Journal Encore une technologie sensible rachetée par les États-Unis

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-7
8
août
2011

Oberthur (carte à puce et cartes d'identités françaises) va être rachetée par Advent : http://www.zdnet.fr/actualites/oberthur-sur-le-point-d-etre-cede-au-fonds-advent-pour-plus-d-1-milliard-d-euros-39762905.htm

Après Mandriva rachetée par la Russie, Gemplus racheté par les États-unis, l'hécatombe continue. L'État français n'arrive pas à garder le contrôle de ses technologies stratégiques, il n'y a pas assez d'investisseurs solides en France. La fiscalité peu avantageuse en France fait émigrer les bons chercheurs français vers l'étranger et les investisseurs restent Luxembourgeois, Suisses, Russes, Américains et Chinois. Ou alors les investisseurs français ne s'intéressent pas à l'aspect stratégique mais uniquement à la rentabilité? Il faudrait peut-être revenir à un système d'investissement étatique ou voter une fiscalité spécifique pour les fonds investis dans des secteurs stratégiques ou porteurs (les logiciels libres en font partie).

  • # Mandriva technologie stratégique/sensible ?

    Posté par . Évalué à 9.

    tout est dans le titre

    • [^] # Re: Mandriva technologie stratégique/sensible ?

      Posté par . Évalué à 9.

      Si dépendre d'éditeurs de logiciels libres uniquement américains ne te dérange pas, alors non, il n'y a rien de stratégique. En revanche, si on souhaite conserver quelques boites qui font du logiciel (libre en particulier) en Europe, il va falloir se bouger le cul. Avoir la main sur ce secteur permet de ne pas être dépendant. À l'heure actuelle, le matériel et le logiciel sont fabriqués principalement aux US et en Asie. Est-ce qu'on est trop cons ? Non, je ne crois pas. Juste que ceux qui ont les moyens s'en foutent parce qu'ils nous montrent année après année qu'ils n'ont aucune vision au delà du prochain bilan trimestriel, et que ceux qui ont la bonne vision n'ont pas les moyens.

      • [^] # Re: Mandriva technologie stratégique/sensible ?

        Posté par (page perso) . Évalué à 2.

        Est-ce qu'on est trop cons ?

        qui ça "on" ?

        A l'heure où tous les échanges (commerciaux, mais aussi culturels ou humains) se font au niveau mondial, je ne vois pas pourquoi on devrait avoir peur que des technos partent aux US. C'est pas comme si en France on retournait à la ruralité à cause de ça.

        Personne n'a crié au scandale quand Vivendi a racheté Universal, un machin infiniment plus "stratégique" (?) pour les US que Mandriva ou Gemplus pour la France.

    • [^] # Re: Mandriva technologie stratégique/sensible ?

      Posté par . Évalué à 1.

      C'est pas mandriva qui avait décroché un énorme contrat avec l'armée française afin de la sécurisé ? Si c'est le cas il me semble que mandriva devient stratégique pour la sécurité nationale non ?

      • [^] # Re: Mandriva technologie stratégique/sensible ?

        Posté par . Évalué à 6.

        C'était plus Bertin, en fait.
        Il ne s'agissait pas de "sécuriser l'armée", mais d'avoir une solution maison permettant une sécurisation et une isolation totale entre machines virtuelles dans le cadre Xen. Cette solution a été présentée à l'épreuve des "critères communs EAL" et a reçu une validation EAL5, ce qui est très rare.

        La solution se nomme PolyXene et se trouve en dehors du périmètre de la société Mandriva S.A.

        L'hyperviseur de sécurité PolyXene 1.1 offre un environnement d'accueil de systèmes d'exploitation (Guest Operating System Hosting Framework), qui permet l'exécution sur une même plateforme matérielle de plusieurs systèmes d'exploitation basés sur un noyau Linux, dits systèmes invités. Dans cet environnement, les systèmes invités s'exécutent indépendamment et sont cloisonnés entre eux. PolyXene fournit ainsi un service configurable de virtualisation autour de l'API Xen et met en oeuvre, outre le cloisonnement, des services de communications maîtrisées entre systèmes invités et pour l'administration distante du produit, des fonctions d'authentification, de contrôle d'intégrité et d'audit.

  • # Mandriva strategique ?États-Unis

    Posté par . Évalué à 10.

    Je pense que tu surestimes "un peu" le caractère "stratégique" qu'avait Mandriva pour la France lors de son rachat.

    • [^] # Re: Mandriva strategique ?États-Unis

      Posté par (page perso) . Évalué à 7.

      Je pense que tu surestimes "un peu" le caractère "stratégique" qu'avait Mandriva pour la France lors de son rachat.

      A une époque Mandriva avait une grosse base d'utilisateurs. Un projet Européen alliant Mandriva, Suse, TrollTech et MySQL AB aurait à cette époque permis de créer un acteur Européen majeur du logiciel libre.

      Maintenant, Mandriva n'existe plus, Suse fait partie de Novell, MySQL appartient à Oracle et TrollTech malgré son avance technologique et le fait d'appartenir à Nokia est absente du marché des SmartPhones, Tablettes et autres devices.

      S'il s'était agit d'automoblie, il y a fort à parier que les choses ne se seraient pas passées ainsi.

  • # Carte d'identité ?

    Posté par . Évalué à 4.

    Pour Mandriva soit, ça se discute. Mais concernant Oberthur, ça veut dire que nos cartes d'identité française vont être réalisé par une société américaine ? En effet c'est assez... drôle, ou pas. Les cartes à puces (Vitale, etc...) pareil ? Ou j'ai rien compris.

    • [^] # Re: Carte d'identité ?

      Posté par . Évalué à 1.

      Ca doit être le cas de plein de pays dans en Europe et dans le monde - Tous les pays ne possèdent un fabricant de carte à puce, des constructeurs de train, d'avion, de centrales nucléaires etc. Pour certaines technos, il faut bien s'approvisionner à l'étranger.
      D'ailleurs, Oberthur n'est pas un fondeur de puce à ma connaissance et doit sous-traiter la fabrication des puces à d'autres (au moins une est francaise)

      • [^] # Re: Carte d'identité ?

        Posté par . Évalué à 1.

        Tous les pays ne possèdent un fabricant de [...]

        Ce n'est pas une raison pour laisser filer pour trois sous nos avantages acquis au prix de notre travail et de nos ressources.

        • [^] # Re: Carte d'identité ?

          Posté par . Évalué à 2.

          Bôh, tout de suite les grands mots … c'est quand même pas comme si on avait ouvert le marché de l'énergie à la «concurrence» …

    • [^] # Re: Carte d'identité ?

      Posté par . Évalué à 3.

      Il n'y a pas que les carte de visite et les passeport mais aussi toutes les données personnelles et les données biométriques qu'elles contiennent qui seront accessibles aux Etats-Unis, et d'une façon définitive (on ne peut pas changer de doigts et de tête).
      En fait, les Etats-Unis rachètent depuis plusieurs années toutes les entreprises qui font les cartes d'identité et les passeports des pays d'Europe et d'Asie, après avoir imposé la biométrie. Comme cela, ils pourront contrôler les mouvements de toutes les personnes. ils contrôlent déjà les communications avec Echelon et les mouvements bancaires internationaux avec SWIFT qui transmets toutes les informations de virement aux officines américaines.

      Mandriva est stratégique :
      http://www.silicon.fr/la-russie-devoile-son-plan-sur-cinq-ans-en-faveur-des-logiciels-libres-43554.html

      • [^] # Re: Carte d'identité ?

        Posté par (page perso) . Évalué à 4.

        Surtout, les US étaient complètement à la rue sur la technologie de la carte à puce.

        Bossant dans le secteur, le classement des grands producteurs de cartes à puce est à peu de choses près:
        1. Gemalto, c'est bien de chez nous
        2. Oberthur, c'est bien de chez nous
        3. Sagem / Orga: ils produisent quand même la carte vitale et plusieurs autres projets passeports. Mais ils sont en perte de Vitesse.
        4. Giesicke & Devrient: c'est des allemands
        5. NXP (anciennement Philips): c'est des Néerlandais, très présents en Allemagne et en France

        Les autres sont plutôt minoritaires. Donc en gros, la carte à puce, c'est un monde franco-allemand. Alors que c'est en train de devenir un technologie stratégique pour l'identification sécurisée des citoyens ou des employés dans le cadre d'un renforcement de la sécurité (je parle pas de traçage, juste d'assurer que Bob est bien Bob et pas Jules).

        Quand on pense que les pays qui investissent le plus au monde en sécurité (Israël, US, Russie) n'ont pas la maîtrise de cette technologie, je comprends qu'ils aient des sueurs froides.

        Mais de toute façon, l'expertise est en France ou au pire en Europe. Les développeurs familiers avec la technologie carte à puce, les laboratoires de sécurité, les gens qui pondent les spécifications internationales, etc, tout ça est soit chez nous, soit chez nos voisins.

        Donc à moins de fermer tous les bureaux français, je pense que la techno va rester sur le principe en France. Et un agent de la DGA aura certainement plus d'influence sur un développeur de carte à puce travaillant à Nanterre que un patron situé aux Etats-Unis.

        Pour moi, il y a pas de quoi s'affoler. Surtout que c'est un fond d'investissement, il peut très bien revendre Oberthur à une boite française ou européenne.

        • [^] # Re: Carte d'identité ?

          Posté par (page perso) . Évalué à 0.

          Et un agent de la DGA aura certainement plus d'influence sur un développeur de carte à puce travaillant à Nanterre que un patron situé aux Etats-Unis.
          Que vient foutre la DGA là-dedans ? Tu veux peut-être parler de la DCRI ?

    • [^] # Re: Carte d'identité ?

      Posté par . Évalué à 1.

      Surtout que nous devons l'invention de la carte à puce à un français : Roland Moreno. Le brevet a été déposé en 74 et au début des années 80 il y a eu pas mal d'expérimentation à un stade avancé (carte CP8 de Bull, expérimentations par les CCP...). Les PTT avaient même des lecteurs de cartes connectable à des minitels. Le Club Med avait envisagé en 85 de remplacer les colliers de perles par des cartes dans un de ses clubs pour évaluation.

      Les brevets en question portait sur les principes permettant des échanges sécurisés entre 2 cartes et le contrôle du stockage et de la saisie du code par la carte elle même.

  • # La fiscalité

    Posté par . Évalué à 10.

    La fiscalité peu avantageuse en France fait émigrer les bons chercheurs français.

    J'ai beau relire cette phrase plusieurs fois, je n'arrive pas à comprendre de quoi elle parle exactement : salaire des chercheurs, impôts des chercheurs, charges des sociétés, etc ?

    • [^] # Re: La fiscalité

      Posté par . Évalué à -5.

      Du besoin d'augmentation toujours plus les recettes de l'État par toutes sortes de mesures fiscales. Le problème réside essentiellement dans Loi du 3 janvier 1973 sur la Banque de France qui nous condamne à être des débiteurs perpétuels des banques privés. Regarde les graphiques sur la même page. Curieusement la dette publique augmente très régulièrement et inexorablement depuis cette trahison décision...

      • [^] # Re: La fiscalité

        Posté par . Évalué à 5.

        Curieusement la dette publique augmente très régulièrement et inexorablement depuis cette trahison décision...

        De là à dire que la dette augmente à cause de cette loi, il y a un fossé de 35 bornes de large que je me garderai bien de franchir.

      • [^] # Re: La fiscalité

        Posté par (page perso) . Évalué à 2.

        Du besoin d'augmentation toujours plus les recettes de l'État par toutes sortes de mesures fiscales

        J'ai un petit peu de mal à comprendre... Il y a manifestement 2 parties : "Du besoin d'augmentation" et "plus les recettes de l'État par toutes sortes de mesures fiscales". Et "toujours", on ne sait pas trop à quelle partie il appartient.

        Le "besoin d'augmentation" de quoi ? De salaire ?
        Les "recettes de l'état par toutes sortes de mesures fiscales" sont la cause de la fuite des chercheurs ?!! Les chercheurs seraient-ils soumis à une fiscalité particulière ?
        Pour côtoyer quotidiennement des chercheurs de tous les domaines, je pense que ce qui peut les faire fuir, c'est soit un super projet qui fait rêver, soit le manque de boulot sur place... Mais la fiscalité, je ne vois pas ce que ça vient faire là !?!

      • [^] # Re: La fiscalité

        Posté par . Évalué à 9.

        la corrélation n'implique pas la causalité

        La dette publique augmente très régulièrement et ineroxablement depuis l'accélération du réchauffement climatique observé vers 1980.

        • [^] # Re: La fiscalité

          Posté par . Évalué à 10.

          Moi qui pensait que tout ça, comme les chocs pétroliers, étaient liés à la naissance de ma sœur … Je suis déçu.

  • # linuxfr repère de communistes !

    Posté par (page perso) . Évalué à -3.

    Faudrait surtout se demander pourquoi Mandriva n'a jamais décollé !?,
    le choix de linux pour le poste client on sait ce que ça a donné, marché de micro niche ...
    Même sur les netbooks, linux c'est pris la déculottée par XP et maintenant Seven.

    Que Mandriva soit rachetée ou pas, ils sont en redressement judiciaire depuis plusieurs années...

    Ensuite quand tu dis l'état français n'arrive pas à garder le contrôle de ses technologies : tu as peut être oublié le FSI ?, qui par exemple vient de prendre des parts dans BULL, ou SOITEC. (qui me semblent un peu plus stratégiques que Mandriva !!!!)

    http://www.fonds-fsi.fr/

    • [^] # Re: linuxfr repère de communistes !

      Posté par . Évalué à 0.

      Il me semble au contraire que ça fait des années que Mandriva n'est plus en redressement judiciaire...

      http://fr.wikipedia.org/wiki/Mandriva

    • [^] # Re: linuxfr repère de communistes !

      Posté par . Évalué à 2.

      Bonjour,

      Pour travailler pour une société analogue à societe.com, les informations proviennent des greffes et sont à jour. Si une société est indiquée à tord comme en redressement judiciaire, la société ne tarde pas à se plaindre. Le retour est presque immédiat suite au retour de ses fournisseurs.
      Pour ce qui est des bilans, hors sociétés cotés en bourse, leur diffusion n'est plus obligatoire depuis 1 ans ou 2 en application d'une directive européenne. Les sociétés diffusent encore les bilans pour obtenir une meilleur note auprès des sociétés comme société.com. Cette note favorise l'obtention de crédits et peut éviter de payer au cul du camion.

  • # triple combo

    Posté par . Évalué à 5.

    La fiscalité peu avantageuse en France fait émigrer les bons chercheurs français vers l'étranger (...) Ou alors les investisseurs français ne s'intéressent pas à l'aspect stratégique mais uniquement à la rentabilité?

    Tu aurais pu attendre vendredi pour un si joli combo.

    Bon, sinon, avec la re-localisation de SuSe en Allemagne, et le fait que ce pays soit un grand contributeur de KDE, il y a là une distribution au moins Européenne à défaut d'être française. Et les allemands ils ne rigolent pas en matière de sécurité (pour avoir déjà consulter des docs de S****** estampillées noir sur blanc "adversaires : nsa, dgse", ils ne rigolent vraiment pas pour certains trucs)

    (ha, ben, ça se tente. moinssage)

  • # pas un problème de fric

    Posté par (page perso) . Évalué à 9.

    le soucis, ce n'est pas tant un problème de fric qu'un problème de cons : c'est le copinage à tous les niveaux (financements y compris) qui fait que ca merde. Je connais une chercheuse qui est dégoutté et cherche à se barrer juste parce qu'on ne la laisse pas travailler (elle ne pense même pas à l'argent).

    J'ai un peu fréquenté le milieu universitaire : pour rien au monde je ne travaillerais avec ces gens là : que tes "pairs" soient bons, sympas et travailleurs ne balance pas assez l'attitude de ceux qui "décident" qui te donne juste envie de les claquer. Celui qui est bon, il se fait pas chier à garder son cul, il veut bosser dans la paix : il se casse ailleurs.

    Dans les boites privées, il faut aussi garder son cul et ne pas se faire piquer ses trucs, par un collègues ou un petit chefaillon arrivé au piston ou a la naissance. Même combat.

    Quand à disserter sur les objectifs du monde de la finance, le troll serait bien trop gros.

    • [^] # Re: pas un problème de fric

      Posté par . Évalué à 9.

      Ce n'est pas qu'un problème de fiscalité clairement. Le travail de chercheur est peu considéré en France comme celui d'expert.
      J'ai très rarement vu de boîte de française qui savent correctement rémunéré un expert dans une techno particulière. Par contre les boîtes à management anglo-saxon savent le faire et même très grâcement.
      En france, on pratique souvent l'erreur suivante de dire : "je suis ton chef, donc plus payé que toi". Ce qui fait qu'un expert qui est souvent chapeauté par un chef de projet, puis un directeur de projet, et un chef de département ou autre est mal payé, alors que l'expert est un profil beaucoup plus rare et voir stratégique que celui de ses supérieurs.

    • [^] # Re: pas un problème de fric

      Posté par . Évalué à 5.

      Pour être dans la recherche, je pense qu'il y a un peu de ça, effectivement. Cependant pour clarifier les choses j'observe très peu de fuite des cerveaux de Français par rapport à ce que j'observe pour les Allemands ou surtout les Italiens par exemple. Pour eux avoir un poste à l'étranger ne semble pas poser de problème particulier. En revanche j'ai entendu énormément de Français me sortir quelque chose comme « si je n'ai pas de poste en France, j'arrête la recherche », avec pour justification « tous mes amis et ma famille sont en France » (donc être un geek asocial doit être un avantage :)). Je dois pouvoir compter le nombre de Français travaillant à l'étranger dans mon domaine sur les doigts d'une main. Je cite facilement 2 douzaines d'Italiens sans avoir à me creuser la tête. Évidemment ce n'est que ce que j'observe et ça peut être largement biaisé pour une raison ou pour une autre.

      Pour en revenir à la situation française, pour avoir longtemps travaillé aux USA il y a vraiment une différence très flagrante au niveau de l'organisation. Le système français est épouvantablement hiérarchique et c'est le chef qui détient les cordons de la bourse du labo et qui souvent ne se prive pas pour en jouer à son avantage. Aux USA il y a bien des chefs de labo mais avec des pouvoirs limités et qui gèrent un budget très limité qui en gros se limite aux imprimantes, au salaire de l'admin informatique et à l'accueil des conférenciers. Chaque chercheur doit se débrouiller pour obtenir du pognon. Et quand il y arrive, une fraction est redistribuée au labo, ce qui est tout bénef pour tout le monde. Du coup j'ai vu beaucoup moins de drames et de coups de couteau dans le dos.

      • [^] # Re: pas un problème de fric

        Posté par . Évalué à 2.

        Il y a un autre facteur pour l'Italie, d'après discussion avec des chercheurs italiens, c'est un désengagement très poussé de l'état ce qui rend l'obtention d'un poste quasiment impossible et la conduite de recherches encore pire ne laissant pas beaucoup de choix.

        Concernant la hiérarchie, c'est très variable en France. Il y a assez peu de niveaux en fait et c'est surtout une pénurie qui est difficile à gérer (c'est bien plus facile de partager un cake à 10 qu'un demi croissant). Je bosse dans l'informatique et n'ai pas du tout un sentiment aussi négatif. Certes il y a des mesquineries, des trucs merdiques, mais c'est le cas dans toutes les boites et en particulier dans celle ou on a tendance à rester longtemps. Dans mon labo, le directeur a en fait assez peu de pouvoir et les équipes ont souvent une grosse autonomie financière et ca ressemble beaucoup à ce que tu décris. Vu l'organisation de l'inria j'ai tendance à pensé que c'est similaire aussi.

        C'est sans doute parce qu'en fait la recherche en informatique tout le monde croit que ça coûte cher alors qu'en fait c'est peu coûteux. Comme c'est pas non plus très difficile de vendre une potentielle application industrielle, il y a un financement moins tendu que dans d'autres domaines (biologie/physique expérimentale par exemple).

  • # mais bien sur

    Posté par . Évalué à 10.

    La fiscalité peu avantageuse en France fait émigrer les bons chercheurs français vers l'étranger

    Je ne sais pas pourquoi mais ce genre d'affirmation me semble totalement fausse.

    Peut etre parceque je ne connais aucun chercheur qui soit partis de France pour cette raison?

    Qu'ils soient partis:

    • parcequ'ils n'etaient pas assez proche du mandarin (les recrutement c'est tres tres politique).
    • parceque ils ne sortaient pas de la bonne ecole (le CEA a ses ecoles de predilections) ou pire que cela que c'etait des faqueux, en France cela ne pardonne pas. Encore un exemple CEA: il y a differentes grilles de salaire suivant les ecoles dont le chercheur sort et la derniere case c'est pour les chercheurs sortant ayant fait la fac...
    • que le retour en France apres un post-doc a l'etranger soit tres difficile ne serait ce que contrairement aux autres pays la France ne paie pas les voyages que tu dois faire pour venir passer les entretiens (au passage il n'y a que tres recement que les commissions de recrutement ne font passer les entretiens que pour les candidats ayant une chance d'etre recrute) et contrairement a ce qui est pretendu ici, les chercheurs francais a l'etranger n'ont pas forcement de traitement de faveur niveau fiscale. Exemple: avec les etats-unis, la France a un traite qui exempte les expats de paye les impots pendant deux ans. Il y a juste une clause qui exclue les chercheurs de ce traite.
    • que les moyens de la recherche en France ne font que diminuer. Le passage a 3% du PIB il est toujours pas la et de tout de maniere, il ne devait se faire que en diminuant la part de l'etat en disant que cela serait compense par les entreprises. Mais en France les entreprises francaise ne veulent pas investir dans le recherche en France ni ne font confiance aux chercheurs francais.
      Deux exemples:

      • Gilles de Genes avait propose sa recherche aux entreprises francaise qui ont dit que c'etait de la merde qui servait a rien. Resultat: prix nobel, vente aux japonais qui detiennent donc les brevets de base sur les cristaux liquides.
      • Areva ne donne que tres peu de stage de validation et recrutent tres peu d'etudiants francais car pas au niveau mais paient quelqu'un pour aller au Etats-Unis recruter ces memes etudians dans les universites americaines pendant leur stage de validation. Ils sont brutalement devenus bons en prenant un transatlantique et envoyer quelqu'un de l'autre cote de l'atlantique c'est pas du tout du gaspillage d'argent...
    • que la position sociale des chercheurs est tres tres bas, quel chercheur francais n'a pas deja entendu mille fois la celebre phrase de De Gaulle "En France on a des chercheurs mais on a pas de trouveurs". Mythe bien entretenu par nos elites qui pretendent regulierement que la France n'a pas de prix Nobel (le seul que les politiques soient capables de nommer etant Marie Curry...) et que rien ne sort des labos francais. Je pense que la France est bien le seul pays a ne pas mettre en avant ses resultats et a denigrer le travail de ses chercheurs.

    Que les entreprises innovantes et strategiques soient rachete du coup c'est un peu logique vu qu'elles ne peuvent pas exister.

    Alors que la France a enormement d'atout pour elle, en particulier pour recruter des chercheurs:

    • Qualite de vie
    • systeme social
    • systeme educatif performant et peu cher.
    • ...

    Mais c'est assez peu populiste de promouvoir les elites intellectuels.

    • [^] # Re: mais bien sur

      Posté par . Évalué à 2.

      parcequ'ils n'etaient pas assez proche du mandarin (les recrutement c'est tres tres politique).

      Les membres des jurys de recrutement avec qui j'ai discuté le nient en général, pourtant à voir la liste des embauchés c'est généralement assez évident. J'ai pas mal de collègues très bons, voire brillants pour certains et qui n'arrivent pas à avoir un poste permanent alors que des petits jeunes à thèse+1 et 2 papiers non cités passent sans problème parce qu'ils sont soutenus par les bonnes personnes. Encore une fois je préfère la méthode américaine pour les recrutements, que je trouve en général moins politiques (à quelques rares exceptions près).

      Exemple: avec les etats-unis, la France a un traite qui exempte les expats de paye les impots pendant deux ans. Il y a juste une clause qui exclue les chercheurs de ce traite.

      Ah ? Tu aurais un lien ? Parce que 100% de mes collègues ainsi que moi-même avons eu droit au tax treaty aux USA. C'est d'ailleurs le service international de l'université qui s'est occupé de mon cas et ça n'a posé strictement aucun problème.

      • [^] # Re: mais bien sur

        Posté par . Évalué à 3.

        Les membres des jurys de recrutement avec qui j'ai discuté le nient en général, pourtant à voir la liste des embauchés c'est généralement assez évident.

        J'ai une anecdtote d'un prof qui a appelle les membres du jury toute la nuit precedent les annonces pour faire passer son poulain. La communaute n'ayant pas apprecie la plaisanterie a prevenu qu'il n'y aurait pas de recrutement d'autre thesard sortant de son lab avant longtemps. Celui qui venait juste de finir sa these a du s'exiler a cause de cela. Il y aussi l'anecdote de deux thesardes qui avaient ete recrute avant meme d'avoir fini leur these.

        Donc dire que le mandarinat n'existe pas c'est un enorme mensonge.

        Ah ? Tu aurais un lien ? Parce que 100% de mes collègues ainsi que moi-même avons eu droit au tax treaty aux USA. C'est d'ailleurs le service international de l'université qui s'est occupé de mon cas et ça n'a posé strictement aucun problème.

        C'etait dans le traite dans les annees 2000 mais bon cela date et vu que c'est renegocie regulierement cela a pu changer. De plus cette clause etait tellement anormale (le salaire des post-docs est bien moindre que celui des expats) que cela a pu changer.

      • [^] # Re: mais bien sur

        Posté par . Évalué à 2.

        Convention between the Government of the United States of America and the
        Government of the French Republic for the avoidance of double taxation and the
        prevention of fiscal evasion with respect to taxes on income and capital signed in Paris on
        August 31, 1994, amended by the Protocol signed in Washington on December 8, 2004
        and entered in force on December 21, 2006.

        The Government of the United States of America and the Government of the French
        Republic, desiring to conclude a new convention for the avoidance of double taxation and
        the prevention of fiscal evasion with respect to taxes on income and capital, have agreed
        as follows: [...]

        Teachers and Researchers

        1. An individual who is a resident of a Contracting State immediately before his visit to
        the other Contracting State and who, at the invitation of the Government of that other
        State or of a university or other recognized educational or research institution situated in
        that other State, visits that other State for the primary purpose of teaching or engaging in research, or both, at a university or other recognized educational or research institution
        shall be taxable only in the first-mentioned State on his income from personal services for
        such teaching or research for a period not exceeding 2 years from the date of his arrival in
        the other State. An individual shall be entitled to the benefits of this paragraph only once.

        Donc le traite a bien ete change depuis mes dernieres informations (ok ca date :) ).
        Mais j'espere que tu as fait ta declaration en France declarant tes revenus americains car si je comprend bien le charabia en question c'est ce que tu aurais du faire.

    • [^] # Re: mais bien sur

      Posté par . Évalué à -6.

      ls sont brutalement devenus bons en prenant un transatlantique et envoyer quelqu'un de l'autre cote de l'atlantique c'est pas du tout du gaspillage d'argent...

      Justement, Areva préfère peut-être des étudiants ayant eu une expérience internationale.

      la celebre phrase de De Gaulle "En France on a des chercheurs mais on a pas de trouveurs"

      Ce n'était pas plutôt "En France, des chercheurs, on en trouve, mais des chercheurs qui trouvent, on en cherche."

      Sinon, j'ai toujours entendu dire qu'un des problèmes en France, était que les chercheurs font un peu ce qu'ils veulent dans leur coin. Dans les pays anglosaxons, il y a beaucoup plus de partenariat entre chercheurs universitaires et entreprises. Et ils ont la culture de monter des start-up quand ils trouvent des trucs intéressants.

      Mais en France les entreprises francaise ne veulent pas investir dans le recherche en France ni ne font confiance aux chercheurs francais.

      Peut-être que nos chercheurs sont trop franco francais, pas assez tourné vers l'international (peu de francais publie dans les revues internationales), certains n'ont peut-être jamais vu de près une entreprise et en ont une image assez lamentable.
      Tout cela conjugué à une lourdeur francaise au niveau réglementaire, fiscal et social, et bien ca ne doit pas aider.
      Mais apparemment, le système "crédit impot recherche" plait bien aux grosses sociétés. Faudra voir aussi sur le long terme, le résultat des réformes des universités pour dynamiser la recherche université/entreprise.

      • [^] # Re: mais bien sur

        Posté par . Évalué à 7.

        certains n'ont peut-être jamais vu de près une entreprise et en ont une image assez lamentable.

        Je te rassure de suite, je bosse en SSII, et des entreprises j'en ai vu. Eh bien j'en ai une image assez lamentable dans la plupart des cas.

        Dans les pays anglosaxons, il y a beaucoup plus de partenariat entre chercheurs universitaires et entreprises.

        Ce qui exclue de facto, toute la recherche fondamentale.

        Enfin la recherche où on est certain de trouver comme le voudrait notre gouvernement, ce n'est plus vraiment de la recherche.

        Mais apparemment, le système "crédit impot recherche" plait bien aux grosses sociétés.

        Qui s'en servent pour d'autre choses que de la recherche... Ou alors elle faisaient déjà de la recherche et se servent de ce truc pour payer moins d'impôts (ce que fait ma boite)

        Tout cela conjugué à une lourdeur francaise au niveau réglementaire, fiscal et social, et bien ca ne doit pas aider.

        Là dessus je suis entièrement d'accord un ingénieur de recherche passe plus de temps à régler la paperasse qu'a chercher. Un chargé de recherche à beaucoup moins de paperasse, mais lui ne recherche pas ce qu'il veut.

        Il ne faut pas décorner les boeufs avant d'avoir semé le vent

      • [^] # Re: mais bien sur

        Posté par . Évalué à 3.

        la celebre phrase de De Gaulle "En France on a des chercheurs mais on a pas de trouveurs"

        Ce n'était pas plutôt "En France, des chercheurs, on en trouve, mais des chercheurs qui trouvent, on en cherche."

        Pour être exact: «Des chercheurs qui cherchent, on en trouve. Mais des chercheurs qui trouvent, on en cherche.»

      • [^] # Re: mais bien sur

        Posté par (page perso) . Évalué à 5.

        Sinon, j'ai toujours entendu dire qu'un des problèmes en France, était que les chercheurs font un peu ce qu'ils veulent dans leur coin.

        Autrement dit, ils sont libres de se consacrer aux aspects de leur domaine qui les intéressent plutôt que ceux qui vont rapporter des thunes ? Je trouve ça pas mal.

        Dans les pays anglosaxons, il y a beaucoup plus de partenariat entre chercheurs universitaires et entreprises. Et ils ont la culture de monter des start-up quand ils trouvent des trucs intéressants.

        Je sais pas pourquoi, mais ça me paraît malsain : une université ou autre institution (MIT, etc.) et ses chercheurs devraient avoir pour but de disséminer le savoir à tous, pas de poser des brevets dessus et faire des partenariats commerciaux en capitalisant sur ces derniers (oui, les modes de financement des universités FR et US doivent être assez différents, c'est juste que je n'aime pas leur modèle).

        Envoyé depuis mon PDP 11/70

        • [^] # Re: mais bien sur

          Posté par . Évalué à 0.

          Autrement dit, ils sont libres de se consacrer aux aspects de leur domaine qui les intéressent plutôt que ceux qui vont rapporter des thunes ? Je trouve ça pas mal.

          Autrement dit, ca peut être le bordel, aucune direction, aucune coordination, mauvaise répartition de la matière grise, travail de recherche en double, triple, quadruple, centuple...
          Ca peut être un bazar qui aboutit sur une cathédrale... ou pas.

          • [^] # Re: mais bien sur

            Posté par . Évalué à 4.

            Autrement dit, ca peut être le bordel, aucune direction, aucune coordination, mauvaise répartition de la matière grise, travail de recherche en double, triple, quadruple, centuple...

            Ça peut en théorie. Mais en pratique ça marche infiniment mieux que ça. Il y a extrêmement peu de duplication. Au pire certaines équipes se tirent la bourre mais c'est souvent complémentaire et ça nourrit des débats intenses qui permettent de faire progresser le domaine. Le champ de recherches est d'ailleurs assez vaste pour que les gens se marchent assez peu sur les pieds, même si certains champs à la mode sont plus densément peuplés. Pour être clair il faut bien sûr une gestion de la recherche en affectant des moyens à tel ou tel grand sujet. Cependant je pense que la micro-gestion est extrêmement néfaste et contre-productive. Mais d'ailleurs, pourquoi remettre en cause la liberté académique ?

            • [^] # Re: mais bien sur

              Posté par . Évalué à -2.

              Mais d'ailleurs, pourquoi remettre en cause la liberté académique ?

              Parce ce que si un chercheur touche de l'argent public, il doit rendre des comptes aussi, non ?

              • [^] # Re: mais bien sur

                Posté par . Évalué à 5.

                Et il en rend. Beaucoup même. Les chercheurs doivent rédiger régulièrement des rapports concernant leurs activités et sont évalués par leur section. Pour avoir des financements sur un projet il faut rédiger plusieurs dizaines de pages, ce rapport est évalué et une faible partie obtiendra de l'argent. Une partie de l'évaluation repose sur la crédibilité du projet et de l'équipe. Bref si on n'est pas un bon chercheur on démarre avec un gros handicap par rapport aux autres, d'autant qu'à l'arrivée ça se joue dans un mouchoir de poche. De même si un projet est financé il doit régulièrement rendre compte de l'état d'avancement, le temps investi, etc. Pour les chercheurs un peu sénior l'administration bouffe d'ailleurs une bonne partie de leur temps. Pour les promotions (passage CR → DR, MdC → prof), c'est encore une évaluation. Bref, tout ça pour dire que les chercheurs rendent des comptes.

              • [^] # Re: mais bien sur

                Posté par . Évalué à 6.

                Et depuis quand les chercheurs ne doivent pas pondre plusieurs rapport par an pour soit obtenir des financements soit justifier les financements? Sans compter le rapport annuel obligatoire pour dire ce que tu as fait durant l'annee.

                Et maintenant on est arrive a un point ou un chercheur peut arriver a passer plus de temps a rendre des comptes qu'a faire de la recherche d'ou l'exploitation des post-docs et thesards mais bon la on rentre dans une autre problematique.

                Un truc qui est bien souvent oublie c'est que un chercheur fait trois boulots (au minimum) en meme temps: enseignant, administratif et chercheur.

            • [^] # Re: mais bien sur

              Posté par . Évalué à 4.

              La duplication des efforts n'est pas forcement un mal sauf si l'une ne fait que copier sur l'autre. Mais en recherche il n'existe pas forcement une seule facon de faire et parfois celle qui etait pense etre la meilleure s'avere etre une impasse.

          • [^] # Re: mais bien sur

            Posté par . Évalué à 7.

            C'est pas en cherchant à faire de meilleures bougies qu'on a inventé l'ampoule électrique ... Laisser une marge de liberté aux chercheurs est nécessaire pour pas rechercher, peut être efficacement, dans une voie qui ne mène à terme à rien ou qui sera potentiellement rendue obsolète.

            On sait pas forcément complètement ou on va.

            • [^] # Re: mais bien sur

              Posté par . Évalué à -2.

              Oui mais si une société de fabrication de bougies veut faire de la R&D pour ses bougies (faire de nouveaux parfums, aux vertus thérapeutiques, etc.), elle peut quand même engager un chercheur pour cela ou pas ?
              Apparemment non... :(

              • [^] # Re: mais bien sur

                Posté par . Évalué à 5.

                Je parlai de la recherche institutionnelle. Évidemment qu'un fabriquant de bougie peut embaucher un chercheur pour faire de la R&D si elle sait motiver le chercheur et lui fournir un challenge intéressant pour lui ou si il a des idées dans le domaine.

                Après si tu lui dis "fais des bougies thérapeutiques" ça va peut être pas marcher, peut être parce que c'est simplement une mauvaise idée. D'ailleurs le marketting n'a pas nécessairement besoin de vrai résultats pour vendre des bougies "thérapeutiques" :)

                • [^] # Re: mais bien sur

                  Posté par . Évalué à -1.

                  Encore une fois, le fil de la discussion concernait les entreprises qui n'embauchent pas de chercheurs. Si tu ne fais que te focaliser sur de la recherche institutionnelle, c'est un dialogue de sourd. Je vous laisse tranquille, j'arrête de vous embêter.

          • [^] # Re: mais bien sur

            Posté par . Évalué à 1.

            Autrement dit, ca peut être le bordel, aucune direction, aucune coordination, mauvaise répartition de la matière grise, travail de recherche en double, triple, quadruple, centuple..

            Des fois les chercheurs se parlent entre eux, vont à des conférences, lisent des articles … tu sais.

            • [^] # Re: mais bien sur

              Posté par . Évalué à -1.

              Oui et alors ? En quoi cela fait qu'ils seront dirigés ? Qu'est-ce qui oblige une coordination ? Rien.
              On voit souvent plusieurs équipes qui se tapent la bourre pour trouver la même chose. Et il est hors de questions de s'échanger des informations, pour ne pas que l'équipe adverse arrive à décrocher un prix nobel avant.

              • [^] # Re: mais bien sur

                Posté par . Évalué à 3.

                Oui et alors ? En quoi cela fait qu'ils seront dirigés ? Qu'est-ce qui oblige une coordination ? Rien.

                Savoir ce que font les autres et ce qu'ils peuvent y apporter fait partie du travail de chercheur.

                On voit souvent plusieurs équipes qui se tapent la bourre pour trouver la même chose.

                Là c'est le moment de balancer des noms pour faire plus sérieux. Ton «souvent» est complètement gratuit, même en étant étranger à ce sujet (ce que je ne suis pas) on peut s'en rendre compte en comptant: on n'attribue pas des centaines de prix Nobel dans chaque discipline tous les ans, donc la compétition pour ce prix, ou les autres prix, est plus vraisemblablement hyper marginale.

                Et puis la compétition débile, c'est un des piliers de notre société, non?

      • [^] # Re: mais bien sur

        Posté par . Évalué à 1.

        Sinon, j'ai toujours entendu dire qu'un des problèmes en France, était que les chercheurs font un peu ce qu'ils veulent dans leur coin. Dans les pays anglosaxons, il y a beaucoup plus de partenariat entre chercheurs universitaires et entreprises. Et ils ont la culture de monter des start-up quand ils trouvent des trucs intéressants.

        Le problème est un peu plus compliqué que ça.

        Il vient d'une part aussi des entreprises qui n'ont pas la culture de faire de la recherche. Le management vient beaucoup de grandes écoles que ce soit d'ingénieur ou de commerce, écoles qui ont parfois tendance à mépriser ce qui sort d'une fac et donc une grosse partie de la recherche. Un doctorat en France est en général moins bien considéré qu'un diplôme d'ingé ou de commerce, je ne parle même pas d'envisager un docteur en chimie théorique devenir premier ministre comme Mme Merkel.

        La recherche privée se fait aussi beaucoup sur des grands programmes publiques (centrales nucléaires, avions, trains, des trucs qu'une startup n'a jamais les reins d'entreprendre).

        Il y a aussi je pense beaucoup plus la culture de la recherche et d'une forme de rétribution de la société par certaines élites et entreprises anglo-saxonnes, ce qui permet d'ailleurs une recherche pas forcément appliquée (microsoft research c'est parfois très très loin d'un truc qui va déboucher sur un produit par exemple)

        Concernant les start-ups, ca me semble très général aux français. Les étudiants d'école de commerce et d'ingénieurs foncent aussi beaucoup vers les grands groupes, les corps de l'état attirent beaucoup...

        Peut-être que nos chercheurs sont trop franco francais, pas assez tourné vers l'international (peu de francais publie dans les revues internationales),

        La c'est juste faux, sauf recherche qui a peu de chance de s'exporter (par exemple des considérations d'économie très locales à un bassin)

        certains n'ont peut-être jamais vu de près une entreprise et en ont une image assez lamentable.

        Ca c'est sans doute vrai, mais le système ne pousse pas aux allers-retours. Tu perds une bonne partie de ton avancement, les postes sont une telle gageure à avoir qu'ils sont difficiles à quitter...

        Mais apparemment, le système "crédit impot recherche" plait bien aux grosses sociétés.

        Comme toutes les réductions d'impots... Globalement ca me semble très mal utilisé (je ne vois pas quel est l'apport de la BNP à la recherche en france par exemple)

        Faudra voir aussi sur le long terme, le résultat des réformes des universités pour dynamiser la recherche université/entreprise.

      • [^] # Re: mais bien sur

        Posté par . Évalué à 4.

        les chercheurs font un peu ce qu'ils veulent dans leur coin

        C'est ce qui est demandé de la part des chercheurs non ? Avoir un esprit d'initiative et qu'on n'ait pas besoin de les guider. Si c'est pour obéir aux ordres de la hiérarchie un bac+5 convient très bien. D'ailleurs qui déciderait quoi faire au juste ? Le « ministère » ? Je doute que quiconque soit compétent dans mon domaine là-bas.

        Et ils ont la culture de monter des start-up quand ils trouvent des trucs intéressants.

        En même temps les universités et les banques les suivent. Va expliquer à ton banquier que t'es un chercheur qui veut lancer une start-up et que t'as besoin de 10⁶€.

        Peut-être que nos chercheurs sont trop franco francais

        Pour les plus anciens peut-être, ils ont souvent été recrutés directement après la thèse (voire avant pour certains), en n'ayant jamais mis les pieds à l'étranger. Ça ne facilite pas leur visibilité à l'international ni le développement de collaborations. Les plus jeunes dans mon domaine sont généralement partis au moins un an ou 2 (sauf ceux fortement soutenus par qui il faut).

        peu de francais publie dans les revues internationales

        Ah ? Parce que de mon domaine c'est simple il n'y a que des revues internationales. J'en compte 4 majeures qui publient la quasi totalité des papiers. Les revues françaises c'est surtout grand public et je ne connais personne qui perd son temps à publier dedans.

        certains n'ont peut-être jamais vu de près une entreprise et en ont une image assez lamentable

        Évidemment il y en a quelques uns pour qui le privé c'est le mal absolu mais je trouve que la plupart de ceux que je connais on un regard assez lucide.

        • [^] # Re: mais bien sur

          Posté par . Évalué à 0.

          C'est ce qui est demandé de la part des chercheurs non ? Avoir un esprit d'initiative et qu'on n'ait pas besoin de les guider. Si c'est pour obéir aux ordres de la hiérarchie un bac+5 convient très bien. D'ailleurs qui déciderait quoi faire au juste ? Le « ministère » ? Je doute que quiconque soit compétent dans mon domaine là-bas.

          Je répondais à un commentaire qui affirmait que les entreprises ne veulent pas embaucher des chercheurs. J'émettais l'hypothèse qu'un chercheur n'aimait pas être dirigé. Apparemment j'ai vu juste, car tu considères que chercher dans une direction donnée est une tâche subalterne, qu'un bac+5 est suffisant (ta réponse est d'ailleurs très hautaine, je trouve).

          • [^] # Re: mais bien sur

            Posté par . Évalué à 2.

            Je répondais à un commentaire qui affirmait que les entreprises ne veulent pas embaucher des chercheurs.

            Les entreprises françaises n'aiment pas embaucher des chercheurs, certes. Je trouve que les entreprises américaines et allemandes ont beaucoup moins de préjugés et elles n'ont pas l'air de s'en tirer plus mal que ça.

            Apparemment j'ai vu juste, car tu considères que chercher dans une direction donnée est une tâche subalterne

            Homme de paille. Tu sais, chercher dans une direction donnée est ce que je fais à longueur de journées. Seulement cette direction est définie d'un commun accord entre moi et mes collègues car on pense que ça va avoir un impact dans le domaine. D'ailleurs sauf à être soutenu par un mandarin, faire de la recherche sur des idées données par d'autres ça t'élimine aux concours. Des ordres qui viennent dont ne sait où ça passerait assez mal c'est sûr. Après le politique conserve tout de même un pouvoir important sur ce qu'on fait en décidant de financer (ou pas) tel ou tel grand instrument. Pour les demandes ANR il vaut aussi mieux proposer quelque chose qui soit dans l'air du temps.

            un bac+5 est suffisant (ta réponse est d'ailleurs très hautaine, je trouve).

            Tu sais j'ai une formation d'ingénieur à la base. J'ai une petite idée de ce que fait un ingénieur et j'ai une petite idée de ce que fait un chercheur. Dans les labos de recherche on a aussi pas mal d'ingénieurs (pas assez même selon certains) pour toutes sortes de choses. Certains sont extrêmement compétents et vraiment précieux et font des choses dont on ne serait pas capables. Pour autant il n'ont pas d'esprit d'initiative qu'on attend des chercheurs, et d'ailleurs ce n'est pas ce qu'on leur demande. Ça ne veut pas dire que je les prends de haut ou quoi que ce soit. C'est juste pas le même métier.

            • [^] # Re: mais bien sur

              Posté par . Évalué à -3.

              Oui j'ai bien compris, tu n'es pas prêt à travailler dans une PME pour faire de la recherche dans une direction donnée.
              Peut-être qu'à l'étranger, c'est plus souple des DEUX cotés. Et c'est pour cela que ca marche.
              En france en tout cas, ca m'a l'air mal barré, vu les commentaires que je me prends.

              • [^] # Re: mais bien sur

                Posté par . Évalué à 2.

                Je n'ai rien contre les PME mais honnêtement j'en vois peu faire de la recherche fondamentale et encore moins dans mon domaine. Mon père avait une PME et faisait de la recherche mais c'était très orienté industriel. L'entreprise n'aurait jamais eu les reins assez solides pour autre chose.

                Aussi tout ce que je mentionnais avant ça concerne bien évidemment la recherche fondamentale. Il n'est bien sûr pas inimaginable que la recherche industrielle soit plus dirigée.

      • [^] # Re: mais bien sur

        Posté par . Évalué à 1.

        Peut-être que nos chercheurs sont trop franco francais, pas assez tourné vers l'international (peu de francais publie dans les revues internationales)

        N'importe quoi! Mais vraiment tout faux … en tout cas dans les sciences dures!

        • [^] # Re: mais bien sur

          Posté par . Évalué à 4.

          Il ne fait que repeter ce que les politiques affirment. C'est totalement faux comme tous les chiffres le montre. Les publications franco-francaise scientifique cela n'existe quasiment pas ou c'est soit de la vulgarisation ou des brochures de pub pour le ministere...

          Dire un truc pareil montre qu'il ne connait rien du tout a la facon dont se fait la recherche et ne fait que repeter les stupidites de la presse.

    • [^] # Re: mais bien sur

      Posté par (page perso) . Évalué à 8.

      la France n'a pas de prix Nobel (le seul que les politiques soient capables de nommer etant Marie Curry...)

      Et en plus elle est d'origine Indienne, visiblement !

      Envoyé depuis mon PDP 11/70

      • [^] # Re: mais bien sur

        Posté par . Évalué à 1.

        En tout cas je suis étonné que nos politiciens s'intéressent d'aussi près à l'informatique théorique. :P

    • [^] # Re: mais bien sur

      Posté par . Évalué à 8.

      J'ai plein d'anciens potes qui sont allés jusqu'au doctorat (ça coûte très cher à l'état français de former un docteur), un est parti aux states parce que c'est le seul pays où des facs le payaient correctement pour faire de la recherche en mécanique des fluides, 3 autres sont repartis au Maroc parce que la police nationale est venu les arrêter le lendemain de la fin de leur inscription en doctorat (une semaine après leur soutenance), ils se sont fait expulser avec les menottes (ça je l'ai vu de mes yeux), un autre travaille au Luxembourg et rigole quand il voit que les jeunes doctorants sont presque au SMIC dans une UFR française. Ça me désole quand je pense à tout ça, c'est vraiment un énorme gâchis.

      • [^] # Re: mais bien sur

        Posté par . Évalué à 5.

        Ah ben ajoute-moi sur la liste, suis parti en Chine après ma thèse.
        Motifs:
        Personnels (copine chinoise, tout ça), mais pas le principal, on aurait pu rester tous les deux en France.

        Perspectives pour moi ici à l'époque:
        - Recherche publique
        Faut avoir un bon dossier, c'est vrai. Le dossier doit être au-dessus d'un certain seuil de qualité, ensuite c'est entièrement politique, avec des "l'équipe de machin a déjà obtenu deux permanents en 2 ans, aucune chance qu'elle en ait un cette année, par contre l'équipe de truc a rien eu depuis longtemps" t'as l'impression que t'es recruté quand c'est le tour de ton chef d'avoir le droit à un poste en plus
        - Secteur privé
        Un docteur-ingénieur, c'est un ingénieur qui voulait pas passer dans la vie active. (peur de l'inconnu, fainéantise, tout ça).
        Voilà, ça résume assez bien comment tu vas être perçu par les mecs en face de toi.

        Tu passes la frontière dans n'importe quelle direction, ils ne comprennent généralement pas ce que c'est qu'un "ingénieur", mais docteur, c'est bon, ils ont une bonne idée de ce que c'est et ils en ont une très haute opinion aussi.

        J'ai été recruté facilement dans ma première boite en Chine en R&D, avec un salaire très correct, surtout au vu du coût de la vie locale (et quasiment 0 impôts). En étant chercheur en France, j'aurais gagné moins dans un pays plus cher. Même avec la sécu, j'y perdais en France.
        C'était de la R&D et pas de la recherche fondamentale, mais l'idée c'était qu'en dehors des tâches "projets programmés", tu pouvais aller voir le chef en disant "je veux essayer ce truc tordu qui marchera peut-être jamais" et il était d'accord (enfin, à condition que tu le fasses pour une bouchée de pain). Donc le boulot était assez sympa (bon, sauf la fin, mais j'étais assigné un à truc de "pas R&D du tout").

        Aujourd'hui j'ai quitté la Chine pour Singapour, et j'ai un salaire supérieur à un chercheur en fin de carrière et un boulot intéressant aussi, toujours en R&D. Singapour est une ville sympa, dont le coût de la vie est "très élevé", c'est-à-dire: logement comme à Paris, et le reste globalement moins cher qu'en France à condition de s'adapter (éviter l'alcool et oublier la voiture). La qualité de vie y est très bonne.

        Alors franchement, on me demande quand je compte rentrer, la seule chose qui me vient à l'esprit c'est "peut-être pour à la retraite?".

  • # On en remet une couche avec les brevets

    Posté par . Évalué à 1.

    Et puis tant qu'à faire, on en remet une couche en brevetant à tour de bras pour que les projets financés ne soient jamais commercialisés et restent dans les tiroirs : http://www.caissedesdepots.fr/activites/investissements-davenir/france-brevets-50-meur.html

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