Je suis agriculteur en Creuse et je code sur mon temps libre. J'ai commencé à m'intéresser à la question de la récupération de compte en développant ARC PVE Hub, un site destiné à fédérer une communauté de joueurs. Je n'ai jamais compris pourquoi il fallait transmettre son email pour régénérer un mot de passe — ça déplace la sécurité du compte vers un fournisseur SMTP tiers, qui n'est pas contrôlé par l'utilisateur.
J'ai donc imaginé un protocole de récupération sans email, sans SMS et sans tiers. Le travail s'est étoffé en partenariat avec un assistant IA (Claude), comme outil de réflexion et de mise en forme — j'y reviens en fin de dépêche dans une note de transparence.
L'incident de sécurité ANTS du 15 avril 2026 a publiquement illustré le problème. J'en ai eu connaissance après avoir développé SelfRecover, ce qui m'a confirmé la pertinence d'un protocole sans dépendance à l'email. SelfRecover est publié sous AGPL-3.0-or-later sur GitHub.
Cette dépêche présente le protocole, ses choix de conception, ses limites assumées, et la comparaison avec les approches existantes (Keycloak Recovery Codes en particulier, qui m'a été suggéré en relecture). Audit communautaire bienvenu.
Sommaire
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- Le contexte
- Le protocole en deux phrases
- Deux modes d'adoption
- SelfRecover vs Keycloak Recovery Codes
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Que se passe-t-il si l'utilisateur perd son secret ?
- Niveau 1 — Passphrase oubliée
- Niveau 2 — Passphrase perdue, mais identifiant + mot de récupération retenus
- Niveau 3 — Accès complètement perdu
- Chat administrateur humain en mode restreint — état actuel
- Évolution prévue (en réflexion) : pré-traitement optionnel par chatbot LLM local
- Démo standalone vs implémentation de référence
- Pourquoi assumer cette friction
- Pour quel public
- Modèle de menace assumé
- Démos en ligne
- Code et image Docker
- Licence et philosophie
- Note de transparence
- Pour aller plus loin
Le contexte
Depuis l'essor du web, la réponse standard à « l'utilisateur a oublié son mot de passe » est « on lui envoie un lien de réinitialisation par email ». C'est devenu si universel qu'on oublie ce que ça implique :
- La sécurité du compte est déléguée au fournisseur de la boîte mail (Gmail, Outlook, ProtonMail). Si la boîte mail tombe, le compte aussi.
- Le canal email est régulièrement exploité par phishing : campagnes imitant des mails de réinitialisation légitimes pour capturer les mots de passe.
- Les bases de données qui stockent les emails des utilisateurs deviennent une cible massive : leur fuite expose à la fois l'identité et les vecteurs de récupération.
L'incident de sécurité ANTS illustre une autre facette du problème de gestion des données d'authentification dans les services en ligne. Détecté le 15 avril 2026 et rendu public le 20 avril, il a touché 11,7 millions de comptes selon les communiqués officiels. La cause technique identifiée est une faille d'énumération de type IDOR (Insecure Direct Object Reference) : il était possible d'accéder aux données d'un autre compte en modifiant un identifiant dans une URL. La fuite ne concerne ni les mots de passe, ni les pièces justificatives, mais les données personnelles associées aux demandes de titres.
Devant ces limites structurelles autour de l'authentification web, SelfRecover propose une inversion : conserver le secret de récupération chez l'utilisateur, et utiliser le navigateur pour faire les calculs cryptographiques nécessaires à la vérification. Le serveur ne détient plus que des dérivés, jamais les secrets bruts.
Le protocole en deux phrases
Côté navigateur, on calcule HMAC-SHA256(secret, domaine) : une fonction cryptographique standard qui combine le secret de l'utilisateur avec le nom de domaine du site, et produit une empreinte impossible à inverser. Côté serveur, on ne stocke que cette empreinte, en plus protégée par un hash adaptatif et memory-hard : Argon2id, qui est le standard moderne recommandé contre les attaques par brute force.
Deux propriétés découlent de cette construction :
- Le secret brut ne quitte jamais le poste de l'utilisateur.
- Un secret capturé sur un site A (par exemple via phishing) est mathématiquement inutilisable sur un site B : la dérivation HMAC produit des empreintes différentes pour des domaines différents. C'est de l'anti-phishing par construction, pas par convention.
Note conceptuelle : l'inspiration vient des machines à rotors historiques type Enigma. Le principe partagé est qu'une même configuration secrète, présente des deux côtés (émetteur et récepteur), permet de produire et vérifier un message dérivé. La cryptographie moderne (HMAC-SHA256 ici) repose sur des fondations mathématiques différentes, mais ce principe de dérivation contrôlée par un secret commun est resté.
Deux modes d'adoption
SelfRecover propose deux modes selon le contexte de déploiement.
Mode Full — Sans email
L'application abandonne entièrement le flow de réinitialisation par email. L'utilisateur génère une passphrase diceware à l'inscription (liste EFF de 7 776 mots, 4 à 7 mots par défaut), qu'il mémorise ou stocke dans son gestionnaire de mots de passe. Cette passphrase, combinée au nom de domaine du site via HMAC-SHA256, permet de réinitialiser le mot de passe sans aucune dépendance externe.
Pour qui : nouveaux projets qui veulent s'affranchir de SMTP dès la conception, ou services qui adoptent un modèle de menace post-fuite (l'email n'est plus considéré comme un canal de confiance).
Mode Lite — Avec email + mot mémorisé
L'application conserve le flow de réinitialisation par email habituel, mais y ajoute une étape supplémentaire : l'utilisateur saisit un mot mémorisé (choisi à l'inscription) qui est dérivé HMAC-SHA256 côté navigateur. Le mot brut n'est jamais transmis au serveur. La validation combine donc deux facteurs :
- La possession de la boîte mail (lien reset reçu)
- La connaissance du mot mémorisé (dérivé HMAC côté client)
Pour qui : applications existantes qui ne peuvent abandonner SMTP du jour au lendemain, mais veulent durcir progressivement leur flow de récupération. Conséquence : un email intercepté seul ne suffit plus à compromettre un compte — il faut aussi connaître le mot mémorisé.
Synthèse
| Mode | Canal email | Crypto utilisateur | Cible |
|---|---|---|---|
| Full | Aucun | Passphrase diceware EFF + HMAC | Nouveaux projets |
| Lite | Conservé | Mot mémorisé + HMAC | Applications existantes |
SelfRecover vs Keycloak Recovery Codes
Lors de la relecture de cette dépêche, devnewton a soulevé une question importante : quelle est la différence avec les Recovery Codes de Keycloak ?
Keycloak est l'IAM (Identity and Access Management) open-source de référence, maintenu par Red Hat sous licence Apache 2.0, déployé dans de nombreuses organisations depuis plus d'une décennie. Son mécanisme de Recovery Codes est un fallback d'authentification à deux facteurs : si l'utilisateur perd son téléphone TOTP, il peut saisir un code de secours préalablement généré côté serveur.
Note importante de positionnement : les Recovery Codes Keycloak adressent le cas « j'ai perdu mon 2FA mais je connais toujours mon mot de passe principal ». Le password reset principal de Keycloak utilise, lui, le canal email standard (configuration SMTP dans l'onglet Email de l'admin console).
SelfRecover s'attaque à un cas différent : « j'ai oublié mon mot de passe principal et je ne veux pas dépendre de l'email pour le récupérer ». Concrètement :
| Aspect | Keycloak Recovery Codes | SelfRecover |
|---|---|---|
| Cible | Fallback 2FA | Password recovery sans email |
| Architecture | Serveur IAM standalone (Java + BDD + admin) | Bibliothèque à intégrer dans le code de l'application |
| Source du secret | Serveur génère, utilisateur sauvegarde | Utilisateur génère/mémorise (diceware ou mot mémorisé) |
| Stockage utilisateur | Codes à sauvegarder physiquement | Passphrase mémorisable (mode Full) ou mot mémorisé (mode Lite) |
| Email reset principal | Reste nécessaire (SMTP configuré dans l'admin) | Aucun (mode Full) ou en complément (mode Lite) |
| Anti-phishing crypto | Pas spécifique au mécanisme | Dérivation HMAC par domaine : un secret capturé sur un site est mathématiquement inutilisable ailleurs |
| Licence | Apache 2.0 | AGPL-3.0-or-later |
| Maturité | 10+ ans, audité, déployé largement | Récent, audit communautaire bienvenu |
Pour la majorité des projets qui acceptent l'email comme canal de récupération, Keycloak (et son écosystème) reste le bon choix. SelfRecover s'adresse aux applications qui veulent réduire ou supprimer leur dépendance à SMTP, et qui n'ont pas besoin de la richesse d'un IAM complet (multi-realm, OIDC/SAML, fédération d'identité, etc.).
Que se passe-t-il si l'utilisateur perd son secret ?
C'est la question critique d'un protocole de récupération. SelfRecover y répond par escalade progressive sur trois niveaux, complétée par un système de litiges et un chat administrateur pour les cas extrêmes.
Niveau 1 — Passphrase oubliée
L'utilisateur saisit son username + sa passphrase diceware (match exact). Sur succès, un nouveau mot de passe est généré et affiché une seule fois. Anti-brute force : 3 tentatives par 15 minutes, 3 blocages successifs → éjection vers L2.
Niveau 2 — Passphrase perdue, mais identifiant + mot de récupération retenus
L'utilisateur saisit son identifiant public (numéro client, identifiant métier — fourni par le site) et son mot de récupération dérivé HMAC-SHA256 côté navigateur. 3 tentatives maximum avec compteur visible. Sur 3 échecs → redirection vers L3. Un litige est automatiquement créé (LIT-XXXX), tracé en base, admin notifié. Les litiges auto-résolus sont purgés après 24 heures.
Niveau 3 — Accès complètement perdu
Entrée par un lien discret « accès perdu » sur la page de connexion. L'utilisateur saisit son identifiant public en premier (anti-timing : délai forcé de 2 à 3 secondes), puis remplit un formulaire de scoring multi-facteur :
| Catégorie | Champs | Points |
|---|---|---|
| Identifiant public | 4 | 20 |
| Mot de récupération (dérivé HMAC) | 5 | 25 |
| Username | 3 | 30 |
| Passphrase (fragments) | 3 | 25 |
Bonus passifs : IP connue (+5), fingerprint connu (+5).
- Score ≥ 60/100 → compte récupéré, nouveau mot de passe généré
- Score < 60/100 après 3 tentatives → le compte passe en mode restreint : l'utilisateur n'a plus accès qu'au chat administrateur, le compte n'est ni utilisable ni écrasable tant que l'admin n'a pas validé
- Cooldown : 1 heure entre tentatives
Chat administrateur humain en mode restreint — état actuel
Dans l'implémentation actuelle (déployée en production sur ARC PVE Hub), le chat L3 est un canal direct entre l'utilisateur en mode restreint et un administrateur humain du site. Pas d'intermédiaire automatisé, pas de bot.
Le canal de chat est bidirectionnel et fonctionne en polling (pas WebSocket temps réel, pour rester simple). L'admin vérifie l'identité par l'échange et décide manuellement :
Accorder la récupération : mot de passe régénéré, compteurs réinitialisés, litige clôturé, mode restreint levé.
Refuser la récupération : ban temporaire de 24 heures, pas de nouveau litige possible pendant cette fenêtre, compteur de refus incrémenté (1/3, 2/3, 3/3). À chaque clic, l'interface admin rappelle explicitement les conséquences via une modale de confirmation (ban 24h aux refus 1 et 2, suppression définitive au 3e refus).
Au 3e refus, le compte est définitivement supprimé : décision exclusivement humaine, prise en pleine connaissance de cause par l'admin via la modale d'avertissement explicite. La suppression libère l'identifiant public pour une nouvelle inscription.
Principe de design MySelf : aucune destruction de données utilisateur n'est déclenchée sans validation humaine consciente. L'interface admin explicite systématiquement les conséquences avant chaque action irréversible. Une IA peut se tromper ou être manipulée ; lui déléguer la décision de supprimer un compte créerait une surface d'attaque.
Ce mécanisme empêche un attaquant de spammer les litiges indéfiniment : chaque refus lui coûte 24 h, et trois échecs effacent toute trace. Un propriétaire légitime bloqué par erreur peut retenter après chaque fenêtre de ban, ou se réinscrire depuis zéro si totalement verrouillé.
Évolution prévue (en réflexion) : pré-traitement optionnel par chatbot LLM local
En complément du chat admin humain (qui resterait toujours disponible), une couche de pré-traitement par un agent conversationnel local (Ollama auto-hébergé) est en cours de design. Le chatbot poserait les questions initiales de vérification d'identité et estimerait si la demande est légitime. Sur estimation positive, le mot de passe serait régénéré directement ; sur doute, l'admin humain reprendrait la main.
Cette option serait configurable par site qui déploie (activable ou non), et le chatbot ne se substituerait jamais à l'admin pour les décisions destructives (suppression de compte) — ces décisions resteraient exclusivement humaines, conformément au principe MySelf énoncé plus haut.
L'enjeu principal en cours de réflexion : calibrer le seuil de confiance du chatbot pour ne pas créer un nouveau vecteur d'attaque par social engineering (un attaquant pourrait essayer de manipuler le LLM par prompts).
Démo standalone vs implémentation de référence
La démo publique (bi-self.my-self.fr/selfrecover/) ne couvre que les niveaux L1 et L2, car L3 nécessite une interface admin, un système de disputes et un dashboard — trop pour une démo à page unique.
L'implémentation de référence en production se trouve sur ARC PVE Hub, un site communautaire de joueurs ARC RAIDERS qui sert de terrain de test à l'écosystème MySelf. L1 + L2 + L3 + mode restreint + chat admin + dispute system y sont fonctionnels.
Pourquoi assumer cette friction
Dans la vie réelle, si l'on perd sa carte bancaire, son code, sa pièce d'identité, son adresse et sa date de naissance, on ne récupère pas son compte bancaire par email. On passe en agence avec preuve d'identité.
SelfRecover applique la même logique en ligne : la sécurité réelle nécessite parfois un passage par l'humain ou un processus d'identification rigoureux. Cette friction est assumée comme un trade-off conscient, pas comme une limitation à compenser.
Pour quel public
Adapté :
- Applications avec un administrateur actif et disponible pour traiter les litiges (forum communautaire, association, e-commerce indépendant, boutique en ligne militante)
- Sites où la sécurité prime sur la fluidité de récupération (services manipulant des données sensibles)
- Communautés à taille humaine (du forum de 50 membres au service de quelques milliers d'utilisateurs)
Non adapté :
- Plateformes à très grande échelle sans admin individuel (réseaux sociaux massifs, services publics avec millions d'utilisateurs) — le volume de litiges dépasse les capacités d'un humain réactif
- Services où une friction de récupération est inacceptable (gaming compétitif, services temps-réel)
- Projets sans maintenance active (l'admin doit pouvoir répondre aux litiges dans des délais raisonnables)
Pour ces cas, un IAM mature comme Keycloak avec ses mécanismes éprouvés reste plus adapté.
Modèle de menace assumé
Pour la transparence, voici les classes d'adversaires explicitement hors périmètre du protocole :
- Compromission du poste utilisateur (logiciels malveillants, RAT, keyloggers) — un attaquant qui contrôle le poste peut capturer la passphrase à la saisie, indépendamment du protocole.
- Compromission du navigateur (extensions malveillantes, exploits 0-day) — même cause, même effet : si le moteur JS qui calcule HMAC est compromis, la sortie l'est aussi.
- Coercition physique — SelfRecover n'offre pas de plausible deniability (pas de second compte caché ou décoy).
- Cryptanalyse théorique de SHA-256 / HMAC / Argon2id — un cassage mathématique de ces primitives mettrait à mal la quasi-totalité des systèmes cryptographiques modernes, pas seulement SelfRecover.
Ces limitations sont le périmètre normal d'un protocole côté navigateur. Pour les usages à plus haute exigence (cérémonies cryptographiques sensibles, génération initiale de clé maître), MySelf-Live est annoncé dans la roadmap V0.2 : une distribution Linux Live USB minimale, RAM-only, signée GPG, qui isolerait les opérations sensibles du système hôte. Pour les usages courants à fort enjeu, Tails ou Qubes OS offrent déjà ce niveau d'isolation et sont recommandés.
Démos en ligne
- Mode Full (sans email) : https://bi-self.my-self.fr/selfrecover/
- Mode Lite (email + mot mémorisé) : https://bi-self.my-self.fr/selfrecover/lite.html
- Comparatif sécurité 8 adversaires × 3 modèles : https://bi-self.my-self.fr/selfrecover/comparison.html
Aucune inscription préalable n'est requise. Les données sont éphémères côté serveur.
Code et image Docker
- Repo : https://github.com/Pierroons/my-self/tree/main/bi-self/selfrecover
- Whitepaper FR : https://github.com/Pierroons/my-self/blob/main/bi-self/selfrecover/docs/whitepaper-fr.md
- Threat model : https://github.com/Pierroons/my-self/blob/main/bi-self/selfrecover/docs/threat-model.md
- Image Docker multi-arch (amd64 + arm64) :
docker run -p 8080:8080 ghcr.io/pierroons/selfrecover:v0.1.1
La démo de référence tourne sur PHP 8.0+ et SQLite (~600 lignes auditables, zéro dépendance externe). Tag GPG-signé v0.1.1, release datée du 5 mai 2026.
Licence et philosophie
AGPL-3.0-or-later. Toute version déployée publiquement doit publier ses modifications sous la même licence. Pas de capture SaaS possible.
SelfRecover est une brique du méta-projet MySelf, un écosystème de modules auto-hébergés qui couvre l'identité, la modération communautaire, le droit, et l'agriculture.
Un module complémentaire répond de manière directe à la problématique illustrée par l'incident ANTS : SelfDataGuard chiffre les données utilisateur côté client de telle sorte qu'une fuite de base de données ne livre que des blobs inexploitables. Le code est public, AGPL, en v0.1.0-beta — une dépêche dédiée pourra suivre quand le module aura plus de maturité (audit communautaire, retours d'intégration).
Note de transparence
Conception en partenariat avec un assistant IA
Ce protocole a été conçu et codé en partenariat avec un assistant IA (Claude), comme outil de réflexion, de revue critique, et d'écriture de code.
Pour être totalement transparent : je ne suis pas développeur de formation. Mon expérience technique vient du dev web amateur (ARC PVE Hub, un site destiné à fédérer une communauté de joueurs ; un outil de gestion de stock pour mon entreprise ; quelques sites perso). Pour SelfRecover, l'écriture des primitives cryptographiques et la mise en œuvre du protocole ont été largement assistées par l'IA, sur la base de mes choix architecturaux et de ma vision.
Ce qui vient de moi (humain) :
- La vision (souveraineté numérique, refus du SMTP comme canal de récupération)
- Les choix philosophiques (AGPL-3.0-or-later, fallback humain assumé, aucune destruction de données sans validation humaine consciente)
- Le contexte initial (besoin né en développant ARC PVE Hub)
- Chaque décision de trade-off d'architecture
- La responsabilité juridique et morale du code publié sous mon nom et signé GPG
Ce qui vient de l'IA :
- L'écriture des primitives cryptographiques (HMAC, dérivations, vérifications)
- L'agencement du code, la structure des fichiers
- La formalisation des paragraphes du whitepaper et de cette dépêche
- La génération de tests unitaires
- La vérification de cohérence interne
Plan d'audit
- Auto-audit interne : en cours et continu (chaque modification est relue critiquement)
- Audit communautaire : ouvert dès maintenant, je réponds aux remarques techniques avec sérieux (cette dépêche en est l'illustration directe)
- Audit tiers certifié : envisagé à moyen terme via un cabinet agréé CESTI ANSSI (Synacktiv, Quarkslab, Wavestone, ou équivalent), sous réserve de financement
Statut du projet
SelfRecover en est à la version 0.1.1, taguée GPG et signée. C'est un état PoC fonctionnel + déployé en production sur un site réel (ARC PVE Hub), mais pas encore mature pour une adoption massive dans des contextes à fort enjeu. La roadmap V0.2 (MySelf-Live, finalisation du chatbot L3, audit tiers) précisera ce périmètre.
Engagement communauté LinuxFr et culture du libre
Mon compte LinuxFr est récent, mais mon ancrage dans la culture du libre ne l'est pas : utilisateur exclusif de distributions Linux depuis quinze ans (principalement Debian), j'ai aidé plusieurs proches à migrer des PC anciens vers Debian pour leur donner une seconde vie au lieu de la déchèterie. J'arrive sur LinuxFr depuis le monde agricole/permaculture et le jeu vidéo (ARC PVE Hub), pas du milieu dev historique.
Je suis salarié couvreur dans une PME et installé en agriculture à temps partiel — mon temps libre pour le développement et la participation communautaire est compté. Je m'engage à répondre aux retours techniques sur cette dépêche et à suivre les disputes sur l'état du projet. Pour le reste (commentaires réguliers, dépêches futures sur d'autres modules MySelf — en particulier SelfDataGuard quand il sera plus mature), ce sera au gré du temps disponible, sans promesse.
Toute critique technique constructive est bienvenue. Pour les critiques sur la légitimité du projet ou la nature humain/IA de la collaboration, j'invite à juger sur les choix concrets, le code public, et la qualité des réponses à vos questions.
Pour aller plus loin
SelfRecover est un module de l'écosystème MySelf, expérimentation citoyenne sur la souveraineté numérique sous licence AGPL-3.0-or-later.
Les retours techniques, audits communautaires, propositions d'intégration et questions de fond sont les bienvenus — en commentaire de cette dépêche ou en issue sur le repo GitHub.
Si une administration ou une organisation souhaite tester le protocole en environnement isolé, l'image Docker et le Dockerfile sont à disposition. Aucune démarche commerciale n'est associée à cette publication.
Merci aux modérateurs et contributeurs de LinuxFr — Pierre Jarillon, devnewton, Florent Zara, bobble bubble — dont les retours pendant la phase de rédaction ont substantiellement amélioré cette dépêche.
Aller plus loin
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