• # Pour avoir grandi avec Google...

    Posté par  . Évalué à 9. Dernière modification le 30 octobre 2021 à 10:21.

    J'ai du mal à utiliser autre chose qu'un système de fichiers ; pour gérer mes photos, mes scripts, mes factures, mes textes, mes papiers scannés, mes tablatures et partitions, même mes connexions au smartphone (pour par exemple, sauvegarder mes fichiers, il faut que j'aille dans le répertoire via le câble ou un logiciel comme kdeconnect), etc. Même sur smartphone, je "range tout dans des dossiers". (Et en passant, je trouve ça mal foutu…évidemment)

    J'aimerais utiliser des photothèques, des métadonnées pour rechercher, des liens mous et fluides entre chaque partie de mon système, j'aimerais être doué quand il s'agit de retrouver une photo dans mon smartphone sans avoir à estimer la date…Alors, j'y arrive un peu (grâce à KDE), mais franchement, je suis très loin d'être moderne…enfin, j'imagine.

  • # Google ?

    Posté par  (site web personnel) . Évalué à 10.

    Le titre peut induire en erreur en laissant supposer un lien entre le constat et le moteur de recherche, mais la situation est exactement le même ici. Autant les étudiants acquièrent plus aisément les bases de la programmation, autant la préoccupation de la localisation de leurs données leur devient progressivement étrangère. D'autant plus cette année que les braves administrateurs systèmes de l'université où je travaille semblent avoir dû renoncer à faire cohabiter paisiblement le système privateur, et les autres, faisant des derniers des outils de seconde zone à l'arborescence particulièrement alambiquée.
    Du constat de l'absence de notion de système de fichier, on peut s'inquiéter, ou décider de féliciter les gens qui travaillent à l'ergonomie des systèmes informatiques. Visiblement il n'est plus nécessaire de comprendre quoi que ce soit à l'architecture des systèmes pour les utiliser. Fin de l'utilisateur autonome. Place au consommateur entièrement dépendant. Ne reste plus qu'à mettre en place un grand claude de confiance pour couvrir les dernières aspérités de boîtes noires désormais bien hermétiques.

    « IRAFURORBREVISESTANIMUMREGEQUINISIPARETIMPERAT » — Odes — Horace

    • [^] # Le vieillissement

      Posté par  (site web personnel) . Évalué à -2.

      Le "c'était mieux avant", la mélancolie (fantasmée) du passé, la critique de la jeunesse qui ne sait pas ce qui est important (mais le râleur sait, lui, évidement), n'a rien de nouveau, ça doit être aussi vieux que l'humanité.

      Il y a des choses qui ne changent pas… En attendant, les gens continuent à évoluer pendant que d'autres râlent sur leur "méthodes qui ne respectent plus rien avec ces jeunes qui ne savent plus rien" juste parce que les méthodes sont différentes (nombre de professeurs ne comprennent rien à de nouvelles façons de faire, et ce sont les étudiants qui doivent enseigner aux professeurs… Les lockdowns ont beaucoup montré des professeurs capables de comprendre un système de fichier mais incapable de comprendre la visioconférence et le partage de documents, pour caricaturer à peine).

      Les lecteurs de LinuxFr vieillissent, avec tout ce qui va avec.

      PS : les gens non geeks ne savaient déjà pas gérer la notion de système de fichier à l'époque de DOS, tout dans le même répertoire. La différence entre hier et aujourd'hui est juste que les outils informatiques sont accessibles à plus de monde, donc les non geeks sont plus nombreux et on fait des choses pas mal pour simplifier la vie, le tri par métadonnées est bien meilleur que la limitation technique d'un chemin de rangement. Ou comment les gens d'hier voient les limites d'hier comme un bien alors que c'était… un limite technique chiante, rien d'autre.

      • [^] # Re: Le vieillissement

        Posté par  (site web personnel) . Évalué à 9. Dernière modification le 30 octobre 2021 à 13:13.

        Comme chacun bien souvent, vous semblez avoir une lecture très personnelle des commentaires d'autrui qui vous conduit à vous enflammer. Permettez-moi de vous le signaler dans la mesure où c'est mon commentaire qui semble encourir votre ire. Et qu'à tout le moins d'aucuns en vous lisant pourrait être enclins à se méprendre sur mon propre propos.

        Citation du constat tel que formulé par moi-même :

        « Autant les étudiants acquièrent plus aisément les bases de la programmation, autant la préoccupation de la localisation de leurs données leur devient progressivement étrangère. »

        Peux-t-on honnêtement résumer ça à « s'était mieux avant » ? N'ayant guère développé la première partie précédemment, je m'y met.
        En tant qu'enseignant je m'enthousiasme de voir mes étudiants appréhender plus facilement la programmation. C'est une chose de savoir d'où leur vienne leurs difficultés et c'en est une autre de les aider à surmonter vingt ans d'apprentissage, en vingt-cinq heures. Je me réjouis que leur formation antérieure se soit améliorée de ce point de vue et, à tout dire, je ne suis guère inquiet en ce qui concerne l'appréhension d'un système de fichier. Ça pose infiniment moins de problèmes cognitifs que le passage des mathématiques à l'informatique.

        « IRAFURORBREVISESTANIMUMREGEQUINISIPARETIMPERAT » — Odes — Horace

      • [^] # Re: Le vieillissement

        Posté par  . Évalué à 7.

        PS : les gens non geeks ne savaient déjà pas gérer la notion de système de fichier à l'époque de DOS, tout dans le même répertoire

        Puis c'est devenu tout sur le bureau.

        Maintenant qu'il n'y a plus de bureau, c'est la suite logique.

        Matricule 23415

      • [^] # Re: Le vieillissement

        Posté par  . Évalué à 10. Dernière modification le 30 octobre 2021 à 17:17.

        Le "c'était mieux avant", la mélancolie (fantasmée) du passé, la critique de la jeunesse qui ne sait pas ce qui est important (mais le râleur sait, lui, évidement), n'a rien de nouveau, ça doit être aussi vieux que l'humanité.

        Les gens qui critiquent ceux qui critiquent les nouvelles coutumes en disant que ce sont des croûtons rétrogrades, ça aussi c'est bien vieux [1]. Et c'est souvent émis par ceux qui ont une peur panique de paraître vieux ou décalés avec leur époque.

        En attendant, les gens continuent à évoluer pendant que d'autres râlent sur leur "méthodes qui ne respectent plus rien

        L'article ne parle pas d'utilisateurs lambda, mais d'étudiants en matières scientifiques (astrophysique, par exemple), ou l'ordinateur est un outil essentiel. Or, ne pas comprendre ce qu'est un fichier dans un système qui a été conçu avec comme base "tout est fichier" [2], ça me semble un peu grave, et implique qu'on ne comprend absolument rien à l'outil qu'on utilise. Et que ce que fait ce système est de plus en plus perçu comme sorti d'une boîte noire, avec sa propre logique, laquelle nous échappe complètement. Je ne trouve pas ça rassurant.

        On ne parle pas d'une méthode datée dans le temps, mais de ce qui est au cœur du système qui fait tourner le logiciel qu'on utilise. Ça me semble un peu plus grave que de critiquer la forme graphique d'une interface ou l'apparence 2D ou 3D d'une icône (sinon même le concept d'icône). Savoir utiliser une arborescence n'est d'ailleurs en rien exclusif d'utiliser metadonnées ou techniques de localisation, on peut utiliser les deux formes avec profit.


        [1] Pas aussi vieux que l'humanité cependant, ça date plutôt de l'époque ou le "nouveau" est devenu un argument de vente, et la critique du "nouveau" vu comme un frein à l'avancée de la commercialisation à outrance.

        [2] Ces étudiants utilisent soit Android soit iOS, tous deux des surcouches sur un un*x. De plus, je subodore que l'ordinateur utilisé pour la recherche en astrophysique est soit du linux, soit du BSD

        • [^] # Re: Le vieillissement

          Posté par  (site web personnel) . Évalué à 7.

          « L'article ne parle pas d'utilisateurs lambda, mais d'étudiants en matières scientifiques (astrophysique, par exemple), ou l'ordinateur est un outil essentiel. Or Ne pas comprendre ce qu'est un fichier dans un système qui a été conçu avec comme base "tout est fichier"[.] »

          Toutefois, et c'est fort regrettable, des indices dans l'article semblent indiquer qu'il s'agirait plutôt d'utilisations de systèmes non Gnu. Il ne faut guère se bercer d'illusion. Même dans la recherche les ordinateurs ne sont souvent qu'une commodité. Et pour nombre de chercheurs, il est parfaitement inenvisageable d'en approfondir la maîtrise. La course à la productivité veut que chacun se concentre sur l'essentiel, et que ce dernier ne soit que vaguement corrélé avec la production de savoirs fermement établis. Ajouter des sermons sur l'intégrité scientifique à une politique et un management visant à tout autre chose n'y changera rien.

          « IRAFURORBREVISESTANIMUMREGEQUINISIPARETIMPERAT » — Odes — Horace

  • # Bof

    Posté par  . Évalué à 4.

    Les prof ne se sont pas plains de ne pas avoir à apprendre faire des recherches sur internet aux étudiants…

    Le problème n'est pas google ici. Ce n'est même pas forcément un problème, c'est juste qu'il y a un glissement des usages de l'ordinateur vers les mobiles et tablettes.

    Moi perso l'un ou l'autre, je ne sais pas ranger.

    https://linuxfr.org/users/barmic/journaux/y-en-a-marre-de-ce-gros-troll

    • [^] # Re: Bof

      Posté par  (site web personnel) . Évalué à 10. Dernière modification le 30 octobre 2021 à 12:15.

      De manière générale, l'enseignement évolue aussi en fonction de la société et de la technique :

      • le DNS c'est comme l'annuaire / bottin… le quoi ? euh comme les contacts dans votre téléphone (ça marche avec le NIS / Yellow Pages pour les plus anciens)
      • l'icône de sauvegarde qui est/était une disquette, ou le fait de dire carte perforée / listing papier / cassette / disque / VHS / disquette / CD… et bientôt DVD enfin BluRay ou clé USB enfin disque USB amovible
      • EBCDIC ou ISO-8859-* ou X.25 ou ATM ou bus VLB sont probablement moins enseignés… par contre ne pas parler Unicode / UTF-8 maintenant serait problématique
      • les ordres de grandeur changent avec les progrès techniques : l'intégralité de la mémoire et mes disquettes Amstrad 3", ou l'intégralité de mes colossaux 2x500 MiB de disques + 8 MiB de RAM + mes disquettes 3"1/2 PC tient dans la mémoire vive de n'importe machine même pas trop récente. Comme l'intégralité du texte de Wikipédia par exemple. Avant on parlait des préfixes Peta et Eta pour rigoler et faire rêver en cours, mais en fait c'était Kilo et Mega, parfois Giga qu'on utilisait au quotidien… (sans parler de kibi/mebi/gibi qui sont arrivés après, dans l'usage)
      • les usages et les périphériques évoluent aussi : stylos optiques, tactile, casque VR, heads up display, souris, stylet, commande vocale, raccourcis par petits dessins…
      • je présume que le rythme du changement s'accélère, augmentant les gens un peu laissés sur le bas côté… comme ceux n'ayant pas la notion de « fenêtre » ou de « bouton » (non physique) placés devant un écran tactile, par exemple un ordinateur de vote

      Par contre il reste des constantes :

      • du stockage de données avec différentes caractéristiques de permanence, rapidité d'accès, capacité (d'où des besoins d'interopérabilité, de sauvegarde, de redondance, etc.)
      • du calcul / traitement sur les données avec différentes caractéristiques
      • des ressources locales ou déportées, donc des caractéristiques différentes (temps d'accès / latence, débit, capacité, confidentialité, intégrité, pérennité, indépendance vis à vis d'un fournisseur, etc.)
      • le besoin d'interface avec l'utilisateur
      • matériel et logiciel (qui le fournit, quelle confiance, quel contrôle, quelle dépendance, etc.)
  • # les anciennes non plus

    Posté par  (site web personnel) . Évalué à 10.

    En fait ceux qui ont eu à utiliser des systèmes de fichiers sont les utilisateurs très réguliers de l'informatique sur les années 199x, 200x, 201x ?
    Ma voisine de 90+ ans n'a jamais utilisé autre chose qu'un téléphone fixe cuivre jusqu'à la semaine dernière, donc ni {smart,dumb}phone, ni ordinateur (ou alors vraiment en fin de carrière).
    Mes parents, globalement 10 ans plus jeunes, utilisent des ordinateurs, mais plutôt tendance fichiers en vrac sur le bureau ou dans $HOME, où se côtoient monfichier, mon\ fichier, monfichier_1, mon-fichier…
    Et même en prenant des gens plus jeunes, je doute qu'ils fassent tous la différence entre le disque dur/SSD, Mozilla Sync, le stockage cloud ou la clé usb, le NAS, et encore moins entre /tmp, /home et /etc par exemple. Et ils ne multiplient pas les arborescences, d'ailleurs les stockages contenus incitent à étiqueter pour le classement, pas à trier dans un arbre équilibré ou non…

    Après le système de fichiers / l'organisation du stockage en général à deux buts :
    - technique : les limites du système de fichiers comme taille max de fichier, nb fichiers/inodes, etc.
    - pratique : (re)trouver ce que je cherche/veut utiliser

  • # La génération qui a grandi avec un système de fichiers ne sait pas utiliser Google (docs)

    Posté par  . Évalué à 10.

    J'ai grandi avec un système de fichiers et les peu de fois où j'ai à utiliser Google Docs, je sais absolument pas où il stock les fichiers et j'arrive jamais à les retrouver (facilement).

    J'arrive pas à comprendre la logique et je comprends toujours pas comment ils ont pu accepter de mettre ça en production…

  • # tracker etc.

    Posté par  . Évalué à 3.

    Aaah… Voilà donc pourquoi tracker (1) prend une importance prépondérante dans gnome (1) ! Et en creux, la malice dont il faut faire preuve pour lui couper le sifflet…

    (1) et consort

    • [^] # Re: tracker etc.

      Posté par  (site web personnel, Mastodon) . Évalué à 5. Dernière modification le 01 novembre 2021 à 20:55.

      C'était exactement la philosophie initiale des applis GNOME à l'époque des débuts de GNOME 3, oui. Ni plus ni moins que la façon dont fonctionnent les applis sur iOS et Android depuis toujours (bien que ces deux systèmes proposent des gestionnaires de fichiers, parce que des fois ça reste incontournable).

      Notons bien cependant que la page liée ci-dessus n'a plus été modifiée depuis 2014. Les applis GNOME continuent à utiliser Tracker (qui, en passant en version 3, a semble-il beaucoup amélioré ses performances), mais certains projets comme Photos ou Highscore ont éprouvé les limites de cette philosophie(*) et pourraient revenir à une relation plus traditionnelle avec l'arborescence des fichiers. Tracker n'en est pas rendu inutile pour autant, mais cela montre que le balancier n'est pas resté suspendu là où l'article de The Verge semble le voir coincé.

      (*) en résumé : Photos faisait remonter toutes les images du dossier ~/Images, mêmes si elles n'ont rien à voir avec des photos ; et Highscore, qui s'appelait Jeux, galérait avec l'ajout "manuel" de jeux qui n'était pas dans le dossier attendu. Je vous laisse parcourir leurs tickets de bugs pour avoir une idée des soucis que cela causait.

  • # ça s'apprend

    Posté par  (site web personnel, Mastodon) . Évalué à 10.

    Guarín-Zapata was taught computer basics in high school — how to save, how to use file folders, how to navigate the terminal — which is knowledge many of his current students are coming in without.

    Oui ben voilà: les gens qui ont eu une formation en informatique pendant leurs études ont appris ce que c'est qu'un dossier et comment ça s'utilise. Et puis à un moment quelqu'un s'est dit que ces cours ne servaient plus à rien et que les nouveaux étudiants allaient connaître ça instinctivement. Et c'était une erreur. Google n'a rien à voir là dedans, non?

    Personnellement j'ai eu quelques cours d'informatique au collège (fichiers, dossiers, traitement de texte, etc). Sans quoi je n'aurai probablement pas vraiment compris tout seul comment ça marchait (bien que ayant déjà utilisé des ordinateurs avant ça). Et plus tard quand je suis arrivé en IUT informatique, une séance de travaux pratiques là dessus pour vérifier que si tout le monde était au point ou si des cours sur le sujet étaient nécessaires.

  • # Un système de fichiers oui mais pas un bordel de fichiers

    Posté par  (site web personnel) . Évalué à 8.

    La question n°1 qu'on me pose "parce toi tu fais de l'informatique tu dois savoir", c'est "elles sont où mes photos?".

    Le problème c'est que:

    • les OS utilisent des répertoires illogiques (DCIM) ;
    • les IHM masquent les chemins des fichiers.
    • tout est en désordre.

    Peut être avec par défaut les dossiers / liens symboliques suivant ?

    /users/$moi/photos/disk/$annee/$mois/$jour
    /users/$moi/photos/sdcard/$annee/$mois/$jour

    Le post ci-dessus est une grosse connerie, ne le lisez pas sérieusement.

  • # métadonnées, recherche, accès en mode objet vs mode fichier

    Posté par  . Évalué à 6. Dernière modification le 31 octobre 2021 à 15:27.

    On trouve maintenant beaucoup d'applications qui gèrent leur stockage comme une base de données, une bibliothèque de fichiers, que ce soit sur un stockage objet type S3 ou un système de fichier POSIX.

    Ces applications utilisent et/ou proposent une API, qui permet de retrouver des fichiers par rechercher/critère, via des tags et non plus une arborescence unique (contournable avec des symlinks mais bon).

    En gros, on parle d'objets et de plus trop de fichiers. On accède au contenu entier (GET/PUT) et non plus à des blocs de fichiers (fopen/seek…).

    Les systèmes de fichiers comme ext4 ou FAT ont l'avantage d'être simples, mais sont aussi très limités dans le sens ou l'arborescence n'est pas dynamique.

    Selon moi, ce sont vraiment des concepts différents, et l'un s'appuie sur l'autre. Les opposer n'a pas tellement de sens.

    (après, étant un vieux schnock, je préfère les systèmes de fichiers arborescents et j'aime savoir où sont les choses).

    • [^] # Re: métadonnées, recherche, accès en mode objet vs mode fichier

      Posté par  (site web personnel) . Évalué à 2.

      Les systèmes de fichiers comme ext4 ou FAT ont l'avantage d'être simples, mais sont aussi très limités dans le sens ou l'arborescence n'est pas dynamique.

      Qu'entends tu par cela, stp ?

      j'aime savoir où sont les choses

      À la fin c'est éparpillé façon puzzle sur un stockage de masse. :)

      Adhérer à l'April, ça vous tente ?

      • [^] # Re: métadonnées, recherche, accès en mode objet vs mode fichier

        Posté par  . Évalué à 4.

        Les systèmes de fichiers comme ext4 ou FAT ont l'avantage d'être simples, mais sont aussi très limités dans le sens ou l'arborescence n'est pas dynamique.

        Qu'entends tu par cela, stp ?

        Je veux dire que l'organisation des fichiers est arborescente et que - dans la majorité des cas - il n'y a qu'un chemin pour arriver à un fichier, ou du moins un chemin principal.

        Certes, on peut utiliser des liens symboliques (et des liens durs, ce qui enlève le chemin principal mais ne fonctionne pas sur les répertoires[1] ) pour accéder à des données selon plusieurs chemins (par date, par sujet, par expéditeur, par lieu …), par exemple si tu as numérisé un ticket de caisse pour ta compta pro, tu vas pouvoir faire :

        ~/docs/par-date/2021/06/20/scan-ticket-trombonnes-buro-a-gogo.pdf
        ~/docs/par-fournisseur/buro-a-gogo/scan-ticket-trombonnes-2021-06-20.pdf
        ~/docs/par-sujet/fournitures-de-bureau/scan-ticket-trombonnes-buro-a-gogo-2021-06-20.pdf
        ~/docs/par-opération/achats/scan-ticket-trombonnes-buro-a-gogo-2021-06-20.pdf
        ~/docs/par-support/scan/scan-ticket-trombonnes-buro-a-gogo-2021-06-20.pdf
        (etc…)

        Et si tu veux faire une recherche sur plusieurs critères, c'est compliqué.

        Avec un système non hiérarchiques qui est prévu dès le départ pour fonctionner comme un moteur de recherche, tu as d'autres problèmes, mais pas celui de réfléchir à une structure ultime ;). Je crois que le système zigzag a été un prototype d'avoir accès à des données par des vues plutôt que par des arbres, utilisable pour des systèmes de fichiers (mais c'est très vieux).

        Je sais pas si c'est plus clair :D


        [1] Attention, contenu réservé aux adultes : https://xkcd.com/981/

    • [^] # Re: métadonnées, recherche, accès en mode objet vs mode fichier

      Posté par  (site web personnel) . Évalué à 5.

      On trouve maintenant beaucoup d'applications qui gèrent leur stockage comme une base de données, une bibliothèque de fichiers

      Indexer les données est devenu une excuse pour ne rien ranger.

      Ça me fait penser à une bibliothèque où les livres seraient posés dans des rayons par numéro ISBN. Pour trouver un livre, il faudrait obligatoirement faire une recherche sur un PC.

      Ça a l'air débile? Pourtant c'est ce que fait Netflix pour ses séries :-)

      Le post ci-dessus est une grosse connerie, ne le lisez pas sérieusement.

      • [^] # Re: métadonnées, recherche, accès en mode objet vs mode fichier

        Posté par  . Évalué à 3.

        Indexer les données est devenu une excuse pour ne rien ranger.

        Je vois ce que tu veux dire, mais il me semble que tu pars du principe que tout le monde à la même logique pour s'y retrouver. Ou encore qu'il n'y a qu'une seule manière de ranger.

        Certaines personnes associent par date ou événement (genre "la facture de la révision de la voiture est à la même période que la stérilisation du chat"). D'autres vont ranger autrement, par sujet : santé, assurances, par exemple. Et donc quand tu as une assurance santé, tu la range dans quel dossier ? En ayant la possibilité d'indiquer qu'un document concerne la santé ET l'assurance, tu (ou quelqu'un d'autre) retrouvera le doc selon ce qui semble logique sur le moment.

        Les index sont difficiles à maintenir avec les objets matériels. Mais avec un système informatique bien fichu et des métadonnées et/ou des tags, tu peux avoir plusieurs systèmes de rangement.

        Si tu reviens dans les années 80, dans une bibliothèque municipale, il y avait des index par titre, par auteur, sur des fiches carton, qui renvoyaient aux cotes des livres, qui eux sont organisés par thème et type de publication sur les rayonnages. Aujourd'hui, ces cartons sont remplacés par des ordis qui permettent d'ajouter des dimensions de recherches plus simplement (par exemple, recherche par date de publication).

        (bon j’admets que je ne suis pas le type le plus ordonné du monde :D )

        • [^] # Re: métadonnées, recherche, accès en mode objet vs mode fichier

          Posté par  . Évalué à 4. Dernière modification le 01 novembre 2021 à 06:41.

          Les index sont difficiles à maintenir avec les objets matériels.

          Avec les objets numériques également (je note cependant que tu ne tombe pas dans le piège, il faut bien des index, pas juste un gros fourre-tout :) le bon art étant de masquer cette complexité à l'utilisateur).

          Par exemple pour elasticsearch, il y a une forte adhérence entre le contenu indexé, la requête, et le tokenizer. Le tokenizer change et zou, c'est reparti pour tout réindexer… Idem pour ajouter le support d'un tokenizer. L'historique du contenu n'est à ma connaissance pas géré (c'est pas fait pour).

          Quand au stockage, je pense que c'est une erreur de l'utiliser pour cela. Au dela de la difficulté d'usage (mais mon expérience date un peu), il faut du coup apprendre à utiliser les segments qui eux sont basés sur des… fichiers stockés dans un système de fichier ;)

          Bien exploiter les index a donné lieu à de nouveaux métiers, autour du SEO par exemple. On peut également se former à la recherche sur internet, pour ceux qui n'ont pas besoin des détails d'implémentation. Car non, tout cela n'est pas devenu magique, bien au contraire. La complexité est en marche, sous le capot ;)

          Matricule 23415

        • [^] # Re: métadonnées, recherche, accès en mode objet vs mode fichier

          Posté par  . Évalué à 7.

          J'avais lu un texte la dessus, il y a longtemps, qui m'avait assez fasciné, c'est le rapport entre l'espace physique de la bibliothèque et la mémoire de son possesseur. Je parle ici d'une bibliothèque personnelle, pas d'une bibliothèque publique.

          Il y a une vidéo assez connue d'Umberto Eco arpentant la sienne.

          En gros, l'idée, de ce que je m'en souviens, c'est que le cerveau humain est (du fait de l'évolution) conçu pour localiser dans l'espace des choses. C'est lié au fait qu'il faut pour survivre se souvenir des endroits où l'on trouve à bouffer, pour dire les choses simplement.

          Du coup, une bibliothèque est une façon de ranger dans sa mémoire ce qu'on a pu lire. Et de cette façon, on peut s'en souvenir en pensant à l’endroit où il est rangé dans la bibliothèque. Après, la question de l'organisation ou du classement de celle-ci est une autre histoire, ça peut être propre à chacun, thématique, par ordre d'acquisition, par taille, collection, finalement, ce n'est pas si important. Le tout c'est qu'on se serve de cette capacité mémorielle de localiser des emplacements physiques pour ranger des choses qui sont par nature immatériels.

          Et d'ailleurs, j'ai remarqué que j’oubliais beaucoup plus vite les livres numériques que j'ai lu que les livres physiques qui sont rangé dans ma bibliothèques et que quelque fois je n'ai pas même pas lu. C'est assez déroutant. Donc, je me demande si ce ne serait pas déconnant de ranger mes livres numérique dans une bibliothèques virtuelle en 3D juste pour ne pas les oublier. Et si je peux en plus prendre l’apparence virtuelle d'un orang-outan pour l'arpenter, alors, ce serait vraiment merveilleux !

          Note : J'ai retrouvé sur Wikipédia cette idée : la Méthode des loci

          Faut pas gonfler Gérard Lambert quand il répare sa mobylette.

          • [^] # Re: métadonnées, recherche, accès en mode objet vs mode fichier

            Posté par  . Évalué à 3.

            j'ai remarqué que j’oubliais beaucoup plus vite les livres numériques que j'ai lu que les livres physiques qui sont rangé dans ma bibliothèques

            J'encense souvent les livres numériques pour les nombreux avantages qu'ils me procurent mais ça c'est un vrai problème. J'enfile les bouquins, sûrement plus ou moins autant que du temps où je lisais sur papier, mais effectivement j'oublie rapidement ce que j'ai lu ! D'ailleurs la plupart du temps, je n'ai aucune idée de ce à quoi ressemble la couverture du livre que je lis en ce moment. Je ne la vois jamais. Et ça me manque.

          • [^] # Re: métadonnées, recherche, accès en mode objet vs mode fichier

            Posté par  . Évalué à 4.

            Il n'y a pas de rapport entre le fait d'utiliser une organisation arborescente et le fait d'utiliser ta mémoire visuelle.

            Néanmoins c'est très connu qu'il y a un intérêt à s'appuyer sur la mémoire visuelle (tout comme sur la mémoire musculaire). Ouais c'est la représentation graphique de la donnée qui est concernée et ce n'est pas parce qu'une représentation est spaciale qu'elle est mécaniquement mieux.

            Par exemple, le mode spacial de Nautilus était fait pour utiliser cette mémoire, mais il a été rejetés par les utilisateurs.

            Je pense que la plupart des gens préfèrent que leur dossier téléchargement soit trié et date et donc avec une instabilité.

            https://linuxfr.org/users/barmic/journaux/y-en-a-marre-de-ce-gros-troll

  • # ça n'a absolument rien de générationnel

    Posté par  (Mastodon) . Évalué à 7. Dernière modification le 31 octobre 2021 à 19:16.

    • quand on a offert un ordi à ma grand-mère, la structure des systèmes de fichier n'était pas innée
    • mon ex femme foutait tout son merdier sur le desktop avec juste quelques répertoires pour des projets spécifiques mais sans organisation à multiple niveaux
    • ma partenaire actuelle fait la même chose
    • quand je faisais du support utilisateur j'ai vu des tonnes de gens faire de même
    • moi-même je comprends et utilise un peu de structure mais par flemme je ne prends pas toujours le temps de tout ranger correctement.

    Bref c'est pas un truc inné mais quelque chose qu'on acquiert et ça n'a rien à voir avec une génération google.

    Je dirais que seuls les gens ayant une obsession pathologique pour le rangement ont tous leurs fichiers bien rangés de façon logique.

    D'ailleurs les structures de fichiers traditionnelles sont limitées par le fait que tu ne peux te baser que sur un critère à la fois. Si tu veux classer un fichier qui traite de sécurité et de transport à la fois motorisés et musculaires, tu mets où:
    - dans /securité/transports ?
    - dand /transports/sécurité ?

    et comment tu fais si tu as déjà:
    /transports/voiture/sécurité
    /transports/vélo/sécurité

    et que ton sujet traites des voitures, vélos mais aussi des patinette électriques?

    • tu crées /transports/general/sécurité?
    • tu crées /transports/patinettes/sécurité avec un symlink pour trotinette et le même fichié hardlinké dans patinette, vélo et voiture ?

    Et ceci reste un exemple très simple.

    Tout ça demande une tonne de temps cérébral et on a rarement le recul nécessaire quand on crée le premier squelette de structure pour savoir ce qu'on aura besoin. Résultat c'est toujours un peu le bordel.

    Après je critique le système de structure de fichier traditionnel mais les systèmes basés sur l'indexation, la recherche et les metadonnées ne sont pas toujours plus efficaces car on oublie parfois certaines metadonnées, on les supprime parfois pour des raisons légales, de secret ou de potection de la vie privée, des outils de transformations les perdent, etc etc. Raison pour laquelle je m'appuie sur les deux mais rien n'est jamais parfais.

    Que celui qui connait le chemin exact de chaque commande qu'il lance en ligne de commande lance la première pierre. On a tous la vie misérable avec une variable PATH vide.

    • [^] # Re: ça n'a absolument rien de générationnel

      Posté par  . Évalué à 8.

      Alors moi j'ai un répertoire nommé "bordel" dans lequel je mets tout mon foutoire. Au moins je peux me targuer de ne pas me cacher derrière mon petit doigt on le mettant pompeusement dans "mes documents".

    • [^] # Re: ça n'a absolument rien de générationnel

      Posté par  (site web personnel) . Évalué à 3.

      Quand j'étais sur des OS avec un système de recherche de fichiers performants (MacOS 6 à 9, après j'ai arrêté d'utiliser macOS), j'avais peu de dossiers et fichiers bien organisés.

      Il y a avait les projets, dans des dossiers séparés, et à l'époque, peu d'échanges de fichiers.

      Il y avait les dossiers pour la musique, les films, les images. Le pr0n était aussi dans un dossier à part, parce que lorsqu'on manque de place, c'est la première chose qu'on peut faire sauter sans regrets.

      Puis, ensuite, sous Linux, les environnements de bureaux n'avaient pas des trucs bien pratiques. Il y avait un outils qui scannait le disque régulièrement (updateDB) que je virai pour pas avoir ces I/O.

      Comme je ne savais pas utiliser correctement la commande find, j'ai été très organisé pour ranger et classer mes fichiers, et depuis, c'est resté, même si je sais me servir de find et qu'il y a des fonctions de recherches de fichiers très performantes dans les gestionnaires de bureau de nos jours.

      Bon, il faut dire que ayant commencé sur MacOS, avec système 6, ça aide. Il y avait une grande liberté de nommage des dossiers et fichiers, les alias (liens symboliques mais solides, peut être basé sur l'inode?) et la représentation graphique très bien faite. Comme on avait les applications sous forme d'un unique fichier, c'était pas planqué dans un foutoir à la C:\truc\sys32\run\windows\toutenvrac

      Et d'ailleurs, sur macOS, les volumes étaient nommés, donc pas de soucis de ABCDE… ça évite les frustrations, donc ça facilite le rangement. Cela dit, le dossier bureau était propre à chaque volume, et il fallait faire attention au volume sélectionné quand on copiait sur le bureau directement.

      Pourquoi bloquer la publicité et les traqueurs : https://greboca.com/Pourquoi-bloquer-la-publicite-et-les-traqueurs.html

      • [^] # Re: ça n'a absolument rien de générationnel

        Posté par  . Évalué à 3.

        les alias (liens symboliques mais solides, peut être basé sur l'inode?)

        Si c'est basé sur l'inode, alors l'équivalent ce sont plutôt les liens physiques (hard link).

        • [^] # Re: ça n'a absolument rien de générationnel

          Posté par  (site web personnel) . Évalué à 2.

          Oui, mais supprimer l'alias ne supprimait pas le fichier original, et, on pouvait copier l'alias ailleurs et ça restait un alias, aussi léger qu'un lien symbolique.

          Un alias, c'était un fichier avec des ressources (propriétés) : le fait que ce soit un alias, le chemin de l'original. On pouvait donc avoir des alias qui n'en étaient pas, et à l'ouverture le système informait que en fait c'était pas un alias et que c'était corrigé (ça m'est arrivé)

          Le système de fichier était très bien pour l'époque (HFS), et a aussi bien évolué, heureusement. Donc, la recherche des fichiers était rapide, peu de fragmentation etc.

          Pourquoi bloquer la publicité et les traqueurs : https://greboca.com/Pourquoi-bloquer-la-publicite-et-les-traqueurs.html

          • [^] # Re: ça n'a absolument rien de générationnel

            Posté par  . Évalué à 4.

            Je ne connais pas HFS, et les hard links ne sont surement pas identiques à ce que tu appelle des alias.
            Mais quand un fichier a plusieurs hard links, il faut les supprimer tous pour que l'inode (et les données correspondantes) soit effectivement supprimée.
            Et les hard links sont tous indépendants les uns des autres, et peuvent être déplacés à sa guise sans conséquence sur les autres hard links.

            Par contre, l'avantage des liens symboliques, c'est qu'ils ne sont pas limités au même système de fichiers. Et on peut les faire pointer vers un fichier qui n'est pas toujours présent (par exemple sur un support amovible).

    • [^] # Re: ça n'a absolument rien de générationnel

      Posté par  . Évalué à 2.

      et que ton sujet traites des voitures, vélos mais aussi des patinette électriques?

      Dans le dossier 42, sous-dossier le reste, évidemment.

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