Journal Traduction de l'analyse de B.Perens sur le code montré par SCO

Posté par  (site Web personnel) .
0
20
août
2003
Ci-dessous. L'article original est là:
http://perens.com/Articles/SCOCopiedCode.html(...)
Merci pour votre gracieuse relecture et vos corrections non-copyrightées.

--- debut ---

Analyse du code de Linux dont SCO prétend qu'il viole leurs copyright et secrets commerciaux.

Par Bruce Perens <bruce@perens.com>, avec l'aide de beaucoup de membres de la communauté Linux.

Vous pouvez republier cet article.

Le 18 août à son exposition commerciale de Las Vegas, SCO a montré du code qu'ils déclarent avoir été copié dans Linux en violation de leur copyright ou de leurs secrets commerciaux. L'éditeur allemand Heise a photographié deux diapos du show de SCO sur son code et les a rendu public sur son téléscripteur [ndt: "news ticker"]. Heise édite c't , un populaire magazine allemand d'informatique. Voici les diapos:

http://www.heise.de/newsticker/data/jk-19.08.03-000/imh0.jpg(...)
Cette diapo contient certains commentaires du code source de "System V", et montre leur correspondance avec des commentaires très emblables dans Linux. Quelques commentaires de System V sont délibérément dissimulés en utilisant les caractères grecs d'une police Symbol. Vous pouvez tout révéler en tapant le texte grec puis en changeant la fonte avec une police latine. Le résultat est:

* As part of the kernel evolution toward modular naming, the
* functions malloc and mfree are being renamed to rmalloc and rmfree.
* Compatibility will be maintained by the following assembly code:
* (Also see mfree/rmfree below)

Ce commentaire apparaît au-dessus de la fonction montrée dans la diapo suivante. C'est amusant que les gens de SCO n'aient pas pensé que ce changement de police puisse être si facilement défait. Je suis content qu'ils ne travaille pas sur la sécurité de mon 'ordinateur: -)

http://www.heise.de/newsticker/data/jk-19.08.03-000/imh1.jpg(...)
Cette diapo a plusieurs erreurs de syntaxe C et ne compilerait jamais. Donc elle ne représente absolument aucun code source de Linux. Mais nous avons trouvé la fonction malloc() à laquelle cette diapo se réfère. Elle est incluse en code copyrighté par AT&T et a deux fois été libérée sous license BSD: une fois par Unix Systems Labs (AT&T), et à nouveau par Caldera, la compagnie qui s'appelle maintenant SCO. Certaines des versions libérées incluent le commentaire dans la première diapo. Les développeurs de Linux ont légalement le droit de se servir du code sous cette license. Aucune violation du copyright ou des secrets commerciaux de SCO n'a eu lieu.

La fonction a été écrite par Dennis M. Ritchie ou Ken Thompson à AT&T, en 1973. Elle apparaît dans les répertoires "dmr" et "ken", dans différentes versions. Vous pouvez voir la fonction dans ce fichier [http://perens.com/Articles/DMR_malloc.c.txt(...) ], à l'origine appelé dmr/malloc.c. Le code vient d'Unix version 3, la version plus ancienne version connue d'Unix qui existe toujours en forme compréhensible par une machine. Le source complet pour ce système peut être trouvée ici [http://www.tuhs.org/Archive/PDP-11/Distributions/research/Dennis_v3(...) ] sur le Net.
En 2002, Caldera a libéré ce code en Open Source, sous cette license [ftp://ftp.tribug.org/pub/tuhs/Caldera-license.pdf(...) ]. Caldera est, bien sûr, la compagnie qui s'appelle maintenant SCO. La license permet très clairement aux développeurs de Linux d'employer le code en question. L'information historique sur pourquoi Caldera a libéré le code source d'Unix au public est ici [http://linux.oreillynet.com/pub/a/linux/2002/02/28/caldera.html(...) ], et contient des informations en rapport avec les plaintes en justice de SCO.

Le code de malloc() apparaît également dans Lions Commentary on Unix 6th Edition [http://www.amazon.com/exec/obidos/tg/detail/-/1573980137/ref=lib_dp(...) ]. Le livre de Lions a été publié pour la première fois en 1977, avec une limite de non-divulgation, et a été employé comme manuel par les universités qui avaient une license du source d'Unix. AT&T vendait une copie de ce livre aux licensiés d'Unix pendant un certain temps, et une version photocopiée a largement circulée parmi les licensiés d'Unix. Santa Cruz Operation (maintenant Tarantella), avant sa vente d'UNIX à Caldera (maintenant SCO), a autorisé l'édition du livre sans limite de divulgation en 1996.

Une autre version de l'algorithme est parue dans Kernighan & Ritchie, The C Programming Language, Prentice Hall 1978, apparemment sans restrictions.

Une autre version du code est copyrightée par l'université de Californie en tant que partie du système Unix BSD qu'elle a produit pour l'armée des Etats-Unis et libéré en Open Source. Ce code est également sous license BSD, et apparaît ici [http://unix-archive.pdp11.org.ru/PDP-11/Trees/2.11BSD/sys/sys/subr_(...)] dans ce fichier libéré en 1984. Il est probable que ce soit la version qui a pénétré dans Linux par le code contribué par le fabricant de systèmes graphiques SGI. Il est intéressant de considérer comment ce code en est venu à appartenir à l'université.

Au début des années 90, AT&T's Unix Systems Labs (USL) a poursuivi BSDI, une compagnie vendant le système BSD, et l'université de Californie, à propos de ça et d'autre code dans le système BSD. Les réclamations que SCO fait sont très semblables aux réclamations d'AT&T. AT&T a perdu. On a constaté qu'AT&T avait fortement copié l'université sans attribution [ndt: en se l'attribuant ?], et donc AT&T a arrangé les choses. Dans le règlement [ndt: règlement amiable ?], l'université accepta d'ajouter une notice de copyright AT&T à quelques fichier et de continuer à les distribuer sous license BSD. AT&T accepta de payer les frais de justice de l'université. Quelques détails du procès sont ici [http://cm.bell-labs.com/cm/cs/who/dmr/bsdi/bsdisuit.htm(...) ].

Le code d'AT&T qui était l'objet de ce procès survit dans le système actuel de SCO. L'équipe d'analyse de pattern [ndt: modèle ?] de SCO [ndt: la "pattern analysis team" dont SCO parle] a trouvé ce code et a correctement conclu qu'il était semblable au code dans Linux. Mais ils n'ont pas effectué l'étape supplémentaire consistant à vérifier si oui ou non le code avait été autorisé à être copié légalement pour d'autres. [ndt: embrouillé]

En fait, vous n'avez pas besoin d'une "équipe d'analyse de pattern" - vous pouvez juste taper des lignes du programme prétendument copié dans google.com, et Google vous montrera certains des endroits où ce code a été posté sur le Net.

C'est frappant si SCO montrait son meilleur exemple. C'est ça?!?!? Du vieux code sale de 1973 qui a été partout sur le Net pendant trois décennies et qui est libéré sous une license qui permet aux développeurs de Linux de l'employer en toute impunité? Si c'est leur meilleur exemple, ils sont voués à perdre.

La réponse de SCO à ce document c'est sa parole contre la nôtre. Je ne vous demande pas, cependant, de me croire sur parole. Je vous ai présenté des liens vers les preuves, tout cela est disponible sur des sites web que je ne contrôle pas. Je ne vous ai jamais demandé un accord de non-divulgation. Je n'ai dissimulé aucune de mes informations sous une police illisible. Ce serait gentil à SCO d'agir de cette façon aussi.

Je me suis laissé dire que le code en question a déjà été enlevé des plus récentes versions de développement du noyau Linux, pour des raisons techniques.

Mes sources pour cette analyse sont quelques membres très obligeants de la communauté Linux qui ont signalé l'information sur le site web Linux Weekly News [http://lwn.net/Articles/44981/(...) ] et sur cette page [http://sco.iwethey.org/(...) ] d'information très utiles sur le cas SCO [ndt: les poursuites de SCO ?].


Traduction Xavier Brochard xavier@alternatif.org (remarques bienvenues). Bruce Perens n'est en aucun cas responsable des erreurs contenue dans ce document, que vous pouvez republier.
  • # "SCO veut faire invalider les principes de la licence GPL"

    Posté par  . Évalué à 6.

    http://www.zdnet.fr/actualites/technologie/0,39020809,39115870,00.h(...)

    Extraits : "Eben Moglen, jursite pour la Free Software Foundation, a publié sa réponse sur le site de l'association dès le 18 août. «Ce qu'a dit l'avocat de SCO est un tissu d'absurdité total et non professionnel, écrit-il. [...] bonne nouvelle [...]"
  • # Re: Traduction de l'analyse de B.Perens sur le code montré par SCO

    Posté par  (site Web personnel) . Évalué à 7.

    C'est complétment ouf ! En deux jours la communautés linux a bati l'argumentaires des avocats d'IBM ! On se demande a quoi ils sont payés ;)
  • # Re: Traduction de l'analyse de B.Perens sur le code montré par SCO

    Posté par  (site Web personnel) . Évalué à 5.

    J'ai vu les diapos ce matin... Au premier abord ça calme un peu.
    Puis quand on lit l'argumentaire de B. Perens, toute la stratégie SCO tombe à l'eau. Et c'est beau.
  • # Re: Traduction de l'analyse de B.Perens sur le code montré par SCO

    Posté par  . Évalué à 2.

    Superbe travail de recherche. Ca tent a rassurer quelque peu sur cette affaire ....

    Esperons que le proces se passera sans probleme !
  • # Re: Traduction de l'analyse de B.Perens sur le code montré par SCO

    Posté par  (site Web personnel) . Évalué à 4.

    Je trouve la première phrase bizarre, mais elle n'est effectivement pas facile à traduire. Ma version (+ qques autres trucs) :

    Le 18 août à Las Vegas lors d'une présentation commerciale, SCO a montré une partie du code copié dans Linux en violation avec leurs copyrights ou leurs secrets commerciaux.

    ...qui existe toujours sous une forme compréhensible...
    ...Californie, à propos de cela et d'autre code...
    ...Il a été découvert qu'AT&T avait fortement copié le travail de l'université sans la créditer pour autant et donc AT&T a réglé l'affaire : l'université accepta d'ajouter une notice de copyright AT&T à quelques fichier et de continuer à les distribuer sous license BSD et AT&T accepta de payer les frais de justice de l'université. Quelques détails du procès sont ici ...

    pattern analysis team : équipe de reconnaissance/analyse de motifs ?

    désemberlificotage : ...Le code d'AT&T qui était l'objet de ce procès survit dans le système actuel de SCO. L'équipe de reconnaisance de motifs de SCO a trouvé ce code et a conclu à raison qu'il était semblable au code dans Linux. Mais ils n'ont pas fait l'effort supplémentaire de vérifier si le code était légalement copiable...

    ...et sur cette page [http://sco.iwethey.org/(...) ] d'information particulièrement utiles sur les affaires SCO...

    beau boulot xavier
    • [^] # Re: Traduction de l'analyse de B.Perens sur le code montré par SCO

      Posté par  (site Web personnel) . Évalué à 2.

      Merci pour tes judicieuses remarques (tu es le seul !).

      La 1ère phrase: c'est le forum utilisateurs de SCO en ce moment à Las Vegas. D'où l'ironique "son exposition commerciale de Las Vegas". J'ai remplacé expo par show et allégé le reste de la phrase.

      Pas facile de garder le style de B.Perens. J'aurais tendance à être plus concis. Mais je pense qu'il a voulu un texte sans ambiguité.

      "La liberté est à l'homme ce que les ailes sont à l'oiseau" Jean-Pierre Rosnay

  • # Re: Traduction de l'analyse de B.Perens sur le code montré par SCO

    Posté par  (site Web personnel) . Évalué à 1.

    Juste une interrogation de ma part : cette information a-t-elle déjà fait l'objet d'une news ?

    Personnellement, je trouve que c'est le meilleur contre-argumentaire que j'ai vu dans l'affaire SCO jusqu'à présent (mais j'en ai peut-être raté). Cela ne mériterait-il pas une news de la boîte "autre" ou même de page principale ?

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