AprĂšs un Ă©pisode 000 sur les logiciels inutiles et donc indispensables autour de l'ASCII art, cette dĂ©pĂȘche entre dans la fin du XX° siĂšcle avec les inutilitaires ayant des interfaces graphiques.
Sommaire
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Introduction : poĂ©tique de lâinutile et regard de Xeyes
- Les décoratifs graphiques
- Les animaux virtuels et autres éléments virtuels de companies
- Les inutilitaires liĂ©s Ă lâactualitĂ© et Ă lâhistoire de lâinformatique
- Assistant virtuel
- Les écrans de veille : XScreensaver
- Les inutilitaires de « Passage »
- Le voyage de Neko et la retraite de Kodo
- Gource en guise de conclusion pour 2025 et de Passage en 2026
- Conclusion
- Pour aller plus loin ensemble en traineau
Introduction : poĂ©tique de lâinutile et regard de Xeyes
En ce passage vers une nouvelle annĂ©e, câest lâoccasion dâinviter Ă de nouveaux regards, notamment Ă travers les inutilitaires avec interface graphique dans le domaine du libre, de la mĂȘme maniĂšre que lâinterface graphique a Ă©tendu leurs possibilitĂ©s. Il sâagit dâune revisite de ces logiciels qui ont marquĂ©, qui constituent les traces de lâhistoire informatique et qui ouvrent Ă une perception renouvelĂ©e, traversĂ©s par des souffles multiples, Ă la fois historiques, poĂ©tiques, ludiques et philosophiques, et Ă©tendus dans le village global de 2026. Ainsi, nous les aborderons sous ces diffĂ©rentes modalitĂ©s, Ă lâaune de ces diffĂ©rentes lumiĂšres.
Pour inviter Ă porter ce regard sur ces angles multiples, nous prĂ©senterons les inutilitaires graphiques dans une perspective plurielle, Ă la fois ludique, poĂ©tique et philosophique. En effet, ces Ă©quivalents dotĂ©s dâune interface graphique (GUI) de leurs homologues en ASCII ART, loin de toute logique de consommation, offrent un espace oĂč le regard peut vagabonder, oĂč lâexpĂ©rience naĂźt aussi de lâinattendu et de la contemplation. Ce changement de point de vue se manifeste notamment dans des exemples comme le petit programme Xeyes. Aussi inutile soit-il, il est installĂ© par dĂ©faut dans la plupart des distributions : il se contente dâafficher des yeux qui suivent la souris, participant ainsi, Ă son Ă©chelle, au dĂ©placement de la perception dans le logiciel libre. Il ne sâagit pas dâaffirmer que Xeyes est intrinsĂšquement dĂ©pourvu dâusages utiles possibles, mais de le considĂ©rer ici dans une poĂ©tique du just for fun Ă lâinstar de Linus Torvalds qui proclamait Ă Amsterdam que « The most important design issue⊠is the fact that Linux is supposed to be funâŠÂ ». Ainsi Xeyes est vu comme un objet ludique et rĂ©flexif, en outre sa page de manuel elle-mĂȘme adopte un ton dâhumour noir explicite : « Xeyes watches what you do and reports to the Boss. »
Bien entendu, Xeyes ne contient aucune backdoor destinĂ©e Ă transmettre des donnĂ©es Ă un quelconque supĂ©rieur â dâoĂč son inutilitĂ© revendiquĂ©e (OUF). Avec le recul, on pourrait nĂ©anmoins y voir une prĂ©figuration ironique des rĂ©vĂ©lations de Snowden, infiniment plus utiles, quant Ă elles, pour dĂ©noncer des pratiques bien rĂ©elles de surveillance. LĂ oĂč Xeyes se contente dâen proposer une parodie, il rappelle, par le jeu et le dĂ©calage, que le logiciel libre sait aussi penser le regard et lâinterface autrement que sous lâangle de lâefficacitĂ©, participant ainsi, Ă sa façon, Ă cette autre poĂ©tique. Les yeux malicieux de Xeyes ont aussi Ă©tĂ© transportĂ©s sur d'autres OS

De cette contemplation dĂ©coule Ă©galement une autre rĂ©flexion. Dans son essai « Sauvons le Beau : LâesthĂ©tique Ă lâĂšre numĂ©rique », le philosopheByung-Chul Han (PyĆng-châĆl Han íëłì ) regarde le monde dâaujourdâhui, saturĂ© dâimages lisses et parfaites, façonnĂ©es par un productivisme qui aplanit lâexpĂ©rience personnelle. Tout est policĂ©, sĂ©duisant, immĂ©diatement consommable, mais dĂ©pourvu de profondeur. LâexpĂ©rience esthĂ©tique se consomme comme un fruit sans chair, et le regard se laisse sĂ©duire sans se laisser transformer.
Ă travers Jeff Koons et le corps pornographiĂ©, il montre que lâexpĂ©rience esthĂ©tique perd sa rugositĂ©, son mystĂšre, sa personnalisation et sa capacitĂ© Ă surprendre et Ă bouleverser. Elle devient un reflet Ă©tincelant dont lâintĂ©rieur sonne creux. Face Ă cet appauvrissement, Han appelle Ă se tourner vers lâaltĂ©ritĂ©. Il invite Ă arracher lâindividu Ă son narcissisme, Ă le dĂ©tourner du miroir aux alouettes trop lisse, mais qui ne renvoie quâune image vide. Voir lâaltĂ©ritĂ©, câest ramener le spectateur hors de lui-mĂȘme, le confronter Ă une expĂ©rience esthĂ©tique qui change son regard, nĂ©e de lâinattendu, de la divergence, de ce qui dĂ©stabilise. Dans cette rencontre, lâexpĂ©rience esthĂ©tique cesse dâĂȘtre un simple objet de consommation et redevient un souffle qui questionne, qui surprend et qui bouleverse.
Cette attention au surprenant trouve un Ă©cho pour le moins inattendu dans le monde du logiciel libre. Dans The Cathedral and the Bazaar, Eric S. Raymond Ă©crit : « Every good work of software starts by scratching a developerâs personal itch. » Ainsi, chaque programme, chaque crĂ©ation naĂźt dâun dĂ©sir ou dâun besoin vĂ©cu, dâune singularitĂ© que lâon cherche Ă exprimer et Ă explorer. Ensuite, il ajoute Ă©galement : « The next best thing to having good ideas is recognizing good ideas from your users. Sometimes the latter is better. » Parfois, ce nâest pas lâidĂ©e initiale, mais la rencontre avec ce qui vient dâailleurs, qui enrichit et change la perception. Le logiciel libre, via la rencontre avec lâaltĂ©ritĂ© et de par ses pratiques open source, amĂšnent une approche mĂȘlant une esthĂ©tique de la participation, qui constitue une proposition Ă la critique esthĂ©tique dâHan, laquelle, de maniĂšre tout Ă fait surprenante, sâincarne dans le processus de participation Ă travers le projet libre Gource, intĂ©grant lâapproche dĂ©crite par Eric S. Raymond et une esthĂ©tique du libre dans une danse poĂ©tique lumineuse sous forme de constellation spatiale globale.
Entre Xeyes et Gource sâĂ©tale une certaine diversitĂ© dâinutilitaires que nous parcourons comme une mini-rĂ©trospective, mĂȘlant parfois la grande histoire de lâactualitĂ© informatique avec la petite histoire des inutilitaires, souvent inattendue, encourageante, conviviale et poĂ©tique. De cette mosaĂŻque Ă©mergeront certaines rĂ©flexions sur les inutilitaires sous forme dâabandonware, notamment Ă travers «âŻle voyage de Necko et la retraite de KodoâŻÂ». Ces rĂ©flexions sont aussi lâoccasion de redĂ©couvrir des inutilitaires abandonnĂ©s Ă explorer, vĂ©ritables parties prenantes de la grande aventure du logiciel libre, de son processus participatif en open source et de son invitation Ă une ouverture dâesprit et du code.

Les décoratifs graphiques
Xjokes
MxIco
Xtacy
Cette quĂȘte de lâĂ©merveillement et de la profondeur, au cĆur du quotidien hypermoderne, nous mĂšne aussi vers un autre temps, hors de lâaliĂ©nante productivitĂ© : celui dâun second Han, lâermite Han Shan ćŻć±±, sur les monts froids de la Chine des Mings. LĂ , dans la solitude et lâoisivetĂ© attentive, lâexpĂ©rience ne se cherche pas, elle advient. La lĂ©gende dit que ses poĂšmes surgissaient sur les murs, les rochers, les arbres. PoĂšte châan, ancĂȘtre du zen japonais, Han Shan demeurait sous les pins, au bord dâun torrent, oublieux de lui-mĂȘme, contemplant un papillon sans savoir sâil rĂȘvait le papillon ou si le papillon le rĂȘvait, comme chez Zhuang Zi. Puis, puis, dans un Ă©lan soudain, il grave quelques vers dans la pierre et sâen retourne en riant vers son ermitage comme tout maitre châan , Ă©nigmatique et joyeux.
une fois Ă Han Shan les dix mille affaires cessent
plus aucune pensĂ©e fugace ne sâaccroche au cĆur
oisif, sur un rocher jâinscris des poĂšmes,
accordé au flux, comme une barque sans amarre.
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Dans le logiciel libre, Xjokes se fait lâĂ©cho de cette suspension de lâutilitĂ©. Ainsi, un trou noir engloutit lâĂ©cran, des figures clignent de lâĆil, lâĂ©cran peut disparaĂźtre tout entier. Comme le Boing Ball de lâAmiga ou MxIco fait tourner de simples polyĂšdres , ces logiciels laissent le regard vagabonder. Oisifs, ces logiciels offrent un espace oĂč le temps semble suspendu, accordĂ© au flux du geste, comme un souffle qui traverse lâespace simplement.

Un autre poĂšte inconnu sous Xtacy (ecstasy) Ă©crira lui aussi sur le mĂȘme thĂšme :
Retrouve dans ta tĂȘte
Ton Ăąme de poĂšte
Souviens-toi comme cÂŽest chouette
La parfum des violettes
Un soir de pĂąquerettes


Ainsi Xtacy le fera chanter avec ses couleurs changeantes, ses fractales, ses quadrilatÚres rebondissants et ses vagues sinusoïdales décalées, invite au vertige .
Les animaux virtuels et autres éléments virtuels de companies
gkrellm-bfm
Ce programme de monitoring dispose d'un canard qui sert⊠de compagnon?
Un plugin de monitoring de charge pour GKrellM, inspirĂ© de wmfishtime et bubblemon. Il met en scĂšne des poissons pour illustrer le trafic rĂ©seau, des bulles pour lâutilisation du processeur et un canard⊠pour reprĂ©senter un canard.
Xteddy
Xteddy, en tant quâinutilitaire, a eu des usages inattendus, allant bien auâdelĂ de sa fonction de simple peluche virtuelle de premier abord.Lâauteur originel de Xteddy, Stefan Gustavson, raconte sur le site archivĂ© :
« I created Xteddy way back in 1994 as a spare time hack for fun. The reception I got from my colleagues was so heart-warming I was encouraged to distribute him world-wide. Much to my surprise, the response was overwhelming. By now, I have received hundreds of friendly messages of appreciation from all over the world, and they keep dropping in even this long after the release. To all of you teddy bear lovers out there: thanks! »
Ce simple projet ludique, conçu pour le plaisir, a rapidement touché et fédéré une communauté internationale. Un utilisateur raconte sur le site xteddy.org :
« Ever since I found out about the Xteddy Unix program, I ran it on my workstations when I was doing my University assignments, as it helped me think. »
Pour certains utilisateurs, dont celui qui a partagĂ© son expĂ©rience et mis a disposition le site Xteddy.org, Xteddy a eu un impact bien auâdelĂ du divertissement : il a servi de soutien Ă©motionnel et dâaide Ă la rĂ©flexion, apportant rĂ©confort et motivation dans des pĂ©riodes marquĂ©es par lâanxiĂ©tĂ© sociale ou les troubles paniques. TouchĂ© par lâinfluence positive de ce logiciel, cet utilisateur a pris contact et a ensuite créé le site xteddy.org, Ă la fois espace de tĂ©moignage personnel et lieu de mĂ©moire pour la communautĂ©.
« I still get feedback at least once a year thanking me for what Iâve written here, so it > shall remain. I hope others find this interesting and helpful. »
Son engagement sâinscrit Ă©galement dans une dĂ©marche plus large de contribution au logiciel libre, puisquâil participe activement Ă divers projets open source, prolongeant ainsi lâesprit collaboratif et de soutien qui entoure Xteddy.
Aujourdâhui, bien que le site de lâauteur original ne soit plus accessible, lâhĂ©ritage de ce programme se perpĂ©tue grĂące aux nombreuses distributions

XSnow
La neige, avec son blanc immaculĂ© et sa douceur fragile, a inspirĂ© le poĂšte corĂ©en Kim Sowol dans son cĂ©lĂšbre poĂšme ë ì€ë ì ë (Snowy Evening). Comme lui, certains pensent Ă leur amour lointain en observant la neige tomber, tandis que dâautres nâont pas eu la chance de voir le PĂšre NoĂ«l. Cette neige qui sâĂ©parpille au vent mais ne fond quâau contact des flammes rappelle la fragilitĂ© et la profondeur du cĆur humain. Aujourdâhui, mĂȘme ceux qui nâont pas la chance de contempler la neige rĂ©elle peuvent retrouver cette magie grĂące Ă XSnow, un programme qui fait tomber la neige virtuelle sur le bureau, recrĂ©ant une mini ambiance hivernale dans le silence dâun monde immobile. Sous le ciel pĂąle, les pensĂ©es sâimmobilisent, lentes et blanches, tandis que la nuit Ă©coute le pas lĂ©ger de lâhiver, et que la neige continue de transformer le quotidien en souvenir poĂ©tique, et observer par intermittence le traineau du PĂšre NoĂ«l defiler sur son ecran. Un classique qui ajoute une touche de fraĂźcheur aux sessions de travail.

XPenguins : La Marche des RĂȘveurs Polaires
Dans le paysage immaculĂ© de votre Ă©cran, lĂ oĂč ne rĂšgnent que l'ordre et la logique, une troupe inattendue fait son apparition. XPenguins, Ćuvre de l'esprit crĂ©atif de Robin Hogan, est une douce folie, un souffle d'air vif des terres australes. InspirĂ©s des graphismes espiĂšgles du jeu Pingus, ces petits pingouins pixelisĂ©s arpentent l'impossible. Ils cheminent le long des prĂ©cipices de vos fenĂȘtres, se faufilent entre les barres de menus comme entre des sĂ©racs de glace, transformant votre bureau en un iceberg numĂ©rique oĂč rĂšgne une joyeuse absurditĂ©. Ils dĂ©filent, pattent, courts et dĂ©terminĂ©s, dans une marche tranquille et hypnotique, offrant un ballet burlesque contre la rigueur austĂšre de l'interface. Mais leur magie ne s'arrĂȘte pas aux confins de votre moniteur. Avec un clin dâĆil Ă XBill, il se poursuit dans le jeu Pingus.

Doggo
Doggo est une IA de chien, dĂ©veloppĂ©e en Python avec Pygame. Le chien se dĂ©place alĂ©atoirement sur lâĂ©cran, change de direction et dâĂ©tat, et sa couleur de pelage varie de maniĂšre alĂ©atoire. Les changements dâĂ©tat suivent une chaĂźne de Markov. Ce projet est nĂ© de lâenvie dâun collĂšgue de lâauteur, qui ne pouvait pas avoir de chien, de crĂ©er un compagnon virtuel tout en explorant les chaĂźnes de Markov.

Xroach
Xroach est un jeu classique qui consiste Ă afficher des cafards rĂ©pugnants sur votre fenĂȘtre principale. Ces petites crĂ©atures se dĂ©placent frĂ©nĂ©tiquement jusqu'Ă trouver une fenĂȘtre sous laquelle se cacher. Ă chaque fois que vous dĂ©placez ou rĂ©duisez une fenĂȘtre, les cafards se prĂ©cipitent Ă nouveau pour se mettre Ă l'abri.
Xfishtank
Un vieil étang (haïku)
Un vieil étang
Une grenouille saute
Des sons dâeau
Aussi bref que ce cĂ©lĂšbre haĂŻku de Matsuo BashĆ, et rapide quâun « plouf » dans lâĂ©tang, Xfishtank nous transporte directement devant un aquarium oĂč lâon peut contempler la diversitĂ© de la faune et de la flore marines, comme on contemple le poĂšme de BashĆ.

Les inutilitaires liĂ©s Ă lâactualitĂ© et Ă lâhistoire de lâinformatique
Est-ce que Windows est un virus ? XBill
Dans les annĂ©es 1990, le procĂšs USA Department of Justice (DOJ) vs Microsoft a largement dominĂ© les mĂ©dias, rĂ©vĂ©lant au grand public les pratiques monopolistiques jugĂ©es dĂ©loyales de diffusion du systĂšme dâexploitation de la firme de Redmond sur les marchĂ©s mondiaux. Lâaccord conclu entre Microsoft et le DOJ nâayant pas Ă©tĂ© respectĂ©, de nouvelles poursuites ont Ă©tĂ© engagĂ©es. Ces Ă©vĂ©nements ont nourri les rĂ©flexions des autoritĂ©s europĂ©ennes de la concurrence et prĂ©parĂ© le terrain pour le futur procĂšs contre Microsoft, qui interviendra plus tard, dans les annĂ©es 2000, au sein de lâUnion europĂ©enne.
Le mini-jeu XBill, créé dans ces annĂ©es 1990, illustre ces pratiques de diffusion de maniĂšre caricaturale et a suscitĂ© des rĂ©flexions humoristiques sur une question rĂ©currente : Microsoft Windows nâest-il pas un virus finalement ?
Ainsi, le livre PC GAGS, qui rĂ©unit les perles humoristiques de lâĂ©poque frappant les plateformes MS-DOS, Windows 3.1 et Windows 95, nous donne Ă voir cet Ă©tat dâesprit dĂ©calĂ©.
â Une rumeur persistante circule dans les milieux informatiques, selon laquelle Windows lui-mĂȘme ne serait rien dâautre qu'un virus plus ou moins bien camouflĂ© (leitmotiv : pour les uns, câest un systĂšme dâexploitation, pour les autres, câest le plus long virus du monde).
Quelques spĂ©cialistes dâInternet ont examinĂ© Ă la loupe cette thĂ©orie. Voici leurs conclusions :
1. Les virus se répandent rapidement. Okay, Windows en fait autant
2. Les virus consomment de prĂ©cieuses ressources du systĂšme et ralenÂtissent ainsi le travail de lâordinateur. Okay, Windows fait la mĂȘme chose.
3. Les virus anéantissent parfois le disque dur. Okay, Windows est également connu par certains utilisateurs comme se livrant à ce genre d'exaction.
4. Les virus sont souvent glissĂ©s dans un ensemble de programmes utiles sans que lâutilisateur le sache, ou bien sont transmis directement avec lâordinateur. Okay, Windows se propage Ă©galement de cette maniĂšre.
5. Les virus sont parfois responsables de ce que lâutilisateur trouve son systĂšme trop lent et sâen achĂšte un autre. Okay, cela arrive aussi avec Windows.
Jusquâici, il semble bien que Windows soit effectivement un virus !Mais il existe trois diffĂ©rences fondamentales :
1. Les virus fonctionnent sur presque tous les ordinateurs.
2. Leur programmation est efficace et leur taille petite.
3. Plus ils se développent, plus ils font des progrÚs.
Windows ne satisfaisant pas Ă ces conditions de base, il faut se rendre lâĂ©vidence : Windows nâest pas un virus ! â
Dans ce contexte, XBill sâinspire de cette critique pour caricaturer la propension de Bill Gates Ă installer Windows partout. Cette caricature interactive montre, dâune part, le CEO de Microsoft, qui installe Windows sur tous les ordinateurs quâil rencontre, et, dâautre part, Windows lui-mĂȘme se rĂ©pandre via les rĂ©seaux se multiplier Ă lâinstar dâun virus informatique, infectant les ordinateurs et supprimant les autres systĂšmes dâexploitation et en s y installant confortablement Ă leurs places.

XLennart
Une version dĂ©rivĂ©e de ce jeu, XLennart, reprend le concept pour caricaturer la controverse autour de Lennart et son init, en montrant son installation remplaçant tous les init des autres systĂšmes sur les machines Unix-like, poursuivant ainsi lâesprit satirique de XBill appliquĂ© Ă lâunivers des systĂšmes libres. (N.D.R. : pour Ă©viter de nourrir les trolls, on constate lâexistence de cet inutilitaire sans prendre position sur la question de fond.)
X026 : lâhĂ©ritage des cartes perforĂ©es Hollerith
Bien avant les claviers et les Ă©crans, lâinformatique reposait sur des cartes perforĂ©es Hollerith, inventĂ©es Ă la fin du XIXá” siĂšcle par Herman Hollerith. Dâabord utilisĂ©es pour accĂ©lĂ©rer le recensement amĂ©ricain de 1890, elles sont devenues pendant des dĂ©cennies le support central du stockage des donnĂ©es et des programmes. Dans les annĂ©es 1950 Ă 1970, des machines comme le poinçon IBM 026 permettaient de transformer texte et chiffres en trous soigneusement alignĂ©s sur des cartes de 80 colonnes. Chaque caractĂšre Ă©tait codĂ© en BCD-H, un systĂšme directement lisible par les ordinateurs de lâĂ©poque. Programmer en FORTRAN signifiait alors saisir chaque ligne sur une carte distincte : la moindre erreur impliquait de refaire la carte au format binaire BCD, ce qui imposait une grande rigueur. Le langage herita de ces syntaxes et exigeait ses rĂšgles strictes Ă cause du support physique : colonnes, indentation, numĂ©ros de lignes⊠bref, le code avait autant de contraintes que les joueurs de Tetris les plus acharnĂ©s !
LâĂ©mulateur X026 redonne vie Ă cette pratique. En simulant fidĂšlement lâIBM 026, il permet dâexpĂ©rimenter concrĂštement la lenteur, la prĂ©cision et la discipline quâexigeait la saisie des donnĂ©es Ă lâĂšre des cartes perforĂ©es. Plus quâun simple outil, X026 est une plongĂ©e dans lâhistoire de lâinformatique.

Xabacus
Xabacus est un Ă©mulateur de boulier qui illustre les origines du calcul manuel. Il complĂšte bien des inutilitaires comme X026 en experimentant avec ce qui existait avant mĂȘme lâĂšre des cartes perforĂ©es. Il reproduit le fonctionnement dâun boulier (souvent de type chinois suanpan çźç€ ou japonais soroban çźç€ïŒăăă°ăïŒ .

Assistant virtuel
Les assistants virtuels sont des personnages qui sont l'équivalent humain ou anthropomorphe des animaux virtuels et qui ont soit une fonction esthétique, soit parfois une fonction anecdotique.
Macopix
MaCoPiX (Mascot Constructive Pilot for X) est l'application de mascottes ultime pour les systĂšmes UNIX et X Window. Vous pouvez y crĂ©er des petites crĂ©atures qui se posent sur vos fenĂȘtres, des mascottes fixes qui s'installent confortablement sur votre bureau, et mĂȘme des mascottes horloges pour vous tenir compagnie tout en affichant l'heure. De quoi rendre votre bureau un peu plus vivant et amusant !

XClock Cat
Issu dâun imaginaire ancien du chat souriant, malicieux et lĂ©gĂšrement surrĂ©aliste, popularisĂ© dĂšs 1865 par Lewis Carroll avec le Chat du Cheshire dans Alice au pays des merveilles, puis codifiĂ© visuellement par lâanimation et le design amĂ©ricains des annĂ©es 1920â1930 (grands yeux expressifs, sourire exagĂ©rĂ©, animation souple de type rubber hose), cet archĂ©type trouve une incarnation emblĂ©matique avec le Kit-Cat Klock au dĂ©but des annĂ©es 1930, cĂ©lĂšbre horloge animĂ©e aux yeux roulants et Ă la queue oscillante, avant dâĂȘtre rĂ©interprĂ©tĂ© par Disney en 1951 dans Alice in Wonderland ; câest dans cette continuitĂ© culturelle et graphique que sâinscrit Xclock catclock, une variante Ă base de motifs (motif-based) du programme xclock du X Window System, dĂ©veloppĂ©e Ă la fin des annĂ©es 1980 par des ingĂ©nieurs issus du MIT, de DEC, de BBN et de lâuniversitĂ© de Berkeley, et remise en ligne sur GitHub Ă lâoccasion du 30á” anniversaire de X10 : cette version ajoute un mode animant yeux et queue Ă lâĂ©cran avec une option de suivi du tempo musical permettant de synchroniser les mouvements du chat avec la musique, Ce chat de Cheshire des temps moderne illustre la rencontre entre histoire de lâinformatique, culture visuelle du cartoon et design ludique rĂ©tro.

Viguor : le Clippy qui agace⊠encore plus que Clippy
Pour ceux qui ont connu la torture du traitement de texte Microsoft Word et de son assistant Clippy dans les annĂ©es 90, Viguor, sur le ton de lâhumour noir, permet de retrouver cette expĂ©rience frustrante⊠mais en pire. Cette caricature de lâassistant agaçant nâa quâun seul objectif : vous faire sourire⊠ou doucement sombrer dans le dĂ©sespoir numĂ©rique. Bien sĂ»r, il vous demandera ironiquement de signer un impossible EULA/CLUF avant dâinteragir avec lui.

KDE Amor
Amor est une interface permettant de gĂ©rer des animations virtuelles sous KDE. Cette application permet d'interagir avec diffĂ©rents personnages de bureau, ajoutant un peu de vie et dâinteractivitĂ© Ă lâenvironnement de travail. Le store KDE fournie de nouvelles versions en ligne

Les écrans de veille : XScreensaver
Dans les temps anciens, lorsque les Ă©crans affichaient une image fixe trop longtemps, ils pouvaient ĂȘtre endommagĂ©s par un phĂ©nomĂšne appelĂ© combustion interne du phosphore. Pour prĂ©venir ce problĂšme, des utilitaires appelĂ©s «âŻĂ©conomiseurs d'Ă©cranâŻÂ» ont Ă©tĂ© créés. Bien que cette fonction soit aujourd'hui obsolĂšte, les Ă©crans de veille sont devenus des artefacts artistiques en soi, souvent apprĂ©ciĂ©s pour leur cĂŽtĂ© crĂ©atif. Aujourd'hui, tous les bons environnements de bureau en proposent, tandis que les mauvais ont tendance Ă les retirer de leur offre.
Ainsi, malgrĂ© leur origine pratique, les Ă©conomiseurs dâĂ©cran ont Ă©voluĂ© et continuent dâoffrir une valeur ajoutĂ©e au-delĂ de leur utilitĂ© initiale. Câest prĂ©cisĂ©ment dans ce contexte que XScreenSaver s'inscrit comme un exemple parfait de rĂ©invention. En 2022, il a cĂ©lĂ©brĂ© son trentiĂšme anniversaire, prouvant qu'un bon logiciel peut traverser le temps et les gĂ©nĂ©rations. LancĂ© en 1992, il est rapidement devenu un incontournable pour les systĂšmes Linux et Unix utilisant le systĂšme de fenĂȘtres X11. En plus de proposer une vaste collection dâĂ©conomiseurs dâĂ©cran, XScreenSaver devient une sorte de musĂ©e de lâinformatique montrant les screensaver les plus vieux (comme la boule rouge et blanche dâAmiga) jusquâaux effets de demos rĂ©centes, offrant une rĂ©trospective de ce qui s'est fait aux diffĂ©rents Ăąges de lâinformatique. En somme, XScreenSaver est bien plus quâune simple collection dâĂ©crans de veille : câest une courte contemplation, rĂ©trospective esthĂ©tique de lâĂ©volution de lâinformatique comme peinture animĂ©e.


Les inutilitaires de « Passage »
Les inutilitaires suivants nous permettent de percevoir le passage, la spatialité et la transition entre les espaces et dimensions sous des angles multiples.
Passage du pixel art au jeu poétique
PoĂšte symboliste influencĂ© par Verlaine et Rimbaud, Antonio Machado privilĂ©gie la suggestion, le souffle du rythme et lâĂ©motion intĂ©rieure plutĂŽt que la description rĂ©aliste. Cette sensibilitĂ© se retrouve aussi dans Passage, qui nâest pas un simple jeu libre mais un jeu-art Ă forte dimension poĂ©tique. Comme dans la poĂ©sie symboliste, le sens nâest jamais donnĂ© explicitement : il se construit Ă travers des images simples, presque abstraites, et une atmosphĂšre mĂ©lancolique. Le pixel art, volontairement Ă©purĂ©, agit comme un symbole, Ă lâimage des paysages intĂ©rieurs de Machado, oĂč le temps, le souvenir et le chemin de la vie sont suggĂ©rĂ©s plus que racontĂ©s. Ă la maniĂšre dâAntonio Machado, qui cherchaient à « faire sentir » plutĂŽt quâĂ expliquer, Passage invite le joueur Ă une expĂ©rience sensorielle et mĂ©ditative, proche dâun poĂšme visuel en mouvement.
Divulgachage / Spoiler Alert / Des vidĂ©os de spoiler de Passage existent sur YouTube, mais nous ne vous dĂ©conseillons de les regarder avant dây jouer. Comme dans la poĂ©sie symboliste dâAntonio Machado, le sens de lâĆuvre naĂźt de lâexpĂ©rience personnelle et de la dĂ©couverte progressive. Regarder le jeu Ă lâavance enlĂšverait une grande partie de son impact Ă©motionnel, car Passage repose sur la surprise, le temps vĂ©cu et lâinterprĂ©tation intime. Ă lâimage dâun poĂšme que lâon doit lire et ressentir soi-mĂȘme, ce jeu-art ne se comprend pleinement quâen Ă©tant parcouru, pas observĂ© de lâextĂ©rieur

Du réalisme logiciel au réalisme magique⊠en labyrinthe
XEarth, XMountains et XWorld
Dans la citĂ©-monde numĂ©rique, XEarth, XMountains et XWorld, vĂ©ritables ancĂȘtres de Google Earth et OpenStreetMap, incarnent une approche rĂ©aliste de lâexploration. XEarth reproduit la topographie et les climats dâune planĂšte tangible, XMountains offre des chaĂźnes de reliefs et de vallĂ©es Ă arpenter, et XWorld articule ces espaces en un rĂ©seau interconnectĂ© reflĂ©tant un village global cohĂ©rent. Dans ces univers, la navigation est ordonnĂ©e et structurĂ©e : chaque Ă©lĂ©ment a sa place, chaque espace peut ĂȘtre cartographiĂ© et compris, malgrĂ© leur grandeur presque infinie, rappelant la logique combinatoire finie mais immense dĂ©crite dans la BibliothĂšque de Babel de Borges. Ces environnements offrent une immersion classique, vue extĂ©rieure, oĂč lâutilisateur agit comme un arpenteur rationnel dans un monde cartographiĂ© et cohĂ©rent.



FSV2 et GopherVR
Dans FSV2 et GopherVR, chaque dĂ©placement transforme lâespace en un labyrinthe vivant. En parcourant rĂ©pertoires et sites, lâutilisateur croise des chemins qui se multiplient, se bifurquent et se recroisent, rĂ©vĂ©lant des angles inattendus et des perspectives surprenantes Ă chaque pas. On ne se contente plus de «âŻvoirâŻÂ» : on ressent lâinfini et lâordre simultanĂ©ment, chaque choix de parcours offrant un condensĂ© dâinformations et de points de vue au-delĂ de la perception 2D habituelle. Explorer ses fichiers dans FSV2 devient un acte poĂ©tique et intellectuel, presque rituel. GopherVR, quant Ă lui, transforme lâaccĂšs Ă la base de donnĂ©es en une exploration tridimensionnelle digne du Gibson dans le film Hackers


Pour ceux qui souhaitent une simulation du voyage dans le Gibson, XScreenSaver, citĂ© prĂ©cĂ©demment, en offre cette expĂ©rience immersive. Comme dans La Demeure dâAstĂ©rion, chaque couloir, chaque recoin est Ă la fois familier et mystĂ©rieux, invitant lâutilisateur Ă se perdre pour mieux se retrouver, Ă savourer la surprise de chaque bifurcation et Ă redĂ©couvrir lâordinateur comme un espace Ă la fois tangible et imaginaire.


Le voyage de Neko et la retraite de Kodo
RĂ©flexion sur les inutilitaires en tant quâabandonwares libres et sur ceux sans Ă©quivalents libres
Dans notre exploration des inutilitaires graphiques libres, nous avons remarqué un contraste frappant entre deux situations. Cela nous a conduits à une réflexion sur le rapport entre abandonware et logiciel libre, que nous appellerons « le voyage de Neko et la retraite de Kodo », comme un conte philosophique oriental illustrant certains paradoxes numériques.
Le voyage de Neko
Il hante nos Ă©crans dâun pas de velours numĂ©rique, ce petit chat blanc Ă©chappĂ© des brumes des annĂ©es 80. Neko⊠Son nom, qui signifie simplement « chat » en japonais, est bien plus quâun mot : câest une prĂ©sence tranquille dans le paysage froid de la machine. Ce fĂ©lin graphique est nĂ© sur les NEC PC-9801 en 1988 par Naoshi Watanabe (è„ç°éš çŽ), un programme propriĂ©taire mais dotĂ© dâune grĂące qui franchirait les dĂ©cennies. Il a Ă©tĂ© le compagnon discret de nos rĂ©volutions numĂ©riques, suivant la danse des curseurs Ă travers les Ăąges du silicium. Son ballet est hypnotique : il poursuit le pointeur avec la grĂące dâun fĂ©lin mythique, sâarrĂȘte parfois pour une pause, sâenroule sur lui-mĂȘme, et succombe Ă un sommeil paisible, un sphinx pixelisĂ© attendant le prochain mouvement.
1989 : Sur Macintosh, Neko devient un accessoire de bureau signé Kenji Gotoh, toujours propriétaire mais distribué gratuitement, avec ses fameuses animations de sommeil.
Années 90 : Il parcourt Windows 3.x (WNEKO et Neko Runs Free), IBM OS/2 et NEXTSTEP, restant à chaque fois propriétaire et distribué, mais non modifiable.
1991 (System 7) : Sur Mac, la version System 7 permet de modifier le pointeur avec divers jouets pour chat, ajoutant un charme ludique aux interactions.
1991 (Xneko) : Masayuki Koba (ć€ć ŽæŁèĄ) réécrit Neko pour Unix/X11, lui donnant la libertĂ© du code. Il devient alors un logiciel libre, partageable et modifiable.
Toujours em 1991 : Oneko par Tatsuya Kato transpose Xneko sur Linux et BSD, introduisant dâautres animaux. Son esprit libre pĂ©nĂštre les jardins de GNU/Linux
1997 : Sur Amiga, Neko devient Ameko, adaptation freeware mais sans code source ouvert. Pas encore de port pour Aros. Fin des années 90, un port fermé existe pour BeOS (Replicat).
Des annĂ©es 2000 Ă aujourdâhui : Neko continue de danser sur nos Ă©crans, que ce soit dans Tux Paint. On le retrouve notamment avec Neko on Desktop (Mac, 2000), webneko en JavaScript (2004), Neko in Java (2010), une version tactile sur Arduino (2010), Neko x64 pour Windows (2010) et enfin sur Android via le repot libre F-Droid avec Aneko
Ainsi, le voyage de Neko sâĂ©crit des contrĂ©es privatives aux archipels du libre : un petit chat de pixels, doux fantĂŽme du passĂ©, qui rappelle que la magie rĂ©side parfois dans les choses les plus simples.
Cependant, ce voyage soulĂšve une question : combien dâautres fantĂŽmes numĂ©riques, dâinutilitaires propriĂ©taires, sont restĂ©s prisonniers de leurs Ă©poques et de systĂšmes fermĂ©s, incapables de franchir le miroirâŻ? De nombreux petits programmes sur Amiga, Atari ST,Amstrad CPC, OS/2, Acorn, Sinclair QL, Commodore 64, ZxSpectrum, MS-DOS, DR DOS Windows 3.1 Windows 95 et toutes les familles Unix proprietaires⊠ont disparu avec les systĂšmes dâexploitation qui les portaient, abandonnĂ©s Ă jamais.
La retraite de Kodo
En parallĂšle, on trouve Kodo ou Kodometer, nĂ© libre mais ayant connu un retrait de parcours.KodomĂštre Ă©tait une application KDE qui mesurait la distance parcourue par le curseur de la souris sur le bureau. Son interface imitait un compteur kilomĂ©trique et permettait de suivre la distance totale ainsi que des trajets prĂ©cis, en unitĂ©s mĂ©triques ou amĂ©ricaines.Ă lâorigine basĂ© sur le programme VMS/Motif Xodometer de Mark H. Granoff, il a Ă©tĂ© portĂ© vers KDE/C++ par Armen Nakashian, qui lâa dĂ©couvert sur le bureau dâun collĂšgue. Lâapplication restait surtout ludique, permettant dâobserver ses habitudes dâutilisation. Avec le temps, KodomĂštre a Ă©tĂ© abandonnĂ© : il ne figurait plus dans les paquets KDE.
Abandonware et logiciel libre : fragilité des inutilitaires
Ainsi, certains inutilitaires propriĂ©taires ont Ă©tĂ© dĂ©finitivement abandonnĂ©s, tandis que dâautres, semblent glisser progressivement vers ce statut. Dâautres encore nâont jamais franchi « lâautre cĂŽtĂ© du miroir », Ă lâimage du voyage de Neko, câest-Ă -dire le passage dâun modĂšle propriĂ©taire vers une version libre. Bien que cela nâaltĂšre pas leur valeur ludique, artistique ou philosophique, cela compromet leur avenir : privĂ©s de sources accessibles, ils perdent toute possibilitĂ© dâĂ©volution et de renouvellement. Pour ceux qui ne sont pas passĂ©s de lâautre cĂŽtĂ© du miroir, lâĂ©mulation ou la virtualisation restent souvent les seuls moyens de les prĂ©server de lâoubli. Toutefois, en tant quâinutilitaires peu connus, ils risquent de disparaĂźtre lentement de la mĂ©moire collective. Lâapproche prĂ©servation dâabandonware tente dâapporter une rĂ©ponse, mais elle demeure contraignante : rares sont ceux qui installeront un systĂšme complet, en dual-boot ou en machine virtuelle, au seul fin de retrouver la poĂ©sie singuliĂšre de ces inutilitaires obscures. Dans le cas de la mise en retrait de Kodo, ou de lâabandonware dans le logiciel libre, Eric S. Raymond rappelait un principe fondamental :
« When you lose interest in a program, your last duty to it is to hand it off to a competent successor. »
Comme il le souligne dans The Cathedral and the Bazaar, la vitalitĂ© dâun logiciel dĂ©pend non seulement de lâengagement de ses crĂ©ateurs initiaux, mais aussi de leur capacitĂ© Ă le transmettre Ă ceux qui sauront le faire vivre et Ă©voluer.
Cette dualitĂ© met en lumiĂšre la fragilitĂ© des « inutilitaires » numĂ©riques : les logiciels propriĂ©taires abandonnĂ©s demeurent prisonniers de leur Ă©poque, tandis que certains logiciels libres sombrent Ă©galement dans lâoubli faute de suivi ou de communautĂ© active.
Nous en arrivons dĂ©sormais Ă Gource, afin de percevoir ce que reprĂ©sente une communautĂ© vivante, participative et active : la face la plus connue du logiciel libre, celle que tous les community managers aspirent Ă montrer et que tous les participants souhaitent expĂ©rimenter, Ă lâinverse des logiciels abandonnĂ©s.
Gource en guise de conclusion pour 2025 et de Passage en 2026
Gource ou la danse du libre dans le village global contemporain
En passant Ă la nouvelle annĂ©e 2026, notre Ăšre actuelle de la participation collaborative, portĂ©e par les projets libres et open source, Gource dĂ©ploie lâhistoire dâun projet logiciel comme un poĂšme en mouvement : des points de lumiĂšre naissent, se rapprochent, se sĂ©parent, traçant dans lâobscuritĂ© la mĂ©moire vivante du code. Chaque commit devient une bifurcation du temps, et lâĂ©cran se fait constellation oĂč lâeffort collectif palpite. Ă la maniĂšre dâOctavio Paz, cette visualisation nâexplique pas : elle rĂ©vĂšle. Elle suspend le regard entre le flux et la forme, entre lâinstant et la durĂ©e, rappelant le mouvement circulaire de son texte Piedra de sol (1957), oĂč le temps nâavance pas en ligne droite mais revient, se replie et se rĂ©invente. De la mĂȘme façon, Gource ne raconte pas le dĂ©veloppement comme une simple succession de versions, mais comme un prĂ©sent perpĂ©tuel oĂč passĂ© et devenir coexistent Ă lâĂ©cran.
Chaque apparition de fichier ou de contributeur agit comme un « instant Ă©clair », oĂč le flux se condense et devient visible. La visualisation devient alors un espace de dialogue â entre individus, entre traces, entre silence et action â faisant Ă©cho Ă Blanco (1967), poĂšme de lâespace et de la relation, ouvert Ă des lectures multiples, sans centre unique. Comme chez Paz, le sens ne naĂźt pas de la juxtaposition de signes, mais de leur mise en relation.
Cette pluralitĂ© en mouvement rejoint la vision cosmopolite de Himno entre ruinas, oĂč les voix du monde se croisent sans se dissoudre. Gource matĂ©rialise cette dynamique en montrant le dĂ©veloppement comme une constellation dâacteurs dispersĂ©s sur la planĂšte, unis par un mĂȘme espace symbolique. Ici, lâinterconnexion nâest pas un simple outil technique : elle est la condition mĂȘme de lâexistence du projet. Câest en cela que Gource rejoint la pensĂ©e de Marshall McLuhan, pour qui le « village global » ne dĂ©signe pas une uniformisation du monde, mais une intensification des relations, oĂč chaque geste local rĂ©sonne immĂ©diatement Ă lâĂ©chelle planĂ©taire.
Enfin, Ă lâimage de Viento entero, oĂč le prĂ©sent se construit Ă partir de fragments hĂ©ritĂ©s et rĂ©assemblĂ©s, Gource fait Ă©merger une Ćuvre collective Ă partir de traces, de modifications successives, de strates de mĂ©moire. Dans cette citĂ©-monde interconnectĂ©e que McLuhan entrevoyait, la rĂ©flexion ne commence plus Ă partir dâun centre stable, mais du rĂ©seau lui-mĂȘme. Gource en offre une figuration sensible : un village global de code et de lumiĂšre, oĂč la crĂ©ation naĂźt du passage, de lâĂ©change et de la rencontre, et oĂč lâinterconnexion devient le point de dĂ©part de toute pensĂ©e commune.
Chaque contribution devient un souffle, chaque fichier une Ă©toile, et le code collectif se dĂ©ploie comme un poĂšme en mouvement, oĂč passĂ© et prĂ©sent, technique et humain, local et global sâentrelacent. Câest ainsi que nous sommes invitĂ©s Ă percevoir nos vies numĂ©riques au cĆur de nos interactions et de nos commits au sein de ce projet planĂ©taire.
Ainsi, Ă travers Gource, lâesthĂ©tique du processus de collaboration globale propre au logiciel libre apporte une rĂ©ponse concrĂšte au questionnement du philosophe Byung-Chul Han (PyĆng-châĆl Han íëłì ), qui dĂ©plorait la perte de profondeur au profit de surfaces lisses, brillantes et rĂ©flexives, mais fondamentalement creuses. Gource, par sa cartographie en constellations des processus collaboratifs du logiciel libre, dĂ©montre quâil est possible dâĂ©voluer au sein dâune constellation scintillante sans renoncer Ă la profondeur, celle-ci Ă©tant incarnĂ©e par le code source, lâhistorique des contributions et le processus open source dâĂ©laboration collective du logiciel libre.
Contrairement aux Ćuvres de Jeff Koons, dont la brillance tend Ă masquer le vide, la visualisation proposĂ©e par Gource repose sur un socle profond, multiple et participatif. La surface lumineuse nây est jamais autonome : elle renvoie toujours Ă une rĂ©alitĂ© sous-jacente faite de travail, de temporalitĂ©, de nĂ©gociations, et de coopĂ©rations. En ce sens, Gource peut ĂȘtre considĂ©rĂ© comme un exemple paradigmatique dâun reflet brillant issu dâun modĂšle profondĂ©ment structurĂ©, Ă lâexact opposĂ© de lâesthĂ©tique lisse et creuse dĂ©noncĂ©e par Han.
Par ailleurs, Gource incarne de maniĂšre exemplaire un espace de lâaltĂ©ritĂ©, rendu visible par la contribution de chacun. Chaque contributeur y apporte sa perspective singuliĂšre, sa sensibilitĂ© propre et sa touche personnelle, participant ainsi Ă une Ćuvre collective en perpĂ©tuel devenir. Cette dynamique rejoint lâanalyse dâEric S. Raymond dans The Cathedral and the Bazaar, lorsquâil souligne que « The next best thing to having good ideas is recognizing good ideas from your users », rappelant que la richesse du logiciel libre rĂ©side prĂ©cisĂ©ment dans la reconnaissance et lâintĂ©gration des apports de lâautre.
Enfin, Ă lâinstar des poĂšmes de Han Shan surgissant sur les rochers ou les murs, Gource fait apparaĂźtre un ciel constellĂ©, oĂč chaque contribution Ă©claire fugitivement la galaxie vivante du projet, rĂ©vĂ©lant la fluiditĂ© dâun processus crĂ©atif libre et en mouvement.
Conclusion
Lâhistoire des inutilitaires se dĂ©ploie comme une poĂ©sie vivante, du calcul solitaire Ă lâintelligence collective. Sur son chemin, des instants inattendus surgissent : Xteddy, simple peluche virtuelle, montre que lâinutile peut Ă©tonner, Ă©merveiller et tisser des liens, Ă©veillant rĂ©flexion et imagination.
Les communautĂ©s libres insufflent vie Ă ces crĂ©ations, leur offrant la force de survivre, dâĂ©voluer et de voyager librement de plateforme en plateforme, Ă lâinstar de Neko.
Dans un monde de codes et de rĂ©seaux, chaque contribution devient une Ă©toile dans le «âŻvillage globalâŻÂ» de McLuhan, oĂč frontiĂšres et distances sâeffacent. Gource, FSV2 et GopherVR transforment lâexploration numĂ©rique en chorĂ©graphie de lumiĂšre et de mĂ©moire, rĂ©vĂ©lant lâĂ©lan vivant et crĂ©atif des communautĂ©s du logiciel libre. Lâinformatique cesse alors dâĂȘtre purement utilitaire : elle devient poĂ©sie, labyrinthe et voyage.
Mais la survie dâun logiciel ne repose pas seulement sur lâouverture de son code : elle exige transmission, engagement communautaire et capacitĂ© Ă Ă©voluer. Nous espĂ©rons que de plus en plus dâabandonwares et dâinutilitaires suivront le voyage de Neko, passant de lâombre Ă la lumiĂšre du libre, enrichissant sans cesse lâespace vivant du logiciel. Il est tout aussi crucial que les logiciels dĂ©jĂ libres ne soient pas abandonnĂ©s, afin que lâhistoire de lâinformatique continue de sâĂ©crire dans une dynamique collective et crĂ©ative, oĂč chacun reste acteur de son informatique, Ă lâinverse des monopoles Ă©voquĂ©s dans XBill.
Et quâun jour, nous puissions nous voir dans une de ces constellations cartographiques telle que Gource nous le montre, pour contempler, Ă©merveillĂ©s, que dans cette poĂ©sie numĂ©rique, nous y avons tous participĂ©.
Bonne année 2026 !
Pour aller plus loin ensemble en traineau
Il existe peu de livres consacrĂ©s aux inutilitaires, car, comme le pensait IBM (Ă lâinverse, par exemple, de lâAmiga) et sous son influence sur le domaine, lâinformatique Ă©tait considĂ©rĂ©e comme une affaire sĂ©rieuse. Pourtant, certains ouvrages ont documentĂ© et inspirĂ© ces crĂ©ations dĂ©calĂ©es et humoristiques, notamment :
- PC Gags, Paperback, 27 août 1997, Mark Torben Rudolph
- The Best of Verity Stob: Highlights of Verity Stob's Famous Columns from .EXE, Dr. Dobb's Journal, and The Register,
- UNIXÂźâHaters Handbook, Garfinkel, Paperback, 1 juin 1994 (English edition)
- La Philosophie des SystĂšmes dâExploitation (Linux and the Unix Philosophy, 2á” Ă©dition)
- et les anciens magazines dâinformatique comme outil de prĂ©servation de lâabandonware ludique.
Aller plus loin
- Episode 000 (41 clics)
- Journal Ă lâorigine de la dĂ©pĂȘche (30 clics)



# WaylandâŠ
Posté par đČ Tanguy Ortolo (site web personnel) . Ăvalué à  5 (+2/-0).
Les petits inutilitaires Ă la Xsnow, Xpenguins, Neko et compagnie font partie des choses que je regrette d'X11, maintenant que je suis sous Wayland. Et XScreensaver aussi d'ailleurs.
Ceci Ă©tant, mĂȘme si j'adorais le concept de bidules qui courent sur les parties inutilisĂ©es de l'Ă©cran, en pratique, des partie inutilisĂ©es de l'Ă©cran, eh bien on en a rarement en fait. Travailler avec des fenĂȘtres non maximisĂ©es, partiellement superposĂ©es, avec des interstices, je ne sais pas qui fait ça en vrai, mais pas moi. MĂȘme avant d'utiliser un gestionnaire de fenĂȘtre pavant, je n'avais en fait jamais la moindre place pour ces bidules.
[^] # Re: WaylandâŠ
Posté par ÇpÉŚÆuâ nÇıɄÊÊÉW-ÇÉčÉčÇÄ±Ô (site web personnel) . Ăvalué à  4 (+2/-0).
Quelle description prĂ©cise de chacun des 20 bureaux virtuels que j'ai devant moi. Malheureusement peu de gens l'emploi, et les programmes sont de plus en plus pensĂ©s pour occuper tout en mode mono-fenĂȘtre / mono-instance. Par exemple Gimp qui n'a plus toutes ces belles fenĂȘtres d'outils mobiles. Ou Inkscape et Libreoffice pour qui le concept de rĂ©pertoire de travail n'est mĂȘme plus un lointain souvenir. C'est du totalitarisme en mode Gui :-). Heureusement que les shells, vim et emacs restent fidĂšles Ă eux-mĂȘmes.
« IRAFURORBREVISESTANIMUMREGEQUINISIPARETIMPERAT » â Odes â Horace
[^] # Re: WaylandâŠ
Posté par StĂ©phane AscoĂ«t (site web personnel) . Ăvalué à  3 (+2/-0).
Qu'est-ce que c'est? Pour moi c'est le répertoire par défaut dans lequel les documents sont enregistrés, mais vu le contexte, je ne pense pas que ce soit ça ici.
Je rencontre des gens qui ne savent pas/ne pensent pas Ă maximiser les fenĂȘtres.
J'ai survolĂ© l'article, ça fait Ă©videmment remonter des souvenirs :'-) Certains des exemples citĂ©s apparaissent dans des vidĂ©os d'OsFirstTimer, Ă visualiser en forçant le maintien de l'Anglais impĂ©rativement ! Je suis content que DevNewton ait pensĂ© Ă Ă©voquer xBill, je me demandais pourquoi il parlerait de celui-lĂ et de pas tous les jeux aprĂšs tout ;-) J'ai dĂ©couvert rĂ©cemment qu'il semblait ĂȘtre inspirĂ© de "Mac Bugs". On y jouait entre camarades de STS sur les premiers Linux qu'on avait installĂ©, et on essayait de reconnaĂźtre les diffĂ©rents OS reprĂ©sentes (certains, je ne les apercevrai en vrai qu'Ă l'ENSTB ou le campus Saint-Martin de Pontoise); Je ne connaissais pas XLenart, excellent ! tout comme les alternatives Ă Clippy, que j'aurais pu proposer aux secrĂ©taires qui Ă©taient fan de lui et ses dĂ©clinaisons ! j'ai parfois des idĂ©es aussi de trucs caustiques comme tout ça; Lorsque mon amie intime travaillait chez Bapav, il y avait un poisson dans la barre de tĂąches de Mint, on aurait voulu le remplacer par un vĂ©lo; le paragraphe sur "window$ est un virus" va faire hurler pasbill :-) A propos de FSV2, il y a aussi celui utilisĂ© dans Jurassic Park, je ne sais pas s'il fut portĂ© sous GNU ; J'avais des compteurs de frappe clavier et de distance parcourue avec la souris sous window$ 3.1 ;-)
[^] # Re: WaylandâŠ
Posté par đČ Tanguy Ortolo (site web personnel) . Ăvalué à  5 (+2/-0).
D'aprÚs la description de XBill, il ne s'agit pas de Windows, mais d'un virus nommé Wingdows, conçu pour ressembler à un systÚme d'exploitation populaire. ;-)
[^] # Re: WaylandâŠ
Posté par StĂ©phane AscoĂ«t (site web personnel) . Ăvalué à  2 (+1/-0).
Le paragraphe dont je parle est écrit par DevNewton, en marge de xbill
[^] # Re: WaylandâŠ
Posté par devnewton đș (site web personnel) . Ăvalué à  5 (+2/-0).
Je me suis vu attribuer la dĂ©pĂȘche, mais cette inutile initiative est de Chilin !
Le post ci-dessus est une grosse connerie, ne le lisez pas sérieusement.
[^] # Re: WaylandâŠ
Posté par ÇpÉŚÆuâ nÇıɄÊÊÉW-ÇÉčÉčÇÄ±Ô (site web personnel) . Ăvalué à  5 (+3/-0). DerniĂšre modification le 09 janvier 2026 Ă 13:17.
Jadis, quand un logiciel était lancé depuis un répertoire (via un shell), il paraissait de bon aloi de considérer que l'utilisateur souhaitait travailler depuis ce répertoire ci ; l'autrefois fameux (ou pas) current working directory. La modernité semblerait les assujettir à ne plus tenir compte des volontés implicites des utilisateurs, et à imposer un répertoire de travail par défaut. Chose trÚs pratique pour certains ; j'imagine bien que les gens qui n'ont qu'une unique tùche, apprécient ce classement. Pour d'autres, c'est souvent importun et parfois piégeur.
« IRAFURORBREVISESTANIMUMREGEQUINISIPARETIMPERAT » â Odes â Horace
[^] # Re: WaylandâŠ
Posté par StĂ©phane AscoĂ«t (site web personnel) . Ăvalué à  2 (+1/-0).
J'avais donc compris, mais on a la dĂ©finition inverse. Personnellement je prĂ©fĂšre la mienne: que l'application enregistre par dĂ©faut dans un dossier prĂ©dĂ©fini. Le problĂšme Ă©tant de savoir oĂč ce rĂ©glage se faitâŠ
[^] # Re: WaylandâŠ
Posté par ÇpÉŚÆuâ nÇıɄÊÊÉW-ÇÉčÉčÇÄ±Ô (site web personnel) . Ăvalué à  5 (+3/-0).
Bienheureux. C'est tout mon problĂšme (ou la chance que vous avez) pouvoir utiliser UN unique dossier prĂ©dĂ©fini par type de document. Si je travail sur 4 programmes diffĂ©rents, je suis heureux qu'emacs ne cherche pas Ă enregistrer tous mes fichiers de code dans le mĂȘme dossier. Si j'Ă©dite 36 documents LaTex simultanĂ©ment, heureusement que vim ne prĂ©tend pas les colloquer. D'autres logiciels sont moins complaisants.
« IRAFURORBREVISESTANIMUMREGEQUINISIPARETIMPERAT » â Odes â Horace
[^] # Re: WaylandâŠ
Posté par Tonton Th (site web personnel, Mastodon) . Ăvalué à  3 (+1/-0).
L'option pour dĂ©tacher les fenĂȘtres est planquĂ©e dans je ne sais plus quel menu des paramĂštres.
[^] # Re: WaylandâŠ
Posté par đČ Tanguy Ortolo (site web personnel) . Ăvalué à  10 (+7/-0).
FenĂȘtres â Mode fenĂȘtre unique
Ce n'est pas ce que j'appelle planqué !
# Août 2004...
Posté par SĂ©bastien Rohaut (site web personnel) . Ăvalué à  3 (+2/-1).
Août 2004, j'écris un article sur PlanÚte Linux, sur les inutilitaires ! Je les retrouve ici et certains n'ont pas du tout changé ! Spice di voleur !
# En technologie plus récente
Posté par dovik (site web personnel) . Ăvalué à  10 (+8/-0).
Cette dĂ©pĂȘche est une bonne occasion de parler du fleuron de la technologie française : ChienGPT. De rien.
[^] # Re: En technologie plus récente
Posté par sebas . Ăvalué à  4 (+2/-0).
On pourrait d'ailleurs se baser sur ce moteur d'inintelligence artificielle pour faire dogL, qui traduirait les aboiements en miaulements ou beuglements etc., et réciproquement évidemment.
Des perspectives hallucinantes, par exemple l'optimisation du travail des chiens de bergers parlant directement aux moutons, la fin de l'antĂ©diluvienne guerre chiens-chats, le mystĂšre du chant du coucou enfin Ă©lucidĂ©, la marmotte ayant la satisfaction de savoir que ses copieuses (et sifflantes) insultes envers l'aigle sont enfin comprises, âŠ
# Au risque de me répéter...
Posté par Tonton Th (site web personnel, Mastodon) . Ăvalué à  1 (+0/-1).
Mais c'est l'oubli qui se rĂ©pĂšteâŠ
https://linuxfr.org/users/chilinhualong/journaux/aux-sources-du-fun-n-1-retrouver-le-fun-dans-les-inutilitaires-graphiques#comment-2009654
[^] # Re: Au risque de me répéter...
Posté par BAud (site web personnel) . Ăvalué à  5 (+3/-0). DerniĂšre modification le 11 janvier 2026 Ă 14:19.
c'est la prétérition qui permet de rappeler que tu aurais voulu voir apparaßtre XDaliClock qui est aussi une création de Jamie Zawinski comme XScreenSaver
# Moniteur cpu avec Bellaminette
Posté par ashram4 . Ăvalué à  5 (+4/-0). DerniĂšre modification le 14 janvier 2026 Ă 15:04.
J'ai utilisĂ© certain des logiciels prĂ©sentĂ©s (XSnow, Xfishtank, XBill, XEarthâŠ). Ce n'est peut ĂȘtre plus dans l'air du temps de mettre des jeunes femmes habillĂ©es lĂ©gĂšrement mais il existait aussi un moniteur de charge CPU avec une Bellaminette. Il reste mĂȘme une news de hotbabe sur LinuxFr:
https://linuxfr.org/news/moniteur-cpu
Il n'y a pas de capture d'écran. Le principe est simple, plus la charge CPU est importante, moins la fille est habillée. Les illustrations visibles sur le site du dessinateur Bellamy donnent une bonne idée de ce qu'on pouvait voir:
https://bellaminettes.com/blog/
[^] # Re: Moniteur cpu avec Bellaminette
Posté par Luc-Skywalker . Ăvalué à  3 (+1/-0).
Oh, un vrai blog à l'ancienne !
MĂȘme si je ne suis pas ultra fan des dessins, ça me plait beaucoup. Par exemple, ce qu'en pensent les filles.
"Si tous les cons volaient, il ferait nuit" F. Dard
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