Élection du #Debian Project Leader 2020 #DPL Jonathan Carter

Posté par  . Édité par Bruno, Benoît Sibaud, Davy Defaud, Ysabeau, Florent Zara, Arcaik, audionuma, olivierweb et patrick_g. Modéré par Xavier Claude. Licence CC By‑SA.
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avr.
2020
Debian

Jonathan Carter a été élu responsable du projet Debian (Debian Project Leader, DPL). Il succède à Sam Hartman, qui ne s’est pas représenté cette année.

Jonathan Carter (photo tirée de son programme de 2019)

La suite de cette dépêche retrace le déroulement des élections.

Sommaire

Annonce des élections

Comme chaque année, le secrétaire du Projet Debian a annoncé le calendrier des élections pour le rôle de responsable du Projet Debian.

Les élections se déroulent en trois phases :

  1. la période de nomination (du 8 au 14 mars), pendant laquelle les candidats se font connaître et préparent leur programme ;
  2. la période de campagne (du 15 mars au 4 avril), pendant laquelle on débat sur la liste debian‑vote ; c’est aussi l’occasion pour les candidats de publier leurs Rebuttals (contre-arguments), dans lesquels ils commentent les programmes des autres ;
  3. la période de vote (du 5 au 18 avril), pendant laquelle les membres du projet… votent.

Le DPL sortant ne se représente pas et fait son bilan

Sam Hartman, élu en 2019, a décidé de ne pas se représenter.

Dans son bilan, Sam se félicite d’avoir animé avec succès des discussions techniques à la recherche de consensus sur les bonnes pratiques d’empaquetage au sein de Debian. Sam regrettait en effet dans son programme pour 2019 les débats souvent interminables et épuisants qui empêchent les choses d’avancer.

Le DPL sortant a également proposé une résolution générale (GR) concernant la prise en charge des systèmes de démarrage en plus du système par défaut, systemd. Son intention n’était pas particulièrement de favoriser davantage systemd, mais plutôt d’expérimenter un mode de fonctionnement où le DPL essaie de faciliter la discussion et faire aboutir la communauté à des consensus sur les sujets qui font débat.

De son propre aveu, Sam n’avait pas anticipé la difficulté de gérer les délégations. En particulier, comment déterminer l’équilibre entre les besoins du projet, la charge de travail des délégués, etc.

Un autre élément qui semble pousser Sam à ne pas se présenter pour un mandat supplémentaire est une campagne de harcèlement à laquelle Debian est sujette depuis un certain temps par un ancien membre du projet.

Dans ses dernières nouvelles du DPL, Sam souhaitait employer la fin de son mandat au désamorçage des conflits qui émergent régulièrement dès que des décisions doivent être prises au sein du projet. Pour cela, il avait lancé un appel à volontaires pour constituer une équipe dédiée à cette tâche. Manifestement, trop peu de personnes ont répondu à cet appel, ce qui a été, d’après Sam, le principal facteur dans sa décision.

Les candidats et leurs programmes

Pour le mandat de 2020, trois personnes se sont portées candidates. Cette section présente leurs programmes respectifs ainsi que les questions qui leur ont été directement adressées lors des débats. Les questions d’ordre plus général, adressées aux trois candidats en même temps, sont traitées dans la section suivante « Autres thèmes abordés lors de la campagne ».

Jonathan Carter

Jonathan Carter est le premier candidat à s’être présenté cette année. Il s’était déjà présenté l’année dernière.

Son programme de cette année met l’accent sur ces points : améliorer les conditions de « travail » de la communauté, faire un meilleur rapport des activités du DPL, ainsi que de la situation financière de Debian.

Sur le premier point, Jonathan souhaite améliorer les conditions de participation en favorisant le mentorat et en facilitant la participation à distance. Son idée est d’avoir des outils en ligne apportant quelques‑uns des avantages qui sont normalement propres aux rencontres lors d’événements physiques comme les DebConf. Il souhaite aussi favoriser l’intégration des nouveaux contributeurs, notamment par le biais des équipes locales, mais aussi en clarifiant le fonctionnement de Debian. Enfin, il souhaite réduire les obstacles aux expérimentations.

Le deuxième axe de son programme porte plus sur la transparence de Debian, avec un engagement à améliorer la compréhension des finances du projet et des rapports d’activités plus réguliers et abordables.

Sans grande surprise, les thèmes de campagne de Jonathan n’ont pas fondamentalement changé depuis l’année dernière. On y retrouve en effet les questions de communauté et de transparence abordées cette année.

Le nombre de points abordés dans le programme de Jonathan a soulevé la question de leur priorisation au cours de l’année qui vient. En effet, il paraît peu probable que tout puisse être accompli en un seul mandat et on peut dès lors se demander quelles seront les tâches réalisées en priorité.
Dans sa réponse, Jonathan a précisé qu’il n’avait pas de plan d’action spécifique et que le plus important à ses yeux était que la communauté travaille mieux ensemble, peu importe le moyen d’y arriver. Il a néanmoins mentionné deux idées qui pourraient permettre, selon lui, d’améliorer la communication en ligne : la première, Debian Social, est plus qu’une idée puisque le service a été annoncé officiellement peu de temps après, et la seconde est l’organisation d’une MiniDebConf en ligne.

Sruthi Chandran

Sruthi Chandran s’est présentée en deuxième. Il s’agit de sa première campagne électorale pour le poste de DPL.

Son programme met l’accent sur l’absence de diversité au sein de Debian et comment y remédier. Même si elle reconnaît que certaines initiatives au sein de Debian tentent d’apporter une plus grande diversité au projet, notamment la participation au projet Outreachy, les résultats ne lui semblent pas suffisants. En particulier, Sruthi souhaite porter son attention sur les dépenses liées aux initiatives de diversité dans le but de les rendre plus efficaces.

Sruthi a également abordé d’autres sujets sur lesquels elle souhaite travailler, sans pour autant entrer dans les détails. Parmi ces sujets, on retrouve en particulier la délégation des responsabilités, l’accueil des participants ou encore la facilitation des rencontres entre contributeurs.

Aucune question n’a été directement posée à Sruthi pendant la période de débat.

Brian Gupta

Brian Gupta est le dernier des trois candidats à s’être présenté. Comme pour Sruthi Chandran, c’était la première fois qu’il se portait candidat.

Son programme a la particularité de ne porter que sur la création de deux fondations dédiées à Debian, l’une aux États‑Unis et l’autre en Europe.

Son principal argument est la fin des relations privilégiées qu’entretenait Debian avec Software in the Public Interest (SPI), la Trusted Organization historique de Debian. En effet, SPI considère désormais que toutes les organisations qu’elle représente devraient être traitées de la même façon et aurait révoqué certains avantages de Debian sans en informer le projet.

Pour rappel, Debian n’a actuellement que trois Trusted Organizations : Software in the Public Interest, debian.ch et Debian France.

Parmi les questions qui lui ont été posées au sujet de son programme, il a notamment été demandé à Brian pourquoi il a choisi l’élection du responsable du projet Debian comme moyen de lancer le débat sur la création d’une fondation, au lieu de passer par une résolution générale (GR) comme il serait plutôt d’usage de faire. Brian a répondu qu’une résolution générale n’était pas nécessaire, car la constitution n’avait pas besoin d’être modifiée et que la période de débat limitée dans le temps des GR n’était pas selon lui le meilleur format de discussion pour ce sujet précis.
Suite à plusieurs messages exprimant des réserves à propos d’un DPL qui ne s’occuperait que de la création d’une fondation, Brian a précisé quelles seraient ses activités en tant que DPL, qui ont été ajoutées à son programme à la fin de la campagne.

Le choix de créer plusieurs fondations a également été questionné, ce à quoi Brian a répondu qu’il était préférable d’être présent dans plusieurs juridictions et que la majorité des membres du projet Debian se trouvent en Europe ou aux États‑Unis.

Un certain nombre de questions et remises en contexte au sujet de la relation de Debian avec SPI a été apporté par Martin Michlmayr, candidat l’année dernière. Une des principales questions soulevées par Martin est celle de l’acceptation par les membres de l’idée Debian, à travers cette fondation, puisse payer des contributeurs, et quelles en seraient les modalités.

Autres thèmes abordés lors de la campagne

Cette section regroupe une synthèse de tous les autres sujets abordés sur la liste debian‑vote. Il s’agit de questions qui étaient adressées aux trois candidats.

Une des premières questions posées a porté sur l’efficacité du programme Outreach, et en particulier son retour sur investissement et la façon dont ce programme est géré. Par exemple, il semblerait que les seuls coordinateurs actifs de cette initiative au sein de Debian ne soient pas membres du projet Debian.
Brian a répondu que c’était en effet problématique car selon lui, la constitution ne permet pas d’attribuer des délégations à des personnes extérieures au projet.
Jonathan a, quant à lui, répondu… qu’il avait lui‑même été membre d’une délégation avant d’avoir le statut officiel de membre du projet Debian.

Les listes de discussion sont au centre des moyens de communication pour beaucoup de contributeurs Debian, mais le système actuellement en place montre ses limites, notamment en termes de gestion des individus nocifs pour la communauté. Les listmasters se sont ainsi résolus à mettre en place une modération manuelle pour certaines listes.
Dans ce contexte, il n’est donc pas étonnant qu’il soit demandé aux candidats leur avis au sujet d’une alternative, Discourse, dont une instance dédiée à Debian a été créée récemment. Par souci de cohérence, il leur a bien sûr été demandé de répondre directement sur Discourse.

Suite au bilan dressé par Sam Hartman au terme de son mandat et particulièrement la difficulté qu’il a eue à gérer les délégations, il a été demandé aux trois candidats s’ils partageaient ce constat et comment ils comptaient s’y prendre. Brian et Jonathan ont répondu, de façon assez similaire, qu’ils comptaient faire le point régulièrement avec les équipes et aider celles qui en ont besoin.

Éternel sujet, la queue NEW est‑elle traitée trop lentement ? La queue New est la file d’attente pour tous les paquets attendant d’être inspectés par l’équipe FTP pour entrer dans unstable.

Les candidats ont également posté leurs propres questions. Par exemple, Jonathan Carter a demandé aux membres du projet quels étaient selon eux les sujets importants qui étaient pourtant mis de côté par les différents DPL et même les candidats.

Sruthi Chandran a, quant à elle, demandé à ses deux concurrents leur point de vue sur l’état de la diversité au sein du projet Debian.

Vote et résultats

Le gagnant est Jonathan Carter, il l’emporte sur Sruthi Chandran par 201 voix, Brian Gupta par 241 voix et l’option nulle (« None of the above » ou « Aucune de ces options ») par 267 voix.

Comme le remarque Michael Larabel sur Phoronix, avec un taux de participation 33,5 % (339 votes retenus pour 1 011 développeurs), cette élection se situe dans la moyenne des cinq dernières années, mais est loin des 50 % à 60 % des débuts du projet.

Dès sa prise de fonction, le nouveau DPL s’est adressé aux membres du projet pour remercier les autres candidats et Sam Hartman, le DPL sortant, et lancer un appel à contribution pour l’aider à réaliser son programme. Espérons que la première réaction à son message ne soit pas représentative de l’avis de la communauté !

Aller plus loin

  • # Confinement

    Posté par  . Évalué à -3.

    Doit-on porter un masque en utilisant une Debian ? Question du vendredi :)

    Je laisse la parole à Jonathan Carter !

    de même que nous profitons des avantages que nous apportent les inventions d'autres, nous devrions être heureux d'avoir l'opportunité de servir les autres au moyen de nos propres inventions ;et nous devrions faire cela gratuitement et avec générosité

  • # Quelle utilité à la diversité ?

    Posté par  . Évalué à 10.

    Bonjour,

    Je ne comprends pas vraiment l'intérêt du programme de Sruthi Chandran.
    J'imagine qu'elle a deux objectifs :

    • Rendre plus accueillante Debian pour les personnes dont le genre fait l'identité.
    • Améliorer Debian grâce à une attraction de ces personnes pour le projet.

    J'ai cependant du mal à comprendre comment cela pourrait fonctionner concrètement. J'imagine mal que la mise en avant de "diversités" puisse aider qui que ce soit, alors que la mise à égalité sur un plan technique me paraît bien plus simple à mettre en place.
    En deuxième lieu, accueillir des gens aux idées nouvelles est toujours intéressant dans un souci de dynamisme, mais pourquoi privilégier le genre aux idées ?

    Soyez sûrs que je n'ai pas vraiment d'opinion là-dessus, mais le monde actuel m'étonne un peu et mes questions sont vraiment sérieuses. Si quelqu'un pouvait m'apporter un élément tangible sur lequel réfléchir afin de comprendre le fondement de ce programme, j'en serais ravi ! 

    • [^] # Re: Quelle utilité à la diversité ?

      Posté par  . Évalué à 3. Dernière modification le 25/04/20 à 11:29.

      L’égalité sur un plan technique ne fonctionne que s’il y a de la diversité. Si tu as un groupe sous-représenté dans Debian, les gens de ce groupe ne vont pas avoir envie de participer1. De plus l’égalité technique est un concept très compliqué dans l’absolu, surtout si tu n’as pas de diversité et de nouveaux venus, tu vas avoir tendance à privilégier le même mode de fonctionnement pour les nouvelles solutions, ce qui n’est pas forcément le meilleur choix technique mais plus le meilleur choix “habituel”.

      Du coup, si tu veux avoir une diversité plus égalitaire sur le plan technique, il faut passer par une étape temporaire où tu vas favoriser les minorités pour qu’elles soient vues de l’intérieur et de l’extérieur comme égales d’un point de vue technique. Ça ne veut pas dire que tu vas accepter n’importe quelle idée venant d’une minorité mais plutôt faire attention à ce que les minorités soient accompagnée sur un sujet, cela peut passer par du mentorat, des bourses pour que les personnes puissent passer du temps pour développer un sujet…

      Après, la question de mettre la diversité à un niveau plus prioritaire qu’autre chose est un autre débat.


      1. il y a un cercle vicieux. S’il n’y a pas de représentant d’un groupe, il y aura potentiellement des problématiques propres à ce groupe qui ne sont pas adressées, qui ne donnent pas envie aux gens de participer… 

      « Rappelez-vous toujours que si la Gestapo avait les moyens de vous faire parler, les politiciens ont, eux, les moyens de vous faire taire. » Coluche

      • [^] # Re: Quelle utilité à la diversité ?

        Posté par  . Évalué à 10.

        Si tu as un groupe sous-représenté dans Debian, les gens de ce groupe ne vont pas avoir envie de participer

        Je ne saisi pas qui est concerné.

        Si une personne se dit « je ne participe pas à Debian car il n'y a pas assez d'amateurs de brocolis dans ce projet », pour ce sujet elle s'identifie au groupe des gens qui aiment les brocolis (ou à leurs défenseurs) plutôt qu'au groupe des gens qui ont envie de participer à Debian.
        Depuis quand on participe à Debian en fonction de ses goûts culinaires ?

        Lorsque cette personne va dans un cours de cuisine, elle vérifie d'abord si l'organisateur utilise Debian ?
        - bienvenu à ce cours de cuisine, aujourd'hui nous all…
        - ouais bonjour aussi. J'ai un message important à faire passer : le logiciel libre est…
        - Ok d'accord, mais là on fait de la cuisine, du coup tu te laves les mains et tu enfiles ta blouse
        - non, je veux parler des logiciels libres
        - [saisit le hachoir, mouvement circulaire… BAM !! puis traîne le cadavre dehors]

        De plus cette personne n'a aucune possibilité de savoir combien il y a d'amateurs de brocolis dans Debian. Si ça se trouve ils sont sur-représentés.

        J'imagine qu'on est dans le cadre de « ils sont intéressés par Debian ET s'y sentent acceptés ».
        S'il faut faire des efforts spécifiques, cela implique que Debian a des dehors peu rassurants pour les amateurs de brocolis.
        Je ne parle pas de 1 commentaire merdique dans du code, ou de 0,1 % de personnes hostiles aux brocolis, soit immensément moins que dans la population mondiale (je me fais peut-être des idées à propos du projet Debian) --> Qui est concerné ?

        • [^] # Re: Quelle utilité à la diversité ?

          Posté par  . Évalué à 0.

          je ne participe pas à Debian car il n'y a pas assez d'amateurs de brocolis dans ce projet

          C'est plutôt: "je ne partiticipe pas à Debian parce qu'il y a une hostilité à l'encontre des amateurs de brocolis". Cette hostilité peut-être réelle ou ressentie. Et s'il n'y a pas de représentant des amateurs de broccolis, ça ne va pas aider (et s'il y en a mais qui ne le disent pas, c'est un problème aussi, ça veut dire qu'ils ne ferront pas changer les choses pour ne pas être identifier comme amateur de broccolis). Le but c'est de dire "venez les amateurs de broccolis, on veut vos idées techniques et on veut vos idées pour rendre le projet plus acceuillant pour les amateurs de broccolis".

          Je ne parle pas de 1 commentaire merdique dans du code, ou de 0,1 % de personnes hostiles aux brocolis

          Cela dépend, s'il y a 0,1% de personnes hostiles mais que personne ne leur dit rien ça donne l'impression que tous sont hostiles.

          « Rappelez-vous toujours que si la Gestapo avait les moyens de vous faire parler, les politiciens ont, eux, les moyens de vous faire taire. » Coluche

          • [^] # Re: Quelle utilité à la diversité ?

            Posté par  . Évalué à 10.

            Des exemples de personnes envers qui il y a une réelle hostilité ?

             

            s'il y a 0,1% de personnes hostiles mais que personne ne leur dit rien ça donne l'impression que tous sont hostiles.

            Je n'ai pas l'impression qu'une personne à peu près équilibrée réagisse comme ça.

            Ce n'est pas le cas sur la route, si nous arrêtions d'utiliser un véhicule lorsqu'un autre usager se comporte agressivement il n'y aurait quasi plus personne.
            Ce n'est pas le cas dans un forum comme ici, ni à l'école, ni en entreprise, ni dans la rue. Bref j'ai l'impression que la plupart des gens ne sont pas comme tu le décris.

            • [^] # Re: Quelle utilité à la diversité ?

              Posté par  (site Web personnel) . Évalué à -1.

              Je n'ai pas l'impression qu'une personne à peu près équilibrée réagisse comme ça.

              Si dans un forum, ou à l'école, ou en entreprise, ou dans un espace public, quelqu'un te fait une remarque sexiste ou raciste ou homophobe, et que personne ne le sanctionne, tu peux vraisemblablement penser que ses agissements sont cautionnés par les autres membres du forum, de l'entreprise, etc.

              Des exemples de personnes envers qui il y a une réelle hostilité ?

              Je ne connais pas la communauté Debian et sa gestion, mais en ce qui concerne le monde de l'informatique, il y a historiquement beaucoup moins de femmes que d'hommes qui y participent, et on pense que cela a à voir avec l'hostilité des premiers envers les secondes. Mais je ne t'apprends sans doute rien.

        • [^] # Re: Quelle utilité à la diversité ?

          Posté par  . Évalué à -2.

          Si une personne se dit « je ne participe pas à Debian car il n'y a pas assez d'amateurs de brocolis dans ce projet », pour ce sujet elle s'identifie au groupe des gens qui aiment les brocolis (ou à leurs défenseurs) plutôt qu'au groupe des gens qui ont envie de participer à Debian.
          Depuis quand on participe à Debian en fonction de ses goûts culinaires ?

          Je ne crois pas que ce soit la démarche. Si tu n'a que des mangeurs de viande qui font une activité X, si tu n'es pas un mangeur de viande, ça ne te viendra pas à l'idée de faire cette activité X. J'ai vu différent retour dans ce sens là, des gens qui se sont mis à faire quelque chose parce qu'ils avaient un avatar au quel se représenter.

          Quant au fait de se sentir mangeur de viande, ça peut être une volonté de ta part ou ça peut venir de certaine stigmatisation. On se charge de te rappeler régulièrement que tu n'es pas mangeur de viande. On te dis pas que c'est mal, on essaie pas de te dire ce que tu dois faire, mais bon on en fait des blagues (qui sont drôles) et qui du coup participe à te créer ton identité.

          • [^] # Re: Quelle utilité à la diversité ?

            Posté par  . Évalué à 8.

            Je ne crois pas que ce soit la démarche. Si tu n'a que des mangeurs de viande qui font une activité X, si tu n'es pas un mangeur de viande, ça ne te viendra pas à l'idée de faire cette activité X

            Donc un végétarien ne va pas au club de pétanque car ils ne sont pas végétarien ?

            Du coup le club de pétanque de mon patelin est composé exclusivement d'omnivores qui portent des chemises à rayures et sont fans de Michel Jonasz. Il y a un seul membre.

            • [^] # Re: Quelle utilité à la diversité ?

              Posté par  . Évalué à 5.

              Donc un végétarien ne va pas au club de pétanque car ils ne sont pas végétarien ?

              Si le club de pétanque organise des barbecues avec juste de la viande et deux feuille de salade. Oui. Si le végétarien qui vient avec sa bouffe à cause de ça se prend des remarques de tout le monde (ou de certains influents), oui.

              « Rappelez-vous toujours que si la Gestapo avait les moyens de vous faire parler, les politiciens ont, eux, les moyens de vous faire taire. » Coluche

          • [^] # Re: Quelle utilité à la diversité ?

            Posté par  . Évalué à 8. Dernière modification le 27/04/20 à 22:34.

            Quant au fait de se sentir mangeur de viande, ça peut être une volonté de ta part ou ça peut venir de certaine stigmatisation. On se charge de te rappeler régulièrement que tu n'es pas mangeur de viande. On te dis pas que c'est mal, on essaie pas de te dire ce que tu dois faire, mais bon on en fait des blagues (qui sont drôles) et qui du coup participe à te créer ton identité.

            C'est parce que tu fréquentes des gros lourds.
            Nous ne sommes pas dans une petite tribu de 50 personnes, il est facile de trouver des gens avec qui ça se passe bien.

            La plupart des humains ont besoin d'être parmi des semblables. Selon le niveau intellectuel, d'éducation, de culture, etc, ça engendre le rejet de différentes choses.

            Je ne me sens pas victime alors que je ne suis probablement pas le bienvenu dans une communauté turque, ni dans une communauté lesbienne. Il y a énormément de communautés dans lesquelles je ne suis pas le bienvenu (jeunes rappeurs du quartier d'à côté car je ne suis ni jeune ni rappeur, le club de couture du coin car je ne fais pas de couture, chasseurs, club d'aviron, religieux, club de fumeurs de cigares, motards, tuning, audiophiles, etc). Et donc ? Et donc osef.

            • [^] # Re: Quelle utilité à la diversité ?

              Posté par  . Évalué à -5.

              Tu personnalise et prend ton expérience pour une généralité. Surtout tu considère que l'humain doit avoir une logique froide et que si ça n'est pas le cas, il n'a qu'à le devenir que ça n'est pas ton problème. Très bien personne n'a dit que ça devait devenir ton problème. Mais d'autres au lieu d'affirmer des logiques froides s'intéressent à ce que les autres ressentent et tentent des choses pour améliorer leur ressenti. Je vois pas pourquoi juger dans tous les sens comme tu le fait (tu arrive en plus de ça à t'en prendre aux gens qui jugent si j'ai bien compris).

              • [^] # Re: Quelle utilité à la diversité ?

                Posté par  . Évalué à 8.

                Je vois pas pourquoi juger dans tous les sens comme tu le fait

                Peux-tu copier-coller les passages dans lesquels je juge dans tous les sens ?
                Je suis en général relativement factuel.

                 
                75 % de ta présente réponse semble être de l'interprétation et du jugement :
                « Tu personnalise et prend ton expérience pour une généralité » --> interprétation et probablement un jugement
                « tu considère que l'humain doit avoir une logique froide » --> interprétation (fausse car mes textes montrent à peu près clairement l'inverse)
                « si ça n'est pas le cas, il n'a qu'à le devenir que ça n'est pas ton problème » --> interprétation
                « au lieu d'affirmer des logiques froides » --> interprétation et probablement un jugement
                « juger dans tous les sens comme tu le fait » --> cf ma première phrase de ce message
                « tu arrive en plus de ça à t'en prendre aux gens qui jugent » --> interprétation (et récursion ?)

                 
                Il reste :
                « personne n'a dit que ça devait devenir ton problème. » --> factuel
                « d'autres […] s'intéressent à ce que les autres ressentent et tentent des choses pour améliorer leur ressenti. » --> factuel (on suppose que c'est factuel même sans exemple car tout le monde est à peu près d'accord sur le fait que c'est vrai)
                « si j'ai bien compris » --> ah ben voilà :-)       Je te taquine

                 
                Ce sont des interprétations tant qu'on n'est pas en mesure d'apporter des éléments probants (et du coup mon 75-25 % ne sera plus vrai).
                Une interprétation peut se révéler vraie, mais ça reste une interprétation (tout comme les divinations, sur le lot certaines se réalisent, ça n'en fait pas des vérités).

                 
                Il est normal que nous ayons des interprétations et des jugements, nous fonctionnons comme cela depuis… je n'en sais rien, ça doit faire bien longtemps. Il semble que ce soit normal et souhaitable dans plein de cas. Mais il n'est pas souhaitable que ce soit utilisé pour argumenter, discuter, résoudre un problème. Ça ne fait pas avancer les choses. On voit ça dans des discussions à n'en plus finir sur n'importe quel sujet, les gens balancent des opinions et des interprétations, et c'est tout. Le résultat est toujours minable. Lorsque je pointe un début de question ou d'argument, il n'y a plus que les grandes gueules qui poursuivent en montant dans les tours et finissent par dire n'importe quoi devant tout le monde. Ça marche à tous le coups : confinement, politique, peut-on uriner dans la combinaison de plongée, Joe Bar Team a perdu son âme, les crèches privées, tout :-)

                Par exemple ton message auquel je réponds n'apporte pas d'arguments valides ou pistes de réflexion. Ni de choses constructives à mon encontre si par exemple je posais problème.
                Si tu le construits différemment cela te permet d'avoir une pensée plus solide, car tu es obligé de faire un premier tri. Ça te permet également de confronter tes arguments, d'en acquérir d'autres, d'en abandonner certains.
                Et également de présenter tes points de vue et ressentis pour y mettre quelque chose de solide derrière. Ce sont des choses factuelles alors que généralement basés sur des interprétation : il est factuel que je n'aime pas regarder la télé, mais je n'ai pas d'arguments sur le sujet vu que ça ne m'intéresse pas du tout. Si un jour j'ai envie de creuser le sujet, je peux présenter mon ressenti (pas en disant « la télé c'est nul » car ce n'est ni factuel ni un ressenti, ou du moins pas un ressenti exprimé de manière à être correctement reçu) et brasser ça avec ce qu'en pensent les autres, voir les arguments pour/contre/grouic et me construire une opinion plus solide que l'actuelle. Et surtout j'en saurais plus sur les autres, ce qu'ils aiment dans la télé, et ça débordera probablement sur d'autres choses ; à condition de maintenir la discussion et de ne pas passer en mode interprétation-à-tour-de-bras et je-parle-fort-pour-monter-que-j'ai-raison.

                Je trouve que l'école devrait être l'endroit pour acquérir les bases de la discussion. J'ai l'impression que la vie serait bien plus heureuse.
                En plus ça limiterait la portée des discours creux des politiciens, notre paysage politique serait probablement très différent.

            • [^] # Re: Quelle utilité à la diversité ?

              Posté par  . Évalué à 0.

              Je ne me sens pas victime alors que je ne suis probablement pas le bienvenu dans une communauté turque, ni dans une communauté lesbienne.

              Le but justement, c'est que Debian ne soit pas une communauté turque ou lesbienne mais une communauté qui accueille un maximum de personnes différentes. Donc il faut que tout le monde soit accueilli.

              « Rappelez-vous toujours que si la Gestapo avait les moyens de vous faire parler, les politiciens ont, eux, les moyens de vous faire taire. » Coluche

              • [^] # Re: Quelle utilité à la diversité ?

                Posté par  . Évalué à 6.

                il faut que tout le monde soit accueilli.

                D'où ma question de départ : Debian a un accueil défavorable pour quelles personnes ?

                Sruthi Chandran dont le programme est explicitement d'améliorer cela indique juste qu'il y a une sous-représentation de certaines catégories de personnes, mais ne donne aucune raison ni aucun axe dans son programme. Du coup on ne sait pas si c'est à cause d'un accueil défavorable.

                • [^] # Re: Quelle utilité à la diversité ?

                  Posté par  . Évalué à 4.

                  Ben là, je pense que ce n’est pas du tout le bon endroit pour poser cette question, à moins qu’il y ait eu quelqu’un qui l’ait vécu sur ce site (mais vu la population, ça m’étonnerait). Le mieux c’est de poser la question sur une mailing list Debian ou à Sruthi Chandran directement. Il y a peut-être eu plus d’explications dans les différents débats de la campagne.

                  « Rappelez-vous toujours que si la Gestapo avait les moyens de vous faire parler, les politiciens ont, eux, les moyens de vous faire taire. » Coluche

    • [^] # Re: Quelle utilité à la diversité ?

      Posté par  (site Web personnel) . Évalué à 4. Dernière modification le 25/04/20 à 13:06.

      Rendre plus accueillante Debian pour les personnes dont le genre fait l'identité.

      On a souvent le réflexe de penser "genre" dès lors qu'on parle de diversité, mais les problématiques de nationalité/localisation géographique/ethnie en sont aussi des éléments importants.

      En deuxième lieu, accueillir des gens aux idées nouvelles est toujours intéressant dans un souci de dynamisme, mais pourquoi privilégier le genre aux idées ?

      Le sujet n'est pas tant de privilégier une caractéristiques aux idées, mais de tendre la main de façon plus ostensible/proactive à un groupe de personnes afin de faciliter l'émergence de contributeurs au sein de ce groupe. Sans ce genre d'actions, la majorité de ces potentiels contributeurs n'auraient peut-être même pas eu l'idée d'intégrer Debian.

      Ça ne peut donc que bénéficier au projet, en attirant à la fois de nouveaux contributeurs, et de nouvelles idées (le tout sans affecter les contributeurs existants, le nombre de "places" n'étant pas limité).

    • [^] # Commentaire supprimé

      Posté par  . Évalué à -10. Dernière modification le 27/04/20 à 11:53.

      Ce commentaire a été supprimé par l’équipe de modération.

      • [^] # Re: Quelle utilité à la diversité ?

        Posté par  . Évalué à 3.

        Comme si le fait d'être non-blanc pour le dire clairement apportait plus de qualité pour un projet.

        Si un projet décide que les personnes de plus de 1m85 ne sont pas spécifiquement encouragées à participer, ça ne change rien. Ça concerne 5 % de la population, et ces participants n'ont pas de problème d'accès au projet, ni de réticence. Ils sont donc déjà dans le projet, pas besoin de leur faciliter l'accès spécifiquement, il y en a probablement déjà 5 % dans le projet. En avoir plus ou moins ne change rien.

        Si un projet décide de favoriser l'intégration de 30 % de la population mondiale, c'est une autre histoire.
        Déjà ça augmente le nombre de contributeurs, ce qui est important pour certains projets.
        Le fait d'intégrer des personnes venant d'autres milieux a des avantages. Entre autres le fait que ces personnes ont des besoins différents, donc évolution des logiciels, élargissement de l'audience.
        Et puis il y a des choses qui sont extérieures au projet mais peuvent être vues comme souhaitables. Par exemple le fait que ça aide au développement de pays mal lotis, c'est une petite pierre qu'apporte le projet.

         

        ça détruit la qualité d'un code sur le long terme.

        Un exemple et/ou argument serait utile.
        Les gens de plus de 1m85 sont statistiquement moins bons ?

        • [^] # Re: Quelle utilité à la diversité ?

          Posté par  (site Web personnel) . Évalué à -3.

          Je n’ai pas pu lire le commentaire original, donc je rebondis sur cette citation :

          Comme si le fait d'être non-blanc pour le dire clairement apportait plus de qualité pour un projet.

          On a un exemple récent qui démontre le contraire : Cloudflare met en place un résolveur DNS « pour la famille » qui veut censurer tout ce que les enfants ne devrait pas voir. Résultat, comme ce sont en majorité des blancs, cis-hétéro, états-uniens, ils ont aussi bloqué des sites d’aide aux personnes transgenre.

      • [^] # Re: Quelle utilité à la diversité ?

        Posté par  . Évalué à 7.

        Dieu merci, les gens n'ont pas voté pour ça.

        Bien sûr que si ils ont voté pour ça !
        Un gros intérêt du système de vote utilisé est qu’on peut indiquer ses préférences en classant les candidats. Or, en plus des trois candidats, on pouvait aussi voter pour None Of The Above, c’est-à-dire Personne. En gros, si on classe NOTA avant un candidat ou une candidate, cela veut dire qu’on ne veut surtout pas de cette personne.

        D’après les résultats du vote, Sruthi Chandran l’emporte sur NOTA par 168 voix, et si on regarde le détail, sur les 339 votants, 244 votants (70 % !) la préfèrent à NOTA tandis que 76 lui préfèrent NOTA.

        Les gens ont donc voté pour son programme, mais ce n’était juste pas celui qui avait leur préférence.

      • [^] # Modération

        Posté par  (site Web personnel) . Évalué à 6.

        Ce type de commentaire ciblant la nationalité et la corpulence n'a pas sa place ici, et a été supprimé par l'équipe de modération. Merci de respecter les règles de modération en vigueur sur le site.

  • # Debian, est-ce un exemple d'une démocratie qui fonctionne bien ?

    Posté par  . Évalué à 1.

    Bonjour,

    Je suis utilisateur et fan de Debian.
    Selon moi, Debian est un projet fabuleux qui agrège des centaines (milliers) de bénévoles dans le monde pour nous offrir une distribution GNU/Linux de qualité.

    J'aimerais savoir ce que vous pensez du mode de fonctionnement démocratique au sein de Debian.
    De mémoire, j'avais retenu :
    - vote majoritaire
    - utilisation de clef GPG pour voter

    Est-ce toujours d'actualité ?
    Est-ce que ça va dans le bon sens ?
    Y'a-t'il des améliorations notables ?

    Voici quelques questions que je me pose, et surtout est-ce que ce modèle pourrait s'appliquer à l'échelle d'une association, d'une région, ou d'un état comme une sorte de démocratie idéale !

    ps: j'avoue que je n'ai pas plus creusé ces questions par manque de temps, c'est pourquoi j'ose poser ce genre de questions, ici sur linux-fr pour lancer le débat.

    • [^] # Re: Debian, est-ce un exemple d'une démocratie qui fonctionne bien ?

      Posté par  (site Web personnel) . Évalué à 5.

      J'aimerais savoir ce que vous pensez du mode de fonctionnement démocratique au sein de Debian.
      […]
      - vote majoritaire
      - utilisation de clef GPG pour voter

      Concernant les élections ce n’est pas un vote majoritaire qui est utilisé :

      Debian utilise la méthode Condorcet pour les élections du chef du projet (…). Pour simplifier, la méthode originale de Condorcet peut être décrite comme ceci :

      Considérez tous les scrutins possibles comprenant seulement 2 candidats choisis parmi tous les candidats. Le vainqueur de Condorcet, s'il existe, est le candidat qui peut battre n'importe quel autre candidat dans un scrutin comprenant uniquement lui-même et l'autre candidat.

      (tiré de https://www.debian.org/vote/index.fr.html)

      L’utilisation de clés GPG est juste un point technique particulier, possible et « facile » dans le contexte de Debian parce que ~tous les développeurs ont une clé pour l’upload des paquets.

      Mais sur le fonctionnement, le moment des élections n’est pas (dans Debian) l’unique moment de « démocratie », n’est même pas (à mon sens) un moment particulièrement important, et s’il a un aspect important il est dans la manière dont il établit un temps de discussions plus générales, pas dans le moment du dépôt d’un vote.

      Aussi, je parlais des discussions, et celles-ci n’existent heureusement pas uniquement à cette période, elles ont lieu toute l’année. Et sur ce point, Debian, comme d’autres projets (libres ou pas), peut avoir des épisodes assez durs, mais je trouve qu’il y a quand même eu une nette amélioration dans l’expression et l’écoute ces dernières années.

      Sur l’application à d’autres environnements, clairement pour moi dans ses aspects techniques le modèle Debian est inapplicable mais adopter des discussions ouvertes, sereines, avec des arguments construits et analysés par chacun·e, ça doit pouvoir marcher partout.

    • [^] # Re: Debian, est-ce un exemple d'une démocratie qui fonctionne bien ?

      Posté par  (site Web personnel) . Évalué à 4.

      est-ce que ce modèle pourrait s'appliquer à l'échelle d'une association, d'une région, ou d'un état comme une sorte de démocratie idéale !

      Avec une région en testing, qui tourne tous les ans, un coup c'est l'Auvergne, l'année suivante les Corbières, et après la Martinique. Ça risque d'être compliqué au moment du freeze :)

      * Ils vendront Usenet^W les boites noires quand on aura fini de les remplir.

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