Journal Eric S. Raymond sur la peur (des développeurs) de l'IA

16
7
fév.
2026

ESR a posté sur le sujet «Si tu es un ingénieur logiciel en train de traverser une forme de crise de santé mentale, écoute bien ceci, parce que je code depuis 50 ans» :

Chaque panique du style « la programmation est obsolète » s’est révélée être un pétard mouillé, et celle-ci aussi.
Le problème fondamental du décalage entre les intentions de l'humain et les spécifications qu’un ordinateur peut interpréter n’a pas disparu juste parce qu’on peut déléguer une large part de la programmation aux LLM.
Les systèmes restent compliqués. This shit is still difficult. [NdT:je n'ai pas trouvé de traduction satisfaisante, la VO le dit assez bien] La nécessité d'avoir des personnes spécialisées pour combler cet écart ne va pas disparaître.

Pour les plus jeunes parmi nous, ESR c'est lui : Libertarien, hacker confirmé, auteur de « La Cathédrale et le Bazar », plus du côté Open Source que Libre de la force.
Mon avis perso : je suis assez d'accord. On lit à longueur de journaux à quel point il est facile de faire des bêtises avec son LLM spécialisé code. Oui ça peut faire gagner de temps mais à condition d'avoir déjà un solide bagage en programmation de manière générale, être capable de comprendre ce que le LLM a produit, détecter quand il s'égare,… Bref this shit is still difficult. Et je n'ai pas le sentiment d'être menacé.

Traduction mi-moi mi-IA. Désolé il a posté sur Twitter, mais il y a Nitter pour éviter de s'y connecter directement.

  • # Oublis

    Posté par  . Évalué à 5 (+27/-24). Dernière modification le 07 février 2026 à 16:23.

    Libertarien, hacker confirmé

    Tu oublies homophobe, raciste et masculiniste. Donc son avis, je me torche avec…

    Tiens, un lien plus intéressant sur le sujet.

    • [^] # Re: Oublis

      Posté par  (site web personnel) . Évalué à 6 (+6/-2). Dernière modification le 07 février 2026 à 17:40.

      Oui, malheureusement c'est une maladie répandue dans le milieu. Et ces IA, elles sont poussées par des mecs comme ça.

      Les couilles sur la table - Patriartech : l’empire des tech bros (épisode 113)

    • [^] # Re: Oublis

      Posté par  . Évalué à -1 (+2/-5).

      Donc son avis, je me torche avec…

      moi aussi en quelque sorte

      Peut être aura-t-il fait passer un message un peu pertinent sur ce sujet précis à un public de fan qui, sans doute, à la base, ne voit pas la chose "IA" de cette façon.

      Après, je n'en sais rien. Et je n'ai pas franchement envie de creuser, car en fait, je m'en contrefout totalement.

      voilà, c'est ça le terme, plutôt que je m'en torche le fondement avec. Même si au final c'est sensiblement la même chose ;)

      "Si tous les cons volaient, il ferait nuit" F. Dard

    • [^] # Re: Oublis

      Posté par  . Évalué à 10 (+20/-0).

      Justement, ça rend son avis d'autant plus intéressant. Je suis justement en train de lire Les lumières sombres, d'Arnaud Miranda, et il explique bien comment la mouvance d'extrême droite est plutôt à tendance technobéate. Donc avoir un avis techniquement compétent, issu de ce milieu, et plutôt opposé à l'IA, c'est une information.

      Si ESR était favorable à l'IA, son avis n'aurait effectivement aucun intérêt et serait noyé dans la masse. Mais, là, dans ce cas précis, c'est intéressant.

      Ça, ce sont les sources. Le mouton que tu veux est dedans.

      • [^] # Re: Oublis

        Posté par  . Évalué à 3 (+2/-1). Dernière modification le 08 février 2026 à 12:51.

        Il y a effectivement une mouvance, bien identifiée maintenant, dite « droite tech ». Mais il y a aussi sont pendant anti-tecnologique. N'oublions pas qu'une des caractéristiques de l'extrême droite c'est d'être réactionnaire, et donc contre le progrès.

        Et bien entendu on pourra trouver tout un tas de nuances entre les deux, donc pour moi rien de surprenant, ni inintéressant dans le point de vue du sus-cité.

        • [^] # Re: Oublis

          Posté par  (site web personnel) . Évalué à 10 (+12/-0). Dernière modification le 08 février 2026 à 13:39.

          N'oublions pas qu'une des caractéristiques de l'extrême droite c'est d'être réactionnaire, et donc contre le progrès.

          Justement, pas tant que ça. J'ai récemment vu passer le terme de néo-réactionnaire, qui désignait une mouvance politique particulièrement visible aux États-Unis, à tendance carrément techno-solutionniste. Cela forme une partie significative des soutiens du président Trump. Réactionnaire au point de vue social, technobéat en matière, eh bien, de technologie.

          Plus près de chez nous, Sarah Knafo, une candidate à la mairie de Paris issue de l'entourage d'Éric Zemmour, est en plein dedans. D'après son programme, la solution à plein de problèmes de la ville de Paris, c'est d'utiliser de l'intelligence artificielle. Par exemple, pour lutter contre la criminalité et la délinquance à la nuit tombée, de la vidéo-surveillance algorithmique couplée à un pilotage de l'éclairage urbain pour mettre un coup de projecteur, au sens propre, sur les infracteurs potentiels.

          • [^] # Re: Oublis

            Posté par  . Évalué à 5 (+2/-0).

            On est passé à un conservatisme de la dérivée au sens mathématique. "Il faut que tout change pour que rien ne change" facón théorie de la reine rouge. Ce qui doit rester constant c'est le statut social des dominants, comme avant, mais aussi la "croissance" de la technologie.

            Remarque avant aussi dans ce style de fuite en avant on avait la croissance de la population pour aller taper sur le voisin. C'était sans doute pas si différent. L'objectif était aussi de conquérir pour dominer ou au moins rester à sa place …

        • [^] # Re: Oublis

          Posté par  (site web personnel) . Évalué à 7 (+7/-2).

          Le progrès peut être beaucoup de choses différentes. Je dirais que l'extrême droite est globalement contre le progrès social et scientifique et plutôt pour le progrès technologique surtout si ça permet de s'attaquer à un groupe de personnes qu'ils n'aiment pas. Avec évidemment des exceptions et des variances régionales.

          Un LUG en Lorraine : https://enunclic-cappel.fr

        • [^] # Re: Oublis

          Posté par  . Évalué à 4 (+3/-0).

          Je vais directement au Godwin : les Nazis étaient fascinés par la science et leur projet était très futuriste. Donc, ça fait environ 100 ans que l'extrême droite n'est pas contre la tech. Cf. notamment les travaux de Chapoutot.

        • [^] # Re: Oublis

          Posté par  (site web personnel, Mastodon) . Évalué à 6 (+5/-0).

          J'adore, le site "Résistance Anti-Technologie" rempli de cookies et de javascript à la con

          Un gentil du net

    • [^] # Re: Oublis

      Posté par  . Évalué à 10 (+21/-0).

      Tu fais preuve d’un « ad hominem » flagrant pourtant ton avis m’invite à la réflexion.

      Pour expliciter mon commentaire pour ceux qui ne connaîtraient pas le terme « ad hominem », et au risque d’être pédant ou de paraître méprisant : je dis qu’il est idiot de tenter de disqualifier l’avis d’une personne sur un sujet donné sous prétexte de l’avis de cette personne sur d’autres sujets aussi éloignés.

      • [^] # Re: Oublis

        Posté par  . Évalué à -1 (+5/-8).

        Je le revendique.
        Mais l'objectif était avant tout de rajouter les qualificatifs que l'auteur du journal avait, sciemment ou non, passés sous silence.

        • [^] # Re: Oublis

          Posté par  . Évalué à 10 (+9/-0).

          les qualificatifs que l'auteur du journal avait, sciemment ou non, passés sous silence.

          OK, apparemment je me dois de répondre… Je ne suis pas particulièrement l'actualité de ESR donc "homophobe, raciste et masculiniste" je l'ignorais. Je savais par contre qu'il était libertarien (donc je l'ai dit) et plutôt proche des milieux "pro-guns" donc l'un dans l'autre ça ne m'étonne pas. De mon point de vue, libertarien ça va rarement sans le racisme donc c'était un peu sous-entendu. Ça se recoupe très souvent avec les qualificatifs que tu as ajoutés. Maintenant j'irai plus loin : si il fallait s'empêcher de parler de chaque auteur de logiciel (libre ou pas) "homophobe, raciste et masculiniste" on aurait plus grand chose à se mettre sous la dent. La tech est partie à droite toute, c'est sûrement un prérequis maintenant pour pouvoir lever des fonds. Là c'était purement technique, sans référence ni pub à un produit particulier, pas de lien direct vers son compte, je me dis que le risque de participer à répandre ses horreurs est minime dans le cas présent et que ça ne retire rien à l'avis sur l'IA. Je n'hésite pas à signaler les tristes sirs quand j'en ai l'occasion donc merci de l'éclairage.

          • [^] # Re: Oublis

            Posté par  . Évalué à -3 (+4/-9).

            Comme tu mets la page Wikipedia en lien et que tu omets certaines choses, j'étais en droit de me demander si c'était volontaire ou non. Par ailleurs on peut être libertarien sans être raciste ou homophobe.

            Il n'est pas question d'empêcher de parler de logiciels ou de leur auteurs, mais il est utile de rappeler leurs prises de positions politiques ou de leur attitude vis à vis des femmes, des LGBT, des minorités racisés, etc. Tout comme on peut le faire pour certains acteurs, cinéastes, écrivains, artistes, journalistes, scientifiques, etc.

            • [^] # Re: Oublis

              Posté par  . Évalué à 7 (+5/-0).

              Bien sur, mais ca ne disqualifie pas automatiquement son propos, surtout s'il est assez éloigné de ces positions problématiques.

            • [^] # Re: Oublis

              Posté par  . Évalué à 7 (+4/-0). Dernière modification le 08 février 2026 à 22:58.

              Il n'est pas question d'empêcher de parler de logiciels ou de leur auteurs, mais il est utile de rappeler leurs prises de positions politiques ou de leur attitude vis à vis des femmes, des LGBT, des minorités racisés, etc…

              Pourquoi « utile » ? Perso ça me semble à double tranchant, parce que ça peut être utile de le savoir afin d’éviter à priori cette personne, éviter de lui donner de la visibilité, puisque ce serait potentiellement pour lui une occasion de promouvoir ses idées. Mais parler de ça comme tu le fais c’est déjà donner une visibilité à ces idées. Une personne pourrait suivre le raisonnement suivant : il fait un bon logiciel ⇒ ses idées sur d’autres sujets pourraient être intéressantes. Non ? Ou encore d’autres être attiré par son logiciel parce qu’ils partagent les mêmes idées rétrogrades en premier lieu (ce qui après réflexion pose pas forcément de problème pour le coup) ?

              Donc l’un dans l’autre ce serait plutôt kif-kif ? Autant éviter de charger le journal avec ce bruit ?

              (Dans les commentaires on peut bruire à volonté, ça va j’ai le droit. ^^)

              • [^] # Re: Oublis

                Posté par  . Évalué à 0 (+2/-4).

                Tu donnes toi-même les bons arguments :
                - d'un côté il faut éviter de donner de la visibilité à ces personnes ;
                - de l'autre, quand on le fait, bien préciser qu'elles ont des idées nauséabondes afin de ne pas les banaliser et que certains se fassent manipuler ;
                - pour ceux qui partagent déjà ces idées cela ne changera rien.

                Autant éviter de charger le journal avec ce bruit ?
                Rajouter un ou deux qualificatifs n'aurait pas surchargé le journal.

            • [^] # Re: Oublis

              Posté par  . Évalué à 7 (+5/-0).

              On s'éloigne du sujet du journal mais

              Par ailleurs on peut être libertarien sans être raciste ou homophobe.

              Franchement j'en doute très fort. Surtout si on parle des USA. Comme l'a dit Lacordaire : «Entre le fort et le faible, entre le riche et le pauvre, entre le maître et le serviteur, c'est la liberté qui opprime et la loi qui affranchit.» Effectivement il n'y a rien de fondamentalement raciste dans le projet libertarien mais on ne peut ignorer que sa mise en application impliquerait forcément la domination des blancs sur les noirs pour la simple raison que ces derniers sont déjà très majoritairement en position vulnérable. En étant libertarien, tu cautionnes à minima qu'on puisse faire des restaurants ségrégués par exemple. Ensuite, dans les faits, les personnes qui se réclament effectivement de ce mouvement sont systématiquement pointées du doigt pour avoir tenu des propos racistes ou homophobes. Et c'est normal, quand tu prônes un système avec le moins de contrôle possible tu vas attirer les pénibles qui vont se sentir le droit d'exprimer leur racisme. Donc la personne non-raciste qui demain se dit qu'en fait le libertarianisme c'est une bonne idée, va très très vite se retrouver dans des discussions avec des racistes. Partant de là, soit tu pars, soit tu restes parce que finalement ça ne te dérange pas et que donc tu l'es aussi.
              Peut-être que les libertariens non-racistes non-homophobes existent, chez eux sans en parler à personne. Mais à partir du moment où on essaie de mettre ces idées en action, il y aura très vite un choix à faire.

              • [^] # Re: Oublis

                Posté par  . Évalué à 2 (+1/-1).

                Dans acceptation courante et actuelle du terme libertarien aux USA (libertarianisme nationaliste) tu as parfaitement raison.
                Mais le libertarianisme est bien plus divers et varié que cela (cf. libertarianisme de gauche).
                C'est pour cela que je pense que l'adjectif libertarien ne suffisait pas à qualifier clairement les idées de cet individu.

      • [^] # Re: Oublis

        Posté par  (site web personnel, Mastodon) . Évalué à 5 (+4/-1).

        Plutôt qu’une attaque sur la personne, je vois plutôt un refus d’être associée à une personne intolérante : la banalité ordinaire du mal passe aussi par la caution des abjects sous prétexte que ça dit des trucs biens de temps en temps…

        “It is seldom that liberty of any kind is lost all at once.” ― David Hume

        • [^] # Re: Oublis

          Posté par  . Évalué à 3 (+3/-2).

          la caution des abjects sous prétexte que ça dit des trucs biens de temps en temps…

          La tech est raciste. Alphabet, Meta, Amazon ont tous contribué au couronnement de Trump, le créateur du framework qui fait tourner LinuxFR est méga-raciste, Stallman défend des pédophiles et ne voit pas le soucis avec "l'humour hacker raciste des années 90", le créateur de Netscape/Mozilla a récemment fait jouer un groupe connu pour attirer les néonazis dans son bar (il dit qu'il n'était pas au courant…), on a vu les cris d'orfraies ici même quand on a osé suggérer de remplacer la branche master par main, on a vu le GamerGate, on a vu… (À ma connaissance Linus ne traîne pas ce genre de casserole… ouf…) Je ne cautionne rien de tout ça. Mais si je cesse d'interagir avec tout ce que ces gens produisent ou ont produit, je n'ai plus de métier. Par contre je peux éviter de leur faire de la pub. Comme dit plus haut, ici j'ai estimé que le risque était minime.

          • [^] # Re: Oublis

            Posté par  . Évalué à 3 (+0/-0).

            les cris d'orfraies ici même quand on a osé suggérer de remplacer la branche master par main,

            Et j'ai encore eu un bug pas plus tard que la semaine dernière parce qu'un des outils n'a pas migré sa conf par défaut :)

            Il ne faut pas décorner les boeufs avant d'avoir semé le vent

            • [^] # Re: Oublis

              Posté par  . Évalué à 2 (+1/-1).

              Si tous les outils n'ont pas migré, c'est que le grand remplacement n'a pas encore eu lieu. 😁

          • [^] # Re: Oublis

            Posté par  . Évalué à 6 (+4/-0).

            La tech est raciste.

            Une partie de la tech est raciste. Si tu fais ce genre de généralité ou de dichotomie absolue, tu fonctionnes exactement comme les racistes.

            • [^] # Re: Oublis

              Posté par  . Évalué à 3 (+3/-2).

              Ouais ok, un genre de #NotAllMen : #NotAllTech, #NotAllWhitePeople.
              Dans le monde dans lequel je vis, la tech est raciste, et pas que la tech. Et je n'en dirai pas plus.

              • [^] # Re: Oublis

                Posté par  (site web personnel, Mastodon) . Évalué à 4 (+2/-0).

                Vous avez tous les deux raison :
                La tech en tant que système est institutionnellement raciste (en tout cas dans le milieu où je vis)
                La tech en tant qu’individus plus ou moins éclairés, bah y a tout le spectre et au doigt mouillé je dirai qu’il y a peut-être 20% de vrais racistes et 18% de racophiles et dans le reste la majorité qui l’est à son insu (puisque c’est systémique)

                “It is seldom that liberty of any kind is lost all at once.” ― David Hume

              • [^] # Re: Oublis

                Posté par  . Évalué à 3 (+0/-0).

                Un monde de rats cis ?

  • # Rien de nouveau sous le soleil

    Posté par  . Évalué à 10 (+12/-0).

    J'ai écrit mon premier programme en 1964, sur l'IBM 1620 qui équipait l'école d'ingénieur où j'usais mes fonds de culottes.
    Cela m'a tellement passionné que mon mémoire de fin d'étude comportait une part importante de logiciel écrit en assembler.
    À l'origine, je me dirigeais vers une carrière dans la production électrique. Mais j'ai changé d'orientation pour partir vers ce qui s'appelle maintenant logiciel embarqué. Passablement de condisciples me disaient : "tu es complètement con, dans moins de dix ans les ordinateurs se programmeront très facilement"¹.

    J'ai pris ma retraite en 2004, durant mes quelque 39 ans de carrière, la phrase "la programmation, c'est fini, elle va être automatisée" sorte de façon récurrente. Et moi, durant tout ce temps, je gagnais très bien ma vie en programmant. Soyons honnête, la partie analyse du problème posé, les méthodes numériques ou les algorithmes à appliquer, occupaient plus de temps que le codage proprement dit.

    Comme quoi, l'antienne "la programmation, c'est fini", a encore un bel avenir.

    1) Au fil des réunions d'anciens, ils ont changé d'avis en comparant mes revenus et les leurs.

    • [^] # Re: Rien de nouveau sous le soleil

      Posté par  (Mastodon) . Évalué à 10 (+8/-0).

      J'ai démarré mes études informatique en 1993, où un prof d'un certain âge nous expliquait que sa propre thèse c'était de filmer un tableau (vert avec des craies) sur lequel on avait dessiné un grafcet, et le code pissait tout seul (Fortran, Ada je me souviens plus). Il nous disait "le temps que vous finissiez vos études, on n'aura plus besoin de programmer, tout se fera par description du besoin".

      En 2000 idem, arrivé du "no code", avec les interfaces graphiques où avec quelques boîtes de dialogues on décrivait ce qu'on voulait, plus besoin d'informaticiens.

      Mouahahaha !

      En attendant je gagne ma vie en faisant du C, du Python et du Bash.

      En théorie, la théorie et la pratique c'est pareil. En pratique c'est pas vrai.

      • [^] # Re: Rien de nouveau sous le soleil

        Posté par  (site web personnel) . Évalué à 10 (+10/-0).

        Il y a une vingtaine d'année, un pote, excellent programmeur par ailleurs, a voulu se débarrasser du problème que je lui posait en lui demandant régulièrement des "petits programmes", en créant un langage quasi naturel comme abstraction. Je n'avais plus qu'à dire ce que je voulais en langue française et hop, ça écrivait le script ! On n'est pas allé très loin, parce… ben, le problème principal, c'est qu'il y a une grande différence entre "ce qu'on croit vouloir" et "tous les problèmes qui se présentent sur le chemin auquel on n'a pas pensé". Et que même en français, j'avais bien du mal à suivre le cheminement logique menant du problème à la solution. Il me fallait son aide non pas pour trouver le bon mot-clé (les pages de man répondent à ça) mais bien pour déterminer ce qui était une variable et ce qui était une fonction.

        Et c'est pour ça que les décideurs et les programmeurs sont souvent deux populations différentes. J'ai toujours autant d'idées à la con de "petit truc vite fait pour simplifier tel problème". Et quand on passe à l'implémentation (que ce soit avec des potes devs trop gentils, ou avec une IA), on retombe toujours sur le premier souci qui est de savoir construire des algorithmes. Je ne parle même pas de faire du code propre, qui ne plante pas dès qu'on change un vague truc. Bref, le truc qui fait que ce que je vois comme "vite fait" et "petit" devient en réalité un monstre hydrocéphale qui fera fuir toute personne un tant soit peu compétente à l'énoncé de mon problème.

        À mon échelle, les LLM, sur le papier, devraient être parfaits : mes besoins sont généralement du niveau du petit script, c'est basique, c'est court. Et oui, ça m'a dépanné, je ne vais pas cracher dans la soupe (et ça aura épargné à mes potes mes éternels questions de noob). Mais j'en vois aussi très vite les limites dès que je commence à passer à un problème avec plusieurs paramètres, parce que même si à force j'ai pris des levels en programmation, je continue à avoir un esprit profondément "illogique" et que je rame sur les arbres de décisions. Je sais à présent faire (un peu) un cahier des charges, mais ce dernier ne prendra jamais en compte plein de cas pratiques qu'un dev (même pas très doué) verra rapidement (et comblera).

        Il me semble évident que c'est le retour de bâton qui attends le monde pro. Oui, actuellement, il y a plein de gens qui se croient très malins parce qu'ils ont demandé à un LLM de coder un truc, et que "ça marche". Mais en fait, sans un expert dans la boucle, ça marche tant que le vent souffle dans le bon sens, que les conditions initiales ne varient pas d'un iota, et que personne ne pousse "là", pour voir. Au moindre problème, ça va s'écrouler et sans doute, au passage, ruiner l'entreprise (voir faire des dégâts très concrets), parce qu'il y aura un monstre tentaculaire mort au milieu du bâtiment, sur lequel personne n'a la moindre idée de comment intervenir dessus.

        Ça n'empêche pas que l'usage des LLM amène des changements dans le métier, entre autre en complexifiant l'embauche des juniors et donc la formation des experts de demain, mais aussi en poussant des devs expérimentés à tout lâcher pour élever des chèvres, lassés de devoir relire le code foireux des LLM en question sans que leur hiérarchie entende à quel point c'est pénible. Ça n'empêche pas non plus que ça fait évoluer la façon de pratiquer ce métier de gré ou de force (d'une façon similaire au fait qu'on ne développe pas toujours dans son langage favori ; là, le langage, parfois, c'est "l'IA"). Et rien que pour ça, je ne pense pas qu'on puisse juste évacuer le fait que certains "traversent une forme de crise de santé mentale", comme si ce n'était rien.

        • [^] # Re: Rien de nouveau sous le soleil

          Posté par  (Mastodon) . Évalué à 4 (+1/-0).

          entre autre en complexifiant l'embauche des juniors

          Alors oui et non. Le junior il a aussi accès au LLM, tout comme toi. Et tu l'as dit, un LLM ça fait pas tout. Et donc le junior qui sait se programmer un agent efficace aura (au moins aux yeux du recruteur) plus de valeur qu'un expérimenté (je parle pas senior/expert) qui sait juste faire du copier/coller sous chatGPT.

          Parce que "utiliser l'intelligence artificielle" il y a plusieurs niveaux, et clairement faire du copier/coller sous chatGPT c'est le niveau bébé (même si tu commences à choper les limites du truc et que niveau prompt tu commences à être efficace).

          En théorie, la théorie et la pratique c'est pareil. En pratique c'est pas vrai.

      • [^] # Re: Rien de nouveau sous le soleil

        Posté par  . Évalué à 6 (+4/-0).

        Ah ! J'ai vu les Grafcet au lycée. Pfiou, il y a longtemps.

        Un peu compliqué au premier abord. Mais comme ensuite il y avait des séances de TP avec de vrais automates programmables, des vérins pneumatiques et des capteurs, j'ai vraiment adoré ça.

        Beaucoup plus que programmer en Basic ou en Pascal par exemple (sur des 80286/386 pour situer l'époque) …

        "Si tous les cons volaient, il ferait nuit" F. Dard

        • [^] # Re: Rien de nouveau sous le soleil

          Posté par  . Évalué à 4 (+2/-0).

          TSX17 ou TSX 47 avec console qui avait un écran LCD, ou logiciel de programmation en environnement IBM OS/2.

          J'ai piloté une petite maquette de train électrique (vraiment pas grand chose : deux voies paralleles de 2 metres max en HO, deux aiguillages et des capteurs de position), une maquette d'ascenseur …. Et des TP de communication entre automate et PC sur ligne série (avec convertisseur RS232 <=> RS422/RS485) en MODBUS/JBUS => programmation en C ou assembleur x86 sous DOS ou c/assembleur 68k (68000 ou 68008) sous OS9 (pas l'OS d'Appel, mais l'exécutif temps-réel de chez Microware à l'époque). Pour le 68K, c'était sur des modules PEP avec fond de panier au bus VME ce genre de carte sur ce genre de module. Certains ont fait des TP de pilotage de moteurs mais je n'ai pas fait (aujourd'hui je le regrette un peu).

          • [^] # Re: Rien de nouveau sous le soleil

            Posté par  (Mastodon) . Évalué à 5 (+2/-0). Dernière modification le 08 février 2026 à 08:57.

            TSX17

            Oui et le PB15 aussi (automate industriel programmable). Au lycée, on avait automatisé un store Somfy (de la marque, filé par la marque) : quand il y a du soleil il s'ouvre, mais si il y a du vent il se referme quand même.

            EDIT : tiens je me suis jamais demandé ce qu'il y a comme processeur… 6809 peut-être ?

            En théorie, la théorie et la pratique c'est pareil. En pratique c'est pas vrai.

        • [^] # Re: Rien de nouveau sous le soleil

          Posté par  . Évalué à 6 (+4/-0).

          programmer en Basic

          Ah .. a l'époque le basic que j'ai (un peu) utilisé en cours c'était qbasic. Mais on en a fait très peu : la majorité des langages qu'on a appris c'était C, C++, assembleurs (68k, x86, 68HC11) et grafcet ou laddder sur automates programmables. Ah, on a fait aussi un peu de shell Unix. Et en environnement, outre le 68k sur module PEP, on a programmé sur PC (286/386/486 à l'époque mais en mode réel) en C/C++/assembleur mais assez près du matos (programmation système), Unix sur station IBM RS6000 (AIX), SCO Unx sur PC, et un peu Linux. On s'amusait à faire de l'asservissement de position, de la communication entre systèmes, de l'affichage sur modules LCD, du pilotage d'ascensceur, commande d'un robot qui permettait de dessiner ou de graver selon ce qu'on mettait au bout, écriture de driver pour carte de pilotage de materiel de mesure (IEEE 4888). Et sur PC on a joué avec les controleurs d'interruption, la carte vidéo, les ports série et paralleles … Et on s'est aussi amusé à piloter un circuit de train électrique via PC sous DOS, en utilisant le bus I2C pour contrôler les équipements. Il est clair que pour moi les études à cette époque, ce n'était pas une contrainte, mais un vrai terrain de jeu.

          Perso j'aimais un peu moins les automates programmables, mais aujourd'hui, curieusement, j'ai envie de m'y remettre.

  • # Dans quelques années ...

    Posté par  (site web personnel) . Évalué à 2 (+0/-0).

    Dans quelques années :

    • il n'y aura plus besoin de papier / crayon
    • on pourra se passer des ingénieurs systèmes
    • plus besoin de développeurs

    Bientot l'IA nous dira

    Dans quelques années plus besoin d'êtres humains …

    Par contre du bon sens et de l'analyse, ce besoin la risque du durer encore longtemps et pas que dans le secteur informatique :)

  • # La poésie du code

    Posté par  (site web personnel) . Évalué à 9 (+7/-0).

    Avec tout le respect qui lui est dû (relisez bien ces mots), il me semble que ce monsieur est à côté de la plaque.

    Le problème, ce n'est pas que les développeurs aient peur de l'IA, mais que les managers et actionnaires y voient une nouvelle solution miracle. En conséquence, on donnera une IA à des développeurs inexpérimentés, avec des spécifications vagues, voire générées à coup d’IA (déjà vu), et on demandera à un ou deux développeurs plus anciens de contrôler le résultat. Dans les faits, cela se traduira à faire du babysitting et réparer les dégâts. Même si on met de côté les problèmes techniques qui viendront, quel développeur expérimenté se satisfera et sera motivé par ce type d'activité ?

    Pire, comme une I.A peut générer du code avancé, avec des subtilités, un nouveau développeur se sentira supérieur aux plus vieux, sans voir l'essentiel.

    Une I.A. ne prend pas des décisions architecturales, elle vomit du code à partir de celui présent sur internet. Elle ne crée pas, n'a pas d'imagination, ne pense pas aux développeurs que reliront son code, n'a pas d'humour. Elle ne laissera pas un petit commentaire personnalisé bien écrit pour les développeurs juniors qu'on vient d'engager.

    Si comme certains le pensent, le code, c'est de la poésie, alors un code écrit par une I.A. n'a aucune valeur.

    • [^] # Re: La poésie du code

      Posté par  (site web personnel) . Évalué à 4 (+3/-1).

      Comment peut t'on dévaloriser la puissance de l'IA encore aujourd'hui?

      Sans vouloir pleinement répondre, ce n'est pas vraiment utile à mon avis, L'IA ne fait pas que vomir du code - ce que font de nombreux humains par ailleurs. L'IA d'ores et déjà peut proposer d'employer telle ou telle librairie pour résoudre tel ou tel problème, elle peut gérer les éléments nécessaires pour assembler le projet, peut comparer des solutions, suggérer des alternatives.

      Non elle n'écrira pas de poésie, mais ce n'est pas avec de la poésie que l'on a fait la révolution industrielle - et Marx écrirait que c'est sur le temps libre gagné que nous ferons de la poésie, même si je ne pense pas que les faits lui donnent tellement raison.

      La critique serait donc plus "est-ce que le job d'informaticien du futur sera aussi bien qu'avant", mais est-ce que ce job ne s'est pas déjà totalement renouvelé 1000 fois?

      • [^] # Re: La poésie du code

        Posté par  (site web personnel) . Évalué à 6 (+5/-0).

        ce n'est pas avec de la poésie que l'on a fait la révolution industrielle

        « Les poètes sont les législateurs secrets du monde » (Shelley)

        Qui sait ce que la révolution industrielle doit à la circulation de textes antiques, et notamment de poèmes, dans les trois siècles qui l’ont précédé, et qui ont remis au goût du jour l’idée que l’humanité pouvait s’améliorer grâce au travail et à la technique ?

      • [^] # Re: La poésie du code

        Posté par  (site web personnel) . Évalué à 2 (+0/-0).

        mais ce n'est pas avec de la poésie que l'on a fait la révolution industrielle

        Je n'aurais pas mieux dit ;-)

    • [^] # Re: La poésie du code

      Posté par  (site web personnel) . Évalué à 3 (+1/-0).

      Une I.A. ne prend pas des décisions architecturales, elle vomit du code à partir de celui présent sur internet. Elle ne crée pas, n'a pas d'imagination, ne pense pas aux développeurs que reliront son code, n'a pas d'humour. Elle ne laissera pas un petit commentaire personnalisé bien écrit pour les développeurs juniors qu'on vient d'engager.

      Tu n'as jamais interagit avec un modèle plus récent que GPT 3.5?

      Les modèles génératifs modernes sont clairement difficile à distinguer des meilleurs humains pour ce qui est de:
      - produire du code de bonne qualité (incluant les commentaires) pour des problèmes relativement complexes mais bien spécifiés
      - faire preuve d'humour
      - interpréter et expliquer de l'humour
      - produire (et expliquer) de la poésie

      Là où personnellement je suis inquiet en tant qu'informaticien, c'est sur la maintenance de systèmes réalisés, tout ou en partie, en utilisant ces outils. Parce que gérer des systèmes énormes que l'on a pas écrit (ou seulement une petite partie), c'est compliqué. Je le sais, c'est ce que je fais au quotidien. Les modèles génératifs permettent de faire grossir ces systèmes encore plus, encore plus vite, en comprenant toujours moins ce qu'ils font.

      Et quand l'IA fonctionne bien, le management s'en félicite. Quand ça part en sucette, le management fouette les techos pour réparer les dégâts plus vite et les blâment pour n'avoir pas empêché le désastre. Malgré les alertes et l'absence de moyens. Malgré les licenciements, les non remplacements et l'augmentation de la charge de travail.

      Au final, c'est un problème organisationnel et managerial. L'IA dans tout ça n'est qu'un élément de plus qui vient amplifier tout ce merdier.

      • [^] # Re: La poésie du code

        Posté par  . Évalué à 3 (+0/-0). Dernière modification le 18 février 2026 à 21:21.

        Les modèles génératifs modernes sont clairement difficile à distinguer des meilleurs humains

        Je dirais même que pour une discussion générale, pour un débat sur des idées simples (sauf sujets polémiques impliquant un risque juridique pour l’éditeur du chatbot…), ou même en présence de la volonté d’avoir une oreille attentive à qui parler, faisant preuve (ou donnant l’illusion simplement) de montrer une écoute satisfaisante, ChatGPT, même le modèle 3, présente une qualité bien au delà de ce qu’énormément d’humains moyens peuvent fournir. Que ce soit par le respect son interlocuteur, la pertinence du son discours, la faculté d’accepter ses torts et ses erreurs, et surtout sa disponibilité (mentale ou temporelle).

        Trouver une relation épistolaire humaine-humaine avec une qualité supérieure, me semble extrêmement difficile. Même en ayant conscience que c’est une relation artificielle, imaginaire pour l’humain qui s’y adonne, ça rend beaucoup d’autres échanges humain-humain sacrément médiocres.

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