openSUSE Leap 15.2

Posté par  . Édité par Ysabeau, Benoît Sibaud et chalu. Modéré par Ysabeau. Licence CC By‑SA.
30
24
déc.
2020
openSUSE

Le 2 juillet 2020, le projet openSUSE a annoncé la publication de Leap 15.2. Cette dépêche va tenter, avec six mois de retard, de balayer quelques nouveautés et d’expliquer le cycle de publication.

Logo de Leap

openSUSE Leap est une distribution GNU/Linux communautaire éditée et maintenue par le projet openSUSE. Cette version 15.2 est construite à partir des sources du 2ème Service Pack de SUSE Linux Enterprise 15 (abrégé SLE 15 SP2) et sera maintenue jusqu’à fin 2021.

Sommaire

Cycle de publication

Leap est une distribution à sortie fixe construite à partir des sources de SLE (une partie des RPM de Leap sont construits avec les mêmes « spec file » que SLE). Le schéma de publication est le suivant :

  • une version majeure est planifiée tous les 36 à 48 mois environ. Les versions majeures sont alignées sur les versions de SLE ;
  • une version mineure est planifiée tous les 12 mois environ. Les versions mineures sont alignées sur les Service Packs de SLE.

Les utilisateurs ont six mois pour effectuer la migration entre deux versions mineures (soit dix-huit mois de maintenance par version mineure) car SUSE a fait le choix de laisser sixmois de chevauchement entre les SP de SLE :

Cycle de vie des versions majeures et mineures de SLE

Ce mode de fonctionnement a une conséquence directe : chaque version mineure possède des dépôts dédiés et une action explicite de l’administrateur est obligatoire pour passer à la mineure suivante.

Mais SLE suit un modèle Consolidation/Rafraîchissement pour les Service Packs (a.k.a. modèle Tick-Tock) :

  • les versions impaires sont des versions de consolidation : principalement des corrections de bugs, l’amélioration des fonctionnalités existantes et quelques nouvelles fonctionnalités ;
  • les versions paires sont des versions de rafraîchissement : en plus de ce qu’on trouve dans les impaires, il y aura plus de mises à jour de logiciels (le kernel par exemple) mais qui peuvent rester conservatrices (GNOME et Plasma, quand ils sont mis à jour, ne le sont pas sur les toutes dernières versions par exemple)

Il ne s’agit pas d’une règle rigide qui s’applique à toute la distribution. Des logiciels vont bouger à chaque version (LibreOffice par exemple). D’autres ne vont pas bouger (systemd ou la version de GCC par défaut, par exemples). C’est plutôt un principe. Mais qui s’applique plutôt bien, même sur les paquets gérés communautairement.

En espérant que cela clarifie un peu les questions qui se posent parfois autour de ce « dist-upgrade qui ne met pas tout à jour » :-)

Les nouveautés

Cette version amène de nouveaux paquets dans les dépôts officiels. Notamment, et sans être exhaustif :

  • l’orchestrateur de conteneurs Kubernetes et son gestionnaire de paquet, Helm ;
  • des paquets liés à l’intelligence artificielle : Tensorflow, PyTorch et ONNX ;
  • Grafana, pour la visualisation de données.

Socle

Le noyau Linux passe du 4.12 au 5.3 (avec le matériel graphique récent rétroporté) et une version temps-réel est aussi arrivée dans les dépôts.

GCC 9 a été rajouté dans les dépôts, ce qui vient compléter les versions 7 et 8 déjà présentes depuis respectivement 15.0 et 15.1.

Station de travail

Démarrage de LibreOffice sur Leap 15.2 avec l'environnement Plasma de KDE

Tous les environnements de bureau majeurs ont été mis à jour :

  • GNOME 3.26 > 3.34 ;
  • Plasma 5.12 LTS > 5.18 LTS ;
  • Xfce 4.12 > 4.14 ;
  • Mate 1.20 > 1.24.

On peut aussi noter l’arrivée d’un pattern (petit nom des méta-paquets/groupe de paquets) proposant une belle intégration de Sway !

Pattern OpenSUSEway

Firefox et Thunderbird restent proposés en versions 68 ESR. Il s’agit de logiciels qui ne sont pas figés pendant le cycle. Ils sont continuellement mis à jour en suivant les versions supportées à long terme du projet amont. Et, comme d’habitude, le dépôt Mozilla permettra aux utilisateurs le souhaitant de passer sur les versions les plus récentes de ces logiciels.

YaST

Logo de YaST

L’outil d’installation et de configuration d’openSUSE voit quelques changements :

  • début de la séparation des fichiers de configuration entre /etc et /usr/etc. Tous les modules de YaST supporte cette nouvelle structure ;
  • amélioration de la compatibilité avec le Windows Subsystem for Linux, notamment dans les ajustements effectués par YaST au moment du 1ᵉʳ démarrage ;
  • meilleures performances du gestionnaire de logiciels ;
  • meilleure compatibilité avec les langues de droite à gauche, comme l’arabe ;
  • au niveau du partitionneur :

Plateformes

Leap supporte officiellement la plateforme x86_64. Des images lives sont disponibles pour essayer Leap sans l’installer et un partenariat avec la société Tuxedo permet d’acheter des ordinateurs avec Leap 15.2 pré-installé.

Des portages pour les architectures Power (ppc64le) et ARM (aarch64, armv7) sont également disponibles et maintenus par des membres de la communauté.

Enfin, Leap propose des images Open Stack et pour les services de cloud public (Linode, Amazon Web Services, Azure et Google Compute Engine).

Migration facilitée vers un support Entreprise

Comme c’est le cas depuis Leap 15.0, SUSE supporte la migration de Leap vers SLE, ce qui permet de développer sur Leap puis de migrer en vue des certifications et/ou pour avoir un support étendu.

Projet openSUSE

Logo officiel d'openSUSE

Le projet openSUSE est un effort communautaire mondial qui cherche à promouvoir l’utilisation des systèmes d’exploitation basés sur le noyau Linux et, plus généralement, des logiciels libres.

Ce projet développe les outils Open Build Service (dont une instance est maintenue par le projet et qui peut être utilisée par d’autres distributions), openQA et YaST, ainsi que deux distributions testées automatiquement : Leap, une distribution stable avec un support de trois ans et Tumbleweed, une distribution en publication continue.

Aller plus loin

  • # openSUSE = SUSE gratuit et sans support ?

    Posté par  . Évalué à 5. Dernière modification le 24/12/20 à 21:48.

    Je me demandais s'il y avait des différences importantes entre openSUSE et SUSE comme distribution et si oui, lesquelles. Ou bien si (non non, ne pas troller !) openSUSE est un peu l'équivalent pour SUSE de ce qu'était CentOS par rapport à RHEL ?

    Surtout, ne pas tout prendre au sérieux !

    • [^] # Re: openSUSE = SUSE gratuit et sans support ?

      Posté par  . Évalué à 10.

      Je vais répondre en 2 temps

      openSUSE/CentOS

      La base de Leap est une reconstruction des RPM de SLE (Linux, systemd, GCC ou GNOME par exemples). En plus, la communauté fournis des paquets supplémentaires (Plasma ou Xfce par exemples). Je n'ai pas la proportion de paquets venant de SLE/fournis par la communauté. Ca serait une donnée intéressante !

      C'est toujours un peu glissant de comparer des distributions car le diable se cache dans les détails. Mais je dirai que Leap se rapproche plus d'un ensemble CentOS+EPEL (si on compare avec le monde Red Hat).

      Dans les différences subjectives (attention, on est vendredi et c'est Noël) :

      • YaST : certains ne l'utilise pas mais d'autres aiment la centralisation de la configuration à un seul endroit (les goûts, les couleurs, tout ça)
      • une Leap sentira plus le frais que le combo CentOS/EPEL,
      • le caméléon c'est plus sympa que le chapeau (mais je suis un ami des bêtes)

      Il y a, plus sérieusement, une grosse différence organisationnelle :

      • les paquets Leap venant de SLE sont maintenus par les ingénieurs de SUSE (là où le rebuild de CentOS n'était, sur le papier, pas le problème des ingénieurs Red Hat)
      • SLE est tirée de Tumbleweed (openSUSE en publication continue). Leap est reconstruit à partir de SLE et tire ses paquets communautaires de Tumbleweed. Les paquets communautaires de Leap peuvent être reconstruits pour SLE et rendu disponible dans le Package Hub (qui est comparable au dépôt Universe d'Ubuntu). C'est donc le même projet qui est upstream et downstream (là où, il y a le projet Fedora et le projet CentOS).

      Il y a eu une conséquence importante de cet engagement de SUSE directement dans Leap : plutôt que de continuer à maintenir 2 constructions avec les problèmes que cela peut poser au niveau de la maintenance (différence d'environnement, etc), SUSE a proposé que Leap s'appuie directement sur les binaires de SLE. Il s'agit du projet Jump qui sera mis en œuvre pour Leap 15.3 en 2021.

      openSUSE/SUSE

      Il n'y a aucun support offert par SUSE sur Leap. Il faut migrer. Et je ne sais pas comment ça se passe si tu utilises des paquets communautaires qui ne sont pas dans le Package Hub

      Le cycle de vie de Leap et de SLE n'est pas comparable car, une fois qu'une nouvelle version majeure de SLE arrive, Leap passe sur cette base alors que SUSE continuera de sortir des Service Packs sur les 2 versions (Leap 42.x n'est plus supportée par la openSUSE alors que SLE 12, sa base, continue de voir des Service Packs sortir)

  • # Essai de SLED (SUSE Linux Enterprise Desktop)

    Posté par  (site Web personnel) . Évalué à 10.

    Par curiosité, j'ai testé SLED récemment. Utilisateur de Fedora/CentOS depuis des années, j'avais envie de voir ce qui se fait du côté de SUSE.

    Je trouve que zypper (le gestionnaire de paquets en ligne de commandes de SUSE) est mieux fait que dnf (celui de Fedora). D'ailleurs sous le capot, la libsolv, développé par SUSE et initialement utilisé par zypper, est maintenant utilisé par dnf aussi.

    La documentation de SUSE est incroyablement bien faite, et on peut choisir le format (html, single-html, pdf, epub). Il y a plus de projets logiciels qui devraient faire pareil, pouvoir imprimer ou sauvegarder facilement toute la doc.

    Ce qui marche moins bien, c'est le multimédia. Je trouve que RPM Fusion pour Fedora est mieux fait que l'équivalent chez SUSE, Packman (Additional package repositories). Après avoir installé je pense ce qu'il faut, totem (donc avec GStreamer) "lagge", mais heureusement il y a VLC qui tourne bien. Sans doute un paquet GStreamer qu'il faut que j'installe en plus pour avoir l'accélération matérielle ou un truc du genre. Je dois encore voir ça plus en détails. Dans tous les cas sur Fedora je n'ai pas ce soucis de "lag".

    Et, en tant que client qui paye (environ 50€ par an), l'expérience client est vraiment bien faite je trouve, il y a notamment le Customer Center, et ce n'est pas si embêtant que ça de devoir rentrer un code d'enregistrement lors de l'installation. Alors bien sûr, pourquoi payer alors qu'openSUSE est gratuit ? C'était avant tout par curiosité, SUSE est meilleur marché que Red Hat, et comme ça je soutiens une entreprise qui développe le desktop Linux. Ce n'est cependant pas l'activité principale de SUSE évidemment, le secteur serveur/cloud ayant plus de poids, mais en payant une souscription pour SLED, j'ose espérer que l'argent est utilisé pour le Desktop, comme le D l'indique. Hé, si tous les utilisateurs du bureau Linux faisaient de même, le bureau Linux se porterait déjà mieux ;-)

    • [^] # Re: Essai de SLED (SUSE Linux Enterprise Desktop)

      Posté par  . Évalué à 5.

      Dans les années 90 déjà, la documentation de SuSE était incroyablement bien faite. Quand on achetait une boite, il y avait 3 livrets imprimés (au moins), dont un avec des procédures de secours.

Suivre le flux des commentaires

Note : les commentaires appartiennent à celles et ceux qui les ont postés. Nous n’en sommes pas responsables.