Du coup, je ne comprends pas trop ce que tu veux dire. Le "dogme" de la concurrence libre et non-faussée, ça n'est pas que la concurrence est libre et non-faussée, c'est qu'elle doit l'être. Autrement dit, ça justifie les lois anti-trust, ça justifie les amendes aux grosses multinationales US pour entrave à la concurrence, et c'est la base juridique pour empêcher ce que tu décris.
Dit autrement, il serait contraire aux règlements européens de mettre en place des protocoles pour empêcher l'accès du marché EU aux entreprises US, ou d'empêcher les entreprises de grossir. Par contre, il est conforme aux règlements de mettre en place des dispositifs pour garantir que la concurrence puisse être aussi libre et non-faussée que possible. Donc c'est ça le levier juridique pour contourner les monopoles.
Après, en effet, les histoires de protectionnisme c'est une confrontation de différents cadres théoriques en économie. Si tu mettais une surtaxe de 25% sur les licences Windows, est-ce que les entreprises changeraient d'OS? Probablement pas, elles payeraient leurs licences 25% plus cher, ce qui augmenterait leurs coûts de fonctionnement et diminuerait leur compétitivité. Actuellement, le problème n'est pas que l'offre européenne en produits et services numériques n'est pas compétitive, c'est plutôt qu'elle est plus ou moins absente; le protectionnisme ne va pas apporter grand chose dans une telle situation.
Je ne suis pas sûr de comprendre le coup de "si impossible : mot de passe administratrice(teur) requis", puisqu'il est évident qu'il faut que l'administrateur puisse mettre à jour la machine.
J'ai l'impression que si l'objectif est de lancer l'image d'une distribution, le plus simple est de faire exactement ça: créer l'image d'une distribution, et se débrouiller pour la lancer en lecture seule (le "live CD" évoque n'est qu'une déclinaison matérielle de cette solution). Le problème que je vois, c'est qu'il va falloir se coltiner la création d'une nouvelle image à chaque mise à jour de sécurité.
La requête de la non-modification des icones semble être liée à l'idée d'un compte unique, type "guest". De nombreuses distributions proposent l'ouverture de comptes "guest", dont toutes les modifications du home sont réinitialisées à la fermeture de la session. Une alternative pourrait être de configurer le home de l'utilisateur de manière à ce qu'aucun fichier de configuration ne soit modifiable (chmod -R u-w $HOME/.* est un proxy crado pour cette idée).
Sous Linux, le concept d'extension n'existe pas, et celui d'application ou programme non plus (dans la mesure où un script bash est un "programme"). C'est difficile d'empêcher un utilisateur de lancer bash ou python, donc on ne peut pas lui interdire d'exécuter une série d'instructions, ce qui semble être la définition d'un programme. Je ne pense pas qu'une session utilisateur puisse être lancée sans les droits pour exécuter le moindre script.
Par contre, pour reprendre tes exemples, tout marche parfaitement (avec XFCE, basé sur GTK) dans geany et firefox
C'est possible, sur mon système geany tourne sous X alors que firefox est sous Wayland, j'imagine que c'est ça qui bloque vis-à-vis de la zone de transfert primaire.
Dans l'absolu, les dysfonctionnements sont dûs à des interactions à plusieurs niveaux:
- Deux niveaux de buffer, qui peuvent être parfois utilisés comme une fonctionnalité, mais c'est geekesque, non-documenté, et pas fiable
- Un tampon primaire non-fiable: parfois il n'y a rien mis dedans, parfois la volatilité du tampon dépend du gestionnaire de fenêtre ou du développeur de l'application
- Des raccourcis clavier incompatibles
- Une compatibilité X-Wayland douteuse (au mieux)
- Une incertitude globale sur ce qui est réellement présent dans le tampon (texte? texte formatté? texte avec images?). Il n'y a qu'à voir les options de "collage spécial" dans certains logiciels pour imaginer le bordel de ce qui est embarqué dans la mémoire tampon
- Des problèmes profonds liés au copier-coller à partir et vers des application dans le navigateur (type Google docs par exemple).
Certains de ces problèmes ne sont pas liés à Linux, mais le chantier et l'hétérogénéité des bureaux Linux ne facilite pas la donne. Et je reste sur l'idée qu'il est impossible de prédire à l'avance si un copier-coller un peu complexe fonctionne. Par exemple, de Libre Office vers Firefox -> Google docs, qu'est-ce que qui va marcher? Sélection/clic milieu, CtrlC-CtrlV, rien? Il me semble absolument impossible de le dire sans faire un test.
CTRL-V c'est pour faire un paste de ce qui est dans le presse-papier. Clic-milieu c'est pour coller ce qui est actuellement sélectionner sans passer par le presse-papier.
Non, ça n'est pas correct. Ctrl-C remplit le presse-papier du bureau, alors que la sélection remplit le presse-papier de X, il y a bien plusieurs presse-papiers qui coexistent. C'est apparemment ce que freedesktop appelle les sélection CLIPBOARD et PRIMARY (https://www.freedesktop.org/wiki/Specifications/ClipboardsWiki/).
Si ton bureau suit les préconisations de Freedesktop, il devrait mettre le truc copié activement (Ctrl C) dans CLIPBOARD. Au contraire, PRIMARY est rempli "passivement" par X. Mais ce comportement n'est pas normalisé, c'est juste ce que semblent faire la plupart des applications.
Avec la transition X -> Wayland, ça n'est pas étonnant que le PRIMARY ne soit pas systématiquement rempli ni vidé par le clic-milieu. Sur mon système, geany est une application X, alors que gedit est Wayland. Sur une distro un peu ancienne tout sera X, et ça sera mieux intégré (mais de toutes manières il y aura forcément une transition un jour ou d'autre).
Regarde, je viens de faire un essai avec 3 applications GTK sous Ubuntu, gedit, geany, et gnome terminal.
À partir de Gnome terminal
Déja, sans "surprise", Gnome terminal ne supporte pas les raccourcis clavier (CtrlC CtrlV) qui sont préemptés par le shell.
Sélectionner dans gnome terminal -> clic milieu fonctionne dans les deux autres. Par contre CtrlV ne fonctionne pas, ni dans gedit ni dans geany.
Clic droit / copier dans Gnome terminal -> CtrlV fonctionne dans gedit et geany.
À partir de geany
Sélection -> clic milieu fonctionne vers geany, mais pas vers gedit ni gnome term
CtrlC -> CtrlV fonctionne dans geany, clic droit/coller fonctionne dans Gnome term
Clic droit / copier fonctionne comme CtrlC
À partir de gedit
Selection -> clic milieu ne fonctionne pas vers gedit, mais il fonctionne vers gnome term et vers geany
CtrlC -> CtrlV fonctionne vers geany, clic-droit Coller fonctionne dans Gnome term.
Mega combo rigolo
Je sélectionne mot1 dans gedit, CtrlC, puis je sélectionne mot2. Je vais dans geany, je fais CtrlV -> ça colle "mot1". Je fais clic milieu -> ça colle "mot2". Geany sait donc récupérer à partir des deux presse papiers.
Et là, on ne parle que de 3 applications GTK! Si on met Firefox, LibreOffice, et des trucs KDE dans l'affaire, ça devient ingérable. Apparemment LibreOffice sait gérer les deux tampons, quand on sélectionne il remplit un tampon, quand on CtrlC il en remplit un autre. Firefox sait gérer le sélection-clic milieu, mais seulement à partir de certains logiciels (pas à partir de geany par exemple).
Si vous ne trouvez pas ça hyper-confus, je ne sais pas ce qu'il vous faut. Bien entendu, plus le système est ancien, pas très homogène, mélange des snap, des tar.gz et des paquets système, plus ça a de chances d'arriver. Je ne doute pas qu'avec une installation propre et un bureau homogène ça arrive moins. Mais ça dénote quand même que c'est le bordel en arrière-plan.
De toutes manières, l'intégration du copier-coller sur un bureau Linux est déja très largement dégradée à l'heure actuelle : la multiplicité des framework, le passage à Wayland, la pré-emption des raccourcis clavier à des niveaux multiples, et l'existence de plusieurs buffers de copier-coller, tout ça rend déja le copier-coller merdissime actuellement. Pour faire simple, je n'ai aucun moyen de savoir à l'avance ce qui va marcher entre deux fenêtres. Parfois c'est sélection-clic-milieu; parfois c'est Ctrl-C Ctrl-V, parfois c'est sélection->clic droit->copier, Ctrl-V. Parfois Ctrl-C remplace le buffer du clic du milieu, et parfois non. Et pour faire encore plus simple, dans Firefox, ce comportement change en fonction de si je suis dans une fenêtre d'édition et hors de la fenêtre d'édition.
Du coup, je ne vois pas ce que va fondamentalement changer la décision de Gnome. Ça va juste encore rajouter une couche de chaos supplémentaire dans une situation déja atroce, à un moment on va toucher le fond.
Bref, le copier-coller sous Linux est vraiment quelque chose qui a énormément regressé depuis 20 ans.
Posté par arnaudus .
En réponse au lien Piratage pour le libre ? .
Évalué à 6 (+4/-1).
Dernière modification le 29 décembre 2025 à 19:20.
Si il y a un rapport. D'après l'article (est-ce vrai) , les gens qui ont fait ça seraient contre les droits d'auteur.
La mouvance du logiciel libre est très polymorphe, on y trouve toutes les tendances politiques, et chacun prétend régulièrement "mieux" comprendre le libre que les autres.
La mouvance "parti pirate", qui a l'air d'être proche de l'idéologie dont on parle, est loin de représenter le mouvement libre dans son ensemble. La FSF est centrée autour des licences "copyleft", qui sont profondément enracinées dans le droit d'auteur. C'est le droit d'auteur qui permet à l'auteur d'un logiciel d'y apposer une licence et de contraindre les utilisateurs du logiciel à en respecter les termes. Pas de droit d'auteur = pas de GPL, les logiciels libres seraient tous sous une licence BSD-like / WTFPL / CC0, et donc plus de copyleft; les entreprises pourraient publier les logiciels libres sous forme de "freewares" sans en redistribuer les sources. On est donc assez loin du logiciel libre tel qu'on l'entend habituellement (les 4 libertés, etc).
Je trouve personnellement dommage de se cacher derrière le logiciel libre pour justifier le rejet de la propriété intellectuelle. Pour moi les deux notions sont indépendantes. Le logiciel libre est quelque chose de trop important pour laisser ternir son image par des activistes dont l'activité ne relève en rien du logiciel libre.
Si on admet que les sciences sociales étaient capables d'être opérationnelles (ce qui est à mon avis loin d'être le cas pour la plupart d'entre elles), alors tu peux reformuler ma remarque autour du fait qu'on puisse privilégier une solution techniquement sous-optimale parce qu'elle est politiquement plus acceptable. Du coup ça devient "rationnel" quand tu intègres le processus d'exécution de la décision dans le processus.
Ça semble rassurant, mais ça revient quand même à admettre que corriger un bug ou contourner un bug, c'est la même chose.
(sans les $ qui ne passent pas dans markdown, on s'en fiche c'est illustratif). On est d'accord que ce genre de choses c'est des besoins de base en informatique? Il ne s'agit pas de données exotiques ou de choses dont on n'a jamais entendu parler. Ce que j'écrivais, c'est juste qu'il fallait une longue formation et une longue expérience pour écrire ce genre de choses du premier coup (disons, en quelques minutes). Est-ce que tu es toujours en désaccord? Tu penses réellement qu'en te rappelant un peu ce que tu as appris en IUT, sans avoir pratiqué tous les jours, tu serais capable de produire une regexp de ce genre dans un temps proportionnel à la complexité de la tâche?
En pratique, la regexp n'est probablement pas le meilleur algo pour le premier cas; pour le password c'est discutable, pour l'email je ne vois pas comment faire autrement. Mais ce n'est pas la question, puisque si l'argument est que les regexp sont trop compliquées pour les utiliser hors des cas triviaux, ça revient au même que de dire qu'elles sont inaccessibles au non-spécialiste.
Donc je maintiens que je trouve mon exemple assez pertinent: les LLM se débrouillent bien pour assister les humains à mettre en place des regexp complexes, ils peuvent aider au premier jet, aux tests, au débuggage. Ils remplacent efficacement quelqu'un qui maitrise cette pratique, maitrise qui lui a probablement pris des centaines ou des milliers d'heures.
J'ai juste eu le doit a la vérification qu'il y'avait un résultat, mais le résultat en lui même n'était pas validé.
De l'extérieur, ça ressemble à "j'ai essayé votre nouvel outil qui s'appelle marteau, j'ai tapé, le clou s'est tordu, ça n'est pas au point".
Les LLM disponibles pour le grand public sont généralistes et les ressources pour les faire tourner sont limitées, ils sont parfois très loin des performances des outils utilisés par les professionnels. C'est sûr que si tu ouvres une nouvelle session dans chatGPT et tu lui dis "fais moi un test unitaire" sans contexte, tu ne vas pas avoir un truc terrible. Par contre si tu utilisés un modèle optimisé pour le code, instruit par des exemples (par exemple la base de code existante), et que le prompt démarre avec quelque chose comme "Vous êtes programmeur dans une entreprise, votre tâche est d'écrire des tests unitaires similaires à ce qui se trouve dans le dossier /test du projet.", tu vas avoir quelque chose de bien plus intéressant.
Et de toutes manières, "autonome" n'a rien à voir avec "passer en prod sans relire". Ne serait-ce que parce que tu as donné tes consignes en langage naturel, et que le langage naturel est ambigü; ça peut arriver avec les humains également.
En ce qui nous concerne, dans la mesure où nous sommes plutôt intéressés par les faits scientifiques et la compréhension des événements
Le problème, c'est qu'avec ce point de vue, tu as perdu : les politiques, les agriculteurs, les syndicats, les banques, l'administration de l'État, les ministères, les complotistes, les journalistes, l'indstrie agro-alimentaire, l'industrie pharmaceutique, et puis tous ceux qui croient savoir.
Avec le Covid, on a pu réaliser à quel point la société n'accorde pas un crédit particulier aux faits scientifiques. La science est par définition un équilibre entre ce qu'on sait et ce qu'on ne sait pas, et les sociétés modernes n'admettent pas la possibilité qu'on ne sache pas. Du coup, on remplace ce qu'on ne sait pas par n'importe quoi, et on peut en déduire ce qu'on veut. Vous voyez les syndicats des agriculteurs consulter les études scientifiques et conclure "en effet, vous avez raison, peut-être que l'abattage reste la meilleure solution"? Ils se foutent totalement des faits scientifiques, ils sont partis de la conclusion, et comme des avocats, essayent de réinterpréter les faits pour coller avec leur conclusion. Ça ne veut pas dire que c'est nécessairement faux, mais ça veut juste dire que ça n'est pas la démarche correcte pour maximiser les chances d'accéder à une meilleure compréhension du monde.
Il faut malheureusement admettre que dès qu'on parle d'un sujet politique, la paix sociale impose une dose substantielle d'irrationalité. C'est aussi pour ça que le scientisme est en général refusé comme modèle de société; la démocratie est fondée sur le débat d'idées, et pas sur le consensus scientifique.
Tu n'as jamais du écrire un wrapper pour utiliser une API qui n'était pas conçue selon la logique de ton code? Tu n'as jamais dû convertir un format de fichier dans un autre, coder de manière sous optimale des trucs triviaux (calcul de moyenne, de variance, de distance enclidienne entre des vecteurs…) pour ne pas embarquer une dépendance? Tu parles de C par exemple, tu n'as jamais dû gérer des entrées à partir d'un fichier non-standardisé (espaces vs. tabulations, virgules ou point virgules, etc)?
ça fait très longtemps que les IDEs (genre Eclipse) génèrent ces trucs là tout seul.
Bah dis-toi que les LLM font ça mieux et de manière plus autonome.
c'est intéressant, en tout cas, pour certains cerveaux ;)
Ah mais j'en suis tout à fait conscient, c'est juste que j'ai du mal à imaginer comment un patron peut vouloir payer quelqu'un à résoudre des puzzles accessibles en quelques secondes à un ordinateur.
Tu parlais de awk, je trouve que les regexp sont un bon exemple. Il faut une longue formation et une longue expérience pour en sortir une du premier coup, il y a énormément de subtilités, de différences en fonction du langage ou de la bibliothèque qu'on utilise, c'est très dur à débugger… Si un LLM te sort un truc exploitable à partir d'une description succinte et de quelques exemples, ça fait gagner du temps et de l'énergie à tout le monde, non? Bien sûr, il reste le côté social, "Machin est un spécialiste des regexp", etc. Mais c'est un peu comme connaitre le numéro des départements, non?
Bon, de toutes manières, une fois la hype passée, la plupart des clients se foutront complètement de si le code a été fait complètement, partiellement, ou pas du tout par AI. Ils regarderont le prix, les délais, les bugs et la réactivité pour les corriger, bref, la même chose qu'avant. Si c'est de la m*** ils choisiront les fournisseurs qui font coder par des humains.
Il est possible qu'il reste une petite place pour l'artisanat, comme les babioles peintes à la main qu'on voit sur les marchés de Noël.
Il y a un domaine où je ne vois pas comment l'AI ne puisse pas surpasser très largement les humains, c'est sur les perfs. Un modèle agent entrainé par renforcement, capable de tester lui-même les perfs du code, devrait être capable d'optimiser selon à peu près n'importe quel critère (cycles CPU, taille du binaire, empreinte mémoire…), peut-être même d'une manière difficile à comprendre pour un humain. Un compilateur qui intégrerait de tels mécanismes par exemple pourrait vraiment changer la donne.
Le conflit vient quand ton employeur veut du résultat vite et pas cher, alors que toi tu veux passer des journées intéressantes.
Bah, c'est un peu la limite entre un loisir et un travail, non? Faire un puzzle de 1000 pièces, on peut trouver ça intéressant, ça demande du temps, de la patience, de la concentration, une certaine expertise, etc. Mais personne ne veut te payer pour ça.
Après, je ne suis pas développeur, mais je ne suis pas convaincu que le pissage de code soit la partie la plus intéressante, non? Concevoir l'architecture du logiciel, coordonner le travail des différentes équipes, déterminer les différentes étapes, les tests, etc. paraissent bien plus enrichissant que de créer à la chaine des pages de constructeurs, de destructeurs, et d'opérateurs d'affectation…
D'une manière plus générale, les tâches de supervision sont en général considérées comme plus gratifiantes et plus intéressantes. Entre celui qui écrit une lettre et celui qui la relit avant de signer, c'est le relecteur qui a le poste le plus qualifié.
De toutes manières, d'après les études de productivité que je commence à voir passer (sans m'y connaitre assez pour vérifier leur sérieux), il semble que bizarrement, l'utilisation d'un LLM pour un travail administratif par exemple améliore un peu la productivité, mais beaucoup plus la qualité du travail. Il ne me semble pas impossible du tout qu'en te déchargeant du travail le plus lourd (écrire le premier jet d'un rapport par exemple), tu es beaucoup plus disponible pour la relecture, l'amélioration, etc. Il semble également crédible que le coût d'une amélioration (restructurer le document par exemple) baisse beaucoup, ce qui t'encourage à le faire.
Mais bon, il n'est pas plus possible de prédire les utilisations de ces outils au cours des prochaines années qu'il était possible en 1995 de prédire ce que serait Internet en 2025.
Je ne comprends pas pourquoi l'article est moinsser. Ceux qui ont le reflexe de moinser dès que le terme IA apparait vous êtes pénible.
Alors, j'imagine qu'ils sont "gavés" par l'IA à toutes les sauces. Il y a deux possibilités: soit dans 10 ans la bulle a éclaté et on ne parle plus d'IA que dans des applications ciblées et spécialisées, auquel cas nos ronchons auraient eu raison, soit notre monde sera organisé autour de l'IA (comme il est organisé autour de l'informatique et d'Internet), auquel cas les ronchons étaient juste en train de nier l'existence d'une rupture technologique majeure.
Je n'ai pas de boule de cristal, je pense que les ronchons se trompent et qu'ils sont progressivement en train de passer dans un mode de reflexion quasi-complotiste (par exemple, en niant les performances des modèles pourtant documentés par des dizaines de benchmarks indépendants), mais seul l'avenir pourra réellement déterminer:
* Les gains de productivité (qui pour l'instant se font attendre)
* Le modèle économique (qui pour l'instant est tellement douteux que même les investisseurs les plus enthousiastes commencent à serrer les fesses)
* La capacité d'une IA généraliste à surpasser un spécialiste humain
Dans tous les cas, aucun de ces points ne permettent de remettre en question les capacités étonnantes des LLM modernes, et leurs progrès continuels au cours des dernières années.
Après, le contexte c'est apparemment un type qui se sent harcelé par des haters sur les rézosocio, et qui publie une vidéo sur les rézosocio où il se justifie par rapport aux critiques des haters, en provoquant les haters dans son commentaire épinglé… C'est donc une étape de plus dans une guerre débile entre gens shootés aux rézosocio. Tout ça pour des commentaires sur des jeux de société.
Parfois il faudrait juste que ces gens partent en vacances quelques semaines sans Internet pour se rendre compte à quel point tout ceci n'a aucun sens.
J'ai l'impression qu'aucun des commentateur n'a vu la vidéo.
Il existe une retranscription de cette vidéo? Parce qu'1h14 de vidéo sur une dispute entre des gens dont je n'ai rien à faire, ça n'est pas très motivant…
Il n'y est pas question d'extrêmistes mais d'une ambiance de forum pourrie par des donneurs de leçons autoritaires et coupeurs de cheveux en 4.
Je veux dire par là qu'en effet, ni les étudiants, ni les professeurs, ni même personne d'ailleurs, ne connait vraiment les règles régissant la propriété intellectuelle et les droits de réutilisation, parce que c'est complexe, variable dans le temps, et dans l'espace. C'est un travail de juriste de comprendre ça, donc c'est normal que les étudiants des autres filières ne sont pas formés.
Par contre, je ne suis pas sûr de te suivre quand tu parles de frein au savoir. L'impossibilité de réutiliser du matériel publié ne limite pas réellement la diffusion du savoir, puisque la loi autorise les réutilisations dans le contexte d'un cours par exemple, à partir du moment où les auteurs sont crédités. Tu peux donc tout à fait reprendre une figure ou un paragraphe dans le cadre d'un cours, le fait que cette figure soit liée à des droits d'auteurs ne change rien.
J'imagine donc que tu fais référence à l'accessibilité des publications, qui sont parfois derrière un paywall, et qui demandent donc que tu payes un abonnement pour les lire. Ce modèle ne diffère pas réellement de n'importe quel autre document, puisque la norme reste quand même de payer pour accéder à un livre, un rapport, un document technique, ou n'importe quoi. Est-ce que les gens du XXe siècle considéraient comme un frein au savoir de devoir aller à la librairie pour acheter des livres? Le concept même d'accès gratuit n'avait pas de sens, puisque le contenu du livre était indisociable du contenant. Depuis quelques décennies, on a la possibilité de déconnecter le contenu du contenant, et que parfois l'accès au contenu sans contenant est gratuit, parfois payant. Une manière équivalente de voir le verre à moitié plein serait donc de s'extasier sur la possibilité d'accéder gratuitement à une partie très substantielle de la littérature scientifique, ce qui n'a jamais été possible auparavant dans l'histoire de l'humanité. Ça, c'est sur le plan "théorique". Sur le plan pratique, l'accès à la littérature scientifique est de-facto pseudo-gratuit: Si c'est Open Access, c'est gratuit, si ça n'est pas Open Access, il est probable que l'université soit abonnée au journal ou à la revue; si ça n'est pas le cas, il est courant que le pdf de l'article soit disponible sur la page web de l'auteur ou sur un dépot de pré-publications, si ça n'est pas le cas il est probable que l'article soit dans sci-hub (il faut juste savoir configurer un VPN si tu passes pas un ISP grand public), et si ça n'est pas le cas, il suffit d'envoyer un email à l'auteur. Bref, en pratique, la littérature scientifique (en tout cas les articles de journaux) sont quand même assez facilement disponible, et d'expérience, elle n'a jamais été aussi disponible. Il faut quand même réaliser qu'il arrivait avant les années 2000 de ne pas avoir accès du tout à un article sans devoir faire des centaines de km pour trouver une bibliothèque qui y était abonnée, donc la situation n'a jamais été meilleure.
Le régime des livres scientifiques est différent, puisqu'il s'agit de livres "traditionnels" qu'il faut acheter. C'est souvent cher (à cause des petits tirages), et l'accès électronique est rare. Mais du coup, ça n'est pas pire qu'avant, c'est juste pareil.
Il ne faut pas se faire aveugler par les attendus des gens qui ont écrit cet article, parce que ces attendus sont très idéologiques: la licence n'étant pas une filière professionnalisante, je ne vois pas comment la maitrise des outils permettant l'insertion dans le monde du travail pourrait être un critère valide pour estimer le niveau des étudiants.
Par contre, le problème de fond existe:
* Les smartphones et tablettes sont très différents des outils informatiques du monde professionnel, il est illusoire d'espérer un transfert de compétence entre les deux mondes
* Les employeur n'envisagent même plus de consacrer ne serait-ce que quelques jours à former de nouveaux employés aux outils informatiques de l'entreprise; connaitre ces outils, même s'ils sont propriétaires, est considéré comme faisant partie de la formation initiale
* Il y a une influence majeure du milieu social, puisqu'apparemment la maitrise des outils informatiques fait partie des "soft skills": ils sont essentiels à l'insertion professionnelle mais ne sont pas enseignés. C'est un peu pareil pour l'anglais, il y a des étudiants qui sont "magiquement" bilingues, et c'est souvent un critère majeur pour l'employabilité.
On demande l'impossible à l'enseignement supérieur. Les étudiants arrivent de plus en plus massivement dans les filières supérieures, avec un niveau moyen en baisse continue (choisissez vos raisons préférées pour l'expliquer), la dotation publique par étudiant baisse tous les ans, et les exigences d'employabilité ne font qu'augmenter, avec des délais de réactivité totalement insensés (comment former correctement des étudiants de licence aux LLM alors que les LLM n'existaient même pas quand ils ont commencé leur cursus?). Actuellement, les étudiants consacrent une partie très substantielle de leur temps à des apprentissages parallèles (projets professionnels, préparation à la recherche d'emploi, stages—très très prisés les stages, puisque pendant ce temps on n'a pas besoin de payer des enseignants --, langues, informatique, management…), ce qui dépeuple forcément les enseignements fondamentaux de la discipline. Il n'y a pas de solution à cette équation.
Quand on prend un peu de recul, c'est quand même assez dingue d'arriver à ce niveau de tension pour ce qui n'est à la base que de simples commentaires sur des jeux. On comprend la dérive progressive hein, d'une passion ça devient un métier, avec la célébrité vient plus de responsabilités, des gros sous, des conséquences financières pour les éditeurs quand on publie une mauvaise critique, des messages désagréables de gens qui ne sont pas d'accord, des menaces judiciaires pour des avis subjectifs ("la mécanique du jeu n'est pas claire"), etc. Mais quand même… est-ce que ça en vaut bien la peine? Il s'agit de jeux! Des trucs avec des pions et des cartes auxquels on joue en famille ou avec des copains, pour s'apercevoir 10 ans plus tard qu'on avait mal lu la règle et qu'on jouait n'importe comment. Tout ça ne devrait pas être aussi sérieux.
Espèce de citadin, il y a aussi des feux à la campagne (par exemple pour gérer l'intersection de deux routes à forte circulation).
Quand le niveau de trafic ne permet plus de s'insérer dans un carrefour ou dans une voie de circulation (par exemple, tourner à gauche), tout va se bloquer si te revois pas totalement l'infrastructure (sens uniques, giratoires, priorités…).
Dans mon coin, avec l'augmentation des bouchons, les aménageurs commencent à transformer les giratoires en grands carrefours à feux, et en effet ça fluidifie grandement le trafic, et ça a retiré les blocages (par exemple quand le flux naturel d'un grand giratoire est de tourner à gauche, toutes les arrivées sont bloquées).
Je ne sais pas ce que tu sous-entends réellement, mais comment croies-tu que la fonction publique est pilotée en France? À l'exception des militaires, pour qui le respect de la voie hiérarchique fait partie de l'essence du métier, aucun fonctionnaire ne va appliquer directement les consignes du ministère, ça va passer par une série interminables d'intermédiaires hiérarchiques qui vont interpréter les instructions à leur sauce et selon les moyens dont ils disposent, en fonction du climat social et de l'acceptabilité des demandes. S'il n'y a pas de moyens humains associés, les instructions peuvent facilement passer à la trappe; si ça contredit les principes de base du métier, idem.
Pense par exemple au contenu scolaire. Les enseignants restent les seuls responsables des méthodes pédagogiques qu'ils utilisent (la "liberté pédagogique"), c'est statutaire et c'est garanti par la loi. Leur hiérarchie peut les inciter à se former à telle ou telle nouvelle méthode que le gouvernement du moment veut mettre en avant, les moyens dont la hiérarchie dispose pour imposer quoi que ce soit sont assez limités (en gros, c'est juste de ne pas accélérer la progression dans la grille, ce qui n'arrive jamais de toutes manières). Je crois que c'est Luc Ferry qui disait que les consignes du ministère n'avaient jamais eu aucun effet sur le contenu des cours, et qu'il était bien placé pour le savoir puisqu'il avait été prof et ministre.
C'est comme dans n'importe quelle grosse boîte, les RH ça n'est pas de pondre des directives, c'est de mettre les moyens en place pour qu'elles soient appliquées. Et comme l'État n'a virtuellement pas d'outils de pilotage, bah les consignes ne sont pas appliquées, et ça n'est pas grave, puisque personne ne sait que les consignes ne sont pas appliquées.
Ils sont passibles de sanctions s'ils n'obéissent pas, mais ça n'est pas ça qui les fera obéir s'ils ne le veulent pas, puisqu'ils peuvent simplement faire grêve (sauf les militaires).
De toutes manières, en cas de conflit avec le ministère, les instructions bloquent au niveau des échelons internes. Regarde exactement ce qui se passe avec les numéros d'identification (RIO). Le ministère impose de les porter, sauf que les policiers ne les portent pas, et qu'il n'y a aucune conséquence. Soit l'ordre de les porter n'est pas parvenu jusqu'à eux, soit quelqu'un dans la chaine hiérarchique leur a dit qu'il n'y aurait pas de conséquence.
Note aussi qu'en cas de grêve (puisque c'est de ça qu'on parle au final, du moins pour les policiers puisque les gendarmes ne peuvent pas faire grêve), la hiérarchie peut aussi ne pas travailler. Ce qui a d'ailleurs des conséquences cocasses sur la remontée du nom des grêvistes, qui est de la responsabilité du chef de service, qui ne peut pas remonter les noms si lui-même fait grêve.
Quand tu dis "normalement", tu penses "en théorie" ou "la situation la plus courante"? L'Histoire a quand même démontré à de très nombreuses reprises que ça n'est pas du tout une bonne idée d'avoir des forces armées qui n'ont pas tellement envie de suivre les directives du gouvernement.
Si tu es ministre de l'intérieur et que ton premier discours, c'est "Bon les mecs, les racistes vont être virés, on va poursuivre les faux en écriture public au pénal, et le RIO vous le portez même quand vous allez pisser", tu fais quoi ensuite? Concrètement, tu es chef de quoi si personne ne t'obéit?
la justice est aveugle, si ce n'est pas justifié, le juge va clore l'affaire sans condamnation, dans ce cas cela va créer une brèche au message politique sur les bâtiments
Je suis assez d'accord sur le fond. Porter plainte n'est pas un préjudice; bien sûr, c'est un acte politique, et le ministère de l'Intérieur aurait pu demander au préfet de ne pas le faire. Mais c'est la justice qui est garante des libertés d'expression, pas le ministère de l'intérieur. Je ne vois pas comment cette affaire ne peut amener quoi que ce soit d'autre qu'un non-lieu sur le plan pénal, ce que le ministère sait pertinemment.
Au cas où ça ne paraitrait pas clair pour tout le monde, les policiers et les gendarmes sont des gens, et ils obéissent à leur hiérarchie s'il le veulent. S'ils ne le veulent pas, ils n'obéissent pas. Ils peuvent alors être sanctionnés et révoqués, mais les sanctions ne font pas obéir les gens. Les gouvernements, quel que soit leur bord politique, s'ils souhaitent que les policiers et les gendarmes fassent à peu près ce qu'ils veulent (y compris protéger les bâtiments officiels contre les insurrections, etc), doivent manier la carotte avant le bâton. Et apparaitre officiellement de leur côté en portant plainte contre les messages politiques qui les visent, ça revient à s'afficher de leur côté sans que ça coûte beaucoup. Et tout ça, évidemment, c'est sans rapport avec le fond du message. Si le message était "Les policiers votent RN", il y aurait eu une plainte aussi, même si c'est vrai.
C'est le même processus pour n'importe quel ministère, avec des moyens différents. Si le gouvernement affiche un objectif de -20% dans les effectifs de l'éducation nationale, le ministre de l'EN va aller raconter aux micros qu'il va immédiatement demander à rencontrer le premier ministre, le président, le pape, et n'importe qui d'autre; même si c'est évidemment complètement bidon; tu ne peux pas espérer que tes consignes soient respectées si tous tes sous-fiffres (y compris la hiérarchie intermédiaire) te détestent…
[^] # Re: Prisonnier du dogme
Posté par arnaudus . En réponse à la dépêche Appel à commentaire de la Commission "Vers des écosystèmes numériques ouverts européens". Évalué à 4 (+1/-0).
Du coup, je ne comprends pas trop ce que tu veux dire. Le "dogme" de la concurrence libre et non-faussée, ça n'est pas que la concurrence est libre et non-faussée, c'est qu'elle doit l'être. Autrement dit, ça justifie les lois anti-trust, ça justifie les amendes aux grosses multinationales US pour entrave à la concurrence, et c'est la base juridique pour empêcher ce que tu décris.
Dit autrement, il serait contraire aux règlements européens de mettre en place des protocoles pour empêcher l'accès du marché EU aux entreprises US, ou d'empêcher les entreprises de grossir. Par contre, il est conforme aux règlements de mettre en place des dispositifs pour garantir que la concurrence puisse être aussi libre et non-faussée que possible. Donc c'est ça le levier juridique pour contourner les monopoles.
Après, en effet, les histoires de protectionnisme c'est une confrontation de différents cadres théoriques en économie. Si tu mettais une surtaxe de 25% sur les licences Windows, est-ce que les entreprises changeraient d'OS? Probablement pas, elles payeraient leurs licences 25% plus cher, ce qui augmenterait leurs coûts de fonctionnement et diminuerait leur compétitivité. Actuellement, le problème n'est pas que l'offre européenne en produits et services numériques n'est pas compétitive, c'est plutôt qu'elle est plus ou moins absente; le protectionnisme ne va pas apporter grand chose dans une telle situation.
# Requête pas très claire
Posté par arnaudus . En réponse au message Configuration droits compte linux. Évalué à 4 (+1/-0).
Je ne suis pas sûr de comprendre le coup de "si impossible : mot de passe administratrice(teur) requis", puisqu'il est évident qu'il faut que l'administrateur puisse mettre à jour la machine.
J'ai l'impression que si l'objectif est de lancer l'image d'une distribution, le plus simple est de faire exactement ça: créer l'image d'une distribution, et se débrouiller pour la lancer en lecture seule (le "live CD" évoque n'est qu'une déclinaison matérielle de cette solution). Le problème que je vois, c'est qu'il va falloir se coltiner la création d'une nouvelle image à chaque mise à jour de sécurité.
La requête de la non-modification des icones semble être liée à l'idée d'un compte unique, type "guest". De nombreuses distributions proposent l'ouverture de comptes "guest", dont toutes les modifications du home sont réinitialisées à la fermeture de la session. Une alternative pourrait être de configurer le home de l'utilisateur de manière à ce qu'aucun fichier de configuration ne soit modifiable (chmod -R u-w $HOME/.* est un proxy crado pour cette idée).
Sous Linux, le concept d'extension n'existe pas, et celui d'application ou programme non plus (dans la mesure où un script bash est un "programme"). C'est difficile d'empêcher un utilisateur de lancer bash ou python, donc on ne peut pas lui interdire d'exécuter une série d'instructions, ce qui semble être la définition d'un programme. Je ne pense pas qu'une session utilisateur puisse être lancée sans les droits pour exécuter le moindre script.
[^] # Re: déprécié dans libreoffice et claws
Posté par arnaudus . En réponse au lien GNOME voudrait désactiver le collage du texte sélectionné par clic du milieu de la souris . Évalué à 6 (+3/-0).
C'est possible, sur mon système geany tourne sous X alors que firefox est sous Wayland, j'imagine que c'est ça qui bloque vis-à-vis de la zone de transfert primaire.
Dans l'absolu, les dysfonctionnements sont dûs à des interactions à plusieurs niveaux:
- Deux niveaux de buffer, qui peuvent être parfois utilisés comme une fonctionnalité, mais c'est geekesque, non-documenté, et pas fiable
- Un tampon primaire non-fiable: parfois il n'y a rien mis dedans, parfois la volatilité du tampon dépend du gestionnaire de fenêtre ou du développeur de l'application
- Des raccourcis clavier incompatibles
- Une compatibilité X-Wayland douteuse (au mieux)
- Une incertitude globale sur ce qui est réellement présent dans le tampon (texte? texte formatté? texte avec images?). Il n'y a qu'à voir les options de "collage spécial" dans certains logiciels pour imaginer le bordel de ce qui est embarqué dans la mémoire tampon
- Des problèmes profonds liés au copier-coller à partir et vers des application dans le navigateur (type Google docs par exemple).
Certains de ces problèmes ne sont pas liés à Linux, mais le chantier et l'hétérogénéité des bureaux Linux ne facilite pas la donne. Et je reste sur l'idée qu'il est impossible de prédire à l'avance si un copier-coller un peu complexe fonctionne. Par exemple, de Libre Office vers Firefox -> Google docs, qu'est-ce que qui va marcher? Sélection/clic milieu, CtrlC-CtrlV, rien? Il me semble absolument impossible de le dire sans faire un test.
[^] # Re: To gnome or not to gnome
Posté par arnaudus . En réponse au lien GNOME voudrait désactiver le collage du texte sélectionné par clic du milieu de la souris . Évalué à 5 (+2/-0).
Non, ça n'est pas correct. Ctrl-C remplit le presse-papier du bureau, alors que la sélection remplit le presse-papier de X, il y a bien plusieurs presse-papiers qui coexistent. C'est apparemment ce que freedesktop appelle les sélection CLIPBOARD et PRIMARY (https://www.freedesktop.org/wiki/Specifications/ClipboardsWiki/).
Si ton bureau suit les préconisations de Freedesktop, il devrait mettre le truc copié activement (Ctrl C) dans CLIPBOARD. Au contraire, PRIMARY est rempli "passivement" par X. Mais ce comportement n'est pas normalisé, c'est juste ce que semblent faire la plupart des applications.
Avec la transition X -> Wayland, ça n'est pas étonnant que le PRIMARY ne soit pas systématiquement rempli ni vidé par le clic-milieu. Sur mon système, geany est une application X, alors que gedit est Wayland. Sur une distro un peu ancienne tout sera X, et ça sera mieux intégré (mais de toutes manières il y aura forcément une transition un jour ou d'autre).
[^] # Re: To gnome or not to gnome
Posté par arnaudus . En réponse au lien GNOME voudrait désactiver le collage du texte sélectionné par clic du milieu de la souris . Évalué à 5 (+2/-0).
Regarde, je viens de faire un essai avec 3 applications GTK sous Ubuntu, gedit, geany, et gnome terminal.
Déja, sans "surprise", Gnome terminal ne supporte pas les raccourcis clavier (CtrlC CtrlV) qui sont préemptés par le shell.
Sélectionner dans gnome terminal -> clic milieu fonctionne dans les deux autres. Par contre CtrlV ne fonctionne pas, ni dans gedit ni dans geany.
Clic droit / copier dans Gnome terminal -> CtrlV fonctionne dans gedit et geany.
Sélection -> clic milieu fonctionne vers geany, mais pas vers gedit ni gnome term
CtrlC -> CtrlV fonctionne dans geany, clic droit/coller fonctionne dans Gnome term
Clic droit / copier fonctionne comme CtrlC
Selection -> clic milieu ne fonctionne pas vers gedit, mais il fonctionne vers gnome term et vers geany
CtrlC -> CtrlV fonctionne vers geany, clic-droit Coller fonctionne dans Gnome term.
Je sélectionne mot1 dans gedit, CtrlC, puis je sélectionne mot2. Je vais dans geany, je fais CtrlV -> ça colle "mot1". Je fais clic milieu -> ça colle "mot2". Geany sait donc récupérer à partir des deux presse papiers.
Et là, on ne parle que de 3 applications GTK! Si on met Firefox, LibreOffice, et des trucs KDE dans l'affaire, ça devient ingérable. Apparemment LibreOffice sait gérer les deux tampons, quand on sélectionne il remplit un tampon, quand on CtrlC il en remplit un autre. Firefox sait gérer le sélection-clic milieu, mais seulement à partir de certains logiciels (pas à partir de geany par exemple).
Si vous ne trouvez pas ça hyper-confus, je ne sais pas ce qu'il vous faut. Bien entendu, plus le système est ancien, pas très homogène, mélange des snap, des tar.gz et des paquets système, plus ça a de chances d'arriver. Je ne doute pas qu'avec une installation propre et un bureau homogène ça arrive moins. Mais ça dénote quand même que c'est le bordel en arrière-plan.
[^] # Re: To gnome or not to gnome
Posté par arnaudus . En réponse au lien GNOME voudrait désactiver le collage du texte sélectionné par clic du milieu de la souris . Évalué à 9 (+6/-0).
De toutes manières, l'intégration du copier-coller sur un bureau Linux est déja très largement dégradée à l'heure actuelle : la multiplicité des framework, le passage à Wayland, la pré-emption des raccourcis clavier à des niveaux multiples, et l'existence de plusieurs buffers de copier-coller, tout ça rend déja le copier-coller merdissime actuellement. Pour faire simple, je n'ai aucun moyen de savoir à l'avance ce qui va marcher entre deux fenêtres. Parfois c'est sélection-clic-milieu; parfois c'est Ctrl-C Ctrl-V, parfois c'est sélection->clic droit->copier, Ctrl-V. Parfois Ctrl-C remplace le buffer du clic du milieu, et parfois non. Et pour faire encore plus simple, dans Firefox, ce comportement change en fonction de si je suis dans une fenêtre d'édition et hors de la fenêtre d'édition.
Du coup, je ne vois pas ce que va fondamentalement changer la décision de Gnome. Ça va juste encore rajouter une couche de chaos supplémentaire dans une situation déja atroce, à un moment on va toucher le fond.
Bref, le copier-coller sous Linux est vraiment quelque chose qui a énormément regressé depuis 20 ans.
[^] # Re: Quel rapport ?
Posté par arnaudus . En réponse au lien Piratage pour le libre ? . Évalué à 6 (+4/-1). Dernière modification le 29 décembre 2025 à 19:20.
La mouvance du logiciel libre est très polymorphe, on y trouve toutes les tendances politiques, et chacun prétend régulièrement "mieux" comprendre le libre que les autres.
La mouvance "parti pirate", qui a l'air d'être proche de l'idéologie dont on parle, est loin de représenter le mouvement libre dans son ensemble. La FSF est centrée autour des licences "copyleft", qui sont profondément enracinées dans le droit d'auteur. C'est le droit d'auteur qui permet à l'auteur d'un logiciel d'y apposer une licence et de contraindre les utilisateurs du logiciel à en respecter les termes. Pas de droit d'auteur = pas de GPL, les logiciels libres seraient tous sous une licence BSD-like / WTFPL / CC0, et donc plus de copyleft; les entreprises pourraient publier les logiciels libres sous forme de "freewares" sans en redistribuer les sources. On est donc assez loin du logiciel libre tel qu'on l'entend habituellement (les 4 libertés, etc).
Je trouve personnellement dommage de se cacher derrière le logiciel libre pour justifier le rejet de la propriété intellectuelle. Pour moi les deux notions sont indépendantes. Le logiciel libre est quelque chose de trop important pour laisser ternir son image par des activistes dont l'activité ne relève en rien du logiciel libre.
[^] # Re: Premisse problématique
Posté par arnaudus . En réponse au journal Dermatose nodulaire bovine. Évalué à 2 (+0/-1).
Si on admet que les sciences sociales étaient capables d'être opérationnelles (ce qui est à mon avis loin d'être le cas pour la plupart d'entre elles), alors tu peux reformuler ma remarque autour du fait qu'on puisse privilégier une solution techniquement sous-optimale parce qu'elle est politiquement plus acceptable. Du coup ça devient "rationnel" quand tu intègres le processus d'exécution de la décision dans le processus.
Ça semble rassurant, mais ça revient quand même à admettre que corriger un bug ou contourner un bug, c'est la même chose.
[^] # Re: ia routeur
Posté par arnaudus . En réponse au lien Une IA conçoit un ordinateur Linux fonctionnel en une semaine. Évalué à 3 (+0/-0). Dernière modification le 18 décembre 2025 à 16:06.
Voici la regexp qui permet de récupérer une adresse IP valide:
(\b25[0-5]|\b2[0-4][0-9]|\b[01]?[0-9][0-9]?)(\.(25[0-5]|2[0-4][0-9]|[01]?[0-9][0-9]?)){3}Et voici celle pour une adresse email valide:
(([^<>()\[\]\\.,;:\s@"]+(\.[^<>()\[\]\\.,;:\s@"]+)*)|(".+"))@((\[[0-9]{1,3}\.[0-9]{1,3}\.[0-9]{1,3}\.[0-9]{1,3}])|(([a-zA-Z\-0-9]+\.)+[a-zA-Z]{2,}))Et pour un mot de passe pseudo-fort (minuscule,majuscule,chiffre):
^(?=.*[a-z])(?=.*[A-Z])(?=.*\d)(?=.*[@!%*?&])[A-Za-z\d@!%*?&]{8,}$(sans les $ qui ne passent pas dans markdown, on s'en fiche c'est illustratif). On est d'accord que ce genre de choses c'est des besoins de base en informatique? Il ne s'agit pas de données exotiques ou de choses dont on n'a jamais entendu parler. Ce que j'écrivais, c'est juste qu'il fallait une longue formation et une longue expérience pour écrire ce genre de choses du premier coup (disons, en quelques minutes). Est-ce que tu es toujours en désaccord? Tu penses réellement qu'en te rappelant un peu ce que tu as appris en IUT, sans avoir pratiqué tous les jours, tu serais capable de produire une regexp de ce genre dans un temps proportionnel à la complexité de la tâche?
En pratique, la regexp n'est probablement pas le meilleur algo pour le premier cas; pour le password c'est discutable, pour l'email je ne vois pas comment faire autrement. Mais ce n'est pas la question, puisque si l'argument est que les regexp sont trop compliquées pour les utiliser hors des cas triviaux, ça revient au même que de dire qu'elles sont inaccessibles au non-spécialiste.
Donc je maintiens que je trouve mon exemple assez pertinent: les LLM se débrouillent bien pour assister les humains à mettre en place des regexp complexes, ils peuvent aider au premier jet, aux tests, au débuggage. Ils remplacent efficacement quelqu'un qui maitrise cette pratique, maitrise qui lui a probablement pris des centaines ou des milliers d'heures.
[^] # Re: ia routeur
Posté par arnaudus . En réponse au lien Une IA conçoit un ordinateur Linux fonctionnel en une semaine. Évalué à 3 (+0/-0).
De l'extérieur, ça ressemble à "j'ai essayé votre nouvel outil qui s'appelle marteau, j'ai tapé, le clou s'est tordu, ça n'est pas au point".
Les LLM disponibles pour le grand public sont généralistes et les ressources pour les faire tourner sont limitées, ils sont parfois très loin des performances des outils utilisés par les professionnels. C'est sûr que si tu ouvres une nouvelle session dans chatGPT et tu lui dis "fais moi un test unitaire" sans contexte, tu ne vas pas avoir un truc terrible. Par contre si tu utilisés un modèle optimisé pour le code, instruit par des exemples (par exemple la base de code existante), et que le prompt démarre avec quelque chose comme "Vous êtes programmeur dans une entreprise, votre tâche est d'écrire des tests unitaires similaires à ce qui se trouve dans le dossier /test du projet.", tu vas avoir quelque chose de bien plus intéressant.
Et de toutes manières, "autonome" n'a rien à voir avec "passer en prod sans relire". Ne serait-ce que parce que tu as donné tes consignes en langage naturel, et que le langage naturel est ambigü; ça peut arriver avec les humains également.
# Premisse problématique
Posté par arnaudus . En réponse au journal Dermatose nodulaire bovine. Évalué à 6 (+3/-0).
Le problème, c'est qu'avec ce point de vue, tu as perdu : les politiques, les agriculteurs, les syndicats, les banques, l'administration de l'État, les ministères, les complotistes, les journalistes, l'indstrie agro-alimentaire, l'industrie pharmaceutique, et puis tous ceux qui croient savoir.
Avec le Covid, on a pu réaliser à quel point la société n'accorde pas un crédit particulier aux faits scientifiques. La science est par définition un équilibre entre ce qu'on sait et ce qu'on ne sait pas, et les sociétés modernes n'admettent pas la possibilité qu'on ne sache pas. Du coup, on remplace ce qu'on ne sait pas par n'importe quoi, et on peut en déduire ce qu'on veut. Vous voyez les syndicats des agriculteurs consulter les études scientifiques et conclure "en effet, vous avez raison, peut-être que l'abattage reste la meilleure solution"? Ils se foutent totalement des faits scientifiques, ils sont partis de la conclusion, et comme des avocats, essayent de réinterpréter les faits pour coller avec leur conclusion. Ça ne veut pas dire que c'est nécessairement faux, mais ça veut juste dire que ça n'est pas la démarche correcte pour maximiser les chances d'accéder à une meilleure compréhension du monde.
Il faut malheureusement admettre que dès qu'on parle d'un sujet politique, la paix sociale impose une dose substantielle d'irrationalité. C'est aussi pour ça que le scientisme est en général refusé comme modèle de société; la démocratie est fondée sur le débat d'idées, et pas sur le consensus scientifique.
[^] # Re: ia routeur
Posté par arnaudus . En réponse au lien Une IA conçoit un ordinateur Linux fonctionnel en une semaine. Évalué à 2 (+0/-1).
Tu n'as jamais du écrire un wrapper pour utiliser une API qui n'était pas conçue selon la logique de ton code? Tu n'as jamais dû convertir un format de fichier dans un autre, coder de manière sous optimale des trucs triviaux (calcul de moyenne, de variance, de distance enclidienne entre des vecteurs…) pour ne pas embarquer une dépendance? Tu parles de C par exemple, tu n'as jamais dû gérer des entrées à partir d'un fichier non-standardisé (espaces vs. tabulations, virgules ou point virgules, etc)?
Bah dis-toi que les LLM font ça mieux et de manière plus autonome.
Ah mais j'en suis tout à fait conscient, c'est juste que j'ai du mal à imaginer comment un patron peut vouloir payer quelqu'un à résoudre des puzzles accessibles en quelques secondes à un ordinateur.
Tu parlais de awk, je trouve que les regexp sont un bon exemple. Il faut une longue formation et une longue expérience pour en sortir une du premier coup, il y a énormément de subtilités, de différences en fonction du langage ou de la bibliothèque qu'on utilise, c'est très dur à débugger… Si un LLM te sort un truc exploitable à partir d'une description succinte et de quelques exemples, ça fait gagner du temps et de l'énergie à tout le monde, non? Bien sûr, il reste le côté social, "Machin est un spécialiste des regexp", etc. Mais c'est un peu comme connaitre le numéro des départements, non?
[^] # Re: ia routeur
Posté par arnaudus . En réponse au lien Une IA conçoit un ordinateur Linux fonctionnel en une semaine. Évalué à 3 (+0/-0).
Bon, de toutes manières, une fois la hype passée, la plupart des clients se foutront complètement de si le code a été fait complètement, partiellement, ou pas du tout par AI. Ils regarderont le prix, les délais, les bugs et la réactivité pour les corriger, bref, la même chose qu'avant. Si c'est de la m*** ils choisiront les fournisseurs qui font coder par des humains.
Il est possible qu'il reste une petite place pour l'artisanat, comme les babioles peintes à la main qu'on voit sur les marchés de Noël.
Il y a un domaine où je ne vois pas comment l'AI ne puisse pas surpasser très largement les humains, c'est sur les perfs. Un modèle agent entrainé par renforcement, capable de tester lui-même les perfs du code, devrait être capable d'optimiser selon à peu près n'importe quel critère (cycles CPU, taille du binaire, empreinte mémoire…), peut-être même d'une manière difficile à comprendre pour un humain. Un compilateur qui intégrerait de tels mécanismes par exemple pourrait vraiment changer la donne.
[^] # Re: ia routeur
Posté par arnaudus . En réponse au lien Une IA conçoit un ordinateur Linux fonctionnel en une semaine. Évalué à 3 (+0/-0).
Bah, c'est un peu la limite entre un loisir et un travail, non? Faire un puzzle de 1000 pièces, on peut trouver ça intéressant, ça demande du temps, de la patience, de la concentration, une certaine expertise, etc. Mais personne ne veut te payer pour ça.
Après, je ne suis pas développeur, mais je ne suis pas convaincu que le pissage de code soit la partie la plus intéressante, non? Concevoir l'architecture du logiciel, coordonner le travail des différentes équipes, déterminer les différentes étapes, les tests, etc. paraissent bien plus enrichissant que de créer à la chaine des pages de constructeurs, de destructeurs, et d'opérateurs d'affectation…
D'une manière plus générale, les tâches de supervision sont en général considérées comme plus gratifiantes et plus intéressantes. Entre celui qui écrit une lettre et celui qui la relit avant de signer, c'est le relecteur qui a le poste le plus qualifié.
De toutes manières, d'après les études de productivité que je commence à voir passer (sans m'y connaitre assez pour vérifier leur sérieux), il semble que bizarrement, l'utilisation d'un LLM pour un travail administratif par exemple améliore un peu la productivité, mais beaucoup plus la qualité du travail. Il ne me semble pas impossible du tout qu'en te déchargeant du travail le plus lourd (écrire le premier jet d'un rapport par exemple), tu es beaucoup plus disponible pour la relecture, l'amélioration, etc. Il semble également crédible que le coût d'une amélioration (restructurer le document par exemple) baisse beaucoup, ce qui t'encourage à le faire.
Mais bon, il n'est pas plus possible de prédire les utilisations de ces outils au cours des prochaines années qu'il était possible en 1995 de prédire ce que serait Internet en 2025.
[^] # Re: ia routeur
Posté par arnaudus . En réponse au lien Une IA conçoit un ordinateur Linux fonctionnel en une semaine. Évalué à 3 (+3/-3).
Alors, j'imagine qu'ils sont "gavés" par l'IA à toutes les sauces. Il y a deux possibilités: soit dans 10 ans la bulle a éclaté et on ne parle plus d'IA que dans des applications ciblées et spécialisées, auquel cas nos ronchons auraient eu raison, soit notre monde sera organisé autour de l'IA (comme il est organisé autour de l'informatique et d'Internet), auquel cas les ronchons étaient juste en train de nier l'existence d'une rupture technologique majeure.
Je n'ai pas de boule de cristal, je pense que les ronchons se trompent et qu'ils sont progressivement en train de passer dans un mode de reflexion quasi-complotiste (par exemple, en niant les performances des modèles pourtant documentés par des dizaines de benchmarks indépendants), mais seul l'avenir pourra réellement déterminer:
* Les gains de productivité (qui pour l'instant se font attendre)
* Le modèle économique (qui pour l'instant est tellement douteux que même les investisseurs les plus enthousiastes commencent à serrer les fesses)
* La capacité d'une IA généraliste à surpasser un spécialiste humain
Dans tous les cas, aucun de ces points ne permettent de remettre en question les capacités étonnantes des LLM modernes, et leurs progrès continuels au cours des dernières années.
[^] # Re: Mouais
Posté par arnaudus . En réponse au journal Charge mentale et réseaux sociaux: un docu sur le jeu ou sur la sale ambiance des forums. Évalué à 4 (+1/-0).
Après, le contexte c'est apparemment un type qui se sent harcelé par des haters sur les rézosocio, et qui publie une vidéo sur les rézosocio où il se justifie par rapport aux critiques des haters, en provoquant les haters dans son commentaire épinglé… C'est donc une étape de plus dans une guerre débile entre gens shootés aux rézosocio. Tout ça pour des commentaires sur des jeux de société.
Parfois il faudrait juste que ces gens partent en vacances quelques semaines sans Internet pour se rendre compte à quel point tout ceci n'a aucun sens.
[^] # Re: Mouais
Posté par arnaudus . En réponse au journal Charge mentale et réseaux sociaux: un docu sur le jeu ou sur la sale ambiance des forums. Évalué à 3 (+0/-0).
Il existe une retranscription de cette vidéo? Parce qu'1h14 de vidéo sur une dispute entre des gens dont je n'ai rien à faire, ça n'est pas très motivant…
Ça me semble vaguement familier…
[^] # Re: Idéologie
Posté par arnaudus . En réponse au lien 1 étudiant sur 2 en fin de Licence ne maîtrise pas encore les compétences numériques nécessaires. Évalué à 2 (+0/-1).
Mhhh, non, pas vraiment.
Je veux dire par là qu'en effet, ni les étudiants, ni les professeurs, ni même personne d'ailleurs, ne connait vraiment les règles régissant la propriété intellectuelle et les droits de réutilisation, parce que c'est complexe, variable dans le temps, et dans l'espace. C'est un travail de juriste de comprendre ça, donc c'est normal que les étudiants des autres filières ne sont pas formés.
Par contre, je ne suis pas sûr de te suivre quand tu parles de frein au savoir. L'impossibilité de réutiliser du matériel publié ne limite pas réellement la diffusion du savoir, puisque la loi autorise les réutilisations dans le contexte d'un cours par exemple, à partir du moment où les auteurs sont crédités. Tu peux donc tout à fait reprendre une figure ou un paragraphe dans le cadre d'un cours, le fait que cette figure soit liée à des droits d'auteurs ne change rien.
J'imagine donc que tu fais référence à l'accessibilité des publications, qui sont parfois derrière un paywall, et qui demandent donc que tu payes un abonnement pour les lire. Ce modèle ne diffère pas réellement de n'importe quel autre document, puisque la norme reste quand même de payer pour accéder à un livre, un rapport, un document technique, ou n'importe quoi. Est-ce que les gens du XXe siècle considéraient comme un frein au savoir de devoir aller à la librairie pour acheter des livres? Le concept même d'accès gratuit n'avait pas de sens, puisque le contenu du livre était indisociable du contenant. Depuis quelques décennies, on a la possibilité de déconnecter le contenu du contenant, et que parfois l'accès au contenu sans contenant est gratuit, parfois payant. Une manière équivalente de voir le verre à moitié plein serait donc de s'extasier sur la possibilité d'accéder gratuitement à une partie très substantielle de la littérature scientifique, ce qui n'a jamais été possible auparavant dans l'histoire de l'humanité. Ça, c'est sur le plan "théorique". Sur le plan pratique, l'accès à la littérature scientifique est de-facto pseudo-gratuit: Si c'est Open Access, c'est gratuit, si ça n'est pas Open Access, il est probable que l'université soit abonnée au journal ou à la revue; si ça n'est pas le cas, il est courant que le pdf de l'article soit disponible sur la page web de l'auteur ou sur un dépot de pré-publications, si ça n'est pas le cas il est probable que l'article soit dans sci-hub (il faut juste savoir configurer un VPN si tu passes pas un ISP grand public), et si ça n'est pas le cas, il suffit d'envoyer un email à l'auteur. Bref, en pratique, la littérature scientifique (en tout cas les articles de journaux) sont quand même assez facilement disponible, et d'expérience, elle n'a jamais été aussi disponible. Il faut quand même réaliser qu'il arrivait avant les années 2000 de ne pas avoir accès du tout à un article sans devoir faire des centaines de km pour trouver une bibliothèque qui y était abonnée, donc la situation n'a jamais été meilleure.
Le régime des livres scientifiques est différent, puisqu'il s'agit de livres "traditionnels" qu'il faut acheter. C'est souvent cher (à cause des petits tirages), et l'accès électronique est rare. Mais du coup, ça n'est pas pire qu'avant, c'est juste pareil.
# Idéologie
Posté par arnaudus . En réponse au lien 1 étudiant sur 2 en fin de Licence ne maîtrise pas encore les compétences numériques nécessaires. Évalué à 9 (+6/-0).
Il ne faut pas se faire aveugler par les attendus des gens qui ont écrit cet article, parce que ces attendus sont très idéologiques: la licence n'étant pas une filière professionnalisante, je ne vois pas comment la maitrise des outils permettant l'insertion dans le monde du travail pourrait être un critère valide pour estimer le niveau des étudiants.
Par contre, le problème de fond existe:
* Les smartphones et tablettes sont très différents des outils informatiques du monde professionnel, il est illusoire d'espérer un transfert de compétence entre les deux mondes
* Les employeur n'envisagent même plus de consacrer ne serait-ce que quelques jours à former de nouveaux employés aux outils informatiques de l'entreprise; connaitre ces outils, même s'ils sont propriétaires, est considéré comme faisant partie de la formation initiale
* Il y a une influence majeure du milieu social, puisqu'apparemment la maitrise des outils informatiques fait partie des "soft skills": ils sont essentiels à l'insertion professionnelle mais ne sont pas enseignés. C'est un peu pareil pour l'anglais, il y a des étudiants qui sont "magiquement" bilingues, et c'est souvent un critère majeur pour l'employabilité.
On demande l'impossible à l'enseignement supérieur. Les étudiants arrivent de plus en plus massivement dans les filières supérieures, avec un niveau moyen en baisse continue (choisissez vos raisons préférées pour l'expliquer), la dotation publique par étudiant baisse tous les ans, et les exigences d'employabilité ne font qu'augmenter, avec des délais de réactivité totalement insensés (comment former correctement des étudiants de licence aux LLM alors que les LLM n'existaient même pas quand ils ont commencé leur cursus?). Actuellement, les étudiants consacrent une partie très substantielle de leur temps à des apprentissages parallèles (projets professionnels, préparation à la recherche d'emploi, stages—très très prisés les stages, puisque pendant ce temps on n'a pas besoin de payer des enseignants --, langues, informatique, management…), ce qui dépeuple forcément les enseignements fondamentaux de la discipline. Il n'y a pas de solution à cette équation.
[^] # Re: Mouais
Posté par arnaudus . En réponse au journal Charge mentale et réseaux sociaux: un docu sur le jeu ou sur la sale ambiance des forums. Évalué à 6 (+3/-0).
Quand on prend un peu de recul, c'est quand même assez dingue d'arriver à ce niveau de tension pour ce qui n'est à la base que de simples commentaires sur des jeux. On comprend la dérive progressive hein, d'une passion ça devient un métier, avec la célébrité vient plus de responsabilités, des gros sous, des conséquences financières pour les éditeurs quand on publie une mauvaise critique, des messages désagréables de gens qui ne sont pas d'accord, des menaces judiciaires pour des avis subjectifs ("la mécanique du jeu n'est pas claire"), etc. Mais quand même… est-ce que ça en vaut bien la peine? Il s'agit de jeux! Des trucs avec des pions et des cartes auxquels on joue en famille ou avec des copains, pour s'apercevoir 10 ans plus tard qu'on avait mal lu la règle et qu'on jouait n'importe comment. Tout ça ne devrait pas être aussi sérieux.
[^] # Re: Qui veut de l’État policier ?
Posté par arnaudus . En réponse au journal Mais qui a éteint les Lumières ?. Évalué à 3 (+0/-0).
Espèce de citadin, il y a aussi des feux à la campagne (par exemple pour gérer l'intersection de deux routes à forte circulation).
Quand le niveau de trafic ne permet plus de s'insérer dans un carrefour ou dans une voie de circulation (par exemple, tourner à gauche), tout va se bloquer si te revois pas totalement l'infrastructure (sens uniques, giratoires, priorités…).
Dans mon coin, avec l'augmentation des bouchons, les aménageurs commencent à transformer les giratoires en grands carrefours à feux, et en effet ça fluidifie grandement le trafic, et ça a retiré les blocages (par exemple quand le flux naturel d'un grand giratoire est de tourner à gauche, toutes les arrivées sont bloquées).
[^] # Re: Mais aller au pénal pour des messages politiques ?
Posté par arnaudus . En réponse au journal Mais qui a éteint les Lumières ?. Évalué à 2 (+1/-2). Dernière modification le 09 décembre 2025 à 16:13.
Je ne sais pas ce que tu sous-entends réellement, mais comment croies-tu que la fonction publique est pilotée en France? À l'exception des militaires, pour qui le respect de la voie hiérarchique fait partie de l'essence du métier, aucun fonctionnaire ne va appliquer directement les consignes du ministère, ça va passer par une série interminables d'intermédiaires hiérarchiques qui vont interpréter les instructions à leur sauce et selon les moyens dont ils disposent, en fonction du climat social et de l'acceptabilité des demandes. S'il n'y a pas de moyens humains associés, les instructions peuvent facilement passer à la trappe; si ça contredit les principes de base du métier, idem.
Pense par exemple au contenu scolaire. Les enseignants restent les seuls responsables des méthodes pédagogiques qu'ils utilisent (la "liberté pédagogique"), c'est statutaire et c'est garanti par la loi. Leur hiérarchie peut les inciter à se former à telle ou telle nouvelle méthode que le gouvernement du moment veut mettre en avant, les moyens dont la hiérarchie dispose pour imposer quoi que ce soit sont assez limités (en gros, c'est juste de ne pas accélérer la progression dans la grille, ce qui n'arrive jamais de toutes manières). Je crois que c'est Luc Ferry qui disait que les consignes du ministère n'avaient jamais eu aucun effet sur le contenu des cours, et qu'il était bien placé pour le savoir puisqu'il avait été prof et ministre.
C'est comme dans n'importe quelle grosse boîte, les RH ça n'est pas de pondre des directives, c'est de mettre les moyens en place pour qu'elles soient appliquées. Et comme l'État n'a virtuellement pas d'outils de pilotage, bah les consignes ne sont pas appliquées, et ça n'est pas grave, puisque personne ne sait que les consignes ne sont pas appliquées.
[^] # Re: Mais aller au pénal pour des messages politiques ?
Posté par arnaudus . En réponse au journal Mais qui a éteint les Lumières ?. Évalué à 4 (+1/-0).
Ils sont passibles de sanctions s'ils n'obéissent pas, mais ça n'est pas ça qui les fera obéir s'ils ne le veulent pas, puisqu'ils peuvent simplement faire grêve (sauf les militaires).
De toutes manières, en cas de conflit avec le ministère, les instructions bloquent au niveau des échelons internes. Regarde exactement ce qui se passe avec les numéros d'identification (RIO). Le ministère impose de les porter, sauf que les policiers ne les portent pas, et qu'il n'y a aucune conséquence. Soit l'ordre de les porter n'est pas parvenu jusqu'à eux, soit quelqu'un dans la chaine hiérarchique leur a dit qu'il n'y aurait pas de conséquence.
Note aussi qu'en cas de grêve (puisque c'est de ça qu'on parle au final, du moins pour les policiers puisque les gendarmes ne peuvent pas faire grêve), la hiérarchie peut aussi ne pas travailler. Ce qui a d'ailleurs des conséquences cocasses sur la remontée du nom des grêvistes, qui est de la responsabilité du chef de service, qui ne peut pas remonter les noms si lui-même fait grêve.
[^] # Re: Mais aller au pénal pour des messages politiques ?
Posté par arnaudus . En réponse au journal Mais qui a éteint les Lumières ?. Évalué à 4 (+1/-0).
Quand tu dis "normalement", tu penses "en théorie" ou "la situation la plus courante"? L'Histoire a quand même démontré à de très nombreuses reprises que ça n'est pas du tout une bonne idée d'avoir des forces armées qui n'ont pas tellement envie de suivre les directives du gouvernement.
Si tu es ministre de l'intérieur et que ton premier discours, c'est "Bon les mecs, les racistes vont être virés, on va poursuivre les faux en écriture public au pénal, et le RIO vous le portez même quand vous allez pisser", tu fais quoi ensuite? Concrètement, tu es chef de quoi si personne ne t'obéit?
[^] # Re: Mais aller au pénal pour des messages politiques ?
Posté par arnaudus . En réponse au journal Mais qui a éteint les Lumières ?. Évalué à 6 (+5/-2).
Je suis assez d'accord sur le fond. Porter plainte n'est pas un préjudice; bien sûr, c'est un acte politique, et le ministère de l'Intérieur aurait pu demander au préfet de ne pas le faire. Mais c'est la justice qui est garante des libertés d'expression, pas le ministère de l'intérieur. Je ne vois pas comment cette affaire ne peut amener quoi que ce soit d'autre qu'un non-lieu sur le plan pénal, ce que le ministère sait pertinemment.
Au cas où ça ne paraitrait pas clair pour tout le monde, les policiers et les gendarmes sont des gens, et ils obéissent à leur hiérarchie s'il le veulent. S'ils ne le veulent pas, ils n'obéissent pas. Ils peuvent alors être sanctionnés et révoqués, mais les sanctions ne font pas obéir les gens. Les gouvernements, quel que soit leur bord politique, s'ils souhaitent que les policiers et les gendarmes fassent à peu près ce qu'ils veulent (y compris protéger les bâtiments officiels contre les insurrections, etc), doivent manier la carotte avant le bâton. Et apparaitre officiellement de leur côté en portant plainte contre les messages politiques qui les visent, ça revient à s'afficher de leur côté sans que ça coûte beaucoup. Et tout ça, évidemment, c'est sans rapport avec le fond du message. Si le message était "Les policiers votent RN", il y aurait eu une plainte aussi, même si c'est vrai.
C'est le même processus pour n'importe quel ministère, avec des moyens différents. Si le gouvernement affiche un objectif de -20% dans les effectifs de l'éducation nationale, le ministre de l'EN va aller raconter aux micros qu'il va immédiatement demander à rencontrer le premier ministre, le président, le pape, et n'importe qui d'autre; même si c'est évidemment complètement bidon; tu ne peux pas espérer que tes consignes soient respectées si tous tes sous-fiffres (y compris la hiérarchie intermédiaire) te détestent…