Faire un don ! | | style | statistiques | contactez-nous | plan | lettre d'information

Liens connexes

Dépêche modérée par

Dépêche éditée par

: Est-ce que le logiciel doit prendre en otage les données ?

Posté par jepoirrier (). Modéré le 19 août 2004.
C'est sous ce titre provocateur que Wiley et Michaels tirent la sonnette d'alarme concernant les logiciels enfermant les données brutes issues d'expérience de biologie dans des formats propriétaires.

Cet article parle surtout des risques liés à l'opacité des formats informatiques en biologie mais la question peut-être posée dans tous les domaines (scientifiques ou non) : est-ce que votre logiciel favori peut vous prendre en otage, vous et vos données ?

> Lire la dépêche (87 commentaires, moyenne: 2,6).  

(normalement, l'article est disponible pour tout le monde mais, au cas où, voici un petit résumé)

La biologie commence à développer ses besoins informatiques. Son nombre d'utilisateurs potentiels est bas. De plus, ses besoins sont spécifiques et requièrent plus que du bidouillage dans un coin de labo. Tout ceci fait en sorte que le développement de logiciels pour la biologie est onéreux.

Les outils "open source" sont bien développés en génomique et bioinformatique. Les bases de données, souvent issues d'organismes publics, sont ouvertes et les formats connus, dans ces deux domaines.

Mais, pour les autres domaines, les logiciels fermés ont le dessus et "en profitent" pour enfermer les utilisateurs. Soit ces logiciels sont vendus au prix coûtant et sont peu achetés. Soit ces logiciels sont vendus avec un matériel qu'ils sont les seuls à savoir diriger et les données arrivent souvent dans un format fermé. Bien sûr, il y a souvent une fonction d'export mais les données brutes ou les analyses avancées ne sont pas souvent disponibles, ce qui fait perdre beaucoup d'intérêt à ces fonctions.

La fermeture des formats implique aussi des conséquences pour les données : danger pour leur pérennité (quid des données lorsque le logiciel n'est plus développé et ne fonctionne plus sur les nouvelles versions des OS ?) et pour leur sécurité (quid des données lorsqu'on laisse le logiciel sur un OS qui n'est plus supporté par son fabricant ?).

Les auteurs finissent leur article en disant que dans un véritable marché concurrentiel, les formats fermés ne pourront pas survivre, que les logiciels open source sont la solution la plus alléchante mais, malheureusement, impraticable dans l'immédiat (par manque de biologistes écrivant du code libre) et que la solution pratique immédiate serait que les biologistes et industriels des logiciels travaillent ensembles pour la disponibilité des données (l'ouverture des formats de fichiers).

Cette discussion est archivée, il n'est plus possible de laisser des commentaires.

Note : les commentaires appartiennent à ceux qui les ont postés. Nous n'en sommes pas responsables.

D'autres liens

Posté par Benoît Sibaud (Jabber id, page perso, ) le 19/08/2004 à 08:26. (lien). Évalué à 16.

Deux exemples récents d'abandon de logiciels :

« Abandon de logiciel, liaison fatale »
http://formats-ouverts.org/blog/2004/07/20/46-AbandonDeLogicielLiai(...)
=> abandon de Adobe PageMaker

« Abandon de logiciel, encore ! »
http://formats-ouverts.org/blog/2004/07/29/71-AbandonDeLogicielEnco(...)
=> abandon de Adobe FrameMaker pour Mac

Des tendances lourdes :
- DRM pour un contrôle des données
- TCPA/Palladium et informatique de confiance pour un contrôle des données
- le mouvement Open Access dans les sciences pour une meilleure diffusion de l'information. Voir par exemple http://www.earlham.edu/~peters/fos/fosblog.html(...)

Sinon si quelqu'un a des infos sur
« The Protégé Ontology Editor and Knowledge Acquisition System
http://protege.stanford.edu/(...)
Protégé is an ontology editor and a knowledge-base editor.

Protégé is also an open-source, Java tool that provides an extensible
architecture for the creation of customized knowledge-based applications. », je suis preneur

Le commencement est le format

Posté par deftones_chris () le 19/08/2004 à 08:29. (lien). Évalué à 10.

Cet article me fait penser à une tentative d'enfoncer des portes ouvertes. Mais il paraît que le bon sens doit de nos jours être démontré :)
Il est évident que toutes applications devraient avoir un format de fichier ouvert pour assurer la perrinité des informations (et cela quelque soit le type d'application: proprio ou opensource). Mais cela est le bon sens des utilisateurs car au niveau des "commerçants", faire un format ouvert est à leurs yeux:
* un risque de voir leurs clients aller voir ailleurs car ces derniers n'auront aucun problème pour importer leurs informations.

* une perte potentiel d'argent car lorsqu'une autre société veut faire un programme pouvant importer leurs informations, ils peuvent négocier soit une somme soit un échange d'informations.

En fait, l'information, le savoir sont devenus des biens de consommation qui ont un prix, se négocie, se vend, etc.

bin ouais

Posté par zebul666 () le 19/08/2004 à 08:43. (lien). Évalué à 3.

manque un s à informatique après formats dans l'accroche

C'est une situation qui rencontre dans tout secteur avec un petit nombre d'utilisateur et donc un marché étroit. Que ce soit dans le logiciel ou ailleurs d'ailleurs :-)

Les logiciels libres commencent à fleurir quand la somme des tracas causés par les logiciels propriétaires commencent à devenir insupportable pour les utilisateurs !
Le problème est qu'ils ne sont pas pérennes dans la durée (surtout quand c'est l'oeuvre d'1 ou 2 personnes qui passent à autre chose) à moins qu'ils aient réussi à établir une base d'utilisateurs suffisamment nombreux parmi lesquels se trouvent les personnes compétentes pour le maintenir et le faire évoluer...

Coup d'épée dans l'eau

Posté par arnaudus () le 19/08/2004 à 08:55. (lien). Évalué à 17.

Étonnamment, en biologie, les gens s'intéressent peu à la philosophie de leurs outils de travail. Ils semblent principalement vouloir que "ça marche", et c'est tout.

Quelque chose qui me choque, par exemple : les laboratoires n'ont plus un rond, mais ils achètent encore des Apple hors de prix (1 Mac = 2 PC sous Windows = PC achetés chez un assembleur sous Linux). Tout ça pour faire du traitement de texte (avec des Word piratés, bien entendu). Bref, il y a dans ce milieu une méconnaissance totale des enjeux du libre, de la pérennité des données, etc. Je pense que 90% des chercheurs de mon laboratoire croient qu'OpenOffice est un freeware, d'ailleurs "quelque chose qui est gratuit ne peut pas être bien et Word c'est vachement mieux parce que je ne connais que ça de toutes manières".

Depuis des années, ça ne choque personne que la recherche publique, financée avec de l'argent public, publie ses résultats dans des revues scientifiques privées en abandonnant les copyrights à la revue, en payant souvent pour avoir le droit de publier et en payant toujours pour avoir le droit de les lire.

Bref, y'a du boulot. Ce me paraît incroyable que tout chercheur veut savoir ce qu'il y a dans les produits chimiques qu'il utilise, comment sont fabriquées telle et telle enzyme, mais se fout totalement des logiciels dont il se sert pour analyser et stocker ses données. C'est certainement un problème de culture, mais c'est pas gagné...

Un peu de bibliographie

Posté par Antoine () le 19/08/2004 à 08:55. (lien). Évalué à 5.

Je cite : « est-ce que votre logiciel favori peut vous prendre en otage, vous et vos données ? ». La question a déjà été posée à l'identique, un peu de bibliographie ne fait pas de mal ;)

- A qui appartiennent vos données ? : http://www.libroscope.org/A-qui-appartiennent-vos-donnees(...)
- 1 - Standards ouverts, 2 - Logiciels libres :
http://www.libroscope.org/1-Standards-ouverts-2-Logiciels(...)

Propriétarisation

Posté par Nÿco (Jabber id, page perso, ) le 19/08/2004 à 09:20. (lien). Évalué à 8.

Tiens, rien à voir... ou presque... lire jusqu'au bout (?)

Je reviens d'une semaine au Maroc (pays superbe, gens excellents... et patisseries mortelles ! ;-). Un jour, je suis allé en voiture au marché central à Casa (~blanca). Dans une rue qui jouxte ce marché central, il y a un parking en épis. Devant ce parking, il y a un mec qui bloque tout accès avec trois voitures : il fait la circulation pendant que vous manoeuvrez [1], il garde ce parking [2] (donc votre voiture) et il sélectionne lui-même ses clients [3] (il en refuse certains, je ne sais pour quelle raison). Vous le payez 3 Dirhams pour ses services. Il a peut-être une autorisation spéciale, je ne l'ai pas vérifié...

Bien sûr avec ma paie de français, au Maroc je peux me permettre sans aucun problème de payer ces 3 Dirhams (30 centimes d'euros), d'autant plus que ça fait vivre/travailler au moins une personne... et qu'il était sympa, poli et serviable.

Mais...

[1] Pour les aspects circulation, la loi (code de la route), le savoir-vivre et la politesse sont les règles partagées qui régissent cette circulation, donc là il s'agit d'un service forcé dont je n'avais pas besoin. Il s'est réservé exclusivement ce droit de service.

[2] Pour les aspects sécurité/gardiennage, ma caisse est fermée à clef, donc "secure" (tout est relatif bien entendu). Et puis les gens sont là, ce qui dissuade les malfrats, ou permet de signaler les infractions avant mon retour, exemple typique de partage de responsabilité et de services mutuels implicites et logiques (tu surveilles ma voiture d'un oeil, je surveille la tienne de la même façon). Là encore c'est un droit exclusif qu'il s'est octroyé et réservé.

[3] Pour la séléctivité, là encore le "péage" / la "taxe" dissuade bon nombre de personnes qui auraient voulu se garer (seuls les "riches" peuvent se le permettre, mais a priori ils le sont puisqu'ils ont une voiture), d'autant plus que le mec s'est permit (comme je le disait plus haut) de ne pas accepter certains clients... forme d'exclusion/discrimination et de non-partage.

Voilà, ceci est un excellent exemple de propriétarisation de l'espace public : blocage/"privatisation"/"privation" de l'espace public, exclusion, discrimination, marchandisation, services forcés, non-partage... mais je le répète, peut-être qu'il avait une quelconque autorisation dont je n'ai pas connaissance...

Voilà, je sais pas pourquoi je raconte ça... mais faîtes bien attention à la propriétarisation de ce qui doit être/rester public.

--
Jabber ID : xmpp:Nyco@jabber.fr

[+] copitage

Posté par nicodache () le 19/08/2004 à 11:17. (lien). Évalué à -2.

c'est bizarre, le texte est (à quelques mots près) extactement le même que celui que j'ai pu voir sur unixtech (http://www.unixtech.be/modules.php?op=modload&name=News&fil(...))

apres vérification, il semblerait que les auteurs de ces 2 news soient tout les 2 des jean-etienne poirrier...

han merde, pas de copitage, désolé :D

un surfeur qui a presque l'Oeil

Juste un troll hors sujet !

Posté par Pierre () le 19/08/2004 à 11:45. (lien). Évalué à 3.

Y'a personne pour crier à la confusion : l'expression utilisée est "prise en otage" et personne ne s'émeut de cette utilisation qui a été pourtant qualifiée d'abusive pendant les grêves du service public ?
En fait, je suis déçu de l'inactivité de nos chevaliers blancs ...

:D

(PS : regardez quand même le titre ...)

Money m'a tuer !!!

Posté par T L () le 19/08/2004 à 13:47. (lien). Évalué à 2.

Dans mon cas, c'est Money (R) qui m'a pris en otage ; après plus de 7 ans d'utilisation, j'ai eu besoin de traiter 2 monnaies simultanément. Je me suis donc tourné vers Gnucash, mais je n'ai pas pu récupérer mes anciennes données à cause du format QIF à la Mikrosoft.

Cet inconvénient majeur des formats fermés n'est donc plus théorique du tout pour moi !!!

access ?

Posté par Michel Galle () le 19/08/2004 à 21:27. (lien). Évalué à 2.

peut récupérer des données stockées dans un fichier access (et leur structure/logique) SANS access ?

Revenir en haut de page