gasche a écrit 1151 commentaires

  • [^] # Re: Encore une fois...

    Posté par  . En réponse à la dépêche Nouvelles technologies à l’assaut de la démocratie éthiopienne. Évalué à 7. Dernière modification le 12 juin 2012 à 19:27.

    Moi je classe ton message dans le syndrome "il y a déjà tellement de souffrance dans ce monde, un de plus un de moins, finalement on peut faire ce qu'on veut". On laisse déjà les chinois exploiter d'autres chinois, des russes surpêcher, et la couche d'ozone disparaître, alors pourquoi ne pas aller coder des outils de filtrage DPI pour des dictatures ? On ne sera pas plus responsables qu'avant !

    J'essaie de faire mes choix au mieux en prenant en compte leurs conséquences néfastes pour les autres et les avantages qu'ils m'apportent (le but étant de maximiser le second tout en minimisant le premier, les coefficients respectifs dépendant de la situation). Je suis bien conscient qu'on ne peut pas faire de sans fautes, mais il faut trouver un équilibre raisonnable.

    Toi tu préfères utiliser des arguments réthoriques à la con ("les civils ont encore la possibilité de se tenir à carreau") pour nier le fait que, si, quand on développe un logiciel DPI vendu à une dictature, on a une responsabilité plus directe et plus facile à éviter que quand on invite ses beaux-parents à venir manger et qu'ils viennent en voiture avec des habits made in China, ou quand on aide à faire ses exercices de maths un gars qui plus tard construira des avions de chasse.

    Ce qui manque dans vos raisonnements c'est une notion de quantitatif. On n'est pas tout bon ou tout mauvais, mais il y a des gens qui s'en sortent mieux que les autres¹, et des choix qu'on peut faire (ou éviter bien confortablement de faire) pour changer significativement son équilibre en la matière.

    ¹: et on peut s'en sortir très bien sur certains aspects et très mal dans d'autres (le pépé qui cultive des fleurs magnifiques et fournit du soutien scolaire bénévole aux enfants de son quartier, et qui torturait des prisonniers en Algérie), et c'est comme ça la vie, c'est compliqué, quoi qu'en disent les gens avec un discours primaire comme le vôtre.

  • [^] # Re: Encore une fois...

    Posté par  . En réponse à la dépêche Nouvelles technologies à l’assaut de la démocratie éthiopienne. Évalué à 3.

    Il y a une différence de magnitude entre la personne qui développe, maintient et débuggue un logiciel de DPI vendu au régime Lybien et Éthiopien et la personne dont "le niveau de vie est dû en grande partie à l'exploitation des autres". Si tu commences à dire ou à laisser croire que les deux, c'est pareil, ça revient à dire que la première chose est aussi inévitable que la seconde.

    Pour moi il y a une notion de responsabilité bien claire dans le premier cas et c'est ça que je rappelle. Je ne parle pas d'un salarié "responsable des prises de décisions de sa hiérarchie" (je ne vois pas où est la responsabilité dans ce cas, à part dire qu'il aurait dû informer sa hiérarchie d'un désaccord), mais du salarié qui, une fois mis au courant des prises de décision de sa hiérarchie, choisit de continuer à faire un travail qu'on lui demande, et qui soutient donc cette décision.

  • [^] # Re: définition juridique :

    Posté par  . En réponse à la dépêche Nouvelles technologies à l’assaut de la démocratie éthiopienne. Évalué à 1. Dernière modification le 12 juin 2012 à 10:58.

    Sauf que tu nous imposes une définition en citant les textes de loi qui t'arrangent pour faire passer ta propre position sur la question.

    D'une part, le texte de loi décrit la façon dont les juristes voient une situation, et pas la réalité de la situation. La loi est relative et elle peut changer selon les évolutions de la société. Les entreprises existent depuis longtemps, ont été théorisées plus récemment, mais dans des cadres où la loi existante était bien différente. Le concept d'entreprise dépasse donc des juridictions locales (dans le temps et l'espace), et prétendre clore en débat avec un texte de loi n'a pas de sens (même si ces textes de loi, bien sûr, peuvent aider à comprendre un concept et ont un effet bien réel sur les pratiques des personnes là où ils s'appliquent).

    D'autre part ton argument juridique est lui-même biaisé et critiquable. Il existe de nombreux status juridiques pour des structures qui méritent le nom d'"entreprise" (dont même certaines sont structurellement à but non lucratif), comme tu peux le voir sur la page wikipédia par exemple.

    Attacher la notion d'entreprise à la seule recherche du profit et de l'intérêt particulier au mépris de tout le reste, c'est oublier notre culture, notre histoire (par exemple l'influence du Saint-Simonisme sur la politique industrielle française), et simplement le bon sens : que peut-il arriver de bon si l'on se force à regarder certains acteurs les plus importants de notre société sous un seul angle, la recherche de leur intérêt particulier à tout prix ?

  • [^] # Re: Y'a-t-il encore besoin de nouveaux langages "bas niveau"?

    Posté par  . En réponse à la dépêche Le langage D. Évalué à 4.

    Théoriquement rien n'empêche le compilateur de le savoir, mais il faudrait avoir une notion de fichier objet pour les headers — pour retenir l'information calculée — qui devraient être distribués avec les bibliothèques. (Il faut connaître le header et le code pour faire la déduction correcte.)

    Et, surprise, cette "information calculée" serait une version compilée des marqueurs pure et nothrow dont les gens disaient du mal plus haut. Ça revient exactement à faire de l'inférence de ces marqueurs; et alors pourquoi ne pas laisser aussi l'utilisateur les ajouter explicitement s'il le souhaite ? C'est plus flexible et ça n'enlève rien.

  • [^] # Re: Encore une fois... Oui, et ?

    Posté par  . En réponse à la dépêche Nouvelles technologies à l’assaut de la démocratie éthiopienne. Évalué à 2.

    Sur ce, je retourne bosser sur mon boulot qui ne sauve pas vraiment de vie, qui ne nourrit pas les pauvres, ne libère pas les opprimés, et n'apporte rien ni à la veuve ni à l'orphelin. Mais c'est mon boulot de ma petite vie de pas héros qui ne souhaite pas le devenir, même secrètement.

    Mais c'est très bien et on ne t'en demande pas plus. Fais un boulot qui te plaît, qui te permet d'être heureux, et qui n'a pas pour finalité de nuire à autrui. Si tout le monde faisait ça nous serions dans un monde meilleur; et il me semble normal d'attendre ça des autres (même si la loi ne les y force pas), car peut-être qu'en parler un peu permet de décourager certaines personnes de faire autrement.

    (Si tu veux continuer avec ton raisonnement cynique de tout à l'heure, l'idée est de mettre en place des dynamiques qui augmentent le coût perçu (ici réputationnel) des activités que l'on veut éviter, comme par exemple fermer les yeux sur le fait que son boulot sert à espionner et torturer des opposants politiques. C'est une pression très rationnelle et qui peut être efficace en pratique.)

  • [^] # Re: Y'a-t-il encore besoin de nouveaux langages "bas niveau"?

    Posté par  . En réponse à la dépêche Le langage D. Évalué à 8.

    toto = "Bonjour ${name}. Vous avez ${3} nouveaux messages"
    
    
  • [^] # Re: Bof

    Posté par  . En réponse à la dépêche Le langage D. Évalué à 4.

    Merci pour ces informations; c'est ce genre de choses que j'aurais bien aimé voir dans une dépêche, un aperçu des fonctionnalités avancées du langage.

    Est-ce que tu pourrais en dire un peu plus sur la signification de alias pred, et pourquoi tu utilises un compile-time test plutôt que de spécifier un type du style delegate bool(T)?

    (Pour ma part je suis un peu gâté; le langage natif que j'utilise permet d'écrire ça plus facilement, depuis un peu moins de 20 ans, donc je dirais plutôt que D rattrape le retard que C, et C++ (au moins avant lambda) ont accumulé vis-à-vis de la programmation fonctionnelle. Mais je suis sûr que D a d'autres avantages, par exemple il paraît qu'il peut être utilisé sans GC, même si je ne suis pas sûr que c'est vraiment praticable.)

    Enfin je suis amusé par une légère forme de langue de bois en fin de dépêche. Tu dis que le langage "n'est pas propriétaire" (je ne sais pas exactement ce que ça veut dire) mais le paquet conseillé pour Debian est "dmd", un compilo qui est justement propriétaire. […] c'est bien qu'il existe des implémentations libres à côté mais encore faut-il qu'elles soient à jour, compétitives et utilisées, ce qui reste à prouver. […]

    C'est inexact. La licence du backend du compilo DMD est propriétaire, mais le frontend est complètement open source. Et on peut contribuer au backend à volonté. La seule chose qui est interdite par la licence, c'est de redistribuer le backend.

    Le backend n'est pas libre, donc le compilateur dans son ensemble n'est pas libre; dire que "le compilateur (officiel) est propriétaire" me semble exact. C'est bien qu'il encourage des gens à réutiliser son frontend, regarder ses sources, etc., mais ça reste un logiciel propriétaire.

    Quand aux autres compilos, si LDC (LLVM) est fortement en retard, LDC (gcc) est en retard de 2 versions, soit environ 4 mois, sur DMD. Il est parfaitement utilisable et utilisé en pratique.

    Quand je disais qu'il "restait à prouver" que les alternatives libres étaient au niveau, je voulais dire que je n'en savais rien (je ne connais pas bien D) et qu'il fallait développer la question au lieu de la traiter d'un ton catégorique sans rien dire: le diable est dans les détails. Merci d'avoir apporté des précisions supplémentaires; chacun jugera comme il voudra les informations.

    Moi ça me gênerait¹ d'utiliser un langage dont l'implémentation principale est propriétaire et dont les concurrents libres doivent "suivre la musique" (en l'absence de spécification du langage et avec une sémantique qui évolue encore régulièrement), mais la situation es quand même raisonnable et je comprends très bien que d'autres gens s'en accommodent. Il n'empêche que j'en retiens que c'est considérablement plus compliqué, comme situation, que de dire juste "ah non c'est un mythe".

    ¹: À mon humble avis il y a déjà assez de langages satisfaisants à l'implémentation libre pour qu'on n'ait pas besoin de jeter son dévolu sur un langage au statut moins clair. Par exemple, si j'étais intéressé par le genre de choses que met D en avant, je pourrais à la place utiliser et soutenir Rust (aussi en développement), ATS (un peu plus orienté recherche), Cyclone (un peu mort), Vala ou même Common Lisp (SBCL) ou OCaml.

  • [^] # Re: Y'a-t-il encore besoin de nouveaux langages "bas niveau"?

    Posté par  . En réponse à la dépêche Le langage D. Évalué à 4.

    Et alors, en quoi concaténer des chaînes en série est-il plus lisible qu'un printf ou une interpolation de chaînes ?

  • [^] # Re: Encore une fois...

    Posté par  . En réponse à la dépêche Nouvelles technologies à l’assaut de la démocratie éthiopienne. Évalué à 3.

    Bref, au lieu de râler contre FT, si tu veux peser, il faut "tout simplement" (en fait ça va pas être simple du tout) faire interdire par l'État Français à une entreprise française d'être impliquée directement ou via ses filiales et succursales dans des activités contraire aux principes des Droits de l'Homme.

    Pourquoi pas, mais je n'hésiterai pas non plus à râler contre FT et à parler du fait qu'à moi, en tant que client comme en tant qu'employé potentiel, ça me semble anormal de faire ça. Histoire de rappeler aux gens qui décident de le faire que, malgré la présence de plein de "bonnes raisons" que tu as énoncées, il y a toujours des gens à qui ça pose de problème.

    Après c'est un point de vue personnel, tant pis si des gens ne le partagent pas, et trouvent normal au contraire ce choix de développer des outils de DPI pour des dictatures, tout en se disant qu'il faut "tout simplement" attendre que le gouvernement décide de nous éclaircir les idées sur le fait que, peut-être, ce n'est pas une activité dont on est heureux.

    Comme si on avait besoin de l'"État Français" pour le savoir; car nous ne pensons plus, nous ne faisons qu'appliquer la loi… tant qu'elle n'est pas trop facile à éviter pour plus de profits !

  • [^] # Re: Encore une fois...

    Posté par  . En réponse à la dépêche Nouvelles technologies à l’assaut de la démocratie éthiopienne. Évalué à 9.

    Elle doit donc rendre compte devant des actionnaires dont on suppose que le profit est le but.

    Avoir le profit pour but n'est pas honteux en soit, ce qui me semble anormal est de considérer que c'est le seul but. Il est normal pour une entreprise (en tant qu'entité décidante ou dirigée par ses actionnaires) cherche à être rentable pour continuer son activité et apporter des bénéfices. Mais tout n'est pas noir ou blanc, ce n'est pas le seul aspect de l'existence d'une entreprise, il y a aussi des effets larges sur la société qu'il est aberrant de ne pas prendre en compte en confondant "chercher le profit" et "chercher le profit à tout prix, en ignorant tout le reste".

    Quand je cherche un logiciel pour répondre à un de mes besoins, je prends en compte plusieurs critères : s'il est libre ou pas, son confort à l'utilisation, la richesse de ses fonctionnalités, etc. Tous participent du choix final, certains plus fortement que d'autres, mais aucun aux dépend absolu de tous les autres (par exemple si le logiciel libre est complètement inutilisable, je peux choisir d'utiliser un logiciel propriétaire). Tout est une question d'optimisation multi-critère.

    Tous les aspects de la vie sont comme ça, ne voir qu'un aspect d'une situation est une position extrêmiste qui n'est pas réaliste. Voir les entreprises comme cherchant seulement le profit sans prendre en compte tout le reste, c'est une position extrêmiste qui ne nous fait aucun bien.

    Et s'il y a des employés Français qui espionnent des Ethiopiens, tu vas leur demander quoi? Qu'ils démissionnent par conviction? Parce que bien entendu, tu sais, toi, que eux sont conscients de la nature profonde de la chaine dont ils sont un maillon. Tu connais aussi leur vie et leur situation familiale, leurs antécédents professionnels. Prenons un exemple cliché: tu trouves un mec qui fait ce boulot alors qu'ils a une femme et 2 enfants à nourrir et qu'il sort tout juste de 5ans de chômage. Tu vas sérieusement aller lui demander de démissionner?

    Arrête, tu vas me faire pleurer. Les ingénieurs qui développent des logiciels de DPI, c'est bien connu, ils n'ont aucunes compétences, aucune formation, ce sont des chairs à canon qui, s'ils expriment le moindre doute sur leur travail, se retrouveront au chômage tout le reste de leur vie.

    Je ne porte de jugement sur personne en particulier mais j'ai plutôt l'impression que dans l'ensemble ce sont des gens bien payés, qui n'auraient pas beaucoup de mal à trouver un travail ailleurs, mais qui choisissent juste de fermer les yeux, parce que c'est tout simplement bien pratique.

    (Ah et le coup des gens qui sont perdus dans une chaîne de commandement et qui ignorent tout, c'est facile aussi. Bah oui, les ingénieurs de Bull, quand on a envoyé une partie de leurs collègues pour une mission de formation en Lybie, ils ne se sont doutés de rien, et les articles dans la presse pour parler de leur boîte, ils ne les ont pas lus.)

  • [^] # Re: Y'a-t-il encore besoin de nouveaux langages "bas niveau"?

    Posté par  . En réponse à la dépêche Le langage D. Évalué à 4. Dernière modification le 11 juin 2012 à 19:30.

    Ben non, justement; si au lieu de formuler le code plus haut comme une série de concaténations tu l'écris comme un sprintf, la fonction de formatage peut calculer la taille des différents éléments et allouer une seule chaîne correspondant au résultat final. Ce n'est qu'un exemple, il y a d'autres structures de données (comme les "ropes" citées dans mon précédent message) qui permettent la concaténation en temps constant ou logarithmique plutôt que linéaire (comme c'est le cas avec l'implémentation naïve des chaînes si on ne s'autorise pas à les modifier après création).

    Dans tous les cas, concaténer des chaînes en séries n'est pas réellement un besoin, mais un moyen d'obtenir un résultat final, souvent moins bon que d'autres moyens d'arriver au même résultat.

  • [^] # Re: Encore une fois...

    Posté par  . En réponse à la dépêche Nouvelles technologies à l’assaut de la démocratie éthiopienne. Évalué à 8.

    D'une part je ne suis pas d'accord avec la notion selon laquelle une entreprise est définie seulement par la recherche du profit (c'est une notion que trop de gens prennent pour une définition, alors qu'il y a eu des conceptions de l'entreprise comme ayant avant tout un rôle social; nous avons choisi de voir les choses depuis l'angle du profit mais ce n'est pas une fatalité).

    D'autre part, quoi qu'on pense de ce qu'est ou devrait être une entreprise, on peut toujours s'intéresser à l'humain derrière. Oui, l'entreprise est une personne morale, mais qu'en est-il de ses employés ? Est-ce qu'il y a des français qui bossent en france pour espionner les éthiopiens, tout comme des gens ont bossé en France sur les produits destinés à espionner les opposants lybiens ?

  • [^] # Re: Y'a-t-il encore besoin de nouveaux langages "bas niveau"?

    Posté par  . En réponse à la dépêche Le langage D. Évalué à 4.

    La dépêche ne présente pas bien D et ses avantages, c'est un fait. Pour avoir une idée de la comparaison réelle entre D et C++, tu peux par exemple regarder les réponses à cette question : Stackexchange: What does C++ do better than D?

  • [^] # Re: Y'a-t-il encore besoin de nouveaux langages "bas niveau"?

    Posté par  . En réponse à la dépêche Le langage D. Évalué à 3.

    Je crois me souvenir que D a des formats printf vérifiés statiquement, donc on s'en moque. De toute façon la concaténation successive de chaînes c'est très suspect, algorithmiquement, comme opération (si tu n'as pas des ropes/cordes ou d'escape analysis ça devient vite quadratique).

  • [^] # Re: Y'a-t-il encore besoin de nouveaux langages "bas niveau"?

    Posté par  . En réponse à la dépêche Le langage D. Évalué à 3.

    C++ est beaucoup trop complexe comme langage; si les gens de D arrivent à faire un langage presque aussi utile et beaucoup moins complexe, ce sera un gain énorme. Et ça a des chances de se passer comme ça vu les gens qui bossent sur ce langage (Alexandrescu par exemple). C'est à mon avis le principal intérêt du langage.

    Après pour la gestion "propre" de la concurrence, je demande à voir mais pourquoi pas, ça pourrait marcher. Les modifieurs @safe, pure et nothrow ne devraient pas être utilisés à toutes les sauces mais seulement quand c'est utile (si on veut les utiliser plus il faut une syntaxe qui permette de ne pas les répéter systématiquement). La difficulté est de pouvoir laisser les programmeurs experts s'en servir sans imposer un coût en complexité important aux non-experts (qui doivent pouvoir les ignorer ou presque) tant qu'ils n'essaient pas de faire quelque chose de difficile (là il faut se former). C++ ne réussit pas bien à cacher la complexité de ses fonctionnalités avancées, d'autres langages le font mieux, D pourrait y arriver.

  • # Bof

    Posté par  . En réponse à la dépêche Le langage D. Évalué à 10.

    Je ne suis pas convaincu par cette dépêche : l'effort est louable et je salue l'investissement et le travail accompli, mais je trouve qu'elle passe trop de temps sur les parties peu importantes (je pense que tout le monde sait comment faire une conditionnelle ou une boucle) sans parler des points novateurs du langage.

    Ce que je voudrais savoir c'est, en évitant au maximum la langue de bois : qu'est-ce que ce langage a de différent des autres, d'intéressant ? Dire qu'il vise à faire un C++ plus simple c'est bien, ça donne une idée d'ensemble, mais il faudrait insister plus sur ce point (comment les templates sont-elles simplifiées par rapport à celles de C++ par exemple ?) et moins sur des banalités.

    Par ailleurs le code suivant me donne la nausée :

    pure size_t f( in size_t delegate(size_t) pure dg1, in size_t delegate(size_t) pure dg2) {
    
    

    Sérieusement, le lecteur est-il supposé être attiré par cet exemple ? Moi je le trouve repoussoir et je suis presque un peu vexé qu'on lui trouve un lien avec "la mode fonctionnelle" qui ne propose pas en général d'écrire ces horreurs. N'y a-t-il pas un peu d'optimisation prématurée de la part de l'auteur du code ?

    Enfin je suis amusé par une légère forme de langue de bois en fin de dépêche. Tu dis que le langage "n'est pas propriétaire" (je ne sais pas exactement ce que ça veut dire) mais le paquet conseillé pour Debian est "dmd", un compilo qui est justement propriétaire. Je note aussi que si on va sur la page officielle du langage et qu'on clique sur "téléchargement", on ne se voit proposer que celui-là; c'est bien qu'il existe des implémentations libres à côté mais encore faut-il qu'elles soient à jour, compétitives et utilisées, ce qui reste à prouver. Bref il me semble un peu optimiste (voire autruche) de classer cette remarquer dans la catégorie "mythes et légendes fausses".

  • # Objectivité zéro

    Posté par  . En réponse à la dépêche Le COBOL est mort, vive le COBOL. Évalué à 10.

    La dépêche commence mal avec une phrase d'une platitude incroyable :

    Qui aurait pu croire que le COBOL serait toujours aussi actif à l'ère des langages objets.

    Ensuite arrive la pépite :

    COBOL est bien mieux adapté aux applications manipulant les chiffres et fournissant des rapports que tout autre langage comme le C, le java

    Ah bon, et comment justifie-t-on cette affirmation ? Avez-vous des exemples de code pour nous convaincre ? N'est-il pas possible d'implémenter les fonctionnalités domaine-spécifiques de COBOL sous forme de bibliothèques logicielles en Java par exemple—comme le font d'ailleurs les nombreux acteurs proposant des outils de migration du code (exemple) ?

    Cette dépêche présente un traducteur de Cobol vers C. Très bien. Il y a beaucoup de code COBOL encore en utilisation et à maintenir, on a compris. Mais pourquoi nous prendre le chou avec tout un blabla de justification du style « oui mais COBOL c'est pas si mal et il faut garder notre patrimoine et d'abord c'est facile à maintenir et c'est productif et les gens qui n'aiment pas COBOL sont des vilains » ?

  • # Remarques

    Posté par  . En réponse à la dépêche Sortie de Fedora 17 nommée Beefy Miracle. Évalué à 3.

    Les services du système lancés par systemd peuvent obtenir des dossiers dans le répertoire /tmp avec des droits d'accès supplémentaires. L'objectif est de rompre la communication entre l'utilisateur et ces services pour éviter des problèmes de sécurité par le procédé d'escalade de privilège. En effet, un service pouvant obtenir des droits supplémentaires sur le système par rapport à l'utilisateur de base, l'usage à mauvais escient de cette communication pouvait permettre à un utilisateur de base d'obtenir ces droits supplémentaires.

    Je n'ai pas compris ce paragraphe :

    • quel est le lien entre la création dans /tmp et le fait de "rompre la communication avec l'utilisateur" ?

    • Quand on parle de "droits d'accès supplémentaires", ce sont les services qui ont le droit d'accéder aux dossiers ? Quel est le lien avec l'escalade de privilège ?

    DIET est un projet français de recherches de l'INRA notamment et proposé sur Fedora par le contributeur francophone Haïkel Guémar.

    Est-ce qu'il n'y a pas une confusion entre INRA et INRIA ? Je suis sûr que l'Institut National de la Recherche Agronomique a des projets logiciels, mais c'est quand même moins proche de son domaine de compétence, donc une erreur semble probable.

  • [^] # Re: Pédanterie: éponyme

    Posté par  . En réponse à la dépêche Videolan (VLC) dépasse le milliard de téléchargements et saisit l'HADOPI. Évalué à 1.

    Merci.

  • # Pédanterie: éponyme

    Posté par  . En réponse à la dépêche Videolan (VLC) dépasse le milliard de téléchargements et saisit l'HADOPI. Évalué à 10. Dernière modification le 12 mai 2012 à 21:44.

    Attention, beaucoup de confusion entoure le mot "éponyme" qui est trop souvent mal employé. Il veut dire "qui donne son nom (à …)", et est employé pour qualifier le personnage d'une œuvre auquel il a donné son nom (par exemple, Madame Bovary est une héroïne éponyme, mais le roman Madame Bovary n'est pas éponyme).

    Il serait assez tordu de dire que HADOPI est l'autorité éponyme de la loi HADOPI (surtout qu'il s'agit en fait de la "Loi n°2009-669 du 12 juin 2009 favorisant la diffusion et la protection de la création sur l'Internet"), mais la loi elle-même n'est pas éponyme.

    Voilà, il faut avoir des principes. Autant pour vous !

  • # Une implémentation documentée de HashLife en OCaml

    Posté par  . En réponse au journal Le jeu de la vie: conférence de Jean-Paul Delahaye. Évalué à 5.

    Si ça intéresse des gens, j'ai récemment écrit une implémentation de HashLife, un algorithme sophistiqué pour calculer l'état d'un jeu de la vie un grand nombre de générations dans le futur. Le code, en OCaml, est documenté à but pédagogique : c'était avant tout pour moi, pour bien comprendre l'algorithme, mais aussi pour pouvoir l'expliquer aux autres.

    La discussion autour du programme est là :
    http://progmod.org/forum/sujet/310/hashlife-explique-en-ocaml/

    Le code source directement:
    https://gitorious.org/hashlife-in-literate-ocaml/hashlife-in-literate-ocaml/blobs/master/hashlife.ml

    (En deux mots, l'idée de Hashlife est de compresser à la fois le temps et l'espace: au lieu de calculer seulement une géneŕation dans le futur, on calcule l'état dans 2N générations, et au lieu de recalculer à chaque endroit on essaie de reconnaître et partager les motifs spatiaux répétés.)

  • # Comparer les prix au poids ?

    Posté par  . En réponse à la dépêche Linus Torvalds sélectionné pour le Millennium Technology Prize édition 2012 . Évalué à 5.

    S'il est plutôt méconnu du grand public, ce prix reste le plus important en matière de technologie avec une récompense qui avoisine les 1.3 millions d'euros contrairement au prix Turing qui lui ne décerne que 250.000 $.

    Je ne comprends pas cette phrase, qu'est-ce que ça veut dire ? Un prix est plus "important" qu'un autre s'il décerne plus d'argent ?

  • [^] # Re: partage non-marchand et police du Net

    Posté par  . En réponse à la dépêche Tous auteurs, tous citoyens, tous politiques. Évalué à 5.

    Je n'ai rien compris. Qui dit quoi et cite qui pour prendre quelle position ? Je n'arrive même pas à savoir quelle partie de ton message est une citation¹. Quel est le lien entre Benjamin Bayart (je ne connais pas), la Quadrature du Net et le parti EELV ?

    ¹: imbriquer plusieurs niveaux de citations parenthésés avec des guillemets n'est pas une idée lumineuse. LinuxFR supporte (une variante de) la syntaxe Markdown qui permet de faire des citations imbriquées lisibles.

  • [^] # Re: Par rapport à OpenTTD ?

    Posté par  . En réponse à la dépêche Présentation du jeu Simutrans. Évalué à 3.

    Je ne comprends pas pourquoi Stéphane se fait moinsser en flèche comme ça. Il vient dire qu'il serait intéressé par le fait que ces jeux développent des aspects différents; ça me semble raisonnable (ça repose clairement sur un engagement personnel fort, mais ça ne change pas grand chose), et vous venez lui répondre avec des clichés du style "ah non mais l'écologie ça pue et ça ennuie tout le monde".

    D'une part ça manque de tact (le tact n'est pas obligatoire mais il vaut mieux avoir de bonnes raisons pour être désagréable, ce qui ne me semble pas être le cas ici), d'autre part d'autre part c'est clairement une preuve de fermeture d'esprit : j'ai vu des jeux où on essayait d'améliorer les conditions de vie des animaux dans un zoo, la qualité d'humains dans des villes (Caesar et compagnie ont des composantes sociales importantes), il y a des jeux où on essaie d'améliorer la gestion d'une équipe de football…

    Difficile de dire ce qui peut et ne peut pas marcher sous forme d'un jeu, et sa proposition ne semble pas spécialement absurde par rapport à ce qui existe. Donc venir lui dire "non mais ça ne va pas marcher parce que l'écologie ça pue", c'est assez improductif et discutable en soi, et je pense que c'est plus motivé par un esprit de contradiction que par la volonté d'apporter quelque chose à la discussion.

  • # Merci

    Posté par  . En réponse à la dépêche Pharo 1.4 — nouvelle version d'un Smalltalk libre. Évalué à 5.

    J'ai bien aimé la dépêche. Pour les prochaines, j'aimerais bien un peu de détails sur les changements qui ont trait aux spécificités de Pharo en tant que langage très objet et dynamique. Par exemple tu mentionnes le gestionnaire de version intégré, il me semble que c'est une spécificité de Smalltalk qui a des avantages et des inconvénients; il y a sans doute des choses intéressantes à dire du support des tests unitaires.