arnaudus a écrit 5604 commentaires

  • [^] # Re: Non lié ?

    Posté par  . En réponse à la dépêche Une coalition de neuf entreprises européennes lance Euro-Office, alternative bureautique souveraine et open source. Évalué à 4 (+1/-0).

    Tu veux dire qu'il serait interdit d'utiliser "libre" selon une définition qui n'est pas celle de la FSF? Il va falloir construire des prisons…

  • [^] # Re: Non lié ?

    Posté par  . En réponse à la dépêche Une coalition de neuf entreprises européennes lance Euro-Office, alternative bureautique souveraine et open source. Évalué à 3 (+0/-0). Dernière modification le 03 avril 2026 à 19:15.

    Il n'est pas question de rediscuter comment les deux clauses supplémentaires tombent dans les catégories a-f, puisqu'Only Office l'a clairement défini dans sa licence: la clause de reproduction du logo tombe dans b), et le refus de réutiliser les marques commerciales tombe dans e).

    La clause e) est exactement la deuxième clause qu'a ajouté OnlyOffice, donc celle-ci existe et ne peut pas être retirée. OnlyOffice ne donne pas au réutilisateur du code d'exploiter sa marque commerciale si la version modifiée diffère. C'est permis par la licence et conforme à l'esprit et à la lettre de l'AGPL. EuroOffice n'avait pas le droit de la retirer (leur argument est que ça n'ajoute ni ne retire rien à la loi en vigueur, ce qui n'a pas de sens et ne leur donne absolument pas le droit de retirer la clause, c'est une violation flagrante de l'esprit et de la lettre de l'AGPL).

    La clause du logo est plus complexe puisque tout dépend de l'interprétation de "raisonnable". À mon avis, la rédaction est extrêmement maladroite et force quasiment le procès, puisqu'il est extrêmement facile d'avoir des définitions différentes de "raisonnable". Je ne vois pas d'ailleurs ce qui te fait conclure aussi facilement que l'inclusion d'un logo n'est pas raisonnable. La liberté du dessin n'a rien à voir là-dedans, puisqu'un logo est soumis au droit des marques avant d'être soumis au droit d'auteur. Cette histoire d'inclusion de logo est d'ailleurs mentionnée dans de nombreuses licences libres, sans pour autant que personne n'y voit à redire. Par exemple, je viens de vérifier pour Mozilla, l'utilisation du logo est obligatoire pour les versions non-modifiées, et interdite pour les versions modifiées. On a donc une situation presque identique : même clause e), et clause b) qui semble similaire, la seule différence étant qu'OnlyOffice rend la réutilisation du logo toujours obligatoire, alors que Mozilla ne la rend obligatoire que pour les versions non-modifiées. Évidemment que ça change tout pour la possibilité de fork, mais la rédaction de cette clause est superficiellement assez similaire, ce qui fait que justement, ça n'est pas du tout évident que c'est déraisonnable.

    À mon avis, le coup du "c'est ostensiblement déraisonnable donc c'est pas valide" ne tient pas une seconde. Il y a des arguments très sérieux qui iraient que cette licence AGPL + 2 clauses puisse être parfaitement légale (non-libre, mais légale). Si EuroOffice a blanchi un logiciel non-libre vers un logiciel libre en changeant illégalement la licence, alors il va leur arriver des bricoles, et c'est assez normal vu le contexte.

  • [^] # Re: Non lié ?

    Posté par  . En réponse à la dépêche Une coalition de neuf entreprises européennes lance Euro-Office, alternative bureautique souveraine et open source. Évalué à 3 (+0/-0). Dernière modification le 03 avril 2026 à 16:47.

    Sauf que tu a l'air d'ignorer que la licence ne permet pas d'ajouter de clause non raisonnable.

    C'était ma première lecture, mais non, c'est juste que ça n'est pas clair parce que tout est mélangé. Relis la section 7, il y a trois types de clauses:
    * Les clauses restrictives autorisées, numérotées de a) à f), qu'il est interdit de retirer.
    * Les clauses permissives, illimitées, et facultatives (tu peux les conserver ou les retirer au choix)
    * Les autres clauses non-permissives, qui sont invalides et que tu peux retirer.

    Or, OnlyOffice place explicitement les deux clauses supplémentaires dans les clauses restrictives autorisées b) et e). Pour e) c'est plus ou moins exactement la clause e) donc celle-ci est définitivement compatible avec la lettre et l'esprit de l'AGPL; pour b) (préservation du logo), tout dépend de si c'est "raisonnable" ou non, une notion vague qui ne peut pas être tranchée autrement que par un tribunal. Il me semble d'ailleurs assez clair que les auteurs de la licence n'ont pas considéré la possibilité d'interférences possibles entre ces clauses, puisque b) semble déraisonnable seulement quand e) est aussi présente, sans e) la clause b pourrait très bien être raisonnable. Et encore, il faut adopter un point de vue assez particulier, celui que "raisonnable" doit être entendu "du point de vue du logiciel libre". Dans l'industrie logicielle, il est au contraire très "raisonnable" de ne pas faire de logiciel libre, et si j'étais l'avocat d'Only Office c'est ce que je dirais : indépendamment, les clauses b) et e) sont raisonnables, et ce n'est pas de la faute d'Only Office si malencontreusement la combinaison des deux clauses autorisées par la licence a pour conséquence que le logiciel ne soit plus libre au sens de la FSF. La liberté dans le sens de la FSF n'est peut-être pas garantie par la licence, et si c'est vrai c'est uniquement de la faute des auteurs de la licence.

    Dans tout les cas, et encore une fois je n'avais pas compris lors de ma première lecture de la licence et il a fallu qu'on m'explique, absolument rien dans la licence ne te permet de retirer les clauses restrictives a) à f). La licence te permet de retirer les autres clauses non-permissives, c'est très clair. Donc si une clause a) à f) ne te semble pas valide, alors la licence n'est pas libre et tu ne peux pas distribuer le logiciel. En aucun cas la démarche d'Euro Office ne peut être validée par le tribunal, même si la clause b) n'était pas "raisonnable", la clause e) n'a pas été reproduite, et de toutes manières les auteurs du code ont été effacés dans la première version du fork, ce qui contrevient de toutes manières au droit moral indépendamment de toute licence. Objectivement, Euro Office a redistribué un logiciel sous AGPL + clauses restrictives sans respecter les clauses restrictives, en oubliant même de créditer les auteurs dans un premier temps avant de revenir sur leur boulette, et en modifiant la licence par le retrait des clauses restrictives. Rien de tout ça n'est autorisé par l'AGPL; puisque contrairement à ce qu'une lecture superficielle pourrait faire croire, il n'est absolument pas autorisé de retirer des clauses a) - f) (seules les "autres clauses restrictives" ont le droit de sauter). À mon avis, quelle que soit la bonne et la mauvaise foi des acteurs, l'issue judiciaire est au mieux incertaine.

  • [^] # Re: Non lié ?

    Posté par  . En réponse à la dépêche Une coalition de neuf entreprises européennes lance Euro-Office, alternative bureautique souveraine et open source. Évalué à 4 (+1/-0). Dernière modification le 03 avril 2026 à 16:03.

    Et c'est bien sûr certifié par les gens raisonnables du comité international de la raisonnabilité des clauses raisonnables?

    Grosso modo, ça revient à distribuer un logiciel sous cette licence:


    Ceci est une licence libre

    1. Vous avez le droit d'étudier le code, de le reproduire, et de le distribuer fidèlement avec toutes les notices
    2. Vous n'avez pas le droit de le modifier et d'en distribuer une version modifiée.

    Et tu vas devant le juge avec ça. Ton argument, c'est "l'en-tête de la licence dit que c'est libre, donc moi j'ai ignoré la clause 1, qui n'est pas compatible avec la liberté du logiciel." Qu'est-ce qui empêche un juge de te répondre que "ceci est une licence libre" n'est pas un engagement spécifique, et que la licence est composée de l'ensemble des clauses?

    Si ta question, c'est "Est-ce que Only Office a tenté un coup vicieux en tentant de détourner l'esprit de l'AGPL en fournissant deux restrictions individuellement autorisées qui, prises ensembles, rendent le logiciel non-libre", bah… oui. En tout cas, ça me semble évident qu'ils sont d'une extrême mauvaise foi. Mais si ta question, c'est "Est-ce que cette licence bricolée est ostensiblement illégale", ça ne me semble pas si évident que ça. Manifestement non libre, oui, mais manifestement illégale? En tout cas, la licence dit explicitement que tu peux retirer les clauses qui ne sont pas dans la liste des clauses autorisées, mais la manière dont Only Office a rédigé le truc fait qu'il n'est pas du tout questionnable que les clauses sont explicitement dans la liste. Il est d'ailleurs possible que la clause du logo soit "raisonnable" si elle était toute seule, c'est juste en combinaison avec la clause de non-réutilisation des marques qu'elle semble devenir non-raisonnable.

    Bref, je ne mettrais pas ma fortune sur l'issue d'un éventuel procès, et ça, c'est même sans compter qu'apparemment EuroOffice ont carrément fait sauter les copyrights, ce qui n'a même pas besoin de licence pour être interdit. Donc en plus c'est assez facile de démontrer qu'ils n'ont pas respecté l'AGPL non-modifiée, indépendament des clauses qu'ils ont fait sauter sans que la licence ne l'autorise.

  • [^] # Re: Non lié ?

    Posté par  . En réponse à la dépêche Une coalition de neuf entreprises européennes lance Euro-Office, alternative bureautique souveraine et open source. Évalué à 5 (+2/-0). Dernière modification le 03 avril 2026 à 14:30.

    Sauf que n'importe quelle juge qui a trois neurone va bien voir que c'est n'importe

    Ou n'importe quel juge peut aussi décider que ce n'est de la faute de personne que les chimpanzés alcooliques qui ont pondu la licence n'ont pas prévu qu'on pouvait combiner des clauses autorisées pour rendre en pratique le logiciel non-libre tout en maintenant la légalité de la licence, et qu'avec trois neurones on pouvait lire la licence avant de forker et de comprendre qu'elle ne nous donnait pas le droit de forker comme on en avait l'intention. C'est une question de point de vue.

    Parce que l'analyse post-mortem de la FSF dit "ah non, on ne peut pas parce que ça ne serait pas libre", ce qui revient à donner raison à Only Office : la licence n'est pas libre, mais le tribunal s'en fout, puisqu'elle peut être juridiquement valide (et pas libre, du coup).

  • [^] # Re: Non lié ?

    Posté par  . En réponse à la dépêche Une coalition de neuf entreprises européennes lance Euro-Office, alternative bureautique souveraine et open source. Évalué à 4 (+1/-0).

    Autrement dit les restrictions que OnlyOffice prétend imposer sont sans effet.

    C'était ma première lecture, mais en fait non, parce que c'est "all OTHER non-permissive…".

    L'AGPL (comme la GPLv3) propose dans cette section 7 d'autoriser des clauses additionnelles. Il y a une liste fermée de 6 ou 7 clauses restrictives autorisées (imposer des notices de copyright, interdire certains trucs, interdire la réutilisation des marques, etc), et une possibilité d'ajouter des droits supplémentaires facultatifs. Quand tu redistribues un truc sous AGPL, tu peux supprimer des droits supplémentaires si tu veux, mais tu ne peux pas retirer les clauses restrictives autorisées.

    Or, Only Office prétend que les deux restrictions imposées sont explicitement autorisées par l'AGPL section 7. Et quand on relit bien le truc, ça devient bien moins évident. Un logo est-il une demande raisonnable d'attribution? La FSF dit "non" parce que ça rendrait le logiciel non-libre, mais ça revient à botter en touche, parce que la licence serait toujours valable. Est-ce qu'interdire de réutiliser une marque est autorisée (2e clause additionnelle)? Clairement oui, c'est explicitement dans la liste. Donc, Only Office prétend avoir imposé deux clauses restrictives autorisées, qui quand elles sont combinées rendent en pratique le logiciel non-libre. La FSF dit "ouhlala non c'est pas l'idée", et Euro Office disent "comme on ne peut pas respecter les deux clauses tout en redistribuant le logiciel bah on a le droit de les faire sauter". Sauf que la licence ne dit pas ça du tout.

    Donc ça va se jouer au tribunal, et le résultat est loin d'être garanti. Le seul vrai argument d'Euro Office est de dire que l'utilisation d'une licence libre suppose que l'auteur veut distribuer un logiciel dans des conditions où il peut être considéré en pratique comme un logiciel libre, et qu'ils estiment avoir respecté l'esprit de la licence. Only Office va pouvoir facilement démontrer qu'Euro-office ont distribué une version expurgée des logos, du nom des auteurs, et de toute information de paternité du code pour les remplacer par les leurs, et qu'ils ont relicencié le logiciel en retirant des clauses qui sont garanties par l'AGPL. Ça, ça n'est même pas autorisé par le GPL, et c'est même en contradiction avec le droit moral qui est inaliénable et qui ne peut pas être modifié par une licence. Je ne mettrais pas beaucoup d'argent sur le résultat du procès…

  • [^] # Re: Pour se faire un avis par soi même...

    Posté par  . En réponse à la dépêche Une coalition de neuf entreprises européennes lance Euro-Office, alternative bureautique souveraine et open source. Évalué à 3 (+2/-2).

    rien d'hostile là-dedans

    Un fork hostile, c'est quand tu demandes "Vu la situation, est-ce que vous êtes d'accord pour que je forke?" "Non on n'est pas d'accord". C'est tout. Ça ne veut pas dire que tu les insultes publiquement.

    Après, tu es censé respecter la licence quand tu forkes, ce qui n'est pas le cas, à cause des ces clauses additionnelles débiles qui peuvent être interprétées différemment et qui créent de l'insécurité juridique.

  • [^] # Re: Non lié ?

    Posté par  . En réponse à la dépêche Une coalition de neuf entreprises européennes lance Euro-Office, alternative bureautique souveraine et open source. Évalué à 3 (+1/-1).

    Bah vu qu'ils ont déja fait sauter les clauses additionnelles qu'ils n'aimaient pas dans l'AGPL, ils peuvent très bien prendre la décision de changer de licence…

    Ces clauses additionnelles (qui viennent de la GPLv3 si j'ai bien compris) sont un bourbier. Elles viennent limiter la réutilisation, mais on a le droit de les faire sauter si on estime qu'elles sont trop restrictives, ça revient vraiment à créer de l'insécurité juridique à la fois pour le distributeur et pour le réutilisateur.

  • [^] # Re: Bizarre

    Posté par  . En réponse au journal OnlyOffice vs Euro-Office : une faille empêchant les forks dans AGPLv3 ?. Évalué à 4 (+1/-0).

    Si tu as l'impression que c'est ce qu'ils disent, alors ça doit être vrai :-) Je trouve que ça manque énormément de clarté, et en particulier l'interprétation semble osciller entre "ça n'est pas une licence compatible GPL" ou "on peut le retirer". Or, la question n'est pas vraiment de savoir si l'AGPL version OnlyOffice est libre, car elle peut très bien ne pas être libre tout en étant parfaitement légale.

    À quoi est-ce que les juristes de la FSF ont joué avec cette clause 7? On voit bien qu'elle est rédigée de manière à empêcher théoriquement que le logiciel devienne non-libre, mais les interactions potentielles entre toutes les restrictions possibles ouvrent beaucoup trop de moyens d'essayer de contourner la licence.

  • [^] # Re: Bizarre

    Posté par  . En réponse au journal OnlyOffice vs Euro-Office : une faille empêchant les forks dans AGPLv3 ?. Évalué à 4 (+1/-0).

    Une déclaration officielle des juristes de GNU qui ont endorsé l'AGPL pourrait rapidement permettre de lever le doute sur les interprétations respectives. Pour quelqu'un d'extérieur, ça semble être deux interprétations qui doivent être tranchées par un tribunal, et ça peut clairement nuire à la réputation du projet EuroOffice. Mais s'il existe une analyse officielle de la FSF sur laquelle s'appuyer, ça devient beaucoup plus difficile pour OnlyOffice de prétendre être de bonne foi.

    J'ai quand même l'impression que l'interprétation d'OnlyOffice a tellement peu de sens que personne n'a considéré qu'elle puisse être possible. Le problème c'est que ça n'est pas un argument juridique; l'interprétation du droit d'auteur pour les licences copyleft n'avait probablement jamais été envisagée par le législateur, et elle n'en reste pas moins légale.

  • [^] # Re: Bizarre

    Posté par  . En réponse au journal OnlyOffice vs Euro-Office : une faille empêchant les forks dans AGPLv3 ?. Évalué à 5 (+2/-0).

    Mais non, je ne suis pas d'accord, la licence est très claire: "When you convey a copy of a covered work, you may at your option remove any additional permissions from that copy, or from any part of it". Je ne sais pas à quoi joue OnlyOffice, mais leur interprétation ne mérite même pas le début de l'origine d'une discussion à la machine à café.

    1) Les clauses de la section 7 ne peuvent qu'offrir des permissions supplémentaires, pas des restrictions
    2) Les clauses de la section 7 sont facultatives et peuvent être retirées à discrétion quand on redistribue une copie

    Je ne vois absolument aucun argument qui nécessite qu'on discute aussi longtemps de cette tentative absurde d'empêcher de forker un logiciel libre.

  • [^] # Re: Quid du code?

    Posté par  . En réponse au lien Proposition de loi relative à l'instauration d'une présomption d'exploitation des contenus culturels par les fournisseurs d'intelligence artificielle. Évalué à 5 (+2/-0).

    Sur le principe, c'est "évidemment oui", mais

    1) dans un monde où tout mérite des transactions financières, c'est bizarre que les boites d'AI qui brassent des milliers de milliards aient accès à ces catalogues que les humains doivent payer
    2) on sent bien que les IA risques de faire diminuer très substantiellement les revenus de l'"industrie de la culture", donc il y a une sorte de panique à essayer de soutirer un max de pognon avant les vaches maigres
    3) la capacité des IA à plagier un style montre que les IA sont susceptibles de produire des choses originales soumises en théorie à des droits d'auteur. Si en 2050 tu peux demander à ta télé "Crée-moi un dessin animé de style Disney avec des animaux et des princesses", le problème n'est pas le recrachage de fragments d'oeuvres protégées (ça, c'est les gens qui ne comprennent pas comment les IA fonctionnent qui disent ça), le problème c'est que l'IA est susceptible d'intégrer et de reproduire l'originalité d'un créateur humain sans le rémunérer.

    Expérience mentale d'une situation extrême : les IA deviennent assez performantes pour passer un test où il devient impossible de déterminer quelle nouvelle oeuvre vient d'une personne identifiée ou d'une IA. Par exemple, on demande à Aya Nakamura—le droit d'auteur n'a pas de critère de qualité, seulement d'originalité—et à une IA de faire une nouvelle chanson dans le style d'Aya Nakamura, on fait écouter la chanson à 1000 spécialistes de ce style de musique, et > 50% des gens se trompent sur l'origine de l'oeuvre: l'IA a en quelque sorte "cloné" les capacités créatrices d'une personne, comme si c'était une copie de son cerveau en quelque sorte. Est-ce qu'il serait naturel de considérer qu'une telle copie fonctionnelle de cerveau ne crée aucun droit d'auteur en faveur du cerveau initial? C'est pourtant bien une oeuvre de l'esprit, au sens juridique du terme, puisqu'elle reflète la personnalité et l'originalité de son auteur. Le fait de "déporter" cet esprit (enfin, une copie fonctionnelle de cet esprit) dans une machine ne semble pas réellement importante dans la manière dont la loi est rédigée. Ça me semble au moins nécessiter une reflexion.

  • [^] # Re: Quid du code?

    Posté par  . En réponse au lien Proposition de loi relative à l'instauration d'une présomption d'exploitation des contenus culturels par les fournisseurs d'intelligence artificielle. Évalué à 4 (+1/-0).

    Relis la license, elle est pas très longue et très claire, il y a une condition à respecter:

    La condition à respecter porte sur la publication du code, donc je reste sur l'idée qu'il n'y a aucun doute qu'il soit licite d'aspirer et d'analyser le code.

    La clause en question est: *The above copyright notice and this permission notice shall be included in all copies or substantial portions of the Software. *

    "Substantial portions" n'a que très peu de chances de s'appliquer à la sortie d'un LLM, en encore moins à la sortie d'un LLM de 2026 (parce que les histoires de bouts de code reconnaissable, ça date de Copilot 2022 qui était surparamétré), donc à part pour le plaisir de l'argütie juridique…

  • [^] # Re: et GrapheneOS

    Posté par  . En réponse au lien Ageless Linux : un ordinateur qui viole délibérément la loi californienne sur la vérification de l'âge. Évalué à 3 (+0/-0).

    J'ai toujours des doutes avec ces annonces de trucs qui "violent délibérément la loi". Déja, n'importe qui vendant, distribuant, certifiant des logiciels libres et qui en fait une activité économique sérieuse ne peut que pâtir de cette situation—en gros, le logiciel "protestataire" se marginalise, il ne peut plus apparaître dans les dépôts, il ne peut plus être vendu avec du matériel, il ne peut plus être utilisé dans une entreprise ou une administration… Ça fait quand même quelques dizaines d'années que le logiciel libre est à la recherche d'une légitimité, et la publicité autour de courants libertariens (qui me semblent minoritaires, mais c'est pas comme si la communauté était homogène) risque d'avoir des conséquences qui débordent largement sur les autres logiciels qui n'avaient rien demandé.

    L'autre point, c'est qu'il faut quand même rappeler de temps en temps que respecter les lois n'est théoriquement pas optionnel. Bien sûr, seuls les Californiens sont tenus de respecter les lois Californiennes, mais je trouve éthiquement condamnable de ne pas considérer le non-respect d'une loi locale comme un bug sérieux dans un logiciel. Si dans un logiciel d'annuaire interne il y a un champs "race" non-optionnel à côté de "nom" et "prénom", il me semble logique de pouvoir ouvrir un ticket pour expliquer au dev que dans mon pays, il est illégal de stocker cette information; tout dev normalement constitué devrait alors proposer de passer le champs en optionnel afin que je puisse utiliser le logiciel conformément au contexte local. Dans une telle procédure, je me fous totalement de ce que le dev pense des statistiques raciales ou même de mon avis personnel sur la question.

    En cas de conflit moral, par exemple si la loi d'un pays impose d'envoyer les données personnelles sur un serveur de l'État, le plus prudent reste d'indiquer clairement que le logiciel n'est pas (et ne sera pas) utilisable dans tel ou tel pays.

  • # Quid du code?

    Posté par  . En réponse au lien Proposition de loi relative à l'instauration d'une présomption d'exploitation des contenus culturels par les fournisseurs d'intelligence artificielle. Évalué à 6 (+3/-0).

    Est-ce que quelqu'un suit la situation pour le code informatique (surtout le code libre)? Pour les licences type MIT, il ne semble faire aucun doute que l'aspiration et l'analyse par un système automatisé sont licites; pour les licences de type copyleft, pour moi la situation est identique, mais certains sont tentés d'imaginer que le code produit par le LLM pourrait être un travail dérivé (présemption sans base juridique sérieuse à mon avis, mais je ne suis pas juriste).

    De ce que je crois comprendre de ces propositions de lois, ce qui semble condamnable c'est la collecte des contenus culturels sans l'autorisation des ayant-droits. Il semble que pour le logiciel libre, la collecte est expressément autorisée par les termes de la licence, et que ces textes ne peuvent pas s'appliquer au code libre. Est-ce qu'il n'y aurait pas une GPL V4 en préparation pour ajouter une éventuelle interdiction de la collecte du code, sans bloquer la réutilisation et la rediffusion selon les termes de la licence? Est-ce que ça ne conviendrait pas à la liberté 2 (liberté d'étudier le code, qui ne dit pas par quel moyen on souhaite étudier le code)?

  • [^] # Re: Et dans quelques années....

    Posté par  . En réponse au journal De développeur à orchestrateur, comment l'IA a changé ma vie. Évalué à 4 (+8/-7).

    C'est pas plutôt qu'il aura changé de métier, ce qui en soi est un peu la logique du truc?

    Prends par exemple l'arrivée des calculatrices. Tu étais ingénieur, et tu passais une proportion non-négligeable de ton temps à faire des calculs à la main, éventuellement avec des conversions log pour transformer les multiplications et les additions.

    Quelques années plus tard, est-ce que tu auras perdu de la maitrise? Très probablement, tu iras moins vite pour faire les divisions et les additions à la main, éventuellement tu ne sauras plus refaire des calculs que tu faisais en routine avant (extraire des racines carrées, par exemple). Pire, les jeunes recrutés ne sauront même plus faire. Et tu croiseras des vieux croutons qui te diront "mais comment feras-tu le jour où tu n'auras plus ces machines sous la main"? C'est vrai, le jour où tu n'auras pas de calculatrice sous la main, tu seras bien embêté pour calculer à la main une racine carrée, et tu seras bien moins efficace pour faire 25 divisions sans te tromper. Tout ça est parfaitement juste.

    Mais en réalité, cette situation n'arrivera jamais. Pire, elle sera de moins en moins à même d'arriver, puisque cette histoire particulière nous montre qu'il nous arrive de moins en moins souvent de devoir réaliser nous-mêmes une opération (à la main, à la calculatrice, etc), parce que les opérations sont de plus en plus abstraites et imbriquées dans des algorithmes "tout faits", disponibles via des dépendances ou des bibliothèques; et qu'en parallèle, nous avons de plus en plus de calculatrices disponibles partout autour de nous (trucphones, tablettes, assistants vocaux…). Nous avons donc perdu une compétence devenue inutile, mais c'est sans conséquence.

    Je trouve que la question qui est intéressante, c'est celle de l'utilité de l'apprentissage, pour le développement de notre cerveau et pour notre adaptabilité. Actuellement, les enfants apprennent toujours à faire des multiplications à la main, avant de confier ces tâches à des machines. Mais ils n'apprennent plus l'utilisation des tables de log ni l'extraction de racines carrées. Qu'est-ce qu'on est prêts à abandonner totalement à la technologie, et quels sont les savoirs fondamentaux qu'on souhaite garder? On a collectivement "désappris" à faire du feu avec des cailloux, à atteler un cheval, à parler latin, à écrire avec une plume, à filer la laine, à broder, à s'orienter aux étoiles… Il faut forcément faire des choix. Là, tu sembles partir du principe qu'il est évident que perdre la faculté de coder soi-même serait une sorte de chose négative à plus ou moins long terme, mais rien n'est moins sûr.

  • [^] # Re: Pourquoi ?

    Posté par  . En réponse à la dépêche Non renouvellement de l’accréditation de la licence pro CoLibre pour la rentrée 2027. Évalué à 5 (+2/-0). Dernière modification le 23 mars 2026 à 12:40.

    Les formations sont normalement évaluées à intervalle régulier; en théorie, l'université peut (même si ça n'est pas une obligation) conditionner le renouvellement des formations à ces évaluations.

    Même si des critères pédagogiques "objectifs" peuvent rentrer en jeu (qualité de la formation, nombre d'étudiants formés, nombre de demandes d'inscription reçues, taux d'emploi des étudiants à 6 mois / 2 ans, etc), j'ai l'impression en ce moment que le coût visible de la formation pour l'université (locaux et nombre d'heures de présence face aux étudiants, rémunération des intervenants exterieurs, etc) rentre de plus en plus en compte. Il n'y a plus une thune, mais la lettre de mission du président c'est que ça ne se voie pas. Il faut donc officiellement se réjouir de la situation, essayer d'attirer de plus en plus d'étudiants, et en sous-main couper les coûts; on voit bien comment les critères pédagogiques peuvent passer après… Ça explique notamment la multiplication des filières avec de l'alternance et de nombreux stages, puisque les stages c'est à la fois "gratuit" et professionnalisant, ça coche plein de cases à la fois.

    Là, sans information, c'est dur de savoir si cette formation n'était pas en mode "survie" depuis plusieurs années (typiquement, si ça fait 5 ans que tu as 15 étudiants alors que tu peux en accueillir 30, ça veut dire que tu prends tous ceux qui se présentent (donc niveau hors de contrôle) et que tu fais baisser le ratio elève/prof). C'est le genre de situations où les arguments sur la contribution à une meilleure société n'ont pas beaucoup de poids…

  • [^] # Re: Solution concrète?

    Posté par  . En réponse au lien Dépendance à Google dans l'information des heures d'ouverture des magasins. Évalué à 5 (+2/-0).

    Je n'ai pas de problème avec le principe des frontends OSM, pour la consultation ou la modification, c'est explicitement encouragé et ça fait partie des choses pour lesquelles OSM est conçu.

    D'ailleurs, les réponses à beaucoup de questions sont ici : https://cartes.app/verso . Il y a donc bien une page de doc proposée par cartes.app, c'est juste qu'elle semble assez introuvable même quand on cherche les informations de bonne foi.

    Pour résumer, cartes.app semble être un aggrégateur de contenu, l'appication fournit des données issues de dizaines de sources libres (OSM, wikidata, et beaucoup d'autres).

    Mon problème c'est qu'on a tous ici été témoins à de multiples reprises de manque de transparence et d'ambiguités sur le lien exact entre beaucoup d'entreprises et le libre. Je n'ai aucune idée préconçue sur cartes.app, mais vu que leur communication est fondée sur le libre, c'est normal qu'il soit facile de comprendre pour n'importe quel contributeur où est localisée la base de données et quelle est sa licence.

    S'il est possible de modifier les données à partir de cartes.app (ce dont je ne suis pas certain, je n'ai pas vu de bouton "editer" ou "ajouter des horaires d'ouverture" par exemple), est-ce que seule une base de données cartes.app est modifiée et vient en surcouche par rapport aux données d'OSM, est-ce qu'OSM est synchronisée en temps réel, est-ce que d'autres bases sont aussi modifiées? Toutes ces questions sont naturelles quand on lit le billet qui sert de base à cette discussion, et le billet n'offre qu'un discours politique, et une solution toute faite (cartes.app) sans aucune mention du contexte ("il existe pourtant une base de données libres, OSM, qui pourrait être promue ou renseignée directement par les commerçants et/ou par l'État; il y aurait cependant des verrous techniques liés à l'interface et à l'identification des acteurs autorisés à modifier ces données, et pour ça il faut des frontends; nous proposons un de ces frontends avec tel ou tel business model", etc.). Moi je n'avais pas du tout compris ça à partir du texte du billet; et même avec la lecture de cette page "verso" qui parle de la technique, je n'ai toujours pas compris comment cartes.app contribuait aux bases de données libres.

  • [^] # Re: Solution concrète?

    Posté par  . En réponse au lien Dépendance à Google dans l'information des heures d'ouverture des magasins. Évalué à 7 (+4/-0).

    OSM a déja une interface permettant aux utilisateurs de modifier leur base de données, et ni dans l'article, ni dans les explications du site, l'interfaçage avec OSM n'est pas mentionné. Est-ce qu'ils hébergent leur base de données, est-ce qu'elle est synchronisée avec d'autres bases libres?

    La page "a propos" dit "Qui possède le nom de domaine cartes.app et la propriété intellectuelle du projet ? L'entreprise Menoz. " et "Où est hébergé Cartes ? Le site Web et le serveur (tuiles, transport en commun, vélo, etc.) sont hébergés par Scaleway en France.", donc rien n'indique que le projet est un frontend pour OSM.

    Sur le fond, je suis convaincu que le seul endroit où une entreprise doit déposer des données fiables (adresse, horaires, téléphone, etc), c'est sur son site web. Libre à tout le monde de renseigner des bases de données externes à la main ou en faisant crawler des IA, on pourrait même imaginer héberger des métadonnées (style feed rss, calendrier ics…) qui permettraient à tous les sites externes de synchroniser de telles informations; dans tous les cas je trouve que l'idée d'un monopole naturel est chelou.

  • # Solution concrète?

    Posté par  . En réponse au lien Dépendance à Google dans l'information des heures d'ouverture des magasins. Évalué à 1 (+3/-5).

    Une solution concrète dès aujourd'hui
    Il est désormais possible de renseigner les horaires d'un lieu sur Cartes.app.

    xkcd.com

  • [^] # Re: Inutile

    Posté par  . En réponse à la dépêche Nouvelles sur l’IA de février 2026. Évalué à 5 (+2/-0).

    Moui alors comparer des techniques en cours de développement et un bruit médiatiques et des connaissances dessus avec des connaissances pas du tout stabilisées et juste en cours de développement depuis quelques années

    C'était pourtant exactement le cas pour le Covid.

    Et la prétention à la scientificité de connaissance sur des dispositifs techniques à visée largement commerciales

    C'est pas vrai, ni MERT, ni ARC, ni HLE ne sont des gadgets commerciaux. Tout instrument de mesure a des biais et des limites de précision; tous les acteurs commerciaux confrontés à des comparaisons via des benchmarks vont essayer de maximiser leur score aux benchmarks, mais ça ne veut absolument pas dire que les résultats ne sont que du bruit. Et de toutes manières, on ne parle pas de passer de 50% à 51% de réussite; par exemple pour ARC2 (qui propose des tests destinés à être faciles pour les humains et difficiles pour les machines), on passe de 10% à 80% de réussite en 2 ans.

    Donc si, la plupart de ces tests sont scientifiques, dans la mesure où ils sont conçus comme des outils scientifiques, par des scientifiques, et leur objectif est de mesurer les performances des AI de manière objective. Les acteurs AI peuvent bien entendu essayer de profiter d'eventuelles failles ou même de tricher, un peu comme les constructeurs de bagnoles qui détectaient les environnements de tests pollution, mais ça ne rend pas les tests moins "scientifiques".

    La seule vraie limite des benchmarks est leur saturation, et la saturation est due aux progrès très rapide des modèles, donc oui, les benchmarks sont limités, mais cette limite va dans le sens de la sous-évaluation des capacités des modèles.

    En tout état de cause, même si tu ne crois pas aux benchmarks ni aux publications marketteuses ni aux papiers dans Arxiv ni à rien de ce qui sort d'aucun labo en lien plus ou moins direct avec les acteurs de l'AI (donc aucun labo, en fait), tu peux essayer tous les 6 mois de poser quelques questions aux chatbots grand public et voir par toi-même que les expériences un peu ridicules des premières versions de ChatGPT ne sont plus reproductibles depuis longtemps. Tu peux te faire ton propre benchmark à la crado, faire une liste de 10 questions, et regarder le taux de réponse correct par ChatGPT, Gemini, Deepseek, etc. Et tu vas arriver au même résultat que l'état de l'art, tu vas obtenir 100% de bonnes réponses par tous les modèles, et il va falloir que tu trouves des questions plus dures. Et dans 2 ans tu auras de nouveau 100% de bonnes réponses, et tu devras encore poser des questions plus dures, etc. Je n'arrive pas à imaginer une expérience personnelle menée de bonne foi qui puisse suggérer un seul instant que les modèles, même les versions gratuites pour le grand public, ne progressent pas.

  • [^] # Re: Inutile

    Posté par  . En réponse à la dépêche Nouvelles sur l’IA de février 2026. Évalué à 2 (+0/-1). Dernière modification le 09 mars 2026 à 15:43.

    Les "hypothèses" qu’arnaudus a en tête (encore une fois, pas télépathe, je peux me tromper) : « les progrès de l’IA sont un mensonge marketing pour faire vendre ChatGPT ». Et oui : à ce niveau, je le rejoint, on peut clairement appeler ça du déni, pas besoin d’invoquer des subtilités sur les complexités du sujet.

    C'est exactement ça. Les deux familles d'arguments qui servent de base au déni sont le "mensonge marketting" et "les benchmarks ne représentent rien". Je n'ai aucune autre explication que le "wishfull thinking": un monde qui évolue vite est anxiogène, et c'est rassurant de penser que tout ça n'est que du vent. Le problème, c'est que ça ne résiste pas à l'analyse une seule seconde. Les performances sont là, et ce qui sert en production actuellement (les bots qui t'appellent pour te vendre de l'isolation, les trucs qui génèrent des vidéos youtube, par exemple) sont des modèles qui datent de plusieurs générations de modèles en arrière. Et pourtant, il faut de plus en plus de temps pour discerner la supercherie, et on a de plus en plus de doutes; le point où il sera impossible de le faire va arriver très rapidement.

    La liste des tâches pour lesquels un humain "moyen" est meilleur qu'un IA fond comme neige au soleil, et il est possible/probable qu'il n'en existe plus à une échéance très brève. Le test ARC2, conçu pour être faisable par les humains mais pas par les IA, est défoncé (> 70%) par les modèles récents; il est extrêmement difficile de trouver des questions auxquelles un humain sait répondre mais pas une IA (c'est normalement ce que devrait faire ARC3, mais je ne sais pas comment les modèles actuels s'en sortent). La prochaine limite est un test destiné à distinguer les spécialistes humains (comme le HLE https://www.nature.com/articles/s41586-025-09962-4). Là on compare les IA aux meilleurs humains. À part la foi, il n'y a pas de raison objective d'imaginer que ce progrès va s'arrêter cette année ou l'année prochaine, avant que les humains ne soient surpassés sur tous les tests.

  • [^] # Re: Inutile

    Posté par  . En réponse à la dépêche Nouvelles sur l’IA de février 2026. Évalué à 3 (+0/-0).

    Mais donc si jamais ça partait en sucette, à quel point il serait compliqué d'éteindre des machines

    1) Pour débrancher la machine il faut que ça soit TA machine. Tu penses que le gouvernement ou le voisin a le droit de venir débrancher ta machine sans une procédure qui prendrait 10 ans?
    2) Les IA ne sont pas localisées sur une seule machine. Il faudrait donc débrancher toutes les prises du monde en même temps. Du coup, il faut téléphoner aux Chinois, aux Américains, à tout le monde, et les convaincre de débrancher leur machine en même temps que toi.
    3) Si les Russes ou les Chinois ont la même machine que toi, tu ne vas peut-être pas débrancher la tienne avec autant d'entrain que tu prévois
    4) Tu pars du principe que quand tu te rendras compte que la super-intelligence de ta machine est en train d'essayer de te la faire à l'envers, il est encore temps de la débrancher. Ça nécessite de sous-estimer quand même cette super-intelligence, parce qu'il y a fort à parier que si elle décide de te la faire à l'envers, tu ne te rendes compte de rien avant que tu ne puisses plus la débrancher.

    Et puis, on a au moins un bon précédent. Actuellement, on est certains que le climat part en sucette principalement parce qu'on brûle les combustibles fossiles, et que les conséquences sont une menace pour notre survie et celle des générations suivantes. Je trouve qu'on est pas mal dans le scénario "on a compris que ça partait en sucette". D'après ton raisonnement, il suffirait donc d'arrêter les machines qui consomment des combustibles fossiles. On pourrait même rajouter que devant les menaces dont on parle, "on ne voit pas pourquoi ça serait compliqué". Bah sauf que c'est tellement compliqué qu'on n'arrive même pas à réduire nos importations de gaz en provenant de pays ennemis qui se servent des devises des pétrodollars pour faire la guerre contre nos alliés, donc même avec des raisons géopolitiques urgentes indéniables (oui, parce que "on va tous crever dans longtemps" n'est pas assez inquiétant apparemment), c'est très, très compliqué. Bref, moi je vois bien comment ça va être compliqué de se passer de ces machins qui savent faire mieux que nous 1000 fois plus vite que nous.

  • [^] # Re: Inutile

    Posté par  . En réponse à la dépêche Nouvelles sur l’IA de février 2026. Évalué à 4 (+2/-1). Dernière modification le 09 mars 2026 à 15:00.

    Tu as l'air d'avoir du mal avec les gens qui sont plus sceptiques et ça se ressent dans la sécheresse de tes messages.

    Bien sûr, c'est exactement ça : on laisse un platiste et un géologue discuter, et si le scientifique s'énerve, on va venir expliquer que c'est le droit du platiste d'avancer ses arguments fondés sur l'ignorance, le déni, le "j'ai fais mes propres recherches", etc. C'est exactement ce que devrait être un débat neutre, non?

    Remarquez, ça marche aussi avec le réchauffement climatique, le Covid, l'évolution… Ces scientifiques qui s'énervent et qui n'acceptent pas les arguments des septiques, franchement, ça pourrit le débat.

    Bref, je m'énerve contre ceux qui nient les chiffres et les benchmarks seulement parce qu'ils confondent leur intuition de la réalité avec la réalité. Tous les arguments sur le coût écologique, la viabilité économique, etc., tout ça c'est bien sûr super pertinent. Mais "boarf ces trucs sont des perroquets stochastiques", c'est exactement du même niveau de beauferie que "moi j'ai eu le Covid et j'ai juste eu le nez qui coule", et je ne trouve pas normal d'être confronté à ce genre d'arguments sur un site dédié à l'informatique (libre ou pas). C'est pas "mon idée contre leur idée", c'est "les faits contre une forme de négationnisme fainéant".

  • [^] # Re: Inutile

    Posté par  . En réponse à la dépêche Nouvelles sur l’IA de février 2026. Évalué à 5 (+2/-0).

    Mais croissance de quoi ?

    Je pourrais très bien répondre que le contexte de la dépêche était super clair, mais de toutes manières c'est un raisonnement fallacieux de la "cible qui bouge". La remarque était quelque chose comme "ah ah, plus qu'exponentielle ça ne veut rien dire", et la réponse est que bien sûr que si, et que je ne m'attendais pas à devoir expliquer ça sur linuxfr.

    Donc si la question est "croissance de quoi", le lien apparait dans la dépêche, et on parle de l'indicateur du METR https://metr.org/, qui n'est pas du tout un truc publicitaire de l'industrie (mais évidemment, comme d'habitude, quand on part du principe que toute discussion est censée conforter ses certitudes, on critique avant de regarder).