Parce qu'il n'existe parfois pas d'autre système rémunérateur.
Mais ça ne tient pas forcément aux éditeurs. Est-ce qu'un auteur de romans accepterait de se faire salarier par un éditeur? C'est d'ailleurs un système en vigueur dans certains domaines (par exemple les romans à l'eau de rose, ou les trucs bidons sans valeur artistique). Mais si on est salarié, alors on a des instructions à suivre, une productivité à assurer, des obligations.
En dehors de passer par un éditeur relativement gros, la possibilité d'être en librairie ou dans les médias est nulle.
Peut-être peut-on au moins partiellement attribuer ça à l'idée que les éditeurs fournissent un service (communication, publicité, distribution) qu'aucun auteur serait capable de gérer lui-même?
seuls une dizaine d'écrivains (ceux qui passent à la télévision) vivent de leur métier
Mais est-ce la faute des éditeurs? Les revenus des auteurs sont grosso-modo proportionnels aux ventes. Alors certes, c'est toujours un peu triste de voir que des œuvres de qualité de ne vendent pas, mais comment veux-tu toucher de l'argent si personne ne s'intéresse à ton travail? Il faudrait qu'un sponsor (mécène privé, ou bien un institut de l'État?) te paye pour que tu puisses t'exprimer librement?
D'ailleurs, on fait souvent sur Linuxfr semblant de ne pas se rendre compte du problème financier que pose le logiciel libre ; malgré tous ses défauts, le système propriétaire assure un flux de revenu aux éditeurs, et donc un emploi rémunéré aux développeurs. Ce flux n'existe pas pour le logiciel libre, et il faut adopter des business models alternatifs, qui sont souvent très spécifiques d'une niche, et très fragiles dans le temps. Le système en vigueur dans l'industrie de la culture donne au moins un cadre dans lequel, possiblement, on peut gagner sa vie. Peu le font, mais le cadre a le mérite d'exister, et l'espoir fait vivre. Quel modèle alternatiif veux-tu donner aux auteurs? Comment gagner sa vie en publiant de l'art libre?
Parce que c'est le système de rémunération des auteurs qui veut ça. Il est conçu comme ça, et on n'en est pas responsables, mais la logique veut que les droits tiennent sur une durée potentiellement plus longue que la vie des auteurs.
Prends le cas d'une avance versée à un auteur sur les droits d'un livre. L'éditeur achète l'exploitation des droits patrimoniaux à un auteur, et en échange, l'éditeur verse une avance. Il fait un pari sur la vente de l'œuvre, mais pas sur la durée de vie de l'auteur, ça serait absurde (ou alors, ça s'apparente à un viager inversé, mais un éditeur n'est pas un assureur, non plus!). Si l'auteur meurt, du jour au lendemain, le livre se trouverait dans le domaine public, alors que l'éditeur est en train de le vendre. C'est pas logique.
Encore une fois, la rémunération que tu touches par l'exploitation des droits patrimoniaux (que ce soit toi-même ou bien via des intermédiaires, ça ne change rien au principe), ce n'est pas de l'argent qui te tombe du ciel sans que tu ne fasses rien, c'est de la rémunération décalée pour un travail que tu as déja effectué. Cette somme t'es due, quoi qu'il en soit, même si elle dépend de ventes potentielles.
Je pense que les «artistes» eux-mêmes se sont mis dans cette situation stupide, pour des bonnes et mauvaises raisons. La plupart des gens acceptent de "vendre" immédiatement leur production (manuelle ou intellectuelle, ça ne change pas grand chose) à un employeur, qui est celui qui prend le risque dans le temps. Il rémunère de manière fixe ses employés, récupère le fruit de leur travail, le fait fructifier comme il le souhaite, et en tire tous les bénéfices qu'il veut. S'il fait 100 fois la culbute, tant mieux pour l'employeur, l'employé a déja reçu son salaire, il ne peut prétendre à plus.
C'est le fonctionnement usuel même dans des métiers créatifs (informatique, recherche scientifique, édition de livres techniques, etc). Salaire fixe, c'est l'employeur qui fait fructifier. D'un autre côté, même en cas de succès, on ne devient pas millionnaire. Dans quel mesure l'appat du gain a-t-il aussi encouragé les auteurs a accepter un système de rémunération différée?
De mon point de vue, l'œuvre devrait tomber immédiatement dans le domaine public à la mort de quelqu'un, mais la loi ne va généralement pas dans ce sens.
C'est compliqué, on imagine en général que les gens meurent vieux, après avoir profité des retombées commerciales d'œuvres à succès pendant des dizaines d'années. Mais ça n'est pas toujours le cas. C'est tout le paradoxe avec un système de rétribution a posteriori pour les auteurs/compositeurs/artistes… Tu travailles, et tu es peut-être paté progressivement au fil des années. Du coup, ça reste beaucoup plus compliqué de stopper d'un coup la rétribution le jour de la mort, puisque ça correspond bien à un travail qui avait été fait avant. Si ton plombier se fait renverser par un bus en sortant de chez toi, tu trouverais normal que tu n'aies pas à payer la facture?
RMS a toujours considéré que le logiciel était un cas particulier, il ne s'est jamais opposé à l'utilisation de licences plus restrictives pour les œuvres d'art, y compris pour les artwork de jeux vidéo, par exemple. La discussion tournerait plutôt autour de la durée de protection excessive des lois existantes sur le droit d'auteur.
Historiquement, le logiciel libre et l'art libre ont donc des bases différentes ; l'art libre est arrivé après le logiciel libre, et pour d'autres raisons. Je pense que le premier rapprochement a été par l'intermédiaire de la GFDL, qui était la licence couvrant les doc de logiciels. Des projets libres (comme Wikipédia par exemple) ont alors été construits autour de la GFDL, qui était un outil inadapté. Les CC sont arrivées en parallèle, indépendamment du logiciel libre, et elles ont peu à peu été adoptées, y compris par la possibilité exceptionnelle de transformer "magiquement" la GFDL en CC pendant une petite période, motivée par un changement de licence de Wikipédia.
Bref, tout ça pour dire que prétendre que la FSF ne comprend rien au libre, c'est un peu ridicule. La FSF ne s'intéresse qu'au logiciel libre, a conçu des licences pour les logiciels libres, et seulement pour les logiciels. D'autres projets plus ou moins flous se sont consuits autour de la généralisation du concept de "libre" au delà du logiciel, généralisation qui n'a jamais été soutenue par la FSF ou ses fondateurs pour tout un tas de raisons. J'aurais donc tendance à dire que c'est les tenants de l'art libre qui n'ont rien compris au logiciel libre, plutôt que l'inverse. Pas étonnant que peu de gens comprennent ou appuient le mouvement "art libre", c'est un mouvement qui n'a pas été "pensé". Il s'est inspiré du logiciel libre par une tentative de translation, en espérant un peu magiquement que ce qui fonctionne pour le logiciel fonctionnerait aussi pour l'art. À mon avis, c'est peine perdue, ça fonctionne pour les œuvres collectives (comme Wikipédia), qui correspondent aussi à des outils, mais la démarche artistique est bien trop personnelle et complexe pour que pouf, le partage d'outils et de méthodes informatique conçu par et pour des ingénieurs puisse avoir une quelconque utilité pour le partage d'œuvres artistiques. On peut par exemple citer des projets comme Battle for Wesnoth, qui a arrêté de lutter et qui a assoupli ses critères de licence pour les parties artistiques.
Si par "boîte" tu entends "entreprise", alors je ne vois même pas pourquoi tu te poses la question. À part dans des cas très atypiques liés à du mécénat par exemple, l'activité d'une entreprise est par essence une activité commerciale.
Si par "clients" ou "fournisseurs", tu entends "personnes morales juridiquement distinctes", alors je ne vois pas non plus pourquoi tu te poses la question. Si tu leur met à disposition une œuvre en en respectant la licence, et que tu leur transmet cette licence en même temps que l'œuvre, alors c'est à eux de se débrouiller avec la licence, et pas à toi. Encore une fois, je ne comprends pas pourquoi tu te poses la question.
Les situations compliquées se trouvent plutôt dans les domaines où l'activité principale n'est pas commerciale (association, EPIC…), mais où on peut ponctuellement facturer des biens ou des services. Ceci dit, il ne faut pas non plus surinterpréter la clause NC, si de l'argent est échangé contre une copie de l'œuvre, alors c'est clairement une utilisation commerciale (commerciale != lucrative).
Sur le fond, je suis d'accord pour dire que la clause NC peut être difficile à interpréter, mais pas du tout dans les cas que tu mentionnes. En tout état de cause, ces licences conseillent en général de contacter les auteurs en cas de situation ambigüe, ce qui est une bonne idée puisque seuls les auteurs pourraient engager des poursuites. Et par ailleurs, on sait quand une situation est ambigüe—on peut légitimement se demander «est-ce que ça rentrerait dans la licence ou non», mais on peut beaucoup moins se demander «est-ce que la situation est ambigüe», puisque c'est presque par définition que si on se pose la question, alors la situation est nécessairement ambigüe.
Non, une traduction est un travail dérivé. Rien à voir, d'un point de vue juridique.
Rien avoir avec quoi? Depuis le début, on ne parle que de travail dérivé. Orgueuil et préjujés et zombies, c'est un travail dérivé d'orgueil et préjugés. Une reprise de chanson, c'est un travail dérivé (pour l'enregistrement, pas pour le texte s'il n'a pas été modifié). Du point de vue juridique, il n'y a pas 50 notions ; en droit français, il s'agit dans tous les cas de contrefaçon, et s'il y a travail dérivé, les droits du copiste s'ajoutent aux droits de l'auteur initial (il y a plusieurs auteurs à l'œuvre), alors que s'il ne s'agit que d'une simple copie, le copiste n'a ajouté aucun droit supplémentaire.
Mais qu'est-ce que tu entends pas «cela marche»? Il n'y a pas d'algorithme dans ton code qui l'empêche de fonctionner dans certaines boîtes. «Cela marche» n'a pas beaucoup de sens. Si tu veux dire «comment avoir la certitude qu'une utilisation contraire aux clauses de la licence me vaudrait une victoire au tribunal», alors c'est clair : tu n'en as aucune. Non seulement les licences un peu folkloriques (style «interdit aux terroristes ou aux marchands d'armes») n'ont à ma connaissance jamais été testées dans un quelconque tribunal, mais en plus les circonstances risquent d'être tellement différentes d'une affaire à l'autre que non, de manière générale, en droit, tu n'as jamais la certiture que «cela marche». Et comme je l'ai écrit plus haut, qu'est-ce que tu espères en échange, même si tu gagnes au tribunal? Des sous pour compenser la contrefaçon? Un préjudice moral? La certitude que la boîte n'utilisera plus le logiciel à partir de la date de la décision du tribunal? Tu irais dépenser des fortunes et des années de ta vie pour si peu de choses, avec le risque qu'un juge (sensé, à mon avis) considère ces clauses comme abusives? (parce que oui, il y a des limites à ce qu'on peut demander dans une licence. Si tu publies un logiciel sous une licence qui interdit son utilisation aux communistes et aux unijambistes, cette clause est illégale et sera considérée comme nulle).
C'est le même principe pour les clauses non-commerciales ; si l'utilisation qui en est faite est clairement commerciale, alors la discussion va traiter de la validité de la licence ; si tu es dans un entre-deux et que le débat est une différence d'appréciation sur ce qui est commercial ou non, bah il faudra demander à un juge de trancher. Mais est-ce que tu irais en justice dans un cas qui n'est pas clair et où il pourrait être légitimement considéré que l'utilisation n'est pas commerciale? Il faudrait être un peu allumé pour pousser jusqu'à l'action en justice, non?
C'est le même problème qu'avec les licences non-commerciales : en pratique, c'est compliqué
Ça n'est pas si compliqué que ça, c'est juste qu'il faut être prêt à faire ce qu'il faut pour faire valoir ses droits, et c'est ça en général que les gens sous-estiment. Si tu diffuses ton code sous licence machin truc qui empêche de faire des armes et qu'une grosse entreprise qui fabrique des armes l'utilise, tu fais quoi? Il n'existe pas de police universelle des licences qui va faire valoir tes droits à ta place, tu es seul et tu te débrouilles, avec comme seule arme ta vague compréhension des termes d'une licence que tu n'as probablement même pas lue. Tu vas te retrouver dans une situation où, en tant que particulier, tu devras attaquer une grosse boîte munie d'une armée d'avocats et des ressources quasiment illimitées, pour faire valoir un préjudice moral qui pourra sembler bien futile à un juge. Si tu vas au bout de la procédure, si tu ne meurs pas de vieillesse avant la fin des recours, si tu as réussi à t'entourer de gens super-compétents, et si tu as choisi par chance une licence qui miraculeusement tient la route dans le pays où le cas est jugé, alors oui, tu vas gagner. Mais tu vas gagner quoi? Un euro symbolique et le remboursement de tes frais d'avocats? Ou bien tu vas opter pour l'option «contrefaçon», et tu vas vendre ta licence à l'entreprise pour quelques dizaines de milliers d'euros?
Les licences, c'est important parce que ça représente des moyens de pression sur les boîtes qui développent et qui distribuent du logiciel, notamment parce que le préjudice est quantifiable plus facilement (on peut te dédommager au pro-rata du chiffre d'affaire sur les ventes de logiciel proprio par exemple), avec aussi le risque qui plane toujours de devoir libérer des bouts de code proprio pour se conformer à la licence. Mais par contre des licences qui sont censées empêcher leurs utilisateurs de faire quelque chose (des armes, du commerce, etc) restent quand même très naïves, dans le sens où elles sont motivées par des considérations morales, et qu'il semble très difficile pour l'auteur du logiciel de faire valoir ses droits de toutes manières.
'est pas parce que c'est possible de le faire avec un SEPA que ca ne te coutera rien de la faire et encore moins que ce soit une bonne idée.
Bah, si tu bloques un prélèvement légitime, tu risques de te retrouver hors-délai et de payer une majoration, comme si tu n'avais pas payé ou que le prélèvement était refusé pour d'autres raisons (manque de provision, par exemple). Je ne vois pas la différence avec le fait de ne pas envoyer le chèque à la date requise…
Bah si, quand même. Wesnoth intègre un certain nombre de mécanismes qui peuvent amplifier les effets du hasard sur un combat : quand une unité passe au niveau supérieur, elle reprend tous ses points de vie ; un coup qui ne touche pas peut faire perdre un tour, et donc mettre les unités dans une position (terrain découvert, mauvaise période de la journée…) défavorable ; Certains unités peuvent influencer les autres (par exemple, la présence d'une unité charismatique va "booster" les unités voisines), et s'il s'agit du gros méchant qu'il faut tuer et qu'on l'attaque avec son leader, eh bien la chance va faire basculer la victoire finale d'un côté à l'autre. D'une manière générale, quand les forces engagées dans une bataille sont équilibrées, la victoire dépend souvent d'un petit déséquilibre créé au cours des tous premiers combats.
Une manière de gérer efficacement le hasard dans Wesnoth est de faire les bons compromis moyenne/variance; engager certains combats risqués qui peuvent rapporter gros (gain d'un niveau pour une unité jusque là isolée et mal en point), et ne pas engager des combats qui sont gagnants en espérance mais dont l'issue est trop incertaine (attaque avec un leader isolé par exemple). Les meilleurs joueurs ont toujours des alternatives intéressantes quelle que soit l'issue d'un combat…
Et puis, le hasard ne joue pas toujours contre nous non plus. Lancer une charge de cavalerie est parfois la solution la plus efficace pour gagner une bataille en position défavorable; c'est le genre de stratégies qui peut s'avérer dévastatrice.
En général, les jeux faisant intervenir le hasard sont considérés comme plus difficiles que les jeux déterministes, parce que ça gêne l'apprentissage : on peut perdre en jouant bien et gagner en jouant mal, et notre cerveau a beaucoup de mal à intégrer de telles situations.
Renseigne-toi sur le principe et le fonctionnement du mandat SEPA, c'est très loin d'être une autorisation de piocher dans ton compte à volonté. Tu peux voir ça comme une demande automatique de virement, qui est validée si tu ne la conteste pas.
Sur le fond, je trouve qu'il suffirait d'offrir des moyens de payement alternatifs (chèque, virement, espèces…) en facturant le surcoût effectif (puisqu'il n'y a pas de raison que les contribuables payent pour les gens qui font semblant de ne pas comprendre le principe des moyens de payement automatisés).
En France, ce que tu dis, c'est que "c'est compliqué alors c'est normal si ça marche mal!".
Ben non, c'est pas une bonne excuse! Surtout si on parle de rendre la déclaration en ligne obligatoire. Encore un truc pas prêt expédié en prod!
Désolé si je me suis mal exprimé, mais j'ai l'impression que tu ne comprends pas qu'il y a des situations qui ne sont pas gérables automatiquement. Aucun logiciel au monde ne pourra te calculer tes impôts s'il n'existe pas d'algorithme pour les calculer. Dans ce cas, tu fais une déclaration papier, et un fonctionnaire des impôts va calculer ton dossier et va gérer les ambiguités ou les contradictions des textes grâce à son cerveau.
Vu l'exemple dont on parle, le logiciel fonctionne parfaitement bien. Quand il détecte une situation qu'il ne sait pas gérer, il te demande à faire une déclaration papier, ce qui doit d'ailleurs être explicitement indiqué dans un quelconque décret d'application.
Tu veux dire, tu penses qu'indiquer aux contribuables de faire une déclaration papier en cas de problème informatique avec la déclaration en ligne n'est pas quelque chose de réfléchi?
Je pense que tu confonds l'incompétence des concepteurs des sites web de l'administration (qui sont la plupart du temps des prestataires) et l'incompétence de l'administration (qui, pour le cas dont on parle, est quelque chose d'extrêmement improbable).
Je suis toujours surpris de voir ce genre de choses faites en python quand le shell est plus simple
Je ne trouve pas si surprenant que ça de réaliser une opération dans un langage qu'on maitrise (sans qu'il soit nécessairement le plus adapté) plutôt que de se former et de produire un code bancal dans un langage qu'on ne maitrise pas. Au niveau individuel, c'est assez rationnel.
Par contre, je suis bien d'accord qu'au niveau collectif (communauté du logiciel libre), c'est plus délicat. Publier et faire vivre une communauté autour d'un logiciel qui n'est pas conçu «dans les règles de l'art» dès le départ, c'est toujours assez compliqué. Est-ce que l'autocensure doit être une limite au partage? Parce qu'au fond, il y a fort à parier que la plupart des utilisateurs ne relira pas le code, et ne sera même pas capable de juger si les outils et les méthodes sont pertinentes.
J'ai bien compris, mais c'est bien la modification qui n'avait pas de sens. Soit on considère que le lien pointe illicitement ou illégitimement sur un article protégé, auquel cas il fallait carrément supprimer l'item, soit on ne modifiait pas. Modifier le lien, ça revient à admettre du spam commercial, et c'est cet «entre-deux» qui me semble totalement illogique.
Je soupçonne fortement que ce message ait plusieurs années et ne soit pas applicable cette année.
Tu as l'air bien soupçonneux. Je n'imagine pas une seconde que les services des impôts aient pu imaginer que tu aies à soupçonner quoi que ce soit, quel que soit le contexte. Tu n'as rien à soupçonner, tu as un message signé "La direction générale des finances publiques" qui te dit d'envoyer une déclaration papier, je ne vois pas où tu vois une quelconque ambiguité.
Surtout qu'au final, toi seul sait si tu as rencontré un vrai bug ou si tu te doutes que tu es dans une situation qui nécessite une prise en charge non-automatisée (changement d'adresse à l'étranger, situation personnelle alambiquée…).
Il faut arrêter le délire, la mauvaise foi a des limites. La dématérialisation complète est volontaire, si tu n'as pas choisi activement de ne plus recevoir de courrier, ton formulaire pré-rempli, tu l'as dans les mains. De toutes manières, le Cerfa 2042 est disponible partout ; tu vas sur le site des impôts, tu tapes "formulaire déclaration papier", et pouf, tu tombes dessus dès les premiers liens (pas le premier, il ne faut pas déconner, c'est le moteur de recherche interne au site du ministère…). Et si tu n'as pas d'imprimante, tu vas au centre des impôts.
Après, tu peux toujours tenter le rôle de composition, aller aux impôts expliquer que tu as choisi volontairement de ne plus recevoir de courrier, mais que tu es infoutu de te procurer le pdf sur le site des impôts. Je crois qu'ils adorent ce genre de personnalités, ça leur donne moins de scrupules à distribuer des pénalités de retard.
Sinon il faut maintenir l'exception papier pour les cas non-gérés.
Il me semble que c'est exactement le contenu du message d'erreur. L'obligation de déclaration électronique n'est pas absolue, il existe plein d'exceptions, et même si tu ne veux absolument pas te passer du papier sans aucune raison valable, tu n'auras qu'à t'aqquitter de 15€ supplémentaires à partir de la deuxième déclaration papier non justifiée… Ça va, c'est pas non plus insurmontable. Mais bon, le site te dit "remplissez une déclaration papier", alors tu fais une capture d'écran, tu remplis ta déclaration papier, et c'est tout.
ils se doivent de tout pouvoir gérer
Vu la complexité de la fiscalité française, ça me semble totalement illusoire. Je ne suis même pas sûr que l'ensemble soit cohérent et qu'il soit mathématiquement possible d'implémenter un logiciel qui puisse gérer l'ensemble des cas particuliers.
Je ne vois pas l'intérêt de partager dans la rubrique "Liens" un document qui est en accès réservé pour des abonnés. Pire, je ne vois pas la différence entre un lien vers une page encourageant les lecteurs à s'abonner, et une vulgaire publicité vantant la modification de la taille et/ou de la consistance de certains organes mâles…
Du coup, il n'y a que deux possibilités : soit le lien est accessible sans restriction, soit il s'agit d'un spam.
Au passage, il ne doit pas y avoir beaucoup de fournisseurs de contenu payants qui fournissent une CSS aussi… dépouillée (voire quand même presque à poil), mais qui ne néglige pas pour autant les alternances rouge / bleu souligné. Retour vers le futur du web des années 1990! :-)
C'est pas pour faire mon malin, mais dans le message d'erreur, ils te disent "Nous vous invitons à déposer une déclaration papier", et pas "Nous vous invitons à nous contacter pour régler le problème".
Ça ne justifie pas l'impossibilité de les joindre, mais ça préjuge de la réponse que tu aurais eue si tu avais pu les joindre : «Déposez une déclaration papier», en joignant une capture d'écran si tu es hors-délai.
D'après ce que j'ai compris, certains changements de situation (changement d'adresse vers/en provenance de l'étranger, changements rares dans la situation personnelle…) ne sont pas gérables par l'interface web, et nécessitent l'intervention d'un être humain (il y a peut-être des décisions à prendre ou une évaluation subjective de la situation). Il ne s'agit donc pas forcément d'un bug!
Posté par arnaudus .
En réponse au journal Radio.
Évalué à 3.
s'approprient les bandes de spectre pour faire passer les gens à la caisse
les bandes UHF qui seront mises aux enchères pour la "5G".
Ces deux affirmations me semblent relativement incompatibles. Si l'État met aux enchères des bandes du spectre électromagnétique, c'est bien que la collectivité demandent aux privés d'ouvrir le tiroir-caisse pour utiliser un bien public. Évidemment, les opérateurs privés vont forcément répercuter ce coût sur leurs clients, mais seulement sur leurs clients ; si tu n'es pas client de ces opérateurs, tu "gagnes".
La privatisation du spectre électromagnétique ne semble pas très différente de la privatisation du foncier, par exemple. Tu as un bien commun qui ne semble raisonnablement pas pouvoir être exploité par la collectivité (plusieurs agriculteurs ne peuvent pas ou ne veulent pas exploiter les mêmes parcelles, tu ne peux pas construire une maison sur une pacelle où il y a déja quelque chose de construit, etc), et du coup, la collectivité privatise. Pour le foncier, c'est pire, parce que la privatisation a eu lieu il y a très longtemps et sans compensation pour la collectivité ; pour le spectre EM, au moins, il y a une compensation, et en plus j'imagine que c'est juste l'exploitation qui est mise au enchères.
Sans connaitre réellement les spécificités du problème, j'ai l'impression que de toutes manières il est plus raisonnable que chaque opérateur privé exploite sa fréquence, plutôt que tout le monde se marche sur les pieds. Après, le système des enchères reste pernicieux ; d'une part il induit forcément une inflation, et donc une perte de pouvoir d'achat pour les clients, et d'autre part, ce genre d'enchères est sujet à la malédiction du vainqueur, qui nuit à la rentabilité de l'investissement, et donc à la bonne santé de l'économie.
un rm réversible quand tu n'as plus de place sur un filesystem n'a pas trop de sens.
Le rm pourrait rester réversible tant que tu n'as pas écrasé la zone avec d'autres données, ce qui permettrait de débloquer une très grande majorité des situations (où, quand même, tu t'aperçois très très vite que tu as perdu un fichier).
Ce que je voulais développer, c'était qu'il n'était pas raisonnable de vouloir développer des commandes alternatives ou de modifier des comportements par défaut, ça n'est pas efficace et ça ne ferait qu'encourager les contournements. Il "suffirait" de développer un moyen d'annuler les commandes sans modifier leur sémantique.
Mais de toutes manières, l'argument est purement rhétorique. Quel est le délai moyen entre la fin de la commande et l'appui sur Enter chez un admin sys? Autour de 100ms?
Le mec qui relit ses commandes une par une avant de taper entrée, il n'a un peu que ça à faire… C'est juste l'histoire de blâmer l'utilisateur, un peu comme balancer "RTFM" quand -h n'envoie pas une page d'aide.
[^] # Re: La FSF défend le logiciel libre, pas le libre
Posté par arnaudus . En réponse au journal La FSF n-a-t-elle rien compris au libre ?. Évalué à 2.
Mais ça ne tient pas forcément aux éditeurs. Est-ce qu'un auteur de romans accepterait de se faire salarier par un éditeur? C'est d'ailleurs un système en vigueur dans certains domaines (par exemple les romans à l'eau de rose, ou les trucs bidons sans valeur artistique). Mais si on est salarié, alors on a des instructions à suivre, une productivité à assurer, des obligations.
Peut-être peut-on au moins partiellement attribuer ça à l'idée que les éditeurs fournissent un service (communication, publicité, distribution) qu'aucun auteur serait capable de gérer lui-même?
Mais est-ce la faute des éditeurs? Les revenus des auteurs sont grosso-modo proportionnels aux ventes. Alors certes, c'est toujours un peu triste de voir que des œuvres de qualité de ne vendent pas, mais comment veux-tu toucher de l'argent si personne ne s'intéresse à ton travail? Il faudrait qu'un sponsor (mécène privé, ou bien un institut de l'État?) te paye pour que tu puisses t'exprimer librement?
D'ailleurs, on fait souvent sur Linuxfr semblant de ne pas se rendre compte du problème financier que pose le logiciel libre ; malgré tous ses défauts, le système propriétaire assure un flux de revenu aux éditeurs, et donc un emploi rémunéré aux développeurs. Ce flux n'existe pas pour le logiciel libre, et il faut adopter des business models alternatifs, qui sont souvent très spécifiques d'une niche, et très fragiles dans le temps. Le système en vigueur dans l'industrie de la culture donne au moins un cadre dans lequel, possiblement, on peut gagner sa vie. Peu le font, mais le cadre a le mérite d'exister, et l'espoir fait vivre. Quel modèle alternatiif veux-tu donner aux auteurs? Comment gagner sa vie en publiant de l'art libre?
[^] # Re: La FSF défend le logiciel libre, pas le libre
Posté par arnaudus . En réponse au journal La FSF n-a-t-elle rien compris au libre ?. Évalué à 2.
Parce que c'est le système de rémunération des auteurs qui veut ça. Il est conçu comme ça, et on n'en est pas responsables, mais la logique veut que les droits tiennent sur une durée potentiellement plus longue que la vie des auteurs.
Prends le cas d'une avance versée à un auteur sur les droits d'un livre. L'éditeur achète l'exploitation des droits patrimoniaux à un auteur, et en échange, l'éditeur verse une avance. Il fait un pari sur la vente de l'œuvre, mais pas sur la durée de vie de l'auteur, ça serait absurde (ou alors, ça s'apparente à un viager inversé, mais un éditeur n'est pas un assureur, non plus!). Si l'auteur meurt, du jour au lendemain, le livre se trouverait dans le domaine public, alors que l'éditeur est en train de le vendre. C'est pas logique.
Encore une fois, la rémunération que tu touches par l'exploitation des droits patrimoniaux (que ce soit toi-même ou bien via des intermédiaires, ça ne change rien au principe), ce n'est pas de l'argent qui te tombe du ciel sans que tu ne fasses rien, c'est de la rémunération décalée pour un travail que tu as déja effectué. Cette somme t'es due, quoi qu'il en soit, même si elle dépend de ventes potentielles.
Je pense que les «artistes» eux-mêmes se sont mis dans cette situation stupide, pour des bonnes et mauvaises raisons. La plupart des gens acceptent de "vendre" immédiatement leur production (manuelle ou intellectuelle, ça ne change pas grand chose) à un employeur, qui est celui qui prend le risque dans le temps. Il rémunère de manière fixe ses employés, récupère le fruit de leur travail, le fait fructifier comme il le souhaite, et en tire tous les bénéfices qu'il veut. S'il fait 100 fois la culbute, tant mieux pour l'employeur, l'employé a déja reçu son salaire, il ne peut prétendre à plus.
C'est le fonctionnement usuel même dans des métiers créatifs (informatique, recherche scientifique, édition de livres techniques, etc). Salaire fixe, c'est l'employeur qui fait fructifier. D'un autre côté, même en cas de succès, on ne devient pas millionnaire. Dans quel mesure l'appat du gain a-t-il aussi encouragé les auteurs a accepter un système de rémunération différée?
[^] # Re: La FSF défend le logiciel libre, pas le libre
Posté par arnaudus . En réponse au journal La FSF n-a-t-elle rien compris au libre ?. Évalué à 4.
C'est compliqué, on imagine en général que les gens meurent vieux, après avoir profité des retombées commerciales d'œuvres à succès pendant des dizaines d'années. Mais ça n'est pas toujours le cas. C'est tout le paradoxe avec un système de rétribution a posteriori pour les auteurs/compositeurs/artistes… Tu travailles, et tu es peut-être paté progressivement au fil des années. Du coup, ça reste beaucoup plus compliqué de stopper d'un coup la rétribution le jour de la mort, puisque ça correspond bien à un travail qui avait été fait avant. Si ton plombier se fait renverser par un bus en sortant de chez toi, tu trouverais normal que tu n'aies pas à payer la facture?
[^] # Re: Le logiciel libre est un outil pour répondre à un problème concret
Posté par arnaudus . En réponse au journal La FSF n-a-t-elle rien compris au libre ?. Évalué à 8. Dernière modification le 14 mai 2018 à 15:42.
RMS a toujours considéré que le logiciel était un cas particulier, il ne s'est jamais opposé à l'utilisation de licences plus restrictives pour les œuvres d'art, y compris pour les artwork de jeux vidéo, par exemple. La discussion tournerait plutôt autour de la durée de protection excessive des lois existantes sur le droit d'auteur.
Historiquement, le logiciel libre et l'art libre ont donc des bases différentes ; l'art libre est arrivé après le logiciel libre, et pour d'autres raisons. Je pense que le premier rapprochement a été par l'intermédiaire de la GFDL, qui était la licence couvrant les doc de logiciels. Des projets libres (comme Wikipédia par exemple) ont alors été construits autour de la GFDL, qui était un outil inadapté. Les CC sont arrivées en parallèle, indépendamment du logiciel libre, et elles ont peu à peu été adoptées, y compris par la possibilité exceptionnelle de transformer "magiquement" la GFDL en CC pendant une petite période, motivée par un changement de licence de Wikipédia.
Bref, tout ça pour dire que prétendre que la FSF ne comprend rien au libre, c'est un peu ridicule. La FSF ne s'intéresse qu'au logiciel libre, a conçu des licences pour les logiciels libres, et seulement pour les logiciels. D'autres projets plus ou moins flous se sont consuits autour de la généralisation du concept de "libre" au delà du logiciel, généralisation qui n'a jamais été soutenue par la FSF ou ses fondateurs pour tout un tas de raisons. J'aurais donc tendance à dire que c'est les tenants de l'art libre qui n'ont rien compris au logiciel libre, plutôt que l'inverse. Pas étonnant que peu de gens comprennent ou appuient le mouvement "art libre", c'est un mouvement qui n'a pas été "pensé". Il s'est inspiré du logiciel libre par une tentative de translation, en espérant un peu magiquement que ce qui fonctionne pour le logiciel fonctionnerait aussi pour l'art. À mon avis, c'est peine perdue, ça fonctionne pour les œuvres collectives (comme Wikipédia), qui correspondent aussi à des outils, mais la démarche artistique est bien trop personnelle et complexe pour que pouf, le partage d'outils et de méthodes informatique conçu par et pour des ingénieurs puisse avoir une quelconque utilité pour le partage d'œuvres artistiques. On peut par exemple citer des projets comme Battle for Wesnoth, qui a arrêté de lutter et qui a assoupli ses critères de licence pour les parties artistiques.
[^] # Re: La FSF défend le logiciel libre, pas le libre
Posté par arnaudus . En réponse au journal La FSF n-a-t-elle rien compris au libre ?. Évalué à 4.
Si par "boîte" tu entends "entreprise", alors je ne vois même pas pourquoi tu te poses la question. À part dans des cas très atypiques liés à du mécénat par exemple, l'activité d'une entreprise est par essence une activité commerciale.
Si par "clients" ou "fournisseurs", tu entends "personnes morales juridiquement distinctes", alors je ne vois pas non plus pourquoi tu te poses la question. Si tu leur met à disposition une œuvre en en respectant la licence, et que tu leur transmet cette licence en même temps que l'œuvre, alors c'est à eux de se débrouiller avec la licence, et pas à toi. Encore une fois, je ne comprends pas pourquoi tu te poses la question.
Les situations compliquées se trouvent plutôt dans les domaines où l'activité principale n'est pas commerciale (association, EPIC…), mais où on peut ponctuellement facturer des biens ou des services. Ceci dit, il ne faut pas non plus surinterpréter la clause NC, si de l'argent est échangé contre une copie de l'œuvre, alors c'est clairement une utilisation commerciale (commerciale != lucrative).
Sur le fond, je suis d'accord pour dire que la clause NC peut être difficile à interpréter, mais pas du tout dans les cas que tu mentionnes. En tout état de cause, ces licences conseillent en général de contacter les auteurs en cas de situation ambigüe, ce qui est une bonne idée puisque seuls les auteurs pourraient engager des poursuites. Et par ailleurs, on sait quand une situation est ambigüe—on peut légitimement se demander «est-ce que ça rentrerait dans la licence ou non», mais on peut beaucoup moins se demander «est-ce que la situation est ambigüe», puisque c'est presque par définition que si on se pose la question, alors la situation est nécessairement ambigüe.
[^] # Re: La FSF défend le logiciel libre, pas le libre
Posté par arnaudus . En réponse au journal La FSF n-a-t-elle rien compris au libre ?. Évalué à 4.
Rien avoir avec quoi? Depuis le début, on ne parle que de travail dérivé. Orgueuil et préjujés et zombies, c'est un travail dérivé d'orgueil et préjugés. Une reprise de chanson, c'est un travail dérivé (pour l'enregistrement, pas pour le texte s'il n'a pas été modifié). Du point de vue juridique, il n'y a pas 50 notions ; en droit français, il s'agit dans tous les cas de contrefaçon, et s'il y a travail dérivé, les droits du copiste s'ajoutent aux droits de l'auteur initial (il y a plusieurs auteurs à l'œuvre), alors que s'il ne s'agit que d'une simple copie, le copiste n'a ajouté aucun droit supplémentaire.
[^] # Re: La FSF défend le logiciel libre, pas le libre
Posté par arnaudus . En réponse au journal La FSF n-a-t-elle rien compris au libre ?. Évalué à 3.
Mais qu'est-ce que tu entends pas «cela marche»? Il n'y a pas d'algorithme dans ton code qui l'empêche de fonctionner dans certaines boîtes. «Cela marche» n'a pas beaucoup de sens. Si tu veux dire «comment avoir la certitude qu'une utilisation contraire aux clauses de la licence me vaudrait une victoire au tribunal», alors c'est clair : tu n'en as aucune. Non seulement les licences un peu folkloriques (style «interdit aux terroristes ou aux marchands d'armes») n'ont à ma connaissance jamais été testées dans un quelconque tribunal, mais en plus les circonstances risquent d'être tellement différentes d'une affaire à l'autre que non, de manière générale, en droit, tu n'as jamais la certiture que «cela marche». Et comme je l'ai écrit plus haut, qu'est-ce que tu espères en échange, même si tu gagnes au tribunal? Des sous pour compenser la contrefaçon? Un préjudice moral? La certitude que la boîte n'utilisera plus le logiciel à partir de la date de la décision du tribunal? Tu irais dépenser des fortunes et des années de ta vie pour si peu de choses, avec le risque qu'un juge (sensé, à mon avis) considère ces clauses comme abusives? (parce que oui, il y a des limites à ce qu'on peut demander dans une licence. Si tu publies un logiciel sous une licence qui interdit son utilisation aux communistes et aux unijambistes, cette clause est illégale et sera considérée comme nulle).
C'est le même principe pour les clauses non-commerciales ; si l'utilisation qui en est faite est clairement commerciale, alors la discussion va traiter de la validité de la licence ; si tu es dans un entre-deux et que le débat est une différence d'appréciation sur ce qui est commercial ou non, bah il faudra demander à un juge de trancher. Mais est-ce que tu irais en justice dans un cas qui n'est pas clair et où il pourrait être légitimement considéré que l'utilisation n'est pas commerciale? Il faudrait être un peu allumé pour pousser jusqu'à l'action en justice, non?
[^] # Re: La FSF défend le logiciel libre, pas le libre
Posté par arnaudus . En réponse au journal La FSF n-a-t-elle rien compris au libre ?. Évalué à 6.
Ça n'est pas si compliqué que ça, c'est juste qu'il faut être prêt à faire ce qu'il faut pour faire valoir ses droits, et c'est ça en général que les gens sous-estiment. Si tu diffuses ton code sous licence machin truc qui empêche de faire des armes et qu'une grosse entreprise qui fabrique des armes l'utilise, tu fais quoi? Il n'existe pas de police universelle des licences qui va faire valoir tes droits à ta place, tu es seul et tu te débrouilles, avec comme seule arme ta vague compréhension des termes d'une licence que tu n'as probablement même pas lue. Tu vas te retrouver dans une situation où, en tant que particulier, tu devras attaquer une grosse boîte munie d'une armée d'avocats et des ressources quasiment illimitées, pour faire valoir un préjudice moral qui pourra sembler bien futile à un juge. Si tu vas au bout de la procédure, si tu ne meurs pas de vieillesse avant la fin des recours, si tu as réussi à t'entourer de gens super-compétents, et si tu as choisi par chance une licence qui miraculeusement tient la route dans le pays où le cas est jugé, alors oui, tu vas gagner. Mais tu vas gagner quoi? Un euro symbolique et le remboursement de tes frais d'avocats? Ou bien tu vas opter pour l'option «contrefaçon», et tu vas vendre ta licence à l'entreprise pour quelques dizaines de milliers d'euros?
Les licences, c'est important parce que ça représente des moyens de pression sur les boîtes qui développent et qui distribuent du logiciel, notamment parce que le préjudice est quantifiable plus facilement (on peut te dédommager au pro-rata du chiffre d'affaire sur les ventes de logiciel proprio par exemple), avec aussi le risque qui plane toujours de devoir libérer des bouts de code proprio pour se conformer à la licence. Mais par contre des licences qui sont censées empêcher leurs utilisateurs de faire quelque chose (des armes, du commerce, etc) restent quand même très naïves, dans le sens où elles sont motivées par des considérations morales, et qu'il semble très difficile pour l'auteur du logiciel de faire valoir ses droits de toutes manières.
[^] # Re: Je râle aussi, mais pour une autre raison...
Posté par arnaudus . En réponse au journal Ma déclaration d'impots. Évalué à 3.
Bah, si tu bloques un prélèvement légitime, tu risques de te retrouver hors-délai et de payer une majoration, comme si tu n'avais pas payé ou que le prélèvement était refusé pour d'autres raisons (manque de provision, par exemple). Je ne vois pas la différence avec le fait de ne pas envoyer le chèque à la date requise…
[^] # Re: Raaaah! Trop tard, je replonge!
Posté par arnaudus . En réponse à la dépêche Sortie de « La bataille pour Wesnoth » 1.14. Évalué à 3.
Bah si, quand même. Wesnoth intègre un certain nombre de mécanismes qui peuvent amplifier les effets du hasard sur un combat : quand une unité passe au niveau supérieur, elle reprend tous ses points de vie ; un coup qui ne touche pas peut faire perdre un tour, et donc mettre les unités dans une position (terrain découvert, mauvaise période de la journée…) défavorable ; Certains unités peuvent influencer les autres (par exemple, la présence d'une unité charismatique va "booster" les unités voisines), et s'il s'agit du gros méchant qu'il faut tuer et qu'on l'attaque avec son leader, eh bien la chance va faire basculer la victoire finale d'un côté à l'autre. D'une manière générale, quand les forces engagées dans une bataille sont équilibrées, la victoire dépend souvent d'un petit déséquilibre créé au cours des tous premiers combats.
Une manière de gérer efficacement le hasard dans Wesnoth est de faire les bons compromis moyenne/variance; engager certains combats risqués qui peuvent rapporter gros (gain d'un niveau pour une unité jusque là isolée et mal en point), et ne pas engager des combats qui sont gagnants en espérance mais dont l'issue est trop incertaine (attaque avec un leader isolé par exemple). Les meilleurs joueurs ont toujours des alternatives intéressantes quelle que soit l'issue d'un combat…
Et puis, le hasard ne joue pas toujours contre nous non plus. Lancer une charge de cavalerie est parfois la solution la plus efficace pour gagner une bataille en position défavorable; c'est le genre de stratégies qui peut s'avérer dévastatrice.
[^] # Re: Raaaah! Trop tard, je replonge!
Posté par arnaudus . En réponse à la dépêche Sortie de « La bataille pour Wesnoth » 1.14. Évalué à 6.
En général, les jeux faisant intervenir le hasard sont considérés comme plus difficiles que les jeux déterministes, parce que ça gêne l'apprentissage : on peut perdre en jouant bien et gagner en jouant mal, et notre cerveau a beaucoup de mal à intégrer de telles situations.
[^] # Re: Je râle aussi, mais pour une autre raison...
Posté par arnaudus . En réponse au journal Ma déclaration d'impots. Évalué à 2.
Renseigne-toi sur le principe et le fonctionnement du mandat SEPA, c'est très loin d'être une autorisation de piocher dans ton compte à volonté. Tu peux voir ça comme une demande automatique de virement, qui est validée si tu ne la conteste pas.
Sur le fond, je trouve qu'il suffirait d'offrir des moyens de payement alternatifs (chèque, virement, espèces…) en facturant le surcoût effectif (puisqu'il n'y a pas de raison que les contribuables payent pour les gens qui font semblant de ne pas comprendre le principe des moyens de payement automatisés).
[^] # Re: Avocat du diable
Posté par arnaudus . En réponse au journal Ma déclaration d'impots. Évalué à 1.
Désolé si je me suis mal exprimé, mais j'ai l'impression que tu ne comprends pas qu'il y a des situations qui ne sont pas gérables automatiquement. Aucun logiciel au monde ne pourra te calculer tes impôts s'il n'existe pas d'algorithme pour les calculer. Dans ce cas, tu fais une déclaration papier, et un fonctionnaire des impôts va calculer ton dossier et va gérer les ambiguités ou les contradictions des textes grâce à son cerveau.
Vu l'exemple dont on parle, le logiciel fonctionne parfaitement bien. Quand il détecte une situation qu'il ne sait pas gérer, il te demande à faire une déclaration papier, ce qui doit d'ailleurs être explicitement indiqué dans un quelconque décret d'application.
[^] # Re: Avocat du diable
Posté par arnaudus . En réponse au journal Ma déclaration d'impots. Évalué à 2.
Tu veux dire, tu penses qu'indiquer aux contribuables de faire une déclaration papier en cas de problème informatique avec la déclaration en ligne n'est pas quelque chose de réfléchi?
Je pense que tu confonds l'incompétence des concepteurs des sites web de l'administration (qui sont la plupart du temps des prestataires) et l'incompétence de l'administration (qui, pour le cas dont on parle, est quelque chose d'extrêmement improbable).
[^] # Re: Python
Posté par arnaudus . En réponse au journal Défragmenter une partition FAT32 sous Linux …. Évalué à 10.
Je ne trouve pas si surprenant que ça de réaliser une opération dans un langage qu'on maitrise (sans qu'il soit nécessairement le plus adapté) plutôt que de se former et de produire un code bancal dans un langage qu'on ne maitrise pas. Au niveau individuel, c'est assez rationnel.
Par contre, je suis bien d'accord qu'au niveau collectif (communauté du logiciel libre), c'est plus délicat. Publier et faire vivre une communauté autour d'un logiciel qui n'est pas conçu «dans les règles de l'art» dès le départ, c'est toujours assez compliqué. Est-ce que l'autocensure doit être une limite au partage? Parce qu'au fond, il y a fort à parier que la plupart des utilisateurs ne relira pas le code, et ne sera même pas capable de juger si les outils et les méthodes sont pertinentes.
[^] # Re: Lien modifié
Posté par arnaudus . En réponse au lien glibc, RMS, les blagues dans la doc et la gestion de projet sont dans un bateau…. Évalué à 2.
J'ai bien compris, mais c'est bien la modification qui n'avait pas de sens. Soit on considère que le lien pointe illicitement ou illégitimement sur un article protégé, auquel cas il fallait carrément supprimer l'item, soit on ne modifiait pas. Modifier le lien, ça revient à admettre du spam commercial, et c'est cet «entre-deux» qui me semble totalement illogique.
[^] # Re: Avocat du diable
Posté par arnaudus . En réponse au journal Ma déclaration d'impots. Évalué à 3.
Tu as l'air bien soupçonneux. Je n'imagine pas une seconde que les services des impôts aient pu imaginer que tu aies à soupçonner quoi que ce soit, quel que soit le contexte. Tu n'as rien à soupçonner, tu as un message signé "La direction générale des finances publiques" qui te dit d'envoyer une déclaration papier, je ne vois pas où tu vois une quelconque ambiguité.
Surtout qu'au final, toi seul sait si tu as rencontré un vrai bug ou si tu te doutes que tu es dans une situation qui nécessite une prise en charge non-automatisée (changement d'adresse à l'étranger, situation personnelle alambiquée…).
[^] # Re: Avocat du diable
Posté par arnaudus . En réponse au journal Ma déclaration d'impots. Évalué à -8.
Il faut arrêter le délire, la mauvaise foi a des limites. La dématérialisation complète est volontaire, si tu n'as pas choisi activement de ne plus recevoir de courrier, ton formulaire pré-rempli, tu l'as dans les mains. De toutes manières, le Cerfa 2042 est disponible partout ; tu vas sur le site des impôts, tu tapes "formulaire déclaration papier", et pouf, tu tombes dessus dès les premiers liens (pas le premier, il ne faut pas déconner, c'est le moteur de recherche interne au site du ministère…). Et si tu n'as pas d'imprimante, tu vas au centre des impôts.
Après, tu peux toujours tenter le rôle de composition, aller aux impôts expliquer que tu as choisi volontairement de ne plus recevoir de courrier, mais que tu es infoutu de te procurer le pdf sur le site des impôts. Je crois qu'ils adorent ce genre de personnalités, ça leur donne moins de scrupules à distribuer des pénalités de retard.
[^] # Re: Lien modifié
Posté par arnaudus . En réponse au lien glibc, RMS, les blagues dans la doc et la gestion de projet sont dans un bateau…. Évalué à 3.
Ça n'était pas le cas hier.
[^] # Re: Avocat du diable
Posté par arnaudus . En réponse au journal Ma déclaration d'impots. Évalué à 5.
Il me semble que c'est exactement le contenu du message d'erreur. L'obligation de déclaration électronique n'est pas absolue, il existe plein d'exceptions, et même si tu ne veux absolument pas te passer du papier sans aucune raison valable, tu n'auras qu'à t'aqquitter de 15€ supplémentaires à partir de la deuxième déclaration papier non justifiée… Ça va, c'est pas non plus insurmontable. Mais bon, le site te dit "remplissez une déclaration papier", alors tu fais une capture d'écran, tu remplis ta déclaration papier, et c'est tout.
Vu la complexité de la fiscalité française, ça me semble totalement illusoire. Je ne suis même pas sûr que l'ensemble soit cohérent et qu'il soit mathématiquement possible d'implémenter un logiciel qui puisse gérer l'ensemble des cas particuliers.
[^] # Re: Lien modifié
Posté par arnaudus . En réponse au lien glibc, RMS, les blagues dans la doc et la gestion de projet sont dans un bateau…. Évalué à -1.
Je ne vois pas l'intérêt de partager dans la rubrique "Liens" un document qui est en accès réservé pour des abonnés. Pire, je ne vois pas la différence entre un lien vers une page encourageant les lecteurs à s'abonner, et une vulgaire publicité vantant la modification de la taille et/ou de la consistance de certains organes mâles…
Du coup, il n'y a que deux possibilités : soit le lien est accessible sans restriction, soit il s'agit d'un spam.
Au passage, il ne doit pas y avoir beaucoup de fournisseurs de contenu payants qui fournissent une CSS aussi… dépouillée (voire quand même presque à poil), mais qui ne néglige pas pour autant les alternances rouge / bleu souligné. Retour vers le futur du web des années 1990! :-)
# Avocat du diable
Posté par arnaudus . En réponse au journal Ma déclaration d'impots. Évalué à 7.
C'est pas pour faire mon malin, mais dans le message d'erreur, ils te disent "Nous vous invitons à déposer une déclaration papier", et pas "Nous vous invitons à nous contacter pour régler le problème".
Ça ne justifie pas l'impossibilité de les joindre, mais ça préjuge de la réponse que tu aurais eue si tu avais pu les joindre : «Déposez une déclaration papier», en joignant une capture d'écran si tu es hors-délai.
D'après ce que j'ai compris, certains changements de situation (changement d'adresse vers/en provenance de l'étranger, changements rares dans la situation personnelle…) ne sont pas gérables par l'interface web, et nécessitent l'intervention d'un être humain (il y a peut-être des décisions à prendre ou une évaluation subjective de la situation). Il ne s'agit donc pas forcément d'un bug!
[^] # Re: nos lois
Posté par arnaudus . En réponse au journal Radio. Évalué à 3.
Ces deux affirmations me semblent relativement incompatibles. Si l'État met aux enchères des bandes du spectre électromagnétique, c'est bien que la collectivité demandent aux privés d'ouvrir le tiroir-caisse pour utiliser un bien public. Évidemment, les opérateurs privés vont forcément répercuter ce coût sur leurs clients, mais seulement sur leurs clients ; si tu n'es pas client de ces opérateurs, tu "gagnes".
La privatisation du spectre électromagnétique ne semble pas très différente de la privatisation du foncier, par exemple. Tu as un bien commun qui ne semble raisonnablement pas pouvoir être exploité par la collectivité (plusieurs agriculteurs ne peuvent pas ou ne veulent pas exploiter les mêmes parcelles, tu ne peux pas construire une maison sur une pacelle où il y a déja quelque chose de construit, etc), et du coup, la collectivité privatise. Pour le foncier, c'est pire, parce que la privatisation a eu lieu il y a très longtemps et sans compensation pour la collectivité ; pour le spectre EM, au moins, il y a une compensation, et en plus j'imagine que c'est juste l'exploitation qui est mise au enchères.
Sans connaitre réellement les spécificités du problème, j'ai l'impression que de toutes manières il est plus raisonnable que chaque opérateur privé exploite sa fréquence, plutôt que tout le monde se marche sur les pieds. Après, le système des enchères reste pernicieux ; d'une part il induit forcément une inflation, et donc une perte de pouvoir d'achat pour les clients, et d'autre part, ce genre d'enchères est sujet à la malédiction du vainqueur, qui nuit à la rentabilité de l'investissement, et donc à la bonne santé de l'économie.
[^] # Re: Blame the victim
Posté par arnaudus . En réponse au journal [MaVie] La grosse gaffe du jour ..... Évalué à 4.
Le rm pourrait rester réversible tant que tu n'as pas écrasé la zone avec d'autres données, ce qui permettrait de débloquer une très grande majorité des situations (où, quand même, tu t'aperçois très très vite que tu as perdu un fichier).
Ce que je voulais développer, c'était qu'il n'était pas raisonnable de vouloir développer des commandes alternatives ou de modifier des comportements par défaut, ça n'est pas efficace et ça ne ferait qu'encourager les contournements. Il "suffirait" de développer un moyen d'annuler les commandes sans modifier leur sémantique.
[^] # Re: Blame the victim
Posté par arnaudus . En réponse au journal [MaVie] La grosse gaffe du jour ..... Évalué à 2.
Mais de toutes manières, l'argument est purement rhétorique. Quel est le délai moyen entre la fin de la commande et l'appui sur Enter chez un admin sys? Autour de 100ms?
Le mec qui relit ses commandes une par une avant de taper entrée, il n'a un peu que ça à faire… C'est juste l'histoire de blâmer l'utilisateur, un peu comme balancer "RTFM" quand -h n'envoie pas une page d'aide.