Sans chercher à attaquer ton message ou tes idées, je pense que tu devrais t'interroger sur les raisons qui te poussent à vouloir ainsi te couper des "multinationales".
Je peux accepter l'idée que, étant donné qu'elles financent et qu'elles fournissent des développeurs à ces projets, des sociétés comme Microsoft peuvent effectivement influencer le développement de Linux. Cependant, comme beaucoup d'autres personnes l'ont dit, c'est aussi une des raisons pour laquelle le développement de Linux avance si vite, et ça n'empêche pas des personnes supposément indépendantes de contrôler que ces contributions ont du sens.
Qu'est-ce que tu cherches donc à éviter en fuyant les projets dans lesquels de grosse entreprises sont impliquées ? Qu'est-ce que tu veux ? Est-ce par anticapitalisme ? Par une sorte de militantisme décroissant ? Par minimalisme ? Tout ceci me paraît entendable, mais ça va effectivement limiter ce que tu peux faire dans la pratique ; ça va te demander des efforts supplémentaires, et peut-être à tes proches aussi. Enfin, ça va te couper d'une partie de ce que ton entourage fait et partage au quotidien.
Enfin, où tu places la limite ? Est-ce que le web, ça va (je ne pense pas qu'il existe de navigateur web indépendant utilisable aujourd'hui, IceCat n'étant que Firefox rebrandé) ? Niveau système, est-ce que tu vas te tourner vers un Linux un peu alternatif comme Void Linux ou Chimera, un BSD, ou même un système encore plus alternatif comme Plan 9 ? Je ne sais pas comment sont financés et développés ces différents systèmes, de mémoire même OpenBSD est partiellement financé par Microsoft (NetBSD je ne sais pas).
En revanche, plus tu t'intègres à une communauté niche, et plus il sera pertinent de te poser la question de contribuer toi-même. C'est un peu l'enjeu de ta démarche d'ailleurs, non ? Si tu fuis des relations capitalistes qui font de toi plus ou moins un "client", ça demande aussi un investissement plus personnel de ta part, je pense.
et pourtant personne ne croit que c'est pour son apologie raciste de la colonisation que tant d'établissements portent son nom.
Exemple intéressant, car il me semble justement que ce genre de raisonnement soit aujourd'hui remis en cause. Aujourd'hui, on déboulonne des statues de personnes liées à la colonisation, on renomme des lycées, etc.
Il me semble possible (et même souhaitable) d'admettre que RMS ait été dépassé par son temps et que la FSF continue sans lui, en s'appuyant sur un socle de valeurs qu'il a contribué à établir, mais en ajoutant d'autres valeurs qui sont considérées comme des prérequis aujourd'hui. Parmi ces valeurs, on pourrait inclure un antisexisme un peu banal/libéral/mainstream, qualifiez-le comme vous voulez s'il permet de mieux faire entendre la cause du logiciel libre et des libertés numériques. C'est une question d'efficacité militante dont j'essaye de discuter ici, rien de plus.
Dalleur, il me semble que la FSF ne parle pas d'open-source, mais de logiciel libre, qui comparer à l'open source, est plus politique.
Oui je suis d'accord, et c'est ce que j'essaye de dire dans mon message : ça serait vraiment bien que des gens prennent le relais sur ces questions si RMS est grillé médiatiquement. Après, peut-être que ces personnes n'existent pas, ce qui serait une autre réponse qu'on pourrait me faire.
De toutes les communautés d'activistes/militants que je fréquente, le logiciel libre est la seule dans laquelle on s'interroge (régulièrement) sur la pertinence de garder, à un poste de responsabilité, quelqu'un qui est empêtré dans des déclarations qui touchent à la pédophilie ou à la nécrophilie. Je ne suis pas en train de dire que ces sujets ne sont pas intéressants, ni qu'il n'a rien dit d'intéressant ou de provocateur, et je reconnais qu'ils interrogent directement sur les libertés informatiques et la liberté d'expression.
Malgré tout, pourquoi la FSF s'inflige ça ? Est-ce que ça serait vraiment impensable de le sortir du board et de le laisser publier des textes sur n'importe quel sujet en choisissant au cas par cas s'il est pertinent de les relayer ou si c'est trop touchy et on va faire comme s'il n'avait rien écrit pour cette fois ?
Dit autrement, pourquoi choisir de mourir sur cette colline ? Je crois que tout le monde a des combats plus importants à mener. Au hasard, le piètre état du projet GNU, le déclin du logiciel libre face à l'open source, ou vraiment n'importe quel autre sujet lié aux libertés individuelles est plus intéressant que de chercher à défendre la réputation de RMS face à des accusations d'apologie de la pédophilie. Alors pourquoi ne pas renoncer à cette cause et chercher un meilleur porte-parole ?
À la limite, si la pratique se généralisait on pourrait imaginer des outils pour faire ça facilement.
Personnellement j'ai plutôt un problème avec le prix/la centralisation des décisions au sujet des DNS. En tant que non-initié, de l'extérieur ça ressemble plus à un cartel qu'autre chose.
Est-ce que tout fonctionne out-of-the-box pour le suspend, le hotplug d’écran, le bluetooth, etc ?
Suspend oui. Pour les deux autres, pas du tout, mais dans mes souvenirs ça n'était pas le cas sous Ubuntu non plus. Après je n'utilise pas de vrai DE. J'ai des scripts pour ça, mais quand j'aurai le temps j'essaierai d'en faire des services, pour l'exercice.
Void te laisse le choix entre musl et glibc mais supporte les deux, et propose des binaires pour les deux. Si tu veux installer ton système en glibc tu peux. Idem pour x86 et ARM.
Void permettrait potentiellement d'avoir le meilleur des deux mondes, par contre je vois qu'ils utilisent musl et glibc, est-ce que c'est un choix à faire à l'installation ?
Ça fait un an que je suis sous VoidLinux sur un petit Thinkpad et j'en suis très content. Avant ça j'étais sous Ubuntu, et à vrai dire je n'ai aucune idée de ce que je rate à ne pas avoir systemd. Peut-être journalctl, dont je n'ai pas trouvé d'équivalent (mais pas trop cherché non plus) ?
si signifierait aussi qu'une minorité pourrait le faire à n'importe quel moment pour d'autres raisons.
Oui c'est déjà possible et déjà arrivé plusieurs fois (avec "Ethereum classic" par exemple). C'est facile à faire hein, le plus difficile c'est la coordination off-chain. Après ça, c'est grosso modo : se mettre d'accord sur la "nouvelle valeur initiale" du ledger, changer l'identifiant de la chaîne, relancer le réseau.
Bien sûr, les deux réseaux ne sont plus compatibles (ils n'accepteront plus les blocs l'un de l'autre), donc concrètement on peut se demander quelle est la valeur des deux tokens (l'ancien et le nouveau).
avec une preuve d’enjeu, les « perdants » (les validateurs qui ont voté pour un bloc n’ayant pas été validé par la majorité des validateurs) ont perdu une partie de leur capital (mais énergétiquement parlant ça ne leur a rien coûté).
Je ne connais pas d'algorithme qui te slash si tu votes pour un mauvais bloc et ça me paraît exagéré, Ethereum 2 fait ça ?
D'un point de vue technique, une blockchain ce n'est finalement que ça, avec éventuellement un partage public. Cela n'a rien de révolutionnaire et ne résout aucun problème qu'on ne peut résoudre aussi bien avec d'autres outils déjà existants.
Oui, ce qu'on appelle généralement blockchain ça n'est qu'une base de données publique distribuée avec un mécanisme de création monétaire incitatif.
On peut ignorer les aspects spéculatifs, mais ce qu'on appelle généralement blockchain est difficile à dissocier des cryptomonnaies : les blockchains publiques rémunèrent les gens qui protègent/hébergent le réseau grâce à ces cryptomonnaies. Le but est d'inciter les validateurs à participer au réseau.
En outre, les calculs et le stockage sur les blockchains actuelles coûte généralement très cher, à la fois à cause de leur inefficacité et du manque de maturité de la technologie et aussi tout simplement à cause de leur aspect distribué.
Tu as donc à la fois raison (Ethereum et les "smart contract platforms" en général sont plus intéressantes que Bitcoin), et tort dans la mesure où on ne peut pas les utiliser en ignorant simplement les aspects monétaires.
Il y a une confusion générale (qui est à mon avis due aux gens qui achètent des cryptomonnaies mais ne savent pas utiliser les blockchains) sur ce qu'il est possible de faire ou pas quand on attaque un réseau à preuve d'intérêt (proof of stake). Si tu récupères 51% du stake, plusieurs choses :
- tu ne récupères pas magiquement le pouvoir de signer des transactions en te faisant passer pour n'importe qui (et si tu inclus des transactions illégales elles seront ignorées par les autres validateurs) ;
- tu gagnes la possibilité de censurer des transactions dans les blocs que tu produis (mais ça n'est pas toi qui les produis tous, en moyenne tu devrais en produire la moitié selon l'algorithme de consensus utilisé) ;
- tu ne peux pas censurer des transactions individuelles dans les blocs produits par d'autres validateurs, juste censurer (refuser) les blocs entiers ;
- conséquence de ça, tu peux bloquer la chaîne ;
- tu peux peut-être, théoriquement, si tu contrôles le réseau d'un nombre suffisant de validateurs qui ne sont pas toi, leur faire signer des blocs différents au même round et forker la chaîne.
Concrètement oui, tu peux faire du mal au réseau, mais pas récupérer de l'argent qui n'est pas à toi. Par ailleurs, toutes ces actions sont publiques. Même si tu es un peu malin et que tu ne fais pas ça à travers UN validateur mais plusieurs, « ça va finir par se savoir » et le reste des validateurs, constatant les problèmes, va probablement décider de repartir d'un ancien bloc et t'exclure définitivement (en brûlant tes 51% au passage).
un peu facile… n'oublie pas qu'on a les élus qu'on mérite.
Je n'ai pas voté pour eux, et je milite activement contre l'existence même du Sénat. Dis-moi, lequel de ces "élus" mérite-je exactement, dans le tas ?
Sinon on pourrait aussi arrêter de répéter cette formule ("on a ce qu'on mérite") automatiquement à chaque fois, parce que ça aussi, c'est un peu facile.
Moi, là, je vois une légitimation sans aucune ambiguïté de Soral et Le Pen (les seuls qui sont cités).
Ce qui pose une nouvelle question : comment construire la démocratie dans un pays où plus personne ne sait lire ? :-)
Une explication de texte s'impose, parce que je crois que tu as compris cet extrait complètement de travers :
Et si l’expression extrême droite désigne simplement, comme je pense que nous devrions le décider, la droite extrême, je pense qu’elle est déjà AU POUVOIR en ce moment
Il propose la chose suivante : l'expression « extrême droite » devrait simplement désigner « la droite de la droite ». Dès lors, comment ne pas considérer que le paysage politique s'est foncièrement "droitisé" ces dernières années ? Même un parti qui se vend comme étant de gauche (le PS) applique une politique dont on aurait dit, avant, qu'elle était de droite : surveillance sur Internet, loi Macron, etc.
C'est vrai, c'est une variation sur le thème "UMPS" : si la démocratie française se résume à une alternance entre deux partis, qu'on appelle la droite et la gauche par habitude, mais qui dans le fond appliquent la même politique ou presque (une politique vraiment très à droite, qui détruit petit à petit le code du travail et les libertés individuelles), alors dans le fond quelle différence ? Et c'est vrai aussi, l'expression "UMPS" c'est surtout le FN qui l'emploie. Mais ça n'est pas très grave, voir mon message précédent : c'est pas parce que c'est Marine Le Pen qui le crie le plus fort que c'est forcément faux.
(Remarquons que je dis des choses qu'il ne dit pas. Ceci n'est pas un débat sur la loi Macron, par exemple. J'extrapole simplement un peu pour que son propos soit plus clair.)
et que les chiffons rouges (Soral, Le Pen, etc.) qu’on agite frénétiquement devant nous dans toutes nos discussions servent de LEURRES
Traduction : quand nos hommes politiques passent plus de temps à s'agiter parce qu'ils ont soi-disant peur du FN, c'est pour nous distraire de quelque chose d'autre. Il n'est pas en train de dire que ces « chiffons rouges » sont des gens fréquentables, mais seulement qu'ils font de bons boucs émissaires.
Les partis au pouvoir disent aux gens « attention, surtout ne votez pas pour des petits partis, sinon vous renforcez le FN ». C'est dire aussi « attention, ne votez pas blanc, ne vous abstenez pas, sinon c'est le FN qui gagnera ». Ça n'est certainement pas faux dans la pratique — mais la bonne question, celle qu'Étienne Chouard pose depuis plusieurs années, c'est « ne devrions-nous pas changer ce système, qui punit l'émergence de nouvelles idées ? ».
Autrement dit, il dit que l'on diabolise deux ou trois personnalités d'extrême-droite pendant que la véritable extrême-droite est au pouvoir. Mais il ne dit pas ça pour dire que cela devrait cesser et que l'on devrait soutenir ces personnalités ; il dit ça pour qu'on en prenne collectivement conscience, et que l'on décide de ne plus se faire avoir par des discours ineptes qui ne font absolument rien avancer (à part la carrière de quelques hommes politiques).
qui nous distraient de l’essentiel et qui nous empêchent — littéralement — de penser et de progresser.
Tant que le débat politique sera centré sur le FN, sur ses chances de gagner au second tour et plus largement sur qui va arriver au pouvoir, on s'empêchera de parler de ce qu'il faut véritablement faire. Pour Chouard, ce qu'il faut faire c'est changer de mode de discussion, pour adopter un système qui s'intéresse davantage aux idées qu'aux hommes (et aux carrières politiques).
Effectivement, je suis pas fan de Chouard quand il prend pas les distances que l'on doit prendre avec un fascho comme Soral.
(…)
Ce climat de chasse aux sorcières où tout ce qui ne passe pas à TF1 est forcément suspect d'être d'extrême droite, commence à être vraiment gonflant.
Ça n'est pas parce que Alain Soral est une personne gerbante qu'il raconte absolument n'importe quoi sur tous les sujets. Ça n'est pas non plus parce que Étienne Chouard refuse de hurler avec les loups contre Soral qu'il défend les mêmes idées. Dans les faits, Chouard a cité une fois Soral sans vraiment savoir qui c'était, et, depuis, tout le monde les met dans le même panier en traitant les deux de "faschos" (sic).
La première étape vers la démocratie c'est quand même d'accepter d'écouter les gens que tu considères comme tes pires ennemis, et même de sélectionner ce qu'il y a de bon dans leur discours.
Pourtant, tout ce que les gens semblent demander, c'est moins d'images (sexistes ou non :)), et plus de détails techniques. Je pense que c'est très encourageant pour toi : le peuple réclame un deuxième journal !
On peut le voir comme une préférence personnelle qui se retrouve là par hasard. On pourrait aussi (je ne sais pas si c'est le propos de Pif le chien, qui, au passage, aurait gagné à se montrer plus concis(e)) regretter que ce genre d'image "à risque" se retrouve encore dans les fonds d'écran choisis pour mettre en avant une distribution Linux. On sait (ou on devrait savoir) que ce genre d'image peut vexer : il ne faut pas s'étonner que des gens s'en plaignent.
Mais je suis d'accord, ça n'est pas le même niveau de bouffonnerie que d'appeler un projet entier "WEBoob".
de purs produits du système éducatif et social Français
C'est effectivement une réalité sur laquelle on n'insiste pas assez à mon avis. Cela étant, le "système éducatif et social français" est, par endroit, dans un état lamentable, et il n'est pas étonnant que de tels monstres en sortent. Concrètement, qu'est-ce que tu penses qu'il faudrait faire ?
Un autre point commun à tous ces bâtards, c'est qu'ils étaient tous connus et surveillés par les services de renseignements/police, et qu'ils avaient tous été arrêtés et condamnés à plusieurs reprises, pour des faits qui – normalement – auraient du les maintenir très longuement à l'écart de la société pour la protéger.
Je ne sais pas quel crédit apporter à ces allégations. J'ose espérer que l'on n'en est pas là.
Le mot "terrorisme" a été vidé de son sens par des années d'utilisation banalisée et de récupération. Le comportement le plus rationnel devant ce que l'on identifie comme un "acte terroriste", c'est de le catégoriser plus précisément pour en comprendre la nature, et ne pas se laisser intimider.
Arrêtons d'utiliser ce mot, et méfions-nous des gens qui l'utilisent spontanément.
# Questionner tes motivations
Posté par ZankFrappa . En réponse au journal Se détacher des multinationales qui contrôlent les systèmes GNU/Linux ?. Évalué à 4.
Sans chercher à attaquer ton message ou tes idées, je pense que tu devrais t'interroger sur les raisons qui te poussent à vouloir ainsi te couper des "multinationales".
Je peux accepter l'idée que, étant donné qu'elles financent et qu'elles fournissent des développeurs à ces projets, des sociétés comme Microsoft peuvent effectivement influencer le développement de Linux. Cependant, comme beaucoup d'autres personnes l'ont dit, c'est aussi une des raisons pour laquelle le développement de Linux avance si vite, et ça n'empêche pas des personnes supposément indépendantes de contrôler que ces contributions ont du sens.
Qu'est-ce que tu cherches donc à éviter en fuyant les projets dans lesquels de grosse entreprises sont impliquées ? Qu'est-ce que tu veux ? Est-ce par anticapitalisme ? Par une sorte de militantisme décroissant ? Par minimalisme ? Tout ceci me paraît entendable, mais ça va effectivement limiter ce que tu peux faire dans la pratique ; ça va te demander des efforts supplémentaires, et peut-être à tes proches aussi. Enfin, ça va te couper d'une partie de ce que ton entourage fait et partage au quotidien.
Enfin, où tu places la limite ? Est-ce que le web, ça va (je ne pense pas qu'il existe de navigateur web indépendant utilisable aujourd'hui, IceCat n'étant que Firefox rebrandé) ? Niveau système, est-ce que tu vas te tourner vers un Linux un peu alternatif comme Void Linux ou Chimera, un BSD, ou même un système encore plus alternatif comme Plan 9 ? Je ne sais pas comment sont financés et développés ces différents systèmes, de mémoire même OpenBSD est partiellement financé par Microsoft (NetBSD je ne sais pas).
En revanche, plus tu t'intègres à une communauté niche, et plus il sera pertinent de te poser la question de contribuer toi-même. C'est un peu l'enjeu de ta démarche d'ailleurs, non ? Si tu fuis des relations capitalistes qui font de toi plus ou moins un "client", ça demande aussi un investissement plus personnel de ta part, je pense.
[^] # Re: Pertinence
Posté par ZankFrappa . En réponse au journal Publication du "Stallman Report" 2024. Évalué à 0.
Exemple intéressant, car il me semble justement que ce genre de raisonnement soit aujourd'hui remis en cause. Aujourd'hui, on déboulonne des statues de personnes liées à la colonisation, on renomme des lycées, etc.
Il me semble possible (et même souhaitable) d'admettre que RMS ait été dépassé par son temps et que la FSF continue sans lui, en s'appuyant sur un socle de valeurs qu'il a contribué à établir, mais en ajoutant d'autres valeurs qui sont considérées comme des prérequis aujourd'hui. Parmi ces valeurs, on pourrait inclure un antisexisme un peu banal/libéral/mainstream, qualifiez-le comme vous voulez s'il permet de mieux faire entendre la cause du logiciel libre et des libertés numériques. C'est une question d'efficacité militante dont j'essaye de discuter ici, rien de plus.
[^] # Re: Pertinence
Posté par ZankFrappa . En réponse au journal Publication du "Stallman Report" 2024. Évalué à 1.
Oui je suis d'accord, et c'est ce que j'essaye de dire dans mon message : ça serait vraiment bien que des gens prennent le relais sur ces questions si RMS est grillé médiatiquement. Après, peut-être que ces personnes n'existent pas, ce qui serait une autre réponse qu'on pourrait me faire.
# Pertinence
Posté par ZankFrappa . En réponse au journal Publication du "Stallman Report" 2024. Évalué à 4.
De toutes les communautés d'activistes/militants que je fréquente, le logiciel libre est la seule dans laquelle on s'interroge (régulièrement) sur la pertinence de garder, à un poste de responsabilité, quelqu'un qui est empêtré dans des déclarations qui touchent à la pédophilie ou à la nécrophilie. Je ne suis pas en train de dire que ces sujets ne sont pas intéressants, ni qu'il n'a rien dit d'intéressant ou de provocateur, et je reconnais qu'ils interrogent directement sur les libertés informatiques et la liberté d'expression.
Malgré tout, pourquoi la FSF s'inflige ça ? Est-ce que ça serait vraiment impensable de le sortir du board et de le laisser publier des textes sur n'importe quel sujet en choisissant au cas par cas s'il est pertinent de les relayer ou si c'est trop touchy et on va faire comme s'il n'avait rien écrit pour cette fois ?
Dit autrement, pourquoi choisir de mourir sur cette colline ? Je crois que tout le monde a des combats plus importants à mener. Au hasard, le piètre état du projet GNU, le déclin du logiciel libre face à l'open source, ou vraiment n'importe quel autre sujet lié aux libertés individuelles est plus intéressant que de chercher à défendre la réputation de RMS face à des accusations d'apologie de la pédophilie. Alors pourquoi ne pas renoncer à cette cause et chercher un meilleur porte-parole ?
[^] # Re: génial
Posté par ZankFrappa . En réponse au journal Trois étapes faciles pour obtenir une coche verte sur Mastodon. Évalué à 1.
À la limite, si la pratique se généralisait on pourrait imaginer des outils pour faire ça facilement.
Personnellement j'ai plutôt un problème avec le prix/la centralisation des décisions au sujet des DNS. En tant que non-initié, de l'extérieur ça ressemble plus à un cartel qu'autre chose.
[^] # Re: Concernant la censure
Posté par ZankFrappa . En réponse au journal Mastodonte contre oiseau bleu : bouquet de liens. Évalué à 1.
HS mais tu fais référence à quelque chose de précis ? As-tu des noms de marques à suivre ?
[^] # Re: Je pose la question dans l'autre sens
Posté par ZankFrappa . En réponse au journal Les problèmes d’un desktop sans systemd ?. Évalué à 3.
Suspend oui. Pour les deux autres, pas du tout, mais dans mes souvenirs ça n'était pas le cas sous Ubuntu non plus. Après je n'utilise pas de vrai DE. J'ai des scripts pour ça, mais quand j'aurai le temps j'essaierai d'en faire des services, pour l'exercice.
[^] # Re: Je pose la question dans l'autre sens
Posté par ZankFrappa . En réponse au journal Les problèmes d’un desktop sans systemd ?. Évalué à 2.
Void te laisse le choix entre musl et glibc mais supporte les deux, et propose des binaires pour les deux. Si tu veux installer ton système en glibc tu peux. Idem pour x86 et ARM.
[^] # Re: Je pose la question dans l'autre sens
Posté par ZankFrappa . En réponse au journal Les problèmes d’un desktop sans systemd ?. Évalué à 2.
Exactement oui.
[^] # Re: Je pose la question dans l'autre sens
Posté par ZankFrappa . En réponse au journal Les problèmes d’un desktop sans systemd ?. Évalué à 2.
Ça fait un an que je suis sous VoidLinux sur un petit Thinkpad et j'en suis très content. Avant ça j'étais sous Ubuntu, et à vrai dire je n'ai aucune idée de ce que je rate à ne pas avoir systemd. Peut-être journalctl, dont je n'ai pas trouvé d'équivalent (mais pas trop cherché non plus) ?
[^] # Re: blockchain et crypto-monnaie sont deux choses différentes
Posté par ZankFrappa . En réponse au journal Ethereum prépare son passage de Proof of Work à Proof of Stake. Évalué à 2.
Oui c'est déjà possible et déjà arrivé plusieurs fois (avec "Ethereum classic" par exemple). C'est facile à faire hein, le plus difficile c'est la coordination off-chain. Après ça, c'est grosso modo : se mettre d'accord sur la "nouvelle valeur initiale" du ledger, changer l'identifiant de la chaîne, relancer le réseau.
Bien sûr, les deux réseaux ne sont plus compatibles (ils n'accepteront plus les blocs l'un de l'autre), donc concrètement on peut se demander quelle est la valeur des deux tokens (l'ancien et le nouveau).
[^] # Re: Proof of Stake
Posté par ZankFrappa . En réponse au journal Ethereum prépare son passage de Proof of Work à Proof of Stake. Évalué à 3.
Je ne connais pas d'algorithme qui te slash si tu votes pour un mauvais bloc et ça me paraît exagéré, Ethereum 2 fait ça ?
[^] # Re: J'y connais rien mais...
Posté par ZankFrappa . En réponse au journal Ethereum prépare son passage de Proof of Work à Proof of Stake. Évalué à 2.
Oui, ce qu'on appelle généralement blockchain ça n'est qu'une base de données publique distribuée avec un mécanisme de création monétaire incitatif.
[^] # Re: blockchain et crypto-monnaie sont deux choses différentes
Posté par ZankFrappa . En réponse au journal Ethereum prépare son passage de Proof of Work à Proof of Stake. Évalué à 4.
On peut ignorer les aspects spéculatifs, mais ce qu'on appelle généralement blockchain est difficile à dissocier des cryptomonnaies : les blockchains publiques rémunèrent les gens qui protègent/hébergent le réseau grâce à ces cryptomonnaies. Le but est d'inciter les validateurs à participer au réseau.
En outre, les calculs et le stockage sur les blockchains actuelles coûte généralement très cher, à la fois à cause de leur inefficacité et du manque de maturité de la technologie et aussi tout simplement à cause de leur aspect distribué.
Tu as donc à la fois raison (Ethereum et les "smart contract platforms" en général sont plus intéressantes que Bitcoin), et tort dans la mesure où on ne peut pas les utiliser en ignorant simplement les aspects monétaires.
[^] # Re: blockchain et crypto-monnaie sont deux choses différentes
Posté par ZankFrappa . En réponse au journal Ethereum prépare son passage de Proof of Work à Proof of Stake. Évalué à 4.
Il y a une confusion générale (qui est à mon avis due aux gens qui achètent des cryptomonnaies mais ne savent pas utiliser les blockchains) sur ce qu'il est possible de faire ou pas quand on attaque un réseau à preuve d'intérêt (proof of stake). Si tu récupères 51% du stake, plusieurs choses :
- tu ne récupères pas magiquement le pouvoir de signer des transactions en te faisant passer pour n'importe qui (et si tu inclus des transactions illégales elles seront ignorées par les autres validateurs) ;
- tu gagnes la possibilité de censurer des transactions dans les blocs que tu produis (mais ça n'est pas toi qui les produis tous, en moyenne tu devrais en produire la moitié selon l'algorithme de consensus utilisé) ;
- tu ne peux pas censurer des transactions individuelles dans les blocs produits par d'autres validateurs, juste censurer (refuser) les blocs entiers ;
- conséquence de ça, tu peux bloquer la chaîne ;
- tu peux peut-être, théoriquement, si tu contrôles le réseau d'un nombre suffisant de validateurs qui ne sont pas toi, leur faire signer des blocs différents au même round et forker la chaîne.
Concrètement oui, tu peux faire du mal au réseau, mais pas récupérer de l'argent qui n'est pas à toi. Par ailleurs, toutes ces actions sont publiques. Même si tu es un peu malin et que tu ne fais pas ça à travers UN validateur mais plusieurs, « ça va finir par se savoir » et le reste des validateurs, constatant les problèmes, va probablement décider de repartir d'un ancien bloc et t'exclure définitivement (en brûlant tes 51% au passage).
[^] # Re: cool !
Posté par ZankFrappa . En réponse à la dépêche Quel terminal pour 2018 ?. Évalué à 2.
Hm, tu peux toujours régler ça depuis le menu correspondant mais je suis d'accord ça n'est pas aussi bien.
[^] # Re: Ha le Parti Socialiste...
Posté par ZankFrappa . En réponse au journal Puis ils sont venus me chercher, et il ne restait personne pour protester. Évalué à 1.
C'est fini les écrits monsieur, il faut rentrer chez vous maintenant. À l'année prochaine, hein ?
[^] # Re: define : exception culturelle
Posté par ZankFrappa . En réponse au journal Copyright : Le discours devant le sénat de la député Pirate. Évalué à 1.
Je n'ai pas voté pour eux, et je milite activement contre l'existence même du Sénat. Dis-moi, lequel de ces "élus" mérite-je exactement, dans le tas ?
Sinon on pourrait aussi arrêter de répéter cette formule ("on a ce qu'on mérite") automatiquement à chaque fois, parce que ça aussi, c'est un peu facile.
[^] # Re: Contradiction
Posté par ZankFrappa . En réponse au journal Le Code Civil sur Github. Évalué à 1.
Ce que tu dis a du sens et je vais devoir prendre le temps d'y réfléchir. Merci.
[^] # Re: Contradiction
Posté par ZankFrappa . En réponse au journal Le Code Civil sur Github. Évalué à 4. Dernière modification le 01 avril 2015 à 16:53.
Ce qui pose une nouvelle question : comment construire la démocratie dans un pays où plus personne ne sait lire ? :-)
Une explication de texte s'impose, parce que je crois que tu as compris cet extrait complètement de travers :
Il propose la chose suivante : l'expression « extrême droite » devrait simplement désigner « la droite de la droite ». Dès lors, comment ne pas considérer que le paysage politique s'est foncièrement "droitisé" ces dernières années ? Même un parti qui se vend comme étant de gauche (le PS) applique une politique dont on aurait dit, avant, qu'elle était de droite : surveillance sur Internet, loi Macron, etc.
C'est vrai, c'est une variation sur le thème "UMPS" : si la démocratie française se résume à une alternance entre deux partis, qu'on appelle la droite et la gauche par habitude, mais qui dans le fond appliquent la même politique ou presque (une politique vraiment très à droite, qui détruit petit à petit le code du travail et les libertés individuelles), alors dans le fond quelle différence ? Et c'est vrai aussi, l'expression "UMPS" c'est surtout le FN qui l'emploie. Mais ça n'est pas très grave, voir mon message précédent : c'est pas parce que c'est Marine Le Pen qui le crie le plus fort que c'est forcément faux.
(Remarquons que je dis des choses qu'il ne dit pas. Ceci n'est pas un débat sur la loi Macron, par exemple. J'extrapole simplement un peu pour que son propos soit plus clair.)
Traduction : quand nos hommes politiques passent plus de temps à s'agiter parce qu'ils ont soi-disant peur du FN, c'est pour nous distraire de quelque chose d'autre. Il n'est pas en train de dire que ces « chiffons rouges » sont des gens fréquentables, mais seulement qu'ils font de bons boucs émissaires.
Les partis au pouvoir disent aux gens « attention, surtout ne votez pas pour des petits partis, sinon vous renforcez le FN ». C'est dire aussi « attention, ne votez pas blanc, ne vous abstenez pas, sinon c'est le FN qui gagnera ». Ça n'est certainement pas faux dans la pratique — mais la bonne question, celle qu'Étienne Chouard pose depuis plusieurs années, c'est « ne devrions-nous pas changer ce système, qui punit l'émergence de nouvelles idées ? ».
Autrement dit, il dit que l'on diabolise deux ou trois personnalités d'extrême-droite pendant que la véritable extrême-droite est au pouvoir. Mais il ne dit pas ça pour dire que cela devrait cesser et que l'on devrait soutenir ces personnalités ; il dit ça pour qu'on en prenne collectivement conscience, et que l'on décide de ne plus se faire avoir par des discours ineptes qui ne font absolument rien avancer (à part la carrière de quelques hommes politiques).
Tant que le débat politique sera centré sur le FN, sur ses chances de gagner au second tour et plus largement sur qui va arriver au pouvoir, on s'empêchera de parler de ce qu'il faut véritablement faire. Pour Chouard, ce qu'il faut faire c'est changer de mode de discussion, pour adopter un système qui s'intéresse davantage aux idées qu'aux hommes (et aux carrières politiques).
[^] # Contradiction
Posté par ZankFrappa . En réponse au journal Le Code Civil sur Github. Évalué à 5.
Ça n'est pas parce que Alain Soral est une personne gerbante qu'il raconte absolument n'importe quoi sur tous les sujets. Ça n'est pas non plus parce que Étienne Chouard refuse de hurler avec les loups contre Soral qu'il défend les mêmes idées. Dans les faits, Chouard a cité une fois Soral sans vraiment savoir qui c'était, et, depuis, tout le monde les met dans le même panier en traitant les deux de "faschos" (sic).
La première étape vers la démocratie c'est quand même d'accepter d'écouter les gens que tu considères comme tes pires ennemis, et même de sélectionner ce qu'il y a de bon dans leur discours.
[^] # Re: distrib 1 - journal 0
Posté par ZankFrappa . En réponse au journal NuTyX, une distribution atypique . Évalué à 1.
Pourtant, tout ce que les gens semblent demander, c'est moins d'images (sexistes ou non :)), et plus de détails techniques. Je pense que c'est très encourageant pour toi : le peuple réclame un deuxième journal !
[^] # Re: mince ou sont passé les images?
Posté par ZankFrappa . En réponse au journal NuTyX, une distribution atypique . Évalué à -3. Dernière modification le 26 mars 2015 à 11:15.
On peut le voir comme une préférence personnelle qui se retrouve là par hasard. On pourrait aussi (je ne sais pas si c'est le propos de Pif le chien, qui, au passage, aurait gagné à se montrer plus concis(e)) regretter que ce genre d'image "à risque" se retrouve encore dans les fonds d'écran choisis pour mettre en avant une distribution Linux. On sait (ou on devrait savoir) que ce genre d'image peut vexer : il ne faut pas s'étonner que des gens s'en plaignent.
Mais je suis d'accord, ça n'est pas le même niveau de bouffonnerie que d'appeler un projet entier "WEBoob".
[^] # Re: Terrorisme ?
Posté par ZankFrappa . En réponse au journal Nous sommes enfin dignes. Évalué à 3.
C'est effectivement une réalité sur laquelle on n'insiste pas assez à mon avis. Cela étant, le "système éducatif et social français" est, par endroit, dans un état lamentable, et il n'est pas étonnant que de tels monstres en sortent. Concrètement, qu'est-ce que tu penses qu'il faudrait faire ?
Je ne sais pas quel crédit apporter à ces allégations. J'ose espérer que l'on n'en est pas là.
[^] # Re: Terrorisme ?
Posté par ZankFrappa . En réponse au journal Nous sommes enfin dignes. Évalué à 2.
Le mot "terrorisme" a été vidé de son sens par des années d'utilisation banalisée et de récupération. Le comportement le plus rationnel devant ce que l'on identifie comme un "acte terroriste", c'est de le catégoriser plus précisément pour en comprendre la nature, et ne pas se laisser intimider.
Arrêtons d'utiliser ce mot, et méfions-nous des gens qui l'utilisent spontanément.