arnaudus a écrit 5843 commentaires

  • [^] # Re: Pourquoi ne pas avoir une seule solution souveraine pour tout les Services Publics et assimilés?

    Posté par  . En réponse au lien « Le CNRS adopte la messagerie collaborative sécurisée de Renater : PARTAGE ». Évalué à 4 (+1/-0).

    Je vois pas mal d'explication.

    La première, c'est que c'est peut-être simplement techniquement impossible avec l'infrastructure existante. La fonction publique en France, c'est 6 millions d'agents, et si tu dois aussi héberger des services pour les étudiants, lycéens, et collégiens, ça fait une infrastructure qui commence à être très lourde par rapport aux ressources de la fonction publique.

    La deuxième, c'est que les différentes activités ne partagent pas les mêmes contraintes (logiciels, fiabilité, interopérabilité…). Il me semblerait logique que tu n'aies pas le même cahier des charges (fiabilité, sécurité, priorité…) pour une visio diplomatique ou pour un cours à distance.

    La troisième, c'est que les ministères ont leur budget et leur fierté. Si tu dis "on met en place une infrastructure facultative pour toute la fonction publique", les ministères pauvres vont sauter dessus; ceux qui ont déja des choses fonctionnelles vont rester sur leurs ressources. Si tu dis "allez hop, tout le monde sur le même système", ça va vouloir dire que certains vont devoir abandonner des services qui fonctionnaient bien et qui avaient été développés contre un investissement substantiel, pour se lancer dans l'inconnu et bénéficier des mêmes services que le "tout venant".

    La dernière, c'est que plus tu rajoutes des couches et moins tu contrôles les choses. Il y a beaucoup de pans de la fonction publique où les choses se font encore à l'arrache avec un gusse un peu motivé qui va mettre en place des systèmes, faire marcher un serveur, etc. à une échelle locale (mairie, hopital, lycée, labo de recherche, etc). Les utilisateurs vont le voir, et il s'adapte, il y a un contact humain. Si d'un coup ta seule interaction avec un système informatique c'est des tickets et un pré-tri par une IA, que tu ne peux jamais avoir quelqu'un au téléphone, et que ton IT local n'a pas accès plus que toi aux gens qui peuvent faire quelque chose, alors ça ne va plus marcher, et tu vas remettre en local tes solutions à l'arrache, qui ont au moins le mérite de fonctionner.

    Si tu ne le crois pas, je te donne un exemple hyper concret. Pour le dev de logiciels scientifiques peu stratégiques, la pratique internationale est d'utiliser github (pour la visibilité, la pérennité, les collaborations, et la facilité de déléguer la gestion du site à un bigtech qui "juste marche" sans financement, puisqu'évidemment il n'y a pas un rond). Le ministère de la recherche s'est fait souffler dans les bronches pour cause évidente de souveraineté, et paf, les opérateurs de recherche ont indépendamment créé des dizaines de forges, souvent du gitlab hébergé. Sauf que, configuré comme pour une entreprise : les comptes sont adossés aux adresses email. Sauf que, la recherche est basée sur des collaborations nationales et internationales, il faut que tes collègues de l'INSERM, tes partenaires industriels, et tes collaborateurs chinois, puissent avoir toute la hiérarchie de droits sur tes répertoires, et notamment d'y aggréger leurs propres employés. Techniquement compliqué si tu ne veux pas héberger une forge publique ni ouvrir des emails en gouv.fr à chang.zhen243, donc les tickets restent sans réponse, donc… back to github, qui est le seul moyen de respecter l'accord de consortium. Mauvais cahier des charges, mauvaise implémentation, mauvaise réactivité; tout est gâché (et des millions d'euros avec) parce que quelqu'un dans un bureau a "cru savoir", alors qu'il ne savait pas. Ça ne serait jamais arrivé si les forges étaient hébergées en local par l'IT du coin, qui aurait pu en quelques minutes s'adapter, quitte à créer des comptes à la main sur demande. Quand tu as un peu de bouteille et que tu t'aperçois que c'est toujours comme ça que ça finit avec les projets informatiques de la fonction publique, tu ne pas pas t'enthousiasmer sur une énième tentative de centralisation…

  • [^] # Re: Conclusion étonnante de l’article

    Posté par  . En réponse au lien Le Burkina Faso remplace les concours de beauté par un concours scientifique féminin. Évalué à 1 (+0/-2).

    Pourquoi communiquer uniquement vers les femmes ?

    Ça n'est pas le cas. La lettre a été envoyée à tous les hommes et toutes les femmes de 29 ans.

    La fertilité concerne les deux partenaires dans un couple

    Il y a un décalage d'environ 20 ans. La fertilité des femmes décline à partir de 30 ans, celle des hommes à partir de 50 ans. C'est pas très juste, mais c'est comme ça.

    plutôt que pour une autre très bonne raison

    Le problème, c'est qu'il n'y a pas d'"autre bonne raison". Les bonnes raisons peuvent expliquer pourquoi on décale de 20 à 30 ans. Décaler au-delà de 30 ans ne peut avoir aucune raison rationnelle. Je pense justement que c'est cette réalité biologique qui est minimisée, l'idée que "ça n'est pas bien grave, on essayera un peu plus longtemps et voila".

  • [^] # Re: Conclusion étonnante de l’article

    Posté par  . En réponse au lien Le Burkina Faso remplace les concours de beauté par un concours scientifique féminin. Évalué à 3 (+1/-1).

    mais c'est pas non plus marginal.

    Seulement 5% des naissances après 40 ans, c'est ce qu'on appelle "marginal", non?

    La probabilité de tomber enceinte par cycle est environ de 25% à 20 ans, contre 2 à 5% à 40 ans.

    La probabilité de fausse couche est inférieure à 10% à 20 ans, contre 40% à 40 ans.

    Et on ne parle pas des problèmes de santé des enfants : trisomie x 50, autisme x 2 quand le père est âgé (sans que la cause n'en soit bien identifiée)… Non, vraiment, je ne comprends même pas comment on peut relativiser.

    Si tu vas par là, tout est un choix. Picoler pendant sa grossesse c'est un choix aussi, et ça a à peu près les mêmes conséquences que d'attendre 40 ans; ni l'un ni l'autre ne sont une bonne idée.

  • [^] # Re: Inspiré par ce meme ?

    Posté par  . En réponse au lien Le Burkina Faso remplace les concours de beauté par un concours scientifique féminin. Évalué à 5 (+2/-0).

    C'est sans fin. Tu peux militer pour que les femmes s'habillent comme elles le souhaitent, et quand elles mettent une burqa, tu vas leur expliquer qu'en fait c'est pas comme ça qu'elles devraient souhaiter s'habiller (ou qu'elles disent qu'elles veulent mettre une burqa mais qu'en vrai elles ne le veulent pas, parce que tu sais mieux qu'elles ce qu'elles devraient vouloir). Du coup, tu veux que les femmes s'habillent comme elles veulent, ou qu'elles s'habillent comme tu veux?

    C'est la même chose pour le nom, ou pour les femmes au foyer, etc. Dès que tu ne laisses plus aux femmes la possibilité de faire des choix de vie qui te déplaisent, tu passes d'un modèle de domination à un autre. Les hommes qui pensent que les femmes devraient rester à la maison le font "pour leur bien", et tu penses que les femmes ne devraient pas rester à la maison parce que c'est "pour leur bien", le processus est exactement le même : tu penses à leur place, et tu crois savoir mieux qu'elles ce qu'elles souhaitent individuellement.

  • [^] # Re: Conclusion étonnante de l’article

    Posté par  . En réponse au lien Le Burkina Faso remplace les concours de beauté par un concours scientifique féminin. Évalué à 3 (+1/-1).

    il y a des contraintes externes qui sont souvent ceux que j'ai donné. Sinon… ils le feraient immédiatement en fait.

    Je ne sais pas du tout comment tu peux en déduire ça. Je ne pense pas que les gens sont informés sur ce plan, nous avons tous les jours de très nombreux exemples de femmes qui ont eu des enfants après 35 ans, voire après 40 ans, et nous sommes amenés à croire que c'est "normal". Or, ça n'est pas "normal" du tout, il y a un énorme "biais du survivant". De nombreuses femmes de cet âge n'arrivent pas à en avoir, mais évidemment on ne le sait pas, et ça n'est pas quelque chose dont on parle facilement. Nombreuses sont aussi celles qui ont subi des traitements médicaux désagréables, invasifs, voire dangereux, mais là encore, on ne le sait pas, et l'issue favorable fait oublier à la société le coût humain et financier du traitement. Enfin, il y a le tabou des avortements spontanés ou thérapeutiques, dont la fréquence augmente aussi énormément avec l'âge. Quand tu vois une femme de 40 ans avec un bébé, tu sais si elle n'a pas subi 2 ou 3 avortements thérapeutiques avant? Tu crois que les gens savent qu'il y a 50 fois (sic!) plus de chance d'avoir un enfant trisomique à 45 ans qu'à 20 ans?

    Du point de vue médical, décider d'avoir un enfant après 40 ans pour une femme est aussi désespéré que de se lancer dans le sport professionnel à cet âge. Ce n'est pas parce que c'est marginalement possible que c'est "normal"; l'échec est probable, tu vas y laisser ta santé physique et mentale, ta grossesse risque d'être sur-médicalisée… Combien de personnes savent que l'appellation médicale après 35 ans est "grossesse gériatrique"? Je crois que vraiment le public est vraiment ignorant sur le sujet, et la désinvolture qu'on peut lire dans les réponses à mon post reflètent exactement ça: "bof, c'est la société, c'est pas si grave, c'est un choix de vie…". Bah non, justement, c'est la société qui te fait croire à une fausse normalité, et cette fausse normalité va induire des souffrances physiques et morales, principalement sur les femmes d'ailleurs.

    Après, que la lettre soit de bon goût, qu'il y ait des sous-entendus, etc., c'est affaire de (sur)-interprétation personnelle. La lettre rappelle que biologiquement, faire des enfants c'est avant 30 ans pour les femmes, et avant 40 ans pour les hommes, et que si tu ne veux/peux pas, il faut absolument prendre conseil auprès d'un médecin et éventuellement prendre un certain nombre de précautions. La lettre n'explique pas comment gérer le souhait d'avoir un enfant et la difficulté d'avoir une situation professionnelle stable, ni s'il est bien raisonnable d'avoir un enfant vu ce qui nous attend.

    Il y a d'autres manières de communiquer que d'envoyer une lettre, mais je ne suis pas sûr qu'une campagne de pub à la télé ait été mieux accueillie. Mais je trouve difficile de nier qu'il est nécessaire d'informer les gens. Ça m'étonnerait que spontanément, les gens répondent que le meilleur âge biologique pour avoir un enfant en bonne santé est 20 ans. En tout cas, avant de me renseigner sur la question, je n'aurais pas répondu 20 ans.

  • [^] # Re: aspirateur

    Posté par  . En réponse au journal Robot cuiseur abandonné et reverse engineering. Évalué à 4 (+1/-0).

    Pas sûr que l'indice de réparabilité prenne en compte des éléments pragmatiques comme la facilité d'ouverture du boitier.

    D'une manière générale, ces machins ne sont pas conçus pour être réparables, mais ça ne veut pas dire qu'ils sont conçus pour ne pas être réparables. Les éléments clipsés par exemple facilitent le montage (et donc baissent les coûts de fabrication).

    On trouve beaucoup de vidéos de démontage d'aspirateur xiaomi, et le problème évoqué ne semble pas universel.

  • [^] # Re: petite différence avec les frigos

    Posté par  . En réponse au lien Après les frigos, les panneaux de pub. Évalué à 8 (+6/-1). Dernière modification le 03 novembre 2026 à 16:16.

    … et qui, au passage, est aussi puni en France de 3 ans de prison et 75,000€ d'amende.

    La différence entre un activiste et un ado débile, c'est qu'un activiste aurait passé un message pédagogique ou engagé (du style "Interdisons les publicités intrusives", etc), plutôt que de se rendre coupable d'un délit grave.

  • [^] # Re: Inspiré par ce meme ?

    Posté par  . En réponse au lien Le Burkina Faso remplace les concours de beauté par un concours scientifique féminin. Évalué à 2 (+1/-2).

    on n'est pas obligé d'approuver pour en poster.

    C'est pas Elon Muskesque ça? Tu retweetes des cochonneries pour "informer" le public mais en fait tu es en désaccord, sauf que bien sûr tu ne le dis pas?

    C'est pas une histoire de pluralité, c'est une histoire de cohérence. Si le message c'est que les femmes n'ont pas à choisir entre les études et le respect de canons esthétiques imposés par la société, un medium basé sur le préjugé qu'une femme en robe courte est nécessairement inculte me semble totalement contre-productif.

    Et en plus, personnellement, je trouve ça paternaliste. Les femmes font bien ce qu'elles veulent, passer sa vie à se pomponner et se marier à 20 ans avec un riche héritier pour vivre dans le luxe et la paresse est un choix que je désapprouve personnellement, mais c'est un choix de vie qui n'est pas absurde dans l'absolu et je me garderais bien d'aller expliquer à ces femmes qu'elles ont fait le mauvais choix. Ce qui est primordial c'est de s'assurer que tout le monde a la possibilité de faire des choix; si une femme préfère la prostitution aux études supérieures et qu'elle a fait ce choix en connaissance de cause, je ne vois pas en quoi ça nous regarde (on n'est pas obligés d'en faire un modèle non plus).

  • [^] # Re: Les langages...

    Posté par  . En réponse à la dépêche Découverte du langage Elixir. Évalué à -1 (+0/-4).

    Je vais lui demander de recoder un programme Lisp en Rust…

    Est-ce qu'un LLM ne ferait pas ça de manière convaincante en moins de temps qu'il ne faut pour le dire?

    Est-ce qu'il ne s'agit pas non plus d'un débat théorique, puisqu'en pratique il y a très peu de développement en dehors des langages populaires, et que > 90% du marché tourne autour de paradigmes proches? (C, C++, Python, java, C#, etc)?

    Demander de recoder du Rust en Lisp, c'est comme traduire de l'Ukrainien en Vietnamien (je n'ai pas pris les exemples au hasard, c'est basé sur les % de locuteurs), et te plaindre que c'est difficile de trouver quelqu'un qui pratique les deux.

    En pratique, je pense que parmi les centaines de logiciels installés sur mes bécanes, aucun n'est codé en Erlang, Prolog, Lisp (j'ai pas emacs, je viens de vérifier) ou en Elixir. Ce sont des langages de recherche, qui ont un intérêt théorique, mais personne ou presque ne code de logiciel utile avec ça, tu ne peux pas prétendre qu'ils sont des alternatives crédibles aux langages populaires.

  • [^] # Re: Inspiré par ce meme ?

    Posté par  . En réponse au lien Le Burkina Faso remplace les concours de beauté par un concours scientifique féminin. Évalué à 5 (+3/-1).

    C'est une allégorie.

    Je ne vois pas la différence entre ton allégorie et un cliché. On a aussi le droit aux allégories racistes, ou ça marche juste pour le sexisme? Genre, à gauche tu as un black, il ramasse un livre, et il devient blanc? Ou alors c'est trop puissant comme allégorie?

  • [^] # Re: Conclusion étonnante de l’article

    Posté par  . En réponse au lien Le Burkina Faso remplace les concours de beauté par un concours scientifique féminin. Évalué à 4 (+5/-4).

    on en est à envoyer un courrier aux Françaises de moins de 29 ans

    Je sais que ça a été largement critiqué, mais je trouve que c'est une excellente initiative pour lutter contre la connerie de la société. La communication autour de la fertilité est catastrophique en France (en gros, il n'y en a pas). L'infertilité est une cause majeure de consultations médicales, de traitements (parfois lourds), de coûts pour la société, de complications liées à la grossesse, en gros de beaucoup de souffrance et de malheurs, parce que la société impose un modèle débile de décalage des grossesses après l'âge où les femmes sont naturellement fertiles. Il faut bien que quelqu'un rappelle de temps en temps la réalité biologique : malheureusement pour les femmes, la fertilité décroît très rapidement après 30 ans. La médecine n'a pas un pouvoir infini, et le droit des femmes à disposer de leur corps ne change pas le fait qu'après 30 ans la probabilité d'avoir un enfant sans assistance médicale diminue drastiquement.

    Le courrier n'a rien à voir avec un encouragement patriarcal à avoir des enfants, il rappelle qu'après 30 ans c'est de plus en plus dur d'avoir des enfants, et ça peut même devenir impossible malgré le recours à des techniques médicales poussées. C'est une information qu'on aurait dû avoir à l'école ou qui devrait faire partie de la culture médicale de base; en tant qu'homme je l'ignorais presque totalement par exemple. Est-ce que les femmes savent que l'idée d'attendre d'être installée dans la vie pour avoir des enfants est médicalement débile et qu'elles risquent de ne jamais pouvoir en faire quand elles seront prêtes malgré des shoot d'hormones et des aspirations médicales de leurs ovocytes? Pour moi c'est ça l'agression sur les femmes: imposer à leur corps des traitements médicaux plus ou moins désespérés parce que la société a "oublié" que les injonctions de réussite sociale qu'on leur impose ne correspond pas à la biologie de leur corps.

  • [^] # Re: Conclusion étonnante de l’article

    Posté par  . En réponse au lien Le Burkina Faso remplace les concours de beauté par un concours scientifique féminin. Évalué à 10 (+9/-1).

    Il faudrait lui demander exactement ce qu'elle veut dire plutôt que d'essayer de deviner, mais moi je comprends qu'elle n'est pas forcément à l'aise avec un exercice de communication organisé par un gouvernement dictatorial, même si la forme lui convient. En gros, mettre en avant les femmes scientifiques, c'est bien, mais l'organisation par un système despotique d'une mise en scène d'un tel concours, c'est plus gênant. Les gouvernements autoritaires ne sont pas avares de coups de com pour faire la publicité de la supériorité de leur génie (l'investissement de l'URSS dans les échecs me semble le parfait exemple), sans considération pour la liberté et le bien-être des pauvres bougres qui y sont embarqués.

    De manière générale, l'injonction sociale ou étatique à la supériorité est délétère et détruit les personnalités. L'épanouissement personnel n'est pas conditionné à gagner des concours ou des compétitions, et en ça, l'obligation de briller par son intellect n'est pas bien plus reluisante que l'injonction à être belle. On peut décider de mettre en avant un modèle plutôt qu'un autre (par des financements publics ou le choix de diffusion sur les chaines d'État) sans remettre en question les libertés individuelles de choisir une voie ou une autre.

  • [^] # Re: Inspiré par ce meme ?

    Posté par  . En réponse au lien Le Burkina Faso remplace les concours de beauté par un concours scientifique féminin. Évalué à 10 (+13/-2).

    Du coup, lire rend brune et fait diminuer la poitrine? Pas certains qu'on puisse réellement lutter contre des clichés avec des clichés (peut-on déduire de l'apparence de la femme à gauche qu'elle est illétrée?).

    Ça ne change pas le fait que les concours de beauté sont attentatoires à la dignité humaine et devraient être réglementés (et interdits aux mineurs).

  • [^] # Re: Différence d'expérience

    Posté par  . En réponse au lien Podcast: Quand les chercheurs entraînent l'IA. Évalué à 4 (+1/-0).

    Nous n'avons peut-être pas les mêmes exigences en matière de rédaction.

    Un modèle ne peut pas rédiger votre cours sans instructions, c'est évident. Il lui faudrait des exemples, des précisions, des retours en arrière, etc.

    Par exemple, je ne sais pas ce que veut dire "rédiger un cours". J'ai donné des dizaines de cours différents et je n'ai jamais rien rédigé, donc je ne pense pas que je pourrais "rédiger" un cours comme vous l'entendez non plus.

    Je suis parfaitement certain qu'aucun LLM ne pourrait me proposer un cours tout fait comme je l'aurais fait, c'est évident. Mais entre le produit d'un LLM et une présentation qu'on me présenterait comme venant d'un collègue? Pas sûr. Et j'imagine que le plus fiable serait l'absence d'imperfections (police et mise en page uniforme, illustrations de qualité standardardisée…).

  • # Les langages...

    Posté par  . En réponse à la dépêche Découverte du langage Elixir. Évalué à 3 (+1/-1).

    C'est marrant, il y a toujours des débats passionnés sur les langages, ceux qui sont mieux, ceux qui sont moches, etc. Au final, je ne suis pas si sûr que le langage lui-même compte tant que ça, par rapport aux considérations d'environnement (dépendances disponibles, possibilité de former/de recruter des spécialistes, etc).

    Sur le sujet des pipes, autant je trouve ça très pertinent quand il s'agit d'éviter les variables intermédiaires de même type (du style data |> filtre1() |> filtre2() ) pour des séries de traitements pour lesquelles on peut décider de sauter ou d'inverser des étapes, autant les changements de types comme suggéré ici, je trouve que ça frôle les mauvaises pratiques, parce que la lisibilité est assez dégueu. Il suffit d'un peu de templates pour qu'on se retrouve embarqués dans des séries de cast auto dans un labyrinthe inextricable…

  • [^] # Re: Différence d'expérience

    Posté par  . En réponse au lien Podcast: Quand les chercheurs entraînent l'IA. Évalué à 2 (+0/-1).

    subrepticement glissé d'un constat de l'incapacité des LLM à rédiger quelques phrases qui se tiennent, au remplacement d'un enseignant par une IA

    Non mais la thèse de l'incapacité à rédiger quelques phrases est ridicule, les LLM "de base" (version gratuite) sont déja très largement capables de réaliser de nombreuses tâches complexes avec une efficacité variable en fonction de la tâche, mais ils peuvent tous faire bien mieux que "rédiger quelques phrases qui se tiennent". Prétendre le contraire c'est une forme de négationnisme technologique ("ah ah c'est ridicule comment ce truc pourrait me prendre mon boulot"). La preuve la plus simple est peut-être qu'il est devenu extrêmement difficile de détecter de manière fiable une production humaine d'une production AI (si c'était si évident que l'AI était médiocre, la question ne se poserait même pas).

    En ce qui concerne les modèles "de pointe", c'est la fraction des tâches qu'ils n'arrivent pas à réaliser aussi bien qu'un humain qui se réduit de mois en mois. Mais comme peu d'entre nous avons accès à ces modèles, on ne peut qu'imaginer à partir de leurs "exploits" relatés de manière publicitaires par les entreprises qui les commercialisent, et avec des preuves aussi faibles on peut se permettre de douter (de leurs capacités en conditions réelles, pas de leurs progrès). Quoi qu'il en soit, essayer d'estimer les perfs de ces modèles à partir d'expériences malheureuses qui datent de 2024 avec les chatbots gratuits, c'est de la fumisterie.

  • [^] # Re: Différence d'expérience

    Posté par  . En réponse au lien Podcast: Quand les chercheurs entraînent l'IA. Évalué à 4 (+1/-0). Dernière modification le 02 novembre 2026 à 12:47.

    C'est une question intéressante, elle mélange à la fois des considérations éthiques et réglementaires.

    Règlementaires parce qu'en France, une charge d'enseignement est définie par un certain nombre d'heures de présence face aux étudiants (on "assure" un cours), et une compensation des heures de préparation, correction de copies, préparation des examens, coordination, etc. Ne pas assurer ses cours (ne pas être présent ou ne pas donner les cours soi-même) est une faute professionnelle qui doit pouvoir être passible de sanctions. À confronter avec la liberté pédagogique (le droit d'utiliser un LLM comme un outil pédagogique par exemple); ça peut se finir au tribunal (mais je ne vois pas comment on peut prétendre assurer ses cours si c'est un LLM qui cause devant les étudiants).

    Il y a aussi un élément réglementaire dans le respect de la maquette des enseignements validée par les autorités. Il faut que les étudiants puissent connaitre le format des cours (magistraux, TD, TP, en ligne, vidéo, etc) au moment où ils choisissent leur formation, tu ne peux pas les mettre devant le fait accompli. Les formations à distance, ça existe, mais ça n'est pas chaque prof qui décide au cas par cas, c'est la formation globale qui est à distance.

    Pour le côté éthique, c'est plus lié à l'engagement d'assurer la transmission du savoir par une interaction humaine. C'est un format qui a fait ses preuves depuis 3000 ans, et toute entorse à ce format pour des questions de productivité pose évidemment des questions de qualité. Un prof du supérieur n'est pas censé donner des cours "low cost", tous les étudiants du supérieur ont droit à une qualité minimale, et c'est d'ailleurs ça qui justifie le coût important (pour les finances publiques) de ces formations. Par exemple, le fait que les cours soient assurés par des enseignant-chercheurs (qui consacrent une partie de leur temps de travail à la recherche) est un surcoût très important (la partie recherche n'ayant pas de rentabilité financière) qui est justifié par la qualité théoriquement supérieure des enseignements dispensé.

    En tout cas, jusqu'ici, je n'ai pas vu une seule étude suggérant un effet positif des LLM sur l'apprentissage. Peut-être qu'un LLM vaut mieux que rien, mais sans donnée supplémentaire, pour la transmission des savoirs un prof reste plus efficace qu'un robot.

  • [^] # Re: Les formats d'abord

    Posté par  . En réponse à la dépêche Logiciel libre: « Passer d’une logique d’encouragement à une logique contraignante ». Évalué à 3 (+0/-0).

    J'ai quand même l'impression que des décennies ont passées mais qu'on a toujours le même discours. Les logiciels libres, les standards ouverts, la loi doit donner les moyens de lutter contre les effets de réseau… et rien ne progresse, mais on continue, toujours les mêmes arguments, comme si un jour "magiquement" ça marchera.

    Pourtant,

    1. Un format "ouvert" n'est pas nécessairement un bon format. Le problème principal des formats c'est qu'il en existe une grande diversité : certains sont bons techniquement, d'autres sont mauvais. Certains sont des formats d'échange, d'autres sont des formats natifs. Certains sont simples à implémenter, d'autres sont complexes. D'une manière générale, les formats natifs sont structurés selon la logique interne d'un logiciel, et n'ont pas vocation à être échangés, puisque le moindre changement de version, et encore moins un autre logiciel, va entrainer des pertes d'information et des bugs plus ou moins gênants. Pourtant, quand on pousse des formats comme odf, c'est exactement ce qu'on fait : on échange des formats natifs qui vont être interprétés, accumulant des cochonneries à chaque ouverture et sauvegarde. Un document (doc, odf, gimp, n'importe quel format natif en fait) ne devrait jamais être ouvert par des logiciels différents tournant sur des systèmes différents; encourager l'implémentation de tels formats ne résoudra jamais le problème de l'échange, pire, ça donnera une mauvaise image des logiciels mis en avant et des formats. Les logiciels libres ne sont pas plus vertueux que les logiciels propriétaires dans leur démarche de sauvegarde/export, et odf est clairement l'exemple typique.

    2. Chercher à imposer les logiciels libres dans les services de l'état sans remise à plat du fonctionnement du support informatique peut mener à des catastophes industrielles. L'État, de manière générale, ne sait pas s'organiser. Parce qu'il n'a aucune réactivité ni aucune anticipation (budgets votés tous les ans, période de plusieurs mois sans possibilité de dépenser, etc), parce que sa stratégie est pilotée par des élus qui sont mûs par des motivations qui n'ont rien à voir avec l'efficacité du fonctionnement, parce que trop centralisé ou pas assez centralisé… Bref, sans pilotage stratégique, c'est n'importe quoi. Typiquement, dans certains services, le matériel informatique est fourni par les agents (typiquement, éducation nationale); qui peut penser que quelqu'un qui achète son matériel professionnel va se voir imposer des logiciels dont il ne veut pas? Indépendamment de ça, de nombreux services sont au bord de la rupture (manque d'effectif, problèmes RH, manque de budget, etc), est-ce que c'est réellement envisageable de modifier les chaines logicielles? Il n'existe pas de loi qui puisse imposer aux services de ne pas dysfonctionner; quand le support informatique est défaillant, inadapté ou inexistant, il se passera à peu près n'importe quoi.

    3. Ces arguments semblent assez archaïques en 2026; puisque l'enjeu devrait plutôt se situer au niveau des outils logiciels disponibles sur les plateformes / cloud plutôt que sur les binaires installés sur les machines. Ce qui est primordial pour le citoyen c'est de pouvoir échanger de manière transparente avec l'administration, et pas d'aller auditer les systèmes informatiques de l'État pour y chasser les lecteurs de pdf non-libres. Or, à lire ces arguments, on se croirait encore en 2000, comme si les gens allaient fournir des documents sur clé USB ou par email aux administrations. À ma connaissance, la plupart des administrations échangent via une interface web, pas par un client lourd. Par exemple, quand quelqu'un dépose des pièces jointes pour monter un dossier CAF, les agents de la CAF ne vont pas télécharger des fichiers .doc ou .pdf sur leur poste de travail pour les ouvrir; ils vont les visualiser par une interface sans les stocker en local. Le travail de conversion éventuel entre le fichier déposé par un particulier et le système informatique est donc centralisé sur le serveur, qui peut à son tour modifier le format, compresser, harmoniser, modifier les métadonnées des fichiers, etc.

    4. L'argument du coût revient systématiquement, avec toute l'ambiguité qu'il y a sur les coûts directs et indirects. Il existe bien sûr des cas où les logiciels libres fournissent des équivalents à peu près équivalents des logiciels propriétaires, mais c'est assez rare, et s'il n'y a aucune entreprise derrière, il n'y aura jamais de réponse à l'appel d'offres. La plupart du temps, les éditeurs ont des offres complètes, avec du support et/ou de l'hébergement, qui n'ont pas souvent d'équivalents pour les logiciels libres. Quand l'équivalent existe, il est souvent proposé par des entreprises beaucoup plus petites, qui n'ont pas les moyens de répondre aux appels d'offre de l'État. La sélection se fait donc surtout sur la capacité à répondre aux appels d'offre, ce qui n'est pas du tout la manière dont les particuliers comme nous utilisent les logiciels libres. On est en plein dans l'ambiguité argumentatoire : est-ce que les logiciels libres sont gratuits? Parfois oui, parfois non. Pour qu'une entreprisé réponde à un appel d'offre de l'État, alors c'est non. Et est-ce que c'est moins cher que les logiciels propriétaires? Avec l'optimisation fiscale et les effets d'échelle des géants de l'industrie logicielle, c'est même pas sûr. L'idée que l'État ferait des économies en utilisant des logiciels libres n'est peut-être même pas très concrète; en tout cas, rien dans ces argumentaires ne me semble résister à la moindre analyse un peu pragmatique de la situation.

  • [^] # Re: Différence d'expérience

    Posté par  . En réponse au lien Podcast: Quand les chercheurs entraînent l'IA. Évalué à 6 (+3/-0).

    Vu la foultitude de LLM disponibles, les gazillions d'utilisations possibles, et la diversité dans les ressources disponibles selon les approches, ça ne m'étonne pas que les gens puissent avoir des expériences très différentes.

    Je trouve que dans le milieu informatique, la plupart des utilisateurs sont assez négatifs : soit ils attendent énormément des LLM (typiquement, ils ont des attentes qui dépassent ce que la plupart des programmeurs humains peuvent sortir à leur premier jet), soit ils ont tellement peur que leur job soit dans la balance qu'ils se rassurent comme ils peuvent en mettant en avant le moindre problème sur 10k lignes de code.

    Pour le témoignage en question, je trouve qu'il est beaucoup trop tôt pour tenter un quelconque bilan. Non seulement les chercheurs sont loin de s'être appropriés l'outil, mais en plus il n'y a aucune référence éthique qui pourrait permettre de savoir si les usages sont conformes aux attentes de la communauté ou non. Par exemple, les LLM sont en général bons pour lire/écrire des textes, et donc pour court-circuiter la communication entre chercheurs (via les publications scientifiques). Est-il éthique de se faire assister d'un LLM pour les écrire? Pour faire une synthèse bibliographique? Pour les utiliser lors de l'évaluation par les pairs? C'est totalement flou; il ne fait aucun doute qu'un chercheur qui utiliserait très abondamment les LLM pour ça aurait un avantage "compétitif" sur les autres en terme d'évaluation et de productivité apparente, sans bien sûr que la production de connaissances scientifiques soit améliorée.

    Comme le témoignage parle d'un "enseignant chercheur", la partie enseignement est aussi centrale. Or, pour le coup, je trouverais totalement déplacé (voire du domaine de la faute professionnelle) de confier le moindre enseignement à un LLM; tout au plus pourrait-on lui confier des tâches techniques (nettoyer ou réorganiser un diaporama, etc). Pour les corrections de copies, je n'en sais rien (je pense qu'il s'en sort très bien et donne des résultats plus fiables qu'un humain, mais est-ce éthique?).

  • [^] # Re: Évaporation

    Posté par  . En réponse au lien Des milliers de milliard de dollars évaporés des bourses chinoises dans la course à l'IA contre les États-Unis. Évalué à 3 (+0/-0).

    Tu veux dire que du coup tout est parti dans des bulles spéculatives? Je crois que c'est la seule alternative à l'inflation, non?

  • [^] # Re: Faut pas vouloir se créer un compte quand on est en vacances dis donc !

    Posté par  . En réponse au message Qobuz -- Qui s'y connaît en RGPD?. Évalué à 4 (+1/-0). Dernière modification le 29 octobre 2026 à 15:53.

    je me dis « chiche ça parle ma langue » et non « c’est là que j’habite ».

    Ça n'est pas grave. Tu t'apercevras qu'il y a un problème au moment où tu vas rentrer ton adresse et où le champs "pays" ne sera pas correct.

    Je ne dis pas que leur procédure est claire—le plus simple serait de mettre à jour le pays pour lequel le contrat est conclu à partir de l'adresse, et de ne pas faire des "silos" à partir de la page d'accueil, mais note que les prix sont différents, donc tu pourrais te plaindre d'avoir été appâté par un prix concurrentiel puis mis devant le fait accompli au moment où tu passes la commande. D'ailleurs, je viens de prendre un exemple au pif (canalplus.com), et c'est exactement la même interface : déduction de la zone géographique à partir de l'IP, et modification par un bouton en bas de page (moins visible, parce que pas de drapeau, mais moins ambigü, parce que tout est toujours en français; il y a notamment des zones "Guadeloupe" ou "Réunion" qui sont plus chères que "France Métropolitaine").

    Note aussi que la question de la langue et du pays de résidence n'est pas si indépendante que ça; la législation locale impose parfois une langue pour le contrat. Par exemple, si tu es Polonais résident Français, le contrat doit être rédigé en français.

    En tout cas, ce qui est clair, c'est que c'est risqué de visiter ce genre de pages à partir d'IP mal géocalisables (VPN ou autres). On risque de se retrouver à avoir des prix et des contrats qui ne correspondent pas à la zone où on habite.

  • [^] # Re: Évaporation

    Posté par  . En réponse au lien Des milliers de milliard de dollars évaporés des bourses chinoises dans la course à l'IA contre les États-Unis. Évalué à 3 (+0/-0).

    Pas partout, et surtout pas au moment de la création monétaire (par l'emprunt ou par la planche à billets). Si tu empruntes de l'argent pour investir dans un data center, tu ne peux pas acheter des patates avec. Quand l'État choisit d'injecter du pognon, en général, il choisit quel truc est financé (leasing social pour voitures électriques fabriquées en Europe, etc).

    Par contre, ce qui est vrai, c'est que la valeur de la monnaie change de manière uniforme. Si tu ajoutes de la monnaie qui ne correspond pas à des richesses (par exemple, planche à billets pour rembourser tes dettes), tu auras moins de richesses en échange d'1€. Tu as fais apparaitre de l'argent, mais pas de richesses, c'est un jeu comptable, qui va se répercuter par de l'inflation; même si tout se passe bien, avant tu gagnais 1000€ et tu pays 10€ pour une coupe de cheveux, et après tu gagnes 2000€ et tu payes 20€ pour une coupe de cheveux. Tu as plus de monnaie mais tu n'es pas plus riche.

    Pour revenir au sujet, si j'ai bien pigé l'idée générale, les milliards disparus se sont ajoutés à la masse monétaire sans créer de richesses. Tu empruntes 1000€ à la banque, tu achètes un tableau à 1000€ à un peintre qui vient de le faire, tu le fais évaluer par un expert, qui te dit qu'il ne vaut en fait que 500€ et que tu t'es fais pigeonner. Il y a eu 1000€ d'injectés dans l'économie mais seulement 500€ de richesse crées, les 500€ qui restent vont contribuer à l'inflation de l'euro. L'effet disparaitra quand tu auras remboursé tes 1000€ avec des vraies richesses.

  • [^] # Re: Évaporation

    Posté par  . En réponse au lien Des milliers de milliard de dollars évaporés des bourses chinoises dans la course à l'IA contre les États-Unis. Évalué à 4 (+1/-0).

    Il n'y a pas d'excès de monnaie pour financer les universités

    Parce que pour financer les universités il faut de vraies ressources, pas du faux pognon.

    ça pousse à fabriquer des usines de matos et des centrales à gaz

    C'est vrai, mais beaucoup moins que ce qui est prévu (ne serait-ce que parce que c'est physiquement impossible). Si je veux acheter 1 milliard de cartes GPU et que j'ai le pognon pour acheter 1 milliard de cartes GPU, je ne peux pas acheter 1 milliard de cartes GPU. Je peux peut-être en acheter quoi, 10 millions? Donc tout le pognon que je prétends avoir pour en acheter plus de 10 millions, c'est du pognon "virtuel". Cet argent ne peut pas concrètement être échangé contre les ressources dont j'ai besoin.

    Pour la dette, c'est de l'argent qui a été échangé contre des richesses qu'on n'avait pas encore. Les richesses ont été achetées (les fonctionnaires et les retraités ont été payés, ils ont acheté des brocolis et des merdouilles en plastique sur Amazon avec l'argent, les infrastructures ont été construites, les actionnaires ont récupéré et dépensé l'argent qui aurait dû partir en fiscalité), et maintenant il va falloir fournir l'équivalent en richesses. On imagine bien que les créanciers ne vont pas se contenter de faux pognon…

  • [^] # Re: Évaporation

    Posté par  . En réponse au lien Des milliers de milliard de dollars évaporés des bourses chinoises dans la course à l'IA contre les États-Unis. Évalué à 3 (+0/-0). Dernière modification le 28 octobre 2026 à 10:34.

    En théorie, mettre du faux pognon sur de faux investissements n'a que peu de conséquences. En pratique, on voit bien que ça n'est pas vrai, ça draine des ressources matérielles (crise de la RAM, conso électrique des fermes à Bt, etc). Mais en tout état de cause, je ne crois pas vraiment que l'investissement spéculatif détourne des ressources, est-ce que ça n'est pas simplement le symptome d'un excès de monnaie?

  • [^] # Re: Évaporation

    Posté par  . En réponse au lien Des milliers de milliard de dollars évaporés des bourses chinoises dans la course à l'IA contre les États-Unis. Évalué à 4 (+1/-0).

    Dans ce cas, un logiciel, actif intangible par excellence, n'aurait aucune valeur ?

    Ah non, je n'ai pas dit ça, je voulais simplement dire que les richesses peuvent disparaitre, mais pas la valeur de la monnaie. Si on brûle du pétrole, on a moins de richesses qu'avant. Si la banque centrale brûle un milliard en billets, on est aussi riches qu'avant (collectivement). C'était juste pour faire le lien avec le titre de la news, comme si une baisse des cours nous avait rendus plus pauvres. En réalité, c'est l'évaluation de la richesse qui a changé, pas la richesse. Si on apprend que le Van Gogh qui traine dans le salon est un faux, on n'a rien gagné ou perdu, on a juste rajusté l'évaluation de notre richesse.

    Par contre, pour revenir sur les logicielles, ça me semble difficile d'accorder la valeur "richesse" d'un logiciel libre et sa valeur marchande. Le logiciel peut être essentiel à l'économie, sa valeur marchande peut rester faible. C'est un bien commun, comme l'air, les infrastructures routières, etc. Ça fait partie de notre richesse collective, ça nous permet de créer d'autres richesses, mais on ne le compte pas quand on calcule le PIB ou d'autres indicateurs économiques.

    Les dernières nouvelles font état d'une valorisation d'environ 1,25 T$,

    J'avais pris OpenAI comme exemple caricatural d'une entreprise qui ne vaut peut-être rien, mais j'aurais dû être plus prudent, parce qu'évidemment je ne prétends pas mieux connaitre la valeur d'une entreprise que les gens dont c'est le métier. Je doute simplement que la valorisation > 1T$ reflète l'anticipation sur les dividendes, c'est plus une valorisation spéculative dans un climat de bulle, auquel cas une action openAI ne vaut pas plus qu'un Bt par exemple. Imaginons que c'est le cas et qu'une action OpenAI vaut 1 Bt, c'est à dire 0 en termes de richesse; la valeur de cet actif n'existe que par ce qu'on peut espérer en le revendant, c'est une sorte de monnaie, mais pas une richesse.

    C'est la principale limite à mon avis à l'argument du partage de la richesse : les "ultra-riches" ont évidemment accès à une quantité astronomique de vraies richesses, mais leur patrimoine est aussi beaucoup basé sur des valeurs d'échange théoriques de ce type. Ça n'est pas seulement une histoire de valeur marginale, c'est aussi l'idée que cette "richesse" qui n'en n'est pas peut disparaitre si on décide collectivement qu'elle n'existe pas (comme un porteufeuille de Bt par exemple). Ce que ça veut surtout dire, c'est qu'on ne peut pas prendre cette richesse pour distribuer aux pauvres en espérant les rendre moins pauvres, en tout cas pas du tout en appliquant la seule valeur d'estimation de ces valeurs, qui dépendent de prédictions macro-économiques (croissance mondiale, taux d'intérêt…) qui seraient de toutes manières affectées par cette redistribution. Ça rendrait par contre les riches moins riches, ce qui est peut-être moralement défendable, mais ça ne sortirait pas les pauvres de la pauvreté.