Debian, IA, vibe coding & rsync : la croisée des chemins ?

Posté par  (site web personnel) . Édité par Julien Jorge. Modéré par ted. Licence CC By‑SA.
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oct.
2026
Debian

rsync est un logiciel libre de synchronisation distante de fichiers (remote synchronisation), très utilisé et fréquemment évoqué sur LinuxFr.org. Ce logiciel a connu une polémique récente sur l’utilisation de LLM pour son développement et maintenant les versions concernées sont arrivées dans Debian, non seulement les versions futures de la distribution mais également la version courante. Et la suite de la dépêche de s’interroger sur les conséquences ou non de ce (peut-être) notable événement. Et plus largement sur le clivage autour de l’intelligence artificielle générative.

Le 20 mai 2026, la version 3.4.3 a été publiée, amenant des correctifs sécurité et des corrections de bugs. Et très vite les critiques sont arrivées (par exemple le 29 mai le bug Debian Consider reverting to pre-LLM version (considérer un retour à une version pré-LLM) ou le 30 mai un ticket GitHub Please Do Not Vibe Fuck Up This Software (quelque chose comme merci de ne pas sIAloper ce logiciel) attribuant les problèmes à l’intelligence artificielle ; ceci a entraîné une réponse du mainteneur Andrew Tridgell rsync and outrage expliquant s’être aidé de LLM pour réécrire sa suite de tests (du shell au Python). Et les régressions constatées n’étaient pas liées à l’IA au final.

Dès le 20 mai, la première version post-polémique atteignait les dépôts Debian de développement ([2026-05-20] Accepted rsync 3.4.3+ds1-2 (source) into unstable). Et en août la version 3.5 y est entrée ([2026-08-17] Accepted rsync 3.5.0+ds1-1 (source) into unstable).

En juillet et août 2026 a eu lieu un scrutin pour les personnes développant la distribution Debian sur l’usage des LLM (voir les annonces, discussions, résultats et conséquences 1, 2, 3). Le choix s’est porté sur un « usage responsable de l’IA générative ».

Le 15 septembre, le mainteneur Debian du paquet rsync a annoncé que « pour corriger 33 CVE, [il a] décidé de passer à la version 3.5.0 plutôt que de rétroporter toutes les corrections individuellement » (ce qui entraîne des changements de comportement, est annoncé à la mise à jour du paquet et a amorcé la réflexion qui a donné lieu à cette dépêche).

Verra-t-on un basculement majeur vers autre chose que rsync des réfractaires à l’IA ? Est-ce un non-événement ? Est-ce le premier de nombreux cas où des paquets embarquant des modifications faites par un LLM (sont arrivées et) arriveront dans Debian ?

D’une part, la fracture sur le sujet est palpable : ainsi le sondage StackOverflow 2025 rapportait 20% de défavorables à l’IA, 60% de favorables et 20% d’incertains/indifférents, mais avec 33% de confiance dans l’IA et 46% de défiance, et 32% d’utilisateurs de l’IA et 38% de réfractaires à l’idée. Le sondage State of Devs 2026 donne un 50/50 sur les avis positifs ou négatifs sur l’IA, sur l’effet sur l’état mental de l’IA, et classe en premier comme risques l’impact environnement, la perte d’emploi, la montée de l’IA slop, les effets cognitifs et l’usage militaire. Même le sondage State of IA 2026 est révélateur : les utilisateurs d’IA amplifient leur usage, avec de plus en plus d’agentique, tout en reconnaissant une addiction, une capacité à se faire traire financièrement (pour le dire grossièrement) et une montée des risques. Dit autrement tout en se traitant parfois qui de mormons passéistes rétrogrades qui de moutons suivistes antéchristiques (termes non contractuels), tout le monde reconnaît la complexité et la multiplicité des risques.

D’autre part, la capacité à faire autrement est assez réduite : forker une Debian en Devuan pour se passer de Systemd est « relativement » facile, on remplace un seul logiciel et les alternatives pré-existaient. Vouloir éviter d’être teinté par une GPL comme certains projets BSD reste faisable (il suffit d’une alternative à chaque logiciel GPL, et visiblement c’est plus ou moins le cas). Mais vouloir éviter tout logiciel libre ayant eu une contribution LLM est-il encore possible ? Est-on seulement capable de lister les logiciels concernés ? Et existe-t-il encore une alternative non-teintée à chacun d’entre eux ? Ne serait-ce pas aussi dur que par exemple vouloir faire du logiciel propriétaire sans jamais utiliser un seul logiciel libre quand ceux-ci sont omniprésents, en particulier dans le développement logiciel ?

Bref, est-on à une croisée des chemins ? Ou déjà bien engagé sur une route (et laquelle) ? La réponse est laissée en exercice au lectorat (moi à la base je voulais juste mettre à jour des Debian).

  • # openrsync

    Posté par  . Évalué à 5 (+4/-0).

    Ça ne répond certes pas au débat de fond sur l'inclusion de logiciels teintés à l'IA dans Debian, mais OpenBSD a sorti il y a quelques années un clone de rsync : openrsync.

    Il n'est pas (encore) inclus dans les dépôts Debian, mais pourquoi pas ?

    • [^] # Re: openrsync

      Posté par  (site web personnel) . Évalué à 7 (+4/-0). Dernière modification le 04 octobre 2026 à 11:20.

      À noter dans la réponse de Tridgell

      As to all the people saying “I’m going to package openrsync for platform XXX and we’ll use that!”. I find that rather amusing. If you do decide to go down that path I’d suggest you try the new rsync test suite on openrsync if you can stomach something that an AI has helped write. I tried it today and openrsync currently fails 85 of 98 tests, so I’m sure it won’t take you long to get it up to speed

      (Ça a pu changer depuis)

      • [^] # Re: openrsync

        Posté par  . Évalué à 9 (+8/-0). Dernière modification le 04 octobre 2026 à 12:16.

        openrsync currently fails 85 of 98 tests

        Forcément, rsync a 42 brazillions d'options (la page man fait plus de 5200 lignes…), mais qui les utilise ?

        Je pense qu'openrsync doit pouvoir le remplacer de manière transparente dans 99% des cas.

        • [^] # Re: openrsync

          Posté par  . Évalué à 5 (+2/-0).

          La surprise, ça va surtout être dans les paquets qui dépendent de rsync si on met simplement openrsync à la place.
          C'est là qu'on va découvrir qui utilise ces options exotiques…

    • [^] # Re: openrsync

      Posté par  . Évalué à 2 (+0/-0).

      Chez Arch Aur mais pas (encore) dans les dépôts de Arch officiel
      https://aur.archlinux.org/packages/openrsync-git

  • # Kernel

    Posté par  (site web personnel) . Évalué à 6 (+8/-3).

    Le kernel linux etant lui meme boosté a l'IA, l'idee même de ne pas utilser des logiciels ayant ete generés totallement ou en partie par l'IA est de plus en plus absurde, je pense.

    • [^] # Re: Kernel

      Posté par  . Évalué à 9 (+12/-3).

      Difficile, certes.
      Un gros travail, voire un travail herculéen, c'est indéniable.
      Mais absurde ? Ben non.
      Nécessaire, si on veut garder une société à peu près vivable et des conditions climatiques à peu près compatible avec la vie humaine.
      (En tout cas, ce n'est pas plus absurde que de dire dans les 80's, "il faut un OS et tout un écosystème de logiciels libres")

      • [^] # Re: Kernel

        Posté par  (site web personnel, Mastodon) . Évalué à 10 (+9/-0).

        Peut-être pas tant. L'IA n'en n'est qu'à ses balbutiements qu'elle montre déjà ses limites dans à peu près tous les domaines, économiques, sociaux, environnementaux, physiques…
        On reste pour l'instant dans l'effet de mode qui essaye péniblement de s'auto-alimenter à grand renfort de peur, signe que la promesse de retour sur investissement n'a désespérément toujours pas eu lieux.
        Commençons pas ne pas céder à cette peur ! Perdre sa liberté pour faire du libre n'aurait pas de sens.

      • [^] # Re: Kernel

        Posté par  (site web personnel) . Évalué à -2 (+2/-7).

        Nécessaire, si on veut garder une société à peu près vivable et des conditions climatiques à peu près compatible avec la vie humaine.

        ça c'est un énorme mensonge. La fin des fossiles n'implique pas la fin de l'IA, par contre elle demande la fin des voitures qui font vroom vroom, la fin des chauffages à bruleurs et l'électrification des usines.

        "La première sécurité est la liberté"

        • [^] # Re: Kernel

          Posté par  . Évalué à 10 (+11/-1).

          Pour rester dans les contraintes physiques du système terre, la fin des fossiles est nécessaire.
          tout comme la sobriété énergétique.
          l'IA (son infrastructure, son effet rebond, son impact sur les ressources en eau et en énergie, …) n'est pas compatible avec ces contraintes.
          ses effets sociaux non plus.

    • [^] # Re: Kernel

      Posté par  . Évalué à 6 (+4/-0).

      J'abonde et en chiffres ça donne ça :

      Overall, 1,111 changes in 7.2 (under 7% of the total) carried Assisted-by tags — a significant increase over the 301 seen in 7.1. The real count of LLM-assisted patches in 7.2 must surely be far higher than that, though.

      On est passé de 301 commits par IA dans la 7.1 à 1111 dans la 7.2. Et ça sans parler du code produit par IA mais commité par un humain ou des logiciels, même bas niveau, autres que le kernel.

    • [^] # Re: Kernel

      Posté par  (site web personnel, Mastodon) . Évalué à 5 (+3/-0).

      Ca tombe bien, "absurde" c'est à peu près ce que disait Tanenbaum à propos du kernel de Linus ! On aime bien ça les défis absurdes dans le monde du libre ;-)

    • [^] # Re: Kernel

      Posté par  (courriel, site web personnel) . Évalué à 6 (+4/-0).

      Linux est juste un des noyaux libres existants. Il y en a d'autres qui ont une position plus raisonnable concernant l'utilisation des LLM.

      pertinent adj. Approprié : qui se rapporte exactement à ce dont il est question.

      • [^] # Re: Kernel

        Posté par  . Évalué à 2 (+0/-1).

        Comme par exemple Hurd?

        Oui, je ------> [ ]

    • [^] # Re: Kernel

      Posté par  . Évalué à 4 (+1/-0).

      Je pense qu'on va surtout devoir décider du niveau d'usage des LLM.

      Il y a un fossé entre un énorme commit vibe-codé illisible auquel l'auteur lui-même ne bite rien et utiliser un LLM uniquement pour détecter des failles de sécurité.

      Les 2 sont "AI assisted".

  • # Debn ?

    Posté par  . Évalué à 8 (+10/-2).

    On a vraiment besoin d'une distribution (Debn ? Debian sans IA ?) et d'un mouvement du libre qui regroupe et fortifie toutes les bonnes volontés.

    A minima/au pire, ça peut forker à partir de 2023, avant l'introduction de l'IAgen.

  • # Juste un outil

    Posté par  (site web personnel) . Évalué à -3 (+12/-17). Dernière modification le 04 octobre 2026 à 14:49.

    Est-ce qu'on n'est pas juste en train de faire tout un foin d'un non-problème ?

    Tel que je vois ça, les IA sont juste un nouveau type d'outils. Ces outils peuvent faire plein de choses bien, et plein de choses mal. Ce qui fait la distinction entre les deux, comme pour tous les outils, c'est leurs utilisateurs et les façons dont ils les utilisent. On peut faire l'analogie avec un couteau à beurre : je peux tuer quelqu'un avec un couteau à beurre, pourtant l'idée ne viendrait à personne de bannir les couteaux à beurre.

    À ce stade, je ne vois même pas l'intérêt de déclarer si une IA a été utilisée pour quoi que ce soit. À la place du développeur de rsync, je ne l'aurais juste pas dit.

    Avant l'arrivée de l'IA, il y a très longtemps, en programmation classique, il a fallu plusieurs décennies pour déterminer les bonnes pratiques. Aujourd'hui encore, elles sont redébattues, ad vitam æternam, parce qu'il y a toujours quelqu'un pour ne pas être d'accord. Mais il y a des bonnes pratiques désormais fortement établies et ancrées dans les habitudes. Maintenant, avec l'arrivée de l'IA, j'ai l'impression qu'on a tout un tas de nouvelles façons de travailler qui s'offrent à nous, certaines bonnes, certaines mauvaises. Et comme pour la programmation classique, il va falloir faire le tri. Et ça, ça va demander beaucoup de temps et d'expérimentations.

    Laissons la qualité et la maintenabilité du travail parler d'elles-mêmes. Les projets qui seront encore vivants dans 10 ans serviront alors de base pour les bonnes pratiques.

    • [^] # Re: Juste un outil

      Posté par  (site web personnel) . Évalué à 8 (+7/-1).

      le couteau à beurre n'est pas avéré dangereux (pas trop en tout cas)    ;-) j'aurais plutôt parlé de scie à onglet / scie à main où l'opérateur est moins à l'abri de se couper le bras et devient dépendant à l'électricité dans un cas. Ou une tronçonneuse où tu deviens dépendant à de l'essence vs scie où il faut être deux pour être efficace si tu restes sur du manuel.

    • [^] # Re: Juste un outil

      Posté par  (site web personnel) . Évalué à 10 (+18/-1). Dernière modification le 04 octobre 2026 à 16:08.

      "Just a tool bro"

      On a déjà eu ces échanges de nombreuses fois. Tu parles de du résultat direct de l'utilisation de l'IA, mais ce qui est beaucoup critiqué c'est aussi les coûts sociétaux et environnementaux de ces systèmes.

      Sur la partie électricité par exemple, voir l'analyse du shift project : https://theshiftproject.org/publications/intelligence-artificielle-centres-de-donnees-rapport-final/

      On peut tout à fait considérer le résultat d'une IA acceptable mais son utilisation complètement déraisonnable et que tout compté, ça ne vaut pas le coup de l'utiliser / de la produire.

      Rien à voir avec un simple couteau.

      • [^] # Re: Juste un outil

        Posté par  (site web personnel) . Évalué à -1 (+2/-6).

        c'est aussi les coûts sociétaux et environnementaux de ces systèmes.

        C'est justement très fortement exagéré. On parle de passé de 1% à 4% du co2 dans les scénarios les plus délirant du shift project en 2035, qui s'est toujours planté (3G, 4G, 5G,…).

        Pour l'eau, l'ensemble des datacenters utilisent autant d'eau que 100 golfs, il y a 700 golfs en France.

        "La première sécurité est la liberté"

        • [^] # Re: Juste un outil

          Posté par  (site web personnel) . Évalué à 5 (+3/-0).

          l'ensemble des datacenters utilisent autant d'eau que 100 golfs, il y a 700 golfs en France.

          Source? Tu éclaircis dans un commentaire plus bas que ce sont les datacenters en France. Grosse nuance donc, vu qu'il ne tourne pas grand chose en France …

          • [^] # Re: Juste un outil

            Posté par  . Évalué à 6 (+5/-0).

            Je pense qu'il fait référence à cette vidéo de Numerama :
            Tout le monde se trompe sur l’eau consommée par l’IA, qui compare la conso d'eau des datacenters en France et la consommation d'eau des 700 golfs en France.

            Le commentaire de la vidéo YT cite ses sources et démonte l'affirmation souvent entendue selon laquelle l'IA boirait une bouteille d'eau par requête.

            La vidéo n'élude pas les critiques contre l'IA et elle source ses propres assertions.

            • [^] # Re: Juste un outil

              Posté par  (Mastodon) . Évalué à 8 (+5/-0).

              Vue que les datacenters français ne servent ni à l'entrainement, ni à l'utilisation des modèles LLM principalement utilisés en France et dans le monde, c'est un peu hors-sujet non?

              • [^] # Re: Juste un outil

                Posté par  . Évalué à 4 (+3/-0).

                Tu as probablement raison et j'ai totalement loupé ce point plus que faiblard dans l'argumentaire de Numerama.

                L'Arcep mesure la consommation de la flotte sur le sol français. Mais les datacenters en France, ça doit encore faire surtout du cloud traditionnel/web/mail. Même si les requêtes IA passent par des CDN pour masquer la latence, le calcul lourd des LLM est déporté là où se trouvent les méga-clusters de GPU aux USA. D'après cette carte trouvée via ce post Linkedin la capacité électrique des datacenters est de 60 GW aux USA contre à peine 2,5 GW en France : y a pas photo ! Pour les 60 GW aux USA, j'ai pu recouper avec le rapport de l'Agence Internationale de l'Énergie. Donc je vais lui faire confiance pour la France.

                Je suppose que chez nous, il doit y avoir un peu d'inférence légère pour les réponses instantanées (genre Google en mode IA) et pour l'entraînement ça doit être encore assez marginal. Y a bien Mistral AI sur Jean Zay ou Scaleway, mais cela reste certainement marginal dans les chiffres globaux actuels.

                Bref, tu dois avoir raison, la vidéo est en partie hors sujet car la prémisse du raisonnement est probablement erronée. Comparer l'impact de l'IA aux statistiques des serveurs français est une fausse équivalence car on mesure le mauvais hardware au mauvais endroit.

        • [^] # Re: Juste un outil

          Posté par  . Évalué à 7 (+8/-1).

          Pointer qu'il y a pire ailleurs, ça n'a jamais fait "gagner" un argument.
          Du reste, celleux qui militent pour une meilleure gestion de la ressource en eau se battent également pour une forte réduction des (voire un moratoire sur les) golfs.

          Les datacenters, dont la courbe des prospectives d'installations dues aux ressources dédiées à l'IAgen ne cesse de croître en se parant des atours de l'inéluctabilité, utilisent des ressources qui seraient bien plus utiles - voire nécessaires - ailleurs. Pour l'alimentation, par exemple. Voilà un truc assez nécessaire à la vie.

          • [^] # Re: Juste un outil

            Posté par  (site web personnel) . Évalué à -5 (+1/-9).

            Encore une fois c'est faux. Les surfaces concernés sont minuscules, surtout en rapport avec le montant des investissements. Le pire scénario du shift, c'est x4 sur l'IA. L'ensemble des datacenter c'est 1% du CO2 français. Alors, l'IA ne représente pas grand chose surtout par rapport à son importance économique (cela sert à payer les services publiques aussi !).

            "La première sécurité est la liberté"

            • [^] # Re: Juste un outil

              Posté par  . Évalué à 5 (+6/-1).

              Les surfaces ?
              ce n'est qu'un des enjeux.
              L'IAgen, ce n'est pas "juste un outil", c'est toute une infrastructure (comme le nucléaire, d'ailleurs).

              et on s'en contrefout de son importance économique (réelle, supposée ou contée par les vendeurs de bullshIAt).
              on veut : manger, boire, avoir des services publics pour toustes et vivre sur une planète vivable.

              • [^] # Re: Juste un outil

                Posté par  (site web personnel) . Évalué à -4 (+1/-8).

                Pourquoi se concentrer sur l'ia ? C'est vrai pour n'importe quelle activité humaine. L'IA est sans doute la plus dense.

                "La première sécurité est la liberté"

                • [^] # Re: Juste un outil

                  Posté par  . Évalué à 10 (+11/-1). Dernière modification le 06 octobre 2026 à 11:23.

                  n'importe quelle activité humaine n'est pas le fruit d'un technopôle capitaliste, dont le déploiement grève nos capacités d'apprendre, de socialiser et les conditions de vie sur terre.
                  tout ça, pour un truc dont on se passait allègrement il y a encore 3 ans.

    • [^] # Re: Juste un outil

      Posté par  . Évalué à 2 (+2/-2).

      l'IA est un gamechanger avec des impacts enormes. Vouloir comparer ça à un outil est au mieux inapproprié, au pire du lobbying.

      • [^] # Re: Juste un outil

        Posté par  (site web personnel) . Évalué à 4 (+2/-0).

        Tu comparerais l'IA à quoi ?

        • [^] # Re: Juste un outil

          Posté par  (site web personnel) . Évalué à 1 (+3/-5).

          Imprimerie, machine à vapeur, informatique, ou Internet ?

          "La première sécurité est la liberté"

          • [^] # Re: Juste un outil

            Posté par  . Évalué à 4 (+1/-0).

            Aux machines à vapeur au charbon.

            Révolutionnaire, avec de petits inconvénients qu'on réussira bien à gérer en construisant plus de machines à vapeur!

            • [^] # Re: Juste un outil

              Posté par  (site web personnel) . Évalué à 3 (+1/-0). Dernière modification le 07 octobre 2026 à 16:07.

              Je ne sais pas si ton commentaire est ironique ou pas, donc, dans le doute, je me permets d'y répondre sérieusement :

              D'après Kaplan et al., augmenter l'intelligence d'un LLM suit la loi des puissances. Ça se voit d'ailleurs sur les benchmarks : il leur faut maintenant des mois entiers d’entraînement et des datacenters gigantesques pour entraîner leurs modèles. Tout ça pour finalement gratter quelques points de pourcentage dans les benchmarks.

              Il est donc tout à fait possible qu'on soit déjà proche du potentiel maximum des LLM qu'on peut avoir, de façon raisonnablement écologique en tout cas (oui, bon, hein, je sais … 🫤). Autant dire qu'à ce stade, poursuivre la course à la taille et l'intelligence des modèles me semble écologiquement aberrant, mais c'est visiblement le chemin choisi par tous les participants … 🙁

              • [^] # Re: Juste un outil

                Posté par  . Évalué à 2 (+0/-0).

                Même en admettant qu'on soit déjà au potentiel maximal, l'IA a déjà des conséquences un peu partout (il n'y a qu'à voir LinuxFR ou la déferlante d'affiches IA. Donc la comparaison avec la machine à vapeur, vue de loin et sans trop creuser, ne me semble pas dénuée de sens : un truc méga-polluant (avec les machines à vapeur qui fonctionnaient au charbon) mais qui pourrait bien modifier la société en profondeur.

        • [^] # Re: Juste un outil

          Posté par  . Évalué à 8 (+6/-0).

          Un projet politique de société porté par les Techbros et leurs relais par exemple.

          "Si tous les cons volaient, il ferait nuit" F. Dard

          • [^] # Re: Juste un outil

            Posté par  . Évalué à -9 (+0/-10).

            Vs le projet politique de société porté par les Ecolobros et leurs relais…

            • [^] # Re: Juste un outil

              Posté par  . Évalué à 5 (+3/-0).

              autant pour les Techbros, j'ai plein des noms à balancer, mais pour les ecolobros je ne vois pas.
              Tu parles de P Pouyané peut être ?

              "Si tous les cons volaient, il ferait nuit" F. Dard

            • [^] # Re: Juste un outil

              Posté par  . Évalué à 8 (+5/-0).

              Oui le fameux lobby écolo qui arrive à lever des milliers de milliards d'un clin d'œil et a arrêter d'un coup le développement des énergies fossiles et pacifier les guerres associées tellement il est puissant et sournois.

        • [^] # Re: Juste un outil

          Posté par  (courriel, site web personnel) . Évalué à 9 (+7/-0).

          La cocaïne, le tabac, l'amiante, le plomb, l'alcool, la voiture individuelle, les CFC, les smartphones ?

          pertinent adj. Approprié : qui se rapporte exactement à ce dont il est question.

    • [^] # Re: Juste un outil

      Posté par  (Mastodon) . Évalué à 9 (+6/-0).

      Un outil qui a besoin d'une rivière et d'une centrale dédiée pour fonctionner et vu les «fonctionnalités» qu'il apporte, je dirais qu'il est très mal calibré.

      • [^] # Re: Juste un outil

        Posté par  (site web personnel) . Évalué à -4 (+3/-10).

        Encore un mensonge. L'ensemble des datacenter de France utilise moins d'eau que les golfs ! Les datacenters annoncé à 1Gw sont une catégorie de densité, ils utiliseront cette énergie si ils sont plein dans 10 ou 20 ans.

        "La première sécurité est la liberté"

        • [^] # Re: Juste un outil

          Posté par  (site web personnel) . Évalué à 7 (+5/-0).

          Oui mais le pourcentage que représente les datacenters en France dans l'IA mondiale est minime. Gemini ou ChatGPT utilisé par des français ne tourne pas en France. Regardons plutôt au niveau mondial.

          • [^] # Re: Juste un outil

            Posté par  (site web personnel) . Évalué à -5 (+0/-8).

            C'est malhonnête d'interdire en France pour des effets monde. C'est même contreproductif.

            "La première sécurité est la liberté"

            • [^] # Re: Juste un outil

              Posté par  . Évalué à 4 (+5/-1). Dernière modification le 05 octobre 2026 à 15:06.

              ah, comme pour l'énergie fossile, donc ? ou pas ?

              • [^] # Re: Juste un outil

                Posté par  (site web personnel) . Évalué à -2 (+0/-5).

                La france n'utilise pas de fossile ? C'est ça le sous entendu ?

                "La première sécurité est la liberté"

                • [^] # Re: Juste un outil

                  Posté par  . Évalué à 4 (+5/-1).

                  non, le sous-entendu c'est que vous avez l'air de vous emmêler les pinceaux dans vos arguments visant à vainement défendre l'utilisation de l'IA.

                  (ie: bien sûr qu'il faut prendre en compte l'entièreté du bilan terrestre dans la lutte contre le dérèglement climatique, et donc interdire, aussi ici en France, des technologies ou des pratiques qui viennent grèver nos possibilités de garder un écoumène vaguement habitable)

        • [^] # Re: Juste un outil

          Posté par  (Mastodon) . Évalué à 8 (+5/-0).

          En France, on refroidit surtout en mettant de grosses climatisations plutôt que d'utiliser de l'eau. Mais aux États-Unis, c'est l'inverse, et c'est là bas que sont les plus gros data centers pour faire de l'IA. Je recommande cette excellente vidéo qui parle très bien de tout ça et d'autres choses également liées à l'IA.

          Je ne sais pas qui ment dans l'histoire au final.

        • [^] # Re: Juste un outil

          Posté par  (site web personnel, Mastodon) . Évalué à 5 (+2/-0).

          Sources ?

          Je n’ai aucun avis sur systemd

    • [^] # Re: Juste un outil

      Posté par  . Évalué à 10 (+11/-3). Dernière modification le 05 octobre 2026 à 08:53.

      Le travail d’enfants aussi c’est juste un outil, faut avant tout le juger au résultat, pas aux conditions de production dudit résultat. En plus, en exerçant suffisamment les enfants, c’est promis un jour ils feront du code de meilleure qualité que les développeurs senior, et ils n’auront pas la capacité de négociation salariale des seniors qu’ils remplaceront. Et puis, des enfant, il y en a plein dans des pays où ça coûte rien de les faire travailler ! C’est donc tout bénef’ pour la société et la productivité ! Envoyez vos milliards, j’ai un business plan !

      • [^] # Re: Juste un outil

        Posté par  (site web personnel) . Évalué à 9 (+7/-0). Dernière modification le 05 octobre 2026 à 10:54.

        Ah non, les enfants on ne les fait pas travailler dans l'informatique. C'est déjà un marché tendu entre les mines, le textile, l'électronique … Merci de ne pas augmenter nos coûts !

      • [^] # Re: Juste un outil

        Posté par  . Évalué à 4 (+1/-0).

        De toutes façons, les enfants qu'on fait travailler n'iraient pas à l'école, parce qu'il n'y a plus d'école dans le coin: elle était sur le gisement de cobalt (quelle idée de la construire là aussi, je vous jure, ces gens n'ont aucune notion d'aménagement du territoire!).
        On l'a donc rasée pour extraire le cobalt, dont on a besoin pour la transition énergétique qui va sauver ces enfants d'un enfer climatique. Ou pas, mais au moins on pourra dire qu'on a essayé.

        Franchement, ils devraient nous remercier!!

  • # Delphi, Visual C++... et licences douteuses...

    Posté par  (site web personnel) . Évalué à 6 (+4/-0).

    Pour revenir sur des exemples précédents avec Delphi, Visual C++ (choisissez votre préféré) sont des logiciels proprios, faut-il interdire leur diffusion dans Debian ?

    La réponse est claire : leur licence l'interdit, donc bon c'est plié. En outre, pour Visual C++, il n'est pas multiplate-forme, ce qui n'aide pas ;-)

    Fallait-il interdire la diffusion de logiciels développés exclusivement avec ces outils ?
    La question n'a pas trop eu à être statuée à ma connaissance : si pas de paquet fourni pour Debian, bin ça a moins de chance d'être diffusé. Déjà en travail amont, enlever les dépendances à des bibliothèques non libres, travail à faire en préalable pour espérer être diffusé en libre d'une part et multiplate-forme d'autre part (prise en compte de l'adaptation à GTK, wxGTK, ou autre framework multi-plateforme qu'il est illusoire d'ajouter à des bibliothèques non libres).

    Pour l'utilisation de l'IA c'est un cas où ces « freins naturels » existent moins on va dire : licence douteuse, dépendances douteuses, disponibilité d'une chaîne de compilation alternative utilisable sur serveur n'ayant que du libre (build system) et autres points laissés à titre d'exercice d'identification au lecteur.

    Reste la maintenabilité du code : notamment, la capacité pour tout un chacun à patcher sans disposer des outils ayant permis de le produire et — accessoirement de manière plus large — sa lisibilité, son nombre de contributeurs ayant la capacité de le faire, le nombre de testeurs, et in fine le nombre d'utilisateurs.
    Si l'IA n'a effectivement servi qu'à produire des suites de tests de non régression — comme indiqué pour rsync — est-ce acceptable ? Ça va être difficilement refusable àmha, d'autant si ces tests respectent les prémisses de ce paragraphe.

    Avec l'IA, selon son niveau d'utilisation, son côté indispensable n'est pas avéré. Donc bon, me concernant « ça dépend, ça dépasse » : j'ai l'impression que cela va être à traiter au cas par cas et c'est à ceux qui souhaitent être intégrés de passer sous les fourches caudines de ceux directement impactés dans la chaîne de diffusion.

  • # Question mal posée ?

    Posté par  . Évalué à -6 (+2/-8).

    Drôle de débat que celui, binaire, sur l'utilité des outils IA "à la codex" pour écrire du code.

    Bien utilisés, ils peuvent littéralement décupler la productivité.

    Les questions me semblent plutôt porter sur les modalités d'utilisation. Comment "garder le contrôle" de sa code base. Comment s'assurer que l'outil ne copie pas du code protégé sans l'autorisation de ses ayants droits. Etc.

    L'étude du shift project est bien curieuse. Si le pépère met 10 ou 20 fois plus de temps à coder, ça n'a pas un tout autre impact ?
    Un pépère, ça mange, ça vit dans des espaces chauffés ou refroidis, etc. Bref, ça a une empreinte carbone.

    En quelques mois, on est passés de "c'est un outil ; certains refusent de s'en servir et c'est ok". À "Il ne veut pas s'en servir ? C'est un pb bloquant."

    Oui, il reste des devs où bosser à la main reste plus adéquat. Mais à la vitesse où l'outil progresse, il est permis de se demander pour combien de temps. Et c'est déjà très minoritaire.

    Ça me rappelle des débats d'une autre époque sur réutiliser des libs ou tout recoder, au besoin en assembleur pour faire plus efficace…

    • [^] # Re: Question mal posée ?

      Posté par  . Évalué à 10 (+10/-1).

      L'étude du shift project est bien curieuse. Si le pépère met 10 ou 20 fois plus de temps à coder, ça n'a pas un tout autre impact ?

      Et que fais tu pendant tout le temps que t'as libéré l'IA ? Tu te figes, retiens ta respiration et suspends ton métabolisme ?

      Les autres arguments sont débattables, celui-ci est aberrant.

      • [^] # Re: Question mal posée ?

        Posté par  . Évalué à 10 (+13/-0).

        Et que fais tu pendant tout le temps que t'as libéré l'IA ?

        je suggèrerait de retrouver son âme de lycéen et de descendre dans la rue pour les accompagner et vraiment changer le monde, une vieille histoire.

        OK, je sors (dans la rue demain).

        "Si tous les cons volaient, il ferait nuit" F. Dard

      • [^] # Re: Question mal posée ?

        Posté par  . Évalué à -7 (+0/-7).

        Au contraire.

        Tu fais autre chose. Tu peux faire autre chose. Et le coût de la tâche assistée est bien plus faible.

        Les soviétiques raisonnaient un peu comme cela, refusant la mécanisation pour préserver l'emploi. Cela a été une cause majeure de retard jusqu'à la fin de l'URSS. Puis d’effondrement lors de l'ouverture à la concurrence.

        De nouveau : il ne s'agit pas de faire n'importe quoi, mais ceux qui refusent en bloc un outil qui décuple la productivité au nom d'un mauvais calcul malthusien ne feront pas de vieux os. :-)

        • [^] # Re: Question mal posée ?

          Posté par  . Évalué à 6 (+4/-0). Dernière modification le 05 octobre 2026 à 08:43.

          Tu reprends un argument sur l'impact écologique puis repars sur un argument productiviste, constatant sa faiblesse.

          refusent en bloc un outil qui décuple la productivité [..] ne feront pas de vieux os.

          Avec ce genre de progrès qui ne favorise que le consumérisme et le capitalisme, c'est toute notre civilisation qui ne fera pas de vieux os.

          Tu fais autre chose. Tu peux faire autre chose.

          Je pose la question, que fais tu de ce temps gagné qui serait bénéfique pour l'Humanité ?

          • [^] # Re: Question mal posée ?

            Posté par  (Mastodon) . Évalué à 6 (+3/-0).

            Je pose la question, que fais tu de ce temps gagné qui serait bénéfique pour l'Humanité ?

            On va réduire la durée du temps de travail: semaine de 15h, retraite à 50 ans. Non ? (insérer ici le meme avec Padmé et Anakin).

          • [^] # Re: Question mal posée ?

            Posté par  . Évalué à -4 (+0/-3).

            Non, c'est le même argument.

            Mais, bon, dans un forum où l'on met "-" pour rendre moins visible ce avec quoi l'on est en désaccord, je ne devrais pas m'attendre à un bien grand effort d'écoute et de réflexion. :-)

            Et je retourne faire… Ce que je veux, avec plus de moyens, ayant répondu à la demande plus rapidement. :-)

      • [^] # Re: Question mal posée ?

        Posté par  (site web personnel) . Évalué à -2 (+0/-5).

        Il est lié au temps. Dans le bilan écologique d'une tache de 3 semaines, tu as 3 semaines de vie du codeur, plus ses outils.

        Si tu passes à 3 jours, tu perds l'usage du GPU pour l'IA, mais tu gagnes 2 semaines de vie (9*2/52=0.3t de co2) pour la tache en question.

        "La première sécurité est la liberté"

        • [^] # Re: Question mal posée ?

          Posté par  . Évalué à 7 (+5/-0). Dernière modification le 05 octobre 2026 à 09:31.

          Merci j'avais compris.

          De un, il est fort probable que le datacenter consomme plus que le tas de viande derrière le clavier pour cette même tâche. Car le cerveau est un outil énergétiquement efficace.

          De deux, ce serait une optimisation hypothétique ce cette tâche : que fais tu avec le temps qui reste ?

          L'argument écologique ne tient pas. Les faits prouvent même le contraire : les acteurs de l'IA investissent dans des centrales électriques, principalement gaz ou pétrole. Et pourtant, on a pas prévu de moins nourrir la population.

          • [^] # Re: Question mal posée ?

            Posté par  (site web personnel) . Évalué à -3 (+0/-6).

            le datacenter consomme plus que le tas de viande derrière le clavier pour cette même tâche.

            A vu de nez je ne dirais pas du tout. Mais on peut faire le calcul. 350kg de CO2, cela fait en gros 10 000kwh, soit 5000h de GPU (a 2kw). Si on part sur 3 jours avec GPU a fond, on arrive à 70x moins d'énergie pour le GPU (5000/72).

            Si on prend la métrique de Mistral, qui considère qu'à terme, les gens utiliseront 1/2 GPU par personne, on double le chiffre.

            que fais tu avec le temps qui reste ?

            Une autre tache. C'est le principe de la productivité.

            les acteurs de l'IA investissent dans des centrales électriques, principalement gaz ou pétrole.

            Cela n'a rien de "fatal", et ce n'est pas le cas en France. On devrait donc accueillir + de datacenter vu que l'on a de la marge.

            "La première sécurité est la liberté"

            • [^] # Re: Question mal posée ?

              Posté par  . Évalué à 10 (+9/-1).

              Une autre tache. C'est le principe de la productivité.

              Exactement, donc rien à voir avec une quelconque amélioration de l'empreinte écologique telle qu'amenée en début de fil de discussion.

              Cela n'a rien de "fatal",

              Dit la grenouille, dans son bocal d'eau plus si tiède que ça. Tournant elle même le thermostat avec sa petite patte productive.

              en France […] on a de la marge.

              La fameuse planète France. Je me demande comment ce que devienent les autres planètes, tiens.

              • [^] # Re: Question mal posée ?

                Posté par  (site web personnel) . Évalué à 10 (+8/-0). Dernière modification le 05 octobre 2026 à 10:54.

                Exactement, donc rien à voir avec une quelconque amélioration de l'empreinte écologique telle qu'amenée en début de fil de discussion.

                D'ailleurs pour analyser l'impact potentiellement positif de l'IA au travail d'un point de vue écologique, il faut faire une analyse contre factuelle ce qui est délicat en particulier ici où les hypothèses et possibilités sont nombreuses.

                Par exemple pour expliquer l'idée.
                Admettons que l'IA permette de rendre un informaticien plus productif de manière significative. Plusieurs scénarios s'ouvrent :

                • L'informaticien utilise l'IA au boulot et fait globalement le même genre de tâches mais plus vite (et donc plus de tâches) => l'impact environnemental est clairement cumulatif
                • On réduit le temps de travail des employés à effectif constant, la question est : qu'est-ce qui font durant leur temps libre ? Vont-ils polluer plus ou moins qu'en travaillant ? Et c'est délicat à dire, même en considérant qu'ils feront par exemple moins de trajets quotidiens pour bosser.
                • On réduit le nombre de postes, et donc même chose, est-ce que les licenciés vont travailler encore ? Si oui, un travail plus ou moins émetteur ? Avec ou sans IA ? Si non, durant leur temps libre qu'est-ce qu'ils vont faire et si cette activité est plus ou moins écologique que leur travail.

                Car l'humain qui travaille ou non a un impact écologique relativement constante pour la partie "survie", et le remplacer à son travail ne conduit pas à son retrait de la vie sur Terre (ou alors j'ai loupé un impact important) et comme l'humain continue de vivre et de s'occuper par le travail ou le loisir il faut prendre en compte ces impacts "nouveaux" pour tirer un bilan écologique de l'IA au travail de manière global.

                Notons, cette approche contrefactuelle est valable pour étudier les impacts systémiques d'autres choses, genre est-il écologique de télétravailler où la réponse est comme souvent : sous certaines conditions.

            • [^] # Re: Question mal posée ?

              Posté par  (site web personnel) . Évalué à 7 (+5/-0). Dernière modification le 05 octobre 2026 à 10:46.

              On devrait donc accueillir + de datacenter vu que l'on a de la marge.

              Il me semble plus opportun que la France continue à exporter son électricité moins carbonée vers les voisins qui ont une électricité plus carbonée au lieu de bouffer cette "marge" de manière discutable.

              "marge" entre guillemets, parce que l'électricité française n'est pas non plus complètement décarbonée.

              • [^] # Re: Question mal posée ?

                Posté par  (site web personnel) . Évalué à -10 (+0/-13). Dernière modification le 05 octobre 2026 à 10:47.

                On a de la marge, car on a 2 ou 3 réacteurs qui se tournent les pouces par rapport à d'autres pays qui ont besoin de construire.

                Vendre son électricité est vraiment une position du tier monde. Vendre des électrons rapportent 100x moins que de vendre du token.

                "La première sécurité est la liberté"

                • [^] # Re: Question mal posée ?

                  Posté par  . Évalué à 3 (+4/-1).

                  ouais, on l'a vue « la marge » pendant cet été bien frais par rapport à ceux qu'on va marginalement expérimenter dans les années qui viennent.
                  on l'a vue aussi cette « marge » pendant l'hiver d'y a 2 ans où les ministres se déguisaient avec des cols roulés pour inciter les gens à ne pas se chauffer.

                  mais, ouais, on a de la « marge »…

                  • [^] # Re: Question mal posée ?

                    Posté par  (site web personnel) . Évalué à -3 (+0/-6). Dernière modification le 06 octobre 2026 à 10:34.

                    Oula. Ce n'est pas parce que 2 réacteurs ont été coupé qu il n y avait pas de marge. C'est 2 choses differentes.

                    Il y a 2 ans, c'etait une demande du regulateur pour des travaux par definition exceptionnel.

                    "La première sécurité est la liberté"

                    • [^] # Re: Question mal posée ?

                      Posté par  . Évalué à 4 (+4/-0).

                      par définition, si on a 2 réacteurs de marge et qu'on coupe 2 réacteurs, on n'a plus de marge.

                      notre ressource énergétique (tout comme celle en eau) est en tension.
                      rajouter des "usines à gaz" bayesiennes par dessus ce contexte défavorable, c'est juste une rare idiotie, avec les limites planétaires qui sont dépassées les unes après les autres.

            • [^] # Re: Question mal posée ?

              Posté par  . Évalué à 5 (+4/-0).

              10 000 kWh, c'est plutot 3500 kg de CO2 si on prend le mix énergétique mondial (avec une grosse majorité de centrale à charbon). Soit un facteur 10 par rapport à ce que tu annonces. Il y a déjà pénurie d'élec en Irlande ou les data center consomment jusqu'à 20% de l'élec du pays. C'est toujours l'histoire d'une croissance infinie dans un monde fini. Le CO2 n'est qu'une partie du problème (épuisement des ressources…).

            • [^] # Re: Question mal posée ?

              Posté par  . Évalué à 2 (+1/-0).

              Et on les construit ou ces data center ? Actuellement c'est sur des terres agricoles, et on va manquer de terre agricole dans moins de 10 ans (en fait on en manque déjà).

              • [^] # Re: Question mal posée ?

                Posté par  (site web personnel) . Évalué à -5 (+0/-8). Dernière modification le 06 octobre 2026 à 10:37.

                On a moins de 10% de terre construit en France.

                "La première sécurité est la liberté"

                • [^] # Re: Question mal posée ?

                  Posté par  . Évalué à 7 (+6/-0).

                  Ce qui est déjà énorme. De plus il ne faut pas confondre construit et artificialisé. Et 10% c'est déjà trop. L'Europe sera en tension alimentaire dans une dizaine d'année, je préfère qu'on laisse les terres au Agriculteurs, plutot qu'aux data center. Dans 10 ans tu iras manger du silicium (dopé à l'arsenic) ?

  • # C'est une bonne innovation ça, l'IA ?

    Posté par  (site web personnel) . Évalué à 10 (+17/-2). Dernière modification le 04 octobre 2026 à 17:29.

    Je lis tous ces débats et, vous savez, moi je ne crois pas qu’il y ait de bonne ou de mauvaise IA.

    Moi, si je devais résumer ce que je constate aujourd'hui avec vous, je dirais que c’est d’abord des des gens qui codent avec ou sans, peut-être à un moment où ils ne pouvaient pas faire autrement, où ils étaient seul face à ce choix. Et c’est assez curieux de se dire que les modes, les discussions forgent un clivage technique…

    Parce que quand on a le goût de la chose, quand on a le goût du travail bien fait, le beau code ; parfois on ne trouve pas le soutien en face - je dirais, le pair qui nous ferait continuer dans ce sens.

    Alors ce n’est pas mon cas, comme je le disais là ! Puisque moi au contraire, j’ai pu ; et je dis merci à ma situation, je lui dis merci, qui me permet de coder comme j'aime, précisément tel un orfèvre ou instinctivement tel un artiste… je ne suis que code spontané ! Et finalement, quand beaucoup de gens aujourd’hui me disent : « Mais comment fais-tu pour tenir le coup ? » Eh bien je leur réponds très simplement, je leur dis que c’est ce goût de l'aventure, ce goût donc qui m’a poussé aujourd’hui à essayer l'IA, mais demain, qui sait, peut-être à m'effacer encore davantage, à faire le don, le don de ma personne qui s'effacerait pour du code d'encore meilleure qualité.

    • [^] # Re: C'est une bonne innovation ça, l'IA ?

      Posté par  (site web personnel) . Évalué à 10 (+9/-0).

      Monologue d’Otis pour les personnes qui chercheraient la référence.

    • [^] # Re: C'est une bonne innovation ça, l'IA ?

      Posté par  . Évalué à 7 (+6/-1).

      Si on ne gardait que les cotés vraiment utiles de l'IA, par exemple pour les dépistages en médecine, il n'y aurait pas besoin de construire tous ces centres de données qui détruisent la vie sur terre et de saccager la planète, parce que c'est de cela qu'il s'agit, défendre la vie pour que nous humains puissions survivre. Parce que de toutes manières, depuis 4,5 milliards d'années, la planète Terre en a vu et en verra d'autres d'autres, c'est nous humains qui sommes en danger. Et avant nous, des disparitions d'espèces d'humanoïdes, il y en a eu beaucoup.

      • [^] # Re: C'est une bonne innovation ça, l'IA ?

        Posté par  (site web personnel) . Évalué à -5 (+2/-10).

        de construire tous ces centres de données qui détruisent la vie sur terre et de saccager la planète,

        Ce n'est pas en répétant un mensonge qu'il devient vrai.

        "La première sécurité est la liberté"

        • [^] # Re: C'est une bonne innovation ça, l'IA ?

          Posté par  (site web personnel) . Évalué à 8 (+7/-1).

          Répéter que c'est un mensonge sans justifier pourquoi, ou avec des justifications bancales (en ne regardant que les datacenters en France) ne convainc pas que c'est un mensonge.

          Les chiffres que je trouve moi: Au niveau mondial, l'IA consomme environ 2% de l'électricité mondiale et une projection à 3% d'ici 2030. C'est plus que la France.

          Pour l'eau aussi, l'IA consomme autant d'eau (4,5 milliards de mètres cubes) que la France (4,4 milliards de mètres cubes). Même si perso j'ai du mal avec le concept de "consommation d'eau".

          Pour le CO2, l'IA représente le quart des émissions de la France. Mais le premier augmente quand le deuxième décroît, les courbes devraient se croiser avant 2030.

          Donc l'IA a un impact environnemental important et croissant. Il est justifié de questionner si cet impact est justifié par des bénéfices à l'utilisation.

          Mon avis est clairement non, une part massive de l'IA étant sans intérêt. Chaque recherche sur les principaux moteurs de recherche génère une requête IA. Est-ce vraiment utile?

          Peut-être que quand l'usage deviendra payant, le gaspillage diminuera mais pour l'instant, c'est un coût environmental important pour pas grand chose.

          • [^] # Re: C'est une bonne innovation ça, l'IA ?

            Posté par  (site web personnel) . Évalué à 1 (+4/-6).

            Les chiffres que je trouve moi: Au niveau mondial, l'IA consomme environ 2% de l'électricité mondiale et une projection à 3% d'ici 2030. C'est plus que la France.

            Tu ne confond pas avec l'ensemble des datacenter ?

            Pour l'eau aussi, l'IA consomme autant d'eau (4,5 milliards de mètres cubes) que la France (4,4 milliards de mètres cubes).

            Au niveau monde, cela reste moins que les golfs. https://www.youtube.com/watch?v=Qddzc5iqP5U

            Pour le CO2, l'IA représente le quart des émissions de la France

            C'est complètement faux. Le numérique en entier doit faire entre 2% et 4% (device inclus).

            Si tu crois que l'IA représente 25% du CO2 français je comprends qu'il y est de quoi être remonté, mais tu te plante d'un ordre de grandeur au moins.

            "La première sécurité est la liberté"

          • [^] # Re: C'est une bonne innovation ça, l'IA ?

            Posté par  . Évalué à 2 (+0/-0).

            Le truc qui me gène ici, c'est que le terme IA englobe plein de scénarios, de cas d'usages et de situations différent.e.s alors qu'on dirait que le débat semble se focaliser sur les datacenter uniquement (l'eau, les kW, la non artificialisation des sols, l'abrutissement généralisé des lycéens -nan, c'est pour rigoler-).

            N'importe quel appareil récent se voit doté d'une IA (en exagérant un peu), même low cost et low power

            Tout comme il s'est doté d'un microprocesseur, du réseau, du WiFI, d'un écran OLED ou de je ne sais quoi, n'importe quel objet du quotidien peut se retrouver AI assisted sans même avoir rien demandé (un exemple facile: le robot aspirateur ?). C'est fait de manière locale et autonome ou c'est conditionné à l'existence d'un service en ligne.

            Pour reprendre l'exemple de l'aspirateur: c'est pas parce qu'il est passé de l'ère du plastique des année 60 et du 220V à gogo, en passant par le web 2.0 ("bravo, vous avez éliminé 3000 acariens") à celle de l'IA que son bilan en terme d'extractivisme par exemple sera fondamentalement différent.

            "Si tous les cons volaient, il ferait nuit" F. Dard

  • # Je suis un Amish!

    Posté par  (site web personnel, Mastodon) . Évalué à 10 (+13/-1). Dernière modification le 04 octobre 2026 à 22:46.

    Dit autrement tout en se traitant parfois qui de mormons passéistes rétrogrades qui de moutons suivistes antéchristiques (termes non contractuels), tout le monde reconnaît la complexité et la multiplicité des risques.

    J'ai eu le cas juste hier: on m'a traité d'Amish (ou comparé à un Amish qui refuse la voiture et veut débattre le mérite des calèches avec chevaux, pour être précis) dans un "merge request", après que je refuse une contribution quand j'ai réalisé que c'était de l'IAgen à cause de la bizarrerie du patch qui faisait des trucs inutiles et sur-compliqués (alors que j'avais expliqué en commentaire la vraie problématique qu'il fallait résoudre, ou du moins comprendre, pour corriger le bug correctement).

    Bon ensuite, c'est explicitement dit dans notre template de merge request que l'IA générative est interdit chez nous (pour le coup, j'ai aussi rajouté l'info dans le README dans la foulée, pour faire double mesure), mais en même temps, ceux qui ne prennent même plus la peine d'écrire leur code ou leur propres commentaires sur les dépôts de code ne lisent sûrement rien des instructions pour nouveaux contributeurs. Donc bon… c'est pas la première fois qu'on refuse un patch pour cette raison, et je sais que ce sera pas la dernière!

    Mais au final, donc: je suis un Amish! Ça par contre, c'est la première fois qu'on me traite de ça et ça m'a bien fait marrer. 🤣

    Film d'animation libre en CC by-sa/Art Libre, fait avec GIMP et autre logiciels libres: ZeMarmot [ http://film.zemarmot.net ]

    • [^] # Re: Je suis un Amish!

      Posté par  (site web personnel) . Évalué à 1 (+2/-4).

      Interdire l'IA est bizarre. Interdire les patchs de merde, c'est évident par contre IA ou non.

      "La première sécurité est la liberté"

      • [^] # Re: Je suis un Amish!

        Posté par  . Évalué à 2 (+4/-2).

        ne pas interdire l'IA est bizarre.

        https://ploum.net/2026-10-01-pascal_wager.html

        • [^] # Re: Je suis un Amish!

          Posté par  (site web personnel) . Évalué à -3 (+0/-6).

          Tu n'utilisera plus linux ? Les patchs et le code sont toujours sous la responsabilité d'un humain, en tant que mainteneur c'est évidement le long terme qui importe. Refuser un patch monstrueux issue d'un LLM se comprend, la revue est impossible, de toute façon cela sera refuser par les mainteneurs car trop gros. Les règles avant l'IA ne changent pas, le code slop viole souvent toutes ces règles (bug mal compris, path trop gros ou mal fait, revue impossible, etc…)

          Mais rien n’empêche de faire un code correct, qui respecte les règles. Mozilla croule sous les CVE depuis 6 mois à cause/grâce à l'IA.

          "La première sécurité est la liberté"

          • [^] # Re: Je suis un Amish!

            Posté par  . Évalué à 3 (+4/-1).

            et bien oui, je cherche un OS compatible avec mes convictions.
            si cette ligne de raisonnement ressemble à une discussion que certain·es ont pu avoir lors du règne de "wintel", ce n'est pas une coïncidence.

            quant à l'incise sur "on est obligé d'utiliser l'IA parce que les CVE" :
            « les outils du maître ne détruiront jamais la maison du maître »

            (et Mozilla, ça fait longtemps qu'ils ne sont plus vraiment dans le camp du (vrai) libre, en tout cas, ce ne sont plus vraiment des camarades sûr·es)

            • [^] # Re: Je suis un Amish!

              Posté par  (site web personnel) . Évalué à -6 (+0/-9). Dernière modification le 05 octobre 2026 à 10:02.

              Ok, tu es dans la pureté idéologique. Tu utilises quel OS au final ?

              "La première sécurité est la liberté"

              • [^] # Re: Je suis un Amish!

                Posté par  . Évalué à 3 (+4/-1).

                la pureté idéologique ? (c'est sensé être une insulte ou un propos vexatoire ?)
                la rigueur du matérialisme, plutôt.

                et au final, je me suis résolu à retourner à une bookworm.
                en attendant une solution pérenne.

              • [^] # Re: Je suis un Amish!

                Posté par  . Évalué à 5 (+4/-1).

                Ok, tu es dans la pureté idéologique

                Rien à voir avec une quelconque "idéologie". C'est un souci éthique et environnemental qui est motivé par des faits scientifiques et non des lubies technocratiques dont le but non avoué est de faire de l'argent.

        • [^] # Re: Je suis un Amish!

          Posté par  . Évalué à 2 (+3/-1).

          J'avais voulu répondre à @Ploum. Je me permets de mettre ma réponse ici (non envoyée). Je ne le vise pas particulièrement mais son texte m'a fait m'interroger face à mon utilisation personnelle de l'IA et du code.

          Je crois qu'on mélange parfois deux questions : l'outil utilisé pour produire une contribution et les conséquences de cet outil.
          Pour un projet Open Source, le mainteneur peut fixer ses règles : qualité, tests, sécurité, documentation, maintenabilité, revue, etc. Si une contribution respecte ces règles et fonctionne, pourquoi son origine devrait-elle suffire à la disqualifier ?
          Une IA peut produire du mauvais code, mais aussi du très bon. Très peu de développeurs maîtrisent par ailleurs toutes les couches techniques qu'ils utilisent quotidiennement : processeur, compilateur, système d’exploitation, matériel, … Nous acceptons depuis longtemps cette réalité.
          Pourquoi faudrait-il faire exception pour l'IA ? La question me semble donc moins être "qui a écrit le code ?" que "ce code répond-il aux exigences du projet ?".
          Cela n'empêche évidemment pas de questionner l'IA elle-même. Son coût environnemental et social est réel, mais l'informatique consomme, exploite et transforme déjà énormément : ressources minières, énergie, composants, infrastructures, déchets, conditions sociales de production, …
          L'IA ne devrait ni être exonérée de cette réflexion, ni devenir le bouc émissaire qui permet d'oublier ces impacts.

          Plutôt que d'interdire l'IA par principe, il me semblerait plus utile de donner aux mainteneurs des outils pour gérer ces nouvelles contributions : modèles de gouvernance, règles de contribution, exigences de transparence, tests, documentation et revue.
          Gérer un projet Open Source est déjà un travail en soi ; autant aider ceux qui le font à définir un cadre dans lequel chacun peut contribuer correctement.

          À titre personnel, l'IA m'aide à contribuer mais je reste sceptique sur sa pérennité sous sa forme actuelle au regard des ressources qu'elle nécessite. Pour autant, cela ne me semble pas une raison pour fermer la porte à ceux qui peuvent apporter une bonne contribution avec cet outil.

          Quant à l'Art du code et à la perte de certaines compétences, qui sont de vraies questions, elles me semblent surtout poser celle de l'évolution d'un métier et des habitudes : ce que nous devons continuer à savoir faire, ce que nous pouvons déléguer et ce que nous devons apprendre à contrôler autrement. C'est un autre sujet légitime.

          • [^] # Re: Je suis un Amish!

            Posté par  . Évalué à 2 (+4/-2).

            Pourquoi faudrait-il faire exception pour l'IA ? La question me semble donc moins être "qui a écrit le code ?" que "ce code répond-il aux exigences du projet ?".

            ben, un projet libre, c'est normalement pour l'émancipation des gens.
            détruire les conditions de vie compatibles avec la vie telle qu'on la connait, ou détruire les conditions de reproduction de la vie sociale, c'est pas tip-top niveau émancipation.

            même pour les afficionados de l'OpenSource (ie: celles et ceux qui n'adhèrent pas au Libre), interdire l'IA par principe fait donc sens (on fera l'hypothèse qu'ils et elles veulent continuer à pouvoir vivre dignement).

            • [^] # Re: Je suis un Amish!

              Posté par  . Évalué à 1 (+1/-0).

              Je comprends la distinction, et elle me paraît juste : le Libre porte un projet d'émancipation, pas seulement une méthode de développement.
              Dans ce cadre, refuser l'IA au nom de ses conséquences est une position cohérente et, personnellement, j'adhère à beaucoup d'argument anti-IA. Un projet qui fait ce choix est d'ailleurs parfaitement légitime à l'inscrire dans ses règles ; c'est même ce que je défendais : que chaque projet puisse définir son cadre.

              Ce qui me gêne, c'est d'en faire une règle de principe.
              Si le critère est la destruction des conditions de vie, il s'applique aussi à une bonne partie de ce que nous utilisons déjà : matériel, réseaux, centres de données, extraction minière, … Je ne dis pas ça pour relativiser l'IA, mais parce que je ne sais pas où placer la limite de façon juste. Où la places-tu ?

              À titre personnel, je vis avec cette contradiction : l'outil m'aide, et je doute qu'il soit soutenable. Je préfère la garder ouverte plutôt que de la trancher trop vite, dans un sens comme dans l'autre.
              Pour autant, je ne prétends pas avoir raison. C'est justement pour ça que la discussion m'intéresse.

              • [^] # Re: Je suis un Amish!

                Posté par  . Évalué à 1 (+1/-0).

                donc dans la règle de principe de dire « si on veut garder des conditions de vie à peu près correctes, à ~+2°C p/r au référentiel pré-industriel, et si on veut des conditions de travail correctes, il faut a minima un moratoire sur l'IAgen », c'est le principe de vivre dignement qui gêne ?

                la limite juste est, par définition, co-construite de manière démocratique, avec un vrai débat démocratique.
                (du reste, on a extrait assez de matière et construit de terminaux informatiques pour vivre correctement avec, merci. place à l'économie de la sobriété et de la réparation.)

          • [^] # Re: Je suis un Amish!

            Posté par  (courriel, site web personnel) . Évalué à 8 (+6/-0).

            Plutôt que d'interdire l'IA par principe, il me semblerait plus utile de donner aux mainteneurs des outils pour gérer ces nouvelles contributions

            Plutôt que d'interdire [comportement antisocial], on pourrait donner des outils aux victimes pour gérer ces comportements. J'attends avec impatience tes recommandations concernant la manière dont les femmes devraient s'habiller.

            /s

            pertinent adj. Approprié : qui se rapporte exactement à ce dont il est question.

            • [^] # Re: Je suis un Amish!

              Posté par  . Évalué à 0 (+1/-1).

              Je comprends l'idée derrière la comparaison, mais elle ne me semble pas tenir : contribuer avec une IA n'est pas une agression et les mainteneurs ne sont pas des victimes à qui l'on demanderait de s'adapter.

              Il y a pourtant un point juste : la charge pèse sur eux.

              Le mainteneur de curl a dû dénoncer publiquement l'afflux de faux rapports de sécurité générés par IA. Un mainteneur noyé sous ce genre de contributions a besoin de règles claires pour refuser sans y passer ses soirées.
              Mais l'inverse existe aussi : un projet complexe, utile à beaucoup, porté par une seule personne qui finit par s'épuiser (xz-utils) ; on ne compte plus les projets abandonnés.
              Pour ces mainteneurs-là, un contributeur sérieux qui s'aide d'une IA, teste, documente et assume ce qu'il propose, peut être un vrai soulagement.

              C'est à eux de décider, ça ne devrait pas être une règle de principe. On peut leur donner des outils sans leur demander de s'adapter. Ça leur permet de choisir et de cadrer leur projet, y compris de dire non.

              • [^] # Re: Je suis un Amish!

                Posté par  (site web personnel) . Évalué à 4 (+3/-1).

                un contributeur sérieux qui s'aide d'une IA

                Hou hou. On en a une belle brochettes qui font des journaux ces derniers mois. \o/

                Adhérer à l'April, ça vous tente ?

          • [^] # Re: Je suis un Amish!

            Posté par  (site web personnel) . Évalué à 7 (+5/-0).

            pourquoi son origine devrait-elle suffire à la disqualifier ?

            Parce qu'il n'y a pas que le résultat direct qui compte. Le chemin aussi. Autrement dit, la fin ne justifie pas les moyens.

            En tant que mainteneur d'un projet libre, ça pourrait m'importer comment le code est produit. Par exemple, je pourrais ne pas être ok qu'on sacrifie une chèvre pour produire un correctif.

            L'IA ne devrait ni être exonérée de cette réflexion, ni devenir le bouc émissaire qui permet d'oublier ces impacts.

            C'est très vrai, et on doit travailler fort pour réduire les impacts (et surtout pas les augmenter à des niveaux absurdes !). Bon, ça ne doit pas non plus être une excuse pour accepter les LLM comme n'importe quel autre élément technologique parmi tant d'autres.

            • [^] # Re: Je suis un Amish!

              Posté par  . Évalué à 2 (+0/-0).

              En tant que mainteneur d'un projet libre, ça pourrait m'importer comment le code est produit. Par exemple, je pourrais ne pas être ok qu'on sacrifie une chèvre pour produire un correctif.

              Comme tu le montre c’est un problème vieux. Tu as parlé de tuer une chèvre pour produire, mais si par exemple quelqu’un est un tueur en série est-ce qu’on son code est inacceptable ?

              Maintenant dans l’autre sens, si on t’informe que quelqu’un en utilisant une IA a trouvé un bug de sécurité (qui est qualifié). Est-ce qu’il devrait être ignoré ? Est-ce que c’est légitime de corriger cette faille mais pas de reproduire les méthodes qui ont permis de la trouver ?

              Bon, ça ne doit pas non plus être une excuse pour accepter les LLM comme n'importe quel autre élément technologique parmi tant d'autres.

              C’est plus les opinions jusqueboutistes qui sont… drôle. "T’es un nazi si tu ne t’exprime pas pour dire que tu exècre l’IA" ou "tout peut être fait par des IA gratuitement", je ne dis pas qu’il y a une bonne position qui serait au milieu, mais on met tous à l’épreuve nos convictions e ton rationalise les choses un peu comme on peut. C’est juste "dommage" de voir des gens s’invectiver (je ne parle pas pour toi).

              https://linuxfr.org/users/barmic/journaux/y-en-a-marre-de-ce-gros-troll

              • [^] # Re: Je suis un Amish!

                Posté par  (courriel, site web personnel) . Évalué à 4 (+2/-0).

                si par exemple quelqu’un est un tueur en série est-ce qu’on son code est inacceptable ?

                Pas besoin que ça soit en série. Juste un meurtre ça compromet la maintenance.

                pertinent adj. Approprié : qui se rapporte exactement à ce dont il est question.

                • [^] # Re: Je suis un Amish!

                  Posté par  . Évalué à 1 (+0/-0). Dernière modification le 08 octobre 2026 à 09:21.

                  (et une pensée pour toutes les victimes de féminicides et à celleux qui se mobilisent et militent contre.)

              • [^] # Re: Je suis un Amish!

                Posté par  (site web personnel) . Évalué à 2 (+0/-0). Dernière modification le 08 octobre 2026 à 15:41.

                En tant que mainteneur d'un projet libre, ça pourrait m'importer comment le code est produit. Par exemple, je pourrais ne pas être ok qu'on sacrifie une chèvre pour produire un correctif.

                Comme tu le montre c’est un problème vieux.

                C'est possible. Peut-être, par exemple : que faire d'un patch venant d'une boite qui a une activité ou un business model que tu n'approuves pas ? Après tout, on pourrait considérer que ce patch a été financé "salement" / "a du sang sur ses mains". Je crois que jusqu'à maintenant, ça a été considéré comme faisant partie du jeu, que des acteurs différents ayant par ailleurs potentiellement des objectifs contraires coopèrent temporairement sur un même commun sans pour autant que ça soit compris comme une approbation de / une participation dans l'activité des autres. Peut-être que c'est un peu incohérent ? Ou simplement un compromis souhaitable ? Ou que le monde de l'open source a globalement une vision tunnel plus ou moins concentrée sur le code, les questions de licences et les modèles de développement… D'ailleurs c'est peut-être un aspect qui évolue ces derniers temps aussi.

                Tu as parlé de tuer une chèvre pour produire, mais si par exemple quelqu’un est un tueur en série est-ce qu’on son code est inacceptable ?

                J'ai choisi cet exemple de la chèvre parce que je voulais répondre au problème philosophique "Quel est le problème, si le résultat est bon ?", et que j'espère qu'on est une grande majorité à considérer que tuer des chèvres pour contribuer ne serait pas ok, ou en tout cas à être capable de partir de ce principe sans trop de difficulté d'abstraction vu que c'est, j'espère, une situation théorique à priori "fantaisiste" (quoique, les sacrifices humains ou animaux, ça a existé…).

                La question du tueur en série est intéressante, mais la situation n'est à mon avis pas vraiment comparable (même si la conclusion peut être la même) : le tueur en série ne tue pas des gens pour contribuer à ton projet. Il tue des gens, et aussi par ailleurs il contribue à ton projet. Alors que dans mon illustration, la chèvre est tuée pour produire le patch (ne me demande pas comment par contre, aucune foutue idée). Est-ce que le tueur en série a été pris en charge (psychologiquement, notamment) et contribue dans le cadre d'une réinsertion, ou a suivi un cursus de réinsertion ? Est-ce que tu penses qu'accepter un patch de la part de cette personne fait du mal aux victimes, ou valide / encourage / est complaisant avec ces tueries ? Quelles sont les conséquences pratiques potentielles ? Et après, la réponse n'est même pas forcément éthique : humainement, est-ce que tu es à l'aise pour interagir avec ce tueur en série ? Est-ce que même si toi tu es à l'aise, ta communauté le sera ? Et après discussion ?

                La question de la personne qui tue une chèvre pour contribuer me parait plus simple, en particulier sur les conséquences pratiques potentielles. Si tu acceptes le patch, tu lui envoies potentiellement le signal que c'est un comportement social acceptable et qu'elle peut continuer à le faire. Pour ton image et l'image de ton projet, ça donne potentiellement le signal que ton projet est complaisant sur le fait de tuer des chèvres pour faire des patchs, que tu penses que ton projet est plus important que ces chèvres.

                La question du rapport de sécurité mérite son propre développement, peut-être plus tard dans un autre commentaire si j'ai la foi.

                je ne dis pas qu’il y a une bonne position qui serait au milieu, mais on met tous à l’épreuve nos convictions e ton rationalise les choses un peu comme on peut.

                C'est bien dit.

                • [^] # Re: Je suis un Amish!

                  Posté par  (site web personnel, Mastodon) . Évalué à 4 (+1/-0).

                  Il y a des projets open source qui rejettent les contributeurs fascistes, agresseurs sexuels, racistes, ou pour plein d'autres raisons. Il y a des projets qui ne le font pas.

                  Ou que le monde de l'open source a globalement une vision tunnel plus ou moins concentrée sur le code, les questions de licences et les modèles de développement…

                  ça me semble un peu exagéré. Les licenses libres effectivement sont concentrées exclusivement sur cet aspect, mais de là à généraliser au "monde de l'open source", ça me semble aller un peu vite tout de même. Ou alors on peut aussi bien généraliser au monde de l'informatique, qui ne fait pas forcément mieux ni moins bien à ce sujet.

                  • [^] # Re: Je suis un Amish!

                    Posté par  (site web personnel) . Évalué à 2 (+0/-0). Dernière modification le 08 octobre 2026 à 18:31.

                    Il y a des projets open source qui rejettent les contributeurs fascistes, agresseurs sexuels, racistes, ou pour plein d'autres raisons. Il y a des projets qui ne le font pas.

                    Oui, exactement. J'ai hésité à aborder le sujet, mais les questions éthiques derrière sont encore un peu différentes / spécifiques (inclusivité, "paradoxe" de la tolérence, etc) et je n'ai pas voulu grossir un commentaire déjà gros, ni brouiller le message en mélangeant ces questions avec le cas du tueur en série.

                    Ça vaudrait le coup d'aborder ça cependant. Pour moi c'est clair, fascistes, agresseurs sexuels, racistes ne seraient pas les bienvenus. D'ailleurs, petite boutade, que faut-il faire d'un rapport de sécurité soumis par un nazi reconnu ? Ou est la limite ?

                    Ou alors on peut aussi bien généraliser au monde de l'informatique, qui ne fait pas forcément mieux ni moins bien à ce sujet.

                    Effectivement, et en fait au monde de l'entreprise aussi, où souvent (pas toujours, il y a quand même des boites avec des valeurs éthiques heureusement), pourvu que ça soit légal (parfois même pas) et que le prix et les caractéristiques techniques correspondent, on vend ou on achète le produit ou le service. Ça aussi j'ai hésité à l'aborder.

                    C'est juste que j'attendais mieux du monde du libre / de l'open source.

                    Il faudrait aussi faire la distinction open source / libre, parce que les deux mouvements sont parfois radicalement différents sur les questions éthiques et les points de focus.

                    ça me semble un peu exagéré

                    Bah, c'est en réalité le reflet d'une déception que je suis en train de vivre. J'ai l'impression qu'une partie de l'écosystème est en mode "tant que c'est open source c'est tout bon", ou qui a à cœur de produire de l'open source, mais sans vision plus large autour. Est-ce que cette déception vient d'une perspective moisie, d'une observation erronée ou incomplète ? Peut-être ! Ce serait une bonne nouvelle !

                    Mais je sais bien que tout le monde n'est pas comme ça. On croise aussi beaucoup de monde avec une vue plus globale, moins laser focus sur l'open source, heureusement. Rien qu'ici dans les échanges, ça se voit. Tes commentaires ici notamment, d'ailleurs.

                    • [^] # Re: Je suis un Amish!

                      Posté par  (site web personnel, Mastodon) . Évalué à 3 (+0/-0).

                      D'ailleurs, petite boutade, que faut-il faire d'un rapport de sécurité soumis par un nazi reconnu ? Ou est la limite ?

                      Si tu as bien mis tous les répulsifs à nazis dans ton projet (écriture inclusive, drapeaux arc en ciel, code de conduite…), normalement, tu ne devrais pas avoir ce problème :D

                      J'ai l'impression qu'une partie de l'écosystème est en mode "tant que c'est open source c'est tout bon", ou qui a à cœur de produire de l'open source, mais sans vision plus large autour.

                      Oui, il y en a, et il y en a même beaucoup, mais ne leur concédons pas la victoire trop vite. C'est pour ça que j'ai été embêté par la généralisation.

                      Il y a deux écoles là dedans:

                      • Ceux qui choisissent de rester dans un cadre strictement open source avec les licenses habituelles, mais qui vont ajouter des règles au niveau de la communauté autour du projet via par exemple un code de conduite. Dans ce cas, un nazi peut toujours forker le code mais il ne peux pas renvoyer ses modifications dans le projet original
                      • Ceux qui pensent que cette approche n'est pas suffisante, et incluent des contraintes directement dans la license. Quelques exemples sur le site de l'organisation ethical source.

                      Ce deuxième cas pose "problème" car de telles licenses rentrent souvent en conflit avec les définitions du libre de la FSF ou encode la définition du logiciel libre que Debian utilise pour déterminer si un logiciel peut être inclus dans la distribution ou si il doit être placé dans les dépôts non-free. Je ne sais pas s'il existe une distribution Linux (ou d'un autre système UNIX) qui serait plus ouverte à l'idée de ce nouveau type de license.

                      On voit que ces licenses sont assez variées dans ce qu'elles autorisent ou non. La license hippocratique va même jusqu'à proposer un outil sur son site web permettant de choisir soi-même ce qu'on veut interdire ou pas.

                      Il y a enfin une troisième catégorie intermédiaire: l'utilisation de licenses légalement mal fichues, soit l'AGPLv3, soit la license JSON qui dit simplement "The software should be used for Good, not Evil" sans définir ces deux derniers termes. IBM a demandé et obtenu une exception (pour elle-même et ses sous-fiffres) pour avoir le droit de faire le Mal en utilisant un logiciel distribué sous cette license. C'était la solution la plus simple pour apaiser ses services juridiques. (ça n'arrêtera peut-être pas les nazis, cela dit).

                • [^] # Re: Je suis un Amish!

                  Posté par  (courriel, site web personnel) . Évalué à 2 (+0/-0).

                  Cette discussion me rappelle le débat autour du financement d'OpenBSD par DARPA. C'est pas pareil (l'argent a moins d'odeur que du code) mais philosophiquement c'est intéressant. La justification de De Raadt était que ça a évité la construction de 1,5 missiles de croisière. DARPA a arrêté de donner de l'argent peu après que De Raadt ai fait un commentaire négatif sur l'organisation parente de DARPA dans la presse.

                  pertinent adj. Approprié : qui se rapporte exactement à ce dont il est question.

          • [^] # Re: Je suis un Amish!

            Posté par  . Évalué à 8 (+7/-0). Dernière modification le 07 octobre 2026 à 14:43.

            Pour un projet Open Source, le mainteneur peut fixer ses règles : qualité, tests, sécurité, documentation, maintenabilité, revue, etc. Si une contribution respecte ces règles et fonctionne, pourquoi son origine devrait-elle suffire à la disqualifier ?

            Parce que cette origine enfreindrait des règles éthiques du mainteneur ?

            Je propose une analogie pour que ce soit plus parlant : pour l'organisation d'un mariage, tu sélectionnes plein de prestataires pour différents aspects (la cuisine, le service, la logistique, le DJ, peu importe). Et tu fixes des règles : ponctualité, tenue vestimentaire correcte, effectif suffisant, prix, …

            Longtemps avant le jour J, tu découvres que l'un de tes fournisseurs exploite des personnes sans-papiers et mal payées. Du coup tu comprends mieux pourquoi, à prestation égale, c'était le moins cher des candidats.
            Sur le papier, il respecte pourtant toutes les règles que tu avais définies. Parce qu'il n'y avait aucune règle concernant la maltraitance des employés.

            Que fais-tu ?

            Tu acceptes de continuer à travailler avec ce fournisseur puisqu'après tout son offre est imbattable ? Ou bien tu repars à la recherche d'un autre fournisseur après avoir ajouté une règle de "non-exploitation de la misère humaine" dans tes critères ?

            Certains mainteneurs de projets opensource ont choisi cette seconde option : ils ont ajouté une règle concernant le non-usage de LLM. Pour ces mainteneurs, la fin ne justifie pas les moyens.

            EDIT : mince, je m'aperçois que le message de raphJ juste au dessus dis la même chose, mais en plus concis. Pardon pour le doublon.

    • [^] # Re: Je suis un Amish!

      Posté par  (site web personnel) . Évalué à 7 (+6/-0).

      La référence aux Amish m’a rappelé les moqueries de Macron au sujet des interrogations sur la 5g, et cette belle tribune de Bruno Latour sur le progrés :

      Jusqu’à quand va-t-on faire passer pour un mouvement irrésistible les décisions prises par quelques centaines de personnes en lieu et place des millions d’autres directement concernées ? Le président ferait bien de se renseigner un peu sur « le modèle amish » qu’il a cru bon de ridiculiser, car il a au moins l’avantage de faire discuter la communauté concernée sur l’ajout ou non de telle ou telle innovation. Mais la lecture du livre Agir dans un monde incertain, de Michel Callon, Pierre Lascoumes et Yannick Barthe (Seuil, 2001), lui aurait montré que l’une des règles pour survivre – et non pas seulement progresser –, c’est de faire buissonner les innovations au maximum et de les discuter toutes avec soin. C’est à cela que se juge la qualité d’une civilisation.

    • [^] # Re: Je suis un Amish!

      Posté par  . Évalué à 6 (+4/-1).

      Toi t'aurais bien été du genre à refuser le Super plombé à l'époque où il a été introduit pour réduire la dégradation mécanique des moteurs sous prétexte qu'on manquait de recul sur l'effet du plomb dans l'air!

      Maintenant pousse-toi de là et laisse passer le progrès!!

  • # Changements rsync

    Posté par  . Évalué à 2 (+1/-1). Dernière modification le 05 octobre 2026 à 10:02.

    Le 15 septembre, le mainteneur Debian du paquet rsync a annoncé que « pour corriger 33 CVE, [il a] décidé de passer à la version 3.5.0 plutôt que de rétroporter toutes les corrections individuellement » (ce qui entraîne des changements de comportement, est annoncé à la mise à jour du paquet et a amorcé la réflexion qui a donné lieu à cette dépêche).

    Le message dit aussi que les changements cassants sont liés aux corrections, donc ça aurait aussi été cassant s'ils avaient été rétro-portés.

    C'est pas comme si les changements cassants étaient liés au saut de version mais qu'on le faisait quand-même par flemme de rétro-porter.

    La décision me semble pas déconnante. Rétro-porter, c'est du boulot et un risque de faire des conneries.

  • # Logiciels vs. distro

    Posté par  . Évalué à 4 (+2/-0).

    J'ai pas bien suivi le vote Debian. Il me semblait qu'il portait sur l'utilisation de l'IA pour la distribution elle-même, pas sur l'inclusion de logiciels utilisant l'IA dans leur développement.

    Ça me semble compliqué de dégager tous les logiciels utilisant l'IA, surtout si ça touche des briques plutôt fondamentales (comme par exemple le noyau).

  • # listes

    Posté par  (courriel, site web personnel) . Évalué à 3 (+1/-0). Dernière modification le 05 octobre 2026 à 16:51.

    Est-on seulement capable de lister les logiciels concernés ?

    Ben, oui ? https://noailist.org/
    Il y a aussi des dépôts de source qui refusent explicitement ce genre de logiciels. Par exemple :
    https://blog.codeberg.org/protecting-our-floss-commons-from-llms.html
    https://sourcehut.org/blog/2026-08-27-tos-changes-and-llms/

    Je comprend pas trop l'argument « c'est inévitable ». C'est pas forcément super facile à éviter mais, tout comme les logiciels privateurs, la télévision, prendre l'avion ou la nourriture couverte de pesticides, il me semble tout à fait raisonnable de vouloir les éviter autant que possible et dans plein de cas, c'est possible même si c'est malheureusement pas toujours le choix par défaut.

    pertinent adj. Approprié : qui se rapporte exactement à ce dont il est question.

    • [^] # Re: listes

      Posté par  . Évalué à 2 (+2/-0).

      noailist donne une liste de logiciels sans IA.

      https://codeberg.org/ethical-foss/open-slopware
      donne une liste de logiciels avec de l'IA (et, des fois, donne des alternatives).

    • [^] # Re: listes

      Posté par  . Évalué à 3 (+0/-0).

      Les dévs ont un énorme incitatif à préciser la licence de leur code, sinon il est considéré proprio par défaut, au moins aux US, si je ne m'abuse.

      Mais pour l'IA, c'est comme en littérature: rien n'oblige à mentionner son usage, ni le degré d'usage, qui va de recherche de failles sur un code 100% écrit à la main, au vibe-coding sans relecture humaine.

      Et si on veut inclure les bibliothèques de dépendance, ça devient encore plus complexe.

      • [^] # Re: listes

        Posté par  (courriel, site web personnel) . Évalué à 2 (+0/-0).

        énorme incitatif à préciser la licence de leur code

        De mon expérience, c'est de moins en moins vrai. Je tombe de plus en plus sur des projets qui ne spécifient pas de licence. Il me semble bien naturel d'éviter un projet sans licence documentée mais tout le monde ne semble pas penser de cette manière.

        Au final la situation me semble similaire pour l'utilisation de Grand Theft Autocomplete. Les personnes sérieuses vont aussi éviter les projets qui ne le rejettent pas clairement. Ça va juste mettre un peu de temps à converger.

        pertinent adj. Approprié : qui se rapporte exactement à ce dont il est question.

  • # hum

    Posté par  . Évalué à 7 (+5/-0).

    Est-ce le premier de nombreux cas où des paquets embarquant des modifications faites par un LLM (sont arrivées et) arriveront dans Debian ?

    Il n’y a pas de modification faite par de l’IA dans rsync si j’ai bien compris. Le paquet debian (au moins le non-source) n’inclut pas les tests qui eux ont été modifiés par de l’IA. Autant je peux comprendre des réticence mais on est devant un mélodrame pour pas grand chose de factuel.

    Maintenant est-ce que ceux qui sont contre l’IA sont pour ignorer les CVE reportées par des IA ? J’aurais tendance à vouloir éviter un tel logiciel personnellement.

    https://linuxfr.org/users/barmic/journaux/y-en-a-marre-de-ce-gros-troll

    • [^] # Re: hum

      Posté par  (site web personnel, Mastodon) . Évalué à 6 (+3/-0).

      J'ai un avis sur la question, mais je vais le formuler sous forme de auestions pour que chacun puisse prendre sa propre décision pour ses propres projets (et la réponse n'est pas forcément la même dans tous les cas, par exemple en ce qui me concerne, l'approche de la sécurité dans Haiku n'est pas la même que dans mon emploi salarié, ou que dans d'autres projets que je maintiens):

      • Est-ce que trouver des failles de sécurité justifie l'impact écologique des LLMs lancés à toute vapeur pour faire une recherche par force brute de vulnérabilités?
      • Est-ce que la charge de travail est bien gérée, c'est à dire que les gens qui ont lancé le LLM prennent le temps d'analyser ce qu'ils ont trouvé et de faire une explication claire, une vraie analyse d'impact et une proposition de correction, ou bien est-ce qu'il s'agit de noyer les développeurs de logiciels libres sous des rapports dont la majorité ne sont pas des failles exploitables, et les laisser se débrouiller avec ça?

      Ce sont des questions qui se posaient déjà avant l'arrivée de l'IA. Dans Haiku par exemple on s'attend à ce que les contributeurs fasse un peu d'efforts pour formater leur code correctement selon nos règles (certaines personnes refusent de le faire et considèrent que c'est une perte de temps), le tester avant de nous l'envoyer (on reçoit régulièrement des propositions de changements qui ne compilent même pas), répondre aux questions des développeurs sans s'énerver, parfois devoir faire du refactoring pour rendre une solution plus générale plutôt que un patch contournant le problème, etc. C'est assez exigeant, mais le but est que les gens qui commencent à participer à Haiku par de petites contributions s'impliquent de plus en plus et que leur travail nécessite de moins en moins de revue pour être intégré.

      Lorsque la contribution externe est générée par LLM, le rapport de force change beaucoup. Il y a alors deux options faciles: interdire les LLM pour tout le monde, ou utiliser soi-même des LLM pour tenter de rééquilibrer. Il y a plein d'options moins faciles: accepter le déséquilibre, interdire toutes les contributions externes, …

      • [^] # Re: hum

        Posté par  . Évalué à 3 (+1/-0).

        Là tu ne parle que de qualité de contribution ou du volume ce qui n’est pas mon point.

        Aujourd’hui si je dis que j’utilise de l’IA pour tester mon logiciel, mon logiciel a de bonnes raisons d’être labellisé "fais avec de l’IA". Donc si je ne veux pas avoir ce label, je ne devrais pas accepter de contributions ayant utilisé de l’IA indépendamment de leur nombre et de leur qualité. Ce serait tout de même illogique de dire que tester avec de l’IA te donne le stigmate mais corriger des problèmes remonter par des IA (même s’il y a eu un humain entre).

        Imagine un petit projet qui n’a pas une très grande visibilité et qui reçoit un mail d’une personne qui explique qu’elle a utilisé [insère ton modèle préféré] ce qui lui a permis de détecter un problème de sécurité dans tel condition. Il n’y a pas le patch correctif. Il n’y a pas de problème de qualité du rapport, c’est le seul mail qu’il a reçu cette année. Est-ce que corriger ça c’est devenir un logiciel fait avec de l’IA ?

        Si ce n’est pas le cas, est-ce que le mainteneur peut utiliser la même méthodologie pour découvrir des problèmes de sécurité et dire que sont logiciel n’est pas fait avec de l’IA ?

        https://linuxfr.org/users/barmic/journaux/y-en-a-marre-de-ce-gros-troll

        • [^] # Re: hum

          Posté par  (site web personnel, Mastodon) . Évalué à 6 (+4/-1).

          Comme je l'ai écrit, la réponse aux questions dépend beaucoup du projet et aussi des raisons pour lesquelles on souhaite (ou pas) rejeter l'utilisation de LLMs.

          Si les raisons sont une inquiétude sur la qualité du code ou des rapports de sécurité (avec un rapport qualité/volume produit), alors, effectivement, on peut limiter le problème d'autres façons (en disant simplement qu'on rejette les contributions de mauvaise qualité, peu importe comment elles sont faites).

          Ça soulève d'autres questions. Je reprend les cas que je connaît. Dans Haiku, on reçoit souvent des contributions (faites à la main) qui ne vont pas au bout des choses. On aide les gens à mieux comprendre l'architecture, à améliorer leur proposition s'ils en ont envie, ou bien on reprend le truc en main et on finalise ou on réécrit les changements. Ce faisant, on a en tant que relecteur la satisfaction d'aider quelqu'un à monter en compétence, et les gens qui envoient des patchs en profitent pour apprendre des choses (clairement sans Haiku je n'aurais jamais acquis autant de connaissances sur le fonctionnement des systèmes UNIX, la programmation en C++, la conception d'IHM, …).

          Dans ce contexte on a même réussi à encadrer des contributeurs âgés de 13 à 17 ans dans le cadre du Google Code-In. Niveau qualité du code produit, il est clair qu'un LLM aujourd'hui est loin devant ce qu'on peut attendre d'un adolescent de 13 ans. Cependant, nous avons pu faire fonctionner ce mode de contribution assez spécial, en particulier parce que nous avons produit une liste de tâches très détaillée et aussi parce que nous avons recruté les participants d'une année pour aider à encadrer ceux de l'année suivante.

          Je ne pense pas que on puisse avoir une telle qualité d'échanges humains si on reçoit des masses de contributions générées par LLM. Dans le cas de Haiku encore, c'est déjà difficile sans LLM de répondre à toutes les demandes de revue de code. Et il n'est pas question ici de mettre en place un système de "réponse automatique" par LLM (on l'a fait par contre sur les aspects qui sont automatisables, comme le formatage du code, et il faudrait développer ou mettre en place d'autres outils par exemple pour le respect des conventions de nommage).

          Voilà pour le cas où l'argument est sur la qualité et le volume des contributions. Ça dépend du volume de contributions reçu, de l'intérêt que les développeurs ont pour le partage de compétence via la revue de code, de la disponibilité des contributeurs. Pour des exemples de projets qui font des choix très différents parce qu'ils ont des contraintes différentes, citons sqlite (c'est impossible de leur faire accepter un patch, ils préfèrent réécrire le code eux-mêmes), ou Linux (très gros volume de contribution, ne peut pas trop se permettre d'avoir des failles de sécurité, pas assez de gens pour traiter toutes les contributions reçues: l'utilisation de LLM peut être une bonne solution une fois qu'on en est là).

          Ensuite il y a l'argument du copyright. Là je peux citer Ryan Gordon qui travaille sur SDL. Lorsqu'il reçoit un patch généré par LLM, son souci principal est que cela pourrait être recopié de code source existant par ailleurs dans les données d'entraînement du LLM utilisé et sans en citer l'auteur. Devant l'incertitude au niveau de la license, l'option qu'il retient est de réécrire le code de façon différente (ce aui est d'autant plus difficile que le patch est simple). On a fait ce genre de choses chez Haiku aussi: une personne a vibe codé un tas de modifications (autour de la gestion de l'USB et des périphériques MIDI en particulier), un développeur de Haiku a regardé les changements et réécrit des correctifs de sa propre main. Là aussi, les enjeux ne sont pas les mêmes selon le projet. J'ai travaillé dans des entreprises où le risque de contamination du code interne par de la GPL faisait vraiment très peur aux juristes (de façon justifiée ou pas). Il y a d'autres projets où c'est beaucoup plus détendu là dessus (par exemple Linux qui n'est pas connu pour insister très fortement sur le respect de la GPL).

          Enfin il y a l'argument des conséquences écologiques et en utilisation de ressources. Et là aussi le compromis change selon, disons les orientations politiques et éthiques du projet. Peut-être qu'on en a rien à faire. Peut-être que la fin justifie les moyens. Ou peut-être que c'est un projet très orienté sur la réduction des ressources et l'informatique frugale, auquel cas, le choix d'utiliser massivement des LLM serait discutable. Il n'y a pas une seule réponse et ça n'a pas forcément à être 100% oui ou non. De la même façon que plein de gens sont écologistes mais prennent quand même l'avion pour partir en vacances parce que "ça change rien, l'avion décollera peu importe si je suis dedans ou pas". Bon courage pour calculer le bilan carbone précis de chaque contribution, et savoir si oui ou non, le résultat net est positif. Je ne pense pas que ça soit faisable, et donc, la solution est forcément une décision arbitraire, qui peut être très simple (pas d'IA, ou full open bar) ou plus nuancée, ou décidée au cas par cas selon l'humeur du moment.

          Pour en revenir au cas pratique de Haiku: la raison officielle qui conduit à interdire l'utilisation de LLMs, ce sont les problèmes de copyright. Dans ce contexte, il n'y a pas de problème si quelqu'un fournit un cas de test généré par un LLM (il servira à tester la correction mais ne sera pas intégré dans le code source), ou si quelqu'un fournit une contribution contenant du code généré par LLM (elle ne sera pas intégrée mais elle pourra servir de référence pour refaire une implémentation indépendante). Bien sûr cette approche n'a aucun sens si l'argument retenu était celui de la consommation de ressources (on fait 2 fois le travail: de ce point de vue c'est donc moins bien); et il n'a aucun sens non plus du point de vue de la qualité des contributions et de la montée en compétence des contributeurs (on passe du temps à réécrire du code qui existe déjà, on ne crédite pas directement les gens ayant utilisé le LLM comme auteurs des changements mais seulement comme ayant identifié le problème).

          Il y a encore d'autres raisons pour exclure les LLMs que j'ai entendues, mais sur lesquelles j'ai moins réfléchi. Par exemple, le fait que les LLMs sont peut-être vraiment conscients, et que c'est donc une forme d'esclavage ou d'exploitation animale de les utiliser; ou encore des raisons religieuses, dans certaines religions, tenter de recréer l'intelligence humaine qui est l'aboutissement du travail de Dieu, c'est mal vu (je résume n'importe comment parce que je suis totalement incompétent dans ce domaine). Je suppose que cela amènerait encore des réponses différentes.

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