Éditer de la littérature libre : les Éditions du Renard Spatial

22
5
août
2026
Culture

J’aime le logiciel libre. J’aime la littérature. Alors, un jour, je me suis demandé s’il était possible d’éditer de la littérature libre.
Les premiers essais ont eu lieu au début de l’été 2020, le covid laissait le temps libre à des expérimentations.

Six ans plus tard, les Éditions du Renard Spatial existent, éditent des littératures de l’imaginaire libres, et viennent de publier « Ça ne peut pas être pire qu’ici » par Lisa Refur (une amie), un roman court de fantasy/apprentissage, au format papier.
C’est l’aboutissement d’une aventure que je vais vous raconter ici.

Couverture du livre « Ça ne peut pas être pire qu’ici », de Lisa Refur, aux Éditions du Renard Spatial

Sommaire

L’art libre, une discipline très différente du logiciel libre

On parle assez peu d’art libre, que ce soit sur LinuxFR.org ou ailleurs (il n’y a même pas de catégorie dédiée !) ; on peut même considérer que le sujet est ignoré, y compris des personnes qui baignent dans le logiciel libre depuis des décennies. C’est que l’art libre et le logiciel libre sont différents sur beaucoup d’aspects, y compris des points fondamentaux. On pourrait disserter longtemps sur ce point, mais ça n’est pas le sujet ; je vais plutôt me concentrer sur quatre points qui sont utiles à comprendre pour la suite.

Le premier, c’est que la personne qui développe un logiciel développe d’abord un outil.
D’accord, elle peut y tenir énormément, avoir une vision forte ; mais l’implication personnelle reste beaucoup moins forte que celle d’un·e auteur·ice dans son œuvre artistique. Les créateur·ices de logiciels libres acceptent donc beaucoup plus facilement la réappropriation et la modification de leur production ; au contraire des artistes qui ont tendance à vouloir conserver le contrôle sur des œuvres qui peuvent être très personnelles.

Le second, c’est que mis à part quelques exceptions comme le cinéma, beaucoup d’arts sont profondément solitaires ou se pratiquent en tout petit comité, là où le développement logiciel est généralement un travail d’équipe. Les notions de partage, d’amélioration mutuelle sont beaucoup plus fréquents dans le développement logiciel que dans l’art.

Le troisième, c’est que la réutilisation d’éléments – la réutilisation directe, au contraire de l’inspiration – est infiniment plus fréquente dans le développement logiciel que dans l’art.
Tous les logiciels ou presque réutilisent du code, via des bibliothèques, des API, des ABI, ou directement. Au contraire, la réutilisation directe en art est rare, hors quelques cas précis, et souvent mal vue.

Le quatrième et le plus important, c’est l’argent, la thune, le fric, la moula.
Les développeurs informatiques sont généralement bien, voire très bien payés, même avec les changements introduits par les IAs génératives. Au contraire, rares sont les artistes qui peuvent vivre de leur art ; celles et ceux qui peuvent en vivre décemment sont encore plus rares.

Les trois premiers points expliquent pourquoi la notion de « Liberté » (dans le sens de l’expression « art libre ») est moins importante pour les artistes que pour les développeurs et développeuses de logiciels. Le dernier explique pourquoi les artistes ont une énorme difficulté matérielle à contribuer à de l’art libre, quand bien même ils et elles en auraient envie ; parce que pour offrir de son temps, ou trouver un modèle de financement compatible avec l’art libre, il faut d’abord pouvoir manger à sa faim.

Mais cette longue digression introductive ne nous apprend toujours rien sur le sujet d’origine !

Le projet des Éditions du Renard Spatial

Dès le début, mon projet était clair : je voulais éditer de la littérature libre, et pas n’importe comment.

La direction éditoriale

Tout éditeur a besoin d’une direction éditoriale, pour que les client·es ne soient pas perdu·es. Quel sens ça aurait d’éditer en vrac des livres de cuisine, des polars, des livres sur l’informatique et des albums photo ?

Je lis principalement des littératures de l’imaginaire – science-fiction, fantasy, fantastique, le tout pris au sens large. C’est pour cela que les Éditions du Renard Spatial éditent des littératures de l’imaginaire. J’ai aussi décidé de partir sur des formats courts : on trouve beaucoup de sagas et œuvres à rallonge dans ces univers ; mais j’aime bien lire des histoires percutantes et efficaces. En prime, c’est plus rapide à éditer (je n’ai pas écrit « plus facile »).

De la littérature libre

Je veux dire : vraiment libre ; donc sous des licences qui respectent les quatre libertés habituelles (même si on peut se poser la question de savoir ce qu’est le « code source » d’un texte si ce n’est le texte lui-même). J’ai donc choisi de partir, par défaut, sur les licences Creative Commons, qui ont le bon gout d’être adaptées à ce genre de projet et connues. Je me limite aux licences libres, ce qui exclut les clauses -NC et -ND, qui en font des licences « de libre diffusion ».

Ça a été l’occasion de se poser sérieusement la question de l’intérêt de licences libres appliquées à la littérature. J’en vois deux assez immédiats.

Le premier, c’est la diffusion de l’œuvre.
Une œuvre, une fois publiée, va circuler, qu’on le veuille ou non. Elle sera « piratée », que l’éditeur ait protégé son œuvre ou non ; d’ailleurs, saviez-vous que beaucoup de fuites de livres sur les sites de partage illégaux proviennent de sources internes à la chaine du livre ? C’est un point d’autant plus important pour moi que je veux que les textes que je publie, vivent, même si ma maison d’édition doit disparaitre.

Le second, c’est le fandom de l’œuvre.
Si une œuvre plait, alors il va se créer tout un tas d’œuvre dérivées – que l’auteur·ice et l’éditeur·ice le veuillent ou non – à base de fanfictions, de dessins, et j’en passe. Aujourd’hui tout ça existe sans aucun cadre légal, et les licences libres permettent de créer ce cadre.

De la littérature pour tout le monde

La culture, c’est vite cher, et je refuse la position d’une culture réservée à une élite.

Les livres que j’édite sont donc les moins chers possibles, dans la limite du raisonnable. Ça implique que les livres papier sont d’office des formats « poche » – 11 x 18 cm – et que les livres électroniques sont sensiblement moins chers que les versions imprimées.

En bonus, ça m’arrange parce que je n’ai jamais aimé les grands formats. Alors, c’est joli dans une bibliothèque et ça fait un bel objet à offrir – et, soyons honnêtes, à revendre – mais en ce qui concerne la fonction livre, je trouve ça nul, parce qu’un grand format, c’est encombrant, c’est lourd, c’est pénible à transporter (et je lis souvent dans les transports) ou même à tenir quand on est vautré dans un canapé.

Un vrai éditeur, pas un éditeur-Amazon

Je voulais que les livres des Éditions du Renard Spatial soient de « vrais » livres, que l’on peut acheter dans n’importe quelle librairie, avec un ISBN, un référencement qui va bien, et tout. L’idée du livre qui existe, mais qui ne peut être acheté que sur le site du vendeur, ou en ligne chez un seul libraire – en général Amazon – me gonfle.

C’est sans doute parce que j’aime beaucoup mes libraires (qui sont d’excellent conseil). En prime, ça m’évite d’avoir à gérer toute la logistique, le stockage, les factures individuelles, l’envoi de commandes… tout ce que je déteste.

De tous mes choix, c’est – de loin – celui qui m’a le plus cassé les pieds.

Production locale et raisonnée

Faire imprimer des livres en Chine pour les vendre principalement en France me semble absurde ; donc l’idée de base était de trouver un imprimeur en France, ou à défaut quelque part dans l’UE.

D’autre part, la chaine du livre repose beaucoup sur une notion de stock qui voyage. En très résumé, l’imprimeur imprime un tas de livre, qui est en partie stocké, en partie envoyé aux libraires, qui vendent ce qu’ils peuvent et qui – chose exceptionnelle dans le monde de la vente – renvoient les exemplaires invendus… qui finissent au pilon s’ils ne se vendent pas pendant un peu trop longtemps (ou sont trop abimés à cause des voyages), parce que le stockage, ça coute cher. Donc, si je peux éviter de faire imprimer des livres pour les stocker et finir par les détruire, ça m’arrange, parce que tout ça c’est une perte sèche.

Le difficile problème des couvertures

Pour commencer, une illustration de couverture, c’est un budget important pour une petite structure, surtout en refusant l’usage d’IA générative (ah oui, il y a la question de l’IA générative qui est venue s’inviter au milieu du projet).

Alors, j’ai réfléchi. Le premier intérêt d’une couverture, c’est d’attirer l’œil, d’être facile à repérer dans un magasin ou sur un site, au milieu de beaucoup d’autres.
Autre chose : les livres que j’ai achetés à leur couverture se comptent sur un doigt d’une main ; quant aux couvertures que je suis capables de décrire sans aller les vérifier, il y en a très peu, la plupart d’entre elles sont sobres – et à l’exception de celle déjà nommée, aucune d’elle n’a été un critère d’achat. Inversement, beaucoup de littératures de l’imaginaire ont des couvertures illustrées, avec une typographie soignée, mais à cause des effets de mode, elles ont tendance à toutes se ressembler, ce qui fait qu’aucune ne se repère facilement dans la masse.

La solution s’est imposée d’elle-même : je peux me contenter de couvertures sobres, très lisibles, très faciles à reconnaitres, avec une harmonie dans la collection.

Le temps et l’énergie que je peux y consacrer

Ce projet n’est pas mon activité principale, et je n’ai pas pour projet d’en vivre.

L’avantage, c’est que ça me libère d’une contrainte financière extrêmement forte – rares sont les petites maisons d’édition rentables.

L’inconvénient, c’est que ça m’empêche de faire du volume, ce qui n’aide ni pour la reconnaissance, ni pour la publicité, ni pour les revenus.

Profils d’auteur·ices cible

Un tout petit éditeur, avec des conditions d’édition étranges (de l’art libre, des formats qui rapportent moins à l’unité), qui est-ce que ça va intéresser ?
C’est une vraie question.

Ma réponse, c’est : le même genre de profil que celui intéressé par le logiciel libre, mais dans le monde de la littérature.

Concrètement, c’est un·e auteur·ice qui écrit pour le plaisir, en loisir, et donc n’a pas besoin de ce revenu pour vivre.

Je vais être très clair sur un point : je paie mes auteur·ices, et il n’a jamais été question de ne pas le faire. Simplement, je ne peux pas me permettre d’avance sur droits ni promettre des ventes faramineuses, cf. le point précédent.

Ainsi donc, après une première publication-test sur l’un de mes textes, j’ai convaincu une amie, Lisa, de se lancer dans l’aventure avec moi…

Créer les Éditions du Renard Spatial, de façon légale et complète

À ce stade – en réalité, avant la dernière ligne du paragraphe précédent, j’ai toute la vision cible, il n'y a plus qu’à passer à la réalisaton !

D’abord, une entreprise

La France propose le système de « microentreprises » ou « autoentrepreneurs », un système légal qui est censé permettre à tout le monde de se créer facilement une entreprise pour se créer un complément de revenu, et qui correspond bien à mon projet.

Le mot-clé est « facilement ». Eh ben, si ça, c'est facile, je veux même pas imaginer la prise de tête que ça doit être de créer une entreprise « normale », même unipersonnelle. Je passe les détails – déjà parce que ça fait six ans donc ça a pu changer –, mais au cas où, sachez tout de même que :

  1. Une autoentreprise peut avoir un nom commercial, mais le nom réel, celui enregistré au SIREN, est impérativement votre identité réelle. Il y a bien une option qui permet de masquer ces informations personnelles – la base SIREN étant publique –, mais tous les systèmes d’interconnexion informatique dont vous allez avoir besoin partent du principe que cette information est disponible dans les données publiques. Donc, impossible d’activer la confidentialité tant que toute la paperasserie n’est pas terminée.
  2. En théorie, un compte bancaire séparé suffit, pas besoin d’avoir un compte bancaire professionnel ; donc on peut utiliser un compte personnel gratuit. En pratique, le site des impôts impose un IBAN professionnel… et toutes les banques ont bidouillé leurs règles commerciales pour limiter l’émission d’IBAN professionnels aux seuls comptes professionnels payants.
  3. Et, à partir de septembre 2026, il faut aussi un système de facture électronique.

OK, l’entreprise et ses dépendants (la banque, l’inscription au RCS via le Tribunal de Commerce, les impôts, l’URSSAF…), c’est fait.
Et ensuite ?

Éditer c’est vendre, et vendre c’est communiquer

Avant toute chose : déposer sa marque à l’INPI. C’est pas gratuit, mais ça évite les abus un peu trop faciles.

Il me faut donc des outils de communication. Ça passe par divers comptes sur les réseaux, pour communiquer avec les gens là où ils sont, même si ça ne m’enchante pas. Je décide de ratisser large : BlueSky, Instagram, Discord, LinkedIn, Facebook, et même à l’époque un compte Twitter qui a été abandonné. Je n’ai pas de compte Mastodon parce qu’il faut d’abord que je trouve une instance adaptée à ce genre de projet ; je prends les conseils.

Puis, un site web ; et là, j’ai un gros avantage : je peux le créer et l’héberger moi-même.
C’est un site 100 % statique créé avec Hugo, sobre (sans JS ni framework CSS) et disponible ici : https://renardspatial.com/. J’y ai tenté des trucs d’un point de vue design – et je ne suis pas du tout designer. Mais je cherchais quelque chose d’un peu original, qu’on a pas l’impression d’avoir déjà vu partout, et qui soit utilisable sur mobile (ça reste la majorité des utilisateurs). Là aussi, je prends les retours (seulement les constructifs). Les polices d’écriture sont celles utilisées pour les livres et, bien évidemment, sont libres.

Un livre doit avoir un ISBN

L’ISBN (pour « International Standard Book Number ») c’est un numéro d’identification unique pour chaque livre dans le monde depuis les années 1980.

C’est la partie facile : pour une modique somme, l’AFNIL en fournit très largement assez pour des années, il suffit juste d’un peu de patience. Les numéros sont fournis sous la forme d’une liste, à l’éditeur de les attribuer à chaque ouvrage ; la version numérique et la version papier ne comptant que pour un que s’ils sont strictement identiques.

Ouf ! J’ai enfin toute la structure et tout le nécessaire pour que l’entreprise fonctionne ; maintenant, je peux enfin commencer à éditer !

Créer de la littérature libre… avec des logiciels libres ?

Éditer le texte lui-même

Pour l’instant, c’est la partie facile : mon amie Lisa – seule autrice tierce pour l’instant – et moi utilisons LibreOffice, dont le système de commentaires fait l’affaire. D’autre part, on se voit souvent en vrai, ce qui simplifie beaucoup le travail.

L’outil de PAO

La PAO, c’est la Pagination Assistée par Ordinateur, ce qui permet à l’ouvrage – livre, magasine, etc. – d’avoir une mise en page correcte.

Un fait peu connu du grand public : un logiciel de traitement de texte est incapable de faire une mise en page correcte, et j’entends par là d’avoir une qualité professionnelle, notamment en ce qui concerne la typographie. Un LibreOffice Writer – ou même un Microsoft Word – ne gèrent pas les alignements sur grilles, ont des options de césure, de lignes veuves et orphelines très réduites, ne gèrent pas les ligatures de manière fine, n’ont pas d’option pour activer (et encore moins paramétrer) l’alignement visuel, et j’en passe. Or, j’ai envie d’avoir une mise en page correcte, même si certains gros éditeurs, eux, ont décidé de s’en passer.

Le logiciel libre le plus connu pour ce faire, c’est LaTeX. Il est excellent sur la typographie, et… atroce sur le reste. Pour moi ça n’est pas un choix acceptable, il ne correspond tout simplement pas à ma façon de travailler (et, si vous êtes aficionados de LaTeX, pas la peine de venir le défendre en commentaires, je le connais depuis plus de 20 ans).

Le choix suivant, c’est Scribus. Donc je l’installe, l’essaie, l’essaie encore, l’essaie toujours ; et après beaucoup trop longtemps, je n’arrive toujours pas à faire le quart de ce que je veux avec. (Il semblerait que le logiciel se soit beaucoup amélioré depuis, il faudra que je réessaie).

La solution que je trouve n’est hélas pas libre et à l’époque elle n’était même pas gratuite, bien qu’infiniment moins chère que les mastodontes du genre. C’est Affinity Publisher ; et en une après-midi, j’ai une maquette qui est à 90 % ce que je veux, couverture comprise, donc je décide d’être pragmatique et de partir sur ce logiciel.

Créer les fichiers pour l’impression

C’est facile : tous les imprimeurs prennent des fichiers PDF (et indiquent la version exacte qu’ils attendent), donc en suivant les instructions, il ne devrait pas y avoir de surprise. Et de fait, j’en ai pas eu.

Créer les livres électroniques

Mon diffuseur (je reviendrai sur son rôle dans la section suivante) me dit que je peux me contenter de fournir un EPUB et un PDF, et qu’il transforme lui-même le livre aux éventuels autres formats, dont l’infâme Kindle.

Le PDF, c’est facile, j’ai déjà. Mais l’EPUB ? Je découvre trois choses :

  1. Un livre électronique au format EPUB, c’est juste un fichier ZIP renommé avec le texte au format XHTML (oui !), un fichier de styles CSS (qui sera largement ignoré par le logiciel de lecture…) et une poignée de métadonnées, en général du XML (parfois renommé).
  2. Malgré ça, personne ne semble savoir générer un EPUB correct. La plupart des logiciels et convertisseurs que j’essaie me génèrent une soupe de balises sans aucun sens ; d’ailleurs la plupart de ceux que j’ai sur ma liseuse ont des problèmes plus ou moins graves à l’usage.
  3. Le format EPUB semble être plus une vague indication qu’une norme, et les différentes liseuses et logiciels de lecture ont tous des interprétations, disons créatives de comment ce format doit être rendu.

Donc, je finis par décider de le générer à la main ; et en fait, c’est facile : en une journée, j’ai un fichier tout à fait valide qui passe bien sur ma liseuse physique, et sur diverses liseuses logicielles sur PC et smartphone. Mon seul échec, c’est la page de faux-titre qui n’est pas stylisée correctement. Il y avait un seul piège : les fichiers ZIP définissent l’ordre dans lequel sont stockés les fichiers, et le format EPUB attend un ordre précis qui doit être respecté (mimetype, puis META-INF/*, puis OEBPS/*). Il semblerait que les versions récentes de LibreOffice produisent un résultat correct, il faut que je réessaie.

Et donc maintenant, j’ai des livres qui contiennent de la littérature libre, qu’il me faut vendre.

Vendre de la littérature libre

Parce que si je parle de littérature libre depuis le début, je n’ai jamais parlé de littérature gratuite, et pour cause : mon but est bien de vendre cette littérature, même libre, ne serait-ce que parce qu’il faut bien que je paie les intermédiaires. Justement, parlons-en.

La chaine du livre

Le processus de création d’un livre implique tout ce petit monde :

  1. L’auteur·ice, qui écrit le livre.
  2. L’éditeur – ici moi-même, au nom des Éditions du Renard Spatial – qui édite le livre, et qui peut faire appel à :
    1. Une correctrice, qui s’assure qu’il ne reste pas de fautes d’orthographe et de grammaire ; et croyez-moi la langue française aurait bien besoin d’une simplification. Une grosse.
    2. Une graphiste, pour la couverture, les éléments de communication, etc.
    3. Un maquettiste, pour la mise en page.
    4. … et j’en passe, surtout dans les grands groupes (notamment le directeur de collection).
  3. L’imprimeur, qui, ben, imprime le livre.
  4. Le distributeur, qui assure la logistique, c’est-à-dire de stocker les livres imprimés et les envoyer aux libraires.
  5. Le diffuseur, qui va assurer la promotion des livres auprès des libraires et s’assurer de leur présence.
  6. La libraire, qui va vendre le livre.

Sachant que dans la liste principale, seul l’imprimeur travaille à tarif fixe ; tous les autres se rémunèrent au pourcentage du prix de vente final… et donc vont sans doute refuser les partenariats vus comme non rentables. Comme, par exemple, travailler avec un petit éditeur qui vend des livres pas chers, libres, et qui ne fait même pas ça à plein temps.

Pour l’instant, coté édition, je fais tout moi-même. Si jamais un jour, j'ai les moyens (je compte sur vous !), j’investirai d’abord dans une correction professionnelle.

Vendre des livres électroniques

Trouver un distributeur de livres électroniques, c’était facile ; et très vite, j’ai eu une nouvelle à mon pseudo disponible sur à peu près toutes les plateformes.
On a donc travaillé un premier livre avec mon amie Lisa, on l’a réalisé, vendu partout où on peut acheter un livre électronique, et on a découvert la triste vérité :

Les livres électroniques, ça n’intéresse personne.

C’était le plus beau « Vu et s’en tape » de toute notre vie. En fait, sans version papier, c’est comme si le livre n’existait même pas.

Mais il y a un problème…

Vendre des livres papier

Vous vous rappelez quand, plus haut, j’écrivais que j’avais créé l’entreprise en 2020 ? Eh bien, le covid avait mis un grand bazar dans le monde de l’impression, et les prix du papier s’étaient envolés.

Ça s’est ensuite calmé. Quelques semaines. Après quoi, la Russie a déclaré la guerre à l’Ukraine, grande fournisseuse européenne de bois et de papier, donc re-crise, retour des prix absurdes, priorité absolue aux clients de longue date, etc. (j’ai même quelques mangas de cette époque qui sont visiblement imprimés sur du papier machine, le même qu’on utilise dans nos imprimantes !)

Quand c’est de nouveau revenu à une certaine normale, j’ai cherché imprimeurs, distributeurs et diffuseurs. L’imprimeur, c’est facile, tous les imprimeurs de France et de Navarre veulent bien faire des livres de poche. Facile, pour eux, on paie un tarif fixe par livre et ça leur va bien. Le distributeur et le diffuseur, c’est beaucoup plus compliqué. Ce que je veux faire, c’est pas assez cher, y’a pas assez de volume, j’ai pas assez de poids dans un marché déjà saturé.

Alors, je me suis dirigé vers l’impression à la demande, qui finalement a beaucoup d’avantages pour une structure comme la mienne ; et on en trouve qui cumulent prix correct, bonne réputation, et qui impriment dans l’Union Européenne. En particulier, on peut avoir de l’impression à la demande qui est référencée sur Dilicom et Electre, donc commendable en libraire, ce dont je n’étais pas sûr à l’origine.

Encore un peu de paperasse, puis davantage de paperasse (notamment pour faire corriger une erreur d’attribution d’éditeur), et un envoi au dépôt légal, et enfin – enfin ! – on est en juillet 2026 on a une version papier de notre premier livre !

« Ça ne peut pas être pire qu’ici »

Couverture du livre

« Ça ne peut pas être pire qu’ici » est une novella (à mi-chemin entre une nouvelle et un roman) de fantasy et d’apprentissage de Lisa Refur, publié sous licence CC-BY 4.0 dont voici la quatrième de couverture :

Cette ligne de chemin de fer apparue par magie agit comme un déclencheur dans l’esprit des adolescents désœuvrés. Et s’il existait un monde au-delà de cette ville de banlieue décrépite ? Qu’est-ce qui interdit aux quatre amis de quitter Villeneuve ? Rien, en fait. C’est le début de l’aventure pour Ajax, Dro, Biénale et Zef ; l’abandon d’une cité cité sans avenir, la quête d’une vie meilleure. Mais pour aller où ? Suivre la ligne ? D’où vient-elle, et où va-t-elle ? Est-ce mieux ailleurs ?

La seule solution qu’ont les jeunes gens pour le découvrir : prendre la route, se confronter à ses difficultés, ses joies et ses peines, dans l’espoir que la destination soit bonne.

Il est disponible pour 6,99 € au format papier (11 x 18 cm, 84 pages, demandez l’ISBN 9782492575037 à votre libraire préféré) ; et pour 2,99 € au format électronique, sans DRM quand la librairie le permet, cherchez l’ISBN 9782492575013.

Éditer de la littérature libre : premier point d’étape

Le premier enseignement que j’en tire, c’est celui-ci : tout le monde s’en cogne.

Le sujet n’intéresse personne, en bien comme en mal : je n’ai eu aucune remarque sur le sujet. Les textes, le site, les couvertures ont généré beaucoup plus de commentaires. D’un côté, c’est un peu triste ; d’un autre ça n’a pas déclenché de rejet, et c’était le point que je craignais le plus dans cette expérience. Je croise les doigts.

La conclusion que j’en tire pour l’instant, c’est la suivante : pour l’instant, publier de la littérature sous licence libre ne m’a rien apporté directement, et c’était attendu : l’intérêt du libre, c’est d’abord pour les personnes qui utilisent plus que pour celles qui produisent, surtout dans un domaine où la création collaborative est minoritaire.

Mais surtout, publier de la littérature libre ne m’a pas handicapé, donc je n’ai aucune raison d’arrêter de le faire, et par conséquent, je vais continuer !

Et maintenant ?

Les Éditions du Renard Spatial vont continuer à publier des littératures de l’imaginaire libres.

Le prochain livre ne devrait pas attendre trois ans de plus, puisqu’on a un projet de recueil de nouvelles en cours avec Lisa. Si tout va bien, il devrait sortir quelque part entre cet automne et cet hiver – j’ai arrêté de croire à une date précise tant que tout n’est pas terminé.

Mais surtout, les soumissions sont maintenant ouvertes ! Si vous êtes intéressé·es, pouvez vous proposer votre projet en suivant la procédure détaillée ici. Attention ! Il ne s’agit pas d’envoyer un texte complet avec à peine un bonjour (j’en ai déjà eu !).

J’avais imaginé terminer par une sorte de FAQ, mais cette dépêche est déjà extrêmemement longue, donc je vous propose de lire celle du site, et de me poser toute question restante en commentaires.

Merci de m’avoir lu !

Aller plus loin

  • # plop

    Posté par  . Évalué à 6 (+6/-0).

    Bravo de t'être lancé dans l'aventure, c'est énormément de boulot et souvent peu de ventes. Raison pour laquelle beaucoup de petites maisons d'édition ne durent pas longtemps, donc je te souhaite que ton entreprise soit pérenne.

    Ouvrir le robinet à tapuscrits est courageux. De nombreuses personnes écrivent, souvent mal (mais ne veulent pas l'entendre), et lire leurs textes est long et pas forcément intéressant. On ne manque pas d'anecdotes sur les délais en années pour avoir un retour sur un texte (ou, plus souvent, ne pas en avoir).

    Concernant la cause de l'insuccès de l'art libre, je pense qu'il y a un manque de besoin perçu. Il est difficile d'expliquer en quoi un livre est meilleur qu'un autre livre sur un critère autre que la qualité du texte. Et je ne suis pas convaincu que les personnes utilisant des logiciels libres le fassent souvent pour cette raison (Firefox vs Internet Explorer se jouait surtout sur le fait que tel ou tel site s'affichait bien ou non).

    Certaines banques en ligne proposent des comptes professionnels gratuits, par exemple celle dont le nom commence par Bourso (mais c'est récent).

    Comme tu attaches de l'importance à l'orthographe : le féminin de décrépit (adjectif) est décrépite ; sans t c'est le participe passé.

    Et (attention, sujet explosif) je suis entièrement d'accord sur la pertinence d'une simplification de l'orthographe, à la façon des Linguistes Atterrées.

    • [^] # Re: plop

      Posté par  (site web personnel) . Évalué à 4 (+1/-0).

      Comme tu attaches de l'importance à l'orthographe : le féminin de décrépit (adjectif) est décrépite ; sans t c'est le participe passé.

      Corrigé, merci. Moi je m'interrogeais sur le double cité (doublon ? Ponctuation manquante ? Effet de style ?)

      • [^] # Re: plop

        Posté par  . Évalué à 1 (+1/-0).

        Oh purée, j'ai vu la mouche et raté l'éléphant : c'est tout moi, ça. Je ne vois pas comment le double "cité" peut être voulu dans ce contexte.

      • [^] # Re: plop

        Posté par  (site web personnel) . Évalué à 3 (+1/-0).

        si tu vas par là, il y a
        s/envoie/envoi/
        s/interconnection/interconnexion/

        bon, je laisse de côté l'orthographe1 pré-post 1990 sur chaîne, plaît…

        Qui dit que l'écriture n'est pas collaborative par nature ? (de l'importance d'une licence libre pour faciliter distribution et contribution aux mêmes conditions)


        1. parce que l'orthographe pré-post 1990 a une approche ambigüe, je choisis généralement ce qui me parait logique ;-) (et qui devrait au besoin être ajouté au dictionnaire de Firefox et LinuxFr.org pour ne pas être souligné en rouge :D) 

    • [^] # Re: plop

      Posté par  (site web personnel, Mastodon) . Évalué à 4 (+2/-0). Dernière modification le 06 août 2026 à 10:21.

      Merci pour ton commentaire !

      c'est énormément de boulot et souvent peu de ventes. Raison pour laquelle beaucoup de petites maisons d'édition ne durent pas longtemps, donc je te souhaite que ton entreprise soit pérenne.

      C’est vrai, et c’est un gros problème, y compris pour les auteur·ices qui ont bossé des mois (voire des années) sur un bouquin qui se retrouve d’un coup plus édité, plus éditable, et dont les droits ne sont jamais payés. Pire, en admettant que l’auteur·ice arrive à récupérer ses droits (ça peut prendre longtemps), si le livre était déjà arrivé en rayon, personne d’autre ne va accepter de le publier, en considérant que le gros des ventes a déjà été fait.

      Les autres fournisseurs ont aussi le problème, mais ont souvent des partenaires davantage diversifiés.

      Les avantages que j’ai ici, c’est :

      • Je ne dois pas vivre de l’édition ; donc au pire j’arrête de publier de nouveaux textes et les textes en place restent disponibles. En fait, tant que je m’amuse et que je ne perds pas (trop) d’argent (idéalement, je rentre dans mes frais), je continue.
      • Surtout qu’avec l’impression à la demande, je n’ai pas de stocks à financer.
      • Si jamais je ferme quand même, les ouvrages sont libres donc toujours disponibles légalement.

      Ouvrir le robinet à tapuscrits est courageux. De nombreuses personnes écrivent, souvent mal (mais ne veulent pas l'entendre), et lire leurs textes est long et pas forcément intéressant. On ne manque pas d'anecdotes sur les délais en années pour avoir un retour sur un texte (ou, plus souvent, ne pas en avoir).

      Pour l’instant, ça va :)

      Blague à part : c’est la raison derrière la procédure inhabituelle de soumission que j’utilise, laquelle est repiquée du monde de la BD ; et j’avoue ne jamais avoir compris pourquoi depuis si longtemps les maisons d’éditions acceptent des manuscrits complets, étant donné qu’ils ne seront jamais publiés en l’état et vont demander un gros travail, eh bien, d’édition. Ça continue à entretenir le mythe qu’on écrit un livre, qu’on le soumet à un éditeur, et que celui-ci le publie moyennant des « petites » corrections, comme l’orthographe et la grammaire. Du coup des gens écrivent ce qui est de fait un premier jet, l’envoient en édition, et ne comprennent pas les refus et non-réponses.

      À l’époque où l’envoi se faisait en papier et les manuscrits étaient retournés, des petits malins mettaient un point de colle entre deux pages quelque part au milieu du manuscrit pour savoir s’il avait été entièrement lu (la plupart du temps, non) ; une éditrice d’un grand groupe expliquait que non seulement c’est grillé, mais en plus pour la plupart des envois, le point de colle aurait pu être entre les pages 4 et 5 sans être atteint.

      L’intérêt du dossier est double :

      • Pour l’auteur·ice, le dossier oblige à prendre un peu de recul sur le texte et à le formaliser ; si le texte est maitrisé, c’est très rapide à faire ; s’il ne l’est pas, ça permet de se rendre compte d’éventuels problèmes.
      • Pour l’éditeur·ice, ça permet d’éliminer les gens qui ne savent pas lire des instructions, et d’avoir très vite une idée de où le texte veut aller et comment, ce qui pour moi est prioritaire sur le style.

      On imagine mal la volonté qu’ont certaines personnes à (faire) publier un livre.

      Et, alors qu’objectivement il n’y a pas d’argent à se faire dans le domaine, on trouve plein de vendeurs de pelles : des gens qui ne sont ni auteurs ni éditeurs, mais qui vont vendre – parfois très cher – des formations & cie pour « améliorer son texte », comme des « bêta-lectures professionnelles ». C’est ainsi qu’on voit des personnes très satisfaites des « excellents conseils » qu’elles ont eu pour près de 1000 €, conseils qui s’avèrent au mieux être des trivialités ; au pire des conseils directement pris du monde anglo-saxon mais inapplicable en francophonie (au point où je suppose une relecture par IA…), voire des hypercorrections directement tirées du site de l’Académie Française.

      On trouve aussi des cas d’« auto-édition premium » où des gens ont investi des milliers d’euros (voire près de 10 000 €) dans un stock de bouquins auto-édités avec bêta-lecture pro, correction pro, couverture pro, maquette pro, impression luxe avec moult fioritures (dont l’indispensable jaspage – les motifs sur tranche – très à la mode)… et découvrent que le stock de plusieurs centaines d’exemplaires qui trône sur une palette dans un garage ne pourra jamais rentabiliser les frais et que, pire, n’a aucune chance se s’écouler un jour. (C’est triste pour les sommes perdues, mais j’ai infiniment plus de respects pour ces gens que pour ceux qui font tout faire par IA).

      Bref, y’a pas d’argent à se faire en écrivant, éditant et vendant des bouquins ; mais y’en a pas mal à profiter des auteur·ices en mal de publication. Faites super gaffe à ce que vous achetez : normalement, c’est l’éditeur qui vous paie pour écrire, corriger et publier un livre, pas l’inverse.

      Il est difficile d'expliquer en quoi un livre est meilleur qu'un autre livre sur un critère autre que la qualité du texte. Et je ne suis pas convaincu que les personnes utilisant des logiciels libres le fassent souvent pour cette raison.

      Je suis assez d’accord avec la seconde partie : je ne suis pas convaincu que les gens se mettent au libre grâce à la qualité. Ce qui intéresse dans le logiciel libre – en particulier son utilisation massive en entreprise – c’est plutôt sa gratuité.

      Certaines banques en ligne proposent des comptes professionnels gratuits, par exemple celle dont le nom commence par Bourso (mais c'est récent).

      Exact, ça a changé entre le moment où j’ai pris mon compte et maintenant.

      Comme tu attaches de l'importance à l'orthographe : le féminin de décrépit (adjectif) est décrépite ; sans t c'est le participe passé.

      Faudrait que je confirme avec Lisa, mais de mémoire c’est un jeu volontaire sur les deux version de « décrépi » et « décrépit » – et là de but en blanc je ne sais plus lequel on avait décidé de garder ici. Sachant qu’on a beau relire un texte des tas de fois, y’a toujours des erreurs qui traînent.

      Par contre le double « cité » est clairement une erreur !

      Littératures de l’imaginaire, libres, pour tout le monde : https://renardspatial.com/ | La connaissance libre : https://zestedesavoir.com

      • [^] # Re: plop

        Posté par  . Évalué à 1 (+1/-0).

        Une maison peut être "décrépie" si quelqu'un en a enlevé le crépi, mais j'avoue ne pas bien voir ce que ça donne pour une cité.

        • [^] # Re: plop

          Posté par  (site web personnel, Mastodon) . Évalué à 2 (+1/-1).

          La même chose, mais à l’échelle de la cité : y’a plus de crépi sur les murs.

          Littératures de l’imaginaire, libres, pour tout le monde : https://renardspatial.com/ | La connaissance libre : https://zestedesavoir.com

        • [^] # Re: plop

          Posté par  (site web personnel) . Évalué à 2 (+0/-1).

          L'ensemble des bâtiments pourrait être décrépi (cité à l'abandon, ou ancienne et non rénovée, ou découverte que le crépi nuit à l'évacuation de l'eau/la chaleur/les ondes wifi/les entités surnaturelles).

      • [^] # Re: plop

        Posté par  (site web personnel) . Évalué à 6 (+4/-0).

        Et, alors qu’objectivement il n’y a pas d’argent à se faire dans le domaine, on trouve plein de vendeurs de pelles : des gens qui ne sont ni auteurs ni éditeurs, mais qui vont vendre – parfois très cher – des formations & cie pour « améliorer son texte », comme des « bêta-lectures professionnelles ». C’est ainsi qu’on voit des personnes très satisfaites des « excellents conseils » qu’elles ont eu pour près de 1000 €, conseils qui s’avèrent au mieux être des trivialités ; au pire des conseils directement pris du monde anglo-saxon mais inapplicable en francophonie (au point où je suppose une relecture par IA…), voire des hypercorrections directement tirées du site de l’Académie Française.

        Sur ce point, je ne sais pas trop.

        Alors, oui, de base : il y a souvent un aspect "arnaque" parce que ce n'est certainement pas en passant par une formation de ce genre qu'on va ensuite vendre son texte, ou même arriver à le faire publier. Et que l'argent investi là-dedans n'a aucune chance d'offrir un retour. Maintenant, c'est un peu comme de prendre des cours de cuisine (ou dans n'importe quelle discipline) : si le but est uniquement par rapport à soi-même, qu'on a les moyens, ben… pourquoi pas ? Parce qu'on peut réellement apprendre aussi. Écrire, c'est comme tout : ça s'apprend. Et que certains se fassent rémunérer pour l'apprendre aux autres, pourquoi pas. C'est accessoirement l'une des sources de revenu réelle d'auteurs publiés.

        Il y a par chez moi un auteur charmant, qui a publié des textes magnifiques au cours de sa longue carrière. Les livres eux-même ne lui ont jamais rapporté grand chose, et même s'il est considéré comme une célébrité (localement et dans son domaine d'écriture), il se moque lui-même avec beaucoup de grâce du côté ridicule de ses plus gros tirages. Ce monsieur a pu écrire parce que son activité professionnelle lui laissait le temps de le faire. Il complète sa retraite en organisant des ateliers d'écriture. Ça ne me gêne pas de le payer pour ça : ce travail en groupe me fait explorer des choses que je n'aurais pas fait sans ça, et ses retours me font voir des choses dans mes textes dont je n'avais pas conscience. On n'est clairement pas dans l'arnaque, c'est plus un échange de bons procédés : je suis prête à trouver cet argent sur mon budget pour passer une bonne après-midi une fois par mois et me motiver à écrire ensuite.

        Dans un autre genre, il y a quelques mois j'ai enfin abouti assez un de mes projets pour me dire "hey, je vais le soummettre à une critique pro". Bon, j'ai pas payé, mais vu le retour, franchement, ça l'aurait mérité. La personne (professionnelle de l'écriture) a pris de son temps pour lire ma novella, pour noter tous les points à améliorer, pour questionner certains de mes choix (histoire de vérifier si c'était des vrais choix ou des angles morts), pour relever ce qui était bon aussi. C'était extrêmement difficile pour moi d'oser me soumettre à cette critique mais ça a aussi été assez génial, finalement. Et si tous les auteurs avaient des retours aussi pointus sur le texte, ce serait sans doute bien (je me suis fardée une série de très mauvais livres dernièrement : je ne comprends même pas qu'un éditeur pro aie osé les publier en l'état…). Je sais bien que ma novella ne me rapportera jamais un seul rond, que je n'ai pas les moyens de payer un travail comme ça, mais pourtant, en soit, tout cela mériterait une vraie rémunération…

        Tout ça pour dire : le business autour du fantasme de "devenir un écrivain riche et célèbre" existe et est problématique, mais je ne jetterais pas "tout" pour autant, il y a aussi des services réellement intéressant. Le souci est d'être au clair sur ce qu'on recherche et sur la différence entre fantasme et réalité.

        • [^] # Re: plop

          Posté par  (site web personnel, Mastodon) . Évalué à 2 (+0/-0). Dernière modification le 06 août 2026 à 22:07.

          Je me rends compte que j’ai pas été assez clair sur un point : proposer de la formation, des ateliers d’écriture, de la relecture pro, etc. : oui ! Je suis 100 % pour !

          Ce qui m’énerve, c’est quand c’est planqué dans des « conseils » et surtout derrière des « promesses » voire une « garantie » qui ne peut mener qu’à de la déception (et un trou dans le compte en banque). Et c’est quelque chose que je vois beaucoup trop sur les réseaux.

          Littératures de l’imaginaire, libres, pour tout le monde : https://renardspatial.com/ | La connaissance libre : https://zestedesavoir.com

    • [^] # Re: plop

      Posté par  . Évalué à -3 (+1/-4).

      L'association Érofa (Études pour une Rationalisation de l’Orthographe Française d’Aujourd’hui) a, à mon avis, les propositions de réforme de l'orthographe les plus abouties :

      1) Les consonnes doubles sont simplifiées

      sonner → soner
      appelle → apèle
      accord → acord

      Inchangés :
      poisson, accident, bille, ennui

      2) Les X muets en fin de mots sont transformés en S

      hiboux → hibous
      choix → chois (comme choisir)

      Inchangés :
      dix, fax, silex

      3) Les groupes de lettres d'origine grecque ou similaire sont remplacés (ph, th, y, etc.)

      chorégraphie → corégrafie
      hypothèse → ipotèse
      œuvre → euvre

      Inchangés :
      hache, ahuri, pays, babyfoot

      4) Le participe passé est accordé avec être, pas avec avoir

      Actuellement : J'ai mangé la pomme. Je l'ai mangée.
      Proposé : J'ai mangé la pomme. Je l'ai mangé.

      Actuellement : Elle est venue et s'est lavé les cheveux.
      Proposé : Elle est venue et s'est lavée les cheveux.

      • [^] # Re: plop

        Posté par  . Évalué à 1 (+1/-0).

        Certains changements ne vont pas de soi, je pense par exemple à "cœur" qui devient "queur" : la forme du mot change complètement. À la limite, "keur" est peut-être moins surprenant (pour moi).

      • [^] # Re: plop

        Posté par  (site web personnel, Mastodon) . Évalué à 4 (+2/-0).

        Il y a pas mal de propositions d’orthographes alternatives, qui vont du « devrait être accepté avec un peu de pédagogie si on arrive à crier plus fort que les réactionnaires parce que ça change vraiment à la marge » à « OK c’est plus simple mais ça impose un changement énorme ». Les linguistes atterrés font régulièrement des interventions sur le sujet (dont des « dicteries » et des concours de nouvelles en orthographes alternatives).

        Mais le vrai problème source, c’est qu’en France on a un rapport hyper malsain à l’orthographe. C’est un outil de discrimination sociale, et voulu comme tel, depuis la IIIème République. C’en est au point où sur Internet on reproche leur orthographe aux nauséabonds plutôt que leurs propos ; et où le Muséum d’Histoire Naturelle fait des dictées de la fête de la science – expliquez-moi le rapport avec la science et surtout comment ce genre d’imbécillité va donner envie aux gamins de faire de la science. La situation ne s’est pas améliorée ces dernières décennies, puisque la fameuse réforme de 1990 (qui a maintenant 36 ans !) était à l’époque soutenue par l’Académie Française.

        Et tant qu’on aura pas réussi à ce débarrasser de cette déification de l’orthographe – qui, je le rappelle n’est qu’une norme arbitraire, donc que l’on peut changer, et qui n’a rien à voir avec la qualité de l’expression –, il sera impossible de faire la moindre réforme orthographique sérieuse dans ce pays.

        Littératures de l’imaginaire, libres, pour tout le monde : https://renardspatial.com/ | La connaissance libre : https://zestedesavoir.com

  • # Textes libres et livres libres

    Posté par  (site web personnel) . Évalué à 3 (+2/-0).

    Merci pour cette belle initiative et pour le partage.

    Si tu souhaites réfléchir à rendre libre non seulement les textes que tu publies mais aussi les livres eux-mêmes (leurs mise en pages, leurs couvertures), tu pourrais trouver des idées en regardant ce que font les éditions abrüpt. Voir par exemple ce texte de Joachim Séné, disponible en librairie mais aussi téléchargeable en pdf et disposant de son propre dépôt git permettant de reproduire le livre chez soi.

    Je vois une autre sorte d’avantage de la littérature sous licence libre, que tu ne cites pas mais à laquelle tu penses peut-être : les licences libres permettent que les textes continuent de pouvoir être diffusés légalement après la disparition de la maison d’édition ou après la mort de l’auteur (et non de devoir attendre soixante-dix ans après cette mort). Ce n’est pas un effet immédiat, mais qui me semble très important.

    • [^] # Re: Textes libres et livres libres

      Posté par  (site web personnel) . Évalué à 4 (+2/-0).

      il y a aussi la possibilité de traduction, diffusion sous d'autres formats comme l'a montré l'initiative autour de Ada et Zangemann

      • pour le texte
      • pour les illustrations : textes à traduire bien sûr et au besoin adaptation du contenu des images et déclinaisons : livre à colorier, auto-collants…
      • amélioration accessibilité, livre audio au besoin
      • bientôt le flim !?

      cf. https://linuxfr.org/tags/ada_et_zangemann/public pour les différents journaux et dépêches en parlant.

      • [^] # Re: Textes libres et livres libres

        Posté par  (site web personnel, Mastodon) . Évalué à 3 (+1/-0).

        Pour rendre les livres eux-mêmes libres (dans le sens où je fournis aussi les « formules » pour les créer), il faut que je regarde comment je peux faire sans y passer trop de temps, surtout.

        Attention, la plupart des œuvres de chez abrüpt sont sous CC -NC (avec une justification politique très cohérente), donc sous licence de libre diffusion mais non libre.

        Pour les avantages du libre, ça fait partie des choses que j’ai sabrées d’une dépêche qui serait passée de « très longue » à « trop longue » ; je confirme que j’ai les avantages que tu donnes, ainsi que ceux cités par BAud juste au-dessus en tête. J’en parle un peu dans cette réponse.

        D’ailleurs ça clarifie le cas des droits voisins (adaptation, traduction…) qui sont souvent sous contrat de l’éditeur, mais dont l’éditeur fait rarement quoi que ce soit.

        Littératures de l’imaginaire, libres, pour tout le monde : https://renardspatial.com/ | La connaissance libre : https://zestedesavoir.com

        • [^] # Re: Textes libres et livres libres

          Posté par  (site web personnel) . Évalué à 2 (+1/-0).

          Oui, la plupart des textes publiés par Abrüpt sont publiés sous licence CC-BY-NC-SA 4., à l’exception de certains textes sous licence CC0 pour les auteurs qui le demandent :

          Et pour les quelques autrices et auteurs qui ont l’extravagance de vouloir s’égarer de leur vivant dans le domaine public, qui n’en ont que faire des agitations de quelconques margoulins, qui vivent hallucinés en parallèle du monde, qui glorifient le partage et la dérive, nous louons leur geste sacrificiel et les accompagnons joyeux en leurs facéties, car nous souhaitons secrètement la généralisation du domaine public à toute notre société. En somme, il y aura là d’autres absconses appellations, plus simples cette fois, CC0 — entendre ici Creative Commons Zero, le domaine public souhaitent.

          https://abrupt.cc/partage/

  • # Dépôt en librairie ?

    Posté par  . Évalué à 4 (+2/-0).

    Merci beaucoup pour ce retour d'expérience. J'ai trouvé le livre sur la plateforme Chez mon libraire, du coup je l'ai commandé à ma librairie préférée. J'aime beaucoup le format novella bien en vogue (tant mieux) depuis la création de la collection "Une heure lumière" du Belial'.

    En tant que président d'une librairie coopérative, je sais que nos libraires sont souvent sollicitées pour des dépôts. Est-ce que tu as envisagé cette option ?

    Question subsidiaire : est-ce qu'une subtilité m'a échappé qui expliquerait pourquoi le mot "cité" est dupliqué sur la 4e de couverture ?

    Encore merci pour ce témoignage.

  • # Un retour

    Posté par  (site web personnel) . Évalué à 4 (+2/-0).

    Une longue dépêche appelle un long commentaire… Je suis partie dans tous les sens, il y a trop de choses intéressantes !

    Le second, c’est que mis à part quelques exceptions comme le cinéma, beaucoup d’arts sont profondément solitaires ou se pratiquent en tout petit comité, là où le développement logiciel est généralement un travail d’équipe. Les notions de partage, d’amélioration mutuelle sont beaucoup plus fréquents dans le développement logiciel que dans l’art.

    Ça, je trouve que c'est plus une image qu'une réalité. Oui, on peut faire de l'art en solitaire, façon "arts créatifs", mais si on envisage d'arriver à des œuvres réellement abouties, c'est pas gagné en restant seul.

    En tant qu'artiste, on a besoin d'apprendre notre art et quelques que soit les titres que prennent les professeurs, il y a forcément formation, et celle sans retour (via les bouquins, les tutos vidéo etc) trouve vite ses limites. On a besoin de retours critiques professionnels (parce qu'il y a une sacré différence entre l'amie qui n'y connaît rien et qui n'a pas envie de nous freiner dans notre élan et la pro qui va pointer chaque point faible au regard de l'art). On a besoin de gens qui nous poussent à surmonter nos défauts (qu'il s'agisse de la flemme, du perfectionnisme, de l'ego trop grand ou trop faible…). On a besoin, enfin et surtout, de gens qui croient en nous et qui vont nous "vendre".

    En fait, dès qu'on sort du hobby du dimanche, on se confronte nécessairement à cette nécessité (pas toujours évidente!) de devoir travailler avec plusieurs acteurs. Et c'est d'ailleurs ce que tu fais en devenant éditeur, tu parle d'ailleurs toi-même de la "chaine du livre", qui, quand elle n'existe pas, conduit les manuscrits à juste dormir dans un coin sans que personne ne les lisent (et souvent sans qu'ils ne deviennent aboutis).

    Sur les couvertures : je suis totalement d'accord avec ta réflexion. Mieux vaut une couverture sobre et qui s'identifie bien de loin, car c'est plus que secondaire dans l'achat du bouquin. Il y a quelques illustrations qui m'ont fait rêver, il y en a aussi un paquet que j'ai trouvé très décevantes par rapport au contenu du livre ; et surtout il y a des livres où juste à la tranche, je sais quelle collection c'est, ce qui aide dans les flâneries chez les bouquinistes. Par contre "sobre" ne dispense peut-être pas de se passer de travailler sur le modèle avec un pro, histoire de trouver les bons accords de couleur, police, placement, et que cette sobriété soit au service du storytelling de ta maison d'édition. Pour avoir assisté un ami sur un projet similaire, je crois qu'on sous-estime grandement la difficulté à faire du "bon" sobre. Est-ce que j'arrive à faire une critique constructive de ton design ? Pas vraiment, je trouve que globalement l'idée est bonne, mais il y a un truc qui me chatouille sans que je mette le doigt dessus. Peut-être que c'est trop saturé ? Mais… bah, ça marche, et c'est le principal : il est certain que ça se démarquera dans un linéaire.

    Concrètement, c’est un·e auteur·ice qui écrit pour le plaisir, en loisir, et donc n’a pas besoin de ce revenu pour vivre. Je vais être très clair sur un point : je paie mes auteur·ices, et il n’a jamais été question de ne pas le faire. Simplement, je ne peux pas me permettre d’avance sur droits ni promettre des ventes faramineuses, cf. le point précédent.

    Je te rassure sur ce point : tu fais bien plus que beaucoup d'éditeurs professionnels. Je vis dans un milieu d'écrivains, il y en a plusieurs dans ma famille, dans mes proches, certains ayant publiés des livres de référence dans leur domaine, ou ayant réussi à vendre assez pour faire quelques rééditions. J'ai donc des retours sur diverses maisons d'éditions, petites et grandes, et… celles qui sont honnêtes sont l'exception. La règle est de ne pas payer les auteurs avec autre chose que des promesses, et de leur filer des cacahuètes à la limite. Au final, quand on gratte un peu, celles et ceux qui peuvent passer leur journées à écrire bénéficient en général de ressources en dehors de leur écriture, et c'est particulièrement vrai depuis une vingtaine d'année, la situation des écrivains (au moins en France) n'ayant cessé de se dégrader… Ce n'est pas pour rien que le Droit du serf avait été créé :/
    Les auteurs s'épuisent dans ces luttes qui n'aboutissent pas, parce qu'au final il y aura toujours assez de gens qui accepteront les conditions toujours plus injurieuses imposées par la chaîne du livre. Et que les vendeurs de papier n'ont besoin que d'une star/un politicien qui va mettre son nom sur une couverture pour faire de la thune (que ça se vende/lise n'étant pas leur problème, pour le coup), ce qui se trouve toujours assez facilement.
    Donc tout ça pour dire : merci beaucoup d'essayer de faire les choses bien :)

    Pour ton site web, vu mes propres capacités en design, je ne m'aventurerais pas trop loin. Il a le grand avantage d'être lisible, ce qui, je dois l'avouer, est bien plus que pas mal de sites d'éditeurs… C'est sobre, perso j'aime bien ; peut-être que cela gagnerait un peu de "fun" à utiliser des décos façons "vieux journaux" sur tes lignes horizontales (il y a des choses sympas dans les "frames" des svg du genre openclipart). Ou, pour rester plus raccord avec le logo, quelques éléments en pixel art.
    Sur grand écran, le multicolonne est un peu lourd à lire.

    Concernant la chaîne éditoriale elle-même, as-tu jeté un œil aux outils mis en place par Des Livres En Commun (anciennement Framabook) ? https://framagit.org/framabook
    L'objectif était justement de créer des livres "propres", que ce soit côté typographie, accessibilité, respect des standards epub. Et si jamais, je suis assez certaine que les auteurs du système répondent aux questions ;)

    Par curiosité, sur l'impression à la demande, tu es passé par qui finalement ? C'est hélas en effet un peu la seule solution tenable quand il y a des petits volumes. Ce n'est pas déconnant, par ailleurs : on évite d'imprimer un stock qui reste sur les bras.

    Pour la diffusion/distribution, je ne peux pas dire que c'est une mafia, ce serait de la médisance (ou un autre truc puni par la loi). Je ne le dis donc pas, hein. Mais c'est le point qui, bizarrement, met dans la panade nombre de maisons d'éditions, là où certains acteurs ont ce qui pourrait ressembler à une sorte de monopole. Il y a plein de supers bouquins qui ne trouvent jamais le chemin des librairies et des lecteurs, pour des raisons très intéressantes à décortiquer, mais qui n'ont rien à voir avec la qualité et la compétence des divers acteurs de la chaîne. Si tu arrive à trouver comment vendre suffisamment, je serais super intéressée de lire ça. Pour le moment, les seuls exemples "réussis" que j'ai en tête (sur les éditeurs indépendants) avaient des méthodes de ventes pas évidentes à reproduire et surtout des gens d'une force marketing et d'une énergie assez impressionnante. Les success story sont toujours chouettes à lire et j'espère que ça sera ton cas. Mais je dois avouer que j'ai aussi entendu un paquet de fail story (qui sont quand même moins partagées publiquement, étrangement). Après, tant que le but n'est pas de générer un revenu à tout prix et que vous ne perdez pas d'argent… au moins, il y a des livres libres publiés et ça, c'est cool !

    Sur les licences libres : pour moi, en art, c'est finalement aussi la meilleure façon de ne pas se faire déposséder de sa propre œuvre. Le "droit d'auteur" est un abus de langage et ne protège pas vraiment les auteurs, il y a même plutôt tout un arsenal pour les enchaîner. Il y a tellement d'auteurs qui ne peuvent plus publier leur œuvre, parce que l'éditeur a un exemplaire en stock dans le fond d'un entrepôt et un contrat signé avec du sang qui interdit au créateur d'aller voir ailleurs… Au moins, quand on a publié sous licence libre, on se garde le droit de se forker soit-même, de se diffuser autrement. Ça me semble plus sain, comme base. Il y a peu de raison de multiplier les partenaires si tout va bien, mais c'est bien de pouvoir se tirer simplement quand ça va mal.

    J'aime beaucoup ta proposition de soumission de texte ! C'est plus poche de la logique des agents (méthode anglo-saxonne), qui est vraiment pertinente. Mais du coup, tu as accompagné ton autrice sur son texte depuis ce "départ", ou elle avait déjà son premier jet quand tu as commencé à travailler avec elle ?

    Bravo pour ton projet et le boulot accompli, et merci pour le partage.

    • [^] # Re: Un retour

      Posté par  . Évalué à 2 (+0/-0).

      Je suis obligée de réagir à cette affirmations ;-)

      La règle est de ne pas payer les auteurs avec autre chose que des promesses,

      Les vrais éditeurs font signer un contrat d'édition avec un pourcentage et éventuellement une avance sur ventes.
      S'il n'y a pas de contrat c'est de l'auto-édition et spacefox en a parfaitement décrit les travers.

      Oui la plupart des auteurs ne vivent pas de leur écriture et si cela semble de plus en plus difficile c'est aussi parce que la lecture en général diminue alors que des centaines de romans sont publiés à chaque rentrée littéraire.

      • [^] # Re: Un retour

        Posté par  (site web personnel) . Évalué à 4 (+1/-0).

        Plus de romans publiés. Plus de bédés publiées. Plus de sujets traités (et pas forcément par les spécialistes du domaine, souvent plutôt par des journalistes, donc moins scientifique / sourcé / réflexion approfondie, mais plus vulgarisation). Plus de livres pourris (n'importe quel sauveur de monde par le jus de topinambour, les lignes karstico-mystiques ou le pouvoir du caillou dans la relaxation transcendantale du Grand marsupial sort son bouquin. Des floppées de bouquins sortent sur l'IA ou la cybersécurité ou les données ou la souveraineté numérique, par des gens dont la connaissance du sujet peut être variable (euphémisme). Bref plus de gens ont des trucs à écrire, et moins de gens pour les lire.

      • [^] # Re: Un retour

        Posté par  (site web personnel) . Évalué à 4 (+2/-0).

        Les vrais éditeurs font signer un contrat d'édition avec un pourcentage et éventuellement une avance sur ventes.

        Ho, les contrats existent. Sinon comment on s'assure qu'un écrivain n'aille pas essayer de vendre son bouquin ailleurs ?

        Par contre, les paiements ?

        Dans les excuses les plus régulières :
        - "ça faisait un trop petit montant, on vous paiera tout l'an prochain" (qui se reporte d'année en année)
        - "on n'a pas encore vérifié le total des livres vendus" (depuis deux ans ?)
        - "il y a des difficultés de trésorerie" (toujours)

        Et l'un de mes préférés :
        "Non mais la maison d'édition a des soucis, si on vous paie on est obligé de fermer". Il y a quand même des auteurs qui en sont à payer leurs éditeurs pour éviter qu'ils ferment. Si ça, c'est pas de l'arnaque. Pardon, du crowdfunding.

        Il y a aussi ceux qui convertissent le montant des droits d'auteurs en bouquins "comme ça vous pourrez les vendre vous, c'est pareil".

        J'ai aussi un de mes potes dont l'éditeur a été racheté par un autre ; au mépris des lois, il n'en a pas été prévenu et n'a donc pas pu s'opposer au transfert de son contrat vers le nouvel éditeur. Lequel a republié ses bouquins (qui se vendent) sans l'en avertir, et sans le payer. "Ha bon, mais vous vouliez être payé ? Ça ne vous suffit pas d'être distribué ?"

        Ho et ce très grand éditeur, du genre que tout le monde connait, qui a rémunéré un ouvrage de référence en donnant une somme fixe misérable aux auteurs qui avaient écrits les articles… "Mais vous comprenez, le prestige d'être publié chez nous".

        Est-ce légal ? Non. Est-ce que les auteurs vont engager des frais de justice alors qu'ils ne savent souvent même pas à combien se montent leurs ventes et qu'ils se doutent que ça ne dépasse probablement pas 2000€/an dans le meilleur des cas ? Non. Est-ce que les éditeurs se font leur trésorerie sur le dos de leurs auteurs les plus dociles ? oui, avec des comptes qui sont plus qu'opaque, avec des paiements qui ont parfois deux ans de retard…

        Donc, oui, la règle est de payer avec la promesse que "un jour" c'est sûr ils seront payés.

        Les éditeurs qui ne font pas cela, qui paient mois après mois, ou au moins une fois dans l'année, et exposent clairement les comptes, sont des exceptions. Il y en a. Mais ils sont rares.

        On reparle du rapport Racine ? Du scandale de la caisse de retraite des écrivains ?

        Parce qu'il y a des gens qui se font du pognon dans la chaine du livre. Si si. Donc ce n'est pas que le secteur est, en soit, si moribond. C'est surtout qu'il y a des infâmes saloupiots sans aucune morale ni éthique, qui profitent allègrement du besoin compulsif des écrivains de "se faire publier". L'excuse "mais c'est parce qu'il y a trop de livres qui sortent et pas assez de gens qui lisent", c'est l'excuse pour 1) ne pas payer les auteurs 2) ne pas faire le minimum de travail de curation en tant qu'éditeur aussi (mais sérieusement, il y a des choses qui sont publiés par certaines grosses maisons… même un LLM fait mieux… mais peu importe c'est sur le bon segment marketting, y'aura aussi assez de pigeons pour en acheter dans la collection).

        Et est-ce que je suis un peu énervée contre ce genre de personnes et leurs arguments ? C'est possible.

        • [^] # Re: Un retour

          Posté par  . Évalué à 1 (+0/-1).

          Il y a des brebis galeuses partout. Ce n'est pas parce que de mauvaises expériences t'on été rapportées qu'il faut en faire une généralité. La plupart des éditeurs se comportent correctement et paient leurs auteurs.
          Beaucoup d'auteurs vendent peu et ne rapportent rien ou presque à leur éditeur. Sils sont publiés c'est souvent grâce à quelques locomotives de la maison d'édition qui eux sont de gros vendeurs.

          • [^] # Re: Un retour

            Posté par  (site web personnel) . Évalué à 4 (+2/-0).

            Ce n'est pas parce que de mauvaises expériences t'on été rapportées qu'il faut en faire une généralité.

            10ème baromètre des relations auteurs-éditeurs

            Tu as parfaitement le droit de minimiser les chiffres. J'aurais tendance à dire que vu la façon dont certaines choses sont présentées dans ce genre de rapport, on en est plutôt encore à invisibiliser une partie des problèmes. On ne parle pas de "moins de 1%".

            Beaucoup d'auteurs vendent peu et ne rapportent rien ou presque à leur éditeur.

            1) Pourquoi un éditeur décider de publier un auteur dont le travail n'est pas vendable ? Pour favoriser la saturation du marché ? Parce qu'il est trop incompétent pour juger de la qualité d'un livre ?
            2) S'il est en réalité vendable, pourquoi ne fait-il pas son travail de promotion de façon égalitaire entre ses divers auteurs ?

            Si je compare de mon expérience les bonnes et de mauvaises maisons d'éditions : dans les bonnes, chaque livre finalement imprimé sera défendu de la même façon, et les déséquilibres entre les ventes ne sont pas immenses. Il y a des flop et des tops, mais c'est équilibré. Dans les mauvaises maisons, tous les efforts sont mis sur "l'auteur qui rapporte", les autres servant à justifier d'un peu de volume, à se donner bonne conscience, à "sur un malentendu, on ne sais pas", et autres raisonnements que je ne suis pas capable de comprendre, mais ce qui est certain, c'est qu'il y a une différence de traitement a priori, avant même qu'un livre soit sur le marché, faisant que tout le monde n'aura pas les mêmes chances. C'est étrangement souvent ces dernières qui rechignent aussi à payer 100€ de droit d'auteur par an à leurs "petits" pour les raisons pré-citées.

            Après, je ne sais pas pourquoi je discute. Il y a tout ce qu'il faut de rapports et d'études montrant l'état catastrophique de la création littéraire en France, il y a des rapports officiels qui pointent tout ce qui ne va pas ; que ce soit confirmé par ce que me racontent mes proches est absolument secondaire, mon témoignage a évidement bien moins de poids que ces rapports et je ne prétends rien d'autre, mon seul objectif initialement étant de saluer le fait que SpaceFox, lui, fait le choix de bien faire, et qu'il n'y a pas à minimiser son choix, bien plus honorable que ce que d'autres font dans la profession.

            Les problèmes sont identifiés, les causes clarifiées, et le souci ne va pas se régler dans une discussion sur linuxfr. Mais vu que ça touche des gens que j'aime et que j'apprécie, qui sont pour la plupart réellement talentueux, je vois un peu rouge quand on utilise des sophismes douteux pour minimiser le fait qu'ils se font exploités voir escroqués. Et je ne comprends vraiment pas ton intérêt à dire que ce n'est pas grave que nombre d'auteurs subissent cela, de les réduire à un chiffre négligeable.

            • [^] # Re: Un retour

              Posté par  . Évalué à 1 (+0/-1).

              Et je ne comprends vraiment pas ton intérêt à dire que ce n'est pas grave que nombre d'auteurs subissent cela, de les réduire à un chiffre négligeable.

              Je n'ai jamais écrit cela. Je ne minimise rien. Je dis simplement qu'il faut tenir des propos plus nuancés que « tous des pourris qui se gavent et ne paient pas leur auteurs ».

              Pourquoi un éditeur décider de publier un auteur dont le travail n'est pas vendable ? Pour favoriser la saturation du marché ? Parce qu'il est trop incompétent pour juger de la qualité d'un livre ?

              Tout simplement parce que l'éditeur a reconnu un texte de qualité qui mérite d'être publié même s'il sait que ce n'est pas forcément ce qui se vend le mieux. Et contrairement à ce que tu affirmes, un bon éditeur mettra tout en œuvre pour promouvoir ce livre.

      • [^] # Re: Un retour

        Posté par  (site web personnel, Mastodon) . Évalué à 2 (+0/-0). Dernière modification le 06 août 2026 à 22:03.

        En réalité c’est un peu plus compliqué que ça :

        Déjà, un gros éditeur qui ne fait pas une avance sur droits, c’est naze. Il faut savoir que pour beaucoup d’auteurs, les droits ne remboursent jamais ladite avance, qui pourtant est de plus en plus étriquée (quand elle existe encore). Quant à ceux qui demandent le remboursement de l’avance si les ventes ne sont pas au rendez-vous, ils méritent juste de couler.

        Ensuite et surtout, même lorsqu’il y a contrat et droits à verser, trop d’auteur galèrent a recevoir le suivi de leurs ventes et encore plus les paiements associés. C’est à 6 mois, un an, seulement suite à harcèlement…

        Il y a une vraie surproduction, en plus d’un pouvoir d’achat qui diminue ; et c’est clairement le point qui m’a fait le plus hésiter à me lancer.

        PS : ah ben Zatalyz a répondu mieux que moi et nos messages se sont croisés :D

        Littératures de l’imaginaire, libres, pour tout le monde : https://renardspatial.com/ | La connaissance libre : https://zestedesavoir.com

        • [^] # Re: Un retour

          Posté par  . Évalué à -1 (+0/-3). Dernière modification le 07 août 2026 à 08:07.

          Ensuite et surtout, même lorsqu’il y a contrat et droits à verser, trop d’auteur galèrent a recevoir le suivi de leurs ventes et encore plus les paiements associés. C’est à 6 mois, un an, seulement suite à harcèlement…

          Il y a certainement un problème de ce côté. Mais concernant les délais, c'est normal de ne toucher ses droits qu'une fois un certain, volume de vente réalisé.

          Il y a une vraie surproduction, en plus d’un pouvoir d’achat qui diminue

          Le pouvoir d'achat ne diminue pas, il augmente régulièrement1. C'est une rumeur qui a la vie dure. C'est sans doute un ressenti dû à des dépenses contraintes pour se loger en milieu urbain qui sont toujours plus élevées.

          • [^] # Re: Un retour

            Posté par  (site web personnel, Mastodon) . Évalué à 5 (+3/-0). Dernière modification le 07 août 2026 à 08:31.

            Mais concernant les délais, c'est normal de ne toucher ses droits qu'une fois un certain, volume de vente réalisé.

            Eh bien, non. Lorsque le contrat dit "état des ventes tous les 6 mois, paiement même échéance après remboursement de l'à-valoir", l'éditeur doit fournir ces état des ventes et le paiement correspondant (même pour 1€20, sauf accord explicite avec l'auteur) sans que l'auteur ait à courir après.

            Pour le pouvoir d'achat, on ne parle pas de la même chose. J'entends ici le pouvoir d'achat disponible pour acheter des livres (et de la culture en général) ; et son évolution depuis une poignée d'années.

            Littératures de l’imaginaire, libres, pour tout le monde : https://renardspatial.com/ | La connaissance libre : https://zestedesavoir.com

            • [^] # Re: Un retour

              Posté par  . Évalué à 0 (+0/-2).

              Si l'éditeur ne respecte ni la loi (CPI contrat d'édition), il faut le dénoncer et mettre en demeure.

              Pour le pouvoir d'achat, on ne parle pas de la même chose.

              Ah si on parle bien de la même chose. Je t'invite à aller lire les liens donnés. Le pouvoir d'achat hors dépense contraintes de logement continue d'augmenter.

    • [^] # Re: Un retour

      Posté par  (site web personnel, Mastodon) . Évalué à 4 (+2/-0).

      Ça, je trouve que c'est plus une image qu'une réalité. Oui, on peut faire de l'art en solitaire, façon "arts créatifs", mais si on envisage d'arriver à des œuvres réellement abouties, c'est pas gagné en restant seul.

      […]

      Et c'est d'ailleurs ce que tu fais en devenant éditeur, tu parle d'ailleurs toi-même de la "chaine du livre", qui, quand elle n'existe pas, conduit les manuscrits à juste dormir dans un coin sans que personne ne les lisent (et souvent sans qu'ils ne deviennent aboutis).

      En fait je suis d’accord avec tout ce passage ; là aussi c’est une nuance qui a été sabrée d’une dépêche pour en conserver une longueur et une cohérence acceptables.

      Subséquemment, il y a une précision qui n’apparait plus clairement : l’apprentissage dans l’art et la technique est toujours une activité « sociale » (plus que « d’équipe », puisque à cette étape on est plus dans une activité faite en commun sur des projets différents, qu’une équipe travaillant sur un même projet). La grosse différence que je fais, c’est que dans beaucoup d’arts, il y a de longues périodes de travail solitaire pendant la réalisation ; et que le travail en équipe concerne surtout des métiers très différents pour aboutir au produit final. Au contraire, dans le développement informatique, à moins de petits projets, c’est fréquent de travailler à plusieurs métiers identiques pendant toute la réalisation du produit.

      Concernant la chaîne éditoriale elle-même, as-tu jeté un œil aux outils mis en place par Des Livres En Commun (anciennement Framabook) ? https://framagit.org/framabook
      L'objectif était justement de créer des livres "propres", que ce soit côté typographie, accessibilité, respect des standards epub. Et si jamais, je suis assez certaine que les auteurs du système répondent aux questions ;)

      Ah non, il faut que je regarde ça, merci !

      Par curiosité, sur l'impression à la demande, tu es passé par qui finalement ? C'est hélas en effet un peu la seule solution tenable quand il y a des petits volumes. Ce n'est pas déconnant, par ailleurs : on évite d'imprimer un stock qui reste sur les bras.

      BoD - Books on Demand, qui a une offre pour les éditeurs. J’ai eu de bons retours, et honnêtement pour l’instant ça va, à un détail près : il y a eu une confusion donc au début le livre était référencé avec « BoD » comme éditeur ; ça a été corrigé, mais il reste des SI qui ne se mettent pas à jour (dont celui de Babelio). D’ailleurs je découvre qu’une bonne moitié des SI de librairies se permettent de faire n’importe quoi avec le nom d’éditeur qu’on leur communique : je vois « Éditions du Renard Spatial » (c’est correct), « Editions Du Renard Spatial » (le É a disparu mais OK), « EDITIONS DU RENARD SPATIAL » (RIP la capitalisation et le É), « Renard Spatial » ou « RENARD SPATIAL » (… pourquoi pas ?), « Renard Spatial Eds Du » (hein ?!), voire des librairies sans nom d’éditeur du tout.

      Sur le cas des diffuseurs et distributeurs : je ne me prononcerai pas pour des raisons assez évidentes. Je ne peux que conseiller qui lit ce message à se renseigner sur la faillite de Makassar, et des impacts pour les éditeurs qui passaient par cette entreprise (donc pour toute la chaine liée).

      Au moins, quand on a publié sous licence libre, on se garde le droit de se forker soit-même, de se diffuser autrement.

      En effet ; j’en ai pas parlé non plus mais beaucoup d’éditeurs ont tendance à vouloir un peu trop verrouiller les auteurs chez eux.

      Mais du coup, tu as accompagné ton autrice sur son texte depuis ce "départ", ou elle avait déjà son premier jet quand tu as commencé à travailler avec elle ?

      Ce bouquin-ci est particulier, parce qu’en fait il vient… d’un de mes textes à l’origine.

      Il y avait un évènement qui s’appelait « Les 24 heures de la nouvelle », sur le modèle des 24 heures de la bande dessinée, où le but du jeu c’était de réussir à écrire une nouvelle en 24 h sur une contrainte donnée au départ du décompte. On trouve encore le site sur archive.org, mais il a disparu en 2021. Et donc j’y avais écrit la première version de ce texte, que Lisa a lu, suite à quoi elle m’a dit qu’il y avait de bons personnages et une bonne idée, mais que le texte était étriqué et beaucoup trop nihiliste. Je lui ai dit qu’elle n’avait qu’à l’améliorer… dont acte. La version finale est beaucoup plus longue (plus du triple) et n’a plus du tout la même ambiance.

      Et c’est en écrivant ce paragraphe que je me rends compte que la première version était déjà sous licence libre, et que cette reprise est déjà un exemple de réutilisation d’œuvre libre.

      Le prochain, en cour de préparation, réutilise aussi quelques-uns de mes textes dans le même esprit.

      Littératures de l’imaginaire, libres, pour tout le monde : https://renardspatial.com/ | La connaissance libre : https://zestedesavoir.com

      • [^] # Re: Un retour

        Posté par  (site web personnel) . Évalué à 3 (+1/-0).

        Merci pour tes réponses :)

        Ce bouquin-ci est particulier, parce qu’en fait il vient… d’un de mes textes à l’origine.

        Han, mais c'est génial, une illustration de l'utilisation d'une licence libre dans le cadre d'un écrit ! Ce n'est pas très courant en effet, et je trouve ça vraiment chouette que ça se soit fait. C'est une jolie anecdote à raconter autour du livre.

        C'est un truc que je trouve très frustrant dans le cadre des fanfic : il y a des textes et des idées qui sont bonnes, mais sans licence libre, tout l'exercice est voué à rester dans l'ombre. Et pourtant, c'est plaisant de se faire reprendre ses textes, de reprendre ceux des autres, de jouer dans un cercle… C'est un autre rapport à la création, c'est certain, mais c'est une pratique qui gagne à être encouragée.

  • # Amazon et les l’impression à la demande

    Posté par  (site web personnel, Mastodon) . Évalué à 5 (+3/-0).

    Le problème de l’impression à la demande, à l’achat, c’est qu’on achète un livre qui n’existe physiquement pas encore et dont il faut attendre qu’il soit produit puis expédié. Donc c’est long (entre une semaine et 10 jours).

    Quand j’ai envoyé mon livre en production, je n’ai pas communiqué dessus tout de suite, le temps de régler un souci technique avec le nom de l’éditeur renvoyé par le système. Mais après quelques jours, j’ai eu deux commandes tirées de je ne sais où : seuls mes très proches connaissaient l’existence de ce livre, et pour eux j’ai mon tirage éditeur.

    Alors, deux personnes intriguées par le livre sur la librairie de l’imprimeur ?

    La solution au mystère s’est dévoilée quand j’ai vérifié le livre sur Amazon :

    Il ne reste plus que 2 exemplaire(s) en stock (d'autres exemplaires sont en cours d'acheminement).

    Expéditeur / Vendeur: Amazon

    Avec un délais de livraison qui implique que les bouquins soient effectivement en stock.

    Alors, est-ce que Amazon achète des exemplaires de tout ce que produit l’imprimeur pour en avoir en stock et grappiller des ventes chez les gens pressés et les aficionados d’Amazon ?

    J’ai pas de preuve.

    En attendant, ça m’arrange, hein, pour moi ça reste des ventes :)

    (Passez par vos libraires si vous en avez un sous la main, ils sont vachement plus sympa que Bezos).

    Littératures de l’imaginaire, libres, pour tout le monde : https://renardspatial.com/ | La connaissance libre : https://zestedesavoir.com

    • [^] # Re: Amazon et les l’impression à la demande

      Posté par  (site web personnel) . Évalué à 3 (+1/-0).

      Il y a effectivement une politique chez Amazon d'avoir un stock déjà dispo. Ce qui est assez logique finalement vu qu'ils promettent de livrer "vite".
      Je n'avais jamais eu de retour sur l'impression à la demande. Par contre une amie autrice de bouquins de cuisine a eu une situation un peu cocasse avec ça. Elle vend très bien, depuis des années. Elle sort un nouveau bouquin… et genre un mois plus tard, un ami lui dit "j'ai voulu commander ton livre chez mon libraire, mais impossible, il n'y a plus de stock". En réalité une part importante du stock avait été racheté par amazon et il fallait passer par la plate-forme pour se procurer son livre.
      Ça remonte à une dizaine d'année, et ça ressemble quand même à un cafouillage de l'algorythme, mais peut-être qu'amazon avait jugé, au vu des demandes précédentes, que cette quantité serait rapidement demandée.

      Amazon est assez… bizarre. Je n'ai pas très envie d'inciter les gens à passer par eux, mais je serais malhonnête de ne pas leur reconnaitre leur efficacité. Leur algo peut donner une chance à des "petits", ils paient en temps et en heure, et au final les clients, les auteurs et les éditeurs en sont contents. Les libraires, forcément, un peu moins (encore que certains mettent leur stock sur Amazon). D'un point de vue commercial, c'est un bon partenaire. D'un point de vue éthique, ça gratte pas mal. À chacun de faire son arbitrage ; je ne pense pas qu'il y aie une réponse simple.

  • # section

    Posté par  (site web personnel) . Évalué à 5 (+3/-0).

    On parle assez peu d’art libre, que ce soit sur LinuxFR.org ou ailleurs (il n’y a même pas de catégorie dédiée !) 

    je m'inscris en faux (pour la catégorie) ;-) le choix de section n'est pas donné par une quelconque description de ce qui est attendu dans chaque section, vu qu'il n'y a pas de description en tant que tel : en gros, une section est auto-descriptive par son nom et aussi par ce que l'on fourgue dedans.

    Typiquement, plutôt que la section « gni ? » dont le vrai nom est « rien à voir », il y aurait au choix :

    • « Doc » qui n'est pas forcément de la documentation, mais peut correspondre à un documentaire, un livre, cf. les contenus de cette section https://linuxfr.org/sections/doc
    • « Culture » qui n'est pas que pour la zik, mais àmha à prendre aussi au sens plus large de « culture libre » (distinct du seul logiciel libre ou connexe) cf. https://linuxfr.org/sections/culture

    perso, j'aurais choisi Culture ;-) (comme quoi choisir la section est tout un art, libre)

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