En ce mardi 28 avril, les utilisateurs du Projet Fedora seront ravis d'apprendre la disponibilité de la version Fedora Linux 44.
Fedora Linux est une distribution communautaire développée par le projet Fedora et sponsorisée par Red Hat, qui lui fournit des développeurs ainsi que des moyens financiers et logistiques. Fedora Linux peut être vue comme une sorte de vitrine technologique pour le monde du logiciel libre, c’est pourquoi elle est prompte à inclure des nouveautés.

Sommaire
- Expérience utilisateur
- Gestion du matériel
- Internationalisation
- Administration système
- Développement
- Projet Fedora
- La communauté francophone
- Comment se procurer Fedora Linux 44 ?
Expérience utilisateur
L'environnement de bureau GNOME est proposé dans sa version 50.
Après avoir introduit lors de la version précédente un moniteur du temps d'écran dans le panneau de configuration, ce menu s'étoffe avec la possibilité de configurer un réel contrôle parental. Ainsi il est possible de verrouiller l'écran automatiquement après un temps passé dans la journée sur l'ordinateur ou après une certaine heure. Il reste possible d'étendre l'usage de l'ordinateur manuellement en cas de besoin après validation par l'administrateur.
Côté accessibilité, le lecteur d'écran Orca se dote d'un rafraîchissement de son outil de configuration pour être aligné avec l'apparence des autres applications GNOME. Par défaut ses paramètres sont également globaux, évitant de devoir reconfigurer le lecteur d'écran pour chaque application bien que des personnalisations précises restent possibles application par application si nécessaire. Il est aussi possible de réduire les animations dans l'interface de GNOME pour éviter les distractions pour ceux qui en souffriraient.
Le lecteur de documents se dote, enfin, d'une possibilité d'annoter les documents autrement qu'en ajoutant un champ de texte dans une zone précise. Il est possible de surligner ou de tracer des lignes au sein du document et de varier le style de l'ensemble au gré des besoins.
Le navigateur de fichiers quant à lui continue dans l'amélioration des performances et de la stabilité, que ce soit un chargement des miniatures et icônes de documents plus rapide, ou une consommation moindre de mémoire pour l'application en général. Côté fonctionnel, le renommage de fichiers en masse a une interface plus claire et il est possible lors de la recherche de fichiers de sélectionner simultanément plusieurs filtres.
En terme de performances, pour ceux qui utilisent une session distante de GNOME la carte graphique de la machine qui reçoit le flux vidéo est sollicitée pour le décodage ce qui rend l'expérience bien plus fluide tout en consommant moins d'énergie. Pour ceux utilisant une carte graphique Nvidia l'expérience devrait être également plus stable par rapport aux versions précédentes. Il est possible de coupler l'accès distant avec une authentification Kerberos, de même il peut être exploité même si la session a été démarrée depuis un ordinateur sans écran tel un serveur.
Il y a eu de nombreuses améliorations pour l'affichage à fréquence variable et l'affichage avec mise à l'échelle fractionnée. Si ces fonctions étaient déjà activées dans Fedora, pour ceux bénéficiant d'un matériel compatible, elles bénéficient d'une plus grande stabilité. Les possesseurs d'une carte graphique Nvidia devraient également noter une plus grande fluidité dans l'interface. Le partage et la capture d'écran peuvent prendre en compte l'affichage HDR pour avoir le même rendu que sur l'écran physique. Enfin GNOME prend en charge le protocole des couleurs v2 de Wayland afin d'être compatible avec les évolutions futures des applications graphiques qui peuvent en faire un usage fin comme un éditeur d'images.
Le calendrier continue sa mutation. Dans un contexte professionnel, il permet maintenant de voir, pour un événement donné, qui a reçu l'invitation et parmi ces invités, lesquels doivent obligatoirement être présents. L'interface pour ajouter rapidement un nouvel événement a été revue pour être plus intuitive. Il est dorénavant possible d'exporter un calendrier complet avec le format ICS au lieu d'un événement seulement. L'interface prend en compte maintenant les paramètres régionaux concernant le premier jour de la semaine.
D'ailleurs il est possible au niveau de GNOME de changer ce paramètre du premier jour de la semaine. Pour les paramètres, les entrées et sorties sonores sont dissociées pour identifier clairement si on contrôle le volume d'une entrée ou d'une sortie audio.

Les variantes de Fedora reposant sur l'environnement KDE Plasma utiliseront le configurateur Plasma Setup pour la post installation de manière analogue à GNOME avec GNOME init setup. Cet utilitaire a été récemment introduit avec KDE Plasma 6.6. Les étapes redondantes au niveau d'Anaconda sont supprimées pour une plus grande cohérence. Ainsi les images Live comme non Live fourniront la même expérience ce qui sera particulièrement visible pour ceux utilisant la variante KDE Plasma Mobile. Et comme pour GNOME, il devient possible d'installer Fedora en mode OEM, où le système peut être installé et le premier utilisateur peut créer son compte et le configurer à sa guise sans nécessiter un compte factice à l'installation.
De même ces variantes utiliseront Plasma Login Manager (PLM) comme gestionnaire de connexions au lieu de SDDM. Ce changement a également été introduit dans KDE Plasma 6.6 pour avoir un contrôle total du projet KDE dans l'expérience utilisateur. L'objectif de Fedora est de suivre la décision du projet pour améliorer la maintenance et l'expérience utilisateur en ayant un tout intégré. Cependant — même si PLM dérive de SDDM — il reste légèrement moins personnalisable à ce stade. Ce changement n'affecte par défaut que les nouvelles installations. Pour ceux qui veulent en bénéficier après une mise à niveau, voici les commandes à exécuter :
$ sudo dnf install plasma-login-manager kcm-plasmalogin
$ sudo systemctl enable --force plasmalogin.service
L'environnement de bureau Budgie passe à la version 10.10 et tourne avec Wayland au lieu de X11. Il utilise labwc comme compositeur qui permet de définir des raccourcis claviers globaux, l'accélération du curseur de la souris, d'adapter le thème des applications en fonction de la configuration de l'environnement. La variante spin utilisera SDDM comme gestionnaire de connexions pour avoir une expérience native Wayland de bout en bout. Outre cela, l'environnement fournit un nouvel utilitaire pour configurer les écrans.
La variante Games Lab est remaniée pour passer de Xfce à KDE Plasma et ainsi utiliser Wayland pour avoir une couche graphique plus moderne. En effet Wayland permet de plus en plus d'exploiter le matériel moderne ce qui est particulièrement utile dans ce contexte. La liste des jeux fournis par défaut a été revue, la documentation autour rafraîchie pour rendre compte des progrès dans le domaine et une tentative de fournir certains correctifs pour gérer le matériel des jeux aux projets d'origine plutôt que de les garder dans Fedora ou d'autres distributions dérivées comme Bazzite.
Le module noyau NTSYNC est activé quand les paquets Steam ou WINE sont installés pour améliorer les performances et la compatibilité des applications Windows et en particulier les jeux. Cela passe par l'ajout du paquet ntsync-autoload qui une fois installé remplit ce rôle en écrivant ntsync dans le fichier /usr/lib/modules-load.d/ntsync.conf afin de charger ce module automatiquement.
Ce module noyau améliore les performances car globalement les applications Windows, mais en particulier les jeux, pouvaient synchroniser leurs fils d'exécution avec des sémaphores, mutex et événements via des primitives noyau Windows. Mais comme ces mécanismes ne sont pas disponibles dans le noyau Linux, WINE les émulait dans l'espace utilisateur ce qui a des performances moindre. Le module noyau fournit cette abstraction au sein du noyau Linux lui-même ce qui reproduit la conception originale de Windows à ce niveau.
Le spin MiracleWM remplace l'environnement nwg-shell avec Dank Material Shell (qui est basé sur QuickShell). En effet le premier était difficile à maintenir et à stabiliser avec des mises à jour qui cassaient fréquemment la compatibilité. L'expérience devrait donc être plus stable pour les utilisateurs et ils devraient disposer de plus de fonctionnalités également.
Le gestionnaire de paquets universel PackageKit, utilisé par GNOME Logiciels entre autre, exploite dorénavant dnf5 au lieu de la version précédente. Cela permet d'avoir une expérience unifiée quel que soit l'outil employé pour utiliser DNF dans l'arrière coulisse. En particulier, les bases de données internes ne seront plus dupliquées et l'historique des actions est ainsi unique. Les notifications de mise à jour et la réalisation des mises à niveau devrait être également plus fiables et efficaces.
L'installateur Anaconda ne fournira plus de configuration réseau par défaut pour les interfaces filaires mais uniquement pour les installations n'utilisant pas une image Live. Jusqu'ici, à l'installation il y a la possibilité de configurer les interfaces réseaux mais pour les interfaces filaires non configurées (pour l'être avec des outils dédiés plus tard, par exemple) une configuration par défaut basique et potentiellement inadaptée était installée. Cela pouvait poser des problèmes à certains utilisateurs, mais c'était aussi un effort de maintenance pour que les valeurs par défaut correspondent à celles de NetworkManager par exemple. Ce changement permet également d'ouvrir la voie à la réutilisation du module de configuration réseau de Cockpit dans le futur.
La suite TeXLive nouveau millésime 2025 est proposée. Fedora en profite pour revoir l'empaquetage passant d'un SRPM unique pour le millier de modules à une cinquantaine. Ainsi mettre à jour un seul composant ne nécessite pas de reconstruire l'ensemble de ces paquets avec la tonne de mises à jour que cela implique pour les utilisateurs. Le découpage des SRPM suit celui du projet officiel pour avoir du sens en terme de dépendances. Cependant le nombre de sous-paquets générés ne change pas.
Outre cela, cette mise à niveau permet l'usage du format PDF 1.7 par défaut. Changer l'échelle des polices au-delà de 2048 points génère une erreur propre plutôt qu'un problème silencieux en arrière plan. LuaTeX comme pdfTeX sont améliorés.
Le paquet d'intégration avec la bibliothèque Qt5 pour LibreOffice est supprimé, les environnements de bureaux utilisant Qt6 maintenant.

Gestion du matériel
Pour les systèmes Aarch64 avec un EFI, la sélection du device tree sera automatique au démarrage de l'image Live pour les ordinateurs portables Windows ARM. En effet une problématique dans le monde ARM, contrairement à l'univers PC avec l'architecture x86, la table ACPI et les protocoles avec une énumération des périphériques dynamiques tels que USB / PCIe ne suffisent pas à décrire le matériel de manière suffisamment complète pour démarrer la machine. Il est nécessaire pour cela de fournir un fichier additionnel, le device tree, qui est en général maintenu au sein du noyau Linux.
Et dans le cadre d'une image Live, il faut une image unique qui peut démarrer sur n'importe quelle machine. Pour les ordinateurs portables ARM, jusqu'ici il était nécessaire de personnaliser l'image Live à la main pour permettre un tel démarrage afin de fournir et de sélectionner le bon device tree à employer. La nouvelle procédure rend l'ensemble bien plus simple pour les utilisateurs. Cela repose sur une image noyau unifiée sans initrd mais avec systemd-stub et hardware-id pour identifier le bon device tree pour cette machine. Ainsi un initrd adapté et la ligne de commande pour charger le noyau Linux final seront générés et fournis à GRUB pour lancer le démarrage avec l'ensemble des informations nécessaires.
Internationalisation
L'outil d'aide à la saisie IBus évolue à la version 1.5.34. Il prend en charge le protocole des méthodes de saisie de Wayland ce qui permet de tirer profit de deux changements pour les environnements Wayland non basés sur GNOME (qui ne le prend pas en charge à ce jour). Il peut en effet automatiquement supprimer le texte environnant suivant le contexte, comme par exemple retirer un caractère ayant servi à la composition d'une autre ou de corriger le placement de la ponctuation dans un texte. Il peut également adapter la couleur du texte et du surlignage lors de la pré-édition pendant l'aide à la saisie en fonction du contexte (comme la prédiction complète d'un mot, la détection d'une faute d'orthographe, etc.). Enfin les annotations des émojis sont affichées dans la table de sélection.
Le module Ibus pour la transcription vocale est mis à jour à la version 0.7.0 qui propose un module pour utiliser la famille de modèles Whisper d'OpenAI en plus du modèle Vosk déjà employé. Il est possible de choisir le modèle souhaité dont les variantes exécutées en local ou ceux disponibles en ligne via la plateforme Hugging Face. Le module essaye de trouver automatiquement le modèle adapté à la langue employée mais il reste possible de définir cela manuellement en cas de besoin. Normalement la qualité du rendu de la transcription vocale devrait être améliorée tout en ayant la flexibilité dans le choix du modèle.
Administration système
Les images Fedora Cloud n'ont plus une partition /boot dédiée mais utilisent un sous-volume btrfs à la place. Cela ne s'appliquera cependant pas aux images UEFI-UKI ou pour l'architecture s390x à cause des limitations de ces systèmes. L'objectif est de réduire la taille de l'image initiale car il n'est plus nécessaire de fournir de l'espace libre dédié à cette partition. Et par conséquent, cela permet au reste du système de pouvoir utiliser plus d'espace librement sans devoir tenir compte de cette dite réserve.
L'émulateur QEMU n'aura plus de paquets compatibles avec l'architecture 32 bits i686 car cette architecture n'est plus maintenue par le projet officiel. Par ailleurs cette architecture posait quelques soucis de maintenance par le passé avec des échecs de compilation à gérer pour un paquet très peu utilisé sur de tels systèmes. Mais exécuter un système 32 bits depuis un QEMU 64 bits reste évidemment toujours possible.
Le gestionnaire de paquets nix est introduit dans Fedora Linux. Ce gestionnaire de paquets connu pour être celui de NixOS peut en effet être utilisé sur d'autres environnements Unix sans problèmes ce qui permet ici de bénéficier ou de contribuer à son écosystème de paquets pour ceux qui le souhaitent. Il est possible de s'en servir au niveau système (mode multi-utilisateur) ou pour un utilisateur spécifique. Cependant le projet Fedora ne souhaite pas s'en servir comme gestionnaire de paquets officiel, de la même façon que npm ou pip peuvent être utilisés depuis Fedora Linux pour récupérer des utilitaires JavaScript ou Python sans utiliser dnf.
Le gestionnaire de paquets Kubernetes Helm utilise la version 4 dorénavant tandis que la version 3 reste disponible avec le paquet helm3. En effet cette nouvelle version brise la compatibilité ascendante et comme il est très employé dans un contexte d'intégration continue ou de gestion de systèmes de conteneurs, la migration peut prendre du temps d'où la conservation de l'ancienne version qui sera retirée probablement pour Fedora Linux 45.
En terme de nouveautés, il prend en charge des extensions écrites en WebAssembly, il prend en charge également les OCI digest ou des arguments en format JSON. Son architecture a été revue pour utiliser des paquets versionnés et restructurer l'empaquetage. Le format Chart v3 est également pris en charge.
Le gestionnaire de bases de données MariaDB passe par défaut de la version 10.11 à la version 11.8. La version 11.8 était déjà proposée dans les dépôts, elle remplace juste la version 10.11 en tant que version de base. Cette dernière reste disponible via le paquet mariadb10.11.
L'outil Ansible est mis à jour à sa 13e version. Depuis la précédente version proposée dans Fedora Linux, Ansible 11, il fournit majoritairement des améliorations de sécurité et une plus grande robustesse dans le moteur de templates. De nombreux comportements invalides ignorés auparavant peuvent générer des erreurs et doivent être corrigés. D'ailleurs la gestion des erreurs a été également améliorée. Les modules plus spécifiques ont été mis à jour ce qui peut nécessiter une adaptation des playbooks existants.
Les paquets pour le gestionnaire de bases de données MySQL avec le nom community-mysql sont supprimés. L'objectif est de simplifier la maintenance et de rendre la situation plus claire pour les utilisateurs qui peuvent se référer uniquement aux paquets nommés mysql et dérivés.
Les paquets rust-coreutils et rust-nu qui vont respectivement de la version 0.0.27 à 0.5.x et de la version 0.99.1 à 0.109.2. Cette implémentation des outils de base de système en Rust gagnent en popularité et en maturité, étant utilisés par défaut dans Ubuntu maintenant. Cette version apporte une meilleure compatibilité avec les outils GNU. Son évolution très rapide jusqu'alors gênait les possibilités de mettre à jour ses dépendances telles que le shell Nu qui peut maintenant être mis à jour plus souvent. Les utilitaires GNU restent toujours les versions de référence dans Fedora Linux.

Développement
La chaine de compilation GNU progresse avec GCC 16.1, binutils 2.46, glibc 2.43 et gdb 17.1.
Le compilateur GCC a beaucoup travaillé sur la prise en charge initiale de la nouvelle version du langage C++26, mais des améliorations notables concernant C++23 sont également de la partie. Concernant le langage Ada, des extensions GNAT sont ajoutées et qui diffèrent du standard pour simplifier l'écriture du code ou se rapprocher des autres langages comme de nouvelles méthodes de constructions et de finalisation des objets. Côté matériel, les derniers processeurs Intel ont leurs optimisations spécifiques disponibles pour ceux qui le souhaitent tandis que le surcoût d'utiliser une carte graphique AMD avec les technologies OpenMP et OpenACC a été drastiquement réduit. OpenMP peut utiliser l'allocateur mémoire de l'API CUDA pour les cartes graphiques Nvidia afin d'améliorer les performances.
Les utilitaires binutils, outre la prise en charge de matériel plus moderne, il gère le format SFrame version 3 ce qui permet notamment de charger des sections .text de plus de 2 Gio.
La bibliothèque C glibc quant à elle, s'occupe d'améliorer la prise en charge de la version du langage C23. Elle peut gérer des caractères Unicode 17.0 et optimise certaines fonctions mathématiques comme acosh, asinh ou atanh pour les fonctions trigonométriques et la famille de fonctions fma pour le calcul de fonctions affines. Elle prend en charge les nouveaux appels systèmes mseal et openat2, le premier permettant de protéger une zone mémoire d'un changement de permissions ou de taille ultérieurement tandis que le second ajoute de nombreuses options supplémentaires à openat pour l'ouverture de fichiers.
Enfin le débogueur GNU peut gérer sur des architecture x86_64 une shadow stack avec des pointeurs 32 bits. Dans le protocole Debugger Adapter il accepte les requêtes pour la complétion d'une commande. Il devient plus simple de changer le style des couleurs de la sortie dans le terminal en fonction de ses préférences. Il peut également tirer parti des espaces de nom de l'éditeur de liens pour afficher cette information lors du débogage, notamment lors de l'affichage des informations concernant les bibliothèques partagées utilisées par le programme en cours d'analyse.
La chaine de compilation LLVM version 22 est proposée. Comme souvent l'alter égo de la chaine de compilation GNU n'est pas en reste avec la prise en charge initiale de la future version du langage C nommée C2y à ce jour. Plus d'optimisations matérielles peuvent être exploitées avec les expressions constantes de C++. comme les instructions SSE, AVX, et AVX-512. De même plus de micro architectures sont prises en charge pour des optimisations supplémentaires pour le matériel récent.
L'outil de configuration de l'environnement de compilation CMake passe à la version 4.2. Cela entraîne une rupture de compatibilité pour les projets ayant besoin de la version 3.5 ou inférieure. Outre l'évolution de son File API, il prend en charge la copie d'arborescence, via l'option -E copy_if_newer, basée sur la valeur de la date du dernier changement plutôt que celui de la différence de contenu pour être plus rapide. Une nouvelle option de ligne de commande --project-file permet d'utiliser un fichier alternatif à CMakeLists.txt à des fins de développement pour des tests temporaires. Le préfixe LINKER: peut être ajouté à différentes variables et commandes. Enfin, la variable CMAKE_FIND_REQUIRED peut être employée pour forcer toutes les commandes de recherche d'un fichier, d'une bibliothèque ou d'un programme d'émettre une erreur par défaut s'il n'est pas trouvé, au lieu de devoir le préciser à chaque commande. Le projet Fedora a dû proposer beaucoup de correctifs aux paquets compilés avec CMake pour permettre leur bonne compilation.
La bibliothèque C++ Boost passe à la vitesse supérieure avec la version 1.90. C'est la première mise à jour de ce composant depuis Fedora Linux 40, entre temps de nombreuses sous-bibliothèques sont apparues comme Charconv, Cobalt, Hash2, MQTT5, OpenMethod, Parser, Redis et Scope. La plupart des sous-bibliothèques ne prennent plus en charge C++03 et nécessitent au moins C++11 voire C++14 maintenant ce qui peut impacter la compatibilité des vieux projets.
Le langage de programmation Ruby prend de la valeur avec sa version 4.0 carats. Les opérateurs logiques binaires utilisés dans des conditions sont dorénavant compatibles en multi-lignes pour simplifier la lecture. En cas d'erreurs concernant les arguments pour appeler une fonction, un extrait du code de l'appelant et de l'appelé est affiché pour simplifier le débogage. Concernant les compilateurs juste à temps proposés, RJIT est retiré tandis que ZJIT est introduit. Il n'est pas encore recommandé de se servir de ce dernier en production, l'objectif est d'en faire une référence pour la prochaine version, quand il sera plus performant que la référence actuelle YJIT. Enfin Ractor comme mécanisme d'exécution parallèle a vu ses performances améliorées en ayant moins de données partagées et en utilisant moins de verrous globaux, l'objectif est — pour lui aussi — d'en retirer son statut expérimental pour la prochaine version.
Le paquet ruby-build est d'ailleurs scindé en plusieurs sous paquets pour rendre son utilisation plus modulaire. Ainsi au lieu de tirer l'ensemble des composants pour permettre de compiler n'importe quelle implémentation de Ruby, uniquement ceux nécessaires peuvent être téléchargés et installés ce qui peut éviter de devoir télécharger la chaine de compilation Rust ou OpenJDK et ainsi passer de 400 Mio de paquets à obtenir à quelques Mio seulement. Donc maintenant les dépendances essentielles pour cela sont regroupées dans le paquet ruby-build-core, si l'objectif est de compiler JRuby, le paquet ruby-build-jruby peut être installé, pour PicoRuby c'est ruby-build-picoruby, etc.
Le langage Go saute vers sa version 1.26. Le langage permet maintenant de spécifier une expression comme valeur par défaut pour une nouvelle variable en construction, comme par exemple une référence vers un champ JSON à parser. Il permet aussi de spécifier des contraintes de type pour des paramètres d'une fonction, qui réfère à un type générique, qui se réfère à lui même. Niveau outillage, la commande go fix permet de facilement porter un code existant vers une construction plus moderne à l'aide de moderniseurs qu'il fournit. Le ramasse miettes Green Tea est activé par défaut et doit fournir une réduction de son impact de 10 à 40% dans des programmes classiques. Pour les architectures x86_64, par défaut l'adresse mémoire du tas est initialisée à une adresse aléatoire au lancement de l'application pour réduire le risque d'attaques. Les appels de code C sont aussi 30% plus rapides.
Le langage PHP passe à la version 8.5. Parmi les nouveautés, il propose une nouvelle classe URI pour faciliter la manipulation des liens, il introduit également le concept de pipe avec |> pour enchainer les opérations sans nécessiter de variables intermédiaires ce qui simplifie l'écriture et la relecture du code. Il devient également possible de cloner un objet tout en éditant des propriétés à la volée ce qui est particulièrement utile pour les objets avec des champs en lecture seule. Une fonction peut ajouter la propriété #[\NoDiscard] pour générer une alerte si un appelant ne récupère pas la valeur de retour de cette fonction, ce qui permet d'améliorer la conception et l'utilisation des APIs. Les erreurs fatales fournissent aussi une trace d'appel pour mieux déboguer le programme. Et bien d'autres changements encore.
Le langage Haskell devient plus fonctionnel avec son compilateur GHC version 9.10 et sa suite de paquets Stackage 24. Le langage dispose de quelques petites améliorations comme la possibilité pour la boucle forall d'avoir le qualificatif visible afin de spécifier le type de l'objet employé dans la boucle sans inférence. Ou encore de déprécier une instance de classe afin de générer une alerte en cas d'utilisation. Sinon le compilateur dispose de la possibilité pour le backend JavaScript de se lier à du code C grâce à l'usage de WebAssembly, tandis que le backend WebAssembly permet d'appeler du code JavaScript et inversement du code JavaScript qui peut appeler du code Haskell.
Le projet Fedora en profite pour supprimer les paquets de profilage ghc-*-prof pour les architectures non x86_64 et aarch64, sauf pour la bibliothèque standard, car leur usage était probablement rare et le coût de maintenance trop important pour les empaqueteurs.
La boîte à outils web pour Python nommé Django serpente à la version 6. Le changement majeur est l'introduction de la prise en charge interne du Content Security Policy pour facilement bloquer les attaques par injection de contenu comme XSS. Il faut déclarer dans ce cas les ressources externes, comme les scripts ou images, auxquelles le navigateur peut accéder et bloquer ainsi les autres. Il intègre aussi la gestion des templates partiels qui étaient auparavant dans un module externe. Il propose également le concept de tâche pour exécuter des actions potentiellement longues en arrière plan en dehors du cycle de requête-réponse HTTP tel que l'envoi d'un courriel suite à un appel particulier. Enfin il adopte l'usage de l'API Python moderne pour la gestion des courriels. Cette version présente de nombreuses incompatibilités, l'usage de Django 5 reste possible par l'installation du paquet python3-django5.
Des paquets nodejsXX-bin et nodejsXX-npm-bin sont fournis pour créer les fichiers /usr/bin/node et /usr/bin/npm sans nom de versions qui pointent vers la version voulue par l'utilisateur. Ils ne peuvent pas être installés en parallèle ce qui permet de garantir l'unicité de ces fichiers dans un système. Cela signifie qu'il n'y a plus vraiment de version de NodeJS de référence dans Fedora Linux et qu'il est aisé de passer d'une version à une autre selon ses besoins. Pour les mainteneurs, c'est plus facile également de gérer les changements de versions car il n'y a pas la question de gérer la transition d'une version de référence à une autre.
Cette propriété signifie également que passer d'une version à une autre nécessite d'utiliser la commande dnf swap. Par exemple : dnf swap --allowerasing nodejs24-bin nodejs22-bin
La bibliothèque rust-bindgen pour lier du code Rust avec du code C ou C++ est empaquetée à la version 0.72. Avant les versions de 0.68 à 0.72 étaient proposées, mais la nouvelle version LLVM 22 décrite plus haut casse la compatibilité pour représenter l'AST ce qui rend ces anciennes versions non compatibles. Cela a impliqué des adaptations pour les dépendances impactées.
La bibliothèque d'édition des métadonnées des fichiers audio taglib passe à la version 2.0. Cette version ne préserve pas la compatibilité de son ABI et API ce qui a nécessité une adaptation pour ses dépendances comme Ardour et Easytag. Beaucoup de fonctions obsolètes ont été supprimées pour avoir une API plus propre. Le code a été modernisé avec beaucoup de correctifs et un usage de C++17. La prise en charge des propriétés des formats MP4 et RIFF a été également étendue.
Le parseur et moteur de rendu de CommonMark cmark progresse vers la version 0.31.
La machine virtuelle Java OpenJDK 21 n'est plus proposée dans les dépôts. Cela permet de concentrer les ressources sur OpenJDK 25 et 26 qui sont plus utilisées. Ce temps économisé peut être alloué dans la finition de la compatibilité avec Eclipse Temurins.
Le paquet python-mock a été supprimé des dépôts. Son retrait prochain avait été annoncé avec Fedora 34 mais de nombreux paquets en avaient encore besoin jusqu'ici.

Projet Fedora
Les paquets avec des fichiers identiques utilisent des liens physiques par défaut au sein du répertoire /usr. Notamment certains paquets Python peuvent avoir des contenus générés automatiquement qui sont dupliqués avec la macro %__os_install_post_python. Mais la manière de faire n'était pas toujours cohérente entre les paquets et des effets de bord existaient car il pouvait y avoir une différence de date d'édition de fichiers entre deux liens physiques ce qui nuisait à la reproductibilité de la génération des paquets. Maintenant cela est géré de manière uniforme via la macro %__os_install_post qui effectue cette tâche pour tous les fichiers dans %{buildroot}%{_prefix}, que les fichiers soient dans le même paquet ou sous-paquet. Uniquement ce répertoire est pris en compte car les fichiers en son sein sont en général en lecture seule ce qui évite les problèmes liées à l'édition ultérieure du contenu. Un autre aspect positif est une légère réduction de la taille de certains paquets et que différents utilitaires de recherche ou de sauvegarde des fichiers peuvent éviter de parcourir inutilement plusieurs fois le même contenu.
Les systèmes atomiques ne fournissent plus de bibliothèques et de binaires FUSE 2. Les paquets fuse et fuse-libs sont retirés de l'image de base pour permettre l'usage exclusif de FUSE 3, FUSE 2 n'étant plus maintenu. Ces paquets étaient maintenus depuis Fedora Linux 40 car le format AppImage s'en servait dans la première version de son format mais l'ajout d'une seconde version qui exploite FUSE 3 permet de s'en affranchir.
Pour les images Kinoite et Kinoite Mobile, cela signifie que les backends EncFS et CryFS ne sont plus accessibles, si vous êtes concernés vous pouvez les convertir avant ou alors installer les paquets fuse-encfs et cryfs avec rpm-ostree.
Cela ne concerne pas pour l'instant les autres versions de Fedora Linux qui ont un usage plus général et qui peuvent très facilement l'installer en cas de besoin pour ceux qui le souhaitent. Les systèmes atomiques sont quant à eux orientés pour des systèmes minimaux en lecture seule où cet utilitaire n'est plus indispensable par défaut comme expliqué.
Ces systèmes bureautiques atomiques ne prennent plus en charge les règles obsolètes pkla polkit. Les autres systèmes atomiques de Fedora avaient déjà supprimé par défaut ces règles de leur image de base car c'est un format obsolète qui est d'ailleurs peu à peu retiré des autres distributions Linux telles qu'Ubuntu ou Debian.
Les variantes non atomiques ne sont pas concernées à ce stade pour la même raison que le changement précédent, d'autres paquets peuvent en dépendre ce qui rend la suppression totale définitive difficile à ce jour. Les systèmes atomiques n'ont plus de tels composants dans l'image de base ce qui permet une telle transition.
Packit remplace Fedora CI et Zuul pour démarrer les instances d'intégration continue pour compiler et exécuter les tests des paquets après un pull request. En effet le premier est développé par Red Hat et est plutôt bien maintenu avec plus de fonctionnalités que les seconds qui n'avaient pas assez de personnes pour s'en occuper et fournir une bonne stabilité. Cela permet de simplifier la gestion de cette partie de l'infrastructure en se concentrant sur l'intégration plutôt que le développement. Il offre par exemple la possibilité de ré-exécuter certains tests seulement ou d'utiliser des étiquettes associées à une tâche pour définir quels tests doivent être exécutés ou non, afin de gagner du temps lors du développement d'un paquet. Il fournit de fait une interface unique pouvant aller de dist-gist en passant par Koji et Bodhi pour ces différentes tâches. Il est également indépendant de la forge git employée grâce à une API unifiée. À ce jour Gitlab et Pagure sont gérées et Forgejo sera ajoutée plus tard, qui sera à priori la future forge logicielle de Fedora ce qui facilitera la transition à ce moment là.
Koji ne prend plus en charge le service distant Red Hat Image Builder Service, uniquement les instances locales peuvent être utilisées. En effet depuis la version précédente de Fedora Linux, toutes les images peuvent être produites localement. Fedora IoT et Minimal étaient construites via l'infrastructure Red Hat Image Builder, Koji ne servant que d'orchestrateur côté Fedora. Cela posait quelques soucis dont la possibilité d'intervenir en cas de problèmes mais aussi le fait qu'il était impossible de geler les changements de l'infrastructure aux moments adéquats pour l'élaboration des nouvelles images. En plus de s'affranchir du service de Red Hat, cela autorise aussi de supprimer le plugin Koji qui permettait une telle opération. Il devient également possible de réallouer les ressources matérielles associées pour d'autres tâches.
Les labels des images pour conteneurs passent à org.opencontainers.image.title et org.opencontainers.image.licenses pour suivre la spécification OpenContainers. Cela simplifiera l'outillage pour récupérer cette information de manière générique en ayant une nomenclature standard pour toutes les images.
Par ailleurs CMake utilisera le générateur ninja au lieu de make par défaut pour compiler un projet. En effet CMake permet d'utiliser les deux en fonctions des préférences, avec la mise à niveau de CMake décrite plus haut, la prise en charge de ninja est encore meilleure ce qui le rend plus intéressant. Ninja est plus moderne et rapide pour effectuer la compilation d'un projet ce qui est intéressant pour le projet Fedora qui en compile beaucoup. Il prend également mieux en compte le concept récemment introduit des modules C++. C'était d'ailleurs déjà le choix effectué manuellement par certains paquets, maintenant tous les utilisateurs de la macro cmake en bénéficieront par défaut.
Les paquets autour du langage R ont de nouvelles macros et une meilleure uniformisation des bonnes pratiques pour simplifier leur maintenance. Cela représente 400 paquets dans la distribution qui avaient jusqu'ici une gestion assez artisanale et demandait beaucoup de temps pour gérer des situations similaires. De nouvelles macros dédiées ont été ajoutées dans R-rpm-macros tandis que les macros R-srpm-macros ont été ajoutées à la config globale redhat-rpm-config pour permettre leur réutilisation.
Ces macros simplifient beaucoup la maintenance, maintenant la génération de la version et des URLs des projets empaquetés sont gérés de manière uniforme. De même, la procédure d'installation et de la vérification des fichiers est faite de manière identique. Enfin, cela permet de rendre ces paquets reproductibles également.
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La documentation
Depuis juin 2017, un grand travail de nettoyage a été entrepris sur la documentation francophone de Fedora, pour rattraper les 5 années de retard accumulées sur le sujet.
Le moins que l'on puisse dire, c'est que le travail abattu est important : près de 90 articles corrigés et remis au goût du jour.
Un grand merci à Charles-Antoine Couret, Nicolas Berrehouc, Édouard Duliège, Sylvain Réault et les autres contributeurs et relecteurs pour leurs contributions.
La synchronisation du travail se passe sur le forum.
Si vous avez des idées d'articles ou de corrections à effectuer, que vous avez une compétence technique à retransmettre, n'hésitez pas à participer.
Comment se procurer Fedora Linux 44 ?

Si vous avez déjà Fedora Linux 43 ou 42 sur votre machine, vous pouvez faire une mise à niveau vers Fedora Linux 44. Cela consiste en une grosse mise à jour, vos applications et données sont préservées.
Autrement, pas de panique, vous pouvez télécharger Fedora Linux avant de procéder à son installation. La procédure ne prend que quelques minutes.
Nous vous recommandons dans les deux cas de procéder à une sauvegarde de vos données au préalable.
De plus, pour éviter les mauvaises surprises, nous vous recommandons aussi de lire au préalable les bogues importants connus à ce jour pour Fedora Linux 44.
Aller plus loin
- Site officiel du projet Fedora (3 clics)
- Site officiel de la communauté francophone de Fedora (3 clics)
- Image Torrent officiels (5 clics)
- Procédure de mise à niveau (5 clics)

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