Journal Reproduire une affiche/un poster avec des logiciels libres

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19
20
mar.
2020

Sommaire

Le contexte (et un peu de ma vie)

Depuis près de 20 ans maintenant traîne dans mes affaires une affiche que je conserve précieusement, souvenir d'une époque qui a changé ma vie (si si).

En 1996, le grand Mark KNOPFLER (meilleur guitariste de l'univers, rappelons-le) entame sa première tournée solo à Galway en Irlande le 24/04/1996 pour la terminer à Antibes quatre mois plus tard.
J'ai eu la chance d'assister à 3,2 concerts : le premier à Galway (j'étais même présent la veille du concert pour la dernière répétition, entendue de l'extérieur), le troisième de la tournée à Dublin, l'antépénultième à Vaison-la-Romaine (annulé après trois chansons pour cause de pluie) et l'avant dernier, toujours à Vaison-la-Romaine.

Très motivé à l'époque, j'avais acheté à la FNAC un enregistreur DAT (pas loin de 3000 francs si je me souviens bien1) et enregistrés2 tous les concerts sur cassette 3. Malheureusement, elles n'ont pas résisté au temps et les bandes sont maintenant très détériorées, voire cassées.

Mais je m'égare. Revenons donc à l'affiche en question qui est ici Affiche MK réduite et en version plus grande

Je ne me souviens plus comment j'avais récupéré un tel trésor, mais ce que je sais après quelques recherches, c'est qu'on ne la trouve plus nulle part aujourd'hui.

Ayant un peu de temps (comme tout le monde ?) et Netflix/Fortnite pour instruire abrutir garder décérébrer occuper mes enfants (bien que j'ai lu cet excellent livre ), je me suis dit qu'il était temps de terminer un travail débuté il y a dix mois environ : reproduire l'affiche pour la préserver du temps et avoir une version numérique pérenne (les cassettes DAT m'ont servi de leçon).

Mon journal vise à récapituler la méthode utilisée pour cela (qui s'apparente à du bricolage de l'amateurisme, comme vous le verrez par la suite).

Commencer, mais par quoi ?

Je m'étais dit : "Tu prends en photo l'affiche en haute définition (facile avec les dizaines de megapixels de ton APN) et tu la retouches en effaçant les rayures et autres imperfections."

Très rapidement, je me suis rendu compte que ce n'était pas satisfaisant. L'affiche contient du texte et des images qu'il faudrait quasiment reprendre pixel par pixel sans obtenir un résultat "professionnel" (mon idée, venue plus tard, est de faire réimprimer cette affiche et donc d'avoir une sortie en PDF par exemple).

Par ailleurs, ses dimensions (120 cm * 176 cm) imposent (pour une impression de qualité) une résolution de 300 dpi au minimum soit une résolution de 14 000 * 20 800 pixels, soit un APN de 290 Mpixels (si je n'ai pas fait d'erreurs). Impossible, à moins de faire comme Google qui a photographié des oeuvres d'art en Ultra Méga Giga Haute définition semble-t-il

Il fallait donc changer de stratégie : refaire l'affiche en utilisant au maximum un format vectoriel (ici, SVG )

S'organiser

Pour chaque partie de l'affiche, j'ai créé un répertoire (du style "Titre_principal" ou "titres_chansons_verticaux" et autres "dates_concert"). Cela permet de s'y retrouver rapidement. Au total, une quinzaine de répertoires m'ont été nécessaires.

Inutile de préciser qu'une sauvegarde régulière était effectuée, parfois quotidienne.

L'affiche finale a été enregistrée dans un fichier au format [date_du_jour]_affiche_finale.sla (format natif de Scribus) ce qui me permet de conserver un historique des modifications/évolutions.

Les logiciels

Deux questions se sont rapidement imposées :

  • Quels logiciels choisir (sous Linux évidemment) ?
  • Comment convertir le texte/les images en SVG ?

Le choix des logiciels ne fut pas simple. Je connais un peu The Gimp (pour le non vectoriel), LibreOffice draw, pas du tout Inkscape, encore moins Scribus.

Ma configuration : Kubuntu 18.04, Inkscape 0.92, Scribus 1.4.6, LibreOffice 6.0.7, The Gimp 2.8 et 2.10 (via flatpack) + G'MIC, Abiword 3.0.2, Hugins 2018.0.0 pour tenter d'assembler les photos et Okular 1.3.3 pour visionner les pdf.

Au final, j'ai utilisé un peu tous ces logiciels, passant de l'un à l'autre suivant les besoins. Le logiciel de sortie (qui produira le pdf final) est Scribus.

Cela m'a amené à m'interroger sur le(s) logiciel(s) utilisé-s par le(s) créateur(s) de l'affiche en 1995-1996 : QuarkXpress ? PageMaker ? Publisher ? Après tout, en utilisant le même, je pouvais peut-être parvenir à un résultat très proche de l'original. Mais aucun ne fonctionnant sous Linux, je n'ai pas creusé plus avant. A cela s'ajoute le fait que je n'avais aucun moyen de retrouver le nom du logiciel original.

Une seconde question s'est alors posée : est-il possible de retrouver l'entreprise qui a créé l'affiche ? En bas à droite de l'affiche figure un code, abscons pour moi (RC PARIS: 58 8(ou B) 1857) qui ne donne rien quand on l'entre dans un moteur de recherche. Je lirai donc avec intérêt les commentaires si certains.nes ont des pistes à ce sujet.

Une fois ces pistes explorées et abandonnées, il me fallait entrer dans le vif du sujet : reproduire l'affiche

Les erreurs

Quand on passe des heures à scruter les moindres recoins d'une affiche, on finit par y voir des défauts:
L'affiche avec les erreurs encadrées

  • espacement des titres non homogène (en rouge)
  • non alignement des titres et du logo M6 (en vert)
  • titres non centrés (en bleu)
  • titre erroné (en vert-jaune)
  • ponctuation qui n'est pas positionné de la même façon (en rose)

Cela peut sembler anecdotique mais cela m'a questionné : devais-je corriger certaines "erreurs" ou faire une copie à l'identique? J'ai opté pour la seconde solution. Corriger me déviait de mon objectif initial.

L'affiche

Dans Scribus, je place l'affiche en fond. Elle me servira de repère pour placer tous les éléments.Ce sera approximatif mais plus simple que de passer mon temps à mesurer sur l'affiche l'emplacement de chaque élément.
Un conseil : si vous vous lancer dans ce genre d'aventure, prenez une photo (ou plusieurs si vous avez un trépied) de bonne qualité et de façon que l'image finale ne soit pas "tordue" - l'APN doit être parfaitement horizontal/vertical suivant la façon dont on le positionne).

Les couleurs

Difficile de retrouver les couleurs d'origine, l'appareil photo fournissant une couleur qui dépend de l'éclairage ambiant. Je n'ai pas cherché plus loin, j'ai pris une photo avec un éclairage qui ne produit pas de reflet puis utilisé la pipette de The Gimp pour récupérer les codes couleurs. Là encore, il y a certainement mieux mais n'étant pas photographe professionnel, je me suis contenté de ce que j'avais.

Le texte

Il fallait retrouver la/les police(s) originale(s) choisie(s) par les concepteurs. Trois sites m'ont aidé :

Ils fonctionnent tous sur le même principe : vous téléversez votre image, ils détectent le texte et vous proposent la police correspondante.

Les résultats sont variables, mais à force d'obstination (et en passant mon temps à comparer avec l'affiche), je suis parvenu à retrouver un texte quasiment identique à l'original. https://www.dafont.com/fr/ m'a aussi été utile pour récupérer les polices sans trop payer

J'ai parfois rusé (notamment quand, pour une police, le chiffre 1 était le seul qui ne correspondait pas. Je l'ai transformé en I majuscule et le tour était joué - de l'amateurisme, je vous dis !) mais le résultat me satisfait. Si vous n'êtes pas patient (pourtant, en ce moment, vous devriez l'être), allez dans la section "Le rendu presque final" pour voir le résultat.

J'ai donc utilisé Libreoffice pour saisir les textes, ce qui m'a permis de découvrir que certaines polices n'étaient pas importées dans LibreOffice. Je suis donc parfois passé par Abiword pour créer le texte avec la bonne police pour ensuite ouvrir le document avec Libreoffice.

Le texte vertical (titres autour) a aussi été saisi dans Libreoffice (en utilisant la rotation dans Format => Caractères => Position).

Pour l'ensemble du texte, j'avais initialement tenté de reproduire les espacements et les tailles des mots. Au final, cela s'est avéré inutile. Voici comment j'ai procédé :

  1. Je saisis le texte dans LibreOffice (voire Abiword si la police n'est pas reconnue par LibreOffice) en utilisant la bonne police et une taille qui correspond peu ou proue à celle de l'affiche ;
  2. J'exporte en PDF ;
  3. J'ouvre le PDF avec Inkscape (Scribus ne reconnaît pas les textes et ouvre un fichier vide) ;
  4. Inkscape propose deux options à l'ouverture (qui ont,semble-t-il, leur importance) :
    • Importation Interne ;
    • Importation Poppler/Cairo ; Je n'ai pas creusé pour comprendre la différence mais il m'arrivait d'utiliser l'un ou l'autre pour que la police s'affiche correctement dans Inkscape.
  5. Je sauvegarde en SVG ;
  6. J'ouvre le fichier avec Scribus et incorpore l'élément dans l'affiche finale. C'est à ce moment-là (en jouant sur les groupes de lettres ou de mots) que je peux régler la taille de la police et l'espacement des lettres.

C'est une procédure un peu longue, surtout s'il faut la recommencer pour un groupe de textes dont on se rend compte qu'il y a finalement une erreur. Mais je n'ai rien trouvé de mieux.

Les images

Deux types d'image sont à considérer :

  • les logos (M6, NRJ, Corida, Mercury)
  • les photos (le chanteur, la pochette du CD, le fond de l'image)

Pour les logos, j'ai d'abord récupéré une version en bonne définition sur Wikipédia puis tenté une conversion en SVG, via Inkscape. Des sites en lignes permettent d'obtenir des résultats variables :

Je me souviens que l'un d'entre eux (ou peut-être un autre) donnait un résultat quasi parfait… mais payant.

J'ai donc bidouillé pour créer des logos en svg (quand ils ne sont pas déjà sur Wikipédia) afin de produire, par la suite, une image au format PNG avec des dimensions suffisamment grandes pour garantir une bonne qualité à l'impression (du type 3000*3000 même pour une image aux dimensions réduites).

Un peu long mais pas si compliqué que cela. Le seul logo qui m'a demandé le plus de travail est celui qui était composé de deux logos (NRJ+Music tour) et qu'il a fallu recréer en partie (notamment l'étoile au centre).

Presque fini ?

Oui et non. Il me reste deux choses à insérer :

  • la photo du guitariste. Et même s'il y a plusieurs images disponibles sur Internet, aucune n'est dans une définition suffisante pour une impression de qualité. J'ai écrit sur le site officiel de Mark KNOPFLER sans vraiment beaucoup d'espoir et sans résultat à ce jour.

L'ultime solution (autre que celle d'obtenir le cliché original qui doit dater de la dernière tournée de Dire Straits), il me reste à prendre plusieurs clichés de l'affiche et de les assembler. J'ai tenté avec un trépied mais je ne parviens pas à prendre l'intégralité de MK. Si je le fais sans trépied, hugins ne permet pas d'assembler correctement. J'ai donc mis cela en attente avec le vague espoir que l'un.e d'entre vous, dans son commentaire, suggère autre chose.

  • la photo de la couverture du CD : là, cela va être probablement plus simple. J'ai commandé le CD de façon à avoir une couverture neuve que je vais scanner et incorporer le résultat dans le fichier final.

  • le fond de l'affiche : comme déjà indiqué dans la partie "couleur", je vais m'en tenir à la couleur fournie par mon APN.

Le rendu presque final

Voici donc ce que j'ai obtenu après… pfiou, des dizaines et des dizaines d'heures de pinaillage :
l'original
la copie

En conclusion

Certains.nes diront que je n'ai pas grand chose à faire, ce qui n'est pas faux en ce moment.
Reproduire cette affiche m'a replongé dans de nombreux et heureux souvenirs, m'a permis d'en parler avec mes enfants et m'a fait revivre un peu de ma jeunesse.

C'était aussi l'occasion pour moi d'écrire ce journal (dès le début, je m'étais imposé de le faire, au moins pour partager mon expérience).

Que vais-je en retenir ? Je ne peux pas dire que j'ai beaucoup appris dans l'utilisation de certains logiciels (même si j'ai développé quelques compétences personnelles) et que ce travail m'a enrichi personnellement. Mais je suis presque au bout et c'est déjà une satisfaction.

Mon objectif final, après avoir généré le PDF, sera d'en faire tirer deux ou trois exemplaires (c'est pas donné car je crois avoir vu que le premier tirage coûtait dans les 50 euros) et de diffuser le PDF à qui le veut, mais par mail privé (pour cause de droit d'auteur).

A vos commentaires et avis.

PS : j'ai aussi une affiche - toujours de la tournée de 96 - mais cette fois de 3 m * 3m (celle que l'on voit sur les panneaux publicitaires) et en plusieurs morceaux… Mais là, je ne sais pas si j'aurai un jour la place pour l'apposer sur un mur. Quant à la reproduire, c'est une autre histoire.

PPS : écrire ce journal m'a pris plusieurs heures, mais cela en valait la peine. Toutefois, malgré les multiples relectures, je suis sûr qu'il reste des coquilles, fautes ou erreurs. Tant pis, je vais me coucher !


  1. à ce moment-là, la FNAC proposait "un mois satisfait ou remboursé". Inutile de dire qu'après les concerts irlandais, je me suis empressé de me faire rembourser l'enregistreur… que j'ai racheté deux mois plus tard pour les concerts de Vaison… puis de nouveau rendu :-) 

  2. Mark KNOPFLER a toujours autorisé l'enregistrement de ses concerts

  3. celui de Galway traîne sur Youtube et l'avant-dernier de Vaison est disponible avec une qualité que je trouve incroyable 

  • # Merci et Draw

    Posté par  (site Web personnel) . Évalué à 3. Dernière modification le 20/03/20 à 20:27.

    Super sympa comme journal (même s'il y a erreur sur le plus grand guitariste de l'univers, puisque ça ne peut être que Santana).

    Draw aurait pu faire l'affaire, l'expo des Ordis libres est faite avec. Le tutoriel peut d'ailleurs, au moins en partie, être adapté pour Draw.

    Personnellement, j'aurais, sans, doute utilisé Inkscape et je pense (non en fait j'en suis sûre) que c'est généralement Indesign qui est utilisé pour cet usage en version privatrice.

    Et, oui, cela valait la peine d'écrire ce journal.

    « Tak ne veut pas quʼon pense à lui, il veut quʼon pense », Terry Pratchett, Déraillé.

    • [^] # Re: Merci et Draw

      Posté par  . Évalué à 3. Dernière modification le 20/03/20 à 22:02.

      le plus grand guitariste de l'univers, puisque ça ne peut être que Santana

      C'est n'importe quoi ces affirmations péremptoires. Le seul et unique, c'est Marcel Dadi.

      • [^] # Re: Merci et Draw

        Posté par  . Évalué à 5.

        Tous ces gens là n'ont eu qu'un seul maître, Django Reinhardt

        • [^] # Re: Merci et Draw

          Posté par  (site Web personnel) . Évalué à 3.

          N'importe quoi, c'est Jimi Hendrix !

          https://www.funix.org mettez un manchot dans votre PC

          • [^] # Re: Merci et Draw

            Posté par  . Évalué à 5. Dernière modification le 21/03/20 à 12:54.

            Et Eric Clapton, c'est un joueur de ukulele, peut-être?

            Blague à part, j'étais au concert de Knopfler à Bruxelles en '96, dans la tournée dont il est question dans l'article. Du pur bonheur!

            • [^] # Re: Merci et Draw

              Posté par  (site Web personnel) . Évalué à 1.

              Commentaire vu sur YouTube sur le concert du Live 8 :
              - Mark Knopfler, tu est fort comment à la guitare ?
              - Eric Clapton fait la guitare rythmique pour moi !

          • [^] # Re: Merci et Draw

            Posté par  (site Web personnel) . Évalué à 7.

            Vraiment nawak !

            Dans une interview de Jimi Hendrix , à la question : « Qu'est-ce que ça vous fait d'être le meilleur guitariste du monde ? », il répondit : « Je ne sais pas, demandez à Rory Gallagher. »

            Wikipedia

            « Il vaut mieux mobiliser son intelligence sur des conneries que mobiliser sa connerie sur des choses intelligentes. »

        • [^] # Re: Merci et Draw

          Posté par  (site Web personnel) . Évalué à 4.

          Je soupçonne bien des guitaristes de bénir secrètement l'incendie qui lui a bousillé une main. Vous imaginez ce que Django aurait pu faire s'il avait eu tous ses doigts ?

          Effectivement, il les surclasse tous (honte à moi de n'y avoir pas pensé).

          « Tak ne veut pas quʼon pense à lui, il veut quʼon pense », Terry Pratchett, Déraillé.

          • [^] # Re: Merci et Draw

            Posté par  . Évalué à 2.

            Effectivement, il les surclasse tous

            Ah, merci ! J'en profite pour rappeler un extrait de sa page Wikipedia :
            Considéré avec Charlie Christian, Joe Pass et Wes Montgomery comme l’un des meilleurs guitaristes de jazz, Django Reinhardt est une référence majeure pour des guitaristes comme Andrés Segovia, Mark Knopfler ou Jimi Hendrix, qui a appelé son dernier groupe Band of Gypsys en hommage à Reinhardt.

            Et j'ajoute un petit détail pas négligeable ici : le framework de développement web Django a été nommé ainsi en son honneur. Ceux qui connaissent à la fois le framework et le musicien trouveront sans doute eux-même le point commun.

      • [^] # Re: Merci et Draw

        Posté par  (site Web personnel) . Évalué à 10.

        Le meilleur c'est bien évidemment Yves Duteil, personne n'a surpassé la rythmique du petit pont de bois.

    • [^] # Re: Merci et Draw

      Posté par  . Évalué à 2.

      Vous avez tous tort, personne n’arrive à la cheville de Jimmy Page !

  • # Balance des blancs

    Posté par  . Évalué à 5. Dernière modification le 20/03/20 à 21:08.

    "l'appareil photo fournissant une couleur qui dépend de l'éclairage ambiant"

    Ton appareil permet certainement de corriger la balance des blancs, soit en indiquant quel type d'éclairage tu utilises (lumière du jour, néon, tungsten etc), soit, mieux, en prenant une photo d'une surface neutre (idéalement un gris à 13%, à défaut une bête feuille blanche), pour corriger ensuite automatiquement la couleur des photos suivantes.

    Je sens que tu va galérer pour pas grand chose (sinon le plaisir de galérer, ça peut compter aussi). A ta place, je prendrais une photo (en ayant réglé la balance des blancs), puis un coup de correction de distorsion (à défaut d'un soft spécialisé dont j'ai oublié le nom, gimp peut le faire avec un peu d'huile de coude, voir cet article). Et voilà.

    Tu peux aussi la prendre en plusieurs fois et laisser Hugin faire le boulot de stitch/correction à ta place (pense a figer l'exposition entre les photos, ça fait gagner du temps).

  • # Restauration ou/et reproduction

    Posté par  . Évalué à 6.

    Je suis assez étonné par l'idée saugrenue de vouloir refaire l'affiche pour la préserver du temps…
    Les collectionneurs d'affiches de cinéma utilisent l'entoilage pour les conserver voire les restaurer quand elles sont endommagées. Le coût d'un entoilage par un professionnel est de l'ordre de 100 €/m² mais c'est un procédé assez simple pour quelqu'un de méticuleux et on trouve assez facilement des tutos sur ce sujet. A savoir que le procédé, s'il est bien exécuté, est réversible.
    La copie d'une affiche ancienne ne présentera jamais le moindre intérêt pour un collectionneur ni même pour un amateur nostalgique.
    Mais bon, l'exercice de style qui consiste à reproduire le plus fidèlement possible cet original sur un nouveau support est un sujet en soi intéressant. Voilà comment je m'y suis déjà pris pour reproduire un grand tableau :
    En utilisant un appareil photo, un bon smartphone peut faire l'affaire, un escabeau et une planche.
    Mais d'abord je repasserai l'affiche avec un fer à repasser et une pattemouille intermédiaire pour éliminer les plis et les froissements visibles au reflet. Ensuite je procède à l'horizontale, l'affiche étalée par terre. Vu les dimensions de l'affiche, je pense qu'un appareil à focale normale (50 mm) peut prendre toute sa largeur à une distance entre 1,50 m et 2 m. Du coup, deux clichés suffiraient à couvrir l'affiche. Pour bien faire ces clichés, il faut être parfaitement aligné dans l'axe et bien centré. D'où l'idée de l'escabeau et la planche fixée à l'horizontale sur la plus haute marche pour déporter l'appareil afin que son objectif soit bien centré sur l'axe vertical de l'affiche. Pour le deuxième cliché, il suffit de faire coulisser l'affiche au sol pour que sa deuxième partie soit en face de l'objectif. Il va de soi qu'un bon éclairage est indispensable. Ensuite, je travaille avec Gimp pour faire le collage des deux parties et éventuellement, en y superposant par des calques additionnels, le travail déjà effectué avec les polices et les logos. Ça serait le meilleur moyen de restituer le halo lumineux en partie recouvert par les dates.

    • [^] # Re: Restauration ou/et reproduction

      Posté par  . Évalué à 2. Dernière modification le 21/03/20 à 08:32.

      A savoir que le procédé, s'il est bien exécuté, est réversible.

      C'est pour ça qu'on utilise de la colle d'os ou de peau à base de collagène (le nom vient de là) dans les métiers de restauration d'objet d'art. L'odeur à l'application est souvent désagréable mais effectivement c'est réversible une fois la pièce chauffée à nouveau aux alentours de 40°C.
      Avant la chimie moderne et l'apparition des liants vinyliques c'était la seule manière d'apprêter une toile ou de coller sur du bois.

    • [^] # Re: Restauration ou/et reproduction

      Posté par  . Évalué à 2.

      Merci pour l'idée. Effectivement, je n'avais pas pensé à faire les photos au sol, l'affiche étant sur un mur.
      J'avais en revanche bien testé l'assemblage de deux photos avec Gimp et cela fonctionne très bien si la translation est faite de façon parfaitement horizontale/verticale.

  • # il y a moins fastidieux comme solution

    Posté par  . Évalué à 4.

    Malheureusement, elles n'ont pas résisté au temps et les bandes sont maintenant très détériorées, voire cassées.

    Et oui, les bandes magnétiques vieillissent mal quand elles ne sont pas stockées à l'abri de l'humidité sinon elles moisissent.

    […] soit un APN de 290 Mpixels (si je n'ai pas fait d'erreurs). Impossible

    C'est pour ça que généralement on prend plusieurs clichés qu'on assemble comme un puzzle. Pas besoin de vectoriel, ça se fait très bien avec GIMP. C'est ce que j'ai fait quand je voulais scanner des dessins réalisés sur des formats plus grands que A4.

    Je passe sur la partie photographie, ça a déjà été commenté par plusieurs autres personnes.

    Cela m'a amené à m'interroger sur le(s) logiciel(s) utilisé-s par le(s) créateur(s) de l'affiche en 1995-1996 : QuarkXpress ? PageMaker ? Publisher ?

    Vu les limitations de mémoire de l'informatique de l'époque il y avait encore pas mal de méthodes traditionnelles dans le graphisme. Il est possible que la mise en page et le texte ait été fait numériquement mais que l'assemblage final de la maquette ait été réalisé par collage sur des photos grand format, à l'ancienne, ce qui pourrait expliquer certaines erreurs d'espacement et d'alignement.

    Sinon, comme je l'ai déjà étrit sous la dernière dépèche de LibreOffice, Scribus est le seul outil sérieux sur Linux permettant de faire du PDF en CMJN et ça peut être déterminant pour le choix de l'imprimeur. N'en déplaise aux habituels prosélytes de LibreOffice.

  • # Police

    Posté par  . Évalué à 3.

    Ici on parle des fonts, pas du groupe :)

    J'ai été intéressé par les liens que tu indiques, car ça m'arrive assez souvent d'avoir à identifier une police. J'ai donc essayé les trois sites mais le résultat n'est pas convainquant. J'ai utilisé un document du ministère des finances, donc la police doit être une truc windowsien tout à fait standard. Ça doit être en effet de l'Helvetica, qu'il est possible d'imiter de façon très proche avec du Liberation Sans.

    Or aucun de ces sites ne propose ni Helvetica, ni Liberation, mais tout un tas de polices exotiques et … payantes, dont certaines assez cher.

    Bon ça ne me choque pas qu'ils vendent des polices, c'est un business comme un autre. Mais c'est un peu dommage qu'ils occultent délibérément la police d'origine (Helvetica) et les polices libres (Liberation).

  • # DAT bande magnétique

    Posté par  (site Web personnel) . Évalué à 2.

    je m'étonne que tes bandes magnétiques se soient détériorées, dans des bonnes conditions de conservation, elles peuvent se conserver des décennies, encore faut-il bien sûr que tu puisses les relire ensuite avec un lecteur DAT compatible, mas je me doute qu'un noyau linux récent saura encore gérer ce bon vieux SCSI. Je stocke des bandes magnétiques depuis des décennies, plus pas par élan nostalgique que par pure conservation (j'ai déjà tout numérisé) et elles sont encore dans un très bon état.

    https://www.funix.org mettez un manchot dans votre PC

    • [^] # Re: DAT bande magnétique

      Posté par  . Évalué à 1.

      Mes bandes ont été stockées dans un garde meuble (à Marseille, donc peu humide) au fond d'une malle. Lorsque j'ai ouvert la cassette, il y avait un peu de moisissure et en essayant de dérouler la bande sans forcer, elle s'est immédiatement cassée.
      A l'époque, je n'avais pas transféré deux bandes sur cd, j'étais étudiant avec peu de moyens et les cd vierges étaient chers (sans parler du graveur). Je m'en mords les doigt aujourd'hui :(

  • # Moi aussi !

    Posté par  (site Web personnel) . Évalué à 6.

    Merci beaucoup pour ton très beau journal. Je vais relayer autour de moi car elles sont nombreuses, les opportunité de réaliser des supports avec des logiciels libres, par exemple pour faire la promotion-même des logiciels libres … Hum !

    Supports pour éducode réalisés avec Scribus

    À l'origine, les supports étaient malheureusement réalisés avec les logiciels privateurs de Adobe (Indesign, Illustrator et Photoshop). Pour l'édition 2019, l'équipe d'éducode m'a engagé pour entamer la refonte de ses supports, mais réalisés cette fois-ci avec nos logiciels libres – ceux-là-mêmes dont éducode souhaite faire la promotions – Scribus, GIMP et Inkscape (en l'occurrence).

    Titre de l'image

    fichiers PDF et dossiers de travail

    Scribus pour notre journal Oxygène !

    Titre de l'image

    mon journal de l’époque…

    Conclusion

    Tout ça pour dire et insister sur le fait que oui, il est possible de réaliser de tels objets avec nos logiciels libres et les faire imprimer par des professionnels plus ou moins exigeants sur la qualité technique.

    Ce n’est pas aussi "facile" qu’avec les logiciels privateurs de Adobe (par exemple) mais si le fait de n’utiliser que des logiciels libres a du sens pour vous (ou les gens pour qui vous travaillez), alors sachez que c’est possible !

    Scribus est l’un de nos meilleurs logiciels et donc très important d’un point de vue stratégique. J’espère que nous serons de plus en plus nombreux à nous joindre à la communauté sous-jacente à ce beau projet.

    GIMP a déjà un beau soutien mais nous pouvons toujours faire mieux. → Soutenir l’œuf et la poule !

    Pour Inkscape je suis inquiet :/ Il est très important dans la chaîne de production réalisation. Mais je vois pas de nouvelles versions ces dernières années. Quelqu’un sait-il nous rassurer ? Y aurait-il quelques choses à faire ?

  • # RC PARIS: 58 8(ou B) 1857

    Posté par  (site Web personnel) . Évalué à 2.

    Philippe sur la liste du BxLUG à écrit :

    (RC PARIS: 58 8(ou B) 1857), RC n'est-ce pas registre de commerce ? Si oui il faut sans doute aller voir du côté des greffes du tribunal de commerce de Paris, s’ils veulent bien répondre.

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