La certification du matériel appliquée aux ordiphones: la sécurité comme prétexte pour constituer un oligopole ?

5
19
juin
2026
Matériel

Apple et Google font la promotion de leur technologie de certification de matériel.

Au nom de la sécurité, les deux gros fournisseurs d’OS mobiles sont en train de verrouiller un marché où ils seraient les seuls acteurs mondiaux à décider qui a le droit d’utiliser tel ou tel matériel.

Le principe

Le but de ces technologies est d’interdire aux gens d’utiliser du matériel et du logiciel non approuvé par Google et Apple.

Faussement présenté comme une fonctionnalité de sécurité, les banques et les gouvernements les adoptent avec enthousiasme, car cela leur permet d’imposer l’usage de logiciels privateurs à leurs clients/citoyens, quitte à sacrifier la souveraineté.

Les technologies

API Play Integrity de Google

Cette API Android permet à une application de vérifier :

  1. qu’elle n’a pas été modifiée par l’utilisateur ;
  2. que l’utilisateur a bien payé pour l’utiliser ;
  3. que l’exécution n’a pas lieu sur un émulateur ;
  4. que le matériel sur lequel elle s’exécute est certifié par Google.

Google play integrity api overview

Quelques fournisseurs d’Android proposent des alternatives à ce service :

API App Attest d'Apple

https://developer.apple.com/documentation/devicecheck/preparing-to-use-the-app-attest-service

Privacy Pass

Ce protocole a pour but d’authentifier un utilisateur anonyme. Cela peut sembler contradictoire, mais il s’agit de remplacer les solutions pour stopper les vils bots (captcha, anubis…).

Concrètement l’utilisateur doit obtenir un jeton avant d’accéder à un service.

Malheureusement de vils humains d’Apple et Cloudflare ont trouvé opportun d’implémenter ce système en rendant obligatoire l’usage d’un matériel certifié.

Anti privacy pass

reCAPTCHA

Cette solution de Google impose aussi l’usage des services Google pour vérifier un mobile pour pouvoir accéder à certains services, notamment des sites web.

La certification de matériel du point de vue des utilisateurs

Pour le consommateur, la certification du matériel (appliqué aux ordiphones) revient à :

  • limiter son choix de matériel neuf ;
  • limiter son choix de matériel d’occasion ;
  • accélérer l’obsolescence du matériel possédé.

Bref il faudra plus régulièrement « tout racheter ».

Paul Emploi

Pour le citoyen, c’est :

  • l’usage obligatoire de logiciels privateurs ;
  • une inscription forcé et donc l’acceptation des contrats de société “agressives” sur la vie privée et les données personnelles.

Pour les États et l’Union Européenne, c’est un nouvel abandon de souveraineté.

Certifier du matériel, c’est privateur. Certifier des gens c’est pire.

Si vous avez un diplôme d’ingénieur, un permis de chasse, un passe sanitaire ou un tatouage mafieux, vous savez que les organisations adorent certifier les personnes, par exemple pour être bien certaine de recruter un bon tireur pour une mission spéciale en pleine pandémie.

Toutefois si vous êtes un braconnier antivax de l’école 42, vous pouvez aussi télétravailler du côté obscur, par exemple comme développeur Android.

Enfin jusqu’ici, car Google demandera bientôt que tout développeur d’applications Android s’inscrive avec des obligations comme fournir une pièce d’identité officielle et lister tous ses identifiants d’applications actuels et futurs…

Une campagne est en cours pour défendre le droit des braconniers antivax de l’école 42gens normaux de continuer à développer librement sur Android : https://keepandroidopen.org/fr/

Aller plus loin

  • # On connait la technique !

    Posté par  (site web personnel) . Évalué à 5 (+2/-0). Dernière modification le 19 juin 2026 à 19:11.

    On a déjà vu ça ! Microsoft et les DRM, la société des droits d'auteur… Albanel qui croyait défendre cette mafia en a été la risée. Tous ceux qui ont voulu construire un monopole sur des textes réglementaires se sont cassé la figure. Pourvu que ça dure !

    • [^] # Re: On connait la technique !

      Posté par  . Évalué à 4 (+1/-0).

      Sauf que là ce n'est pas sur des textes réglementaires, c'est à travers des limitations technologiques.

      Tout ça me rappelle un peu le discours de Peter Thiel qui disait que la population n'accepterait jamais ses idées, mais il pourrait les imposer par la technologie. Si on avait proposé une règle qui impose l'usage d'Android par Google ou iOS, elle aurait été démontée au parlement (sous un gouv modéré, on s'entend, pas une majorité RN…).

      Mais là c'est plus insidieux: c'est vendu aux banques etc. comme le nec plus ultra de la sécurisation, et ça marche: les banques embarquent, les gouvernements embarquent, et on peut s'attendre à ce que, si rien n'est fait, ça se répande.

      Il faut alerter les pouvoirs publics pour qu'ils régulent sur le sujet, le plus tôt sera le mieux, on connaît tous les effets du "fait accompli" et du "statut quo", les plus anciens se souviennent encore de la lutte contre la vente liée de Windows sur les machines.

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