Journal [notes de lecture] devenir zéro

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déc.
2025

Puisque 5,4% (à l'heure qu'il est) se sert de linuxfr comme source de lecture, je m'en vais, cher 'nal, partager avec toi ma dernière lecture. Et non, ce n'est même pas tellement hors sujet, il s'agit de surveillance, de vie privée et de collusion entre le secteur privé et les états.

Devenir zéro, d'Anthony McCarten est une dystopie, actuelle, contant le parcours d'une des dix candidates à un test. Elle doit disparaître, en moins de deux heures et ne pas être retrouvée par l'entreprise de sécurité ultra moderne Fusion.

Aucun divulgâchage dans ce qui précède, c'est sur la 4e de couverture.

Généralement, dans les dystopies et genres voisins, le réalisme est mis à rude épreuve mais là, hormis le facteur d'échelle (ouf ?), les technologies mises en œuvre (vidéosurveillance algorithmique, traces numériques, drones, etc.) m'ont semblé plausibles. Évidement, je suis totalement neuneu en matière de cybersécurité et des spécialistes y trouveront peut-être à redire. Tant mieux : je lirai les commentaires avec intérêt.

Cela se lit facilement, sans être d'un style exceptionnel, le fil du roman comporte quelques rebondissements plutôt bien amenés. J'ai été un peu déçu par moi-même en ayant anticipé le tout dernier parce que j'aurai bien aimé être surpris. Mais c'est de ma faute, pas de celle de l'auteur ;-)

  • # Hameçonné

    Posté par  . Évalué à 6 (+4/-0).

    Parfait, j'ai plus rien à lire. J'avais super aimé Milliénium, une partie de chat-souris cyber, ça me botte bien ! En plus c'est dispo dans une librairie à 100 mètres de chez moi :).

    • [^] # Re: Hameçonné

      Posté par  . Évalué à 3 (+1/-0).

      J'ai péniblement lu les 60 premières pages en 4-5 jours. Un peu de mal à rentrer dans l'histoire, et ce personnage de Cy Baxter vraiment grosse ficelle n'augurait rien de bon. Et puis je suis rentré dans l'histoire, et j'ai lu les 400 suivantes la même journée :D. On peut dire que c'est plutôt réussi finalement !

      Niveau littéraire, c'est un pur page-turner, le style n'est pas très travaillé, la traduction est très moyenne - on sent la langue anglaise, et il y a même certains idiomes comme "brick and mortar" qui sont traduit tels quels. Je me dis que j'aurai pu le lire en version originale directement.

      En tout cas, je ne regrette pas d'avoir passé quelques heures dans cette histoire, c'était sympa.


      attention je spoile un peu mais pas trop dans la suite!

      Le récit est alterné entre des scènes chez les chasseurs et les chassé·es, et je dois dire que les chapitres de capture dans lesquels sont expliqués comment certaines cibles se vont attraper sont chouettes (le passage ou la police laisse le gars terminer son repas avant de le choper, parce qu'on est pas des bêtes, tout de même).

      Sur l'aspect cyber-vraisemblance, comme l'a dit gato<, il y a en effet des libertés prises - on duplique quelques peta-octets sur une connexion 5G sur une pile de disques durs en moins d'une heure au calme. D'autres approximations comme parler de teraflops au lieu de teraoctets pour un volume de stockage, ou un moment ou on est limite "pare-feu openoffice", me font dire que Anthony McCarten s'est documenté vite fait, mais sans s'y attacher plus que ça. Le récit tenant sur un mois, l'auteur ne pouvait pas se permettre d'avoir une scène avec une barre de progression de copie sur 30 ans :D.

      Sur les aspects traitement temps réel pendant la traque, comme détecter une démarche spécifique dans une foule à l'échelle d'une ville, ça semble pour le moment invraisemblable, mais ça peut venir vite. Pour ce qui est recoupement et corrélation de données, se référer à Permanent Record d'Edward Snowden, c'est réaliste.

      Honnêtement, ces quelques faiblesses sur l'aspect technique ne gâchent rien à la lecture, on s'en fout un peu. Parce que au final, c'est un aspect récurrent de la capture des Zeros qui est mis en avant : ce sont des erreurs humaines (nos habitudes, nos passions, nos vices), pas techniques, qui vont que la plupart se font choper. Le coup de la playlist qui contient un morceau rarement écouté qui permet de réduire le nombre d'occurrences de cibles est plutôt bien vu. La scène ou Cy Baxter ("le méchant") commet une erreur monumentale car il vient d'être énervé et baisse la garde pour faire avancer son projet est assez significative (c'est un peu le même genre de mécanisme quand on est pressurisé et qu'on clique sur un lien de phishing).

      Le fond du récit, c'est la lutte entre d'un côté la high-tech, les gros moyens, la vitesse, et la brutalité qui va avec, et de l'autre, la lenteur comme atout, des moyens simples, la tactique.

  • # en ce qui me concerne

    Posté par  (site web personnel, Mastodon) . Évalué à 2 (+1/-0).

    En ce qui me concerne j'apprécie les dystopies, mais surtout celles qui n'ont pas grand chose en commun avec notre monde réel (soit parce que ça se passe dans un autre monde, soit parce qu'il s'est produit un évènement cataclysmique qui éclipse presque totalement le monde d'avant). J'aime beaucoup ce sentiment de n'y rien comprendre au début, de découvrir le monde fictif petit à petit. En ça 1984 d'Orwell, Farenheit 451 de Ray Bradbury et L'oiseau Moqueur de Walter Tevis sont de bonnes références.

    Un gentil du net

    • [^] # Re: en ce qui me concerne

      Posté par  (site web personnel) . Évalué à 3 (+1/-0).

      « En ce qui me concerne j'apprécie les dystopies, mais surtout celles qui n'ont pas grand chose en commun avec notre monde réel […] »

      Soit que nous ne vivions pas dans le même monde, soit que nous n’attribuions pas le même sens à l’expression « pas grand chose en commun », mais j’apprécie les mêmes fictions justement pour leurs ressemblances avec ce qui m’entoure.

      « IRAFURORBREVISESTANIMUMREGEQUINISIPARETIMPERAT » — Odes — Horace

  • # Bientôt le film ?

    Posté par  . Évalué à 2 (+1/-0).

    Merci pour cette fiche de lecture, le roman est bien rythmé ; en le lisant, on a l'impression de voir le futur film qui en sera certainement tiré, dans le style des films d'actions américains, avec plein de hackers et d'agents de la céiya.

    Quelques détails techniques font un peu tiquer, par exemple j'ignorais que l'on puisse recopier une BD occupant tout un data-center, sur quelques disques durs, en quelques minutes, et avec la commande scp !

    Mais ça ne gâche pas le plaisir de la lecture.

    Ici lecteur compulsif, j'ai immédiatement embrayé sur le roman "l'oiseau d'Amérique" (ou l'oiseau moqueur), qui m'a littéralement scotché ! C'est sombre, triste, dérangeant, brillamment amené.

    • [^] # Re: Bientôt le film ?

      Posté par  (site web personnel) . Évalué à 5 (+3/-0).

      j'ignorais que l'on puisse recopier une BD occupant tout un data-center, sur quelques disques durs, en quelques minutes, et avec la commande scp !

      un Gaston Lagaffe ça doit pouvoir se faire tout de même :p

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