Après le jugement rendu le 3 juin 2010 par la justice québécoise qui déclarait illégal l'achat de logiciels Microsoft sans lancer une procédure d'appel d'offre alors qu'il existait des logiciels concurrents libres et gratuits, c'est au tour de l'Europe de se poser la question, par intermédiaire de Neelie Kroes.
Neelie Kroes, qui était précédemment commissaire européenne à la concurrence, avait lancé, à l'époque, plusieurs enquêtes contre Microsoft, qui avaient abouti à la condamnation du géant du logiciel à des amendes record pour son refus de partager certaines informations avec ses rivaux et pour l'installation par défaut d'Internet Explorer comme navigateur Web dans Windows.
Aujourd'hui, cette même commissaire européenne est en charge du numérique et elle met en garde les gouvernements européens contre le risque de se voir «
enfermés accidentellement dans une technologie propriétaire », visant sans le nommer Microsoft. Elle annonce la mise en place d'un programme de conseils aux États pour qu'ils développent leur utilisation de logiciels libres.
Dans son discours à l'Open Forum Europe, une association de promotion du logiciel libre, la commissaire européenne a souligné que les technologies propriétaires pouvaient à terme devenir tellement prévalentes «
que les alternatives sont systématiquement ignorées" », alors même qu'il peut exister des solutions équivalentes libres et gratuites. (cf le jugement québécois). Madame Kroes ajoute également que «
C'est (aussi) un gaspillage d'argent public que la plupart des administrations ne peuvent plus se permettre ».
Et pendant ce temps, en France, alors que la Gendarmerie a prouvé qu'une migration et une utilisation des logiciels libres étaient possible dans l'administration, d'énormes contrats cadre sont passés avec Microsoft, sans mise en concurrence. Le dernier exemple en date est celui concernant le ministère de la Défense qui équipe tous ses postes de travail avec les logiciels bureautique de la firme de Redmond pour 100 € par poste.
Les réponses aux députés se font sans publicité et avec toujours les mêmes arguments fallacieux : il ne s'agit que d'une mise à jour du parc et ils veulent pouvoir faire des mises à jour rapides...