arnaudus a écrit 5807 commentaires

  • [^] # Re: Tu es dans ton bon droit CADA

    Posté par  . En réponse au lien Jugement: les scans 3D de Rodin ne sont pas des documents, le droit d'accès ne s'applique pas. Évalué à 5 (+2/-0).

    ce que je ne comprends pas c'est pourquoi on laisse aux juges le soin statuer sur les cas non prévu

    La loi ne peut pas prévoir ses collisions potentielles avec les centaines ou les milliers d'autres lois qui existent. Tu vas au tribunal, tu dis "j'ai respecté la loi", l'avocat adverse dit "vous avez respecté telle loi, mais pas telle et telle autre loi", ton avocat répond "la loi machin ne s'applique pas ici pour telle et telle raison, et l'autre loi ne pouvait pas s'appliquer parce qu'elle a été publiée après le délit", bref, tout le monde donne ses arguments, et le juge évalue la qualité technique de ces arguments. Je ne vois pas comment tu peux renvoyer tous les cas devant le législateur, c'est le travail des juges d'appliquer les lois.

    Un cas non-prévu typique, c'est par exemple la propriété intellectuelle qui interdit la copie par une liste de méthodes, et ajoute "et tout autre procédé". Il est évident que le législateur demande au juge d'estimer par lui-même que la méthode en question relève de "tout autre procédé" ou non. Est-ce que l'entrainement d'un LLM est une copie "par tout autre procédé"? C'est évidemment un cas que le législateur n'avait pas prévu, pourtant il faut une réponse.

  • [^] # Re: Tu es dans ton bon droit CADA

    Posté par  . En réponse au lien Jugement: les scans 3D de Rodin ne sont pas des documents, le droit d'accès ne s'applique pas. Évalué à 6 (+3/-0).

    Le citoyen est censé les respecter mais en pratique faut être un pro pour être sûr d'être dans les clous ?

    On ne parle pas réellement d'ambiguité au niveau de la rédaction de la loi; le code de la propriété intellectuelle est assez clair en général, et il a résisté à beaucoup d'évolutions technologiques sans trop de changements. Ce que le citoyen peut ne pas comprendre c'est que ce code n'existe pas seul dans l'éther : il existe des centaines d'autres lois dans plein d'autres domaines qui peuvent, au cas par cas, entrer en contradiction avec ce qu'on pourrait naïvement déduire du CPI. Typiquement, le CPI te donne le droit de diffuser librement une oeuvre du domaine public (tant que le droit moral est respecté), mais il ne te donne pas le droit de photographier cette oeuvre dans un lieu privé. Moi le premier, il y a 20 ans, j'avais lu le code de la propriété intellectuelle et j'étais persuadé que Wikipédia avait le droit de diffuser des tableaux dont l'auteur était mort il y a plus de 70 ans. Sauf que non, il y a plein de lois qui peuvent t'empêcher de le faire, c'est juste que tu ne les connais pas forcément.

    L'aveu d'échec, c'est peut-être que le monde est complexe. Refaire une installation électrique aux normes est complexe, installer un système d'exploitation est complexe, gérer un restaurant est complexe, etc. Le droit est donc complexe parce que le monde est complexe, et il n'est pas étonnant de devoir avoir à contacter un professionnel dès que tu veux faire quelque chose qui n'est pas trivial. Internet a notamment donné à tous la possibilité technique de publier des choses; alors que jusque là la publication était affaire de professionnels, qui avaient des juristes à leur disposition. Du coup, le particulier s'improvise éditeur de presse, et il se retrouve à poil devant les sociétés d'ayant droit. Pas très différent sur le fond du gars qui a voulu refaire son tableau électrique sur la base de vidéos youtube, a foutu le feu chez lui, et doit maintenant faire face aux juristes de son assurance.

    je trouve aberrant que des juges puissent créer ce qu'on appelle une "jurisprudence" pour combler une ambiguïté ou une lacune de la loi

    C'est pourtant leur travail. Et encore, c'est beaucoup moins que dans un régime anglo-saxon. Ça ne me choque pas que le système s'organise autour de l'idée de rendre des décisions qui sont aussi cohérentes possibles entre elles, c'est à ça que sert la jurisprudence (rendre les cas théoriquement ambigus plus prévisibles que s'ils étaient rejugés de zéro à chaque fois).

    ils sont supposés deviner les pensées non ou mal exprimées du législateur

    Tu as vu qui c'est, le législateur? Heureusement que les lois ne sont pas appliquées telles quelles, il est totalement évident que dans de nombreux cas, appliquer la loi automatiquement conduirait à des absurdités. C'est justement l'argument majeur contre les peines plancher par exemple; le législateur ne peut pas tout prévoir, et le juge est le seul niveau qui peut faire preuve de "bon sens" en cas de bug dans la loi.

  • [^] # Re: Tu es dans ton bon droit CADA

    Posté par  . En réponse au lien Jugement: les scans 3D de Rodin ne sont pas des documents, le droit d'accès ne s'applique pas. Évalué à 5 (+2/-0).

    Ça sera donc un peu la même chose qu'avec des photos 2D. Note qu'avec quelques photos 2D prises autour d'une statue, tu peux relativement bien reconstituer la 3D (assez bien pour faire une reproduction à l'imprimante 3D, par exemple).

    Un argument souvent avancé est celui du bénéfice de l'existence des musées pour la société. Les musées sont souvent des structures non lucratives avec des objectifs au profit de la société et du monde de la culture; leur équilibre budgétaire est souvent mis en avant dans les discussions au tribunal, sur le mode "jamais le législateur n'aurait voulu que cette loi puisse entrainer la ruine et la fermeture d'une institution", etc etc. Donc même si le code de la propriété intellectuelle autorise la diffusion d'oeuvres du domaine public, si la diffusion de ces oeuvres nuit à l'équilibre financier des musées (par exemple en s'opposant la diffusion exclusive de recueils de photographie etc), alors les tribunaux peuvent considérer qu'ils doivent privilégier l'intérêt "commun" que serait celui des musées. C'est un raisonnement largement contestable parce que dans la culture du libre on considère que la diffusion est un objectif encore plus "commun" que l'exposition des oeuvres originales, mais c'est le genre de choses qui sont réellement discutées dans les tribunaux. Dans le cas présent, j'imagine que l'argument "Le législateur n'aurait jamais pu concevoir une loi qui forcerait une administration à remettre en question son existence par la diffusion de ses propres fichiers", et l'argument ne me semble pas absurde : le législateur n'a pas pu imaginer que la diffusion de tels fichiers pourrait nuire à ce point à l'organisme à qui on demande de les diffuser (parce que l'organisme tire des revenus de cette exclusivité). On peut bien sûr émettre des contre-arguments, mais rien ne permet de conclure tout de suite que le tribunal a émis des conclusions ridicules seulement à partir de la seule propriété intellectuelle, sans considération des autres droits en question.

  • [^] # Re: Tu es dans ton bon droit CADA

    Posté par  . En réponse au lien Jugement: les scans 3D de Rodin ne sont pas des documents, le droit d'accès ne s'applique pas. Évalué à 7 (+4/-0). Dernière modification le 05 octobre 2026 à 14:47.

    Le droit est affaire de spécialistes. Là on a juste une diatribe issue de quelqu'un qui a perdu au tribunal et qui explique à quel point les arguments de la partie adverse étaient absurdes, en insinue également que la justice puisse ne pas avoir été impartiale, voire instrumentalisée ou corrompue (ce qui est théoriquement passible de poursuites, même si c'était vrai).

    En réalité, les droits sont souvent contradictoires. Une loi donne le droit de faire quelque chose, une autre loi l'interdit, et c'est au tribunal de trancher. Le musée Rodin n'est pas seulement propriétaire des oeuvres, il est aussi légataire des droits moraux du sculpteur, même si les droits patrimoniaux sont éteints. J'imagine que l'argument a du poids, quelque chose d'aussi ridicule que "le scultpeur n'aurait jamais accepté de voir son oeuvre diffusée sous forme de coordonnées spatiales" est un argument juridique qui demande à être discuté.

    Sur le fond, j'ai souvenir de ce genre de discussion depuis aussi longtemps que je me souvienne. L'exemple typique est la reproduction d'oeuvres 2D du domaine public; beaucoup de musées interdisent ou réglementent les prises de vue, ce qui fait que l'image d'un tableau diffusée sous le régime du "domaine public" par exemple sur Wikipédia est forcément d'origine douteuse : soit issue d'un scan d'une photographie officielle sur laquelle le musée prétend posséder des droits d'auteur, soit une photo "pirate" qui n'a pas pu être réalisée sans violer le règlement intérieur. Les décisions des tribunaux m'ont toujours semblé totalement absurdes sur ce genre de problèmes; parfois il reconnaissait un droit d'auteur "fantaisiste" au photographe , parfois il reconnaissait (inventent?) un droit au propriétaire de jouir des revenus de la commercialisation de l'oeuvre, parfois il demandait au plaignant de prouver l'origine illégale, et parfois c'était au diffuseur de justifier l'origine légale, bref, aucune logique apparente. En fait, le code de la propriété intellectuelle n'a pas une valeur supérieure aux autres lois, et par exemple, si son application cause un préjudice important, le tribunal peut faire cesser le "trouble" même si la diffusion de l'oeuvre en elle-même était légale. C'est bizarre quand on n'y connait rien au droit, mais c'est comme ça que ça fonctionne.

    Un parallèle bancal, c'est qu'on peut être condamné pour avoir bouché la vue sur la mer à ses voisins alors qu'on avait un permis de construire. La construction est légale mais elle cause un préjudice à un tiers. Là c'est un peu le même genre de dilemme; la diffusion de tels fichiers serait légale mais elle causerait un préjudice au propriétaire de ces fichiers, ce qui peut justifier l'autorisation de les garder privés. Quand les lois sont trop contradictoires, il faut saisir un député intéressé pour que la question soit réglée par la loi plutôt que par l'arbitraire des tribunaux.

  • [^] # Re: Alors pour qui voter?

    Posté par  . En réponse au lien L’extrême droite prépare un coup d’État institutionnel. Évalué à 0 (+0/-3).

    En cas de duel Mélenchon / Le Pen s’abstenir ou voter blanc c'est choisir la peste.

    À chacun ses lignes rouges. Pour moi, le danger principal c'est l'instauration d'un régime autoritaire qui bloquerait l'alternance démocratique, et je ne suis pas du tout sûr que la tentation autoritaire soit différente dans les deux camps.

    Je trouve que l'expression "les deux extrêmes se valent" est caricaturale. Personne ne prétend que c'est la même chose, mais plutôt que les deux sont également "non-souhaitables". Changer le climat par +4°C ou -4°C n'est clairement pas pareil, mais je comprends l'idée de ne voter pour aucun des deux.

    populisme contre-productif

    C'est toi qui le dis. Si l'objectif est d'exister au 1er tour, si on en juge les sondages, ça a l'air de plutôt bien marcher. Évidemment, si l'objectif est de participer à la mise en place d'un gouvernement de gauche, non, mais je pense qu'il est maintenant évident que ça n'est pas la stratégie de LFI, qui semble planifier un coup de billard à 18 bandes: perdre ce coup là, puisque JL Mélanchon est systématiquement le "pire" candidat pour un duel contre le RN, mais s'affirmer en seule force d'opposition.

  • [^] # Re: ça craint !

    Posté par  . En réponse au lien L’extrême droite prépare un coup d’État institutionnel. Évalué à 1 (+5/-7). Dernière modification le 01 octobre 2026 à 09:57.

    C'est bien toute la stratégie du «dog whistle»: un double discours que les électeurs comprennent mais que les sympathisants peuvent nier comme tu le fais.

    Je te la fais courte : LFI drague de manière concupiscente l'électorat des «banlieues», jeune et historiquement absentioniste. Pour faire ça, ils adoptent une complaisance contre-nature avec les bigots musulmans, y compris salafistes, qui défendent pourtant des positions qu'on pourrait trouver tout à fait compatibles avec l'extrême droite traditionaliste. En parallèle, LFI lorgne également beaucoup sur les mouvements populistes comme les gilets jaunes, qui ont également de forts relents de nationalisme "naif" (les étrangers volent les emplois, les banques sont détenues par les juifs, etc). L'antisémitisme fait partie du «paquet» de compromissions qu'il faut bien accepter pour fédérer au-dela du maigrichon électorat de gauche radical qui a survécu au XXe siècle. Paradoxalement, c'est bien cet électorat qui milite pour LFI, mais ce ne sont pas eux qui peuvent leur faire gagner les élections.

    Comme je l'ai écris au-dessus, je ne pense pas que les cadres de LFI soient particulièrement antisémites. C'est juste une stratégie électorale de mettre un coup de sifflet à chien de temps en temps pour bien faire comprendre que LFI est compatible avec par exemple les valeurs "Dieudonnistes" et ces espèces de courants mouvants qui sont issus de la gauche mais qui adoptent de nombreuses valeurs de l'extrême droite (gilets jaunes, agriculteurs…). De manière plus générale, il semble que la stratégie électorale de LFI assume un discours décorrélé du programme. Par exemple, en ce moment, les cadres LFI sont sur des barricades qui chantent «brûlez les profs, brûlez les lycées» etc, ce qui à ma connaissance ne correspond pas vraiment au programme du parti : nécessité fait loi, et LFI sait mieux que tout le monde qu'on ne gagne pas une élection avec un programme progressiste, il faut "fédérer" en apparaissant comme compatible avec une base électorale beaucoup plus large, et au passage, créer un maximum de désordre social (encourager les émeutes urbaines, ralentir le travail parlementaire, etc). Quand on veut juste gagner quel qu'en soit le prix, on peut s'abaisser à toutes sortes de compromissions.

  • [^] # Re: ça craint !

    Posté par  . En réponse au lien L’extrême droite prépare un coup d’État institutionnel. Évalué à -5 (+2/-10).

    Ils me semblent l'assumer autant qu'on puisse le faire dans un pays où l'expression de ces "opinions" est passible de poursuites judiciaires et d'inéligibilité…. C'est quand même quelque chose qui me semble très difficile à retirer de l'équation.

    Si tu vas par là, je ne suis pas convaincu que LFI assume mieux leur discours antisémite : ça reste cryptique, et ça suffit pour que les électeurs comprennent sans risquer d'aller en prison. Mais la différence, c'est que je ne suis pas sûr du tout que les cadres de LFI soient réellement antisémites; ils ne le suggèrent que par intérêt électoraliste. Je n'arrive pas à me décider si je trouve ça pire ou pas.

  • [^] # Re: ça craint !

    Posté par  . En réponse au lien L’extrême droite prépare un coup d’État institutionnel. Évalué à 2 (+3/-4).

    Au passage, sur l'ultralibéralisme, tu es incohérent. Aucun parti d'extrême droite historique n'a jamais été libéral, ni les SS, ni les fascistes, etc. Les libéraux sont des progressistes, ils mettent les libertés individuelles et la libre circulation au-dessus du pouvoir des États, c'est virtuellement l'exact contraire du nationalisme. Les marqueurs de l'ultralibéralisme sont la disparition des services publics, la libre circulation des biens et des personnes, la dérégulation de l'économie, et l'effacement de l'État dans le contrôle de l'économie; je ne connais pas le programme du RN mais j'imagine que tu vas avoir du mal à y trouver de telles idées… Si tu veux dire que le RN est totalement compatible avec le capitalisme de droite traditonnelle, alors oui, c'est vrai. Mais c'est vrai pour le régime de Poutine aussi, par exemple, et personne n'aurait l'idée saugrenue de traiter Poutine d'ultralibéral :-D

  • [^] # Re: ça craint !

    Posté par  . En réponse au lien L’extrême droite prépare un coup d’État institutionnel. Évalué à -9 (+1/-13).

    Il faut avouer qu'il y a de quoi être décontenancés; techniquement on ne peut pas voter contre un candidat, il faut voter pour un d'entre eux. Et quand tu ne vois pas pour qui tu pourrais bien voter…

    Tu retires quand même quelque chose au RN : ils sont probablement plus sincères que les autres. Ils ont un programme raciste et sont réellement racistes, ils ont un programme nationaliste et sont réellement nationalistes. C'est terrible à dire, mais l'extrême droite a des "valeurs", et ils assument ces valeurs, c'est bien les seuls.

  • [^] # Re: Alors pour qui voter?

    Posté par  . En réponse au lien L’extrême droite prépare un coup d’État institutionnel. Évalué à 5 (+6/-4).

    Je pense être plus ou moins de gauche et je n'ai aucun problème à assumer les mettre au même niveau : il s'agit d'un parti radical qui adopte une stratégie populiste en déféquant sur de nombreuses valeurs traditionnelles de la gauche républicaine (l'anticléricalisme, l'universalisme, la défense du rôle central de la fonction publique, le progressisme…). C'est pas très compatible avec le soutien aux régimes autoritaires, les alliances contre-nature avec les bigots salafistes, ou le tir de mortier sur les établissements scolaires…

  • [^] # Re: Niveau de difficulté

    Posté par  . En réponse au journal De 4×4 à 5×5 : quand mon générateur de grilles ne finissait plus. Évalué à 4 (+1/-0).

    J'ai l'impression que ce que tu cherches, c'est de mesurer la difficulté d'un puzzle, et éventuellement de pouvoir générer des puzzles d'une difficulté donnée. Ça n'est pas évident, mais je ne pense pas que ta piste est très généralisable : ton algorithme va produire une sous-catégorie de solutions très restreinte, qui ne va jamais représenter toute la complexité des situations.

    Pour calculer la difficulté, on doit pouvoir se baser sur le nombre et la profondeur des branches qui ne mènent pas à la solution, mais ça reste potentiellement loin du ressenti subjectif des joueurs.

    Si j'en crois les applications commerciales existantes, il semble plus facile de gérer la difficulté des puzzles en ajoutant des chiffres pour faciliter la situation de départ, soit dans la grille, soit sur les bords. L'avantage de jouer avec les chiffres sur les bords c'est qu'il est très difficile de se rendre compte que l'on est aidé.

    Et pour créer les puzzles, ce que je ferais, c'est simplement de générer une grille complète, et de retirer les chiffres des bords au hasard jusqu'à ne plus avoir de solutions uniques. Ça me semble être en O(n).

  • # Niveau de difficulté

    Posté par  . En réponse au journal De 4×4 à 5×5 : quand mon générateur de grilles ne finissait plus. Évalué à 5 (+2/-0).

    J’ai placé trois immeubles de hauteur 5. Ensuite, plus rien.

    Je pense que c'est parce qu'il faut utiliser d'autres techniques pour progresser, mais c'est complètement faisable. Par exemple, colonne 2, tu ne peux avoir que 1/2, 2/3, 3/4 sur les trois premières. La 3e colonne ne peut donc commencer que par 3 ou 4, et la première colonne par 2 ou 3. La 2e ligne ne peut commencer que par 4 (ce qui te fait donc un chiffre de plus), en haut à droite c'est forcément un 4 aussi, donc la première ligne c'est forcément 2, 1, 3 (5, 4 déja placés). En bas à droite, c'est forcément un 3, et au dessus c'est 1/2, etc.

    La déduction doit donc pouvoir t'amener jusqu'au bout, c'est juste plus difficile parce qu'il y a des incertitudes. Autrement c'est trop facile!

  • [^] # Re: D'abord tenter le facile

    Posté par  . En réponse au message connexion imprimante. Évalué à 4 (+1/-0).

    D'après Wikipédia: "Une grave vulnérabilité de la méthode PIN a été démontrée le 26 décembre 2011 (…). Aujourd'hui, il est fortement déconseillé de recourir à ce protocole.".

  • [^] # Re: D'abord tenter le facile

    Posté par  . En réponse au message connexion imprimante. Évalué à 3 (+0/-0). Dernière modification le 28 septembre 2026 à 16:59.

    Taper un mot de passe wifi ésotérique de 25 lettres + caractères spéciaux avec ses gros doigts sur un clavier virtuel minuscule pas prévu pour ça, j'ai du mal à appeler ça une "solution", surtout qu'un écran n'est pas nécessaire au fonctionnement d'une imprimante. J'ai juste l'impression qu'il n'y a pas de solution, tout est pourri :

    • ajouter un dispositif (écran + clavier) juste pour cette étape -> gros gachis
    • config par un PC branché en filaire: geekesque, quid si pas de PC (de plus en plus fréquent dans les foyers), logiciel souvent propriétaire et/ou mac/Windows
    • config par ethernet: quid si pas d'ethernet (box colective ou planquée à la cave?)
    • config par smartphone: nécessite le bluetooth + appli propriétaire

    Il semble manquer une technologie d'autorisation (peut-être temporaire) de connexion par la box, sur le modèle du bluetooth. On enclenche un mode d'activation sur l'imprimante, on se connecte à sa box à partir de son PC, la box dit "une demande de connexion temporaire en cours, approuver oui/non", on clique "oui", la box ouvre une connexion restreinte vers le matériel (juste le port 80 par ex et juste local), on se connecte à l'imprimante à partir du PC, on entre le mdp wifi, on valide, et zou. Quand la doc commence par "brancher un cable USB (non fourni ) à un PC (non fourni) sous MS Windows (non fourni)", tu sens que ça va être une grosse soirée…

  • [^] # Re: D'abord tenter le facile

    Posté par  . En réponse au message connexion imprimante. Évalué à 4 (+1/-0). Dernière modification le 28 septembre 2026 à 14:27.

    L'installation des imprimantes wifi pose un problème d'oeuf et de poule : il faut connecter un ordinateur à l'imprimante par un autre moyen que le wifi pour accéder au menu permettant à l'imprimante de se connecter au Wifi.

    Sur les modèles que j'ai configurés, cette étape se déroulait à l'aide d'un cable USB, qu'on branche entre l'imprimante et l'ordinateur. On peut alors depuis l'ordinateur accéder à un menu (en tapant une adresse dans le navigateur, ou en utilisant un logiciel fourni sur un CD quand ça existait encore) où on choisit le réseau wifi sur l'imprimante + mot de passe, l'imprimante peut alors se connecter au wifi, et on peut débrancher le cable USB.

    Pour être honnête, je me suis toujours demandé comment une personne "normale" pouvait faire pour s'en sortir avec une telle procédure. De manière générale, tout appareil connecté passant par le wifi doit être muni d'une technologie à usage quasiment unique destinée à entrer le mot de passe du wifi : clavier, connexion bluetooth, connexion par cable USB, etc., ce qui occasionne un surcoût (composants électroniques à usage unique) et une procédure souvent complexe, non-intuitive, et intrusive (installation de logiciels ou d'applications propriétaires sur des équipements personnels). Il y a quelque chose qui est fondamentalement pas au point avec ces appareils.

  • [^] # Re: Stockfish est les deux

    Posté par  . En réponse au journal Ecrire un moteur d'échecs surhumain - Partie 1. Évalué à 6 (+3/-0).

    En fait, le meilleur coup de l'ordinateur n'est pas forcément le meilleur coup pour un humain, parce que l'humain est faillible et qu'on ne peut exclure la possibilité de faire une erreur, surtout si la position est complexe et que la ligne qui permet le gain est longue et unique. Ça ne sert à rien de connaitre la meilleure ligne si on ne connait pas la réfutation des lignes secondaires.

    Ceci dit, savoir qu'une ligne est bonne change quand même largement la donne : il suffit de "chercher" la solution. C'est très différent que de devoir évaluer si la ligne est mauvaise ou non, surtout si elle a l'air mauvaise.

    Bizarrement, on aurait pu penser que l'utilisation massive des ordinateurs allait tuer les échecs, alors que c'est plutôt le contraire : on voit beaucoup de préparation sur des ouvertures nouvelles, dont le but n'est pas forcément de jouer la meilleure suite de coups, mais plutôt une suite pas trop mauvaise mais surtout inattendue. Ça n'aurait aucune chance de marcher contre un ordinateur, mais contre un humain, l'avantage est immédiat, puisque quand on jour une nouvelle ligne on joue contre un humain, et pas contre un ordi.

  • # Pari de Pascal

    Posté par  . En réponse au lien A Longtermist Effective Altruist Argument That We Must Invest All of Our Money in Time Travel. Évalué à 4 (+2/-1).

    Ça me semble relever du même type d'argument fallacieux que le pari de Pascal : tu as deux options, une option t'offre une perte finie, une option t'offre un gain infini, et la "logique" de Pascal te dit de parier sur l'option du gain parce que l'espérance est infinie. C'est une situation où le raisonnement Bayesien (interprétation d'une incertitude comme une probabilité) n'est pas valable, et je pense que ça a été bien bien commenté par les philosophes. L'argument du pari ne fonctionne pas, parce que vivre dans un univers où le voyage dans le temps est possible est un évènement qui a peut-être une probabilité nulle, auquel cas il faut investir l'argent dans la lutte contre la faim ou le réchauffement climatique, et pas dans un projet foireux.

    C'est surprenant que ce type d'argument puisse encore avoir un certain succès. C'est comme l'argument ontologique, c'est le genre de jeu de l'esprit où il est évident que l'argument ne peut pas être vrai, mais que la source du problème dans l'énoncé n'est pas évidente. C'est étonnant que certain puisse considérer le "jeu" de manière sérieuse.

  • [^] # Re: Stockfish est les deux

    Posté par  . En réponse au journal Ecrire un moteur d'échecs surhumain - Partie 1. Évalué à 5 (+2/-0).

    L'état de l'art change vite, mais la clé de tout c'est bien l'évaluation des positions sans minimax qui donne un avantage à Stockfish. Le réseau de neurones permet à Stockfish d'évaluer les branches de l'arbre et de ne parcourir que celles qui sont prometteuses, donc justement de ne pas faire du minimax dans les branches pour les évaluer.

    Du point de vue algorithmique, c'est vrai que ça ressemble à un algo classique (qui évaluerait les position en comptant les pièces par exemple), mais quand tu comprends ce qu'il fait, tu te rends compte que le réseau permet de remplacer l'exploration des branches, donc justement de ne pas faire de minimax.

    Étrangement, il semble que le plus gros défi pour les programmes d'échecs n'est pas de battre les humains (ça c'est piece of cake), mais de proposer des adversaires intéressants. Même avec un réglage du niveau, les ordinateurs ne proposent pas du tout le même type d'opposition qu'un humain, et je pense que c'est à tous les niveaux. J'imagine qu'entrainer un modèle sur des bases de parties humaines pourrait permettre d'améliorer ça.

  • [^] # Re: C’est pas bête

    Posté par  . En réponse au journal La folle histoire des noms de domaine internationalisés. Évalué à 3 (+0/-0).

    Je ne suis pas certain que les variations de la Bourse soient réellement aussi aléatoires, du moins à court terme.

    Les variations de la bourse ne sont pas aléatoires, mais si ton hash est équiprobable, ça n'est pas important. Un caractère de différence dans l'entrée va te donner des hashs aussi différents que deux entrées aléatoires.

    Ce genre d'algorithme ne doit par contre jamais être utilisé pour des applications sérieuses, puisque les données d'entrée sont en théorie manipulables.

  • [^] # Re: Ho un voile !

    Posté par  . En réponse au journal Un commun accord, assemblée citoyenne pour influencer (en bien) la présidentielle. Évalué à 3 (+4/-4).

    Au delà d'un risque de pénurie, il y a un risque d'une envolée du coût

    Comme je l'ai écrit, il n'y a pas de risque de pénurie : 80% de l'uranium enrichi que l'on produit est exporté.

    Et comme dit plus bas, le coût de l'uranium est quasiment négligeable dans le coût de l'électrcité nucléaire. L'approvisionnement n'est pas un problème stratégique majeur, l'argument est "inventé". Une augmentation du prix ou une raréfaction de la ressource justifierait l'ouverture de mines en France, ce qui couvrirait nos besoins pour des décennies.

    Ah OK… Débat clos.

    Ma remarque était sérieuse : "renouvelable" n'est pas un mot magique. Le fer n'est pas renouvelable, pourtant, il n'y a aucune raison de penser que l'approvisionnement en fer puisse poser un problème. Pourquoi est-ce que tu as l'air de penser qu'il est évident que le fait de ne pas être renouvelable est un problème essentiel?

    L'union Européenne propose une liste de 34 matériaux bruts dont l'approvisionnement est critique (https://travail-industrie.com/blog/article-titre/metaux-critiques-dependance-europeenne-2026, https://single-market-economy.ec.europa.eu/sectors/raw-materials/areas-specific-interest/critical-raw-materials_en), et l'uranium n'en fait pas partie.

    Donc : l'uranium n'est pas renouvelable, mais l'approvisionnement en uranium n'est pas un problème. Il y en a assez, un peu partout, les stocks stratégiques sont gros, il n'en faut pas beaucoup, et il est substituable à long terme. Présenter l'approvisionnement en uranium comme un problème stratégique critique est un argument issu à l'origine de la communication de Greenpeace, il n'y en a aucune mention dans aucun rapport officiel. Les états et les industriels n'ont apparemment jamais identifié un risque sérieux sur l'approvisionnement en uranium, et je pense que c'est exactement ce qu'on appelle une "fake news".

  • [^] # Re: Mmmh

    Posté par  . En réponse au journal Pourquoi tout le monde en parle ?. Évalué à 5 (+2/-0).

    À ma connaissance, on ne comprends pas bien les pressions de sélection sur l'intelligence. Il semble très peu probable que l'intelligence en tant que telle soit inconditionnellement favorable, puisque peu d'espèces ont évolué dans cette direction. Disons que le coût énergétique et métabolique d'avoir un cerveau un peu plus gros est probablement, dans la plupart des contextes, plus important que le bénéfice qu'un individu peut en tirer.

    Pourquoi les primates, et l'Homme en particulier, semblent avoir été dans une situation où le développement des facultés cognitives a été avantageux? L'avantage doit être énorme, pour supplanter la mortalité liée aux accouchements de bébés qui coincent leur grosse tête. Le plus probable est donc que l'intelligence soit liée à la compétition entre humains—résoudre des problèmes sociaux dans un environnement où les autres humains sont aussi intelligents-- plutôt qu'à résoudre des problèmes de survie dans la nature. Notre gros cerveau sert à être meilleur que les autres humains, à accéder à plus de ressources à leur détriment dans un contexte social complexe.

  • [^] # Re: Mes deux centimes — 36 15 ma vie

    Posté par  . En réponse au journal Pourquoi tout le monde en parle ?. Évalué à 6 (+3/-0).

    Je pense qu'on a aussi largement tendance à sous-estimer la technicité d'écrire un prompt efficace pour générer des documents. Mais c'est évident que si tu lui donnes une trame (un brouillon ou un plan), tu vas avoir un résultat qui est beaucoup plus en ligne avec tes attentes.

    Tu as aussi LLM et LLM. Il y a fort à parier que tu n'auras pas grand chose de convainquant avec la version de base d'un petit modèle, mais si tu as accès à des abonnements pro et des systèmes optimisés pour la rédaction, avec un prompt maison bien chiadé (j'imagine que c'est typiquement ce que font les cabinets de conseil et tous les trucs qui rédigent des rapports à la pelle), tu dois pouvoir obtenir des choses assez convainquantes.

    Et si tu préfères ta prose à celle d'un LLM, tant mieux, c'est quand même assez rassurant. Un expert humain amène quand même quelque chose, un peu de subjectivité ou d'expérience, qu'aucun robot n'aura jamais.

    Par contre, je ne suis pas convaincu par l'idée du corpus d'entrainement. Les LLM de pointe de 2026 n'ont plus grand chose à voir avec ceux de 2023, et leurs capacités d'extrapolation sont quand même assez remarquables dans pas mal de circonstances. Par contre ils peuvent se planter à des endroits où on ne les attend pas (par exemple, la géométrie, comme illustré dans ce forum). À un moment il se disait par exemple qu'ils n'avaient pas de modèle du monde physique et qu'ils échouaient systématiquement à des trucs élémentaires basés sur des situations faisant intervenir la gravité, les frottements, etc., mais c'est résolu depuis longtemps. Une question comme "pourquoi une banane ne peut pas tenir en équilibre alors que deux bananes le peuvent" donne une réponse quasi-parfaite même avec des petits modèles. Étonnamment, il est donc possible de construire une compréhension apparente du monde physique sur la base de simple mots.

  • [^] # Re: Mes deux centimes — 36 15 ma vie

    Posté par  . En réponse au journal Pourquoi tout le monde en parle ?. Évalué à 10 (+9/-1).

    Ce qu'on oublie souvent de reconnaître, c'est que nous les humains mimons beaucoup aussi

    Ça me rappelle un documentaire que j'avais vu il y a longtemps, où un chimpanzé allumait un barbecue avec un briquet. Un ethnologique pédant commentait alors la scène, en relativisant l'intelligence de l'animal : il ne fallait pas oublier que même si le chimpanzé avait appris à utiliser un briquet par mimétisme, il avait fallu qu'un humain le lui donne, ce qui prouvait en quelque sorte que son intelligence était inférieure. Je suis tombé immédiatement d'admiration pour cet ethnologue surprenant qui, apparemment, avait inventé lui-même le feu et le briquet, et se fabriquait probablement ses propres briquets à partir d'éléments naturels.

    À trop vouloir se distinguer des animaux et des LLM, on finit facilement par raconter n'importe quoi sur l'intelligence humaine.

  • [^] # Re: Mes deux centimes — 36 15 ma vie

    Posté par  . En réponse au journal Pourquoi tout le monde en parle ?. Évalué à 9 (+6/-0).

    Je crois que j'ai eu tort de mettre ensemble le problème de l'intelligence et de la conscience, qui restent deux problèmes fondamentalement séparés. Ce n'est que mon avis, mais je n'ai pas d'opinion franche sur la conscience, et donc c'est plus difficile de débattre. Pour l'intelligence par contre, je suis frustré par la mauvaise foi de certains, qui me semblent nier l'évidence parce que la réalité ne colle pas avec leurs préconceptions.

    Pas certain que la dichotomie que vous proposez couvre l'ensemble du spectre des définitions de l'intelligence.

    C'est probablement vrai, mais il y a probablement une définition par personne…

    Mais une telle définition est-elle sérieusement envisagée par quiconque ?

    C'est clairement le cas pour la conscience. De nombreuses personnes, y compris des philosophes, lient la conscience avec le "ressenti" des sens, les "qualia". Une telle définition de la conscience semble organique par définition, et ne peut se concevoir en dehors d'un organisme biologique.

    L'exemple typique, c'est le sentiment de peur. Si on admet pour l'exercice de pensée que la peur est nécessaire à la définition d'une conscience (la peur de disparaitre, d'être débranché, la peur de faire une erreur aux conséquences fâcheuses, etc), alors tout va dépendre de la définition de peur. Si c'est une définition fonctionnelle, alors un ordinateur peut avoir peur. Si c'est une définition organique (par exemple, associée à des phénomènes hormonaux), alors par définition un ordinateur ne peut pas "ressentir" la peur.

    J'ai aussi l'impression qu'il y a énormément de restes de dualisme dans ces discussions. Si un être pensant est la conjonction d'un corps et d'un esprit, alors le corps est matériel, comme peut l'être un GPU ou un serveur, mais l'esprit est immatériel, animé d'une sorte de magie ou de "souffle de vie", qu'un ordinateur ne saurait posséder. Là encore, la réponse est dans la définition.

    Parmi les prémisses fondamentales à toute discussion, il y a l'adoption d'une posture fonctionnaliste : il faut que les propriétés émergentes dont on parle (la conscience, l'intelligence…) ne soient pas dépendantes de la nature de leur support ou des technologies sous-jacentes. Or, j'ai l'impression justement que toute discussion avec les tenants des LLM idiots part du supposé contraire : un ordinateur ne peut pas "ressentir", il ne peut pas "réfléchir", c'est "juste une machine". Dès le départ, la discussion est impossible.

    En tout cas, l'argument empirique le plus puissant à mon avis est le suivant : jamais dans l'histoire des sciences un point de vue vrai n'a pu survivre que par des redéfinitions constantes de ses définitions et des exceptions qui lui sont associées. En gros, quand c'est vrai, c'était vrai dès le début, et ça n'est jamais devenu vrai "d'une certaine façon" : quand on commence à dire "d'une certaine façon", alors c'est que ça devient faux, pas vrai. Or, la supériorité de l'intelligence humaine sur celle les machines ne peut rester vraie que si on change encore et encore la définition. Jusqu'au milieu du XXe siècle, le summum de l'intelligence humaine était le jeu d'échecs, les grandes puissances rivalisaient pour y gagner de la même manière que la course à la lune était un objectif de dominance technologique. Et paf, dès que les ordinateurs ont réussi à battre les humains, d'un coup, le jeu d'échecs est devenu "évidemment" un exercice de calcul, l'intelligence était "bien au delà de ça". Les nouvelles frontières sont devenues la maitrise du langage : le test de Turing, la traduction automatique, la sémantique, etc; là encore, c'était évident qu'aucun ordinateur non-intelligent ne pourrait maitriser le langage humain. Et pouf les LLM de 2023 ont tout défoncé, alors on rechange complètement de définition : ah ah, c'est évident que les LLM ne font que simuler l'intelligence et la maitrise du langage alors que derrière il n'y a rien; non, le vrai critère d'intelligence c'est la pensée symbolique : les mathématiques; les LLM sont ridicules et ne peuvent faire une addition. Et crac 2026, les LLM médaille d'or aux plus difficiles concours de maths, des dizaines de problème d'Erdös résolus à partir de leur énoncé en langage naturel, les modèles utilisés par tous les mathématiciens pour les assister dans leurs recherche, et très récemment les progrès substantiels (et controversés) réalisés sur un des problèmes du siècle. Paf, re-changement drastique : ah ah, évidemment, avec du calcul, c'est trivial de résoudre des trucs comme ça… À ma connaissance, il n'y a pas (plus?) de nouvelle frontière très claire, mais ça va encore apparaitre, et ça va encore être défoncé, mais les défenseurs de la thèse du "perroquet stochastique" vont continuer à nier l'évidence. Moi ça me fatigue, il me semble que les LLM grand public ont absolument toutes les propriétés que le XXe siècle avait attribué à ce qu'on concevait comme une "intelligence artificielle", et il ne fait absolument aucun doute que ces trucs sont "intelligents". À leur manière, avec leurs défauts, avec les problèmes majeurs que leur généralisation fait peser sur nos sociétés et sur l'environnement, mais est-ce qu'il est même envisageable de prétendre que ces trucs ne sont pas des "IA"? L'objectif est-il d'attendre jusqu'à la dernière petite tâche anecdotique réservée aux humains avant d'admettre que le concept d'"intelligence" peut s'y appliquer? Ou alors encore une pirouette, "l'intelligence c'est sauter dans les feuilles mortes en automne et ressentir la nostalgie de l'hiver qui approche", ou une autre invention de mauvaise foi typiquement humaine sortie d'un orifice organique dont les machines sont dépourvues?

  • [^] # Re: Mes deux centimes — 36 15 ma vie

    Posté par  . En réponse au journal Pourquoi tout le monde en parle ?. Évalué à 8 (+6/-1).

    Pour la question de l'intelligence, il n'y a pas de raisonnement à développer, tout est dans la définition. Si on admet l'existence potentielle d'une intelligence "artificielle", alors les LLM (l'ensemble modèle + prompt + base de données + tout ce qui vient avec) est "intelligent", il mime à merveille l'intelligence humaine et la dépasse dans plein de circonstances. Si par contre on ne réserve les termes "intelligence" et "conscience" qu'aux cerveaux constitutés de neurones biologiques qui ont accès au monde extérieur par des sens, alors par définion un modèle informatique ne peut pas posséder cette "intelligence". Je trouve que la deuxième position n'a aucun sens, puisque ça revient à définir l'intelligence d'une manière à ce qu'aucune machine ne puisse y accéder, la réponse est donc dans la définition. La nuance "artificielle" est fondamentale : les LLM sont des intelligences "artificielles", avec les limites que ça comporte.

    En fait, ils compensent l'absence de représentation mentale des sens par un corpus de connaissances. Ça n'est pas différent de la représentation qu'un aveugle peut se faire des concepts de "vert" et "rouge", ou de la représentation qu'on peut tous se faire d'un électron ou de la relativité générale. Je n'ai jamais "vu" ou ressenti la relativité générale, et pourtant je peux dire des choses dessus, comme un LLM. Je ne vois pas en quoi le fait qu'un LLM ne puisse pas ressentir le goût d'une pomme change quoi que ce soit sur sa capacité à pondre du code ou traduire un livre.

    Est-ce que tout ce que dirait un aveugle de naissance sur la lumière et les couleurs serait stupide par essence, parce qu'il ne peut pas ressentir les sensations qui viennent de ses organes visuels? Ça me semblerait bien douteux. Ces arguments me semblent ad hoc, seulement motivés par l'idée obsessionnelle de nier par essence la possibilité que les modèles informatiques soient intelligents ou conscients. Ce n'est pas une négation par le raisonnement, c'est une négation par définition : seul un cerveau biologique peut être conscient, seule la perception à partir d'organes sensitifs biologiques peut générer de l'intelligence, etc. Pour la conscience, c'est discutable, pour l'intelligence, à mon avis, la réponse est assez claire : ces systèmes sont capables de simuler l'intelligence de manière indiscernable à ce que ferait une intelligence artificielle "vraie" quelle que soit la définition de l'intelligence artificielle "vraie" que vous choisissez; ils sont donc empiriquement (fonctionnellement) intelligents. Vous pouvez toujours penser qu'ils ne sont pas "mystiquement" intelligents (parce qu'il leur manquerait un truc un peu ésotérique, une étincelle de vie, un esprit magique, un truc comme ça), mais c'est juste un ingrédient irrationnel que vous ajoutez pour leur retirer quelque chose, et rien ne permet de penser que ce truc magique a une quelconque réalité.