Journal Le libre a perdu

Posté par (page perso) . Licence CC by-sa.
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-7
30
août
2019

Ouvrez les yeux

Des millions de terminaux actuellement équipés d'un noyau linux, une considérable majorité sont équipés d'un système android qui limite volontairement les prérogatives de l'utilisateur.

Les quatre libertés fondamentales associées au logiciel libre sont allègrement bafouées par Google et Apple. La majorité des ordinateurs dans le monde font tourner un code source non libre qu'il est extrêmement dur de modifier, d'étudier et d'exécuter de manière arbitraire sur n'importe quel ordinateur.

C'est extrêmement triste car les empires de ces sociétés se fondent quasiment exclusivement sur du logiciel libre, mais force est de constater que cette liberté n'existe plus pour la très grande masse des utilisateurs finaux.

Quels sursauts le monde du libre inventera-t-il pour circonvenir à cette situation ? Il ne faut pas se tromper de combat ni d'ennemi. Actuellement les entreprises qui par le passé ont pu avoir une aura d'entreprise « amie » du libre, sont en définitive des ennemis déclarés du logiciel libre tel que l'avait imaginé Richard Stallman, et non pas nécessairement ennemis mais avant tout antagonistes.

Aux armes citoyens ?

  • # N’a perdu que celui qui refuse de se battre

    Posté par (page perso) . Évalué à 10.

    Si tu cherches la bataille qui doit mettre Debian sur tous les clones d’IBM PC sans voir venir les smartphones, alors oui il semble que la stratégie soit un peu à côté de la plaque. Mais en fait c’est pas ça l’objectif.

    C’est quoi le logiciel libre en fait ? On définit souvent le logiciel libre par les quatre libertés fondamentales, mais ça n’est pas l’objectif, ce sont les moyens.

    Le logiciel n’a pas de liberté en soi, lorsqu’on parle de logiciel libre on fait une sorte de métonymie, en réalité on parle de la liberté de l’homme.

    Il s’agit de la liberté de l’intelligence de l’homme. Le danger qui menace l’intelligence depuis quelques siècles déjà se résume bien dans le concept de « lumières », l’idée d’hommes qui ont propriété sur l’intelligence : ceux qui éclairent, les lumières, et des hommes qui n’ont pas propriété sur l’intelligence : ceux qui sont éclairés. Il s’agit d’une économie de l’intelligence, et par définition l’économie implique la rareté.

    Le logiciel c’est l’externalisation de l’intelligence de l’homme sous forme d’outil. Défendre le logiciel libre c’est défendre la liberté de l’intelligence. Le vrai danger du logiciel propriétaire c’est que le savoir faire, la connaissance, et donc l’intelligence, appartiennent à des intérêts privés. Quand tu formes ton employé à Photoshop, tu donnes à Adobe un droit de vie et de mort sur la mise en œuvre du savoir faire acquis par ton employé.

    Le propre du logiciel libre, c’est de protéger l’homme comme dépositaire de l’intelligence. C’est ça l’objectif : protéger l’homme comme dépositaire de l’intelligence.

    Le dépositaire est celui qui peut faire hériter de ce qu’il hérite. Il n’y a pas des lumières qui éclairent des éclairés : il y a des flammes qui allument d’autres flammes.

    Adobe, Google, Apple, ce ne sont que des contingences à l’échelle d’un combat qui est déjà multiséculaire.

    Donc non, le libre n’a pas perdu, à moins de se tromper d’objectif et donc de ne pas combattre le bon combat. Ça n’a jamais été facile, ça peut sembler particulièrement difficile aujourd’hui, mais c’est peut-être aussi parce qu’il n’y a jamais eu autant de personnes pour comprendre ne serait-ce que certains aspects du problème.

    Le combat n’est clairement pas perdu, certains pourraient dire qu’il est déjà gagné, mais je ne crois pas que je verrai le repos de mon vivant.

    ce commentaire est sous licence cc by 4 et précédentes

    • [^] # Re: N’a perdu que celui qui refuse de se battre

      Posté par (page perso) . Évalué à 8.

      Beau rappel, le libre est un moyen. Et beau commentaire en général. Passé ce léchage de boule parfaitement sincère, je ne saurai être d'accord a limiter l'objectif à un refus de céder la propriété de l'intelligence ( définition peut être inspirée par la notion de propriété des moyens de production ?).

      Car si bien sûr l'intelligence doit être ouverte pour mettre.le progrès ( ce qui inclus public money , public code, mais le dépasse), il y aussi la question de la confidentialité. Des journaux sur ce site m ont faire prendre conscience que l'échec n'est pas dans android que dans Gmail.

      Cependant même conclusion, si la situation est désastreuse à date - tous sont chez les GAFA y/c les dev - , la prise de conscience grandit. Ceci devrait être enseigné au collège et non pas en informatique mais en éducation civique . Et en réalité ceci devrait être surtout enseigné des l école primaire tant l'enjeu est grand.

      Au passage merci aux services framasoft !

  • # il n'y avait ni jeu ni bataille...

    Posté par . Évalué à 5.

    …du coup impossible de perdre.

    Cela dit je vois de plus en plus de logiciels libres et c'est là qu'on y trouve le plus d'innovation, donc pour moi le bilan est plutôt positif.

    C'est plutôt du côté du hardware et des firmwares que ce n'est pas encore ça.

    • [^] # Re: il n'y avait ni jeu ni bataille...

      Posté par . Évalué à 2.

      Oui..

      et puis ces Android sont de nouveaux terminaux, ils ne viennent pas en remplacement, mais en complément de ce qui existait.

      Entre aujourd'hui et il y a 10 ans, je constate surtout que de plus en plus de personnes, pas du tout baignées dans l'informatique, connaissent GNU/Linux, voir l'utilisent chez eux.

      Il n'y a pas vraiment de bataille Linux/Libre vs Propriétaire, mais collaboration et cohabitation. Finalement j'ai plutôt l'impression que tout le monde s'y retrouve.

  • # Fantasmes

    Posté par (page perso) . Évalué à 5. Dernière modification le 30/08/19 à 07:52.

    Aux armes citoyens ?

    Ouais, donc en fait un truc ne te plaît pas, et "aux armes", posture guerrière, c'est d'un démocratique…
    Désolé, mais ça ne donne pas envie : le libre doit en fait en premier se battre contre des gens qui préfèrent dire "aux armes" plutôt que de montrer que le libre est meilleur en proposant une alternative, bref le libre doit se battre contre ces "amis du libre" qui préfèrent le destructeur au constructif.

    C'est extrêmement triste car les empires de ces sociétés se fondent quasiment exclusivement sur du logiciel libre

    Donc c'est quand même pratique, il te reste peu à faire pour montrer que le libre peut être meilleur aussi dans ce qui reste de non libre.
    Note : ça avait d'ailleurs été "amusant" ( :( ) de voir Mozilla essayer de redévelopper tout pour concurrencer Android malgré l'énorme retard technique et les investissements nécessaires hors de sa portée, alors que AOSP était libre…

    Il ne faut pas se tromper de combat ni d'ennemi.

    Exactement.
    Euh… Tu fais quoi la?
    Avant : quasiment pas de libre
    Maintenant : pas de libre partout, oui, mais à pas mal d'endroits, mais "le libre a perdu" pour certains car il n'a pas tout. Binaire. Et on ne gagne jamais un "combat" par du binaire.

    Ouvrez les yeux

    Je te le retourne.

    • [^] # Re: Fantasmes

      Posté par (page perso) . Évalué à 7.

      Exactement.

      Moi ce qui me faisait peur il y a 15 ans, c'était Microsoft avec leur "Linux is a cancer", TCPA/Palladium, etc … Rétrospectivement, c'était exagéré de penser qu'ils pouvaient tuer linux et le libre mais il y'avait quand même un risque et si ils avaient pu, ils l'auraient fait.

      De nos jours, il n'y a plus à s'inquiéter pour ça. Certes les masses acceptent d'être verrouillées dans des solutions propriétaires mais ceux qui veulent utiliser du libre le peuvent. Il y a bien une forme d'auto exclusion sociale en faisant ça (je rate pas mal d'invitations en refusant d'être sur Facebook) mais au moins il n'y a pas de volonté de détruire définitivement toute possibilité d'utiliser du libre de manière légale ou technique, et ça me paraît un progrès.

      • [^] # Re: Fantasmes

        Posté par (page perso) . Évalué à 7.

        Certes les masses acceptent d'être verrouillées dans des solutions propriétaires

        C'est bien ce que je dénonce

        Il y a bien une forme d'auto exclusion sociale en faisant ça (je rate pas mal d'invitations en refusant d'être sur Facebook) mais au moins il n'y a pas de volonté de détruire définitivement toute possibilité d'utiliser du libre de manière légale ou technique

        Tu as déjà essayé d'installer une distro linux sur un tél standard android ? C'est rigoureusement impossible pour un quidam moyen.

        Ok, tu peux installer une distro linux sur n'importe quel PC, mais ce n'est pas mon point.

        Maintenant que l'essentiel de l'informatique grand publique se passe sur des terminaux ultra verrouillés, tant du point de vue software que hardware, il y a une vraie bataille à mener pour que ces plateformes deviennent beaucoup plus ouvertes et accessibles au logiciel libre qu'elles ne le sont actuellement.

        Je parle bien des masses dans mon journal et pas du petit pourcentage des geeks qui utilisent linux sur toutes leurs machines. Et accessoirement les dévs/informaticiens/aficionados qui utilisent des tél android sont tout aussi emm***** qu'à l'époque de l'informatique MS-only quand tous les PC (ou presque) tournaient sous windows et que l'offre en terme de distribution linux était beaucoup plus succinte que maintenant.

        J'imagine qu'il y a peu de personnes dans les commentaires qui seraient content si on les forçait à installer windows sur leur machine, et bien c'est à peu près la même chose pour tous les utilisateurs de tél actuels, libristes ou pas.

        On te force à utiliser un logiciel sans te demander ton avis lorsque tu achètes un tél, c'est à peu près la vente liée qui fût dénoncée pendant tant d'année et qui fût un axe légal de lutte pour la liberté au sens informatique.

    • [^] # Re: Fantasmes

      Posté par (page perso) . Évalué à 5.

      Ouais, donc en fait un truc ne te plaît pas, et "aux armes", posture guerrière, c'est d'un démocratique…

      Ce qui est bien avec toi c'est que tu as une finesse d'analyse absolument remarquable (indice: cette phrase est très lourdement ironique). Le mot « métaphore » ne fait sûrement pas parti de ton vocabulaire.

      Pour rappel je n'ai nullement impliqué que les vendeurs de téléphone étaient des dictateurs en puissance, par contre chez toi le déclencheur de point Godwin est relativement sensible…

    • [^] # Re: Fantasmes

      Posté par (page perso) . Évalué à 2.

      de voir Mozilla essayer de redévelopper tout pour concurrencer Android malgré l'énorme retard technique et les investissements nécessaires hors de sa portée, alors que AOSP était libre…

      Ils n'ont pas fait qu'essayer. Firefox Os est à l'heure actuelle déployé sur des millions de téléphones mobile, surtout en Asie, sous forme de fork géré par KAIOS. Et ça progresse pas mal. On le trouve en France sur les Nokia 8110 4G et ça fonctionne très bien ;-) (le seul point négatif c'est que Kaios y fout des applis google et facebook…)

      Bref, au final, ce n'est pas un véritable échec, techniquement parlant..

      • [^] # Re: Fantasmes

        Posté par (page perso) . Évalué à 0. Dernière modification le 02/09/19 à 18:12.

        Pas un échec? Si j'en crois statcounter, KAIOS a 0.8% de PdM (et heureusement qu'on parle d'unités et pas de $ cf plus bas).
        Dans le même genre de grandeur que Linux sur le desktop donc…

        Après si on se cache derrière un "techniquement parlant" subjectif pour ne pas parler du global pas très reluisant… Un peu comme le Vinyle aussi à la "mode" :-D.

        le seul point négatif c'est que Kaios y fout des applis google et facebook…

        Ha ouais, quand même :-D..
        donc au final, je parie qu'à un moment si le marché devient "gros" Google leur fournira juste un Android adapté, et l'entreprise derrière n'aura pas de scrupule à changer.

        Bref, au final, ce n'est pas un véritable échec, techniquement parlant..

        A noter pour les curieux qu'on parle la de "téléphone idiot", ressemblant à un tel d'il y a 10+ ans. Techniquement un succès alors qu'il y a bien moins à gérer qu'avec des smartphones, sérieusement? Techniquement ils gèrent tout ce que gère Android (gestion fine des droits, "Foldable smartphone" qui trainent et pas garanti succès commercial mais techniquement devant et pas derrière, paiement par RFID etc)?
        Ca se vend pas mal certes dans les "pays émergeant" pour le moment, mais à un moment ces citoyens voudront peut-être ne plus être des citoyens de seconde zone… Surtout les prix des smartphones diminueront et donc encore moins d’intérêt.

        Bref : désolé mais je n'y crois pas, que ce soit commercialement que techniquement. On verra si le futur me donne raison ou pas (pour FFOS, il m'a donné raison face à un positive de certains à l'époque… Et Mozilla a jeté l'éponge)

        Je suis ouvert à une démo technique, si tu souhaites rester sur le technique plutôt que le commercial, la page Wikipedia étant pauvre niveau technique et les tels trouvés avec cet OS sont tous "idiots" donc n'ont pas vraiment besoin de technique de moins de 10 ans.

        • [^] # Re: Fantasmes

          Posté par . Évalué à 5. Dernière modification le 03/09/19 à 16:04.

          Bon je connais pas mal de gens peu dépensier pour qui le seul intérêt d'un smartphone c'est whatsapp, maps et un navigateur pour consulter 2-3 infos en voyage. Les photos pourraves ça ne les dérangent pas vraiment vu qu'ils ne savent pas cadrer et ne les regardent pas ailleurs que sur leur écran.

          Bref l'utilisation basique que je faisais avec mon Nokia Navigator il y'à 10 ans.

          Bref pour ce genre de personnes un pastropdumbphone qui coûte 50 balles qui rame pas ça a du sens. Si tu dois le payer 150€ ça perd vite de son intéret par rapport à un android.

          Mais pour ça je crois que google a déjà une offre avec android go.

        • [^] # Re: Fantasmes

          Posté par (page perso) . Évalué à 2.

          A noter pour les curieux qu'on parle la de "téléphone idiot", ressemblant à un tel d'il y a 10+ ans.

          Alors oui et non. D'apparence, oui, mais à l'intérieur non.

          La base, c'est Firefox OS, donc un OS de smartphone. C'est quand même plus évolué que ce qu'on trouvait il y a 10-15 ans sur les téléphones. Il y a un vrai navigateur, beaucoup plus de fonctionnalités et d'applications. Le Nokia prend en charge la 4G, le wifi, bluetouth &cie. Je m'en sert par exemple comme point d’accès à internet quand je suis en déplacement.

          C'est donc un vrai smartphone à l’intérieur, mais avec un petit écran et pas de clavier virtuel. Donc comme sur les anciens, on n'a que les touches 1-9 pour taper un texte, c'est pas génial, je te l'accorde. Mais tu peux y connecter un clavier bluetouth :-)

          Clairement, ce genre de téléphone n'est pas fait pour ceux (et surtout celles), qui sont à longueur de journées à échanger des messages sur les réseaux sociaux.

          Par contre il est parfait pour des gens comme moi qui ont un usage limité du téléphone (je passe mes journées sur un ordi desktop donc le reste du temps, je n'ai pas vraiment besoin d'aller sur internet avec mon téléphone…)

  • # Ce n'est pas une guerre

    Posté par (page perso) . Évalué à 0. Dernière modification le 30/08/19 à 09:13.

    Le libre c'est pas une guerre contre les logiciels privateurs. Personnellement je m'en fiche que des serveurs dans le monde ou que mon entourage utilise Windows, c'est leur problème pas le mien. D'ailleurs un ami à moi s'est fait pirater son serveur Windows par un ransomware, je lui ai simplement dit que s'il utilisait un système correct avec des backups ce ne serait pas arrivé. C'est en faisant des erreurs qu'on apprend.

    Il y a plusieurs types de visions du libre dans ce domaine, il y a les sectaires purs et durs qui sont anti logiciels privateurs et tentent au maximum de faire changer les choses et il y a les gens comme moi qui font du libre simplement parce qu'ils aiment ça.

    La vision du libre varie tellement qu'on a différentes licences. Ça se résume plus ou moins entre le permissif et le non permissif. Moi je fais du permissif parce que la seule chose qui m'intéresse c'est de fournir mon code et qu'on puisse y contribuer, voir, commenter. Si on l'utilise et qu'on me contribue en retour je suis content, si on l'utilise pour faire du privateur, tant pis c'est pas si grave. Le reste, c'est à vous en tant que consommateur de faire les bon choix. Si Apple, Microsoft ou Google ne rend pas en retour, alors n'achetez pas leur produit. Aussi simple que ça.

    vanilla, ma distribution radicalement différente : http://projects.malikania.fr/vanilla

    • [^] # Re: Ce n'est pas une guerre

      Posté par (page perso) . Évalué à -9.

      Le libre c'est pas une guerre contre les logiciels privateurs.

      Si ce n'est pas une guerre, évite d'utiliser des mots guerriers.
      L'inverse de libre est non libre.
      Je rajouterai que le libre ne se limite pas au logiciel à part pour les fans de RMS.

      Le libre ce n'est pas une guerre contre le non libre.

      • [^] # Re: Ce n'est pas une guerre

        Posté par (page perso) . Évalué à 5.

        J'aurais plutôt dit que l'inverse du libre c'est "propriétaire". C'est nettement plus neutre que "privateur", et nettement plus acceptable pour le grand public. Privateur c'est accusatoire.

        Un terme inverse régulièrement utilisé, et qui doit être récusé avec grande force, c'est "logiciel commercial", parce qu'il sous-entend que les logiciels libres, c'est pour les anti-capitalistes, les hippies qui ne sont jamais sorti de mai 68.

        • [^] # Re: Ce n'est pas une guerre

          Posté par (page perso) . Évalué à 5.

          Les connotations ne sont pas les mêmes et les sens pas identiques.

          Privateur cela nous prive de quelque chose : la capacité de modifier le logiciel par exemple ou encore celle de voir comment il est fait et de le reproduire à une fin ou une autre.

          Dans propriétaire, il n'y a pas cette notion de retirer des droits ou des capacités à des gens.

          OS préféré Mageia 6 et Mageia 7, CMS préféré SPIP, suite bureautique préférée LibreOffice, logiciel de dessin préféré Inkscape.

          • [^] # Re: Ce n'est pas une guerre

            Posté par . Évalué à 3.

            Bah, le Libre peut m'interdire de vendre des logiciels sans mettre à disposition leurs code source.
            Est-ce que la GPL est privatrice?

            • [^] # Re: Ce n'est pas une guerre

              Posté par (page perso) . Évalué à -1.

              Bah, le Libre peut m'interdire de vendre des logiciels sans mettre à disposition leurs code source.
              Est-ce que la GPL est privatrice?

              Dans ton exemple la GPL t'empêche de t'approprier le travail d'autrui (parce que ton exemple ne fonctionne que si le code est déjà écrit).
              Donc oui la GPL te prive de faire un truc « pas correct ». Tout comme la loi française te prive de tuer ton voisin.

              • [^] # Re: Ce n'est pas une guerre

                Posté par (page perso) . Évalué à -4.

                Et ce sont certains "libristes" qui décident de ce qui est correct ou pas… c'est bien la le soucis avec ce mot prosélytiste qui rend ridicule le libre. Mais bon, continuez, le terme "open source" va remplacer le terme libre au fur et à mesure pour ne pas que être associé à cette volonté de définir unilatéralement ce qui est bien de ce qui est mal.

                PS : rigolo ce "Pas correct" associé au non libre quand justement les commentaires disent que le non libre n'est pas un ennemi.

                PPS : "s'approprier" est aussi un mensonge comme mot pour désigner les droits offerts par le libre cooyfree, ça montre qu'on veut forcer les autres à penser que sa morale est la seule est unique. Non ce n'est pas mal, et donc la GPL est une licence aussi privatrice que du proprio si on part sur des morales arbitraires comme souhaité par ceux qui utilisent ce mot. Bref : ridicule, par utilisation des argument de ceux qui militent pour ce mot.

                • [^] # Re: Ce n'est pas une guerre

                  Posté par (page perso) . Évalué à 7.

                  Autant je partage ton point de vue qu'il n'existe pas de morale universelle, autant dans la forme tu fais exactement ce que tu lui reproches, non ?

                  Quelle différence entre dire "diffuser un binaire issu de code que tu n'as pas écrit sans rediffuser le code avec c'est s'approprier le travail d'autrui et c'est pas correct" et "c'est bien la le soucis avec ce mot prosélytiste qui rend ridicule le libre" ?

                  Dans les deux cas vous donnez une opinion en l'affirmant comme vérité absolue ?

            • [^] # Re: Ce n'est pas une guerre

              Posté par . Évalué à 4.

              le Libre peut m'interdire de vendre des logiciels sans mettre à disposition leurs code source.

              C’est quand même assez ironique. Tu te plains de ce que tu voudrais faire aux autres.
              La GPL t’empêche de priver les utilisateurs du droit dont tu as toi-même bénéficié.

            • [^] # Re: Ce n'est pas une guerre

              Posté par . Évalué à 4. Dernière modification le 02/09/19 à 09:57.

              Attention : ce n'est pas le "libre" qui interdit de priver l'accès aux sources d'un logiciel redistribué, mais le Copyleft, qui est un dispositif complémentaire imaginé par la FSF pour la GPL.

              Philosophiquement, oui, la GPL et le Copyleft privent de la liberté de priver d'une des "4 libertés fondamentales" décrites par la FSF.

              Est-ce que c'est grave ? C'est très relatif : ça dépend de sa façon de penser la liberté et la position de la FSF, toute respectable qu'elle soit, n'est pas un absolu.

              BeOS le faisait il y a 20 ans !

        • [^] # Re: Ce n'est pas une guerre

          Posté par . Évalué à 0.

          Non.

          Le contraire de libre, c'est non-libre.

          Le contraire d'open source, c'est closed source.

          Le contraire d'ouvert, c'est propriétaire.

          Les systèmes UNIX sont ouverts, même si certains sont closed source. Car ils respectent des normes ouvertes, publiques et documentées.

          • [^] # Re: Ce n'est pas une guerre

            Posté par . Évalué à 5.

            Le contraire de ouvert, c’est fermé, dans le contexte du logiciel aussi.

          • [^] # Re: Ce n'est pas une guerre

            Posté par (page perso) . Évalué à 8.

            Le contraire d'open source, c'est closed source.

            Non, le contraire d'OpenSource c'est non OpenSource…

            L'OpenSource répond à la définition en 10 points de l'OSI, qui est équivalente par ailleurs aux 4 libertés de la FSF sur le fond. Tu peux avoir le code source lisible en lecture seule qu'il n'est pas OpenSource pour autant. Malgré le nom.

          • [^] # Re: Ce n'est pas une guerre

            Posté par (page perso) . Évalué à 2.

            Paru récemment, ce texte décortique bien les nuances des expressions « Logiciel Libre » et « Open Source » : https://www.bortzmeyer.org/free-software-open-source.html

            Si besoin d’approfondissement :

            • L’explication originale (1998) d’Eric S. Raymond de l’expression « Open Source » (en) dont je tire cet extrait : « […] we have a problem with the term "free software", itself, not the concept […] and we came up with a replacement label[…] : "open source". » (Traduction officieuse « Nous avions un problème avec le terme "Free Software", pas avec le concept, […] et nous proposions une expression de remplacement […] : "open source" ».)

            • La mise au point (2007) de Stallman qui explique que, selon lui, l’expression « Open Source », pourtant sensée corrigée les défauts de « Logiciel Libre », est encore plus problématique. Je signale quand même cet extrait « Les deux expressions décrivent à peu près la même catégorie de logiciel ».

            Franchement, lisez tout cela, je vous en prie. De vrais scientifiques respecteraient les conventions et les définitions des mots qu’ils emploient, et ne continueraient pas à employer chacun dans son coin la sémantique de son crû, alors que tout cela est réglé depuis 12 ans.

        • [^] # Re: Ce n'est pas une guerre

          Posté par . Évalué à 2. Dernière modification le 01/09/19 à 00:05.

          J'aurais plutôt dit que l'inverse du libre c'est "propriétaire".

          Et pourquoi pas simplement "restrictif" puisque par définition, il restreint les libertés de l'utilisateur ?
          "Propriétaire": ce concept entretient l'idée qu'un logiciel libre est l'antithèse de la "propriété" alors qu'il "appartient" à tous et que le droit d'auteur s'y applique également.

  • # Perso...

    Posté par . Évalué à 10. Dernière modification le 30/08/19 à 09:28.

    Heu… je rédige ce commentaire sous Firefox, sur un ordi GNU/Linux, parfaitement fonctionnel et à jour des dernières faille de sécurité trouvées et publiées… franchement je ne vois pas où est la défaite.

    Si pour toi la victoire doit systématiquement se solder par un anéantissement complet de l'adversaire… je te laisse te battre tout seul :)

    En théorie, la théorie et la pratique c'est pareil. En pratique c'est pas vrai.

  • # pas de défaite, mais des errances.

    Posté par . Évalué à 6.

    Pour moi,
    le Libre n'a pas perdu, loin de ça, par contre, certains se sont perdus en chemin.
    Je vais grossir un peu le trait volontairement.
    Il y a 15 ans, tu allais voir une boite, tu parlais de GNU/Linux, tu passais pour un hippie.
    Maintenant, une bonne partie des entreprises connaissent et utilisent le logiciel libre, et encore plus de collectivités.

    Idem, chez les particuliers, avant dans une install partie, je ne croisais que des étudiants, des technophiles et des activistes de la Liberté (sous toute ses formes).
    Maintenant, quand je participe à des install parties, je vois des retraités qui s'intéressent à leurs libertés individuelles et à la création d'un bien commun, de jeunes entrepreneurs qui utilise de l'openstreet map et qui sont heureux de participer à un ouvrage communautaire, des gens qui ont rencontrés linux en jouant avec des arduinos et des raspberry pi pour pleins de projets vachement sympas.

    Alors, non, le Libre n'a pas perdu, il est devenu beaucoup plus lisible et utilisable, bien plus démocratique, bien plus accessible. Que ce soit sur le hardware (ce qui est essentiel pour l'avenir) que sur le soft, ou la donnée (openstreet map par exemple).
    Au delà du gratuit (qui ne signifie pas libre), ou du téléchargeable (qui le signifie encore moins), il est devenu utilisable sans passer 2 jours dans une cave avec des barbus.

    Mais, j'en parlais l'autre jour sur le chan de l'April, un truc me chagrine, un petit pincement dans mon cœur de "vieux" libriste.
    Plusieurs boites que je suis depuis une bonne dizaine d'année, qui étaient / sont libristes, ou du moins le mettent en avant, commence à proposer de la double licence.
    En gros, une version libre bien mais pas top, et une version propriétaire avec tout dedans.
    Ça fait un peu shareware ou freeware, mais pas libre.

    Alors, je sais bien, il faut manger, et la licence ça permet de multiplier les petits-pains en vendant des options vachement cool qui ont coûté cher en développement, et ce plein de fois, même quand le développement est fini d'amortir depuis longtemps.

    Mais c'est dommage, je trouve, de se perdre pour du business, en se retrouvant à faire signer des chartes de reversement à ses contributeurs permettant de re-propriétariser leurs contributions et ainsi transformer du Libre en Propriétaire, pour le plus grand bénéfice.
    On me dira "fork si tu veux", mais c'est pas aussi simple, évidemment.

    Voilà la seule errance qui me chagrine.

    Join us now and share the software,
    Yves-Gaël Chény.

  • # on est vendredi ?

    Posté par (page perso) . Évalué à 1.

    troll ou pas Troll ?, telle est la question

  • # Ah bon ?

    Posté par (page perso) . Évalué à 10. Dernière modification le 30/08/19 à 17:02.

    Je rentre à l'instant de mon taf du jour, qui consistait à peaufiner le réseau de notre petit lycée local. Petit tour d'horizon.

    • 2 serveurs sous CentOS 7
    • 2 serveurs dédiés sous CentOS 7
    • 1 routerboard sous CentOS 7
    • 12 postes clients sous OpenSUSE Leap 15
    • 2 portables sous OpenSUSE Leap 15

    Chaque fois que je lis un article qui m'explique que le libre n'arrive pas à percer, je me demande d'où sortent les chiffres. Nos machines ici ne sont recensées nulle part.

    Conclusion : chat échaudé craint la charrue avant la peau de l'ours.

    Dyslexics have more fnu.

    • [^] # Re: Ah bon ?

      Posté par (page perso) . Évalué à -5.

      Vos réussites couronnent votre persévérance, Nicolas. Bravo ! _^

      Mais avouez que vous en avez chié avant d’y arriver, et que ça n’aurait pas été plus mal que le logiciel privateur soit moins hégémonique ! Je me trompe ? _^

  • # Les années 90

    Posté par (page perso) . Évalué à 5.

    J’en vois ici dont le cerveau est resté dans les années 90… c’est triste 6 ans après les révélations de Snowden…

    • Le monde du travail bouleversé par l’« uberisation », c’est à cause des logiciels privateurs. En effet, si les plates-formes étaient conçues libres et acentrées telles le Fediverse, aucune méga-entreprise ne pourrait contrôler l’ensemble des autres sur un marché.

    • La catastrophe des déchets électroniques, c’est encore à cause des logiciels privateurs. En effet, la licence Windows vendue à chaque poste neuf, ça n’incite certainement pas Microsoft à optimiser son logiciel merdique pour faire durer notre matos.

    • J’en passe pour aborder un cas plus personnel : si on est forcé d’exercer un métier de santé sans respecter le secret médical --- bah oui, un système conçu pour pomper les données personnelles installés sur l’ordi de votre médecin, pharmacien, infirmier, de votre hôpital… vous y avez pensé ? --- Bref, c’est toujours à cause des logiciels privateurs.

    Alors, avec tout ça, si l’expression « logiciel privateur » vous semble péjorative, c’est peut-être bien à raison, non ?

    On ne vous demande pourtant pas de passer une licence de droit pour comprendre que l’expression « logiciel propriétaire » est :

    1. Impropre : les logiciels libres appartiennent à tous (et pas à personne), donc à beaucoup plus de personnes que ceux qui ne le sont pas.

    2. Incorrecte en français : Avez-vous déjà entendu « voiture propriétaire » par exemple ?

    Clairement : si nous étions dignes de notre statut de citoyen de la République Française, nous devrions nous efforcer de ne plus utiliser que des logiciels libres.

    Ceci étant dit… la métaphore guerrière « Aux armes citoyens ! » est peut-être excessive… Permettez-moi alors de lui substituer le prosaïque Sortez-vous les doigts du cul ! ;-)

    • [^] # Re: Les années 90

      Posté par (page perso) . Évalué à 4. Dernière modification le 30/08/19 à 17:27.

      Le monde du travail bouleversé par l’« uberisation », c’est à cause des logiciels privateurs. En effet, si les plates-formes étaient conçues libres et acentrées telles le Fediverse, aucune méga-entreprise ne pourrait contrôler l’ensemble des autres sur un marché.

      Tu peux développer ? Parce que je dois être un peu idiot, mais je ne vois pas ce que ça aurait changé si Uber ou ses concurrents avaient publié le code source de leurs applications.

      La catastrophe des déchets électroniques, c’est encore à cause des logiciels privateurs. En effet, la licence Windows vendue à chaque poste neuf, ça n’incite certainement pas Microsoft à optimiser son logiciel merdique pour faire durer notre matos.

      Ah oui, carrément. C'est clair que tous nos logiciels libres sont parfaitement optimisés. Pire : tu ne mentionnes que Windows, mais que dire de tous les logiciels, libres ou non, qui tournaient sur nos vieux ordis ?

      J’en passe pour aborder un cas plus personnel : si on est forcé d’exercer un métier de santé sans respecter le secret médical --- bah oui, un système conçu pour pomper les données personnelles installés sur l’ordi de votre médecin, pharmacien, infirmier, de votre hôpital… vous y avez pensé ? --- Bref, c’est toujours à cause des logiciels privateurs.

      Là encore tu mélanges les choux et les carottes. Tu peux faire un logiciel propriétaire respectueux de la vie privée des gens, tout comme tu peux faire un logiciel libre qui va pomper toutes leurs données…

      Incorrecte en français : Avez-vous déjà entendu « voiture propriétaire » par exemple ?

      Note que je n'ai jamais non plus entendu « voiture privatrice ».

      La connaissance libre : https://zestedesavoir.com

      • [^] # Re: Les années 90

        Posté par . Évalué à 4. Dernière modification le 31/08/19 à 11:37.

        Incorrecte en français : Avez-vous déjà entendu « voiture propriétaire » par exemple ?

        Note que je n'ai jamais non plus entendu « voiture privatrice ».

        Yep, alors que "propriétaire", dans le cas du matériel, bien sur que si, ça veut traditionnellement dire "non standard / spécifique à ce constructeur" (nb: ça marche en anglais aussi) typiquement en armement (proprietary magazine, bayonet, etc.) et donc, ce n'est pas totalement satisfaisant, puisqu'un logiciel non-libre peut, au moins théoriquement, être "standard" (un lecteur RSS, par exemple, qui lit et écrit les formats usuels) et non-spécifique (et là aussi les exemples abondent, damned) à son constructeur.

        Semantics is a bitch ; en l’occurrence, c'est Zenitram qui a raison (en même temps, "non-libre" est un peu une non-solution, au plan linguistique) mais que ça devienne pas une habitude non plus, sinon où va-t-on.

        Notons pendant qu'on y est, que ce dernier utilise régulièrement des mots-valises au moins aussi imprécis et peu satisfaisants, pour les balancer à ses contradicteurs, réels ou imaginaires, sans sembler s'en émouvoir le moins du monde ;p

        Bonne rentrée à tousses !

      • [^] # Re: Les années 90

        Posté par . Évalué à 3. Dernière modification le 02/09/19 à 08:30.

        si les plates-formes étaient conçues libres et acentrées telles le Fediverse, aucune méga-entreprise ne pourrait contrôler l’ensemble des autres sur un marché.

        Tu peux développer ?

        Il ne répond pas mais comme je suis plutôt d'accord avec lui, je me lance…

        L'exemple est très bien. Pourquoi Uber, qui n'a ni chauffeur, ni voiture se permet de prendre 30% sur chaque course (plus que l'État, qui lui a fabriqué la route quand même). Pourquoi Uber augmente ce taux, ou diminue le prix minimum de la course à loisir ?

        Parce que les chauffeurs Uber sont devenus dépendants de la plateforme. Et si il y a un truc que le logiciel libre aide bien, c'est l'indépendance de l'utilisateur au créateur du logiciel.

        Alors l'effet de réseau fait que ce serait peut-être pas si simple de créer une plateforme alternative qui ne prenne que 10% et garantisse 10€ de course minimum, la difficulté étant de mettre en relation chauffeurs et clients, mais le coût de création d'une nouvelle plateforme fait qu'il est bcp plus difficile pour les chauffeurs de se rebeller en montant leur propre plateforme "équitable".

        En théorie, la théorie et la pratique c'est pareil. En pratique c'est pas vrai.

        • [^] # Re: Les années 90

          Posté par (page perso) . Évalué à 7.

          Pour moi tu surestimes très largement l'impact du code dans ce genre de projets. À moins d'avoir une avancée technologique monstrueuse sur les concurrents, ce qui va faire le succès d'un projet comme Uber, c'est plutôt son effet réseau, le fait qu'il soit connu, etc.

          On peut prendre plusieurs exemples :

          • Deliveroo est je crois le leader du marché de la livraison de nourriture à domicile en France, pourtant leurs sites / applications sont très, très loin d'être bons, et la concurrence fait souvent mieux sur ce point.
          • Steam a le quasi monopole sur la distribution de jeux dématérialisés pour PC, malgré beaucoup d'alternatives. Les seuls qui commencent à leur faire de l'ombre, c'est Epic Games, non pas grâce à la qualité de leur logiciel (au contraire) mais grâce à leur immense force de frappe commerciale.
          • Android a une base libre, avec une surcouche propriétaire massive (tous les outils Google pour commencer). Pourtant aucun projet visant à réutiliser la base libre pour en faire une alternative qui libérerait les utilisateurs n'a fonctionné en masse et à long terme.
          • Il y a plein de réseaux sociaux libres et acentrés (diaspora, mastodon…) et pourtant les plus grands d'entre eux ne sont que des nains par rapport aux grands réseaux centralisés.
          • Etc.

          Il y a aussi la puissance matérielle et financière à avoir pour rivaliser avec les géants en place : je vous renvoie aux déboires de Qwant pour un exemple.

          Oui, le logiciel aide à devenir indépendant du créateur du logiciel. Mais quand une méga-entreprise, même dans l'informatique, est en situation de monopole et de contrôle, c'est rarement à cause du logiciel lui-même, mais à cause de facteurs tiers bien plus complexes à contrôler qu'une simple libération des logiciels. Et de mon point de vue, c'est naïf de penser que cette simple libération nous éviterait les problèmes de centralisation, de monopole et de contrôle.

          La connaissance libre : https://zestedesavoir.com

          • [^] # Re: Les années 90

            Posté par (page perso) . Évalué à 1.

            Et de mon point de vue, c'est naïf de penser que cette simple libération nous éviterait les problèmes de centralisation, de monopole et de contrôle.

            Mais, on est d’accord : bien sûr que le Logiciel Libre est insuffisant à libérer les utilisateurs des ordinateurs (individus, entreprises, associations, administrations etc.) !

            Ce qu’on explique par contre, c’est que le Logiciel Libre est nécessaire à cette libération.

            Ainsi, dans ce cas particulier des plates-formes de marchés virtuels (un marché étant un lieu qui rassemblent les acheteurs et vendeurs d’un même type de bien, pour leur permettre d’échanger.) du type de Just Eat, Trivago, Blablacar, ou encore Leboncoin, il est nécessaire de se baser sur un système de réseau qui soit libre ET conçu de manière acentré pour que ces marchés ne soient pas biaisés, autrement dit que les vendeurs et acheteurs, ne soient pas enchaînés.

            Évidement que ce n’est pas le tout, qu’il faudra encore une masse d’effort, *mais la condition sine qua non est le rejet des logiciels privateurs.

            Que ce rejet soit progressif, au rythme de chacun, pourquoi pas (quoi que ça fasse déjà 15 ans qu’Ubuntu a démontré que le logiciel libre pouvait s’adapter à tous… il va être bien temps en 2019 de se --- je trouve cette expression parfaitement adéquate, alors je la réécris --- sortir les doigts, non ?) Encore faut-il que chacun soit conscient de la nécessité du rejet des logiciels privateurs, ou en miroir, de la nécessité de l’usage systématique des logiciels libres.

      • [^] # Re: Les années 90

        Posté par (page perso) . Évalué à 0.

        Note que je n'ai jamais non plus entendu « voiture privatrice ».

        J’avoue ! ^

      • [^] # Un logiciel privateur peut-il être respectueux de la vie privée

        Posté par (page perso) . Évalué à 2.

        Tu peux faire un logiciel propriétaire respectueux de la vie privée des gens, tout comme tu peux faire un logiciel libre qui va pomper toutes leurs données…

        Réponse courte : Oui mais non.

        Réponse détaillée : C’est peut-être possible qu’un logiciel privateur respecte la vie privée des gens mais comme la conception et le déploiement des logiciels privateurs n’accordent pas de place à la transparence, personne ne peut le vérifier, l’affirmer en toute indépendance, encore moins certifier que ce fait sera toujours valable.

        • On ne peut absolument rien dire d’intéressant sur la façon dont un logiciel respecte la vie privé sans étude indépendante, reproductible et publique au code source. Il faut la liberté d’étudier le programme (première partie de la liberté 1 du Logiciel Libre).

        • On ne peut pas assurer que la version fonctionnelle, réellement installée sur les ordinateurs des gens (le « binaire ») dérive bien du code source étudié, sans traçabilité indépendante, reproductible et publique de chaque étape de distribution du programme. Il faut la liberté de distribuer la version originale du programme (liberté 2).

        • Quand bien même on serait au courant d’un problème impactant la vie privée au sein d’un programme, en particulier s’il s’agit d’un acte volontaire de la part du programmeur : une porte-dérobée, on ne peut pas alerter les utilisateurs, corriger le programme, et en distribuer la version corrigée à tous les utilisateurs habitués à ce programme, si on n’en a pas le droit. Il faut la liberté de modifier le programme et la liberté de distribuer la version modifiée du programme (seconde partie de la liberté 1 et liberté 3).

        • Enfin, tous ces droits doivent être appliqués à l’ensemble des logiciels installés sur un ordinateur. En effet, puisqu’aucun programme n’est jamais totalement isolé au sein d’un système d’exploitation, le moindre petit programme qui n’aurait même a priori rien à voir, peut contenir une faille qui contourne les sécurités des autres programmes.

        Ceci étant posé, c’est vrai qu’aucun logiciel, libre ou non, ne peut garantir à tout instant l’absence de failles ou de portes-dérobées en son sein qui pourraient être exploitées pour découvrir les données personnelles des utilisateurs, cependant, seuls les logiciels libres satisfont une certaine obligation de moyens.

        En tout état de cause, si quelqu’un affirme que tel logiciel privateur est « respectueux de la vie privée » ou encore « sécurisé », on ne peut pas savoir qu’il ne s’agit pas de bullshit de vendeur. Et un expert en sécurité informatique qui ne serait pas libriste est un charlatan.

    • [^] # Re: Les années 90

      Posté par (page perso) . Évalué à 1.

      c’est triste 6 ans après les révélations de Snowden…
      [SNIP]

      https://www.youtube.com/watch?v=bZW5CJ8OWyQ


      »La mer est dangereuse, même lorsqu'il n'y a pas d'eau d'dans
      »quand on creuse la baie du Mont St-Michel, on trouve plein de chapeaux de boy-scouts.

    • [^] # Re: Les années 90

      Posté par (page perso) . Évalué à 5.

      si les plates-formes étaient conçues libres et acentrées telles le Fediverse, aucune méga-entreprise ne pourrait contrôler l’ensemble des autres sur un marché.

      Pourquoi ?

      La catastrophe des déchets électroniques, c’est encore à cause des logiciels privateurs.

      Et tous ces vieux téléphones Android qui dorment au fond d'un tiroir avant de finir on-ne-sait-où, est-ce à cause du "machin" privatif, ou d'effets de mode à qui aura le plus gros ?

      un système conçu pour pomper les données personnelles installés sur l’ordi de votre médecin, pharmacien, infirmier, de votre hôpital

      Toi, tu as des informations croustillantes à nous faire, il est temps de rédiger un journal qui dénonce grave :)

      dignes de notre statut de citoyen de la République Française

      J'aurais plutôt pensé que nous étions tous habitants de la planète, mais peut-être suis-je devenu trop idéaliste avec l'age…

      Sur ce, je retourne dans la fraîcheur matinale du dd2 écrire des lignes de code dont la futilité n'est plus à démontrer.

      * Ils vendront Usenet^W les boites noires quand on aura fini de les remplir.

      • [^] # Re: Les années 90

        Posté par (page perso) . Évalué à -2.

        Et tous ces vieux téléphones Android qui dorment au fond d'un tiroir avant de finir on-ne-sait-où, est-ce à cause du "machin" privatif, ou d'effets de mode à qui aura le plus gros ?

        C’est à cause des deux ! En matière de mode, je ne sais pas trop ce qu’il faut faire… pour les logiciels privateurs, je sais quoi faire ! ;-)

        Toi, tu as des informations croustillantes à nous faire, il est temps de rédiger un journal qui dénonce grave :)

        Oh, je n’ai pas tellement d’infos autres que celles qu’on peut trouver tout seul sur le net comme :
        + Ce listing par la FSF des malveillances permises par les logiciels privateurs avec en particulier : https://www.gnu.org/proprietary/proprietary-surveillance.html#SpywareInWindows
        + Ce rapport, présenté sur le Framablog, des autorités allemandes concernant Windows 10

        Et je ne fais que croiser ces informations avec le fait, qu’il me semble futile de vérifier à la loupe, que 99% des professionnels de santé utilisent allègrement les logiciels privateurs et qu’ils sont encore très rares à être seulement conscients que les logiciels privateurs constituent un problème.

        Quant à rédiger une page sur Linuxfr.org, pourquoi pas, mais je crois que je fournis déjà tous les efforts que je peux :
        + Ma thèse en pharma (2014) : http://www.sudoc.fr/18121816X
        + Ma confé aux RMLL 2015 : http://video.rmll.info/videos/libre-et-sante/
        + Une FAQ adaptée --- j’espère --- aux non-informaticiens : https://deontobox.org/blog/a-propos/

        Sur ce, je retourne dans la fraîcheur matinale du dd2 écrire des lignes de code dont la futilité n'est plus à démontrer.

        Si, lorsque tu publies, tu publies sous licence libre, c’est bien. Tu n’as pas à te sentir visé de ne pas développer à des logiciels métiers. Moi, je ne maîtrise même pas le moindre langage de programmation… le jour où ça m’arrivera, c’est clair que je bidouillerai de tout, mais surtout des trucs amusants ! Or la secteur de la santé ne m’amuse plus vraiment… j’en ai marre.

  • # Stable api nonsense ?

    Posté par . Évalué à 3. Dernière modification le 30/08/19 à 20:45.

    Des millions de terminaux actuellement équipés d'un noyau linux, une considérable majorité sont équipés d'un système android qui limite volontairement les prérogatives de l'utilisateur.

    Sur cet aspect, on est clairement sur une problématique complexe, à la frontière entre HW et SW.

    • Si les machines ARM avaient une plate-forme bien définie comme le PC et pouvaient toutes booter le même système Android, la situation serait différente. Google aurait pu exiger que chaque smartphone dispose de l'équivalent d'un UEFI (ou autre solution permettant de booter un kernel générique…), mais ne l'a pas fait. Game over.
    • Si on n'avait pas décrété que "stable_api_nonsense" (ideologie qui date d'un autre temps et d'un autre contexte), on n'en serait pas à avoir une tetrachiée de kernels propriétaires (que chaque SoC vendor fait évoluer de son côté), impossibles à merger avec mainline et donc condamnés à être abandonnés par le fabricant à la fin de la durée de support dudit produit…

    Tout ça aboutissant (indépendamment de la politique de Google "semi-ouverte") à une montagne de merde de déchets électroniques, faute de pouvoir assurer un support à long terme (au moins sur les correctifs de sécurité)

    • [^] # Re: Stable api nonsense ?

      Posté par (page perso) . Évalué à 3.

      Google aurait pu exiger que chaque smartphone dispose de l'équivalent d'un UEFI (ou autre solution permettant de booter un kernel générique…), mais ne l'a pas fait.

      Ils ont tenté de le faire à plusieurs reprises mais n'ont pas encore réussi. Google n'est pas assez gros pour les vendeurs de smartphone.

      Si on n'avait pas décrété que "stable_api_nonsense" (ideologie qui date d'un autre temps et d'un autre contexte), on n'en serait pas à avoir une tetrachiée de kernels propriétaires

      Je doute fortement, les fabricants préfèrent maintenir un fork inutilisable, ça permet que les acheteurs achètent le nouveau SoC pour avoir les nouvelles fonctionnalités. La preuve, c'est compliqué d'avoir les sources de leurs forks. Si c'était lié aux problèmes des api, ont aurait facilement accès aux sources des forks.

      « Rappelez-vous toujours que si la Gestapo avait les moyens de vous faire parler, les politiciens ont, eux, les moyens de vous faire taire. » Coluche

      • [^] # Re: Stable api nonsense ?

        Posté par (page perso) . Évalué à 5.

        Je doute fortement, les fabricants préfèrent maintenir un fork inutilisable, ça permet que les acheteurs achètent le nouveau SoC pour avoir les nouvelles fonctionnalités. La preuve, c'est compliqué d'avoir les sources de leurs forks. Si c'était lié aux problèmes des api, ont aurait facilement accès aux sources des forks.

        Pour avoir travaillé sur plusieurs types de processeurs ARM, obtenir le code Linux du fondeur n'est pas difficile du tout. Mais la qualité du code est elle assez affreuse. Ce qui rend toute maintenance depuis l'extérieure (et donc l'ajout du code dans le noyau Linux officiel) très délicat.

        Et je ne dirais pas que c'est fait dans l'optique de rendre le code non maintenable pour vendre de nouvelles puces. Je dirais surtout qu'il y a un manque de savoir faire à ce sujet et qu'ils n'investissent pas dans la qualité de ce travail car c'est finalement assez secondaire. Pourquoi perdre du temps là dedans alors que 18 mois plus tard le processeur sera remplacé et le code du noyau aussi ?

  • # C'est toi qui perd...

    Posté par . Évalué à 7.

    Je m’inscris en faux contre votre billet ! Bientôt sexagénaire et passionné, depuis tout petit, par toutes les technologies qui nous entourent j’ai connu le début de l’informatique dite « personnelle », l’arrivée du Minitel, de l’Internet, des réseaux sociaux et je n’arrive pas du tout à la même conclusion que vous, bien au contraire !

    Pire, je pense qu’une sorte de « mutation » est en train d’arriver, accélérée par les frasques des puissants d’aujourd’hui (Trump, Bolsonaro, …) et par l’état de la planète, deux sujets qui au final nous font un peu peur quand même…

    Surconsommation, obsolescence dite "programmée", campagnes désertées, libertés individuelles en danger, des pauvres toujours plus pauvres, des riches toujours plus riches… Bref tout un tas de constats « alarmants » qui ne laissent plus grand monde indifférent.

    J’habite une de ces régions de France à l’abandon où les gens sont plus pauvres qu’ailleurs et où les offres d’emploi se comptent sur les doigts d’une main, avez-vous déjà vu le sourire d’un retraité sans le sou devant son PC Windows, de 6 ans d’age et devenu inutilisable, qui revit grâce à une distribution Linux ? Je ne pense pas… Pour moi, c’est toujours une victoire !

    A bon entendeur ! Salut !

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