĂ©lĂšbre haĂŻku de Matsuo Bashƍ, et rapide qu’un « plouf » dans l’étang, Xfishtank nous transporte directement devant un aquarium oĂč l’on peut contempler la diversitĂ© de la faune et de la flore marines, comme on contemple le poĂšme de Bashƍ.

Xfishtank


Les inutilitaires liĂ©s Ă  l’actualitĂ© et Ă  l’histoire de l’informatique

Est-ce que Windows est un virus ? XBill

Dans les annĂ©es 1990, le procĂšs USA Department of Justice (DOJ) vs Microsoft a largement dominĂ© les mĂ©dias, rĂ©vĂ©lant au grand public les pratiques monopolistiques jugĂ©es dĂ©loyales de diffusion du systĂšme d’exploitation de la firme de Redmond sur les marchĂ©s mondiaux. L’accord conclu entre Microsoft et le DOJ n’ayant pas Ă©tĂ© respectĂ©, de nouvelles poursuites ont Ă©tĂ© engagĂ©es. Ces Ă©vĂ©nements ont nourri les rĂ©flexions des autoritĂ©s europĂ©ennes de la concurrence et prĂ©parĂ© le terrain pour le futur procĂšs contre Microsoft, qui interviendra plus tard, dans les annĂ©es 2000, au sein de l’Union europĂ©enne.

Le mini-jeu XBill, créé dans ces annĂ©es 1990, illustre ces pratiques de diffusion de maniĂšre caricaturale et a suscitĂ© des rĂ©flexions humoristiques sur une question rĂ©currente : Microsoft Windows n’est-il pas un virus finalement ?

Ainsi, le livre PC GAGS, qui rĂ©unit les perles humoristiques de l’époque frappant les plateformes MS-DOS, Windows 3.1 et Windows 95, nous donne Ă  voir cet Ă©tat d’esprit dĂ©calĂ©.

“ Une rumeur persistante circule dans les milieux informatiques, selon laquelle Windows lui-mĂȘme ne serait rien d’autre qu'un virus plus ou moins bien camouflĂ© (leitmotiv : pour les uns, c’est un systĂšme d’exploitation, pour les autres, c’est le plus long virus du monde).

Quelques spĂ©cialistes d’Internet ont examinĂ© Ă  la loupe cette thĂ©orie. Voici leurs conclusions :
1. Les virus se répandent rapidement. Okay, Windows en fait autant
2. Les virus consomment de prĂ©cieuses ressources du systĂšme et ralen­tissent ainsi le travail de l’ordinateur. Okay, Windows fait la mĂȘme chose.
3. Les virus anéantissent parfois le disque dur. Okay, Windows est également connu par certains utilisateurs comme se livrant à ce genre d'exaction.
4. Les virus sont souvent glissĂ©s dans un ensemble de programmes utiles sans que l’utilisateur le sache, ou bien sont transmis directement avec l’ordinateur. Okay, Windows se propage Ă©galement de cette maniĂšre.
5. Les virus sont parfois responsables de ce que l’utilisateur trouve son systùme trop lent et s’en achùte un autre. Okay, cela arrive aussi avec Windows.
Jusqu’ici, il semble bien que Windows soit effectivement un virus !

Mais il existe trois différences fondamentales :
1. Les virus fonctionnent sur presque tous les ordinateurs.
2. Leur programmation est efficace et leur taille petite.
3. Plus ils se développent, plus ils font des progrÚs.
Windows ne satisfaisant pas Ă  ces conditions de base, il faut se rendre l’évidence : Windows n’est pas un virus ! ”

Dans ce contexte, XBill s’inspire de cette critique pour caricaturer la propension de Bill Gates Ă  installer Windows partout. Cette caricature interactive montre, d’une part, le CEO de Microsoft, qui installe Windows sur tous les ordinateurs qu’il rencontre, et, d’autre part, Windows lui-mĂȘme se rĂ©pandre via les rĂ©seaux se multiplier Ă  l’instar d’un virus informatique, infectant les ordinateurs et supprimant les autres systĂšmes d’exploitation et en s y installant confortablement Ă  leurs places.

xbill

XLennart

Une version dĂ©rivĂ©e de ce jeu, XLennart, reprend le concept pour caricaturer la controverse autour de Lennart et son init, en montrant son installation remplaçant tous les init des autres systĂšmes sur les machines Unix-like, poursuivant ainsi l’esprit satirique de XBill appliquĂ© Ă  l’univers des systĂšmes libres. (N.D.R. : pour Ă©viter de nourrir les trolls, on constate l’existence de cet inutilitaire sans prendre position sur la question de fond.)

xlennart

xlennart

X026 : l’hĂ©ritage des cartes perforĂ©es Hollerith

Bien avant les claviers et les Ă©crans, l’informatique reposait sur des cartes perforĂ©es Hollerith, inventĂ©es Ă  la fin du XIXᔉ siĂšcle par Herman Hollerith. D’abord utilisĂ©es pour accĂ©lĂ©rer le recensement amĂ©ricain de 1890, elles sont devenues pendant des dĂ©cennies le support central du stockage des donnĂ©es et des programmes. Dans les annĂ©es 1950 Ă  1970, des machines comme le poinçon IBM 026 permettaient de transformer texte et chiffres en trous soigneusement alignĂ©s sur des cartes de 80 colonnes. Chaque caractĂšre Ă©tait codĂ© en BCD-H, un systĂšme directement lisible par les ordinateurs de l’époque. Programmer en FORTRAN signifiait alors saisir chaque ligne sur une carte distincte : la moindre erreur impliquait de refaire la carte au format binaire BCD, ce qui imposait une grande rigueur. Le langage herita de ces syntaxes et exigeait ses rĂšgles strictes Ă  cause du support physique : colonnes, indentation, numĂ©ros de lignes
 bref, le code avait autant de contraintes que les joueurs de Tetris les plus acharnĂ©s !

L’émulateur X026 redonne vie Ă  cette pratique. En simulant fidĂšlement l’IBM 026, il permet d’expĂ©rimenter concrĂštement la lenteur, la prĂ©cision et la discipline qu’exigeait la saisie des donnĂ©es Ă  l’ùre des cartes perforĂ©es. Plus qu’un simple outil, X026 est une plongĂ©e dans l’histoire de l’informatique.

x026

Xabacus

Xabacus est un Ă©mulateur de boulier qui illustre les origines du calcul manuel. Il complĂšte bien des inutilitaires comme X026 en experimentant avec ce qui existait avant mĂȘme l’ùre des cartes perforĂ©es. Il reproduit le fonctionnement d’un boulier (souvent de type chinois suanpan 矗盀 ou japonais soroban çź—ç›€ïŒˆăă‚ă°ă‚“ïŒ‰ .

xabacus


Assistant virtuel

Les assistants virtuels sont des personnages qui sont l'équivalent humain ou anthropomorphe des animaux virtuels et qui ont soit une fonction esthétique, soit parfois une fonction anecdotique.

Macopix

MaCoPiX (Mascot Constructive Pilot for X) est l'application de mascottes ultime pour les systĂšmes UNIX et X Window. Vous pouvez y crĂ©er des petites crĂ©atures qui se posent sur vos fenĂȘtres, des mascottes fixes qui s'installent confortablement sur votre bureau, et mĂȘme des mascottes horloges pour vous tenir compagnie tout en affichant l'heure. De quoi rendre votre bureau un peu plus vivant et amusant !

macopix

XClock Cat

Issu d’un imaginaire ancien du chat souriant, malicieux et lĂ©gĂšrement surrĂ©aliste, popularisĂ© dĂšs 1865 par Lewis Carroll avec le Chat du Cheshire dans Alice au pays des merveilles, puis codifiĂ© visuellement par l’animation et le design amĂ©ricains des annĂ©es 1920–1930 (grands yeux expressifs, sourire exagĂ©rĂ©, animation souple de type rubber hose), cet archĂ©type trouve une incarnation emblĂ©matique avec le Kit-Cat Klock au dĂ©but des annĂ©es 1930, cĂ©lĂšbre horloge animĂ©e aux yeux roulants et Ă  la queue oscillante, avant d’ĂȘtre rĂ©interprĂ©tĂ© par Disney en 1951 dans Alice in Wonderland ; c’est dans cette continuitĂ© culturelle et graphique que s’inscrit Xclock catclock, une variante Ă  base de motifs (motif-based) du programme xclock du X Window System, dĂ©veloppĂ©e Ă  la fin des annĂ©es 1980 par des ingĂ©nieurs issus du MIT, de DEC, de BBN et de l’universitĂ© de Berkeley, et remise en ligne sur GitHub Ă  l’occasion du 30ᔉ anniversaire de X10 : cette version ajoute un mode animant yeux et queue Ă  l’écran avec une option de suivi du tempo musical permettant de synchroniser les mouvements du chat avec la musique, Ce chat de Cheshire des temps moderne illustre la rencontre entre histoire de l’informatique, culture visuelle du cartoon et design ludique rĂ©tro.

xclockcat

Viguor : le Clippy qui agace
 encore plus que Clippy

Pour ceux qui ont connu la torture du traitement de texte Microsoft Word et de son assistant Clippy dans les annĂ©es 90, Viguor, sur le ton de l’humour noir, permet de retrouver cette expĂ©rience frustrante
 mais en pire. Cette caricature de l’assistant agaçant n’a qu’un seul objectif : vous faire sourire
 ou doucement sombrer dans le dĂ©sespoir numĂ©rique. Bien sĂ»r, il vous demandera ironiquement de signer un impossible EULA/CLUF avant d’interagir avec lui.

vigor

KDE Amor

Amor est une interface permettant de gĂ©rer des animations virtuelles sous KDE. Cette application permet d'interagir avec diffĂ©rents personnages de bureau, ajoutant un peu de vie et d’interactivitĂ© Ă  l’environnement de travail. Le store KDE fournie de nouvelles versions en ligne

Amor Config


Les écrans de veille : XScreensaver

Dans les temps anciens, lorsque les Ă©crans affichaient une image fixe trop longtemps, ils pouvaient ĂȘtre endommagĂ©s par un phĂ©nomĂšne appelĂ© combustion interne du phosphore. Pour prĂ©venir ce problĂšme, des utilitaires appelĂ©s « économiseurs d'Ă©cran » ont Ă©tĂ© créés. Bien que cette fonction soit aujourd'hui obsolĂšte, les Ă©crans de veille sont devenus des artefacts artistiques en soi, souvent apprĂ©ciĂ©s pour leur cĂŽtĂ© crĂ©atif. Aujourd'hui, tous les bons environnements de bureau en proposent, tandis que les mauvais ont tendance Ă  les retirer de leur offre.

Ainsi, malgrĂ© leur origine pratique, les Ă©conomiseurs d’écran ont Ă©voluĂ© et continuent d’offrir une valeur ajoutĂ©e au-delĂ  de leur utilitĂ© initiale. C’est prĂ©cisĂ©ment dans ce contexte que XScreenSaver s'inscrit comme un exemple parfait de rĂ©invention. En 2022, il a cĂ©lĂ©brĂ© son trentiĂšme anniversaire, prouvant qu'un bon logiciel peut traverser le temps et les gĂ©nĂ©rations. LancĂ© en 1992, il est rapidement devenu un incontournable pour les systĂšmes Linux et Unix utilisant le systĂšme de fenĂȘtres X11. En plus de proposer une vaste collection d’économiseurs d’écran, XScreenSaver devient une sorte de musĂ©e de l’informatique montrant les screensaver les plus vieux (comme la boule rouge et blanche d’Amiga) jusqu’aux effets de demos rĂ©centes, offrant une rĂ©trospective de ce qui s'est fait aux diffĂ©rents Ăąges de l’informatique. En somme, XScreenSaver est bien plus qu’une simple collection d’écrans de veille : c’est une courte contemplation, rĂ©trospective esthĂ©tique de l’évolution de l’informatique comme peinture animĂ©e.

xscreensaver amiga

xscreensaver


Les inutilitaires de « Passage »

Les inutilitaires suivants nous permettent de percevoir le passage, la spatialité et la transition entre les espaces et dimensions sous des angles multiples.

Passage du pixel art au jeu poétique

PoĂšte symboliste influencĂ© par Verlaine et Rimbaud, Antonio Machado privilĂ©gie la suggestion, le souffle du rythme et l’émotion intĂ©rieure plutĂŽt que la description rĂ©aliste. Cette sensibilitĂ© se retrouve aussi dans Passage, qui n’est pas un simple jeu libre mais un jeu-art Ă  forte dimension poĂ©tique. Comme dans la poĂ©sie symboliste, le sens n’est jamais donnĂ© explicitement : il se construit Ă  travers des images simples, presque abstraites, et une atmosphĂšre mĂ©lancolique. Le pixel art, volontairement Ă©purĂ©, agit comme un symbole, Ă  l’image des paysages intĂ©rieurs de Machado, oĂč le temps, le souvenir et le chemin de la vie sont suggĂ©rĂ©s plus que racontĂ©s. À la maniĂšre d’Antonio Machado, qui cherchaient Ă  « faire sentir » plutĂŽt qu’à expliquer, Passage invite le joueur Ă  une expĂ©rience sensorielle et mĂ©ditative, proche d’un poĂšme visuel en mouvement.

Divulgachage / Spoiler Alert / Des vidĂ©os de spoiler de Passage existent sur YouTube, mais nous ne vous dĂ©conseillons de les regarder avant d’y jouer. Comme dans la poĂ©sie symboliste d’Antonio Machado, le sens de l’Ɠuvre naĂźt de l’expĂ©rience personnelle et de la dĂ©couverte progressive. Regarder le jeu Ă  l’avance enlĂšverait une grande partie de son impact Ă©motionnel, car Passage repose sur la surprise, le temps vĂ©cu et l’interprĂ©tation intime. À l’image d’un poĂšme que l’on doit lire et ressentir soi-mĂȘme, ce jeu-art ne se comprend pleinement qu’en Ă©tant parcouru, pas observĂ© de l’extĂ©rieur

passage

Du réalisme logiciel au réalisme magique
 en labyrinthe

XEarth, XMountains et XWorld

Dans la citĂ©-monde numĂ©rique, XEarth, XMountains et XWorld, vĂ©ritables ancĂȘtres de Google Earth et OpenStreetMap, incarnent une approche rĂ©aliste de l’exploration. XEarth reproduit la topographie et les climats d’une planĂšte tangible, XMountains offre des chaĂźnes de reliefs et de vallĂ©es Ă  arpenter, et XWorld articule ces espaces en un rĂ©seau interconnectĂ© reflĂ©tant un village global cohĂ©rent. Dans ces univers, la navigation est ordonnĂ©e et structurĂ©e : chaque Ă©lĂ©ment a sa place, chaque espace peut ĂȘtre cartographiĂ© et compris, malgrĂ© leur grandeur presque infinie, rappelant la logique combinatoire finie mais immense dĂ©crite dans la BibliothĂšque de Babel de Borges. Ces environnements offrent une immersion classique, vue extĂ©rieure, oĂč l’utilisateur agit comme un arpenteur rationnel dans un monde cartographiĂ© et cohĂ©rent.

xearth

xmountain

xworld

FSV2 et GopherVR

Dans FSV2 et GopherVR, chaque dĂ©placement transforme l’espace en un labyrinthe vivant. En parcourant rĂ©pertoires et sites, l’utilisateur croise des chemins qui se multiplient, se bifurquent et se recroisent, rĂ©vĂ©lant des angles inattendus et des perspectives surprenantes Ă  chaque pas. On ne se contente plus de « voir » : on ressent l’infini et l’ordre simultanĂ©ment, chaque choix de parcours offrant un condensĂ© d’informations et de points de vue au-delĂ  de la perception 2D habituelle. Explorer ses fichiers dans FSV2 devient un acte poĂ©tique et intellectuel, presque rituel. GopherVR, quant Ă  lui, transforme l’accĂšs Ă  la base de donnĂ©es en une exploration tridimensionnelle digne du Gibson dans le film Hackers

fsv

gophervr

Pour ceux qui souhaitent une simulation du voyage dans le Gibson, XScreenSaver, citĂ© prĂ©cĂ©demment, en offre cette expĂ©rience immersive. Comme dans La Demeure d’AstĂ©rion, chaque couloir, chaque recoin est Ă  la fois familier et mystĂ©rieux, invitant l’utilisateur Ă  se perdre pour mieux se retrouver, Ă  savourer la surprise de chaque bifurcation et Ă  redĂ©couvrir l’ordinateur comme un espace Ă  la fois tangible et imaginaire.

Gibson xscreensaver

fsv linux gibson

Le voyage de Neko et la retraite de Kodo

RĂ©flexion sur les inutilitaires en tant qu’abandonwares libres et sur ceux sans Ă©quivalents libres

Dans notre exploration des inutilitaires graphiques libres, nous avons remarqué un contraste frappant entre deux situations. Cela nous a conduits à une réflexion sur le rapport entre abandonware et logiciel libre, que nous appellerons « le voyage de Neko et la retraite de Kodo », comme un conte philosophique oriental illustrant certains paradoxes numériques.

Le voyage de Neko

neko

Il hante nos Ă©crans d’un pas de velours numĂ©rique, ce petit chat blanc Ă©chappĂ© des brumes des annĂ©es 80. Neko
 Son nom, qui signifie simplement « chat » en japonais, est bien plus qu’un mot : c’est une prĂ©sence tranquille dans le paysage froid de la machine. Ce fĂ©lin graphique est nĂ© sur les NEC PC-9801 en 1988 par Naoshi Watanabe (苄田郚 目), un programme propriĂ©taire mais dotĂ© d’une grĂące qui franchirait les dĂ©cennies. Il a Ă©tĂ© le compagnon discret de nos rĂ©volutions numĂ©riques, suivant la danse des curseurs Ă  travers les Ăąges du silicium. Son ballet est hypnotique : il poursuit le pointeur avec la grĂące d’un fĂ©lin mythique, s’arrĂȘte parfois pour une pause, s’enroule sur lui-mĂȘme, et succombe Ă  un sommeil paisible, un sphinx pixelisĂ© attendant le prochain mouvement.

  • 1989 : Sur Macintosh, Neko devient un accessoire de bureau signĂ© Kenji Gotoh, toujours propriĂ©taire mais distribuĂ© gratuitement, avec ses fameuses animations de sommeil.

  • AnnĂ©es 90 : Il parcourt Windows 3.x (WNEKO et Neko Runs Free), IBM OS/2 et NEXTSTEP, restant Ă  chaque fois propriĂ©taire et distribuĂ©, mais non modifiable.

  • 1991 (System 7) : Sur Mac, la version System 7 permet de modifier le pointeur avec divers jouets pour chat, ajoutant un charme ludique aux interactions.

  • 1991 (Xneko) : Masayuki Koba (ć€ć Žæ­ŁèĄŒ) réécrit Neko pour Unix/X11, lui donnant la libertĂ© du code. Il devient alors un logiciel libre, partageable et modifiable.

  • Toujours em 1991 : Oneko par Tatsuya Kato transpose Xneko sur Linux et BSD, introduisant d’autres animaux. Son esprit libre pĂ©nĂštre les jardins de GNU/Linux

  • 1997 : Sur Amiga, Neko devient Ameko, adaptation freeware mais sans code source ouvert. Pas encore de port pour Aros. Fin des annĂ©es 90, un port fermĂ© existe pour BeOS (Replicat).

  • Des annĂ©es 2000 Ă  aujourd’hui : Neko continue de danser sur nos Ă©crans, que ce soit dans Tux Paint. On le retrouve notamment avec Neko on Desktop (Mac, 2000), webneko en JavaScript (2004), Neko in Java (2010), une version tactile sur Arduino (2010), Neko x64 pour Windows (2010) et enfin sur Android via le repot libre F-Droid avec Aneko

Ainsi, le voyage de Neko s’écrit des contrĂ©es privatives aux archipels du libre : un petit chat de pixels, doux fantĂŽme du passĂ©, qui rappelle que la magie rĂ©side parfois dans les choses les plus simples.
Cependant, ce voyage soulĂšve une question : combien d’autres fantĂŽmes numĂ©riques, d’inutilitaires propriĂ©taires, sont restĂ©s prisonniers de leurs Ă©poques et de systĂšmes fermĂ©s, incapables de franchir le miroir ? De nombreux petits programmes sur Amiga, Atari ST,Amstrad CPC, OS/2, Acorn, Sinclair QL, Commodore 64, ZxSpectrum, MS-DOS, DR DOS Windows 3.1 Windows 95 et toutes les familles Unix proprietaires
 ont disparu avec les systĂšmes d’exploitation qui les portaient, abandonnĂ©s Ă  jamais.

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La retraite de Kodo

En parallĂšle, on trouve Kodo ou Kodometer, nĂ© libre mais ayant connu un retrait de parcours.KodomĂštre Ă©tait une application KDE qui mesurait la distance parcourue par le curseur de la souris sur le bureau. Son interface imitait un compteur kilomĂ©trique et permettait de suivre la distance totale ainsi que des trajets prĂ©cis, en unitĂ©s mĂ©triques ou amĂ©ricaines.À l’origine basĂ© sur le programme VMS/Motif Xodometer de Mark H. Granoff, il a Ă©tĂ© portĂ© vers KDE/C++ par Armen Nakashian, qui l’a dĂ©couvert sur le bureau d’un collĂšgue. L’application restait surtout ludique, permettant d’observer ses habitudes d’utilisation. Avec le temps, KodomĂštre a Ă©tĂ© abandonnĂ© : il ne figurait plus dans les paquets KDE.

Abandonware et logiciel libre : fragilité des inutilitaires

Ainsi, certains inutilitaires propriĂ©taires ont Ă©tĂ© dĂ©finitivement abandonnĂ©s, tandis que d’autres, semblent glisser progressivement vers ce statut. D’autres encore n’ont jamais franchi « l’autre cĂŽtĂ© du miroir », Ă  l’image du voyage de Neko, c’est-Ă -dire le passage d’un modĂšle propriĂ©taire vers une version libre. Bien que cela n’altĂšre pas leur valeur ludique, artistique ou philosophique, cela compromet leur avenir : privĂ©s de sources accessibles, ils perdent toute possibilitĂ© d’évolution et de renouvellement. Pour ceux qui ne sont pas passĂ©s de l’autre cĂŽtĂ© du miroir, l’émulation ou la virtualisation restent souvent les seuls moyens de les prĂ©server de l’oubli. Toutefois, en tant qu’inutilitaires peu connus, ils risquent de disparaĂźtre lentement de la mĂ©moire collective. L’approche prĂ©servation d’abandonware tente d’apporter une rĂ©ponse, mais elle demeure contraignante : rares sont ceux qui installeront un systĂšme complet, en dual-boot ou en machine virtuelle, au seul fin de retrouver la poĂ©sie singuliĂšre de ces inutilitaires obscures. Dans le cas de la mise en retrait de Kodo, ou de l’abandonware dans le logiciel libre, Eric S. Raymond rappelait un principe fondamental :

« When you lose interest in a program, your last duty to it is to hand it off to a competent successor. »

Comme il le souligne dans The Cathedral and the Bazaar, la vitalitĂ© d’un logiciel dĂ©pend non seulement de l’engagement de ses crĂ©ateurs initiaux, mais aussi de leur capacitĂ© Ă  le transmettre Ă  ceux qui sauront le faire vivre et Ă©voluer.
Cette dualitĂ© met en lumiĂšre la fragilitĂ© des « inutilitaires » numĂ©riques : les logiciels propriĂ©taires abandonnĂ©s demeurent prisonniers de leur Ă©poque, tandis que certains logiciels libres sombrent Ă©galement dans l’oubli faute de suivi ou de communautĂ© active.

Nous en arrivons dĂ©sormais Ă  Gource, afin de percevoir ce que reprĂ©sente une communautĂ© vivante, participative et active : la face la plus connue du logiciel libre, celle que tous les community managers aspirent Ă  montrer et que tous les participants souhaitent expĂ©rimenter, Ă  l’inverse des logiciels abandonnĂ©s.

Gource en guise de conclusion pour 2025 et de Passage en 2026

Gource ou la danse du libre dans le village global contemporain

En passant Ă  la nouvelle annĂ©e 2026, notre Ăšre actuelle de la participation collaborative, portĂ©e par les projets libres et open source, Gource dĂ©ploie l’histoire d’un projet logiciel comme un poĂšme en mouvement : des points de lumiĂšre naissent, se rapprochent, se sĂ©parent, traçant dans l’obscuritĂ© la mĂ©moire vivante du code. Chaque commit devient une bifurcation du temps, et l’écran se fait constellation oĂč l’effort collectif palpite. À la maniĂšre d’Octavio Paz, cette visualisation n’explique pas : elle rĂ©vĂšle. Elle suspend le regard entre le flux et la forme, entre l’instant et la durĂ©e, rappelant le mouvement circulaire de son texte Piedra de sol (1957), oĂč le temps n’avance pas en ligne droite mais revient, se replie et se rĂ©invente. De la mĂȘme façon, Gource ne raconte pas le dĂ©veloppement comme une simple succession de versions, mais comme un prĂ©sent perpĂ©tuel oĂč passĂ© et devenir coexistent Ă  l’écran.

Chaque apparition de fichier ou de contributeur agit comme un « instant Ă©clair », oĂč le flux se condense et devient visible. La visualisation devient alors un espace de dialogue — entre individus, entre traces, entre silence et action — faisant Ă©cho Ă  Blanco (1967), poĂšme de l’espace et de la relation, ouvert Ă  des lectures multiples, sans centre unique. Comme chez Paz, le sens ne naĂźt pas de la juxtaposition de signes, mais de leur mise en relation.

Cette pluralitĂ© en mouvement rejoint la vision cosmopolite de Himno entre ruinas, oĂč les voix du monde se croisent sans se dissoudre. Gource matĂ©rialise cette dynamique en montrant le dĂ©veloppement comme une constellation d’acteurs dispersĂ©s sur la planĂšte, unis par un mĂȘme espace symbolique. Ici, l’interconnexion n’est pas un simple outil technique : elle est la condition mĂȘme de l’existence du projet. C’est en cela que Gource rejoint la pensĂ©e de Marshall McLuhan, pour qui le « village global » ne dĂ©signe pas une uniformisation du monde, mais une intensification des relations, oĂč chaque geste local rĂ©sonne immĂ©diatement Ă  l’échelle planĂ©taire.

Enfin, Ă  l’image de Viento entero, oĂč le prĂ©sent se construit Ă  partir de fragments hĂ©ritĂ©s et rĂ©assemblĂ©s, Gource fait Ă©merger une Ɠuvre collective Ă  partir de traces, de modifications successives, de strates de mĂ©moire. Dans cette citĂ©-monde interconnectĂ©e que McLuhan entrevoyait, la rĂ©flexion ne commence plus Ă  partir d’un centre stable, mais du rĂ©seau lui-mĂȘme. Gource en offre une figuration sensible : un village global de code et de lumiĂšre, oĂč la crĂ©ation naĂźt du passage, de l’échange et de la rencontre, et oĂč l’interconnexion devient le point de dĂ©part de toute pensĂ©e commune.

Chaque contribution devient un souffle, chaque fichier une Ă©toile, et le code collectif se dĂ©ploie comme un poĂšme en mouvement, oĂč passĂ© et prĂ©sent, technique et humain, local et global s’entrelacent. C’est ainsi que nous sommes invitĂ©s Ă  percevoir nos vies numĂ©riques au cƓur de nos interactions et de nos commits au sein de ce projet planĂ©taire.

Ainsi, Ă  travers Gource, l’esthĂ©tique du processus de collaboration globale propre au logiciel libre apporte une rĂ©ponse concrĂšte au questionnement du philosophe Byung-Chul Han (PyƏng-ch’Əl Han í•œëł‘ì „), qui dĂ©plorait la perte de profondeur au profit de surfaces lisses, brillantes et rĂ©flexives, mais fondamentalement creuses. Gource, par sa cartographie en constellations des processus collaboratifs du logiciel libre, dĂ©montre qu’il est possible d’évoluer au sein d’une constellation scintillante sans renoncer Ă  la profondeur, celle-ci Ă©tant incarnĂ©e par le code source, l’historique des contributions et le processus open source d’élaboration collective du logiciel libre.

Contrairement aux Ɠuvres de Jeff Koons, dont la brillance tend Ă  masquer le vide, la visualisation proposĂ©e par Gource repose sur un socle profond, multiple et participatif. La surface lumineuse n’y est jamais autonome : elle renvoie toujours Ă  une rĂ©alitĂ© sous-jacente faite de travail, de temporalitĂ©, de nĂ©gociations, et de coopĂ©rations. En ce sens, Gource peut ĂȘtre considĂ©rĂ© comme un exemple paradigmatique d’un reflet brillant issu d’un modĂšle profondĂ©ment structurĂ©, Ă  l’exact opposĂ© de l’esthĂ©tique lisse et creuse dĂ©noncĂ©e par Han.

Par ailleurs, Gource incarne de maniĂšre exemplaire un espace de l’altĂ©ritĂ©, rendu visible par la contribution de chacun. Chaque contributeur y apporte sa perspective singuliĂšre, sa sensibilitĂ© propre et sa touche personnelle, participant ainsi Ă  une Ɠuvre collective en perpĂ©tuel devenir. Cette dynamique rejoint l’analyse d’Eric S. Raymond dans The Cathedral and the Bazaar, lorsqu’il souligne que « The next best thing to having good ideas is recognizing good ideas from your users », rappelant que la richesse du logiciel libre rĂ©side prĂ©cisĂ©ment dans la reconnaissance et l’intĂ©gration des apports de l’autre.

Enfin, Ă  l’instar des poĂšmes de Han Shan surgissant sur les rochers ou les murs, Gource fait apparaĂźtre un ciel constellĂ©, oĂč chaque contribution Ă©claire fugitivement la galaxie vivante du projet, rĂ©vĂ©lant la fluiditĂ© d’un processus crĂ©atif libre et en mouvement.

gource

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Conclusion

L’histoire des inutilitaires se dĂ©ploie comme une poĂ©sie vivante, du calcul solitaire Ă  l’intelligence collective. Sur son chemin, des instants inattendus surgissent : Xteddy, simple peluche virtuelle, montre que l’inutile peut Ă©tonner, Ă©merveiller et tisser des liens, Ă©veillant rĂ©flexion et imagination.

Les communautĂ©s libres insufflent vie Ă  ces crĂ©ations, leur offrant la force de survivre, d’évoluer et de voyager librement de plateforme en plateforme, Ă  l’instar de Neko.

Dans un monde de codes et de rĂ©seaux, chaque contribution devient une Ă©toile dans le « village global » de McLuhan, oĂč frontiĂšres et distances s’effacent. Gource, FSV2 et GopherVR transforment l’exploration numĂ©rique en chorĂ©graphie de lumiĂšre et de mĂ©moire, rĂ©vĂ©lant l’élan vivant et crĂ©atif des communautĂ©s du logiciel libre. L’informatique cesse alors d’ĂȘtre purement utilitaire : elle devient poĂ©sie, labyrinthe et voyage.

Mais la survie d’un logiciel ne repose pas seulement sur l’ouverture de son code : elle exige transmission, engagement communautaire et capacitĂ© Ă  Ă©voluer. Nous espĂ©rons que de plus en plus d’abandonwares et d’inutilitaires suivront le voyage de Neko, passant de l’ombre Ă  la lumiĂšre du libre, enrichissant sans cesse l’espace vivant du logiciel. Il est tout aussi crucial que les logiciels dĂ©jĂ  libres ne soient pas abandonnĂ©s, afin que l’histoire de l’informatique continue de s’écrire dans une dynamique collective et crĂ©ative, oĂč chacun reste acteur de son informatique, Ă  l’inverse des monopoles Ă©voquĂ©s dans XBill.

Et qu’un jour, nous puissions nous voir dans une de ces constellations cartographiques telle que Gource nous le montre, pour contempler, Ă©merveillĂ©s, que dans cette poĂ©sie numĂ©rique, nous y avons tous participĂ©.

Bonne année 2026 !

Pour aller plus loin ensemble en traineau

Il existe peu de livres consacrĂ©s aux inutilitaires, car, comme le pensait IBM (Ă  l’inverse, par exemple, de l’Amiga) et sous son influence sur le domaine, l’informatique Ă©tait considĂ©rĂ©e comme une affaire sĂ©rieuse. Pourtant, certains ouvrages ont documentĂ© et inspirĂ© ces crĂ©ations dĂ©calĂ©es et humoristiques, notamment :

Aller plus loin

  • # Wayland


    Posté par  (site web personnel) . Évalué à 5 (+2/-0).

    Les petits inutilitaires Ă  la Xsnow, Xpenguins, Neko et compagnie font partie des choses que je regrette d'X11, maintenant que je suis sous Wayland. Et XScreensaver aussi d'ailleurs.

    Ceci Ă©tant, mĂȘme si j'adorais le concept de bidules qui courent sur les parties inutilisĂ©es de l'Ă©cran, en pratique, des partie inutilisĂ©es de l'Ă©cran, eh bien on en a rarement en fait. Travailler avec des fenĂȘtres non maximisĂ©es, partiellement superposĂ©es, avec des interstices, je ne sais pas qui fait ça en vrai, mais pas moi. MĂȘme avant d'utiliser un gestionnaire de fenĂȘtre pavant, je n'avais en fait jamais la moindre place pour ces bidules.

    • [^] # Re: Wayland


      Posté par  (site web personnel) . Évalué à 4 (+2/-0).

      « Travailler avec des fenĂȘtres non maximisĂ©es, partiellement superposĂ©es, avec des interstices[.] »

      Quelle description prĂ©cise de chacun des 20 bureaux virtuels que j'ai devant moi. Malheureusement peu de gens l'emploi, et les programmes sont de plus en plus pensĂ©s pour occuper tout en mode mono-fenĂȘtre / mono-instance. Par exemple Gimp qui n'a plus toutes ces belles fenĂȘtres d'outils mobiles. Ou Inkscape et Libreoffice pour qui le concept de rĂ©pertoire de travail n'est mĂȘme plus un lointain souvenir. C'est du totalitarisme en mode Gui :-). Heureusement que les shells, vim et emacs restent fidĂšles Ă  eux-mĂȘmes.

      « IRAFURORBREVISESTANIMUMREGEQUINISIPARETIMPERAT » — Odes — Horace

      • [^] # Re: Wayland


        Posté par  (site web personnel) . Évalué à 3 (+2/-0).

        le concept de répertoire de travail

        Qu'est-ce que c'est? Pour moi c'est le répertoire par défaut dans lequel les documents sont enregistrés, mais vu le contexte, je ne pense pas que ce soit ça ici.

        Je rencontre des gens qui ne savent pas/ne pensent pas Ă  maximiser les fenĂȘtres.

        J'ai survolĂ© l'article, ça fait Ă©videmment remonter des souvenirs :'-) Certains des exemples citĂ©s apparaissent dans des vidĂ©os d'OsFirstTimer, Ă  visualiser en forçant le maintien de l'Anglais impĂ©rativement ! Je suis content que DevNewton ait pensĂ© Ă  Ă©voquer xBill, je me demandais pourquoi il parlerait de celui-lĂ  et de pas tous les jeux aprĂšs tout ;-) J'ai dĂ©couvert rĂ©cemment qu'il semblait ĂȘtre inspirĂ© de "Mac Bugs". On y jouait entre camarades de STS sur les premiers Linux qu'on avait installĂ©, et on essayait de reconnaĂźtre les diffĂ©rents OS reprĂ©sentes (certains, je ne les apercevrai en vrai qu'Ă  l'ENSTB ou le campus Saint-Martin de Pontoise); Je ne connaissais pas XLenart, excellent ! tout comme les alternatives Ă  Clippy, que j'aurais pu proposer aux secrĂ©taires qui Ă©taient fan de lui et ses dĂ©clinaisons ! j'ai parfois des idĂ©es aussi de trucs caustiques comme tout ça; Lorsque mon amie intime travaillait chez Bapav, il y avait un poisson dans la barre de tĂąches de Mint, on aurait voulu le remplacer par un vĂ©lo; le paragraphe sur "window$ est un virus" va faire hurler pasbill :-) A propos de FSV2, il y a aussi celui utilisĂ© dans Jurassic Park, je ne sais pas s'il fut portĂ© sous GNU ; J'avais des compteurs de frappe clavier et de distance parcourue avec la souris sous window$ 3.1 ;-)

        • [^] # Re: Wayland


          Posté par  (site web personnel) . Évalué à 5 (+2/-0).

          D'aprÚs la description de XBill, il ne s'agit pas de Windows, mais d'un virus nommé Wingdows, conçu pour ressembler à un systÚme d'exploitation populaire. ;-)

        • [^] # Re: Wayland


          Posté par  (site web personnel) . Évalué à 5 (+3/-0). DerniĂšre modification le 09 janvier 2026 Ă  13:17.

          Jadis, quand un logiciel était lancé depuis un répertoire (via un shell), il paraissait de bon aloi de considérer que l'utilisateur souhaitait travailler depuis ce répertoire ci ; l'autrefois fameux (ou pas) current working directory. La modernité semblerait les assujettir à ne plus tenir compte des volontés implicites des utilisateurs, et à imposer un répertoire de travail par défaut. Chose trÚs pratique pour certains ; j'imagine bien que les gens qui n'ont qu'une unique tùche, apprécient ce classement. Pour d'autres, c'est souvent importun et parfois piégeur.

          « IRAFURORBREVISESTANIMUMREGEQUINISIPARETIMPERAT » — Odes — Horace

          • [^] # Re: Wayland


            Posté par  (site web personnel) . Évalué à 2 (+1/-0).

            J'avais donc compris, mais on a la dĂ©finition inverse. Personnellement je prĂ©fĂšre la mienne: que l'application enregistre par dĂ©faut dans un dossier prĂ©dĂ©fini. Le problĂšme Ă©tant de savoir oĂč ce rĂ©glage se fait


            • [^] # Re: Wayland


              Posté par  (site web personnel) . Évalué à 5 (+3/-0).

              Bienheureux. C'est tout mon problĂšme (ou la chance que vous avez) pouvoir utiliser UN unique dossier prĂ©dĂ©fini par type de document. Si je travail sur 4 programmes diffĂ©rents, je suis heureux qu'emacs ne cherche pas Ă  enregistrer tous mes fichiers de code dans le mĂȘme dossier. Si j'Ă©dite 36 documents LaTex simultanĂ©ment, heureusement que vim ne prĂ©tend pas les colloquer. D'autres logiciels sont moins complaisants.

              « IRAFURORBREVISESTANIMUMREGEQUINISIPARETIMPERAT » — Odes — Horace

      • [^] # Re: Wayland


        Posté par  (site web personnel, Mastodon) . Évalué à 3 (+1/-0).

        Par exemple Gimp qui n'a plus toutes ces belles fenĂȘtres d'outils mobiles.

        L'option pour dĂ©tacher les fenĂȘtres est planquĂ©e dans je ne sais plus quel menu des paramĂštres.

  • # AoĂ»t 2004...

    Posté par  (site web personnel) . Évalué à 3 (+2/-1).

    Août 2004, j'écris un article sur PlanÚte Linux, sur les inutilitaires ! Je les retrouve ici et certains n'ont pas du tout changé ! Spice di voleur !

  • # En technologie plus rĂ©cente

    Posté par  (site web personnel) . Évalué à 10 (+8/-0).

    Cette dĂ©pĂȘche est une bonne occasion de parler du fleuron de la technologie française : ChienGPT. De rien.

    • [^] # Re: En technologie plus rĂ©cente

      Posté par  . Évalué à 4 (+2/-0).

      On pourrait d'ailleurs se baser sur ce moteur d'inintelligence artificielle pour faire dogL, qui traduirait les aboiements en miaulements ou beuglements etc., et réciproquement évidemment.

      Des perspectives hallucinantes, par exemple l'optimisation du travail des chiens de bergers parlant directement aux moutons, la fin de l'antĂ©diluvienne guerre chiens-chats, le mystĂšre du chant du coucou enfin Ă©lucidĂ©, la marmotte ayant la satisfaction de savoir que ses copieuses (et sifflantes) insultes envers l'aigle sont enfin comprises, 


  • # Au risque de me rĂ©pĂ©ter...

    Posté par  (site web personnel, Mastodon) . Évalué à 1 (+0/-1).

  • # Moniteur cpu avec Bellaminette

    Posté par  . Évalué à 5 (+4/-0). DerniĂšre modification le 14 janvier 2026 Ă  15:04.

    J'ai utilisĂ© certain des logiciels prĂ©sentĂ©s (XSnow, Xfishtank, XBill, XEarth
). Ce n'est peut ĂȘtre plus dans l'air du temps de mettre des jeunes femmes habillĂ©es lĂ©gĂšrement mais il existait aussi un moniteur de charge CPU avec une Bellaminette. Il reste mĂȘme une news de hotbabe sur LinuxFr:
    https://linuxfr.org/news/moniteur-cpu

    Il n'y a pas de capture d'écran. Le principe est simple, plus la charge CPU est importante, moins la fille est habillée. Les illustrations visibles sur le site du dessinateur Bellamy donnent une bonne idée de ce qu'on pouvait voir:
    https://bellaminettes.com/blog/

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