Journal Modèle économique et justification de l'art libre ?

Posté par (page perso) .
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jan.
2007
Bonjour,

En ce qui concerne le logiciel, je pense que le modèle économique du libre a maintenant fait ses preuves : en vendant du support, comme red hat, en vendant des emplacements ciblés (les moteurs de recherche inclus à Firefox), ...

Je crois donc qu'une entreprise peut vivre et faire du profit avec du logiciel libre.

Le logiciel libre m'apporte aussi la possibilité de modifier des outils pour les adapter à des besoins particuliers, etc...


Cependant, je m'interroge sur le modèle de l'art libre. Prenons l'exemple d'un livre. Comment un auteur pourrait-il vivre d'un livre libre ?

Certes, l'objet livre a lui seul suffit et une version électronique n'aurait que peu de succès, les accros au "papier" étant encore nombreux. Mais rien n'empêche un imprimeur peu scrupuleux de tirer des copies sans payer le moindre droit d'auteur et donc moins cher que l'édition originale !

De plus, qu'apporterait un livre "libre" ? (un livre non-technique bien entendu). On peut imaginer que l'auteur a finalisé le livre tel qu'il le souhaitait et ne souhaite donc pas voir n'importe qui modifier ou utiliser n'importe comment le texte ! (ne dit-on pas que Boris Vian mourut de voir l'adaptation de "J'irai cracher sur vos tombes" ?). J'estime en effet (mais c'est très personnel) que l'art est une recherche pour exprimer quelque chose, pour faire passer une émotion. Pas du tout pour avoir "la meilleure oeuvre possible" (ce qui n'a pas de sens). Il me semble donc tout à fait inapproprié de vouloir "améliorer" une oeuvre.

J'estime que l'art, en soi, appartient à l'humanité et, à première vue, je pense que les oeuvres devraient tomber dans le domaine public à la mort de l'auteur (cela me semble défendable). Mais avant la mort de l'auteur, je ne vois aucune justification à défendre l'art libre d'un point de vue philosophique ni d'un point de vue économique.

Entendons-nous bien, je ne suis pas du tout contre l'art libre ! Au contraire, j'en jouis tous les jours en pompant des photos de wikipedia ou de la musique de Jamendo. C'est juste que cela me semble bien moins "nécessaire" que le logiciel libre et que je trouve à la limite plus logique pour un artiste de ne pas se mettre sous une licence libre.

Bref, arrivé là dans mes réflexions, je me suis dit que pas mal de monde sur DLFP ne serait pas d'accord et troll... enrichirait avec joie le débat. Je suis en effet à la recherche d'arguments "pourquoi l'art libre c'est mieux ?" et surtout "en quoi un auteur peut-il vivre de l'art libre ?".

(on remarquera d'ailleurs que la majorité de la musique sur Jamendo n'est pas libre au sens strict car sous CC by-nc-nd )
  • # L'avis de moi.

    Posté par (page perso) . Évalué à 3.

    Je ne pense pas qu'une oeuvre d'art soit en tout point comparable à un programme. Le programme est un outil, il a un rôle technique. Ce n'est pas le cas d'une oeuvre d'art. En ce sens, on "adapte" pas une oeuvre d'art à son besoin comme on adapte un logiciel. Au plus, on réutilise des idées, ce qui est déjà autorisé.

    Pour ma part, je pense qu'on(ou en tout cas moi) manque encore de réflexion pour définir ce qu'on peut accepter ou non comme restriction sur l'art, contrairement au logiciel ou on a un avis plus "mature".
    • [^] # Re: L'avis de moi.

      Posté par . Évalué à 3.

      Je suis assez d'accord, mais pas tout à fait. Et histoire d'alimenter les choses... je me fais l'avocat inverse. Beware, c'est un peu long. ;-p

      Le programme est un outil, il a un rôle technique. Ce n'est pas le cas d'une oeuvre d'art.
      L'oeuvre d'art a un rôle à jouer. Pas technique, mais intellectuel, social, conscient ou non (selon sa nature ou sa substance), ponctuel ou éternel, auprès de ceux qu'elle sert, auxquels elle se présente.

      Qu'elle soit conçue pour elle-même ou dans un but particulier, l'oeuvre véhicule quelque chose.

      Ce n'est pas parce que l'on parle d'esthétique (ou plus précisément de sens, de celui particulier apporté par un artiste) que l'on aborde un domaine dont le travail, la modification, la reprise d'oeuvres existantes sont exclus.

      À mon avis, ce qui gêne, le fond du problème, c'est rapporter à chacun sa juste part : qui a fait quoi, comment, quand ?

      En découle le problème pécunier : si l'oeuvre devient fameuse (et que réputations, finances et connaissances s'en suivent), qui gagne quoi, avec quelle garantie de justice ?

      En ce sens, on "adapte" pas une oeuvre d'art à son besoin comme on adapte un logiciel.
      Je ne suis pas d'accord. ;-)

      On comprend un roman ou un essai comme on le peut, et comme on le veut, nonobstant la volonté de l'auteur, pour soi. Et ce qui en ressort, la version que l'on raconte autour de soi, à ses amis, à ses enfants, voir qu'on réécrit plus tard, transformée est une adaptation. Voir les contes et comptines pour enfants, par exemple. Ce n'est pas un mince exemple, on façonne des générations avec ça.


      L'oeuvre elle-même peut devenir un symbole complet, à l'égal d'une simple lettre de l'alphabet, avec lequel on peut jouer/travailler. Chaque symbole permet de former des mots, des phrases, du sens, de dire quelque chose. À ce titre, on doit pouvoir modifier le symbole même, si c'est nécessaire. Après, la visibilité de cette modification, ou l'attribution de l'oeuvre originale est une affaire de convention (honnêteté, "ça se fait", "la loi le veut", etc.).

      Prenez l'"affaire" de la Cène de de Vinci avec Girbaud ; c'est une histoire de symbole, dont une population (pas celle que l'on croit forcément) n'a pas voulu qu'on le modifie pour autre chose que ce qu'elle y voyait (l'institution d'un sacrement).

      Prenez, dans une veine différente, le bide "Da Vinci Code". Une modification (maladroite, mais efficace néanmoins) de nombreux symboles (pas spécifiquement tous chrétiens) pour dire quelque chose.

      Ce dernier exemple est intéressant, même s'il est assez simpliste. Ce "quelque chose" peut faire sens (ou pas) selon que l'on a déjà une culture des-dits symboles employés, de leurs origines, de leurs histoires, et de leurs sens : on peut percevoir si leur agencement est lui-même cohérent ou non. La structure employée elle-même pour articuler le discours (le style du livre, quoi) elle-même peut faire sens ou pas, voir donner un éclairage sur l'intention ou la qualité de l'oeuvre (une lecture comparée de plusieurs Dan Brown est assez instructive, à ce titre).

      Vous me direz que c'est une vision bien trop compliquée ou élitiste. Détrompez-vous. Ce n'est parce que l'on _perçoit simplement_ beaucoup de choses au travers d'une oeuvre que celle-ci est triviale dans sa construction ; d'autant moins si on peut la "lire" à divers degrés, et que cela reste cohérent.



      Ploum disait aussi dans son journal :
      De plus, qu'apporterait un livre "libre" ?
      On n'est pas non plus obligé de raisonner par la négative.

      La question qu'on pourrait se poser en s'amenant à publier quelque chose de libre, c'est plutôt : est-ce que j'ai de bonnes raisons de "libérer" ce quelque chose ? est-ce que j'ai de bonnes raisons de ne pas le faire ?

      On peut imaginer que l'auteur a finalisé le livre tel qu'il le souhaitait et ne souhaite donc pas voir n'importe qui modifier ou utiliser n'importe comment le texte !
      Il y a deux choses à distinguer :
      * la modification ; tout le monde le fait, à son insu, dans le cercle privé comme en public : le fait de rapporter une chose à un tiers la déforme, ne serait-ce qu'un chouia ; le problème, c'est l'attribution de la paternité (et des droits qui vont avec) du livre ; le plagiat
      * l'utilisation ; fort heureusement, jusqu'à ce jour, l'utilisation d'oeuvres intellectuelles est libre. Je ne vois pas vraiment ce qui permettrait de raisonnablement justifier de contraindre celle-ci ?


      L'intérêt de l'art libre (comme défini par la LAL, mais même comme l'abordent différemment quelques licences CC), c'est permettre de constituer _aujourd'hui_ un fond commun de symboles concrets et contemporains que l'on peut utiliser _tout de suite_ pour échanger des idées ou construire d'autres symboles plus complexes, ou plus "justes", selon ce qu'on veut signifier : pas besoin d'attendre que ces symboles tombent dans le domaine public (ie que leur utilisation ne soit contrainte), ni de reconstruire de tout nouveaux symboles soi-même.

      Pour certains, c'est une démarche artistique en soi. Pour d'autres, c'est une expérience (est-ce que cela parle à quelqu'un ? que fera-t-on avec ?).

      Seulement voilà : utiliser des symboles, faire des phrases, faire du sens, ça ne s'improvise pas. Il faut du travail, de la discipline et du talent. Réutiliser des symboles préexistants (libre ou pas), c'est aussi, sinon plus compliqué que fabriquer les propres à soi.

      Ce n'est pas parce qu'un symbole est libre ou non qu'il est intéressant, qu'il dit quelque chose d'intéressant.

      Alors, crédit de l'auteur, intérêt/sens de l'oeuvre. Quelle autre (non) différence entre libre/pas libre ? La visibilité ? celle des masses, instantanée nécessite encore aujourd'hui, une forte mobilisation de moyens coûteux.
    • [^] # Re: L'avis de moi.

      Posté par . Évalué à 3.

      "En ce sens, on "adapte" pas une oeuvre d'art à son besoin comme on adapte un logiciel."

      C'est ce que pensais aussi RMS avant la création de créative common. Mais il a évolué depuis.

      La musique passe sont temps à s'insipirer de morceaux précédents. Entre les reprises, les adaptations, le sampling, le collage, etc... il y a plein de cas de réutilisation.

      Une bd était passé ici sur l'implication des nouveaux droit de PI dans le cas de documentaire (musique quand on enregistre dans un bar ou une discothèque, télévision filmé dans un appart, oeuvre d'art dans la rue, etc...). Ou il était démontré que si le controle était total sur "''l'output" plus rien ne serait disponnible pour les "input".

      "La première sécurité est la liberté"

  • # quelques points

    Posté par (page perso) . Évalué à 4.

    Je vois au moins les deux avantages suivants à une licence libre :
    - Une licence libre permet à un artiste de se faire connaître en bénéficiant d'une distribution facilitée ?
    - Pour des livres, possibilité de traduction dans d'autres langues (j'allais ajouter, "de son vivant" quand il est encore possible de contacter l'auteur pour échanger avec lui pour voir ce qu'il en pense).

    Le choix d'une licence libre facilite les initiatives, donne un cadre légal cadré, plutôt que d'avoir à rentrer dans une logique contractuelle compliquée (c'est toujours plus simple quand l'auteur y a réfléchi auparavant, lors du choix de sa licence). D'autant que le choix d'une licence doit être fait au début, il est assez difficile d'en changer par la suite quand le nombre de contributeurs a augmenté (voire certains deviennent injoignables).

    C'est pour cela qu'il me semble important de promouvoir des licences libres plutôt que des licences faussement libres http://faq.tuxfamily.org/wakka.php?wiki=LicenceLibrePourquoi
  • # Houlààa !

    Posté par (page perso) . Évalué à 5.

    j'en jouis tous les jours en pompant...

    On voit bien que nous sommes en week-end...
  • # Pas trop ma tasse de thé, mais..

    Posté par . Évalué à 2.

    Au risque de simplement redire des choses qui ont déjà été dites depuis des années par divers artistes :

    -> Il semblerait que des artistes tels que Madonna, David Bowie et Elton John tirent l'immense majorité de leurs revenus de leurs concerts et non pas de ventes de disques : sans doute est-ce pour cette raison qu'enregistrer tous les singles du dernier album de Madonna, bien qu'évidemment interdit, est techniquement faisable sans connaissances expertes sur madonna.com .

    ->Ensuite, il est imaginable d'imaginer qu'un artiste préalablement reconnu lance une souscription publique avant de libérer son oeuvre. Après tout, la recherche médicale sur les maladies qui n'intéressent pas l'industrie pharmaceutique fonctionne ainsi. Je suppose par exemple qu'il n'aurait pas été difficile de lever des fonds en vue de l'écriture d'un épisode de la série de Harry Potter : en contrepartie, l'artiste y gagne à pouvoir quasiment se passer d'éditeur.
  • # ceci n'est pas un commentaire

    Posté par . Évalué à 2.

    De plus, qu'apporterait un livre "libre" ? (un livre non-technique bien entendu). On peut imaginer que l'auteur a finalisé le livre tel qu'il le souhaitait et ne souhaite donc pas voir n'importe qui modifier ou utiliser n'importe comment le texte !

    D'accord, on peut imaginer que des auteurs pensent comme ça. La vraie question est: ne peut-on pas imaginer qu'un auteur veuille que son texte puisse être remixé ? La licence art libre ne se pose pas nécessairement comme remplaçante du copyright, mais plutôt comme alternative pour ceux qui le désirent.

    Il n'y a qu'à voir l'importance des fan-fictions pour se rendre compte qu'il y a une réelle demande de droit de réutilisation. Reste à voir si beaucoup d'auteurs sont d'accord pour jouer le jeu.

    en quoi un auteur peut-il vivre de l'art libre ?

    Je ne sais pas si ce que je dis est viable, mais n'est-il pas envisageable de vendre de l'art libre, comme on peut vendre du logiciel libre ? Par exemple, vendre un livre où l'on cède les droits de modification (y compris traduction) ?

    Ici, ce qui t'intéresse c'est l'aspect gratuité je suppose, pas les autres libertés. Il y a des auteurs relativement connus comme Cory Doctorow (peu connu en France pour le moment, mais Le Bélial va publier une traduction) et Charles Stross (un peu plus connu) qui ont publié certains de leurs livres en licences Creative Commons. Les geeks apprécieront d'ailleurs probablement les deux auteurs.

    Ça a beau être gratuit, j'ai quand même acheté les éditions papier. Parce que je préfère lire sur du papier, essentiellement, mais aussi pour soutenir l'initiative. Je n'aurais pas encore lu ces auteurs s'ils n'avaient pas diffusé gratuitement leurs livres. Est-ce que c'est rentable à grande échelle ? Cory pense que oui, je ne sais pas ce qu'en pensent les autres qui ont tenté l'expérience.

    pourquoi l'art libre c'est mieux ?

    Une question importante est: quel est le but de l'artiste ? Si son but est de gagner plein de pognon, l'intéret de l'art libre reste à prouver. Idem si son but est de vivre de son art. Mais si son but est d'être lu (vu) par un maximum de gens, il me semble que l'art gratuit (à défaut de libre) présente un gros avantage.


    ----- un peu HS -----
    je pense que les oeuvres devraient tomber dans le domaine public à la mort de l'auteur (cela me semble défendable)

    On peut quand même accorder 15-20 ans après sa mort, si on veut rester dans l'idée de la protection des héritiers: si un type meurt à la naissance de son enfant, les revenus de son oeuvre pourront aider cet enfant jusqu'à ce qu'il soit en mesure de subvenir à ses besoins. 75 ans par contre, comme aujourd'hui, c'est ridicule.
    • [^] # Re: ceci n'est pas un commentaire

      Posté par . Évalué à 2.

      Je rajoute, au sujet des livres de Cory, que le droit de modification a permis d'en faire des audiobooks et des traductions bénévoles. Voir par exemple:
      http://www.craphound.com/down/
    • [^] # Re: ceci n'est pas un commentaire

      Posté par (page perso) . Évalué à 2.


      On peut quand même accorder 15-20 ans après sa mort, si on veut rester dans l'idée de la protection des héritiers: si un type meurt à la naissance de son enfant, les revenus de son oeuvre pourront aider cet enfant jusqu'à ce qu'il soit en mesure de subvenir à ses besoins. 75 ans par contre, comme aujourd'hui, c'est ridicule.


      Cette histoire c'est de la grosse connerie en boite. Sinon quand on est un enfant de commercial, on devrait toucher une part sur le marché qu'a ouvert son aîné qui à la sueur de son frond mis en place tout ce secteur, et ce pendant 75 ans après la mort de la personne.

      Sérieusement elle sert à quoi cette mesure? Je suppose que le but c'était que personne (les majors) puisse se faire un tas de tunes sur le dos des morts sans reverser un sous aux héritier. Mais franchement aujourd'hui, si des oeuvres tombes dans le domaines public, moi j'irais plutot les chercher sur le net (bittorrent, wikimedia, etc.) qu'aller acheter cette musique sur une galette pleine de drm à la fnac. Alors je vois mal comment ils pourraient se faire de la tune la-dessus.

      Enfin je comprends pas qu'on puisse filler des tunes réaliser sur le dos de parents morts à certains et pas à d'autres. Moi aussi je veux bien recevoir des sous sans rien foutre pendant 75 ans après la mort de mes parents hein...

      liberté, égalité, fraternité (à quelques privilèges près)
      • [^] # Re: ceci n'est pas un commentaire

        Posté par . Évalué à 3.

        Sauf que le revenu de quelqu'un de normal lui est versé en une fois, alors que le revenu de droits d'auteurs est versé petit à petit.

        Pour prendre ton exemple d'un commercial qui décroche un gros marché, se fait X euros de commission et meurt le lendemain, ses enfants bénéficient déjà de cet argent gagné et des intérêts qu'il va rapporter.

        Un auteur qui publie un livre touche un à-valoir, puis des droits d'auteur. Le revenu de son livre n'est pas déterminé à l'avance, et dépendra de la durée du copyright. Si quand tu meurs ton copyright disparait tout de suite, alors pour, ta famille se trouve privée d'un revenu qui serait arrivé sans travail supplémentaire de ta part si tu avais vécu plus longtemps. Je ne trouve pas illogique que la société décide de compenser cette incertitude en prolongeant la durée du copyright quelques temps après la mort.
        • [^] # Re: ceci n'est pas un commentaire

          Posté par (page perso) . Évalué à 3.

          Pour l'histoire du commercial, ce n'est absolument pas de ça que je te parle. Bien sur si le commercial décroche une commande, il touche un pourcentage (enfin c'est selon la politique de la boite). Mais ce commercial peut très bien ne plus s'occuper de se secteur par la suite (affectation à un autre secteur), mais continuras à toucher un pourcentage sur les commandes réalisé avec l'entreprise qu'il a fait devenir un client. Donc il s'agit bien d'un revenu qui serait arrivé sans travail supplémentaire de la personne, alors pourquoi dans ce cas là l'enfant ne toucherait pas la part qui aurait du revenir au parent défunt?

          De toute manière on pose le problème à l'envers, le but est que chacun puisse, pour peu qu'il en mette un peu du sien, puisse vivre une vie descente. Qu'on bénéficie d'un gros héritage ou non, et si ce n'est pas le cas, c'est que le problème est bien loin d'être celui de l'héritage. De toute manière avec 75 ans après la mort, on ne me fera pas croire que c'est pour ne pas privé des enfants d'une meilleur éducation.
          • [^] # Re: ceci n'est pas un commentaire

            Posté par . Évalué à 2.

            pourquoi dans ce cas là l'enfant ne toucherait pas la part qui aurait du revenir au parent défunt?

            En effet, pourquoi pas ? En tout cas je préfèrerais ça plutôt que d'empêcher l'enfant de l'écrivain de le faire, si on veut mettre tout le monde sur le même pied.

            De toute manière on pose le problème à l'envers, le but est que chacun puisse, pour peu qu'il en mette un peu du sien, puisse vivre une vie descente.

            C'est un problème plus large que le droit d'auteur, là :) Il y a des politiques qui proposent un revenu minimal garanti à tout le monde, par exemple, ce qui ne me semble pas une mauvaise idée. Par contre je doute que ce soit accepté avant longtemps.
  • # Mauvaises hypothèse de départ

    Posté par . Évalué à 5.

    ploum, dans tout ton raisonnement, tu fais des erreurs manifestes que les gens font pour le logiciel libre et que tu reproduis pour l'art libre, sans le vouloir je pense, parce qu'on a une vision plus "propriétaire" de l'art que des logiciels.

    > Comment un auteur pourrait-il vivre d'un livre libre ?

    La question est mal posée. Ou en tout cas est une question qui ne peut pas être posée maintenant. On a trouvé un modèle économique viable aux logiciels libres bien après leur création. Et ce n'est clairement pas la bonne première question qui serait à mon sens : "pourquoi libérer l'art ?". Cette question a plein de réponses, autant que de gens je pense, et la question du modèle économique arrive bien après, pour quelques personnes seulement.

    > On peut imaginer que l'auteur a finalisé le livre tel qu'il le souhaitait et ne souhaite donc pas voir n'importe qui modifier ou utiliser n'importe comment le texte !

    Alors, celle là, elle est trop grosse pour la laisser passer. Un auteur qui ne veut pas que son oeuvre soit modifier n'utilisera pas de licence libre, c'est clair. Mais tu oublies qu'une licence libre apporte une liberté aux utilisateurs, pas à l'auteur (qui lui peut bien faire ce qu'il veut). C'est un argument qu'on entend souvent pour les logiciels de la part de personne qui ne comprennent pas le libre, je m'étonne que tu le reproduises si facilement pour l'art :)

    > J'estime en effet (mais c'est très personnel) que l'art est une recherche pour exprimer quelque chose, pour faire passer une émotion

    Si tu faisais de la recherche, tu saurais qu'on a jamais fini et que rien n'est jamais gravé dans le marbre. On peut toujours améliorer une oeuvre d'art, un artiste n'est jamais content de ce qu'il fait, mais comme en recherche, il essaie de tendre le plus vite possible vers la perfection (de son point de vue) et le fixe sous une certaine forme à un instant t.

    > Il me semble donc tout à fait inapproprié de vouloir "améliorer" une oeuvre.

    Là aussi, tu parles d'"améliorer" mais en fait (et je l'ai fait dans le paragraphe avant également), c'est une erreur. Une licence libre ne dit pas "améliorer", elle dit "modifier". Et le champ des modifications est très vastes. On peut vouloir modifier la forme sans toucher au fond, on peut vouloir corriger une faute dans un livre, mieux masteriser une musique, recadrer ou modifier la taille d'une image. Ensuite, si on touche au fond, finalement, on refait une oeuvre qui tend vers notre propre définition de la perfection, mais finalement, c'est ce qu'on fait sans le dire tous les jours (cf exemple des contes dans un commentaire un peu plus haut). On crée rarement à partir de rien, on n'est influencé par plein de choses (qu'on ne cite pas explicitement généralement). Avec une licence libre, l'auteur y gagne la citation de l'oeuvre originale.

    > Mais avant la mort de l'auteur, je ne vois aucune justification à défendre l'art libre d'un point de vue philosophique ni d'un point de vue économique.

    Même remarque que tout à l'heure. Tu parles de la liberté de l'auteur. Et d'ailleurs, c'est très drôle parce qu'après, tu dis que tu utilises des oeuvres libres. Donc quelque part, tu sais que cette liberté que l'auteur donne, elle est pour l'utilisateur. C'est à l'auteur de faire son choix, ce n'est pas à quelqu'un de lui imposer.

    > C'est juste que cela me semble bien moins "nécessaire" que le logiciel libre et que je trouve à la limite plus logique pour un artiste de ne pas se mettre sous une licence libre.

    L'accès à une informatique libre ne me semble pas moins "nécessaire" que l'accès à la culture libre. Il y aura toujours des gens qui ne peuvent pas s'acheter plusieurs CD et romans par mois et qui serait bien content d'avoir de la culture libre. Oui, il y a les bibliothèques. Mais les bibliothèques, saipalibre :) C'est un peu le shareware de la culture (puisqu'il faut rendre les livres et les CD).


    Pour ma part, je pense que les artistes sont encore assez frileux avec l'idée de liberté (au sens logiciels libres). Ça va mettre du temps mais je pense qu'ils y viendront petit à petit. On le voit avec les clauses NC et surtout ND. Quand ils s'apercevront que plus une oeuvre est libre, plus elle a des possibilités de diffusion, ça sera bon. Pour l'instant, la plupart des artistes vraiment libres sont des utilisateurs/contributeurs actifs du logiciel libre qui n'ont pas besoin d'être convaincu.

    Je pense que le plus gros handicap est la modification. Les artistes sont souvent très conservateurs de ce point de vue et ne supportent pas qu'on puisse toucher à leur bébé. Ils le voient comme une atteinte à leur intégrité et donc comme quelque chose de négatif. Il y a un gros travail d'éducation à faire (et l'exemple du logiciel libre peut y aider).

    Pour ce qui est de la rémunaration des artistes, je pense que c'est un problème à part(et pas spécialement lié au libre). Maintenant, on associe "droit d'auteur" et "rémunération" mais je pense que fondamentalement, ce sont deux questions totalement disjointes (et à l'origine, elle l'était). La rémunération sur l'art n'est pas un droit, et finalement, seule une poignée d'artistes peut vivre de son art (libre ou pas). On n'a pas attendu un modèle économique pour libérer les logiciels, on doit faire pareil pour l'art.
    • [^] # Re: Mauvaises hypothèse de départ

      Posté par . Évalué à 1.

      Je pense que le plus gros handicap est la modification. Les artistes sont souvent très conservateurs de ce point de vue et ne supportent pas qu'on puisse toucher à leur bébé. Ils le voient comme une atteinte à leur intégrité et donc comme quelque chose de négatif.
      S'ils le voient comme une atteinte à leur intégrité ou à leur expression, ils n'ont pas tort d'y voir quelque chose de négatif.

      Il y a un gros travail d'éducation à faire (et l'exemple du logiciel libre peut y aider).
      "Éducation" est un terme assez déplacé : il ne s'agit pas d'un "mouvement de l'histoire" auquel il faudrait convertir les gens ; il s'agit d'une façon de faire qui a ses intérêts, mais pas forcément pour tout le monde, et dont il est d'abord intéressant de discuter et expérimenter.

      Maintenant, on associe "droit d'auteur" et "rémunération" mais je pense que fondamentalement, ce sont deux questions totalement disjointes (et à l'origine, elle l'était).
      Le droit d'auteur est pourtant la seule chose qui permet à l'auteur d'interdire à un tiers de profiter indûment (ie, sans contrepartie, fût-elle financière) de son travail.

      La rémunération sur l'art n'est pas un droit,
      C'est au moins une liberté de contrat.

      et finalement, seule une poignée d'artistes peut vivre de son art (libre ou pas).
      Et alors ?

      On n'a pas attendu un modèle économique pour libérer les logiciels, on doit faire pareil pour l'art.
      Sans vouloir offenser qui que ce soit, c'est façon de dire et/ou de faire ("on doit faire pareil", "éduquer") me fait franchement froid dans le dos, voir me révulse profondément.

      Si les idées derrière le "libre" ont une excellente raison de foirer totalement, c'est au moins pour ce genre d'extrême planification totalitaire.
      • [^] # Re: Mauvaises hypothèse de départ

        Posté par . Évalué à 2.

        > S'ils le voient comme une atteinte à leur intégrité ou à leur expression, ils n'ont pas tort d'y voir quelque chose de négatif.

        Le problème n'est pas comment ils le voient mais si ça correspond à une certaine réalité. Et dans le cas de l'art libre, la question reste ouverte. Personnellement, je ne pense pas.

        > "Éducation" est un terme assez déplacé : il ne s'agit pas d'un "mouvement de l'histoire" auquel il faudrait convertir les gens ; il s'agit d'une façon de faire qui a ses intérêts, mais pas forcément pour tout le monde, et dont il est d'abord intéressant de discuter et expérimenter.

        Éduquer, ce n'est pas imposer une doctrine, c'est expliquer clairement ce qu'est l'art libre pour que tout le monde puisse faire son choix en connaissance de cause. Tu as une vision assez bizarre de l'éducation. L'art libre n'est pas une religion !!

        > Le droit d'auteur est pourtant la seule chose qui permet à l'auteur d'interdire à un tiers de profiter indûment (ie, sans contrepartie, fût-elle financière) de son travail.

        Ça, je dirais que c'est la partie "copyright" du droit d'auteur. Mais le droit d'auteur français protège tout de même l'auteur sur bien d'autres aspects qui me semble plus important que la simple rémunération. La rémunération n'est pas un droit, elle est possible.

        > C'est au moins une liberté de contrat.

        Oui, et c'est pour ça qu'il faut l'envisager en dehors de la question de la liberté de l'art. Tu peux très bien passer un contrat avec qqn pour une oeuvre d'art, être rémunéré et mettre ton oeuvre en art libre, rien n'est incompatible. Au contraire et c'est peut-être là la clé du modèle économique de l'art libre.

        > Et alors ?

        Le fait que seule une poignée d'artistes vit de ses oeuvres montrent bien que la question de la rémunération est décorellée de la question de liberté.

        > Sans vouloir offenser qui que ce soit, c'est façon de dire et/ou de faire ("on doit faire pareil", "éduquer") me fait franchement froid dans le dos, voir me révulse profondément.

        Il ne s'agit pas d'imposer un modèle mais de laisser le libre choix à chacun, en tout connaissance de cause. Je ne vois pas ce qu'il y a de mal à dire qu'on doit libérer l'art ! De toute façon, comme il existe encore des logiciels propriétaires, il existera toujours de l'art "propriétaire" et si jamais l'art libre devient plus profitable à tout le monde, alors il s'imposera naturellement. Mais au moins, ne pas enfermer les artistes dans un seul modèle.

        > Si les idées derrière le "libre" ont une excellente raison de foirer totalement, c'est au moins pour ce genre d'extrême planification totalitaire.

        Tu n'es pas loin du point Godwin là, fais attention. Je ne planifie rien du tout. Les artistes qui ont déjà libéré leurs oeuvres, n'ont pas attendu mon petit commentaire sur linuxfr pour le faire, ils y ont réfléchi et ont pris leur décision tout seul. Tu m'accordes bien plus d'importance que je n'en ai. Je ne suis pas du genre à faire du prosélytisme acharné, j'explique aux gens qui ne savent pas ce qu'est le libre tous les tenants et aboutissants d'une telle démarche. C'est tout.
  • # Le Libre a sa place dans l'art

    Posté par (page perso) . Évalué à 3.

    Il y a deux points de vue à mon sens, le point de vue commercial (vivre de son oeuvre) et le point de vue artistique.
    J'écarte pour le moment le point de vue commercial: la fonction première d'une oeuvre d'art est d'exprimer un sentiment, pas de gagner sa vie.

    D'un point de vue artistique, la modification pose de nombreux problèmes, à commencer par le censure: on ne compte plus les auteurs en avance sur leur temps qui ont choqué les bonnes moeurs de leur époque, et qui ont vu leurs oeuvres interdites ou massacrées. L'exemple qui me vient à l'esprit est le massacre de l'oeuvre de Tex Avery: le coffret contenant, soit disant, l'intégrale de ses dessins animés en a vu plusieurs censurés (en particuliers les scènes où les personnages, après une explosion, sont dessinés sous forme de noirs caricaturés avec de grosses lèvres), et d'autres purement et simplement supprimés. Heureusement un DVD non officiel circule sous le manteau avec les dessins animés manquants et sous leur forme originale. Ce problème de censure est très grave, et l'autorisation des modifications risque de faire perdre l'original dans les oeuvres dérivés. Maintenant, je pense que si, comme pour la GPL, il y a un historique précis de toutes modifications, et si surtout on peut retrouver facilement l'oeuvre originale, ce problème ne se pose pas.
    En restant dans la vidéo, je trouve scandaleux de couper les films par d'interminables pages de publicité, ou de diffuser de longs films sur plusieurs jours, mais là c'est plus au public de ne pas se laisser faire et de voir l'oeuvre dans des conditions descentes.
    Du côté des avantages, de nombreux on déjà été cités: traductions, adaptations, interprétations, etc.
    Globalement, une licence libre me semble tout à fait viable d'un point de vue artistique, tant que les modifications sont répertoriées et que l'oeuvre originale est facilement accessible.

    D'un point de vue commerciale maintenant, le mouvement libre est encore trop récent, et il y a trop de bouleversements actuellement (je pense notamment à l'encre électronique) pour être certain de la viabilité du Libre dans l'art. Une solution est de faire une sorte de licence Libre à retardement, à la ID software: l'oeuvre est diffusées sous licence libre après exploitation commerciale. Des solutions fonctionnent avec les livres: j'ai acheté des livres techniques sous licence libre pour le support (de l'auteur) et le support (physique). Mais si des technologies comme l'encre électronique approchent le confort d'un livre papier, est-ce que l'argument du confort du papier sera toujours valable ?
    Après, il y a les alternatives, comme les concerts pour la musique. Mais le raisonnement n'est pas si simpliste qu'il y parait, et il faut prendre en compte les intermédiaires.
    D'un point de vue commercial, je pense que le Libre a encore tout à prouvé, mais ça me parait viable sur le long terme.

    Au final, je pense que les licences libres sont adaptées à l'art, mais je comprends tout à faire les artistes qui la refusent pour le moment. C'est un choix difficile à prendre... Maintenant être artiste, c'est peut être aussi savoir prendre des risques.
    • [^] # Re: Le Libre a sa place dans l'art

      Posté par . Évalué à 3.

      > Après, il y a les alternatives, comme les concerts pour la musique. Mais le raisonnement n'est pas si simpliste qu'il y parait, et il faut prendre en compte les intermédiaires.

      Justement, le libre permet à toutes les sangsues de disparaître au profit d'une relation artiste-public plus proche (comme c le cas dans les logiciels libres comparés aux logiciels propriétaires). Il y a beaucoup de "petits" artistes (rien de péjoratif) qui font des concerts dans des bars partout en France mais qui n'ont jamais auto-produit un CD parce que la production d'un CD coûte bien plus chère et est assez aléatoire en terme de retour sur investissement. Une fois libre, les oeuvres peuvent se propager à moindre coût grâce à Internet et l'artiste en récoltera les fruits dans ses concerts.

      Logiciel libre ou art, libérer ses oeuvres permet de faire connaître son savoir-faire, le reste ce n'est que de la sélection naturelle...
      • [^] # Re: Le Libre a sa place dans l'art

        Posté par (page perso) . Évalué à 3.

        Quand je parlais des intermédiaires, je pensais plus à ceux qui s'occupent de l'éclairage, de la sono, du dessin de la pochette, des affiches, etc qu'à l'éditeur. J'ai lu une partie du troll entre Ratiatum et Mano Solo, et même si c'est vite parti dans du n'importe quoi, les arguments du dernier étaient intéressants. En tant que geek, on connaît relativement bien le côté Libre, diffusion, Internet, P2P etc; mais le fonctionnement du monde de la chanson nous est pour la plupart (en tout cas pour moi) en grande partie inconnu. Il est difficile autant d'un côté que de l'autre de dire si c'est viable ou pas.
        A ma connaissance, il n'existe pas encore d'artiste sympathisant du Libre qui réussit à gagner sa vie, j'espère que ça viendra. Sam demande même conseil sur un éventuel business-model sur son site (http://samusic.free.fr/yeah/index.php5).
  • # Questions triviales

    Posté par . Évalué à 4.

    Je n'ai pas trop l'énergie, vu la longueur de certains propos de lire dans sa totalité ce qui se dit ici à propos de 'l'art libre". En tant qu'artiste plasticien essayant de vivre de ma production, la question est simple : en vivre ou ne pas en vivre. La réponse est simple : en vivre, donc pas d'art libre. Une autre question : quel est l'intérêt de l'art libre ? Ferait-il avancer l'art contemporain, serait il bénéfique aux regardeurs, aux artistes ? Je n'en suis pas sûr. Les quelques productions que j'ai pu voir depuis le net ne m'ont pas convaincu. Mais peut-être d'autres oeuvres existent. Ce que je dis ici est purement subjectif. Si des artistes trouvent leur bonheur dans le concept de l'art libre, et bien tant mieux pour eux !
    • [^] # Re: Questions triviales

      Posté par (page perso) . Évalué à 4.

      hum, "artiste plasticien" c'est produire des choses en dur, qui ont un coût de reproduction, n'est-ce-pas ? Je ne vois pourtant pas ce qui empêche de placer certaines petites séries en tant qu'Art Libre (et vendre la réalisation bien sûr) ?
      Tu continues de vendre ta production, tu permets (pour cette petite série) les modifications, reproduction, distribution (ton nom sera cité, conformément au droit d'auteur).
      D'autre part, si la licence ne s'applique pas à ta production, elle peut s'appliquer à des photos / plans (sous blender par exemple) ?
      Concrétement, pourquoi ne pas tenter la démarche pour certaines oeuvres ? (j'ai pas dit pour toutes hein). Cela peut te permettre de bénéficier d'un coup de pub' et de diffusion ?
      Bon après, si tu donnais un exemple de ta "production", cela permettrait de se baser sur un exemple concret...

      Quelques exemples d'artistes qui ont fait ce choix : http://faq.tuxfamily.org/wakka.php?wiki=LinuxGraphics je ne pense pas que tout soit à jeter ?
      • [^] # Re: Questions triviales

        Posté par . Évalué à 3.

        Mon propos ne vise ici que les arts plastiques. Je n'ai pas une connaissance suffisantes des autres disciplines (musiques par ex) pour en parler concrètement.
        Le monde de l'art a ses règles, ses codes et ses contraintes. Brader ses oeuvres est la pire des choses qu'un artiste puisse faire, avec pour conséquences la perte de l'estime de soi,de l'estime des autres, des possibilités d'exposition, de vente, etc . Je n'invente rien. C'est un fait connu de tous les acteurs du monde de l'art.
        L'informatique open source, d'après ce que peux lire ici ou là, est régie par des lois différentes (merci de m'apporter vos lumières si je me trompe). La pluspart des gens sont salariés en tant que professionnels ou amateurs passionnés. Ils possèdent donc une activité rémunératrice, d'une manière ou d'une autre, qui leur laisse le temps et l'énergie de programmer.
        Rien à voir avec les artistes, qui dans leur immense majorité (ceux qui vendent bien ne sont pas légion, mais ce sont les plus visibles, médiatiquement parlant), doivent survivre, soit en vendant ou/et exposant leur production, soit aux moyens de (rares) bourses institutionnelles, soit en effectuant un travail extérieur qui ne laisse plus beaucoup d'énergie le soir pour travailler, à moins d'exercer un boulot de prof de fac avec peu d'heures. Donc la réalité est là, avec la précarité et quelques rares places au soleil. C'est un choix assumé.
        On peut aussi dire que sans contraintes, l'art est impossible. Mais ça c'est un autre débat.

        Quelques sites où l'on peut trouver ce que que j'entends par "arts plastique"
        Arts numériques (USA) : http://www.rhizome.org/
        LA seule revue bilingue de l'art contemporain : http://www.artpress.com/index.php
        Le site parisien de l'art contemporain, pas commercial, malgré les apparences : http://www.paris-art.com/index.html
        L'Association regroupant des associations d'artistes plasticiens français: http://www.fraap.org/
        La pétition qui ne va pas plaire aux défenseurs de "l'art libre" (désolé) : http://www.fraap.org/article216.html
        • [^] # Re: Questions triviales

          Posté par . Évalué à 3.

          > La pétition qui ne va pas plaire aux défenseurs de "l'art libre" (désolé) : http://www.fraap.org/article216.html

          Au contraire, elle plaira beaucoup à tous les défenseurs du libre... Le libre s'appuie fortement sur les droits d'auteurs, ils ne les fait pas disparaître au contraire. Libre ne veut absolument pas dire "libre de droit" comme on l'entend trop souvent sur TF1 et autres medias de qualité médiocre.

          De même, droit d'auteur ne veut pas dire "droit à la rémunération". Ce sont deux questions qui n'ont aucun rapport.
        • [^] # Re: Questions triviales

          Posté par . Évalué à 2.

          Le monde de l'art a ses règles, ses codes et ses contraintes.
          Que l'on réinvente ou l'on casse, quelque soit le domaine, par périodes. Les impressionnistes ont fait scandale. Dada a fait scandale. Stallman a fait scandale. Calvin a fait scandale.

          Si on cherche du côté des certitudes, rares sont celles qui s'appuient sur quelque chose de solide et ne se scandaliseront pas (ne seront pas fortement ébranlées) d'opinions contraires.

          Brader ses oeuvres est la pire des choses qu'un artiste puisse faire, avec pour conséquences la perte de l'estime de soi,
          C'est une chose.
          de l'estime des autres,
          C'en est une autre.

          Rendre libre une oeuvre ne signifie pas la brader ; dans le cas de la LAL, que je connais, c'est même totalement indépendant : on peut vendre une oeuvre plastique sous LAL a une somme énorme - le titulaire de la licence est l'acheteur, et lui seul, le temps qu'il possède l'oeuvre.

          Mais on rejoint peut être là une question qui me taraude : si une oeuvre plastique est "bradée", sur quoi est indexée sa valeur ? son précédent prix de vente ? ou des qualités intrinsèques (qui ont donc normalement une influence majeure sur le prix) ?

          Je pense surtout que dans le domaine du débat sur le libre/pas libre, il faut oublier (parce que c'est disjoint, même si ça peut être corrélé) :
          * la notion de qualité de l'oeuvre,
          * la problématique de la rémunération (qui découle en partie, parfois du point précédent),
          * le besoin réducteur de tout réunir sous la notion "d'art" ou "d'oeuvre", parce que les pratiques et les usages diffèrent non seulement selon les disciplines, mais aussi selon les sociétés et les individus. Si cela n'empêche pas de rapprocher ou d'étendre des pratiques (bien au contraire), cela permet d'éviter de mettre des étiquettes là où ça ne sert à rien.
        • [^] # Re: Questions triviales

          Posté par . Évalué à 3.

          L'informatique open source, d'après ce que peux lire ici ou là, est régie par des lois différentes (merci de m'apporter vos lumières si je me trompe).

          Ça reste à voir. Un argument souvent mis en avant par les défenseurs du libre est que la valeur d'un informaticien dépend de la reconnaissance de ses pairs. En libérant son code, il permet à ses pairs de mieux voir de quoi il est capable, et donc d'augmenter sa notoriété s'il est bon.

          La valeur d'un artiste dépend aussi de la reconnaissance de ses pairs. La question est donc: est-ce que libérer ses oeuvres, en augmentant leur capacité de diffusion, permet d'augmenter sa notoriété ou pas ?
          • [^] # Re: Questions triviales

            Posté par . Évalué à 2.

            la valeur d'un informaticien dépend de la reconnaissance de ses pairs.
            Je n'indexerais pas la valeur d'un ingénieur, ni même d'une personne sur ce seul critère... ça influence, certes, mais... la valeur d'une personne ne se réduit pas à sa seule réputation (sans parler de la distortion probable entre le type de valeur et le type de réputation).

            En libérant son code, il permet à ses pairs de mieux voir de quoi il est capable, et donc d'augmenter sa notoriété s'il est bon.
            Sans libérer son code, mais en livrant un produit stable, efficace et confortable qui répond parfaitement aux besoins d'utilisateurs, il augmente tout autant sa notoriété.

            La question est donc: est-ce que libérer ses oeuvres, en augmentant leur capacité de diffusion, permet d'augmenter sa notoriété ou pas ?
            Libérer une oeuvre n'entraîne pas nécessaire une meilleure diffusion ; ce qui est vrai pour les oeuvres immatérielles ne l'est pas pour d'autres.

            Et n'empêche pas, localement, une usurpation de paternité, sauf grande réputation soit de l'auteur original, soit de l'usurpateur.

            Un outil pour pallier à ce "problème" sont les procédés permettant de marquer une oeuvre et de garantir cette marque. Non pas pour la tracer l'oeuvre et son usage, mais pour retracer le lien depuis l'oeuvre vers son/ses auteur(s).
            • [^] # Re: Questions triviales

              Posté par . Évalué à 2.

              Sans libérer son code, mais en livrant un produit stable, efficace et confortable qui répond parfaitement aux besoins d'utilisateurs, il augmente tout autant sa notoriété.

              Tu connais combien de programmeurs qui ne font pas du libre ?
              • [^] # Re: Questions triviales

                Posté par . Évalué à 2.

                Personnellement ? ;)

                Moins. Mais quantité ne fait pas qualité.

                Malgré tous les défauts dont on peut (moi y compris) affubler MacOS, que je prends en exemple ici, j'apprécie actuellement nettement plus la simplicité d'usage, dans son ensemble, de ce système que d'un Linux.

                Keynotes ressemble plus à ce que j'attends d'un outil de diapos que PowerPoint ou Impress.

                Google Analytics ressemble plus à ce que j'attends d'un outil de stats qu'awstats (dans la présentation).

                J'ai vu des boutiques en ligne proprio dont l'archi et l'ergonomie (vitrine et arrière boutique) n'ont strictement rien à envier à OsCommerce.

                Par là, je veux simplement signifier que la qualité de service rendu par l'outil ne dépend pas du fait que son code soit libre ou non, mais du fait que celui qui écrit le code soit avant tout très attentif aux besoins de ses utilisateurs (libérer le code est une façon de faire, pas l'unique).
                • [^] # Re: Questions triviales

                  Posté par . Évalué à 2.

                  Je me suis mal exprimé, je parlais de notoriété. Quelques programmeurs faisant du libres sont connus du "grand public" informaticien. Un certain nombre de programmeurs faisant du libres sont connus des spécialistes. Combien de programmeurs ne faisant pas de libre sont connus ?

                  Il ne s'agit pas de qualité de logiciel, mais simplement du fait que faire du libre peut t'aider à te faire connaître si tu es bon. Si tu fais du proprio, ok, tu as peut-être fait partie de l'équipe de développeur de Keynotes, mais:
                  - le recruteur n'a aucune chance de connaître ton nom à l'avance
                  - il est difficile/long de vérifier que tu en as bien fait partie
                  - il est encore plus difficile de savoir de quoi tu t'es occupé

                  Alors que si tu as fait du code pour le kernel Linux:
                  - si tu en as fait beaucoup et que ton interlocuteur s'y connait, il a peut-être déjà vu ton nom
                  - il est facile de vérifier sur les ML et les changelogs que tu as fait ce que tu dis
                  - on peut même regarder ton code.
                  • [^] # Re: Questions triviales

                    Posté par . Évalué à 2.

                    Il ne s'agit pas de qualité de logiciel, mais simplement du fait que faire du libre peut t'aider à te faire connaître si tu es bon.
                    Oui, mais cela concerne essentiellement le haut du paquet (les meilleurs, en tout cas, de ceux qui se seront mis sur un projet qui a une forte valeur démonstrative), donc une minorité.

                    Cela a certes l'avantage de pousser chacun a rendre plus public/vérifiable ses compétences ou résultats. Mais ce n'est pas forcément possible dans tous les cas (projets par nature confidentiels - finances, défense, aéronautique, etc.) : tout n'a pas lieu dans la sphère publique (ou "libre" ici) ; et même lorsque c'est libre, ça peut rester confidentiel (qui pour comparer la réputation de Dotclear en France, aux US et en Chine ?).

                    En outre, la réputation d'un gars et son historique ne sont qu'un élément d'appréciation pour un poste ou un contrat. La rencontre va jouer également ; si un profil est intéressant, on ne va pas seulement lui demander un historique précis de ce qu'il a fait, on va surtout lui demander des références qu'on pourra contacter pour vérifier plusieurs points (dont son historique et ses qualités).

                    Et si là il y a un problème de cohérence entre les deux discours... (même la réputation peut être biaisée par une bonne/mauvaise communication...), c'est sacrément mal barré : de toutes façons, réputé ou non, le gars a intérêt à faire gaffe à ce qu'il annonce, et a ce qu'il va livrer derrière.
        • [^] # Re: Questions triviales

          Posté par (page perso) . Évalué à 3.

          Qui a parlé de "brader" ? Comme l'a précisé rewind prix et licence sont disjoints, le sujet c'est la licence retenue, pour lequel le droit d'auteur s'applique, de la même manière pour le logiciel et pour les arts plastiques AMHA.
          Comme aime à le citer Pierre Jarillon, l'adage du président de l'adullact François Élie "Un logiciel libre est gratuit quand il a été payé une fois", pourrait tout à fait s'appliquer à l'art plastique ? Pour le logiciel, cela se traduit effectivement par "je facture ce que je livre" ou par "je suis payé par ailleurs et je fais ce qui me plaît" (les deux existent).

          Quand je parle de "petite série", c'est bien que je suis conscient qu'un choix de licence doit être réfléchi et correspondre à une démarche (accompagnement de la diffusion d'une manière différente, par exemple faire appel à de la modélisation 3D comme https://linuxfr.org/2006/01/19/20235.html qui pourra ensuite, par exemple, être décliné dans des jeux libres - ou pas) ou en tout cas permettre une diffusion dans un cadre un peu différent de " l'habitude ".

          Pour ta pétition, visiblement il y a pas mal de points communs avec les initiatives des logiciels libres ;-)
    • [^] # Re: Questions triviales

      Posté par . Évalué à 3.

      > Je n'ai pas trop l'énergie, vu la longueur de certains propos de lire dans sa totalité

      Tu devrais, il y a toutes les réponses à tes questions...

      > la question est simple : en vivre ou ne pas en vivre. La réponse est simple : en vivre, donc pas d'art libre.

      La réponse n'a rien à voir avec la question. Tu répondrais "je vais arrêter de manger du chou-fleur", ça ferait le même effet. Comme je l'ai dit plus haut, la question de la liberté est totalement disjointe de la question de la rémunération. Vivre de son art, c'est déjà une question à part entière, libre ou pas. Ensuite, tu peux te poser indépendamment la question de savoir si tu accordes la liberté à tes "utilisateurs" ou pas.

      > Une autre question : quel est l'intérêt de l'art libre ? Ferait-il avancer l'art contemporain, serait il bénéfique aux regardeurs, aux artistes ?

      Encore une fois, question hors sujet. Libre ne veut pas dire mauvais (comme tu le sous-entend après) tout comme propriétaire ne veut pas dire bon. Je peux te faire écouter de très bonnes musiques libres et tu n'as qu'à allumer ta radio pour écouter de la merde propriétaire. Liberté et qualité sont disjointes. On peut le voir aussi sur les logiciels : il y a toutes les combinaisons de logiciels libres/propriétaires bons/mauvais.
      • [^] # Re: Questions triviales

        Posté par . Évalué à 2.

        "De même, droit d'auteur ne veut pas dire "droit à la rémunération". Ce sont deux questions qui n'ont aucun rapport."
        Ce qui se dit sur ces sites te fera peut-être changer d'avis
        http://www.cnap.culture.gouv.fr/infopro.php?id_theme=10
        http://www.upc.fr/
        Je suis payé en droits d'auteur, et heureusement !
        Bon, apparemment, le réel, au sens psychanalytique du terme, est "hors sujet".
        No comment si ce n'est que le débat devient surréaliste, mais comme le surréalisme m'a toujours intéressé, la discussion reste ouverte.
        On peut quand même ajouter que l'idée d'art libre a été calquée sur celle de l'open source. L'open source a produit ses fruits et quels fruits ! Donc la démarche de Linus T et R Stallman était la bonne.
        Pour "l'art libre", qui n'est pas nouveau , on attend toujours le changement induit par le nouveau modèle. Je vais me répéter mais je ne vois rien venir d'un niveau équivalent à ce que l'on peut trouver, par exemple, sur :
        http://www.rhizome.org/
        http://www.artpress.com/index.php
        http://www.paris-art.com/index.html
        L'open source a été créé à la suite d'une révolte contre le verrouillage de l'informatique, contre la domination technico-économique du propriétaire.
        Historiquement parlant, dans l'art, pas de verrouillage, pas de domination. Chacun a toujours été libre (sauf ds régimes totalitaires) de faire circuler les idées, les formes, les couleurs, les matériaux, les concepts et de se les approprier, sauf de plagier (d'un point de vue légal, car les plagiats sont innombrables dans l'histoires de l'art) car copier n'est pas créer. Andy Warhol était très fort question recyclage des idées de ses amis et assistants. Picasso a peint les demoiselles d'Avignon après avoir découvert l'art Ibère. Les réalisateurs de Starwar ont en partie pompé l'esthétique du film depuis des dessins des costumes du moyen-âge (Il y a un très bon article ds un Artpress sur le sujet). Tous les artistes fonctionnent comme cela depuis le temps des mammouths, c'est obligatoire et va de soi. Donc j'ai quand même l'impression que ce débat sur l'art libre est un faux débat, qui me fait penser à Mr Jourdain et son émerveillement de parler en prose.
        • [^] # Re: Questions triviales

          Posté par (page perso) . Évalué à 3.


          L'open source a été créé à la suite d'une révolte contre le verrouillage de l'informatique, contre la domination technico-économique du propriétaire.
          Historiquement parlant, dans l'art, pas de verrouillage, pas de domination. Chacun a toujours été libre (sauf ds régimes totalitaires) de faire circuler les idées, les formes, les couleurs, les matériaux, les concepts et de se les approprier, sauf de plagier (d'un point de vue légal, car les plagiats sont innombrables dans l'histoires de l'art) car copier n'est pas créer.


          En fait par tes propos tu ammènes exactement à la raison d'être de l'art libre : l'art libre existe parcequ'il y a une volonté de verrouillage et de domination de l'art.

          Pour dire que ça n'est pas le cas, il faut soit être dans une totale politique de l'autruche, soit revenir d'un séjour découverte de la vie d'un trapeur[1]d'une durée de quelques années. Les majors (domination) qui font passer leur DRM (véroux), ça ne te dis rien?

          En fait, maintenant que tu dis cela, je me demande si l'art libre aurait aussi bien émergé ces dernières années si les majors n'avaient pas autant eu cette volonté de tout vérouiller. Maintenant c'est trop tards, la révolution à déjà eu lieu. Des milliers de titres en tout genre disponible en téléchargement en toute légalité, c'est une réalité. Le problème avec internet, c'est que ça va tellement vite que nos pauvres esprits humains ont bien du mal à suivre le rythme des révolutions. :)

          Franchement le week end dernier j'ai mis le CD de bénabar que ma maman a acheté dans le lecteur CD de mon portable, et j'ai même pas pu le lire (je parle même pas de le ripper). Enfin ce qui m'a le plus fait halluciner c'est la réaction de ma soeur "c'est la faute de ton linux". Pourtant je lui ai déjà fait des longs discours sur le sujet, mais apparement ça n'a pas suffit, elle considére normal que je sois obligé d'acheter microsoft windows si je veux pouvoir lire un CD de musique sur mon PC.

          Enfin tout ça pour dire que moi je me suis pas cassé la tête, tant pis ma copine pourras pas écouter un artiste qu'elle aime bien et à la place je lui fairait écouter des artistes qui font de la musique libre, peut être Au lit les Mômes[2]....

          Sinon j'aime bien la fin de ta phrase "copier n'est pas créer", ils y en a qui devraient un peu plus méditer la-dessus.

          [1]Si tu aimes les trapeurs je te conseil david TMX : http://www.jamendo.com/fr/artist/david.tmx/
          [2] http://www.jamendo.com/fr/artist/au.lit.les.momes/
          • [^] # Re: Questions triviales

            Posté par . Évalué à 2.

            Comme je le précisai + haut, mon propos ne vise que les arts plastiques. La musique est une industrie et les musiciens ne bénéficient que d'une infime partie des bénéfices. La technologie et la politique obligeront les législateurs (s'ils veulent être élus) à changer le modèle actuel complètement à coté de la réalité de la société. Les musiciens doivent être rémunérés d'une autre manière et on devra peut-être passer par la disparition des major pour qu'ils le soient correctement. C'est un rêve, mais c'est possible si les citoyens le veulent. Mais rien n'interdit à un musicien de tourner les dos aux industriels en faisant sa pub sur le net. Certains inconnus l'ont fait je crois en Angleterre et s'en sont bien tiré en jouant en concert.
            Quant au rap, j'ai un faible pour ce qui se fait aux USA, mais pourquoi pas d'autres choses. Je vais essayer d'écouter.
            Steve Coleman, musicien très reconnu, http://www.m-base.com/ , qui a voulu mettre en ligne sa production dans le passé est revenu sur sa démarche, certainement pour des raisons économiques. Seul un album reste téléchargeable. Pas simple.
            • [^] # Re: Questions triviales

              Posté par . Évalué à 2.

              Avec les arts plastiques, c'est encore plus facile. Si tu fais une toile, tu la vendras une seule fois de toute façon. Donc que tu la vendes par contrat en précisant qu'elle est libre après, ou en touchant "des droits d'auteurs" (je n'aime pas cette expression parce qu'elle mélange deux choses qui n'ont rien à voir). Dans les deux cas, tu restes propriétaire, au regard de la loi française, de tes droits moraux (qui sont incessibles).
              • [^] # Re: Questions triviales

                Posté par . Évalué à 2.

                "Donc que tu la vendes par contrat en précisant qu'elle est libre après"
                Qu'entends tu par "libre après ?
                • [^] # Re: Questions triviales

                  Posté par . Évalué à 2.

                  tu dis que tu places ton oeuvre sous une licence libre et tu la vends, en fait elle n'est pas libre qu'après...
                  • [^] # Re: Questions triviales

                    Posté par . Évalué à 2.

                    Imagine la tête de ton acheteur (potentiel) quand tu va lui annoncer ça !
                    • [^] # Re: Questions triviales

                      Posté par . Évalué à 2.

                      Il va faire un grand sourire !

                      Ça ne change strictement rien pour lui. Il se retrouve avec plus de libertés qu'il n'en avait auparavant. Je rappelle que dans une licence libre, la liberté est pour l'utilisateur. S'il a envie de garder l'oeuvre pour lui, c'est son droit, et ça ne changera rien par rapport à d'habitude. S'il a envie de la copier/redistribuer/modifier, il pourra, sans avoir à te chercher pour te demander l'autorisation puisque tu lui auras donné explicitement a priori avec la licence libre.

                      Qu'est-ce que ça change ?
            • [^] # Re: Questions triviales

              Posté par (page perso) . Évalué à 2.

              Et qu'entends-tu par art plastique? Si tu parles de peinture, sculpture ou autre créations matérielles, alors c'est tout simplement hors propos. Où alors c'est moi qui est mal compris le sujet du journal de ploum.

              En effet le jour où l'on pourra multiplier les pains comme on multiplie des données immatérielles, je n'aurais aucun remort à aller me copier un pain chez ma boulangère, toute manière elle risque pas de mourir de faim.

              Mais ça n'est pas le cas. Je pense que le propos de ploum parlais des oeuvres immatérielles, on m'arrêtera si je me trompes. Si j'achète une toile ou une sculpture, qu'elle soit sous une licence libre ou non me fait autant d'effet que si ma boulangère me disait que sa baguette est sous licence libre. À la limite, pour la toile ça change peut être mes droits pour ce qui est de diffuser des photographies de l'oeuvre, mais bon je doute que beaucoup de gens arrivent à se faire des masses de pognon en vendant des livres avec les photos des toiles qu'ils ont dans leur maison...

              Donc je vois pas ce que les artistes qui produisent des oeuvres matérielles ont à craindre, à moins que demain on nous sorte un nouveau périphérique usb capable de faire des copies matérielles qu'on pourrait donc envoyer à travers le net à toute personne possédant également ce périphérique, sans en perdre "l'original". Mais bon à ce moment là, c'est le système capitaliste tout entier qui deviendrait désué et tout à fait innaproprié à l'économie mondiale (ressources illimités). Les seuls problèmes qu'il resterait serait de trouver des vaccins et bien entendu le problème dont on ne se débarassera jamais, le besoin d'un endroit ou chréché. D'ailleurs ça me fait penser à un reportage que j'ai vu ce week end, où on voyait comment les jeunes générations s'installent tranquillou dans des appartes gigantesque de paris, qui sont pas loué depuis des années, sans payer de loyer. Faut dire, Paris c'est vraiment n'importe quoi, on croirais que les gars qui font les prix des logements sont des pauvres nerds qui sont jamais sortit de chez eux, y faudrais quand même coller un minimum au réalités économiques.
              • [^] # Re: Questions triviales

                Posté par . Évalué à 2.

                "Et qu'entends-tu par art plastique?"
                Il faut aller sur les sites dont j'ai mis les liens plus haut. Tout est là.
                Arts plastiques=peinture, gravure, sculpture,vidéo, photographie, installation.
                Pratiqués par les artistes plasticiens qui les vendent en tant qu'oeuvres aux particuliers, institutionnels, entreprises, ou en vendent les droits (d'auteur donc) aux musées, institutionnels ou privés média, entreprises, galeries, sous forme de droits de représentation (expositions), de reproduction. C'est ce qui permet aux artistes d'exister (exister=être vus, pouvoir manger, continuer à produire). Pour les livres, dont parle Ploum, c'est le même principe : écriture+démarchage+vente des droits d'auteur (d'édition), ce qui permet aux écrivains d'être entendus, de pouvoir manger et continuer à écrire.
                • [^] # Re: Questions triviales

                  Posté par . Évalué à 2.

                  En France, tu ne peux pas vendre tes droits d'auteur, tu vend tes droits patrimoniaux (reproduction, représentation) mais rien d'autres. Tu ne peux pas vendre tes droits moraux, ils sont inalénalbles et donc incessibles même par contrat.

                  C'est d'ailleurs une différence majeure avec le copyright anglo-saxon qui est attaché à l'oeuvre et pas à l'auteur. Et certains droit incessible en France le sont avec le copyright. Il n'y a bien que le droit de paternité qui restent avec le copyright, tout le reste (et notament le droit d'intégrité) peut être vendu.

                  Je crois que pour quelqu'un qui se dit contre le libre mais qui n'a qu'une connaissance aussi partielle de ce qu'est le droit d'auteur, tu ferais bien de faire quelques révisions (et dire qu'on m'a fait la morale quand je parlais d'éducation). Je te conseille donc la lecture saine de [1] et [2]. Tu trouveras d'ailleurs plein de ressources pour approfondir tous ces sujets sur [3].

                  [1] http://fr.wikipedia.org/wiki/Droit_d'auteur
                  [2] http://artlibre.org/licence/faq/
                  [3] http://artlibre.org/ressources/
                  • [^] # Re: Questions triviales

                    Posté par . Évalué à 2.

                    "Je crois que pour quelqu'un qui se dit contre le libre"
                    C'est de l'humour noir ?
                    Concernant le droit d'auteur, je me réfère ici à la légilation française en vigueur que chacun est tenu d'appliquer, dont moi-même, quand je facture des droits d'auteur.
                    Qui t'a parlé de vendre des droits moraux? Vends tu des droits patrimoniaux libellés comme tels sur tes factures (si tu factures) ? Un seul conseil de ma part : aller discuter avec d'autres auteurs, artistes, etc, pour se faire une idée de la réalité du vécu des gens. Les discours théoriques, c'est bien, mais ça ne suffit pas. Désolé...

                    wikipedia n'est pas fiable à 100%.
                    La législation:
                    http://www.cnap.culture.gouv.fr/infopro.php?id_theme=10
                • [^] # Re: Questions triviales

                  Posté par (page perso) . Évalué à 3.

                  Finalement, c'est le titre de ce journal qui est mauvais.

                  "Modèle économique et justification de l'art libre ?"

                  De quoi parle-t-on maintenant?
                  Serait-ce un essai pour trouver une place à l'art libre dans l'économie mondiale contemporaine?
                  Peut être que non, l'art libre n'a pas de modèle économique viable dans le modèle économique que nous utilisons.
                  Moi j'ai envie de dire, et alors? L'art n'a pas à justifié son existence par rapport aux principes économiques en vigueur dans notre société. L'art est. L'art libre est! Elle est là et elle n'est pas pret de disparaitre.

                  Cela dit, ça n'empêche pas les artistes de revendre leur travail si ils trouvent des clients pour acheter, sous des licences libres ou pas.

                  Après pour ce qui est de la visibilité d'un artiste, je vois pas ce qu'on pourrait faire de mieux qu'internet sans baffouer la vie privé des gens. Une oeuvre mise sur internet, c'est une oeuvre accessible à tous. Mais bon c'est sur que certains aimerait que dès le matin au réveil on soit agresser par des publicités qui nous pousse à acheter je ne sais quoi. Ah, on me souffle que ça s'appel radio-réveil...

                  En tout cas, l'art libre est, qu'un modèle économique viable dans notre société de consomation s'en dégage ou pas. Donc si c'est pour raler que l'art libre ce sera la mort de l'art, c'est déjà trop tards, et s'en pleindre n'y changera rien. À moins d'installer des régimes tyraniques qui interdit tout à chacun de publier ses oeuvres sur l'internet comme il l'entend bien sur.

                  Donc à moins de donner des idées pour un modèle économique plausible pour l'art libre, ce débat ne ménera nul part.
                  • [^] # Re: Questions triviales

                    Posté par . Évalué à 2.

                    Je suis assez d'accord, la question a été mal posée au départ. L'art (libre ou pas) n'a pas besoin de justification économique.

                    > l'art libre n'a pas de modèle économique viable dans le modèle économique que nous utilisons.

                    Ce n'est pas dit. On n'aurait dit la même chose des logiciels libres il y a 10 ou 15 ans. Et regarde maintenant le nombre d'entreprises qui vivent des logiciels libres.

                    L'art libre n'a pas encore trouvé son modèle économique mais il est en train. On le voit avec la musique libre. Laissons le temps faire.
                    • [^] # Re: Questions triviales

                      Posté par (page perso) . Évalué à 2.


                      > l'art libre n'a pas de modèle économique viable dans le modèle économique que nous utilisons.

                      Ce n'est pas dit. On n'aurait dit la même chose des logiciels libres il y a 10 ou 15 ans. Et regarde maintenant le nombre d'entreprises qui vivent des logiciels libres.

                      L'art libre n'a pas encore trouvé son modèle économique mais il est en train. On le voit avec la musique libre. Laissons le temps faire.


                      Je suis parfaitemetn d'accord et si tu avais laissé ma phrase entière au lieu dans coupé le début, cela ne pretrais pas à faire croire que j'ai dit ce que je n'ai pas dit, pour mémoire :

                      Peut être que non, l'art libre n'a pas de modèle économique viable dans le modèle économique que nous utilisons.

                      Autrement dit, de manière plus explicite, il est possible que l'art libre ai un modèle économique viable dans le modèle économique que nous utilisons, tout comme il est possible qu'il n'en ai pas, mais cela ne remet en rien le fait qu'il existe.

                      Donc on est bien d'accord, mais comme tout à chacun je n'aime pas qu'on tronque mes phrases pour leur faire dire l'inverse de ce que j'exprime, et c'est d'autant plus décontenancent quand c'est pour contre-dire les propos détournés, c'est à dire confirmé les propos de départs. Enfin peut être m'avais-tu tout simplement mal compris.
                      • [^] # Re: Questions triviales

                        Posté par . Évalué à 2.

                        Oui désolé, je l'avais mal compris... Merci pour la clarification (Je m'étonnais aussi de cette phrase mais finalement, avec l'explication, c'est beaucoup plus logique).
  • # Vivre d'un livre ? Mouais...

    Posté par . Évalué à 4.

    «Comment un auteur pourrait-il vivre d'un livre libre ?»

    Je pense qu'on pourrait poser la question différemment : «Comment un auteur pourrait-il vivre d'un livre» ?

    Oh, d'accord, certains peuvent. Mais ça représente quoi ? Un pour cent ? Un pour mille ?

    Perso, j'aborde le point de vue différemment : quitte à ne pas vivre d'un livre, autant qu'il soit libre.

    «Mais rien n'empêche un imprimeur peu scrupuleux de tirer des copies sans payer le moindre droit d'auteur et donc moins cher que l'édition originale !»

    En théorie, oui, effectivement, si on se place dans le cas pas du tout super rare du best-seller, un éditeur pourrait avoir intérêt à faire ça.

    Dans les autres cas, pourquoi l'éditeur s'emmerderait à reprendre ce bouquin-là, qui est déjà sorti et dont on peut supposer qu'il a déjà touché son public, alors qu'il n'a qu'à se baisser pour trouver des auteurs prêts à signer un contrat pourri où ils ne toucheront rien avant XXXX ventes, voire à payer pour se faire éditer ?


    C'est sûr que si tu te places dans les conditions les plus favorables pour l'auteur au dépat, le libre pour le livre n'est pas forcément le plus intéressant (mais c'est aussi vrai pour le logiciel). J'imagine que c'est aussi le cas pour les autres medias... mais vu que j'y connais rien ^ ^
    • [^] # Re: Vivre d'un livre ? Mouais...

      Posté par . Évalué à 2.

      C'est pas de la théorie. Les éditions pirates de bouquins ça fait longtemps que ça existe (voir l'affaire LOTR - Ace Books par exemple).

      Donc en gros, si ça risque pas d'avoir un gros marché (soit que ça soit pas terrible ou que l'ensemble des gens intéressés risquent de ne pas être nombreux), le libre ça peut marcher, sinon...
  • # Porpagation facilité de la culture

    Posté par (page perso) . Évalué à 2.

    Diffuser une oeuvre sous une licence "libre", c'est avant tout en facilité la diffusion. Je met libre entre guillemets parceque la pluparts des oeuvres d'art ne sont pas libre au sens gnu.

    Les avantages ils sont surtout pour les consomateurs de culture, car cela permet de diffuser, à l'aide de l'internet, à un très grand nombre. C'est mieux pas parceque cela permet d'avoir accès à de la culture à moindre frais, mais parceque cela permet d'avoir accès à une quantité plus importante de contenus plus diversifiés. Là où avant les auteurs passaient par un goulot d'étranglement (éditeur, maisons de disque, etc.) et étaient censuré, aujourd'hui tout à chacun peut communiquer ses oeuvres au monde entier sans autre filtre que l'auto-censure volontaire.

    Pour les auteurs peut être que ça n'apporte pas la richesse, mais il faut être réaliste : il y a plus de bons artistes qu'il n'y de place pour des artistes millionaires. Quand à ce que ça peut leur apporter, Moi j'ai bien un exemple en tête, c'est l'album cherches paroles de Xcyril sur jamendo[1], je cite:

    Voici un album de morceaux sans aucune prétention…Ces morceaux ont étés fait pour le chant, mais le fait que soit incapable d écrire un texte fait qu il n y a que la musique...!

    Donc je met a disposition cet album a tous les paroliers et chanteurs qui seraient inspirer par ma musique et qui voudraient bien poser leurs mots et ou leurs voix dessus !


    De toute manière avec un minimum de projection, on se rend bien compte que des oeuvres dont le coût de production est à la porté de n'importe qui, il va y en avoir de plus en plus, de tous les genres, alors je ne sais pas quel genre de modèle économique pourra en émerger, mais pour moi en tout cas c'est clair : les majors c'est mort. Moins de diversité, plus de censure, plus d'emmerde (encore ce week end j'ai pas pu lire un cd de bénabar sur mon portable), avec une qualité sonore égale (la qualité au sens technique, après chacun fait son opinion sur l'oeuvre elle même) et plus chères. Oui les gens sont des moutons, mais les moutons vont brouter là où l'herbe est plus verte et les loups moins affamés.

    Finalement il ne reste guère que les films à gros budgets qu'on ne serais produire en grande quantité sous des licences libres, écrire des livres, enregistrer des chansons, et les diffuser de manière mondial, aujourd'hui c'est à la porté de n'importe qui ayant une connexion internet.

    Moi j'ai mis en lignes entre autres quelques poèmes, et quand on me dit que c'est jolie, bah c'est du bonheur en boite, même si ça me rapporte pas un clou. J'essai de me motiver pour enregistrer mes chansons mais avec une gratte et ma voie de casserole ça va pas très loin ;P Enfin je trouve mes textes sympas (c'est moi qui l'dit...) alors je ferais un effort. Quoi comment ça je dérive, je raconte ma vie, vous vous en foutez et je ferais mieux d'ouvrir un blog?

    [1] http://www.jamendo.com/fr/album/1253/
    • [^] # Re: Porpagation facilité de la culture

      Posté par . Évalué à 3.

      Les avantages ils sont surtout pour les consomateurs de culture, car cela permet de diffuser, à l'aide de l'internet, à un très grand nombre. C'est mieux pas parceque cela permet d'avoir accès à de la culture à moindre frais, mais parceque cela permet d'avoir accès à une quantité plus importante de contenus plus diversifiés.

      Bel exemple de pollution de l'esprit par l'"industrie de la culture" (beurk, je n'aime pas cette expression), même parmi ceux qui y sont opposés...

      Merci de parler de spectateurs et d'oeuvres. On aura beau dire, j'ai du mal à me faire à l'idée que "Candide" (parmi tant d'autres) n'est qu'un "contenu" à "consommer", et non une oeuvre à lire, à apprécier, critiquer, qui fait réfléchir et permet de regarder le monde d'un oeil nouveau.

      Ca peut avoir l'air simpliste, mais les glissements de vocabulaire de ce genre sont en soit une défaite de la Culture (oui, j'ose la majuscule, diantre !).
      • [^] # Re: Porpagation facilité de la culture

        Posté par (page perso) . Évalué à 2.

        C'est juste, merci. Surtout pour le consomateur en fait. Je n'y avais jamais réfléchi, je ferais attention à l'avenir. Mais mon esprit est encore plein de ces lieux communs et autre bouts de phrase toute faites tant on peut nous les rabacher. Encore à midi j'avais en tête un slogant qui m'est resortit d'une pub des années 90... Marrant, je me souviens plus maintenant... En tout cas c'est la quelque part dans ma tête, ah, ils savent ce qu'ils font les publicitaires hein.

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