j-c_32 a écrit 1462 commentaires

  • [^] # Re: Suis-je le seul à avoir l'impression de vivre dans un roman de science-fiction ?

    Posté par  . En réponse au journal Journal bookmark. Évalué à 1.

    Bon, déjà, je doute qu'il irait jusqu'à fermer: s'il atteint une situation financière critique réelle, il a alors une raison valable et inattaquable au prud'homme pour se séparer de son employé (si le pharmacien est idiot et commence à expliquer que sa situation financière est due à l'origine de son employé, ben sélection naturelle).

    Dans le cas d'un passage en prud'homme, l'arabe est dédommagé pour l'injustice qu'il a subie et le pharmacien ne ferme pas mais est puni par les prud'hommes.
    Dans ce cas, on a bien 1 puni (le pharmacien: 0 pour la perte du magasin, -1 pour la condamnation au prud'homme. Tandis que l'arabe a: -1 pour la perte d'emploi, +1 pour le dédommagement au prud'homme)

  • [^] # Re: nooooooon !...

    Posté par  . En réponse au journal Et toi, t'en penses quoi du flat design?. Évalué à 5.

    Sauf qu'en pratique, pour couvrir tout les besoins de l'utilisateur, tu vas également devoir rajouter "écran", "carte graphique" (qui fait partie du groupe hardware, …), … et au final, tu oublieras toujours quelque chose. Et même si tu y arrives, tu consommeras autant de place et d'information que si tu avais tout mis de toutes façons.

    C'est ça que je critique: tu décides à la place de l'utilisateur de ce dont il a besoin. En pratique, prend 100 utilisateurs et fais leur utiliser ton interface pendant un mois, et bien tu en auras au moins 50 qui, un jour, auront subi (souvent sans même s'en rendre compte) le fait que ton choix ne convenait pas à la tâche qu'ils souhaitaient réaliser.
    Tout ça pour "réduire l'information" et avoir un écran inutilement à moitié vide. Un gros défaut pour un tout petit avantage selon moi (oui, c'est une question de goût, voilà pourquoi il y a plusieurs environnement de bureau).

  • [^] # Re: Suis-je le seul à avoir l'impression de vivre dans un roman de science-fiction ?

    Posté par  . En réponse au journal Journal bookmark. Évalué à 1.

    Donc, on est parfaitement d'accord: avoir le peuple qui décide est parfois une connerie et c'est normal de critiquer ça.
    Ici, quelqu'un dit: je ne suis pas à l'aise avec l'arbitraire de la décision faite par le peuple.
    Donc, tu es d'accord avec lui.

    Sinon, pour l'histoire du pharmacien, il y a un aspect qui me dérange dans ton raisonnement.
    On a d'un côté une situation où l'arabe est puni par la société parce qu'il y a dans la société des racistes: il est viré ou il ne trouve pas de boulot.
    On a d'un autre côté une situation où le pharmacien est puni par la société parce qu'il y a dans la société des racistes: il perd du fric dans son commerce ou il perd son procès au prud'homme.
    Or, pour moi, le premier cas n'est pas moins grave que le deuxième cas.
    Quand on a une société raciste, il y a des innocents qui en paient le prix. Que ce soit l'arabe ou le pharmacien, c'est la même chose: les deux sont tout les deux autant innocent.
    Je ne vois pas pourquoi l'arabe devrait accepter l'injustice qu'il subit en étant viré tandis que le pharmacien ne devrait pas accepter l'injustice qu'il subit en virant l'arabe.

    Il y a deux éléments à rajouter à ça:
    - Le pharmacien est considéré comme coupable par la justice alors qu'il est innocent. C'est dommage, mais les règles sont là. De la même façon, l'arabe aurait pu commettre des fraudes pour rembourser la perte engendrer par sa présence. Dans les deux cas, on a quelqu'un qui essaie d'éviter d'être la personne qui casque pour la présence de racistes. Mais s'il n'existe pas de moyen légal pour ça, ben tant pis.
    - Cette situation pousse les employeurs à éviter d'engager des arabes a priori. C'est un défaut du système, mais il n'existe pas grand chose de mieux, il faut faire avec (et ce genre de chose se controle également).

    Au final, pour moi, la situation idéale, c'est quand pour chaque arabe qui perd son boulot ou ne trouve pas d'emploi à cause du racisme, on a un employeur qui fait des pertes à cause du racisme: il n'y a aucune raison que la victime innocente soit toujours la même. La différence étant que l'arabe ne peut pas échapper au fait d'être arabe.

  • [^] # Re: nooooooon !...

    Posté par  . En réponse au journal Et toi, t'en penses quoi du flat design?. Évalué à 3.

    Pas totalement d'accord.
    C'est justement le problème que je trouve avec les interfaces qui me montrent que ce qu'elles veulent que je fasse plutôt que ce que je veux faire.
    Quand je configure mon interface, je veux également avoir un bouton "appliquer", "ok" et "annuler", sinon, comment puis-je savoir si je vois un aperçu de l'interface ou si je vois ce que j'ai sélectionné alors que c'est juste pour jeter un œil et pas pour me retrouver avec un thème inconnu si entretemps je dois jeter un œil à un nouvel email ? (sans parler du fait qu'il faut retrouver le thème précédent si celui qu'on voulait voir n'était pas le bon)
    Quand je configure mon interface, je veux aussi savoir quels sont mes options et ce qu'il me reste à faire: sinon, comment savoir que ce que l'interface appelle "style" ne concerne pas les icones et les couleurs ? On pourrait croire que l'utilisateur va retenir qu'au panneau précédent, il y avait les options "couleurs" et "icônes" et … mais en pratique, non seulement ce n'est pas le cas, mais en plus, c'est à ce moment-là qu'on se pose des questions dont on ne connait pas la réponse (c'est à mon avis un résultat du fait que la configuration est complète: plus il y a d'options classées dans différent panneau, plus il y a besoin laisser l'utilisateur voir quels sont ces autres panneaux).
    Bref, pour moi, la charge utile, c'est ce qui a été encadrer dans ton message + les boutons en bas + la barre de navigation à gauche + le contrôle de la fenêtre vu que je peux vouloir jeter un œil à un email. C-à-d finalement tout ce qui est sur la capture sauf la barre d'outil.

    Tout ça pour dire: la charge utile, c'est ce dont l'utilisateur a besoin pour faire ce qu'il veut faire, ce n'est pas uniquement la tâche en cours.

  • [^] # Re: Suis-je le seul à avoir l'impression de vivre dans un roman de science-fiction ?

    Posté par  . En réponse au journal Journal bookmark. Évalué à 2.

    Bah personnellement je pense qu'une élection locale n'a pas grand chose à voir avec une élection nationale

    Et j'ai écris:

    Le président a considéré (à tort ou à raison) que la baffe a été le résultat d'erreurs dans les fonctions pour lesquelles les ministres avaient été engagés.

    à tort ou à raison

    Bref, c'est ton opinion que l'élection locale n'a pas grand chose à voir. Par contre, l'opinion que l'élection locale a quelque chose à voir est tout aussi raisonnable, il existe plein d'arguments pour soutenir ça (notament le fait que tu dis que plein de gens pense que c'est le cas, ce qui signifie que plein de gens sont d'accord pour dire qu'ils ont eux-mêmes voté en étant influencé par ça).

    Je ne crois pas qu'il y ait un contrat avec les objectifs du premier ministre quelque part

    C'est pas de ça dont il s'agit. Simplement, pour le gouvernement, les reproches qui sont faits (que ces reproches correspondent à la réalité ou pas) sont clairement lié au boulot de ministre (sinon, t'es en train de dire qu'un ministre ne peut jamais être responsable de rien). Dans le cadre de Eich, les reproches qui sont fait sont liés à un critère "le CEO représente l'image de l'entreprise" qui est inventé par le grand public. Il est possible que ça soit dans le contrat, mais il est possible que ça ne soit pas dans le contrat.
    Ce qui me dérange, c'est que le grand public se comporte comme si ça n'avait aucune importance, comme si c'était normal que ses petits caprices puissent modifier les contrats des autres.

    La polémique a donné à Mozilla une image désastreuse. Il faut arrêter l'hémorragie.

    Je comprends la mécanique. Ce qui me dérange, c'est que certains trouvent que c'est une bonne chose.
    Si on était dans une société ouvertement homophobe, cela implique que "le public de Mozilla peut choisir de laisser tomber Firefox s'il n'aime pas le fait que le CEO est homosexuel. Et dans ce cas, Mozilla doit arrêter l'hémoragie et virer le CEO".
    Moi, c'est ça qui me choque: on considère que le pouvoir du grand public est forcément "bien". Non, le fait que le grand public ait autant de pouvoir est un problème: c'est le rêgne des opinions de comptoirs, des rumeurs, des réactions à chaud et des positions émotionelles.
    Cela ne veut pas dire qu'il faut interdire le boycott, ça veut dire qu'il faut éduquer le grand public: vous pouvez boycotter, mais uniquement si vous avez bien réfléchi, discuté avec tout le monde, lu le contrat pour lequel il a été engagé, et pris au final une décision sensée.
    Ici, j'ai l'impression que tout le monde oublie cet aspect important du boycott et que le boycott est une façon de faire la justice de la bonne pensée du peuple soi-même: je ne suis pas d'accord avec ses opinions, je vais créer une situation où il sera puni, peu importe que je punisse tout autant des gens innocents et raisonnables à côté.

  • [^] # Re: Suis-je le seul à avoir l'impression de vivre dans un roman de science-fiction ?

    Posté par  . En réponse au journal Journal bookmark. Évalué à 1.

    Exactement, tout comme les autres personnes sont libres de boycotter un produit parce que le CEO est trop bronzé à leur goût et qu'au final ce CEO finit par démissionner à cause de la pression.
    Dans ce cas là, certaines personnes critiqueront ce qui s'est passé. Tout comme certains ici critiquent aussi ce qui s'est passé.
    Pourquoi les critiques de la méthode dans ce cas-là seraient "valides" et les critiques de la méthode ici ne le seraient pas ?

  • [^] # Re: Suis-je le seul à avoir l'impression de vivre dans un roman de science-fiction ?

    Posté par  . En réponse au journal Journal bookmark. Évalué à 2. Dernière modification le 08 avril 2014 à 16:39.

    il y en a bien qui décrètent qu'un gouvernement doit changer car la majorité s'est pris une "baffe" lors d'élection non nationales…

    Ç'aurait été comparable si le gouvernement avait été changé parce que le peuple aurait fait savoir qu'il n'aime pas les gens avec les cheveux blancs.
    Le président a considéré (à tort ou à raison) que la baffe a été le résultat d'erreurs dans les fonctions pour lesquelles les ministres avaient été engagés. Des fonctions écrites noir sur blanc.

    Si Eich a été engagé avec un contrat qui dit "le candidat doit dans sa vie privée ou semi-privée représenter l'image de l'entreprise", alors, oui, il doit être viré pour ses actes passés.
    Si le contrat ne le dit pas, alors, il n'a pas a être viré.
    Ce qui me dérange, c'est que le public s'en fout du contenu du contrat, il décide tout seul de savoir quels sont les critères du contrat. Si demain une majorité de gens décide que tu dois aussi nettoyer les toilettes de ton entreprise sans changement de salaire alors que ce n'était pas dans ton contrat, normal que tu trouves ça illégitime. Si demain une majorité de gens décide qu'envoyer une lettre contre Hadopi ça renvoie une image de ta firme et que tu es responsable de ça et donc potentiellement virable, normal que tu trouves ça illégitime. Si demain une majorité de gens sont homophobes et décide qu'un CEO d'une entreprise censée représenter les familles a signé une pétition pro-mariage pour tous il y a 6 ans et est toujours pro-mariage pour tous n'a pas sa place en tant que CEO, normal que tu trouves ça illégitime.

    L'opinion du grand public, surtout quand elle est à ce point émotionnelle, n'a pas à faire valoir de loi. C'est ce qu'on appelle "une chasse aux sorcières" ou "un délit d'opinion".
    (Mais je répète que je pense que le CEO doit avoir une responsabilité dans l'image qu'il donne de l'entreprise. Cela ne veut pas dire que l'opinion public peut se croire légitime de décider si oui ou non il doit être viré ou non)

  • [^] # Re: Suis-je le seul à avoir l'impression de vivre dans un roman de science-fiction ?

    Posté par  . En réponse au journal Journal bookmark. Évalué à 2.

    Dans le cas où un premier ministre est appelé à démissionner, c'est parce qu'il n'a pas satisfait (selon la personne qui le critique) des éléments essentiels de son poste. Éléments qui étaient connus à l'époque de son entrée en fonction.

    Ici, c'est la communauté qui semble décider si oui ou non le poste de CEO contient certains critères, alors que ces critères n'étaient pas forcément là lorsque la personne a été engagée.
    C'est ça qui me dérange. C'est effectivement de la "politique" (j'appellerais plutôt ça du marketing: se plier aux 4 volontés du grand public pour rester dans ses faveurs). Cela ne veut pas dire que cette dérive (où le grand public change les règles du jeu en fonction de leur caprice rarement rationnel) n'est pas condamnable.

    (dans le cas de Eich, je suis assez d'accord pour dire que le rôle de CEO devrait être choisi tel que l'individu supporte la politique de l'entreprise, et que donc dans ce cas, la décision finale ne me dérange pas plus que ça. L'aspect "chasse au sorcière sans aucun recul" me dérange plus.)

  • [^] # Re: Suis-je le seul à avoir l'impression de vivre dans un roman de science-fiction ?

    Posté par  . En réponse au journal Journal bookmark. Évalué à 3.

    Un truc qui me dérange un peu, même si je comprends l'argument du poste représentatif de l'image de l'entreprise, c'est le fait que la question aurait du se poser lors de l'embauche.
    Soit CEO est un poste représentatif et cela fait partie des critères d'embauche (et je n'ai rien contre ça, je ne considère pas ça comme de la discrimination), soit cela ne fait pas partie des critères d'embauche et dans ce cas, la communauté Mozilla n'a pas à inventer que le poste est représentatif de l'image de la société.

    Sinon, où placer la limite ? Dans ce cas, le sort de Bourreau-Guggenheim (comme pris en exemple plus haut) est justifié pour peu que certains aient décidé que ses actions "donnent une mauvaise image".

    Je pense plutôt que les gens qui l'ont nommé CEO ont foiré, en ne tenant pas en compte l'aspect représentatif du poste. Mais je suis inquiet des réactions sur internet, qui ne tiennent pas du tout compte de ça et qui considère que si l'internaute décrète que c'est un poste représentatif, alors c'est un poste représentatif.

  • [^] # Re: L'Europe ?

    Posté par  . En réponse au journal Comprendre l'Ukraine. Évalué à 1.

    Arrêtez svp cette erreur stupide et ridicule que de personnifier des noms de pays.

    Quelle erreur ? C'est une métonymie ( https://fr.wikipedia.org/wiki/M%C3%A9tonymie ) qui est une figure de style très courante. Est-ce que tu as également ce genre de réactions quand on dit "on va boire un verre" ?

    Pour le reste, je ne vois pas trop en quoi ça répond à ma remarque.
    Je n'ai jamais dit que les ukrainiens n'étaient pas conscient de ça. Tout ce que je dis, c'est que quand qlq'un dit quelque chose qui ressemble à "ce serait bien que l'Ukraine rentre dans l'Europe comme ça il n'y aura plus corruption", c'est normal que qlq'un précise "rentrer dans l'Europe n'est pas une condition suffisante pour que la corruption disparaisse"
    (Et c'est normal même si l'auteur du discours initial ne voulait pas dire ça. Pour peu que la phrase puisse être lue comme sous-entendant ça, c'est normal qu'on réagisse là-dessus: pourquoi se priver d'une précision qui au pire ne coute rien ?)

  • [^] # Re: L'Europe ?

    Posté par  . En réponse au journal Comprendre l'Ukraine. Évalué à 0.

    Euh ? Donc, tu confirmes que ton premier commentaire est à côté de la plaque ?
    Si tu n'es pas d'accord sur le fait que c'est principalement le résultat des citoyens, certes, pas de problème. Mais dans ce cas, pourquoi partir en délire sur l'anti-UE primaire ou le chauvinisme ?
    En quoi le fait de croire que l'implication du citoyen est un élément nécessaire et que l'UE toute seule n'est pas suffisant implique de l'anti-UE primaire ou du chauvinisme ?

    (sinon, je suis d'accord sur le comportement général des gens.
    Cependant, le gros du travail requiert une minorité: si l'UE veut un truc et que tout les citoyens s'en foutent, ça ne marche pas, il faut au moins une minorité impliquée.
    À ce niveau, je pense que la remarque est intéressante: si l'Ukraine pense qu'il suffit de rentrer dans l'UE pour que tout change magiquement sans que les citoyens s'impliquent, ils vont avoir une bonne surprise)

  • [^] # Re: L'Europe ?

    Posté par  . En réponse au journal Comprendre l'Ukraine. Évalué à 6.

    En lisant son commentaire, j'avais simplement compris: "l'absence de corruption n'est pas le résultat de l'appartenance à une communauté (même si celle-ci peut aider), mais surtout le résultat d'un effort quotidien des citoyens".
    Maintenant, je ne connais p-e pas assez papap, mais il me semble que si c'est sans raison, interpréter ce message immédiatement comme du chauvinisme ou de l'anti-UE primaire, le problème est alors du côté de celui qui interprète.

  • [^] # Re: Problème pour la diversité culturelle

    Posté par  . En réponse au journal Domaine public, rétribution équitable ET oeuvres à prix presque nul. Évalué à 1.

    Mais dans ce cas, cela signifie que si le créateur n'atteint pas le nombre escompté, il fera une perte, qui ne sera jamais compensée par un bénéfice obtenu en cas de dépassement du nombre escompté.
    On peut se dire: après une perte, le créateur reverra le montant escompté à la hausse pour compenser la perte. Mais ça implique que soit le nombre escompté monte (ce qui serait encore plus dangereux. c'est un peu comme prendre une dette à 10% d'intérêt pour éponger une dette à 5%), soit le prix monte (et au final, on se retrouve avec un prix légèrement plus élevé que dans le modèle traditionnel).

    (et comme dit par ailleurs, je ne comprends pas comment il peut vivre de son art avec 1€ par vente. Si c'est possible, pourquoi diable personne ne le fait actuellement ? (un morceau coute p-e 1€, mais un morceau par mois, c'est peu)
    Quel que soit le prix pratiqué par le créateur lors du PM, cela implique que le créateur pourrait pratiquer exactement le même prix dans le modèle courant. Du coup, comment le PM pourrait-il être moins cher durant la période où le créateur n'a pas atteint le nombre escompté ?)

  • [^] # Re: Problème pour la diversité culturelle

    Posté par  . En réponse au journal Domaine public, rétribution équitable ET oeuvres à prix presque nul. Évalué à 1.

    Mais kickstater ne fait pas parti de la licence globale !

    Je ne comprends plus votre raisonnement. Je pensais que vous disiez que la licence globale (ou sans doute plutôt la légalisation des partages non marchand, apparemment) pose problème car elle implique que TOUT LES CRÉATEURS sont obligés de passer dans un financement aux ressources bornées.
    J'ai juste répondu qu'il y a la possibilité pour les créateurs d'utiliser autre chose même si la licence globale est appliquée, autre chose qui n'est pas un financement aux ressources bornées (et ce même si les échanges non-marchands sont légalisés). Kickstarter est un exemple, mais il y a surement d'autres choses.

    Vous cherchez n’importe quoi pour contrer cette proposition en faisant semblant d’être ouvert et de réfléchir au sujet. Pour preuve, quand on évoque le financement de la création avec la licence globale, vous redirigez vers des financements qui ne résultent pas de la licence globale ! C’est un comble. Comme je le disais, vous vous moquez de moi. C’est tout !

    Bon, la communication devient impossible.
    J'ai juste réagi au fait que vous sembliez dire: si on applique la licence globale, cela veut dire que tout le secteur se trouve à l'intérieur d'un système à financement borné. J'ai réagi à ça.
    Si maintenant vous êtes convaincu que je me moque de vous, arrêtons là (moi, je sais que ce n'est pas le cas).

    Non. C’est vous qui recherchez à tout compliquer pour démolir le système. Il est relativement simple.

    Si ça vous rassure de penser que chaque remarque sur le sujet est le résultat d'un méchant monsieur qui hait votre proposition, très bien, tant pis. Mais dans ce cas, ne venez pas écrire un journal dessus sur Linuxfr, où vous aurez des réactions critiques.
    Personnellement, je serais très heureux qu'on me montre que mes craintes sont injustifiées (ne vous en déplaise). Si vous vous contentez de dire: "non c'est pas vrai", je ne risque pas d'être rassuré (au contraire, ça me fait plutôt penser que j'ai découvert une faille dont certains partisans du PM sont inconscients).
    Par ailleurs, je reconnais les avantages du PM, et je vous souhaite d'expérimenter ce modèle avec succès.

    Je voulais dire celle actuellement présente. Qui sait ce qui viendra.

    C'est ce que j'ai finalement compris. Mais avouez que ce n'était pas évident dans la première lecture (vous reconnaissez que vous vouliez dire quelque chose d'autre, puis vous m'accusez de faire celui qui ne comprend pas).

    N’importe quoi. Parce que le prix sera très faible à la base. Et que s’il ne basse pas de 1€ à 0,05 € centime, ce ne sera pas un drame. La personne aura acquis un CD qui l’intéresse à faible coût.

    J'avoue que je ne comprends pas ça.
    À l'heure actuel, les groupes débutants sortent leur cd virtuel au coût le plus faible possible (car ils sont plus intéressé par se constituer une base de fan que de faire des bénéfices). Ces gens appliquent déjà la formule: "revenu attendu" / "nombre de ventes espérées", avec le revenu attendu étant le strict minimum pour vivre de la musique.
    Si ces groupes passent au modèle PM, comment le prix va-t-il être magiquement plus faible ?
    Il ne sera plus faible que si le nombre de ventes espérées est dépassé, mais rien n'implique que ce sera un jour le cas (à moins de forcer les gens à acheter ce cd dont ils ne veulent pas).

  • [^] # Re: Problème pour la diversité culturelle

    Posté par  . En réponse au journal Domaine public, rétribution équitable ET oeuvres à prix presque nul. Évalué à 1.

    Le système est donc : c’est comme ça, débrouillez-vous : sympa ! Vous me confortez dans ma pensée.

    Vous avez dit: la licence globale implique que la rémunération est faible et que le financement soit borné pour tout le monde.
    En réalité, seul une proposition de licence globale propose une rémunération faible, et n'implique PAS que le financement sous borné pour tout le monde (est-ce que kickstarter est borné ? NON)

    Désolé, mais je ne peux pas lire dans votre cerveau. Si vous écrivez des trucs qui ne correspondent pas à ce que vous pensez, vous ne pouvez pas ensuite dire que vous n'avez rien à vous reprocher. Au mieux, vous m'avez fait perdre mon temps.

    Bref, j'en ai marre de discuter des heures pour finalement me rendre compte que c'est simplement vous qui ne vous êtes pas exprimé clairement.
    Et pendant ce temps là, je n'ai pas reçu grand chose comme réponse sur mes interrogations (j'ai reçu des solutions pour éviter le problème, mais comme je l'ai dit, ça m'a chaque fois l'air très compliqué et le fait que ça pourrait déjà être appliqué aujourd'hui pour améliorer le modèle courant mais qu'en pratique ça ne l'est pas ne me rassure pas quant au réalisme pratique de ces solutions)

    J’ai dit ça quelque part, moi

    Vous avez dit: "La licence globale n'apportera pas grand chose aux artistes car elle repose sur une taxe et bornera mécaniquement les ressources du secteur."
    Cette phrase sous-entend: inutile de creuser la licence globale plus loin.
    Or, c'est faux, il ne s'agit que d'une proposition, qui par ailleurs ne bornera pas réellement les ressources vu qu'on pourra tjrs utiliser kickstarter (par exemple) qui n'est pas borné.

    Si le système a financement borné implique : débrouillez-vous et si vous n’y arrivez pas, changez de boulot… c’est clair que ça va être un atout pour la création !!

    En quoi est-ce différent avec le PM ?
    Avec le PM, c'est PIRE: si ton premier album ne marche pas, tu peux abandonner tout espoir: personne n'ira jamais acheter cher un nouvel album sachant que le précédent n'a jamais remplit sa promesse de voir son prix baisser (surtout que pendant ce temps là, il y aura plein d'albums de qualité à prix très bas (voire dans le domaine public))

    Quant à la contribution créative, si j'ai bien compris, elle rapportera moins que la licence globale que vous considérez comme insuffisante, sans apporter aucune contrepartie aux personnes taxées.

  • [^] # Re: Problème pour la diversité culturelle

    Posté par  . En réponse au journal Domaine public, rétribution équitable ET oeuvres à prix presque nul. Évalué à 1.

    La légalisation des échanges non marchand n'impliquent pas que les créateurs n'ont pas le choix. La légalisation est le résultat d'une réflexion sur la nature même des biens non-rivaux. Aux créateurs ensuite de trouver un système de rémunération adéquat en accord avec la définition légale de ce qu'on peut ou ne peut pas faire avec leur création.
    Par exemple, avec une licence globale, rien n'interdit à un créateur de ne pas participer à la licence globale mais de financer son travail a priori sur kickstarter.

    Par contre, oui, il complique la vie du créateur qui souhaite gagner de l'argent en faisant payer la diffusion. Tout comme la loi sur le colportage de la bécasse complique la vie du chasseur qui souhaite gagner de l'argent en colportant de la bécasse.

    Sinon, vous ne m'avez toujours pas expliquer comment et pourquoi il y aurait des problèmes en cas de borne.
    Ce que vous dites maintenant, c'est que cette borne est trop basse. De nouveau, vous critiquez non pas le modèle, mais une proposition d'application parmi d'autres.
    Au final, vous dites que vous n'êtes pas non plus contre toutes formes de licences globales. Donc, vous me donnez raison: quand vous dites: "la licence globale, c'est forcément foireux, donc, il ne reste plus que cette solution-là", c'est un raisonnement fallacieux (celui du faux dilemne) (consciemment ou non, je ne vous accuse pas).

    Enfin bref, j'en ai marre de parler de la licence global, je ne reviendrais plus sur le sujet.
    (et concernant la recherche, le fait que vous avouez qu'il faille changer de boulot pour certains domaines montre que cet exemple était cohérent avec un exemple de système à financement borné qui pourtant ne pose pas plus de problèmes que ça)

  • [^] # Re: Problème pour la diversité culturelle

    Posté par  . En réponse au journal Domaine public, rétribution équitable ET oeuvres à prix presque nul. Évalué à 2.

    Effectivement. Mais, d’un autre côté, le prix est beaucoup moins élevé et les clients sont remboursés d’une grosse partie de leur achat. Cela peut aussi permettre d’attirer plus de client.

    Pourquoi le prix serait magiquement moins élevé ?
    À l'heure actuelle, pour un groupe "normal" dans un petit label, le prix actuel leur permet juste de rentrer dans leur frais. C-à-d que, dans le PM, si on considère qu'il y a autant d'acheteurs, 10 euros ne sera le prix de vente que lorsque les ventes prévues seront atteintes. Avant ça, le prix sera PLUS CHER. Il y aura donc moins de gens pour acheter, et il est donc possible que les 10 euros de prix ne seront jamais atteint.
    Pour un groupe populaire, c'est autre chose. Mais attirer plus de clients vers le groupe populaire n'a de toutes façons aucun intérêt (au contraire, ça tue la diversité culturelle). C'est justement ce que je dénonce depuis le début: le PM favorise les artistes populaires.

    Un exemple chiffré est le suivant:
    Dans le modèle traditionnel: un cd à 10 euros vendu à 1'000 exemplaire, ce qui donne 10'000 euros.
    Après 1 semaines, il y a eu 100 ventes, le prix du cd est de 10 euros.
    Après 1 mois, il y a eu 500 ventes, le prix du cd est de 10 euros.
    Après 2 mois, il y a eu 800 ventes, le prix du cd est de 10 euros.
    Après 3 mois, il y a eu 1000 ventes, le prix du cd est de 10 euros.
    (éventuellement, après 4 mois, il y a eu 1200 ventes et on a 2000 euros qu'on peut redistribuer)

    Dans le modèle PM: un cd dont l'objectif est 10'000 euros.
    Votre raisonnement est:
    Après 1 semaines, il y a eu 100 ventes, le prix du cd est de 100 euros.
    Après 1 mois, il y a eu 500 ventes, le prix du cd est de 20 euros.
    Après 2 mois, il y a eu 800 ventes, le prix du cd est de 12.5 euros.
    Après 3 mois, il y a eu 1000 ventes, le prix du cd est de 10 euros.
    (éventuellement, après 4 mois, il y a eu 1200 ventes, le prix est de 8.3 euro, mais on n'a fait aucun bénéfice supplémentaire qu'on peut redistribuer)

    Ce que je dis, c'est que ce n'est pas réaliste:
    Après 1 semaines, il n'y aura pas 100 ventes, il y en aura moins, car un cd à 100 euros attire moins les foules (d'autant plus qu'ils auront le choix de faire un pari risqué ou d'acheter pour le même argent 100 cds d'artistes populaires). Ce qui signifie qu'après 1 mois, il n'y aura aucune moins de vente, car comme il y a eu moins d'acheteurs, le prix est resté élevé.
    Ensuite, si on atteint le seuil, là, on a le phénomène inverse: si on atteint 1200 ventes, on va commencer à vendre plus vu que le prix sera moins cher.

    Mais il y a des grandes chances qu'un cd qui vend 1000 exemplaires dans le modèle traditionnel ne puisse jamais atteindre 1000 exemplaires dans le modèle PM, et sera donc plus cher.

    Pour pallier à ça, on pourrait dire: on fixe un seuil maximal du prix du cd (disons 10 euros), comme ça, les premiers exemplaires n'ont pas pour effet de faire diminuer les vente. Le problème, c'est: que se passe-t-il si on ne vend que 800 exemplaires. On a juste fait une perte de 2000 euros.
    Dans le modèle traditionnel, ce cas est compensé par les situations où on vend 1200 exemplaires où on a gagné 2000 euros. Dans le PM, on ne peut jamais compenser, car on ne peut jamais gagner plus que ce qu'on s'est fixé.

    Pour la redistribution, je ne vois toujours pas de quoi vous parlez. Si vous avez un montant à répartir, la manière dont vous avez obtenu ce montant ne change absolument rien au problème.

    Dans le PM, le montant qu'on veut obtenir va modifier le prix. Si le montant visé est 2 fois plus élevé, le prix sera 2 fois plus élevé pour un même nombre d'acheteurs. Mais comme le prix sera plus élevé, il y aura moins de personnes intéressée, il y aura donc moins d'acheteurs pour répartir sur le prix et le prix sera encore plus élevé.
    En d'autres termes: plus vous voulez faire des bénéfices pour le cd A pour compenser le cd B, plus vous allez rendre le cd A inattractif. Vous me direz: on s'en fout, il suffit que 2 personnes paient pour A, ils paieront très cher, mais on aura l'argent. Mais dans ce cas, on voit bien que votre assertion comme quoi les prix seront moins chers est fausse (sans compter que les 2 personnes risquent d'être contentes et vont surement revenir acheter chez vous).

    Le PM est un cercle vertueux une fois que le montant voulu est atteint: à ce moment-là, le prix du cd ne fait que baisser.
    Mais le PM est un cercle vicieux lorsque le montant voulu n'est pas encore atteint: à ce moment-là, le prix du cd est cher et la probabilité que plus personne ne parie sur ce cd est un facteur de risque.
    Or, pour atteindre le cercle vertueux, il faut d'abord passer par le cercle vicieux.
    Ma prédiction est que les artistes ayant une petite probabilité d'être populaire (c-à-d tout ceux qui constituent la diversité culturelle) ne vont donc jamais atteindre le cercle vertueux, car les gens ne vont pas prendre le risque de parier sur eux alors qu'ils peuvent parier sur un artiste qui a bien plus de chances de ne pas rester coincé dans le cercle vicieux.

  • [^] # Re: Problème pour la diversité culturelle

    Posté par  . En réponse au journal Domaine public, rétribution équitable ET oeuvres à prix presque nul. Évalué à 1.

    Bon, déjà, il m'a fallu un petit temps pour comprendre que ce que vous appelez "licence globale" est en réalité un cas totalement extrême et stupide où toute production est obligée d'être sous licence globale.
    Je pense que la grande majorité des partisans de la licence globale propose aux créateurs d'y adhérer ou non (et si ce n'est pas le cas, qu'ils trouvent un autre moyen de rémunération).
    Cela me conforte dans l'idée que systématiquement, quand qlq'un dit "la licence globale ça marche pas", il ne parle en général pas des vrais mécanismes de la licence globale, et le défaut qu'il pointe est facilement corrigeable.

    Reste que vous n'avez toujours pas donné un seul argument logique au fait que le bornage du secteur est une mauvaise chose. Vous ne connaissez pas le secteur de la recherche: dans certains domaines, si on souhaite ne pas être payé par l'état, on est obligé de changer de domaine, c-à-d de changer de boulot.
    Mais de nouveau, pour peu que le budget soit régulièrement revu, quel est le problème ? Le nombre de créateurs revendiquant une rémunération n'a aucune raison de fluctuer, et surtout pas d'augmenter à l'infini. Le budget du grand public est lui-même en général "borné": si tout les consommateurs sont content avec ce qu'ils ont, ils n’achèteront pas de nouvel album et le nouveau créateur ne pourrait pas gagner sa vie.

  • [^] # Re: Problème pour la diversité culturelle

    Posté par  . En réponse au journal Domaine public, rétribution équitable ET oeuvres à prix presque nul. Évalué à 1.

    La différence, qui est signalée dans mon premier commentaire, est le fait que le prix du cd sera différent en fonction de nombre de consommateurs.
    Or, le nombre de consommateur dépend du prix (plus le prix est élevé, plus certains vont préférer acheter 2 barrils de poudre de bonne qualité plutôt qu'un barril de poudre de même qualité).

    Avec ce système, moins tu as de consommateurs, moins tu attires les consommateurs. Dans le système actuel, le consommateur s'en fout de combien de personnes achètent.

    Avec les maisons d'éditions actuellement: un cd qui se vend 10x moins n'implique pas que son prix est soit censé être 10x plus cher.
    Par contre, ce qui également possible, c'est que le cd qui se vend 10x moins se vende au même prix, mais le créateur accepte d'avoir une rémunération médiocre. C'est quelque chose qui existe dans les deux modèles (sauf que c'est pire avec le PM: le créateur ne peut pas espérer gagner plus qu'une rémunération médiocre, puisqu'il ne peut pas changer son "revenu total à atteindre" par la suite).
    Dans le modèle traditionnel, un revenu médiocre n'est pas normal (c'est uniquement parce que les maisons d'édition ne jouent pas le role qu'ils prétendent jouer), et il peut exister des cas où on évite ça.
    Dans ce nouveau modèle, c'est un postulat de base, et c'est très difficile à éviter.
    C'est pour moi un défaut intrinsèque. On n'a pas réussi à me convaincre que ce défaut n'existe pas: les solutions proposées ne permettent que d'atteindre une situation un peu meilleure mais pire qu'actuellement (car les solutions proposées existent déjà actuellement, et de manière nettement plus facile à mettre en place).
    Par exemple, on a d'un côté:
    - redistribuer des bénéfices
    de l'autre:
    - prévoir les bénéfices, monter le "revenu total à atteindre", recalibrer le prix et recalculer les bénéfices en fonction du nouveau prix (et recommencer jusqu'à un élément stable)
    Le premier cas est faisable pour un enfant de 10 ans et n'a aucun risque: tu fais ton truc, si par hasard t'as un bénéfice inattendu, tu redistribues.
    Le deuxième cas est très très aléatoire: quel va être la courbe des ventes et comment va-t-elle évoluer en fonction du "revenu total à atteindre" qui va lui-même influencer le prix qui va lui-même influencer les ventes qui va lui-même influencer la confiance dans le pari des acheteurs …

  • [^] # Re: Problème pour la diversité culturelle

    Posté par  . En réponse au journal Domaine public, rétribution équitable ET oeuvres à prix presque nul. Évalué à 1.

    Bon, déjà, ça ne répond pas à la question du financement borné. Je suis dans la recherche, et dans mon secteur, je n'ai jamais rencontré de chercheur du privé. Pourtant, mon secteur fonctionne.
    Si un financement borné ne fonctionne pas, il suffit d'expliquer pourquoi. Moi, j'ai l'impression que vous surévaluez fortement les craintes d'un financement borné.

    Même si je ne vois pas trop pourquoi on ne pourrait pas potentiellement choisir sa licence (ça me rappelle ce que j'ai dit tout à l'heure: je vois parfois certains rejets du principe de la licence globale alors que l'argument n'est qu'une caractéristique d'une proposition parmi plein d'autres), je ne veux pas parler de la licence globale (on pourrait croire que je défend cette idée). Juste que vous dites "le financement borné, c'est nul" et j'ai l'impression que c'est plus une histoire d'idéologie que de logique.

  • [^] # Re: Problème pour la diversité culturelle

    Posté par  . En réponse au journal Domaine public, rétribution équitable ET oeuvres à prix presque nul. Évalué à 2.

    "Socialiser" l'ensemble de la culture numérique me parait quand même un peu exagéré. En ces temps de restrictions budgétaires, se fonder sur des taxes me semble pas vraiment être le moyen de donner les meilleures chance qui que ce soit. Borner les ressources du secteur me parait au contraire être un problème énorme.

    Je ne vois pas le rapport avec la socialisation (À moins de partir dans la politique. Si le PM se base sur des croyances politiques plutôt que des faits, cela ne risque pas de n'aider à mieux l'accepter).
    Vous disiez que borner les ressources est une mauvaise chose, j'ai donc pris un exemple de la vie courante où les ressources sont bornées, et j'ai constaté que ce n'est pas réellement un problème.
    Maintenant, si votre argument est: "une taxe n'est pas une bonne chose", c'est un autre argument (mais là aussi, je ne suis pas convaincu: la taxe permettra de réduire le budget des dépenses de la personne taxée).
    Mais je ne comprends pas pourquoi, en pratique (ou même en théorie), borner les ressources est un problème énorme (d'autant plus que rien n'empêche de revoir la borne chaque année par exemple).
    Cela dit, je ne suis pas pour la licence globale. Juste que si on me montre un inconvénient, j'aimerais comprendre pourquoi c'en est un (ou plutôt: pourquoi il est si grave alors qu'en réfléchissant et qu'en regardant les faits, je ne vois pas une telle gravité).

    Tout ça pourrait aussi être réglé par une contribution créative sans légalisation des échanges non marchands.

    Je ne suis pas sur de savoir de quoi vous parlez. S'agit-il d'une taxe pour aider le secteur sans aucune contrepartie pour le citoyen taxé ?
    Dans ce cas, je ne vois pas trop l'intérêt (surtout si par ailleurs on dit que les taxes ne sont pas une solution).

    Par ailleurs, je ne comprends vraiment pas le problème : si une maison d’édition vend des biens en partage marchand, qu’est-ce qui l’empêche de continuer à opérer une redistribution de l’argent a posteriori comme avant ?

    Le problème ne réside pas seulement dans le vendeur, mais également dans l'acheteur, qui va préférer le prix moins cher à qualité égale (et on suppose que c'est le cas ici, puisqu'on compare 2 chansons dont la popularité n'est pas la même à cause du fait que le petit public de l'un est inclu dans le grand public de l'autre).
    Comment, en pratique, faire une redistribution a posteriori avec le PM ?
    Par exemple, j'ai 2 artistes: A et B.
    1) soit je dis que A et B ont comme objectif X euros. Mais si A est plus populaire que B, son cd sera moins cher. Par contre, impossible de compenser pour B car A ne gagnera jamais plus que X euros (il n'y aura donc pas de "surplus" disponible pour renflouer B).
    2) soit je prévois que A soit populaire et B non. Je prévois que A a comme objectif X euros et B Y euros, avec X > Y. Mais pendant un certain temps, le cd de A coutera plus cher que le cd de B (car le nombre de vente n'est pas une droite, c'est sans doute plutôt une fonction de Poisson dont la largeur augmente avec la popularité), ce qui va réduire la popularité de A et fausser ma prédiction.
    2) soit je dis que mon objectif est 2X euros, et je vends A et B au même prix, qui depend du nombre total d'acheteurs. Mais dans ce cas, comment faire lorsqu'on sort des cd à des dates différentes, sans savoir à l'avance que dans 6 mois, on va sortir un cd populaire ?

    Bref, on se retrouve avec des machines à vapeurs pour pas grand chose.

  • [^] # Re: Problème pour la diversité culturelle

    Posté par  . En réponse au journal Domaine public, rétribution équitable ET oeuvres à prix presque nul. Évalué à 1.

    De plus, le cas de Deezer/Spotify (pour la musique) arrive à vendre par abonnement

    Lorsque je parlais de Spotify, c'était surtout en temps que "pourvoyeur de service de diffusion" et pas "loyeur de musique". Par exemple, certains artistes diffusent gratuitement en creative commons, mais vont quand même sur spotify. Là, certains utilisateurs les découvrent alors qu'ils ne l'auraient jamais fait autrement. À ce niveau spotify "contrôle" ses utilisateurs. Je ne trouve pas ça moins grave que le cas où on a un certain contrôle de la part des pairs ou du ministère de la culture.
    Par exemple, les utilisateurs voudront sans doute un "player distant" où ils peuvent écouter leur musique payée sur n'importe quel support. Les propriétaires de cette plateforme (qui peuvent même être les artistes populaires eux-mêmes) auront alors le contrôle de tout les clients de cette plateforme, plus attractive que les autres où les artistes populaires ne se trouvent pas.

    Cela peut continuer à exister sous une forme de contrat d'assurance.

    OK. Intéressant, mais à mon avis, ça ne sera pas la norme (je suis d'accord avec vous quand vous dites: "je ne suis pas certain que la solidarité joue énormément dans ce secteur").

    Pour la proposition de Stallman, elle concerne le revenu/popularité, je ne crois pas qu'il parlais de mérite/popularité. Il me semble que le PM limite les revenus comme la racine cubique de Stallman, mais ne propose aucun remboursement, si bien que les acheteurs ne sont pas égaux….il a lancé une phrase ou deux, mais je n'ai pas vu de papier détaillé sur un modèle complet…avez vous plus d'info ?

    C'est moi qui parle depuis le début de revenu/popularité, en disant qu'un créateur ne mérite pas forcément d'être plus ou moins payé par rapport à un autre moins ou plus populaire.
    Je ne vois pas trop comment le PM limite les revenus comme la racine cubique de Stallman. En pratique, il suffit de calculer le "revenu qu'on souhaite" en fonction de sa popularité pour obtenir exactement le même qu'avant.
    Je n'ai pas plus de détails sur l'idée de Stallman (j'aurais p-e du ne pas citer le nom, c'était juste pour aider à se souvenir du contexte si vous aviez déjà lu ça, et aussi montrer que je ne suis pas le seul à penser qu'une rémunération directement proportionnelle n'est pas forcément une bonne chose). Si j'ai bien compris l'idée de Stallman, les acheteurs paient tous le même forfait (d'une manière ou d'une autre), et ce forfait est redistribué entre créateur en se basant entre autres sur la popularité (dans une fonction racine cubique). Je ne cautionne pas le reste de l'idée de Stallman. Vous disiez que ne pas tenir compte de la popularité ne parait pas démocratique, je réponds juste que je ne suis pas contre le fait de tenir compte de la popularité, mais contre le fait d'une rémunération directement proportionnelle à celle-ci.

    Les gens achètent un travail d'un artiste (ou groupe) et non à un label/éditeur/distributeur/ayant-droit et donc s'ils sentaient que leur argent va a l'artiste qui paye ensuite ses prestataires, je pense que les citoyens seraient plus enclins à faire confiance et à moins revendiquer la gratuité numérique et le piratage.

    Je ne pense pas qu'un individu qui fonde un groupe soit naturellement plus "pur" qu'un individu qui fonde une maison d'édition. Le fait de retourner le système pour que l'artiste soit indépendant et plus "employé" de l'éditeur est selon moi une très bonne chose. Par contre, tant que les revenus seront directement proportionnel à la popularité, on aura des fortes accumulations chez certains (argent qui aurait du être mieux réparti). Que ceux-ci soient artistes ou pas, je pense qu'ils essayeront dans tout les cas d'en profiter.

  • [^] # Re: Problème pour la diversité culturelle

    Posté par  . En réponse au journal Domaine public, rétribution équitable ET oeuvres à prix presque nul. Évalué à 2.

    On est bien d'accord qu'en pratique, les maisons d'édition ne remplissent pas leur rôle, mais théoriquement (et c'est pas pour rien que je le met en italique), le système actuel contient une solution pour ça (et utilise d'ailleurs ça comme excuse de temps en temps).
    Le PM, lui, ne contient pas de solutions pour ça (et est même basé sur ce problème).
    Le système actuel, qui n'est pas fondamentalement incompatible avec ce qui me parait correct (c-à-d une rémunération pas aussi dépendante de la popularité), est donc pour moi mieux qu'un système qui est intrinsèquement incompatible avec ça.

    Notons également que dans le système actuel, le cd d'un débutant et d'un populaire auront plus ou moins le même prix. Pour un acheteur, cela signifie qu'il n'a pas de raisons de préférer le populaire. Dans le cas du PM, il y a des incitants à préférer le populaire.

    Maintenant, vous pouvez me répondre: selon moi, le problème n'est pas grave.
    Selon moi, le problème est "grave" (suffisamment pour que je sois perplexe quant au PM) et n'est pas compensé par le reste.
    Cela ne veut pas dire que j'ai raison ou que je pense que vous avez forcément tort, mais du coup, c'est normal que je ne sois pas convaincu.

    À propos de la licence globale, encore faut-il savoir de quelle licence globale on parle (même si elles ont toutes des défauts selon moi). La contribution créative est elle-même parfois considérée comme une licence globale. Je vois parfois certains rejets du principe de la licence globale alors que l'argument n'est qu'une caractéristique d'une proposition parmi plein d'autres.

    Borner mécaniquement les ressources ne me parait pas être un vrai problème: c'est le cas dans tout les secteurs de l'administration (y compris par exemple la recherche où la problématique est la même) sans que ça pose de réels problèmes (pas que ça soit parfait, mais si c'est le prix à payer pour enfin avoir des débutants rémunérés correctement, ça en vaut largement la chandelle). Pour moi, borner les ressources est bien moins ennuyant que de lier la rémunération directement proportionnellement à la popularité (qui elle-même sera liée à la rémunération, vu que le prix dépendra de la rémunération obtenue).

  • [^] # Re: Problème pour la diversité culturelle

    Posté par  . En réponse au journal Domaine public, rétribution équitable ET oeuvres à prix presque nul. Évalué à 1.

    Merci pour cette réponse.

    D'un point de vue pratique, même avec l'idée d'un compte en ⊔, entre 2 artistes dont l'un a des chances d'être populaire et l'un moins, cela reste une mauvaise idée de soutenir le deuxième: mon microremboursement sera plus lent. En pratique, à l'heure actuelle, j'écoute aussi bien des artistes très populaires que très peu populaires. Si je savais que choisir uniquement les très populaires me permet d'obtenir 10x plus de musique, je risque d'abandonner des artistes peu populaires que j'aime moyennement alors que j'aurais acheté leur cd sinon.

    À propos de mécénat ou de solidarité, je pense que la situation actuelle, qui est effectivement pas terrible, est déjà mieux que ce qu'on obtiendrait dans le cas du partage marchand.
    À l'heure actuelle, on peut déjà racheter une deuxième fois un morceau. À l'heure actuelle, un artiste qui génère énormément d'argent voit une partie de celui-ci redistribué, via sa maison d'édition, vers les artistes débutants ou moins populaires (c'est surtout ce qui se passe dans les "petit label" où le but n'est pas de faire de l'argent mais de soutenir des artistes).
    Bref, je pense que structurellement, sur ce point de vue, le PM ne peut que faire pire (j'apprécie d'autre part les bonnes idées du PM).
    P-e que les avantages du PM compensent cet aspect. P-e pas.

    Le fait que le "Mérite" ne soit pas exactement proportionné à la "Popularité" est surement vrai, mais posons nous la question: quel autre système plus démocratique est-il possible ?

    Déjà, un retour en fonction de la popularité non-linéaire peut être envisager. J'imagine que vous connaissez la proposition de Stallman d'une fonction racine cubique. Évidemment, ça ne marche que s'il y a mise en commun de l'argent à un moment.
    À propos de l'évaluation par ses pairs ou du ministère de la culture, je pense que certaines craintes sont irréalistes (bcp de problèmes impliquent des situations très extrêmes ou des règles pas très malines).
    Également, dans le PM, les grands distributeurs auront aussi bcp de pouvoirs (à l'heure actuelle, tout le monde peut déjà distribuer sur internet, mais passer par spotify reste un gain énorme: les utilisateurs "normaux" de spotify n'iront JAMAIS chercher ailleurs sur le web tant que spotify leur fournit un bon catalogue).

  • [^] # Re: Problème pour la diversité culturelle

    Posté par  . En réponse au journal Domaine public, rétribution équitable ET oeuvres à prix presque nul. Évalué à 2.

    Mais dans ce cas, cela veut dire qu'un artiste débutant est condamné à demander moins.
    C'est ça le mécanisme qui me "choque" dans le partage marchand: le fait que le rémunération est très fortement liée à la popularité (alors que selon moi, la popularité devrait très peu jouer sur la rémunération pour peu qu'il existe un public de base).

    C'est le genre de chose qui n'existe théoriquement pas dans le circuit classique: les maisons d'édition acceptent de produire un cd débutant à perte en compensant avec les cd qui rapportent.
    C'est aussi évité dans certains modèles de licence globale, où tout l'argent est récolté et est ensuite redistribué en fonction de différent paramètres (lesquels peuvent inclure un seuil minimal pour les débutants qui ont dépassé un seuil de diffusion).

    Notons que ce n'est pas que pour les artistes débutants. Un chanteur néerlandais ou un musicien de jazz sont également condamnés à demander moins d'argent qu'un chanteur populaire français.