Journal Nos origines ... le premier navigateur web a 30 ans

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Tags : aucun
49
20
fév.
2019

Le mois prochain, ça fera 30 ans que Tim Berners-Lee a proposé le WorldWideWeb. En préparation de cet anniversaire, une petite équipe a recréé le premier navigateur développé par Cailleau et Berners-Lee en Objective-C sur une station NextStep.
C'est très complet, très fidèle, avec les petites maximes et l'aide originelles, et vous pouvez jouer avec puisque ça tourne dans une page web.

Même 30 ans après, ça fait chaud au coeur quand ça marche :
www is working

À ce stade, vous vous demandez à quoi ressemble linuxfr dans ce bidule ? À pas grand chose ! L'html des débuts ne connaissait que 26 tags, dont certains ont disparu : ADDRESS, A, DL, DT, DD, H1, H2, H3, H4, H5, H6, HP1, HP2, HP3, ISINDEX, LI, LISTING, NEXTID, NODE, OL, PLAINTEXT, PRE, RESTOFFILE, TITLE, UL, XMP. Les feuilles de style existaient déjà, sous une forme assez différente.

Et bien sûr aucune image ! C'est la gestion des images qui fera le succès du navigateur Mosaic de Marc Andreessen qui partira fonder Netscape qui deviendra Firefox. Rendons donc hommage à Firefox avec cette belle capture d'écran de la dépêche sur Firefox 65 affichée par WorldWideWeb — vous noterez la lisibilité.

copie d'écran du premier navigateur

Pour cet anniversaire le CERN a tenu à faire une belle restauration, jusqu'a recréer la typographie d'origine (ben oui les polices ont évolué). Le projet est documenté, rempli d'anecdotes — d'où vient le port 80 ? — et bien sûr LIBR… libre ? ah, non.

Ceux qui veulent consulter le code source originel peuvent farfouiller dans le dépôt Github.

La même équipe avait déjà « restauré » Line-mode, le premier navigateur web multi-plateformes et qui tournait sur un ordinateur ordinaire.

  • # code source du projet

    Posté par (page perso) . Évalué à 4.

    Je n'ai pas trouvé le code source du projet, mais ça va sans doute venir, puisqu'ils ont publié le source de l'émulateur de line-mode sur Github.

    "La liberté est à l'homme ce que les ailes sont à l'oiseau" Jean-Pierre Rosnay

  • # Licence libre

    Posté par . Évalué à 4.

    et bien sûr LIBR… libre ? ah, non

    Est-ce que le projet ne devrait pas l'être ? La licence du logiciel d'origine est la suivante :

    Permission to use, copy, modify, and distribute this software and its
    documentation for any purpose and without fee or royalty is hereby
    granted, provided that the full text of this NOTICE appears on ALL
    copies of the software and documentation or portions thereof, including
    modifications, that you make.

    Comme ils ont eu accès au code et s'en sont inspirés (avec l'exécutable), comme ils ont repris la documentation, ne doivent-ils pas fournir une copie la licence présente dans l'original ?

    • [^] # Re: Licence libre

      Posté par . Évalué à 3.

      C’est un peu compliqué comme question étant donné que c’est un organisme « public » qui édite, mais dans l’idée pas nécessairement.

      En tant que détenteurs des droits, c’est eux qui fixent la licence et ils peuvent distribuer le même code sous pleins de licences s’ils ont envie, par ex. le classique double licence libre/proprio. Après est-ce que c’est le CERN qui détient vraiment les droits ou les auteurs initiaux des logiciels qu’ils employaient, est-ce qu’ils ont étés consultés ou sont à l’origine du truc, je ne sais pas.

      • [^] # Re: Licence libre

        Posté par . Évalué à 1.

        Je ne suis pas certain de comprendre en quoi le fait que ce soit un organisme public vient compliquer la situation.

        X réalise un logiciel et publie les sources (dont la documentation) avec une licence libre contagieuse¹. Quand Y veut reprendre une partie des éléments du logiciel réalisé par X, il est contraint à respecter la licence contagieuse. Je ne pense pas que X puisse changer la licence de son logiciel, je ne pense pas non que X puisse publier une nouvelle version du logiciel sans respecter la licence imposée avec la version d'origine.

        ¹ ma compréhension est que la licence du logiciel d'origine est libre et contagieuse, donc à prendre avec précaution

        • [^] # Re: Licence libre

          Posté par . Évalué à 6.

          Je ne pense pas que X puisse changer la licence de son logiciel, je ne pense pas non que X puisse publier une nouvelle version du logiciel sans respecter la licence imposée avec la version d'origine.

          Eh bien si ! X détient les droits d’auteur, qui lui permettent de décider sous quelles conditions un tiers peut utiliser son logiciel. X décide donc des termes de la licence, dans les limites des droits qui lui sont conférés. Il peut autoriser qui il veut à utiliser son logiciel. Il peut dire à Y « tu peux utiliser le logiciel sous les conditions L1 » et à Z « tu peux utiliser le logiciel sous les conditions L2 », charge à Y et à Z d’accepter le contrat en signant ou pas les licences L1 ou L2 respectivement.

          Mais il n’y a certainement pas de session des droits à Y ou Z au passage, sauf quand c’est négocié à Y ou Z. Donc X garde le droit de licencier ses droits à qui il veut ultérieurement, aux conditions qu’il veut. Garde à l’esprit que seuls Y ou Z signent le contrat, et qu’il n’a pas de valeur au-delà.

        • [^] # Re: Licence libre

          Posté par (page perso) . Évalué à 8.

          il est contraint à respecter la licence contagieuse

          Attention, tu reprends les termes péjoratifs et faux utilisés par les anti copyleft. Il n'y a pas de maladies transmises par une licence de type GPL ou équivalent. Pour contrer cela, Stallman parle de licence héréditaire, c'est beaucoup plus vrai et positif !

          • [^] # Re: Licence libre

            Posté par . Évalué à 3.

            les termes péjoratifs

            Tout dépend de ce qui est transmis. Le rire ou le bonheur sont également contagieux. Merci, j'essayerai de m'en souvenir pour la prochaine fois.

            • [^] # Re: Licence libre

              Posté par (page perso) . Évalué à 3.

              Bon exemple aussi, sur ma lancée, je n'avais pas pensé à ce coté positif de contagieux ;-) Mais bon, ce n'est clairement pas celui-là dont Steve Ballmer parlait !

  • # Et on pouvait modifier les pages, pas vrai ?

    Posté par (page perso) . Évalué à 5.

    En tout cas je vois qu'on peut modifier le texte sur le site de démonstration. Il me semble avoir lu il y a longtemps que c'était une feature par défaut des navigateurs de l'époque, et que le Web des débuts avait ses "graffeurs" qui venaient faire du vandalisme artistique sur les pages ? Tout ce que je retrouve à ce sujet aujourd'hui, c'est une mention à propos des "passive browsers" dans la fiche Wikipédia de WorldWideWeb.

    • [^] # Re: Et on pouvait modifier les pages, pas vrai ?

      Posté par (page perso) . Évalué à 7.

      Je n'ai jamais entendu parler du vandalisme, mais la modification de pages était effectivement possible dans le navigateur sous NextStep — à condition d'avoir les codes FTP pour enregistrer ! Comme le disait Robert Cailleau il y a quelques années :

      Vous n'imaginez pas le confort de pouvoir lire et éditer en même temps !

      Le navigateur expérimental Amaya le permettait, j'ai un peu joué avec. Pour du texte c'est effectivement assez pratique. On retrouve ça aujourd'hui avec l'écriture des articles sur linuxfr ou la création de pages dans Wordpress 5 et dans Odoo.

      "La liberté est à l'homme ce que les ailes sont à l'oiseau" Jean-Pierre Rosnay

      • [^] # Re: Et on pouvait modifier les pages, pas vrai ?

        Posté par . Évalué à 5.

        Netscape Composer (et son descendant Seamonkey aussi il me semble) a cette possibilité de modifier les pages en ligne, si on a le code FTP. J'ai utilisé ça sur mon premier site web à la fin des années 90…

  • # Cette interface me rappelle quelque chose…

    Posté par (page perso) . Évalué à 5.

    Oh on dirait WindowMaker !

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