Journal Moi aussi j'ai créé une entreprise !

64
10
avr.
2015

Sommaire

Ca y est. Après 10 années d'indécision, moultes doutes, deux séries d'interviews sur la création d'entreprise, un peu d'incubation, un peu d'association, je m'y suis finalement mis, moi aussi.

J'ai créé mon entreprise. (TADAM !)

Avant-propos

J'ai réalisé 2 séries d'entretiens sur le sujet de la création d'entreprise. Cette fois-ci, je ne me suis pas entretenu avec moi-même, ça aurait été un peu schizophrénique. En revanche je propose ici un retour d'expérience sur ma phase de création et démarrage d'activité (je bosse sur mon projet depuis un an, j'ai effectivement créé en février). Ca peut sembler un peu décousu (et ça l'est peut-être bien;)

Rappel des 2 séries :

Introduction

Ca fait des années que j'y réfléchis. Quand je suis allé il y a un an rencontrer des personnes à la CCI, ils ont retrouvé la trace de ma première démarche. J'étais venu à une journée d'information sur la création d'entreprise… c'était en juin 2004.

Entre temps j'ai aussi repris des études, bossé en région parisienne, arrêté de fumer, puis repris, et re-arrêté… bref, des trombes d'eau ont arpenté le lit de rivières, voire même coulé sous les ponts…

Avant tout une démarche personnelle

Pourquoi créé-t-on une entreprise ? Pour gagner le gros lot ? Etre connu ? Changer le monde ? Ce n'est pas évident de savoir. Et c'est fondamental.

Pré-requis : être honnête avec soi-même. Déjà, ça c'est pas forcément évident, tout dépend de l'humilité dont on fait preuve. Mais se projeter dans un projet aussi ambitieux soit-il ne doit pas voiler la face : est-on en mesure de porter ce projet ? Et ensuite : en a-t-on vraiment envie ?

J'ai rencontré pas mal de gens, des profils techniques, des mecs plutôt branchés business, des conseillers en innovation, en démarches de création d'entreprise, des formateurs, des dirigeants avec plus ou moins de réussite… J'ai engrangé les retours, les encouragements, les objections…

Finalement j'ai trouvé ce que je recherchais vraiment après diverses expériences. J'ai bossé avec un ex futur associé, j'ai intégré un programme d'incubation pour startups innovantes pendant 6 mois, j'ai rencontré des associés potentiels, j'ai présenté mon projet dans des évènements plutôt business… un parcours initiatique où je n'étais pas toujours à l'aise et où je doutais sévèrement. Honnêtement, ça a été dur. Mais comme le disent les Shadocks : "quand on ne sait pas où on va, il faut y aller. Et le plus vite possible".

Vous me croirez peut-être pas, mais en fait ça marche ! :-D

Bref, moi ce que je cherchais c'était avant tout d'être libre.

A partir de là tout s'est débloqué. La démarche est devenue naturelle, les orientations aussi, et en 2 mois j'ai trouvé mes premiers clients.

S'informer et se former

Comme je le disais auparavant, j'ai rencontré pas mal de personnes, j'ai échangé, et j'ai bénéficié d'opportunités de formation. Entre autres, j'ai suivi un programme de 4 mois de formation à la gestion/création d'entreprise financé par Pôle Emploi, j'ai suivi des formations au sein de l'incubateur qui m'a accompagné pendant 6 mois, je me suis payé quelques journées de "formation" (ou initiation) sur des sujets tels que le Lean Startup… ça ne m'a pas coûté grand chose ; on peut considérer cela comme gratuit si on rapporte la qualité des formations et leur apport par rapport à mon investissement financier.

Et puis les échanges et retours d'une manière générale sont hyper enrichissants. Que ce soit sur le projet d'entreprise, sur le logiciel ou service que vous voulez développer… En particulier les avis négatifs. C'est difficile d'encaisser des critiques mais c'est hyper instructif.

Un truc qu'on m'a transmis et qui s'est confirmé, c'est que très souvent les gens sont prêt à vous aider. Il "suffit" de demander. C'est souvent là que le bât blesse - on n'ose pas demander.

Pourtant demander ne coûte rien ; répondre ne coûte en général pas aux personnes (on aime généralement donner son avis quand on est compétent dans un domaine) et ça peut rapporter gros… sous réserve qu'on soit prêt à accepter les conseils !

Par exemple, 3 étudiants en mastère entrepreneurs d'une école de commerce ont bossé sur mon projet dans le cadre de leur formation. Les mecs ne connaissaient pas spécialement mon business, ont fait des hypothèses sans toujours tenir compte de ce que je leur avais dit… et ont émis un avis critique sur mon projet. C'était un peu rude. Mais aussi un peu vrai. Ils n'avaient certes qu'une partie des éléments, ils avaient bossé 3 semaines en s'informant sur Internet, mais leur analyse était globalement bonne sur la partie qu'ils traitaient. Ca fait du bien parfois d'avoir des avis extérieurs. Et ils m'ont apporté des idées auxquelles je n'avais pas du tout pensé.

Investisseurs ou développement progressif

Comme le disait Ludovic Dubost quand il nous parlait de sa société XWiki, se passer d'investisseurs va de pair avec un développement plus progressif. Donc moins rapide. Mais aussi plus pérenne. Et libre.

A ma connaissance, les structures d'accompagnement à la création d'entreprise tels que les incubateurs sont systématiquement branchées sur le type d'entreprise "à investisseurs". Cela ne veut pas dire qu'il ne faut pas y aller si le projet ne correspond pas, mais il faut y aller en connaissance de cause. Si je reprends mon parcours en incubation, ça m'a ouvert des portes et donné accès à des formations vraiment de qualité.

Collaborer avec des intérêts réels et communs

Dans ma dernière expérience en tant que salarié, j'ai bossé pour une startup en intérim. Après 5 ans d'existence et un produit vraiment moche (mais exceptionnel dans le métier cible), la boîte en question développait sa V2 : métier validé / panel client validé, la boîte marchait, il était donc temps de développer un vrai produit, propre, industriel. L'équipe était d'ailleurs au top.

Bref, on était deux presta en intérim pour aider sur le lancement de cette v2. Mon collègue avait monté sa boîte pour créer des sites Internet (et avait entre temps arrêté son activité). Son retour d'expérience : choisir des prestataires / partenaires qui ont les même intérêts. Cela signifie notamment : "si tu es petit, il vaut mieux collaborer avec une boîte qui est petite et qui a un intérêt dans ton projet plutôt que de choisir la boîte qui est n°1 dans le domaine". Pourquoi ? Parce que déjà, il y a des chances que ça soit moins cher, et de plus le n°1 en a rien à faire de ta boîte balbutiante. Tu apportes que dalle en chiffre d'affaire, du coup si t'es pas satisfait, c'est pas grave, tu n'as qu'à aller voir ailleurs.

D'ailleurs la précédente startup où je m'étais impliqué avait fait les frais d'un tel mauvais choix. Streaming vidéo, on s'adresse au plus gros prestataire en France. Le jour du lancement, streaming down. Plusieurs mois à ne pas avoir une plateforme fonctionnelle et à ne pas avoir de support. Une boîte locale avait proposé de gérer notre streaming ; le patron a décliné… feu patron, devrais-je plutôt dire… enfin, feu-startup pour être plus précis puisqu'elle s'est faite bronsoniser quelque temps plus tard.

Conclusion : toujours prendre des prestataires / partenaires qui ont un réel intérêt dans les projets communs.

Négocier. Toujours.

Quand je joue à des jeux de société, j'adore négocier. C'est un jeu, c'est ludique, et c'est sans conséquences. Mais dans la vraie vie, c'est pas la même. C'est pas un jeu de négocier un contrat pour faire tourner sa boîte. Enfin, disons que c'est surtout avec des conséquences. Du coup je le fais moins.

Pourtant, à chaque négociation tu obtiens quelques chose. Des meilleures conditions de règlement. Un geste commercial, un tarif avantageux… ou parfois juste une info sur le fonctionnement de l'interlocuteur et de son entreprise.

Avoir un business plan et un prévisionnel financier

On entend souvent dire que le business plan ça sert à rien. Et que les prévisionnels financiers ça va avec. Pourtant, c'est le seul moyen de déceler certaines incohérences.

Faire un business plan, ça ne veut pas dire rédiger un document de 40 pages façon rapport de stage, ça veut dire "avoir posé sur le papier toutes les hypothèses et équations de son business". Ca peut simplement être un Canvas (fichier PDF), mais ça doit être écrit. Ecrire, ça concrétise, au sens premier du terme.

On peut avoir des idées qui semblent cohérentes en tête ; en les posant sur le papier de manière explicite, on se retrouve face aux incohérences ou zones d'ombre s'il y en a.

Exemple tout simple : je développe et commercialise un logiciel. Qui sont mes clients. Des sociétés ? Des particuliers ? Mettons des sociétés. Quel type de société ? Quel est leur métier ? Comment je les démarche ? Si les réponses à ces questions ne sont pas claires ou sont genre "toutes les sociétés peuvent être intéressées", STOP. Il faut focaliser. Et c'est beaucoup plus facile à dire qu'à faire. Alors si on ne se rend même pas compte qu'il faut le faire…

Le prévisionnel financier, ce n'est pas remplir un tableau pour faire plaisir au banquier mais bien une projection dans la vie réelle de l'entreprise. Quand j'étais en incubation, on nous avait fourni des modèles type de prévisionnel financier, c'est à dire un document Excel plutôt bien foutu où on définissait nos produits, leurs prix, les embauches, etc, etc. Mais du coup, tu vas directement à l'onglet "bilan", tu regardes sans comprendre.

Quand j'ai revu le gars qui m'avait formé pendant 4 mois (un vieux briscard de la gestion d'entreprise, un peu à l'ancienne), il m'a dit "bon, très bien. Puisque tu as tout chiffré, tu pourras facilement mettre tout ça dans un prévisionnel financier façon Michel Dupraz - un fichier Excel avec trois onglets : financement années 1/2/3, compte de résultat années 1/2/3, et plan de trésorerie année 1. C'est là et seulement là que j'ai concrétisé mon activité. (ça ne m'a pas aidé à faire des hypothèses sur tel ou tel type de modèle économique, certes, mais ça m'a permis de rendre mon projet réaliste d'un point de vue financier)

Des logiciels libres. Oui, mais…

Les logiciels libres c'est bien. Mais ça ne paie pas toujours. Combien parmi l'assemblée vivent du développement de logiciels libres ? Bon. Voilà, tout est dit ;)

Plus sérieusement, comme le dirait Zenitram à juste titre, quand tu as besoin d'un outil pour le taff, il faut prendre celui qui convient le mieux. Si c'est du libre, tant mieux, si c'est pas du libre, est-ce important ? Parfois oui, parfois non. J'utilise PyCharm par exemple. Version libre ou propriétaire ? La licence coûte 199€, puis 99€/an pour les mises à jour.

Mettons que tu sois développeur freelance. Mettons que tu factures entre 450 et 500€ / jour. Supposons que tu fasses des journées de 8h. A 450€/J, ça fait du 56€/heure. Si tu gagnes 4h sur l'année tu as rentabilisé ton logiciel propriétaire. Il suffit de gagner 2h les années suivantes. A 500€/J ça fait du 62€/heure, c'est équivalent.

Bon, après, je pourrais aussi coder avec vi, voire emacs… hm… non en fait, je pourrais pas.

Et au fait, je fais quoi ?

Je développe Tracim en open-source et commercialise des hébergements clé-en-main (le site est à refaire, oui;). C'est mon fil rouge long terme, c'est un développement (commercial) en mode lean (pas de roadmap long terme mais un produit qui suit les besoins exprimés).

Je fais de la prestation en mode "freelance". J'ai 12 ans d'expérience dans le domaine de l'édition de logiciel, du développement et de l'architecture de services web et logiciels SAAS. Je bosse en Python et sur les technos associées.

Ma société s'appelle Algoo. C'est une SAS à associé unique.

Une SAS ?!

Oui. :)

Un dernier partage d'expérience ?

Comme nous le disait Pierrick Le Gall en 2012 : faites des enfants, ça responsabilise ;)

Plus sérieusement, quand on se lance dans un projet de création d'entreprise, on a vite fait de mettre la tête dans le guidon pour ne plus jamais l'en sortir. Soit on sait naturellement structurer/organiser sa vie, soit les éléments extérieurs sont vraiment les bienvenus.

J'ai commencé en bossant à domicile. C'était difficile de couper entre la vie pro et la vie perso. J'ai donc cherché un bureau. Et avant d'avoir un bureau, j'ai eu un fils. Félicitations. Merci. Il est beau. Merci. Il s'appelle comment ? Lucien. Il a quel âge ? Bon, ça y est ? On peut reprendre ? ;) Bref, ça m'a conforté dans l'idée de prendre un bureau. Et depuis que j'ai ce bureau, c'est du bonheur :

  • quand je suis au bureau, je ne m'occupe pas des soucis du quotidien,
  • quand je suis à la maison, je m'occupe pas peu moins des soucis du boulot,
  • je suis dans une pépinière, j'ai des voisins de boulot avec qui discuter,
  • ça coûte pas (trop) cher les premières années,
  • je suis obligé d'organiser ma vie.

Pour avoir bossé sur un projet de création d'entreprise en 2011/2012 où j'ai travaillé exclusivement à domicile, je confirme que ça change radicalement la vie.

Aussi, pour avoir rapidement testé des espaces de coworking, avoir un bureau à soi, au calme, ça n'a pas de prix.

Le mot de la fin

Deux trucs qui me paraissent fondamentaux - et en tout cas qui font que je m'épanouis dans mon taff : savoir demander de l'aide et être curieux d'apprendre.

Quand j'apprendrai plus rien avec ma boîte, il sera temps de changer de métier.

  • # Concernant le Business Model Canvas

    Posté par (page perso) . Évalué à 5.

    Un article qui décrit succintement la modélisation : http://www.dynamique-mag.com/article/decouvrez-le-business-model-canvas.3975

    Et un outil en ligne pour le "rédiger" : https://canvanizer.com/new/business-model-canvas

  • # je me doutais qu'à force d'écrire des articles sur la création d'entreprises...

    Posté par (page perso) . Évalué à 5.

    Sinon tu dis

    Et puis les échanges et retours d'une manière générale sont hyper enrichissants. Que ce soit sur le projet d'entreprise, sur le logiciel ou service que vous voulez développer… En particulier les avis négatifs. C'est difficile d'encaisser des critiques mais c'est hyper instructif.

    Comme je l'ai entendu souvent, le client dit du mal du produit, mais il faut l'écouter, c'est lui qui achète, c'est son avis qui compte.

    Sinon

    Comme le disait Ludovic Dubost quand il nous parlait de sa société XWiki, se passer d'investisseurs va de pair avec un développement plus progressif.

    j'aime bien le proverbe africain "tout seul on va plus vite, ensemble on va plus loin"

    Bon courage pour la suite !

    If you choose open source because you don't have to pay, but depend on it anyway, you're part of the problem.evloper) February 17, 2014

    • [^] # Re: je me doutais qu'à force d'écrire des articles sur la création d'entreprises...

      Posté par (page perso) . Évalué à 2.

      j'aime bien le proverbe africain "tout seul on va plus vite, ensemble on va plus loin"

      En fait il y a aussi l'aspect "vision" et "valeurs" qui est peu compatible avec des investisseurs. Les investisseurs voient le rendement de leur investissement à moyen terme (quelques années, le temps qu'un nouveau tour de table se mette en place) ; le côté éthique n'a alors que peu de poids.

      Avoir des associés c'est différent : tu peux t'associer et donc aller plus loin sans remettre en cause des valeurs (genre développer en vrai open source).

      Ce qu'il faut prendre en compte, quand tu t'associes, c'est que les compromis que tu es prêt à accepter ne sont pas forcément les même que ceux de tes associés. Par exemple tu peux avoir un projet (de produit) à deux, une même vision de l'entreprise et de ses valeurs, mais des aspirations différentes d'un point de vue personnel : par exemple l'un sera prêt à gagner nettement moins pour mener le projet en question, l'autre sera prêt à sacrifier sa vie de famille. Ca devient rapidement difficile à gérer. D'ailleurs, énormément de créateurs d'entreprise qui se lancent avec des associés quittent l'entreprise relativement rapidement ; souvent les "techniciens" d'ailleurs.

      Bon courage pour la suite !

      Merci :)

  • # Partie trop courte

    Posté par (page perso) . Évalué à 5.

    Une SAS ?!
    Oui. :)

    Pourquoi?
    (par rapport à une SARL)

    • [^] # Re: Partie trop courte

      Posté par (page perso) . Évalué à 2. Dernière modification le 10/04/15 à 09:02.

      SAS avec un associé unique, c'est une SASU techniquement parlant (mais ça ne répond pas à la question).

      • [^] # Re: Partie trop courte

        Posté par (page perso) . Évalué à 1.

        une SASU est une SAS aussi.
        comme une EURL est un SARL aussi (en pratique, mon extrait KBis indique "SARL à associé unique" et l'intitulé à la banque est "SARL [dénomination sociale]").
        Et les régles sont les mêmes (à quelques détails près qui sont d'ordre technique plus qu'autre chose, tandis qu'il y a de grosses différences fiscales entre SAS et SARL)

    • [^] # Re: Partie trop courte

      Posté par (page perso) . Évalué à 8.

      En fait, j'avoue que j'ai pas un avis hyper tranché. D'un côté on me conseillait de créer une SARL d'un autre une SAS (EURL / SASU). Si tu cherches des infos sur internet, il y a les deux avis.

      En pratique, j'étais initialement parti sur un projet avec un associé. La question ne se posait pas. J'ai donc "assimilé" le modèle SAS. Puis est venu l'évolution vers un projet "à associé unique". La question s'est donc re-posée.

      A terme je prévois toujours de m'associer, donc la SAS est un choix naturel. Le fait de basculer de SARL vers SAS impose l'intervention d'un commissaire à la transformation, ce qui est coûteux.

      En pratique - et suite à différentes discussions que j'ai eu après avoir lancé la procédure, le schéma "classique" est de transformer son EURL en SASU - ce qui simplifie la procédure, puis seulement de faire entrer des associés. Visiblement les coûts ne sont pas aussi élevés que ce que j'avais imaginé ; mais j'ai eu très peu de retours sur ce sujet, donc j'ai toujours pas d'avis tranché.

      Ce qui est sûr, c'est que le côté "je suis assimilé salarié" fait que j'évolue en terrain connu. Il y a peut-être un manque à gagner puisque je suis dans un mode rémunération nette / rémunération brute + charges patronales (contre rémunération nette = rémunération brute en SARL si j'ai bien compris), mais avec toutes les protections sociales liées au statut de salarié (sauf chômage).

      Enfin, la création a été un peu précipitée : il y a la phase où tu attends d'avoir des clients pour créer ta structure, et inversement tu as besoin d'avoir créé ta structure pour pouvoir facturer… donc ça s'accélère aux premiers accords de principe ; ça s'est d'autant plus précipité pour moi que j'arrivais en fin de droits pôle emploi.

      Les choses s'accélérant, ne parvenant pas à trancher de manière claire pour l'un ou l'autre des statuts juridiques et appréhendant mieux SAS statu de salarié, j'ai décidé d'arrêter de tergiverser.

      • [^] # Re: Partie trop courte

        Posté par . Évalué à 1.

        La SAS(U) a un avantage : c'est la dernière structure d'entreprise qui permet de verser des dividendes.
        Ça signifie que tant que tu réduis tes propres charges avec un salaire bas (tu calcules ton minimum pour vivre sans te prendre la tête), et qu'à la fin de l'année s'il y a des sous en plus, hop dividendes, tu évites les frais délirants sur les bénéfices et si tu as fait un bon chiffre, tu as aussi plus d'argent.

        Au pire comme tu peux à titre personnel réinvestir cet argent dans ton entreprise, si la boîte a besoin de liquidités, tu peux gérer, mais cet argent est mieux dans ta poche que dans celles de la boîte où la moitié aurait disparue (impôts sur les bénéfices) contre beaucoup moins pour les dividendes (uniquement les impôts sur le revenu après abattement de 40% il me semble, à vérifier).

        Bref, en l'état, pour gérer les finances de la boîte sans te faire sucer jusqu'à la moelle - et donc pour donner une meilleure chance à ta boîte - la SARL c'est caca, la SAS c'est cool.
        Parce que en gros pour le reste c'est surtout du détail administratif, la facilité d'intégrer de nouveaux associés etc. Bref des trucs pas très courants quand même.

        Yth.

        • [^] # Re: Partie trop courte

          Posté par . Évalué à 3.

          Cette différence de fiscalité sur les dividendes ne devrait pas faire long feu. Pour le moment c'est bonus mais il ne faut uniquement choisir pour cet aspect.

        • [^] # Re: Partie trop courte

          Posté par (page perso) . Évalué à 10. Dernière modification le 10/04/15 à 16:50.

          Bémol la dessus :
          - Ca peut changer demain (ils ont essayé l'année dernière, annulé dernier moment)
          - Ca dépend. Déjà plus de 38 k€ de dividendes, tu tapes violent (33% d'IS, 15.5% CSG/CRDS avant IR). Reste en dessous de 38 k€ (15% d'IS, 15.5% CSG/CRDS avant IR) mais équivalent à SARL (~30% en tout avant IR) donc il reste comme avantage uniquement que les revenus dividendes sont pris qu'à 60% de tête, donc faut payer plus assez d’impôts pour être dans la tranche à 30% pour que ça vaille le coup, donc un gros salaire si le partenaire ne gagne pas plus que ça, donc plus de cotisations salariales qui baisse l’intérêt, bref le serpent se mord la queue. Sans compter que tu peux aussi augmenter le capital de la SARLpour avoir les mêmes droits que la SAS. Se verser des dividendes est un fantasme classique de la SAS mais pas si rentable au final (certains disent que ça vaut le coup surtout à partir de 150k€/an à te reverser si le conjoint ne travaille pas)

          Note : c'est clair que c'est rentable de se verser des dividendes quand tu es en SAS, pas de remarque la dessus, mais ça ne veut pas dire que c'est plus rentable d'être en SAS qu'en SARL.

          Bref, en l'état, pour gérer les finances de la boîte sans te faire sucer jusqu'à la moelle - et donc pour donner une meilleure chance à ta boîte - la SARL c'est caca, la SAS c'est cool.

          Non, ça ne change pas grand chose, voir le contraire justement : la SARL te permet un ratio net / brut chargé meilleur au final pour 90% des cas (celles où la personne peut se permettre un brut chargé que de moins de 150 k€)

          Note : je suis en profond désaccord avec l'expression "te faire sucer jusqu'à la moelle", c'est faux (jusqu'à facile 25 k€ c'est pas beaucoup de pris, ensuite bon ben tu as des sous, normal), comme pour "et donc pour donner une meilleure chance à ta boîte" (he! si tu payes beaucoup c'est que tu gagnes beaucoup, donc ta boite est viable, c'est juste toi qui est groumant)
          Faut arrêter un jour avec le coup du méchant ogre d'Etat qui mange les petits enfants sans défense.

          • [^] # Re: Partie trop courte

            Posté par . Évalué à 2.

            c'est juste toi qui est groumant

            J'ai entendu de la bouche d'un entrepreneur (je crois que c'est une SARL) qu'il donnait environ 60% de son CA en impôts. Quand j'entends ça je pense naturellement que l'état aussi est très groumant.

            kentoc'h mervel eget bezan saotred

            • [^] # Re: Partie trop courte

              Posté par . Évalué à 1. Dernière modification le 13/04/15 à 13:45.

              J'ai entendu de la bouche d'un entrepreneur (je crois que c'est une SARL) qu'il donnait environ 60% de son CA en impôts.

              Il inclus quoi dans son calcul ? Pour quel type de structure ?

              60% de son CA c'est soit un cas particulier, soit une blague, soit il a inclus la terre entière jusqu'à la TVA de son PQ et son ISF.

            • [^] # Re: Partie trop courte

              Posté par (page perso) . Évalué à 10. Dernière modification le 13/04/15 à 13:56.

              J'ai entendu de la bouche d'un entrepreneur (je crois que c'est une SARL) qu'il donnait environ 60% de son CA en impôts.

              C'est qu'il est donc dans la tranche à 45% depuis tellement haut que les autres tranches sont "invisibles" (partons sur 400 000 € pour un célibataire : 100 000 € de cotisations sociales et 110 000 € d'IR, soit 52% en impôts, hum raté. Partons donc sur 500 000 € pour un célibataire : 125 000 € de cotisations sociales et 144 000 € d'IR, soit 54% argh toujours raté. partons donc sur 1 000 000 : 250 000 puis 325 000 donnent 58%, toujours pas 60%, quand ça ne veut pas… Et encore j'ai été gentil j'ai eu la flemme de calculer les prélévement en moins car la sécurité sociale et l'assurance vieillesse arrête de monter à partir d'un certain montant)

              Note : et dans tous ça, un certains montant lui sera rendu en différé (l'assurance veillesse), ce n'est pas complètement un impôt.

              Edit : admettons qu'il ne parle pas de C.A. (un C.A. est hors TVA) mais de tout ce qu'il file à l'état quand il vend à un particulier final, 500 000 TTC donnent 420 000 de C.A. soit 105 000 € de cotisations sociales et 115 000 € d'IR à la louche, ça donne 60%, ouf, pas possible en dessous! OK, il lui reste "que" 200 000 € / an, trop dur.

              Quand j'entends ça je pense naturellement que l'état aussi est très groumant.

              Quand j'entends ça, je me dis que le gars dit soit des conneries anti-Etat classique en gonflant les chiffres, soit il est assez aisé pour se permettre de rendre à la société.
              Dans aucun cas l'Etat n'est gourmand : c'est juste rendre à la société une partie ce qu'elle t'a permis d'avoir.

              perso, je serai heureux de filer 60% de mon CA à l'Etat.

              • [^] # Re: Partie trop courte

                Posté par . Évalué à 5. Dernière modification le 13/04/15 à 14:09.

                Merci pour cette réponse, je me renseignerais un peu plus en profondeur la prochaine fois que je le verrais.

                Dans aucun cas l'Etat n'est gourmand.

                Des fois il devrait l'être un peut plus quand il s'agit de Google, Microsoft, Total, … pour au moins qu'ils payent ce qu'ils doivent au même ratio que les petits indépendants.

                kentoc'h mervel eget bezan saotred

                • [^] # Re: Partie trop courte

                  Posté par (page perso) . Évalué à 2. Dernière modification le 13/04/15 à 14:16.

                  je me renseignerais un peu plus en profondeur la prochaine fois que je le verrais.

                  Je parie qu'il fuira la question, et ne te donnera pas de nombres factuels.

                  Des fois il devrait l'être un peut plus quand il s'agit de Google, Microsoft, Total, … pour au moins qu'ils payent ce qu'ils doivent au même ratio que les petits indépendants.

                  C'est un sujet très différent :
                  - Les nombres annoncés (quelques pourcents) sont le taux global d'IS, et seulement d'IS. ça ne dit absolument rien sur l'IR qui en découle pour le particulier final qui a des actions. Oui, je paye 15% d'IS et eux 3% en gros, mais la différence reste "que" de ~10% entre petit et gros (c'est plus chiant pour les "moyens" car ils en sont à 33% d'IS).
                  - L'argent reste bloqué dans les "paradis fiscaux", les actionnaires ne peuvent y toucher sauf à payer l'IR dessus. Donc bon, ça a des inconvénients (il faut bien "débloquer" la chose un jour, donc la première chose à faire est de ne jamais faire de loi permettant le rapatriement une fois tous les 15 ans)

                  Bref, ça serait bien, oui, ce n'est pas aussi binaire que ça et ça ne réglera pas tout au final.

        • [^] # Re: Partie trop courte

          Posté par . Évalué à 3.

          Et oui, l'évasion fiscale est aussi au coin de la rue !

  • # Ca dépend

    Posté par (page perso) . Évalué à 10. Dernière modification le 10/04/15 à 08:39.

    Bémol pour dire que… Ca dépend.

    Et depuis que j'ai ce bureau, c'est du bonheur

    Perso, je ne peux plus avoir un bureau, car justement j'aime ce mélange pro/perso que tu n'aimes pas.
    Perso, j'aime avoir mon enfant à côté de moi quand je travaille, et ça a l'air de lui plaire aussi (une fois qu'on s'est battu pour clarifier les règles "à côté mais sans déranger") et je n'aime pas dépenser pour ça (je préfère mettre cet argent dans des moments en famille).
    Note : après, j'ai des clients qui veulent du "business hour" mais américain donc décalage horaires (quoique, j'ai aussi des mails européens à 23 heures) donc ça serait sans doute moins facile pour moi de dire que je rentre à minuit tous les jours.

    Mais je conçois tout à fait que ce n'est pas facile ni en fait pour tout le monde (pour les raisons que tu expliques, et que j'ai aussi évidement, des fois ça râle à la maison que je suis encore en train de bosser).

    Bref : ça dépend, aucun choix n'est mieux que l'autre, il faut surtout un environnement adapté à sa personnalité.

    • [^] # Re: Ca dépend

      Posté par (page perso) . Évalué à 4.

      Totalement d'accord : c'est très fortement lié à sa personnalité.

      L'idée de cette partie du journal, c'est de dire que "attention, économiser le coût d'un bureau n'est pas toujours un bon calcul". Dans mon cas, ça marche beaucoup mieux avec un bureau. J'ai besoin de calme pour être efficace, et c'est aussi probablement la raison qui fait que le coworking ne m'a pas plu.

  • # tracim

    Posté par . Évalué à 5. Dernière modification le 10/04/15 à 09:12.

    Juste une remarque sur ton produit : est-ce que tu gères le temps (date et duré) ?

    C'est souvent ce qui manque dans ce genre d'outils, cela permet de faire des todo list avec des dead line, cela permet de faire des simili planning, cela permet de faire un résumé de son projet sous forme de timeline ou de calendrier d'activité, etc…

    Au vu des captures d'écran, on dirait que ton outil ressemble à wattpad .

    "La première sécurité est la liberté"

    • [^] # Re: tracim

      Posté par (page perso) . Évalué à 2.

      En l'état actuel, Tracim est plus orienté "capitalisation sur la connaissance" que "gestion de projet". Pour de la gestion de projet, je pense qu'il existe des outils plus adaptés.

      Tracim sera plutôt avantageux pour :

      • collaborer en inter-entreprises (un de mes clients l'utilise pour mutualiser et partager son expérience entre services départementaux)
      • partager l'expérience à distance (exemple : équipes de techniciens en mobilité)
      • mettre en place une communauté (tu veux partager avec tes clients, des docs, des infos, et permettre à tes clients d'échanger entre eux)
      • mettre au point une base de connaissance

      Dans tous les cas, l'idée c'est que quoi que tu fasses, tu ne perds pas d'information et les actions sont tracées.

      Initialement, la gestion de projet était le fil rouge ; mais de nombreux outils existent pour cela (pas forcément libres, mais concurrents tout de même) et notamment des outils qui gèrent le temps. Wrike, par exemple (SAAS, pas libre).

      • [^] # Re: tracim

        Posté par (page perso) . Évalué à 2.

        Et pour répondre à ta remarque concernant wattpad ; je ne connais pas wattpad. Je vais regarder ça.

  • # Avoir un bon expert comptable

    Posté par . Évalué à 7.

    De mon expérience, je retiens surtout qu'il faut trouver le bon expert-comptable. A la chambre des métiers, ils m'ont aidé à créer l'entreprise, mais le business plan était basé sur des chiffres qui finalement n'avaient rien à voir avec la réalité. On a pris les services d'une société de conseil en création d'entreprise, l'avantage c'est qu'ils restent motivés pour toi, même quand tu as des moments de doute et ça fait avancer le projet plus vite.
    Finalement, l'interlocuteur le plus proche de la réalité a été mon expert-comptable, le business-plan prévoyait un chiffre d'affaire 3 fois inférieur à celui de la CMA et 2 fois inférieur à la société de conseil mais il s'est avéré le plus proche de la réalité.
    J'ai d'autres amis qui ont des sociétés dans différents domaines et ils ont dû changer plusieurs fois d'expert-comptable pour avoir un vrai partenaire sur lequel compter.

    • [^] # Re: Avoir un bon expert comptable

      Posté par . Évalué à 5.

      Si à 40 ans t'as pas un expert-comptable…

      Pour un sextumvirat ! Zenitram, Tanguy Ortolo, Maclag, xaccrocheur, arnaudus et alenvers présidents !

      • [^] # Re: Avoir un bon expert comptable

        Posté par (page perso) . Évalué à 10. Dernière modification le 10/04/15 à 10:32.

        Sérieux, si tu te lances dans l'aventure de l'entrepreneuriat, la dernière chose à faire et de se passer d'expert-comptable : ce n'est pas du tout le même domaine, et ce boulot bouffe du temps sans rien apporter à son projet.
        Tu veux couler un projet? Passe-toi d'expert-comptable "pour limiter les frais".

        PS : exception faite l'auto-entrepreneur, mais c'est un peu différent, pas les mêmes objectifs (limite à 32k€ etc…)

    • [^] # Re: Avoir un bon expert comptable

      Posté par (page perso) . Évalué à 5.

      Quand je dis d'écrire le business plan, ça va dans le sens de faire des estimations réalistes. Par exemple, tu lances un service B2B et tu te dis que tu vas chopper 300 clients dans l'année. Le taux de transfo si tu fais de la prospection 'cold call', c'est de l'ordre de 1 à 2% (un peu comme l'emailing). Ca veut dire que tu as contacté 15000 à 30000 personnes (combien ça prend de temps de passer 15000 coups de fil ? et niveau motivation vu que ça donne 98 à 99% d'échec ?). Ca fait beaucoup :) Du coup, soit tu revois ta stratégie (tu touches pas les clients par téléphone mais par un autre moyen), soit tu revois ton CA prévisionnel. Ce genre de prévision, ce n'est pas l'expert comptable qui va te le donner, ou alors tu as un expert-comptable qui est spécialisé dans ton métier.

      Ceci étant dit, le bon expert comptable est fondamental, et notamment dans la phase de démarrage où tu n'as peut-être que peu d'expérience en gestion, voire aucune, et donc que tu as besoin d'être "coaché".

      • [^] # Re: Avoir un bon expert comptable

        Posté par (page perso) . Évalué à 5.

        Je comprends pas trop le truc, ou alors on ne met pas la même chose sur le même mot.

        L'expert comptable est avant tout un comptable, dont le métier est d'enregistrer les pièces comptables dans le strict cadre de la législation, de monter le bilan (en gros le/son logiciel le fait) et de faire/gérer les déclarations administratives (tva, salaires, impôts en tout genre). On est très très très loin d'un gestionnaire qui "guide" vers un bon développement.
        Après il y a ceux qui se piquent de faire "gestionnaire", en gros ils utilisent ce qu'ils voient chez les autres clients pour approximer ce qui peut se passer chez toi, mais cela n'en fait pas des gestionnaires (qui est un métier à part entière ) loin de là. Le gestionnaire construit un plan, l'expert comptable fait des photos.

        Moi cela m'a toujours un peu surpris ces réunions de CCI qui te "forment" et te conseillent TOUJOURS un expert comptable et un avocat et JAMAIS un commercial. Mais c'est juste parce que leurs relationnels c'est avec des avocats et des comptables. Alors que de mon point de vue, si il y a une personne à "recruter" en premier c'est un commercial, parce que c'est un métier vraiment différent que celui que nous faisons et c'est un métier qui demande un certain état d'esprit. Et puis, faut le dire : pas de clients, pas besoin de contrat et pas besoin de comptable.

        Mais bon, avec l'age je deviens un peu grognon et j'ai pas eu la chance d'avoir rencontré des personnes vraiment compétente en dehors de déblatérer les termes à la mode. Et puis sans vouloir faire trop le chafouin : il suffit de voir l'état des tissus économiques locaux pour se rendre compte de la compétence générale des CCI.

        • [^] # Re: Avoir un bon expert comptable

          Posté par (page perso) . Évalué à 4.

          Je comprends pas trop le truc, ou alors on ne met pas la même chose sur le même mot.

          L'expert comptable est avant tout un comptable, dont le métier est d'enregistrer les pièces comptables dans le strict cadre de la législation, de monter le bilan (en gros le/son logiciel le fait) et de faire/gérer les déclarations administratives (tva, salaires, impôts en tout genre). On est très très très loin d'un gestionnaire qui "guide" vers un bon développement.
          Après il y a ceux qui se piquent de faire "gestionnaire", en gros ils utilisent ce qu'ils voient chez les autres clients pour approximer ce qui peut se passer chez toi, mais cela n'en fait pas des gestionnaires (qui est un métier à part entière ) loin de là. Le gestionnaire construit un plan, l'expert comptable fait des photos.

          Je me suis peut-être mal exprimé. Mais par exemple tu montes une SAS, tu te verses une rémunération, avec des fiches de paie (tu es assimilé salarié). Perso je ne connais pas la réglementation concernant les obligations prévoyance, mutuelle, etc. Je ne sais pas a priori ce que je peux déduire de mes dépenses perso pour compte pro (exemple : bureau à domicile, ration de ta connexion internet…).

          Ce sont des connaissances complètement transverses au métier de mon entreprise, ce sont des choses que j'ai besoin d'assimiler.

          Moi cela m'a toujours un peu surpris ces réunions de CCI qui te "forment" et te conseillent TOUJOURS un expert comptable et un avocat et JAMAIS un commercial. Mais c'est juste parce que leurs relationnels c'est avec des avocats et des comptables. Alors que de mon point de vue, si il y a une personne à "recruter" en premier c'est un commercial, parce que c'est un métier vraiment différent que celui que nous faisons et c'est un métier qui demande un certain état d'esprit. Et puis, faut le dire : pas de clients, pas besoin de contrat et pas besoin de comptable.

          Si tu ne fais pas de comptabilité propre, tu es dans l'illégalité. Donc plus d'activité non plus. (certes tu peux faire ta compta proprement sans expert-comptable, tout comme tu peux faire du commerce sans avoir de commercial… tout dépend de tes affinités, ressources naturelles et envies)

          Mais bon, avec l'age je deviens un peu grognon et j'ai pas eu la chance d'avoir rencontré des personnes vraiment compétente en dehors de déblatérer les termes à la mode. Et puis sans vouloir faire trop le chafouin : il suffit de voir l'état des tissus économiques locaux pour se rendre compte de la compétence générale des CCI.

          La compétence des CCI c'est un autre sujet :) je n'ai pas d'avis sur le sujet - pas assez de recul.

          • [^] # Re: Avoir un bon expert comptable

            Posté par (page perso) . Évalué à 3.

            Que tu ne connaisses pas la réglementation est une chose, dire (et pas que toi) qu'un expert comptable est un gestionnaire en est une autre.

            Bien sur, il connaît une bonne partie de la législation mais cela n'en fait pas un avocat non plus dont le métier est le droit.

            Savoir si tu peux déduire tes frais, locations, téléphones etc… est une information dont tu as besoin bien avant la mise en route, bien avant l'intervention de l'expert comptable. C'est plus les missions des CCI de tenir une base de donnée des question "courantes" que tout le monde se pose plutôt que d'envoyer chez le pote expert comptable contre un restau de temps en temps. De plus si tu as un doute, il est aisé de rencontrer un contrôleur des impôts, suivant ta région ils peuvent être très sympa. Ainsi tu auras une bonne image de tes droits et devoirs (lol) et tu pourras projeter un point zéro : quel niveau de chiffre d'affaire dois-je avoir pour juste payer mes frais, tu n'as pas besoin d'un expert comptable et pas besoin d'un gestionnaire, il suffit de prendre un tableur (si tu n'aimes pas faire des additions) ou un simple papier et lister ce que tu dois payer à l'année en frais fixe. Ensuite au verso (ou sur une deuxième page) tu indique quels sont les frais que tu engageras pour "produire" (noms de domaines, frais de routes, publicités, frais de représentation….) et cela te donnera une bonne image de tes charges, et regarder si tu te sens capable de trouver les produits à mettre à gauche du tableau pour équilibrer.

            Alors effectivement il y a des études qui peuvent être faites :
            - Marché potentiel
            - couverture du marché
            - concurrences
            - évolution de la législation
            - étude des cibles et des prix
            ….

            Plus tu vas avoir des études détaillées, plus tu vas avoir une idée précise, plus cela va te coûter cher. Certaines peuvent être faire par toi : recherche sur internet, étude des comptes publiées des entreprises dans ton secteur… D'autres il faut de vraies compétences en marketing (mercatique ?) zone de chalandise, attractivité..

            Tout cela est dépendant du niveau de CA que tu entends faire (et réalisable). Si ton unité de compte est le K€, tu n'as pas les moyens (et ce n'est pas rentable) de faire ses études approfondies, si ton unité de compte les 10K€, il faut les faire mais il faut savoir que l'engagement financier sera à hauteur. Si ton unité de compte est le 100K€ : tu ne travailleras pas et ne fera que rencontrer des gens pour huiler le process.

            Avec comme unité le 10K€, l'expert comptable est plus que nécessaire et avec le 100K€ ajoutes-y l'avocat, en dessous je suis plus que circonspect. Mais peut être ai-je eu des mauvaises expériences qui ne sont pas représentatives. J'ai même rencontré un responsable de centre de gestion agréé (expert) qui travaillais certes avec des libéraux, il ne comprenait pas la notion de partie double en compta et appelait compte de résultat et bilan une analyse sommaire faire à partir d'additions, en ayant une "compta" partie simple à partir des relevés de banques : impossible de connaître les encours clients et fournisseurs, impossible de faire de vraies ratios car les factures faites et non encaissées n'existaient tout simplement pas.

            J'ai connu également un contrôleurs des impôts de Compiègne qui avait décider, à lui tout seul, contre le reste du monde qu'une personne inscrite à la maison des artistes était redevable de la taxe pro. On l'a inscrite dans le département d'à coté.

            • [^] # Re: Avoir un bon expert comptable

              Posté par . Évalué à 2.

              Pour moi, il m'a épauler. Il n'a pas géré l'entreprise, mais il m'a guidé. J'ai toujours eu un prévisionnel des charges qui allaient tombées. Il m'a fixé une limite sur le salaire. M'a donné des conseil au niveau des frais.
              Le problème de certaines entreprises, c'est la 3e année, quand le RSI fait la régulation, les impôts arrivent etc…

              Je parle juste de mon expérience, je ne dis pas que j'ai raison pour tout.

              • [^] # Re: Avoir un bon expert comptable

                Posté par (page perso) . Évalué à 2.

                je ne dis pas qu'il en faut pas, je dis juste que ce n'est pas le deus ex machina qui est régulièrement vendu ici et dans les CCI.

                Ensuite les gens qui en ont un, se persuadent que c'est le bon choix et on tendance à le professer à d'autre ce qui les rassurent sur leurs choix. Ce n'est pas une obligation légale. A partir d'un certain volume c'est ingérable de le faire tout seul, il faut au moins une secrétaire comptable.

                Mais si je devais choisir entre un comptable et un commercial, je dirais que le choix est vite fait : le commercial est plus important.

    • [^] # Re: Avoir un bon expert comptable

      Posté par . Évalué à 2.

      ne pas oublier qu'avoir un expert comptable, meme si ca coute ~800/1000€ par an (pour un expert comptable "externe" qui passe de temps en temps dans ta boite(, permet d'eviter la majoration automatique de tes revenus par les services fiscaux qui, l'absence d'expert comptable, considere que tu fraudes sur environ 25% de tes revenu.

      • [^] # Re: Avoir un bon expert comptable

        Posté par . Évalué à 3.

        N'importe quoi.

        L'imposition à 125% du bénéfice ne s'applique qu'aux entreprises individuelles. Et la condition n'est pas d'avoir un expert comptable mais adhérer à une association de gestion…

        • [^] # Re: Avoir un bon expert comptable

          Posté par . Évalué à 2.

          Et la condition n'est pas d'avoir un expert comptable mais adhérer à une association de gestion…

          association de gestion qui te fournit … un expert comptable ;)

          • [^] # Re: Avoir un bon expert comptable

            Posté par . Évalué à 2. Dernière modification le 13/04/15 à 14:16.

            Absolument pas.

            Une AGA ne remplie pas du tout le même rôle qu'un expert comptable. Et le chiffre que tu annonces, 1K, n'a rien a voir avec le montant d'une adhésion (~200 euros).

            • Une AGA ne conseil pas, elle vérifie
            • Une AGA n'endosse pas de responsabilité
            • Une AGA ne fait pas tes papiers
      • [^] # Re: Avoir un bon expert comptable

        Posté par (page perso) . Évalué à 3.

        l'absence d'expert comptable,

        Déjà répondu que non (AGA, moins cher, qui n'oblige pas d'avoir un EC)

        considere que tu fraudes sur environ 25% de tes revenu.

        tttt… le maths, les maths… l'imposition est de x1.25, ça considère donc que tu fraudes sur 1-1/1.25=20% et non pas 25% (ou autre façon : ils pensent que tu fais 125 à la place de 100, donc que tu fraudes sur 25/125=80%) ;-).

  • # Vivre du développement de logiciels libres

    Posté par (page perso) . Évalué à 3.

    Combien parmi l'assemblée vivent du développement de logiciels libres ? Bon. Voilà, tout est dit ;)

    Bah euh, moi déjà. Et pas mal de gens qui sous-traitent sur Pastèque tirent des parts plus ou moins importantes de leurs revenus de Pastèque.

    Le modèle économique est d’avoir un logiciel qui tourne et de réaliser des développements sur demande.
    Ils peuvent être assez spécifiques (intégration des TPE Worldline par exemple), totalement spécifiques (intégration au SI d’une-grosse-boîte-que-je-peux-pas-citer-c-est-naze-ces-clauses-là) ou simplement obtenir plus vite un développement pourtant planifié (gestion des pré-paiements pour Midi-Délices à Toulouse)

    On a également quelques ventes en service (support, installation …) mais c’est devenu marginal et c’est se disperser pour nous. On souhaite s’appuyer sur des intégrateurs pour ce qui touchera aux relations avec les utilisateurs finaux.

    Mes deux centimes

    (et pour ceusses qui suivent, même d’une oreille distraite les aventures de Pastèque, y’aura de la news en début de semaine prochaine !)

    • [^] # Re: Vivre du développement de logiciels libres

      Posté par (page perso) . Évalué à 4. Dernière modification le 10/04/15 à 12:32.

      Combien parmi l'assemblée vivent du développement de logiciels libres ? Bon. Voilà, tout est dit ;)

      Bah euh, moi déjà. Et pas mal de gens qui sous-traitent sur Pastèque tirent des parts plus ou moins importantes de leurs revenus de Pastèque.

      Je ne doute pas qu'il y a un certain nombre de personnes qui vivent du développement de logiciel libre ; mais en proportion, je pense qu'une majorité de linuxfriens vivent avec/autour du logiciel libre mais ne vivent pas du développement de logiciel libre (comprendre facturer des développements qui seront libres)

      D'ailleurs, dans l'exemple que tu donnes - intégrer Pastèque dans le SI d'une grosse boîte, le dév que tu factures, c'est le dév d'intégration - qui n'est pas libre, si ?

      (c'est cette distinction que je souhaitais faire dans la phrase à laquelle tu réagis)

      • [^] # Re: Vivre du développement de logiciels libres

        Posté par (page perso) . Évalué à 2.

        Si on réalise des développements spécifiques sur un logiciel de type GPL, on redistribue les sources à l'utilisateur, càd le client. Aucun problème, c'est bien libre, même si ce n'est pas diffusé à la planète entière.
        On se rend bien compte de l'avantage que ça a quand un client veut changer de prestataire et vient taper à notre porte (parce que son prestataire actuel ne lui plaît pas, ou parce que celui-ci a fermé boutique).

        Dans l'écosystème d'Odoo cela arrive que des modules génériques soient développés lors d'un projet client, et certains sont publiés et accessibles par toute la communauté ensuite.

      • [^] # Re: Vivre du développement de logiciels libres

        Posté par (page perso) . Évalué à 5.

        D'ailleurs, dans l'exemple que tu donnes - intégrer Pastèque dans le SI d'une grosse boîte, le dév que tu factures, c'est le dév d'intégration - qui n'est pas libre, si ?

        C’est toujours libre, vu que ça dérive d’une GPL (et que de toutes façons, on veut éviter autant que possible l’hybride). La question dans le fond est de savoir si c’est publié sur Internet.

        Il y a deux grands cas : le développement où Scil (la société) détient les droits d’auteurs, et celui où il y a transfert des droits à celui qui passe commande.

        Dans le premier cas, il y a deux sous-cas : celui où rien de particulier n’est prévu. Dans ce cas, on publie. Et il y a celui où le client demande une exclusivité contractuelle. Dans ce cas, il y a une durée de l’exclusivité au bout de laquelle on publie.

        Pour le cas du transfert de droits, la publication est l’affaire du client. Mais a priori, s’il a demandé les droits, c’est pas pour publier sur sa propre forge :-)

  • # Merci du témoignage

    Posté par . Évalué à 1.

    C'est là que je me rend compte qu'avoir fait une terminal gestion/marketing est bien plus utile que L ou scientifique :p
    En tout cas c'est bien de démontrer que ce que raconte les ultra-libéraux est exagérés. On peut monter sa boite, il y a des opportunités et des structures qui aident.

    • [^] # Re: Merci du témoignage

      Posté par (page perso) . Évalué à 2. Dernière modification le 10/04/15 à 15:22.

      C'est là que je me rend compte qu'avoir fait une terminal gestion/marketing est bien plus utile que L ou scientifique :p

      Voit pas le rapport : ça apporte des choses différents, mais rien ne dit que ça n'aurait pas été mieux pour toi avec L ou S.

      En tout cas c'est bien de démontrer que ce que raconte les ultra-libéraux est exagérés. On peut monter sa boite, il y a des opportunités et des structures qui aident.

      voit pas le rapport non plus, d'une "ultra-libéraux" ça n'existe que dans la tête des gens qui veulent trouver un bouc émissaire à leur plaisir d'attaquer d'autres, de deux des gens se plaignent pas spécialement de la création (perso, je dirai surtout que c'est un méga bordel et qu'il vaut mieux être au chômage pour n'avoir rien d'autre à faire, mais c'est un avis perso), ils se plaignent des bâtons dans les roues et de l'instabilité qui interdit de prévoir vraiment (LeBouquetin va le découvrir dans quelques années, quand il verra que ses estimations calculé sur l'année N sont différentes de l'appel de cotisation à l'année N+2).

      Faire simple ne changerait rien (ha si, ça mettrait des employés qui ne font que faire du travail inutile mais obligatoire au chômage, certes, en plus de faire gagner du temps aux gens).

      Je rêve d'un appel de cotisation unique "tu gagnes tant, tu payes tant", mais bon, tu vas me dire que c'est une idée ultra-libérale… (sans expliquer pourquoi évidement)

      bref : rien à voir.

      • [^] # Re: Merci du témoignage

        Posté par (page perso) . Évalué à 4.

        Je rêve d'un appel de cotisation unique "tu gagnes tant, tu payes tant", mais bon, tu vas me dire que c'est une idée ultra-libérale… (sans expliquer pourquoi évidement)

        C'est ce qui se passe en SAS : tu paies tes cotisations sociales en fonction de la rémunération que tu te verses. Si tu ne te verses rien, tu ne paies pas de cotisation.

        • [^] # Re: Merci du témoignage

          Posté par (page perso) . Évalué à 4.

          C'est vrai que la SAS a cet avantage : pas attendre 2 ans.
          Mais tu n'as toujours pas une entité unique en face, il me semble (tu vas avoir l'URSSAF, la sécu, l'assurance vieillesse voir 2 trucs, la CFE, la taxe d'apprentissage 1 an plus tard, la visite médicale et j'en passe, un papier par entité dont on se fout complet, perso j'attends un papier avec tout dessus, et un unique retrait sur le compte. même avec une SAS il me semble qu'on en est loin)

  • # Quand je joue à des jeux de société, j'adore négocier

    Posté par . Évalué à 1.

    Alors ou tu connais, ou ça devrait te plaire:

    Diplomatie (jeu)

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