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: Sortie de Linux 2.6.29

Posté par patrick_g (page perso, ). Modéré le 24 mars 2009.
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La sortie de la version stable 2.6.29 du noyau Linux vient d'être annoncée par Linus Torvalds. Le nouveau noyau est, comme d'habitude, téléchargeable sur les serveurs du site kernel.org.

En revanche ce qui sort du cadre habituel c'est la nouvelle mascotte qui a été adoptée pour cette version !
Dans le cadre de la campagne de sauvetage du diable de Tasmanie, les développeurs du noyau qui assistaient à la conférence LCA à Hobart ont participé à une vente de charité.
Linus Torvalds a promis de remplacer, pour une version, le brave manchot Tux par son diabolique cousin Tuz si la vente atteignait 3 500 dollars.
Comme le résultat final a été de près de 35 000 dollars nous pouvons profiter, juste pour ce 2.6.29 qui devient collector, de la présence de cet irascible marsupial dans le source du noyau.

Plus sérieusement vous trouverez le détail des évolutions, nouveautés et prévisions dans la seconde partie de la dépêche.

> Lire la suite (74 commentaires, moyenne: 4).   [dépêche : 37616 caractères]

La phase de test...


Btrfs

Le système de fichiers de nouvelle génération Btrfs est entré dans le noyau officiel 2.6.29 afin de faciliter son développement et d'accélérer sa maturation.

Attention cela ne signifie pas que Btrfs est considéré comme stable ! Cette inclusion n'est effectuée que pour permettre à de nombreux utilisateurs de tester plus facilement et de rapporter les bugs et le chemin est encore long avant d'être déclaré stable. À titre de comparaison le système de fichiers Ext4 (beaucoup moins novateur) est entré dans le noyau à la version 2.6.19 (novembre 2006) mais n'a été considéré comme vraiment stable et pouvant être utilisé par tous qu'à la version 2.6.28 (décembre 2008).

Le format d'enregistrement sur le disque de Btrfs n'est pas encore officiellement déclaré comme figé (mais il ne sera changé que dans le cas de la découverte d'un bug imposant vraiment de le modifier).

Pour information Btrfs est un système de fichiers extrêmement moderne qui reprend toutes les bonnes idées apparues au cours des dernières années et en ajoute quelques unes.

Du coté des améliorations planifiées sur Btrfs lors des prochains cycles de développement du noyau, on peut citer l'allocation des extents qui n'est pas encore optimisée pour utiliser au maximum les machines multiprocesseurs. Le verrou va être finement décomposé pour augmenter les performances. L'état d'avancement de Btrfs peut être suivi sur le wiki du projet.

Squashfs

Aux côtés de Btrfs un autre système de fichiers fait son entrée dans le noyau 2.6.29. Il s'agit de Squashfs qui occupe la niche des systèmes compressés et en lecture seule.

Utilisé principalement dans les systèmes embarqués ou dans les live-CD, Squashfs a longtemps été développé en dehors du processus normal du noyau Linux. Bien entendu un tel modèle de développement à base de patch externe est difficile à soutenir à long terme du fait de la rapidité d'évolution de Linux. C'est ce qui explique le désir d'intégration dans la branche principale du noyau qui aboutit aujourd'hui.

Dans le monde du libre Squashfs est devenu la solution standard de systèmes de fichiers compressés et en lecture seule puisqu'il est utilisé par les versions live-CD de Debian, Gentoo, Ubuntu et Fedora. A partir du noyau 2.6.29 il ne sera donc plus nécessaire pour ces distributions de patcher leur noyau pour rajouter Squashfs.

La documentation présente dans les sources du noyau explique bien les spécificités de Squashfs et propose un comparatif avec Cramfs.

Squashfs permet de compresser les fichiers, les répertoires et les inodes et il autorise le choix d'une taille de bloc de 1 Mo afin d'améliorer le taux de compression.

Pour l'instant c'est l'algorithme gzip qui est utilisé mais il est probable qu'à l'avenir le projet va se tourner vers lzma qui est plus avancé techniquement. Des patchs existent déjà à cette adresse et le comparatif fait apparaître que, pour une taille non compressée de 668 Mo, on passe de 222 Mo à 167 Mo entre gzip et lzma.

KMS

Après l'entrée du gestionnaire de mémoire pour cartes graphiques GEM dans le noyau précédent c'est maintenant KMS (kernel-based mode-setting) qui arrive dans le nouveau noyau 2.6.29. Le mode-setting c'est tout simplement la configuration de la carte graphique pour qu'elle puisse afficher correctement les données graphiques sur l'écran. KMS permet d'effectuer ce travail dans le noyau ce qui apporte de nombreux avantages.

On peut citer tout d'abord le fait que le mode setting, puisqu'il est unifié dans le noyau, se retrouve donc partagé entre tous les pilotes. C'est la fin d'une multitude de lignes de codes redondantes au profit d'une seule implémentation plus robuste.

KMS permet également de pouvoir enfin faire tourner le serveur X sans les droits root ce qui est un énorme avantage sur le plan de la sécurité du système.

Enfin avec KMS le changement rapide d'utilisateur (fast user switching) est facilité puisqu'il n'y a plus besoin de changer de terminal virtuel, les phases de mise en veille/réveil sont plus simples donc plus fiables, le boot de la machine est plus agréable (plus de bascules des modes d'affichage) et les messages de panique du noyau peuvent éventuellement être graphiques.

Actuellement il n'y a que le pilote Intel qui fonctionne bien avec KMS mais on peut parier que les autres pilotes vont s'aligner rapidement du fait des nombreux bénéfices qui découlent de l'utilisation de KMS.

Ajout de "crochets" (hooks) dans LSM

Dans le domaine de la sécurité une nouveauté importante est l'ajout de "crochets" (hooks) dans LSM afin de permettre l'arrivée des modules de sécurité basés sur le chemin (pathname-based).

Dans le noyau Linux il existe une infrastructure unique sur laquelle viennent se greffer les modules de sécurité concurrents. Cette infrastructure se nomme LSM (Linux Security Modules) et elle est utilisée par les modules de sécurité SELinux et SMACK.

Pourtant cette infrastructure ne fait pas l'unanimité car elle est peu adaptée aux modules de sécurité très différents de SELinux et SMACK. Ces derniers utilisent l'approche basée sur des labels qui sont attachés à chacun des objets du système mais ce n'est pas la seule approche possible de la sécurité.

Une alternative consiste à se baser non pas sur des labels, mais sur le chemin d'accès aux objets (par exemple /usr/sbin/httpd) et de lister les restrictions de sécurité en fonction de ce chemin d'accès.

L'implémentation de cette approche basée sur le chemin (pathname-based) était rendue très difficile par LSM. Celui-ci n'avait pas de crochets (hooks) adaptés permettant à l'infrastructure de présenter des points d'entrée aux modules basés sur le chemin et de nombreux développeurs ont donc critiqué ces modules comme étant peu sûrs.

Le noyau 2.6.29 apporte donc enfin ces crochets spécifiques dans LSM ce qui va permettre l'inclusion dans la branche principale de modules de sécurité comme TOMOYO ou AppArmor.

Si AppArmor n'est peut-être plus vraiment d'actualité depuis le licenciement par Novell des développeurs du projet, en revanche TOMOYO à toutes ses chances de rentrer rapidement dans le noyau Linux, et ce dès la version 2.6.30.

Ce module basé sur le chemin apportera donc des avantages distincts de ceux des modules classiques basés sur les labels et les utilisateurs de Linux pourront donc comparer les approches et choisir le module qui leur conviendra le mieux.

RCU hiérarchique

Le mécanisme de RCU (Read-Copy update) devient hiérarchique dans le nouveau noyau 2.6.29.

La technique du Read-Copy update est un mécanisme de synchronisation ingénieux qui permet à de multiples threads de lire simultanément une donnée sans poser dessus un verrou coûteux. Le RCU autorise donc un processeur à lire une ressource partagée comme s'il était le seul à y accéder. Quand une opération d'écriture, et non plus de lecture, est demandée par un thread alors la ressource est copiée ailleurs avant d'être modifiée. L'original continue d'exister jusqu'à ce que les threads de lecture aient fini leur travail.

Ce mécanisme de RCU "classique" est donc très efficace mais le temps a montré qu'il souffre quand même d'un défaut important. La partie qui est chargée de déterminer la fin des diverses opérations de lecture sur la ressource ne fonctionne pas bien dans le cas de machines possédant des centaines de processeurs. L'algorithme a été conçu au moment où les ordinateurs n'avaient qu'un maximum de 32 cœurs et la montée en charge est perturbée par cette limitation. Il est possible de contourner partiellement cette barrière pour monter jusqu'à quelques centaines de cœurs mais la solution n'est pas vraiment naturelle ni propre.

Pour ajouter encore à ce défaut de montée en charge on peut relever que l'implémentation RCU "classique" nécessite un réveil fréquent des processeurs au détriment de l'économie d'énergie.

Afin de corriger ces défauts Paul McKenney a proposé une toute nouvelle implémentation du mécanisme RCU qui devient "hiérarchique".

L'idée est ici de créer des structures hiérarchiques (rcu_node) qui contiendront chacune leur propre verrou ce qui permettra de diviser les cœurs entre ces structures et d'éviter les problèmes de montée en charge.

Pour résoudre le problème de l'économie d'énergie des compteurs sont créés (rcu_dynticks) afin de savoir si le cœur est en sommeil ou pas. Le RCU "hiérarchique" évitera ainsi soigneusement de réveiller les processeurs qui sont endormis et ne consultera que ceux effectuant un vrai travail.

Ce nouveau mécanisme RCU a été testé intensivement avec l'outil rcutorture et il a été confirmé qu'il est très efficace sur des machines possédant des milliers de processeurs sans impacter la vitesse des machines plus traditionnelles. Il est possible de paramétrer la hiérarchie souhaitée avec l'option CONFIG_RCU_FANOUT et la limite est bien repoussée puisqu'on peut aller jusqu'à 16384 cœurs sur les machines 32 bits et jusqu'à 262144 cœurs pour les architectures 64 bits.

Selon les propres mots de Paul McKenney : "Je sais que je vais regretter d'avoir dit ça mais cela me semble plus que suffisant pour le futur prévisible".

"Geler" un système de fichiers

Il est maintenant possible de "geler" un système de fichiers afin de faire une sauvegarde.

Ce gel consiste essentiellement à interrompre toutes les opérations d'écriture en cours afin de garder un état stable du système de fichiers et de pouvoir lancer une sauvegarde. Cette fonction était déjà présente dans le système de fichiers XFS mais les développeurs du noyau, et en particulier Takashi Sato, se sont lancés dans la généralisation de cette possibilité à tous les systèmes de fichiers. Pour cela une nouvelle commande ioctl a été créée qui permet l'entrée dans le freeze du système avec la commande FIFREEZE ainsi que la sortie de l'état suspendu avec la commande FITHAW.

À propos de cette sortie de l'état "gelé" une précaution spéciale a dû être prévue au cas où le logiciel de sauvegarde ne fonctionnerait pas correctement. Un décompte de temps est lancé dès que le système est gelé et si à l'expiration du compteur le système est toujours gelé, la commande de réveil FITHAW est activée. Cela permet de ne pas se retrouver avec un système de fichiers en lecture seule par la faute d'un bug idiot dans son système de sauvegarde.

Bien entendu si la sauvegarde est très longue ce décompte de temps peut lui-même poser des problèmes… mais les développeurs du noyau sont des gens astucieux et il est possible à l'application de sauvegarde de réinitialiser périodiquement le compteur avec la commande FIFREEZE_RESET_TIMEOUT tant que son travail n'est pas terminé.

En définitive avec ce patch tous les systèmes de fichiers présents dans la branche principale (ext3, ext4, xfs, gfs2, jfs, reiserfs, etc.) peuvent maintenant profiter facilement de cette possibilité de "geler" le système pour faire une sauvegarde.

WIMAX

Une pile réseau supportant la technologie WIMAX est désormais incluse dans le noyau Linux 2.6.29.

Le WIMAX (Worldwide Interoperability for Microwave Access) est une norme de transfert sans fil à haut-débit. Connue également sous le nom de "Broadband Wireless Access" ou sous le numéro de norme 802.16, comme peut l'être le Wi-Fi avec la norme 802.11, le WIMAX promet de révolutionner les accès sans fil. Les débits peuvent atteindre plusieurs dizaines de Mbits sur des distances qui se comptent en kilomètres.

La firme Intel développe des périphériques WIMAX et a donc un grand intérêt à ce que cette technologie se répande et soit bien prise en charge par Linux. Intel a donc écrit la pile réseau générique WIMAX et un site web spécifique a été mis en place pour augmenter la visibilité du projet.

Pour l'instant un seul pilote de périphérique est entré dans la branche principale du noyau et ce pilote est destiné au support des cartes Intel de type Echo Peak. Malheureusement, comme souvent, ce pilote libre sous GPL est accompagné d'un micrologiciel redistribuable mais non libre (sous licence IFBDL) et d'un blob binaire d'authentification (supplicant) soit disant pour des raisons de respect de la loi dans les procédures d'authentification au sein du réseau WIMAX. Le blob binaire posera sans doute des problèmes aux distributions ayant une politique stricte au point de vue de la liberté du code aussi Intel a promis de libérer ce code dans le futur ("Du fait d'un ensemble de problèmes que nous sommes en train de résoudre nous ne pouvons pas ouvrir le code pour l'instant, mais ce sera fait").

En bref…
Pour un bilan en chiffres on pourra se reporter, outre l'habituel article du site LWN qui ne sera accessible à tous que le 26 mars, au très intéressant site des statistiques du noyau. Celui-ci permet d'avoir une vue d'ensemble sur le nombre de patchs de chaque version, les principales firmes ayant contribué au noyau et le classement des développeurs en fonction de plusieurs critères d'activité.

Pour le 2.6.29 on voit que le nombre de patchs est, au 19 mars, de 11 627 (9 045 pour le 2.6.28). En nombre de lignes modifiées cela représente 1 642 117 lignes et, une fois n'est pas coutume, c'est Novell qui est en tête des statistiques en tant que contributeur. Le résultat est toutefois biaisé car Greg Kroah-Hartman, développeur Novell, est responsable de la branche -staging qui accueille de nombreux pilotes. À lui seul il est crédité de 331
155 lignes modifiées mais c'est évidemment un artefact lié a son rôle de mainteneur de cette branche.

Le nouvel indicateur "Tested-By" qui indique qu'un patch a été testé par un développeur continue doucement sa progression puisqu'il passe de 173 occurrences dans le 2.6.28 à 275 pour le dernier noyau (il y en avait à peine 9 lors du cycle du 2.6.22).
C'est la même chose pour l'indicateur "Reported-By" qui vise à reconnaître, en citant leur nom, la contribution de ceux qui rapportent des dysfonctionnements. Là aussi on progresse petit à petit à mesure que ce nouvel indicateur est utilisé et on passe de 204 occurrences dans le 2.6.28 à 364 pour la dernière version du noyau (seulement 11 pour le 2.6.22).

Vous savez donc ce qu'il vous reste à faire si voulez voir votre nom apparaître dans le changelog d'un prochain noyau Linux !

Pour la suite…

En ce qui concerne les futures nouveautés des prochaines versions du noyau on peut se tourner vers la page spécifique de la Fondation Linux maintenue par Jonathan Corbet ainsi que vers le message récapitulatif de Stephen Rothwell (responsable de la branche linux-next).

Cette discussion est archivée, il n'est plus possible de laisser des commentaires.

Note : les commentaires appartiennent à ceux qui les ont postés. Nous n'en sommes pas responsables.

À noter que...

Posté par lejocelyn () le 24/03/2009 à 08:54. (lien). Évalué à 5.

... le diable de Tasmanie porte le nom savant de sarcophile. Ce n'est peut-être pas à nous mais à lui de nous sauver.

Merci pour la dépêche !

Posté par Omnisilver () le 24/03/2009 à 08:58. (lien). Évalué à 7.

Comme d'habitude, merci patrick_g pour cette excellent dépêche, exhaustive et compréhensible, qui nous permet de suivre l'évolution du noyau !

Copy On Write

Posté par Barnabé () le 24/03/2009 à 09:51. (lien). Évalué à 5.

Ce ne serait pas plutôt que lorsqu'un fichier est copié, on ne crée réellement la copie sur le disque que lors de l'ecriture d'une version modifiée ?

Petites questions

Posté par patrick_g (page perso, ) le 24/03/2009 à 10:16. (lien). Évalué à 10.

Salut à tous,

Je poste ce commentaire pour avoir un peu un retour de la part des lecteurs des dépêches sur le noyau.
Je m'interroge pour savoir si il y aurait des trucs à changer et je vous demande votre avis sur ces points :

1) Est-ce que la première partie qui récapitule les diverses release candidates en traduisant une partie des mails de Linus est utile ou pas ? Qu'est-ce qu'il faudrait changer selon vous (fond, forme) ?

2) La seconde partie qui détaille les "grosses" nouveautés doit-elle être ullifiée ou pas ? Est-elle trop longue, pas assez longue, trop technique, pas assez technique, etc ?

3) Il y a beaucoup de d'hyperliens dans ces dépêches sur le noyau (une centaine dans celle-ci). Est-ce que vous cliquez sur ces liens ou pas ? Si oui sur combien en moyenne ? Est-ce qu'il y en a trop ou non ?

4) Le paragraphe sur le bilan statistique du cycle de développement avec les principaux contributeurs est-il utile ou pas ? Est-ce que ça vous intéresse ?

5) Est-ce que vous avez des idées pour améliorer ces dépêches sur le noyau ?

PS-1 : Ne vous sentez pas obligé de répondre à toutes les questions. Je n'ai fait cette liste que pour donner à réfléchir mais vous pouvez parfaitement faire une réponse globale ou même faire une suggestion sans répondre aux questions.

PS-2 : Évidemment je ne promets rien en ce qui concerne l'implémentation de vos suggestions et je me réserve le droit de ne rien changer du tout ;-)

Re:

Posté par IsNotGood () le 24/03/2009 à 10:17. (lien). Évalué à 1.

> On y retrouve la notion de "Copy on Write" : lors de la modification d'un fichier ce dernier est simplement copié à un autre endroit du système de fichiers et les nouvelles données seront enregistrées sur la copie au lieu de l'être sur l'original.

???
Si j'ai bien compris, lorsqu'il y a copie de fichier, en fait il n'y a pas copie physique du fichier (seulement deux façons d'accéder aux mêmes données). Lorsqu'il y a modification d'un fichier, sont enregistrés que les modifications (ce qui va être modifié est copié ; d'où le "Copy on Write").
Il y a aussi un ext3 CoW (qui permet entre autre de versionner un système de fichier), mais il ne marche pas comme tu le dis.

> Vérification du système de fichiers, avec le programme btrfsck, tolérante aux erreurs

C'est le minimum...

> On peut citer tout d'abord le fait que le mode setting, puisqu'il est unifié dans le noyau, se retrouve donc partagé entre tous les pilotes.

C'est un peu du pipo à mon avis. Avant tout était fait dans Xorg, donc c'était tout autant contralisé.
KMS est simplement plus propre d'un point de vu architecture (sécurité par exemple). C'est au noyau de configurer le matos.

> C'est la fin d'une multitude de lignes de codes redondantes au profit d'une seule implémentation plus robuste.

On évite la duplication du code côté client. Avant chaque client de carte graphique (Xorg, Xfree, etc) avait le driver. Maintenant ce n'est plus le cas (en parti).

> Enfin avec KMS le changement rapide d'utilisateur (fast user switching) est facilité puisqu'il n'y a plus besoin de changer de terminal virtuel

Sûr ?
A ma connaissance il y a toujours changement de terminal virtuel. Mais avec KMS ça se fait super rapidement (ce qui donne peut-être l'illusion qu'il n'y a pas de changement de terminal virtuel).

> Actuellement il n'y a que le pilote Intel qui fonctionne bien avec KMS

C'était vrai au tout début de KMS. Puis rien ne marchait avec KMS (Intel a fait de grosses modifications dans ses drivers). Puis il n'y avait que ATI qui marchait avec KMS (c'est le cas pour F10). Ajourd'hui ATI et NVidia (avec le driver Nouveau) marchent avec KMS. Intel marche à nouveau mais il reste beaucoup de bugs qui devraient être rapidement corrigés.

> Une alternative consiste à se baser non pas sur des labels, mais sur le chemin d'accès aux objets (par exemple /usr/sbin/httpd)

Juste pour information, car il semble que beaucoup l'ignorent, SeLinux affecte les labels de sécurité à la création des fichiers et ceci tient compte du chemin d'accès. Par contre la décision d'autoriser un accès ne tient pas compte du chemin d'accès (ce qui n'est pas un problème puisque le label de sécurité est définit en fonction du chemin).

> Si AppArmor n'est peut-être plus vraiment d'actualité

Diantre, il y a pourtant cette distribution hyper populaire qui l'avait adopté : Canonical.
Comme quoi, l'influence de Canonical...
Ben ça sera TOMOYO (ou autre) après AppArmor, mais pas SeLinux. Combien d'années vont se passer avant qu'il n'y ait pas que Red Hat qui propose un SeLinux (ou équivalent) satisfaisant...
C'est de la science fiction, et ça profite principalement, voire uniquement, qu'à Red Hat...

> les utilisateurs de Linux pourront donc comparer les approches et choisir le module qui leur conviendra le mieux.

C'est "tragique" de lire ça. Pourquoi ne pas donner le choix "compte utilisateur root + anti-virus (à la Windows)" comme choix à l'utilisateur...

Btrfs

Posté par alberthier () le 24/03/2009 à 10:22. (lien). Évalué à 9.

Concernant Btrfs, avec le copy-on-write et la compression, on pert la notion d'espace maximal de stoquage d'un disque, non ? Il pourra juste être estimé en fait, non ?

Genre j'ai un fichier de 2Go et mon disque est plein, il ne reste que 100Mo, avec le copy-on-write, je peux en faire une copie mais pas le modifier?

De même, si on compresse les données, Si il reste 100Mo sur le disque, je pourrais sans doute y placer un fichier texte de 120Mo qui se compresse bien mais pas une vidéo de 120Mo qui ne se compresse quasiment pas.

petits frères...

Posté par JB. Giraudeau (Jabber id, ) le 24/03/2009 à 10:30. (lien). Évalué à 9.

le dernier venu (SLQB donc pour ceux qui suivent) a l'ambition de détrôner ses petits frères.
Le dernier venu ne serait-il pas plutôt le petit frère... (pour ceux qui suivent vraiment ;)

--
"ça dépend du type de workload, si tu est CPU-bound ça va mieux qu'en memory-bound, où les access patterns et la corrélation des paquets peut avoir des effets non linéaires sur le wallclock time

LRO n'est pas nouveau...

Posté par Brice Goglin () le 24/03/2009 à 11:27. (lien). Évalué à 10.

> "LRO (Large receive offload) de faire son entrée dans le noyau."
> [...]
> L'implémentation retenue pour le noyau 2.6.29 est très générique
> afin que les divers pilotes réseau possédant cette fonction puissent
> utiliser le code générique au bénéfice de la mutualisation du code.

C'est complètement faux...

LRO est dans le noyau depuis très longtemps. Il a été standardisé dans 2.6.23 justement pour mutualiser du code que certains drivers avaient écrit de manière proprio. Depuis, il y a plein de drivers modernes qui l'utilisent (myri10ge, pasemi, igb, benet, sfc, enic, cxgb3, mlx4 et ehea). D'ailleurs le lien LWN date de 2007.

2.6.29 ne fait qu'ajouter une nouvelle implémentation plus propre et plus facile à appliquer aux drivers basiques (le vieux LRO était plutôt conçu pour les drivers récents). D'ailleurs ca s'appelle GRO et plus LRO maintenant.

> L'idée consiste en gros a agréger les paquets reçus dans un tampon
> afin de moins solliciter la pile réseau de la machine.

En moins gros: On n'agrège pas les paquets dans un tampon (sinon ca ferait une copie mémoire très chère), on ne fait que chaîner des socket buffers pour les passer tous d'un coup à la pile TCP/IP.

le BKL

Posté par Henry-Nicolas Tourneur (Jabber id, page perso, ) le 24/03/2009 à 16:07. (lien). Évalué à 5.

Le commentaire de tankey ci-dessus m'y a fait repenser.

Qu'en est-il du BKL ? Dans la dépèche traitant le sujet il avait été dit (si j'ai bonne mémoire) qu'une suppression progressive aurait lieu au fil des releases.

Et donc maintenant quel est l'état du kernel par rapport à cela ?

Quid de la recompilation du noyau...

Posté par Spack () le 25/03/2009 à 10:07. (lien). Évalué à 3.

À chaque news sur le noyau, je ne peux m'empêcher de dire : « il y a beaucoup de choses ajoutés quand même ! »

Du coup, ma première impression est un noyau qui grossit avec des choses qui sont la plus part du temps inutiles pour un utilisateur lambda. Dans le cas d'une distribution, la création d'un noyau générique est normal afin de supporter un certain nombre de cas de figure et le maximum de matériel possible.

Mais, pour un utilisateur avancé, qui connaît sont matériel (et ses éventuelles évolutions ;), n'est-il pas bénéfique de compiler son noyau avec juste ce qui est essentiel ?

Oui mais avec la puissance actuelle, cela ne se voit pas. J'aime à penser que plus le noyau est petit et plus vite il est lancé même si cela ne change que de très peu.

Vous me direz que l'on peut faire un petit noyau avec des modules qui gravitent autour. Mais cela revient à avoir beaucoup de modules dans ce cas, et donc de la place perdue sur le disque.

Oui mais avec la taille des disques actuelles, est-ce vraiment gênant ? Je n'aime pas cette idée de gaspiller les ressources. Ce n'est pas parce qu'il y a de la place que l'on se doit de tout utiliser. Regardons "la prise de conscience" (surtout dû à la pénurie prochaine de pétrole et que ça fait gagner des sous) concernant l'écologie de nos jours.

Un noyau plus petit donc moins de place consommée, une empreinte mémoire plus petite, plus d'espace pour les autre, chargement moins long, puissance nécessaire réduite ?

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