Journal Un chou est un chou, ou pas ...

21
11
oct.
2020

Dans n'importe quelle activité l’existence d'indicateurs fiable est une condition nécessaire à la prise de décisions éclairées.

Sans cela, on est condamné au feeling, à l’expérience ou à la poudre verte. Et dans le domaine agricole, la poudre verte fait des ravages. D'abord parce qu'elle est souvent toxique, ensuite parce qu'elle est le média d'un transfert direct et intégral de la valeur ajoutée de l'exploitation agricole au fabricant de phytos.

Ce modèle d'agriculture à vécu. Certains ne le savent pas encore à l'image d'un canard courent sans tête. Mais il a vécu car les exploitations sont exsangues, car les mauvaises herbes et toutes sorte de ravageurs se sont mis à résister aux pires poisons et aux pires arrachages, parce que les rendements stagnent, voir s'effondrent, parce qu'a certains endroits l'Ambroisie ou la Datura rendent la production impossible, parce qu'il n'y a plus d'eau …

Le successeur à ce modèle est ce qu'on appelle l'agroécologie. Une agriculture qui s'inspire des systèmes naturels stables tels que la foret et la prairie.

  • Des sols vivants (constamment couvert, peu ou pas travaillés, nourris de carbone)
  • De la biodiversité avec en particulier des arbres (agroforesterie).

Si vous vous intéressez au sujet, je vous invite à fréquenter la chaîne Youtube de Ver de Terre production https://www.youtube.com/channel/UCUaPiJJ2wH9CpuPN4zEB3nA qui est une mine d'or sur le sujet.

C'est un organisme de formation et de partage de la connaissance fondé par François Mulet, un fondu de logiciel libre, qui est à l'origine du réseau MSV (Maraîchage sur sol vivant) et quelques autres dont l’agronome Konrad SCHREIBER. On y retrouve des gens comme Gérard Ducerf auteur d'une encyclopédie des plantes bio indicatrices ou Francis Hallé qui fut à l'origine du radeau des cimes, bref des sommités dans leurs domaines et tout un tas de gens qui mettent en œuvre des solutions innovantes dans le domaine agricole.

Afin de permettre à tout un chacun de disposer d'indicateurs fiables sur la santé des plantes et leur qualité nutritionnelle, ver de terre production à entrepris de constituer une base de données ouverte mettant en correspondance, par espèces végétales, les résultats d'analyses et le spectre infrarouge obtenu sur la plante avec un scanner bon marché. Le but étant bien entendu de se passer des analyse et d'obtenir d'un coup de scanner, l'indice RedOX, le PH, le taux de sucres d'un végétal (et bien d'autres indicateurs). Cela mène a deux grand type d'applications :

  • Pour les agriculteurs, un indicateur fiable et accéssible de la santé des plantes, notamment en mettant en relation des indicateurs tels que le PH ou le taux de sucre avec l'apparition de ravageurs ou de maladies.
  • Pour les consommateur un moyen d'évaluer de façon objective les qualités nutritionnelles d'un aliment et notamment de confirmer / infirmer le fait que les méthodes de culture auraient un impact sur la qualité nutritionnelle du produit

Bref, un grand pas vers moins d'obscurantisme et de marketing. C'est technique, C'est scientifique. C'est ouvert. Évidemment, il faut des sous. C'est la https://www.kisskissbankbank.com/fr/projects/qualite-nutritionnelle-agroecologie

  • # Sols peu ou pas travaillés

    Posté par  (site Web personnel) . Évalué à 10.

    Est ce que vous pouvez développer un peu plus le sens de cette expression ? Chez moi, si je met des graines dans le sol non travaillé je n’obtiens aucun légume. De même avec des semis déjà solides. Si je me contente de déposer un complément de composte en surface, ça pousse, mais il faut vraiment arroser tout le temps car les racines n’ont pas l’air intéressées par le mélange argilo calcaire qui constitue mon sol. En revanche, si j’ouvre une tranchée, que j’y ajoute des amendements en refermant, que j’y remet tous les vers de terre que j’ai délicatement épargnés en creusant, ça pousse plutôt bien. Même dans des conditions vraiment sous optimales sous d’autres critères.
    Tout ça pour dire, qu’il faut parfois préciser les idées. Comparées à du labourage profond, systématique, sur des centaines d’hectares, mes tranchées entrent peut être dans le presque pas labouré ? Mais à force d’entendre qu’il ne faudrait pas travailler un minimum les sols, certains finissent par se faire des idées peut être très fausses (pas fosses car il ne faut pas travailler les sols :-). C’est du moins mon impression. Les techniques de travail des sols sont tout de même un fondement des civilisations post pastorales. Et c’est d’ailleurs un des objets des liens pour lesquels vous faites la publicité dans ce journal si je ne m’abuse ?

    « IRAFURORBREVISESTANIMUMREGEQUINISIPARETIMPERAT » — Odes — Horace

    • [^] # Re: Sols peu ou pas travaillés

      Posté par  (site Web personnel) . Évalué à 5.

      De ce que j'ai compris, pas travaillé, ça veux dire essentiellement sans labour ni déchaumage.

      Je ne suis pas agriculteur. J'ai découvert ça en discutant avec un gars qui fait pousser du blé dans le Gers.

      Afin de ne pas détruire la structure du sol, on fait juste un petit trou à la profondeur appropriée dans lequel on dépose la graine qu'on rebouche ensuite. Ça s'appelle le semi direct sous couvert. Ça existe aussi bien en bio qu'en conventionnel.

    • [^] # Re: Sols peu ou pas travaillés

      Posté par  . Évalué à 6. Dernière modification le 11/10/20 à 21:49.

      Chez moi, si je met des graines dans le sol non travaillé je n’obtiens aucun légume.

      Peut-être ton sol est vraiment pourri (malheureusement oui, ça existe) ?

      Moi je ne travaille pas mon sol et je récolte la moitié de ce que j'ai essayé. Et quand je dis la moitié, ça veut dire la moitié des espèces que j'ai essayé. Si ça marche pas, j'ai déjà ré-essayé, c'est inutile d'insister. Si ça marche, c'est bingo chaque année. Je réussis les tomates ou les poireaux, mais je rate les salades par exemple.

      J'ai un sol sableux, acide, assez pauvre (les pluies de l'hiver lavent complètement tout l’amendement que je peux apporter). Par contre c'est arrosage obligatoire (région Toulousaine), sauf les tomates certaines années qui ont vu un arrosoir 5x dans l'été à tout casser.

      En théorie, la théorie et la pratique c'est pareil. En pratique c'est pas vrai.

      • [^] # Re: Sols peu ou pas travaillés

        Posté par  (site Web personnel) . Évalué à 3.

        Dans le sens de cette technique, cela consiste à aussi laisser sur place les tiges et les feuilles, c'est à dire la partie que tu ne récolte pas. Ainsi, le sol est protégé du lessivage, ne se refroidit pas trop la nuit, ne se réchauffe pas trop le jour, garde plus longtemps son humidité, et, quand tu sèmes les graines, elles poussent quand même.

        C'est dit de manière simplifiée, mais c'est un peu l'idée.

        Par contre, oui, il y a des sols qui ne sont pas du tout adaptés et qui vont nécessité un travail pour les améliorer, en choisissant ce qui peut y pousser, ce qui va améliorer le sol etc. Si le sol est vraiment pourri, il faut l'améliorer, et renoncer à la production au début.

        Pourquoi bloquer la publicité et les traqueurs : https://greboca.com/Pourquoi-bloquer-la-publicite-et-les-traqueurs.html

    • [^] # Re: Sols peu ou pas travaillés

      Posté par  . Évalué à 5.

      composte en surface

      saibon la composte P:

      *splash!*

    • [^] # Re: Sols peu ou pas travaillés

      Posté par  (site Web personnel) . Évalué à 5. Dernière modification le 12/10/20 à 10:44.

      Je crois que l'idée est de travailler avec un sol vivant, ce qui n'est plus le cas quand la terre est labourée, à nu, au soleil…

      les mycorhizes ont disparu
      https://fr.wikipedia.org/wiki/Mycorhize#:~:text=Une%20mycorhize%20(du%20grec%20myco,et%20les%20racines%20des%20plantes.

      voir les vidéos de Damien Dekarz

      https://www.youtube.com/user/permacultureetc

      et les cultures en lasagne
      https://www.youtube.com/watch?v=OID3kjz1Cu4&t
      Mini culture en lasagnes

      et
      https://www.youtube.com/watch?v=b6ZphUp_GYk&t
      Super culture en lasagnes

      et cette vidéo de la chaine Youtube citée
      https://www.youtube.com/watch?v=Lh7kyZAmLVk
      Partie 5 Carbone Azote et Auto fertilité

      L'idée des buttes en lasagne est que l'on veut garder un sol vivant, donc on couvre le sol avec de la paille (qui retient l'eau), on alterne les couches de carbone (paille) et d'azote (tonte), et on termine par de la terre.

      C'est aussi l'idée des carrés potagers, si on n'a que du béton ou un sol minable, un carré potager permet de cultiver.

      ウィズコロナ

      • [^] # Re: Sols peu ou pas travaillés

        Posté par  (site Web personnel) . Évalué à 4.

        le buttes lasagnes sont surtout considérées comme du hors sol :) j'étais parti là-dessus avec mon sol très très argilo-calcaire… mais en fait, j'ai changé d'épaule… j'ai semé des engrais verts d'hiver (p'tin de moineaux qui m'ont tout bouffé) et ça pousse tranquillou, on verra au printemps prochain !!!

    • [^] # Re: Sols peu ou pas travaillés

      Posté par  . Évalué à 3. Dernière modification le 12/10/20 à 12:31.

      Il y a 12 ans le catalogue de Kokopelli contenait la transcription d'une conférence sur le sujet. Ou peut-être deux, mêlées dans mes souvenirs :

      • on peut cultiver sur une plate-bande en légère bute
      • pendant la construction de cette plate-bande on met plein de compost
      • s'il est tassé, le sol est travaillé la première fois, en profondeur, pour lui redonner de l'air
      • on travaille très peu par la suite, mais avec une grelinette
    • [^] # Re: Sols peu ou pas travaillés

      Posté par  . Évalué à 6.

      J'ai le même genre de retour d'expérience ici avec les sols peu ou pas travaillé pour le potager. J'ai essayé 3 ou 4 fois, et toujours le même résultat : 1ere-2ième année ok, ensuite les rendements s'effondrent et au bout de la 4ième année, il faut bien se résoudre à remettre du fumier et passer le piocheur. Puis ça repars pour 1-2 ans ok… Au fait, c'était le potager du grand-père qui est en production depuis plus de 50 ans, je suis donc bien dans l'optique de trouver des pratiques durables sur le très long terme.

      Pour la vigne ou le verger c'est un peu mieux, au bout de 10-12 ans ma terre commence à s'améliorer. M'enfin je suis encore très loin du compte si je compare les résultats avec ce que je pourrais avoir en épandant ne fusse qu'1/2 dose d'engrais chimique… Faut avoir la foi avec ces trucs là, et beaucoup de temps devant soi :-/

    • [^] # Re: Sols peu ou pas travaillés

      Posté par  . Évalué à 2.

      tu as aussi une machine qui ouvre une tranchée sème les graine et referme dans ce genre d'agriculture

  • # biomystique

    Posté par  (site Web personnel) . Évalué à 10. Dernière modification le 12/10/20 à 21:37.

    Parmis les vidéos conseillées, il y a un titre qui m'a étonné: Agriculture et Homéopathie.

    Le côté technique et scientifique en prends un coup :(

    Le post ci-dessus est une grosse connerie, ne le lisez pas sérieusement.

    • [^] # Re: biomystique

      Posté par  . Évalué à 6.

      Si tu veux mon avis, le côté technique et scientifique s'en était déjà pris plein la gueule dès les deux premier paragraphes, qui jette allègrement au pilori 50 ans au bas mot de recherche en agronomie… Et qui prône la demande d'indicateur fiables, mais n'en exhibe pas un pour les alternatives.

      Je ne dis pas que l'industrie des phytos c'est que des gentils et qu'il faut continuer à balancer du round up partout. Mais ce n'est pas avec ce genre d'argumentations qu'on va pouvoir trouver une vraie alternative !

      • [^] # Re: biomystique

        Posté par  (site Web personnel) . Évalué à 10.

        La question c'est une alternative à quoi?

        La première année sur mon terrain, j'ai tenté de faire des épinards sans engrais ni rien : ça n'a pas marché.

        Un collègue m'a suggéré de mettre d'abord de la moutarde comme engrais vert.

        Renseignement pris, j'ai découvert que les feuilles de moutarde se mange comme… des épinards.

        Bref je fais pousser et je mange la moutarde qui devait servir d'engrais.

        La bonne alternative n'était pas de changer de technique de culture, mais de manger autre chose :-)

        Le post ci-dessus est une grosse connerie, ne le lisez pas sérieusement.

        • [^] # Re: biomystique

          Posté par  . Évalué à 7.

          Comme dit le proverbe: « Si ce que tu aimes ne pousse pas, aime ce qui pousse »

      • [^] # Re: biomystique

        Posté par  . Évalué à 3. Dernière modification le 13/10/20 à 12:37.

        Afin de permettre à tout un chacun de disposer d'indicateurs fiables sur la santé des plantes et leur qualité nutritionnelle, ver de terre production à entrepris de constituer une base de données ouverte mettant en correspondance, par espèces végétales, les résultats d'analyses et le spectre infrarouge obtenu sur la plante avec un scanner bon marché. Le but étant bien entendu de se passer des analyse et d'obtenir d'un coup de scanner, l'indice RedOX, le PH, le taux de sucres d'un végétal (et bien d'autres indicateurs).

        il parle même pas d'alternative a l'agriculture intensive seulement des outils permettant de connaitre la qualité d'un aliment

        ce ne sont pas des agriculteurs bio en plus car ils peuvent utiliser du round-up

        la premiere année ou l'on commence ils utilisent meme de l'engrais :)

      • [^] # Re: biomystique

        Posté par  . Évalué à 2.

        dès les deux premier paragraphes, qui jette allègrement au pilori 50 ans au bas mot de recherche en agronomie

        Bravo pour le jugement à l'emporte-pièce tête baissée. Le tacle était facile, mais il passe complètement à côté du sujet: l'agriculture sur sol vivant est justement le fruit de la recherche agronomique menée outre-atlantique (États-Unis, mais aussi Brésil) et dans d'autres régions tropicales, pour faire face au très gros problème d'érosion que rencontrent les sols dans ces régions quand on laboure la terre, et le round-up fait justement partie de la panoplie d'outils à disposition (puisqu'on ne peut pas compter sur le labour pour désherber une parcelle envahie) même s'il y a une démarche pour en limiter au maximum l'emploi.

        En agriculture sol-vivant, contrairement au bio traditionnel le «gros mot» ce n'est pas «phytos», c'est «engrais azotés» (quelle que soit leur provenance, crottin de cheval comme nitrate d’ammonium moldave): l'idée étant que si le sol est en bonne santé, avec suffisamment de matière organique, alors la microflore produira l'azote dont les plantes ont besoin.

        C'est marrant de voir des gens porter des jugements sur des pratiques alternatives qu'ils ne connaissent pas. La ressemblance avec les windowsiens du début des années 2000 parlant du logiciel libre est quand même assez ironique.

        • [^] # Re: biomystique

          Posté par  . Évalué à 2.

          Je ne porte pas de jugement sur la technique de culture, que je pratique en grande partie. L'utilisation non éclairée d'engrais azotés dans l'agriculture bio industrielle est un reproche que je fais souvent quand on me parle de bio.

          Je porte un jugement sur la forme du journal.

    • [^] # Re: biomystique

      Posté par  . Évalué à 5.

      Je connais personnellement Vincent Levavasseur, qui est un autre fondateur de Ver de terre production, c'est un agronome de formation et il a une véritable démarche scientifique visant à travailler au maximum avec des labos universitaires & CNRS en agronomie pour essayer de modéliser et de quantifier les observations, de publier, de répliquer des expériences agronomiques menées dans d'autres pays, etc.

      Il y a une pointe d'ésotérisme par moment dans son discours, qui personnellement m’agace un peu, du coup ça ne m'étonne pas de la retrouver ponctuellement sur la chaîne donc je comprends ta réaction, mais connaissant le projet, je ne pense pas que remette en question la démarche. Après tout, personne ne rejette les deux théories de la relativité sous prétexte qu'Einstein était bien perché avec une vision mystique de la cosmologie…

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