Linus Torvalds : l’interview anniversaire des 20 ans du noyau

211
3
mai
2011
Noyau

Il est bien difficile de déterminer la date de naissance exacte du noyau Linux. Est-ce qu’elle se situe en avril 1991, quand Linus Torvalds a réellement commencé à travailler sur son projet de nouveau noyau ? Est‐ce le 25 août 1991, quand il a posté son célèbre message (« just a hobby, won’t be big and professional like GNU ») sur le newsgroup comp.os.minix ? Est‐ce que nous devons retenir le mois de septembre 1991 quand la version 0.01 a été déposée sur le serveur FTP de l’Université de technologie d’Helsinki ?

Quelle que soit l’option retenue, l’année 2011 marque le vingtième anniversaire de ce prodigieux projet et, pour participer aux célébrations, LinuxFr a réalisé une interview de Linus Torvalds, dont vous trouverez une traduction en seconde partie de la dépêche.

Bien entendu, je recommande vigoureusement aux anglophones de lire la version originale de l’interview qui est présente en commentaire. Linus utilise souvent des expressions idiomatiques et le « Traduttore, traditore » est plus que jamais valable !

Journal [HackingTeam] Oui, il est possible de se rendre davantage ridicule qu'avec le nom de sa société ...

108
8
juil.
2015

Cher journal,
Je sais que le hacking a mauvaise réputation (et beaucoup trop de définition qui s’entremêle) mais aujourd'hui j'aimerai te faire pars de la compromission d'une entreprise italienne qui (au yeux de la population) le mérite. Cette société a pour nom "Hacking Team", et même si un tel nom ne fait pas vraiment sérieux ils n'ont rien de trois gus dans un garage.

Les faits en deux mots.

Tout débute fin du WE (5 juillet 2015) par un tweet (...)

Capsicum, une séparation fine des privilèges pour UNIX

Posté par . Modéré par tuiu pol. Licence CC by-sa
94
21
mar.
2011
Sécurité

Le projet Capsicum, lancé l'année dernière, tente d’adapter le modèle de sécurité par capacités (« capabilities ») aux systèmes UNIX. En deux mots, il s’agit de permettre aux applications de faire tourner certaines parties de leur code dans des « sandboxes » (bacs à sable) aux droits très restreints, gérés finement, avec la possibilité de recevoir ou de déléguer dynamiquement une partie de ces droits.

C’est une approche de la sécurité qui mise sur la flexibilité et l’intégration directe dans les applications (au contraire de politiques externes décidées par l’administrateur système, comme avec SELinux) pour respecter le Principle of Least Authority, qui recommande qu’un bout de programme donné fonctionne avec seulement les droits dont il a besoin pour accomplir sa tâche. Ainsi, les conséquences d’une faille sont réduites et les vecteurs d’attaque diminuent énormément. Par exemple, je ne veux pas que le logiciel qui lit mes fichiers PDF ait le droit de lire le contenu de mon répertoire personnel et d’envoyer des e-mails.

Capsicum introduit de nouveaux appels et objets système, qui demandent une (relativement petite) modification du noyau, ainsi qu’une bibliothèque logicielle en espace utilisateur pour utiliser ces nouveaux appels système. FreeBSD a déjà fait les modifications nécessaires, et les chercheurs ont pu facilement convertir plusieurs applications au modèle Capsicum : tcpdump, dhclient, gzip et, avec l’aide d’un développeur Google, le navigateur Web chromium.

Capsicum peut ainsi renforcer considérablement la sécurité des applications UNIX classiques, sans demander de les recoder entièrement. Reste à voir si les développeurs du monde du Libre seront convaincus par ces approches compartimentées, et prêts à les prendre en compte lors de la conception de leurs logiciels.

Son et lumière à l’hôtel

Posté par (page perso) . Édité par Yves Bourguignon, BAud, Nÿco, M5oul, Benoît Sibaud, Florent Zara et ʭ ☯ . Modéré par Florent Zara. Licence CC by-sa
Tags :
87
26
mai
2016
Humour

Deux histoires d'informatique à l'hôtel traduites en français :

  1. c'est celle d'un étudiant, Gökberk Yaltıraklı, qui « aime coder, écouter de la musique et voyager » et qui nous raconte sur son blog une enquête menée lors d'un séjour à l'hôtel. Son site est http://gkbrk.com/ et nous le remercions de nous autoriser à reproduire son article traduit.
  2. c'est celle d'un autre voyageur, Matthew Garrett, qui nous raconte ses découvertes dans un hôtel qui n'a, a priori, pas fini sa mutation technologique… Et nous le remercions de nous autoriser à reproduire son article traduit.

Nouvelle vulnérabilité dans l’implémentation OpenSSL

86
8
avr.
2014
Sécurité

Une vulnérabilité dans l’implémentation de l’extension heartbeat (RFC 6520) d’OpenSSL a été découverte conjointement par une équipe de chercheurs en sécurité (Riku, Antti and Matti) à Codenomicon et Neel Mehta de Google Securité. On retrouve ici un vieux bogue des familles : le read overrun.

OpenSSL 1.0.1, jusqu’à 1.0.1f inclus, et OpenSSL 1.0.2-beta1 sont affectés. Ce sont les versions utilisées dans la plupart des distributions.

Cette dernière permet la lecture de 64 Kio dans la mémoire des clients et serveurs affectés (mais l’attaque peut être rejouée à chaque heartbeat), autorisant la lecture de données comme les clés privées et, bien sûr, les données échangées une fois ces dernières retrouvées (et ce, même en mode hors ligne s’il n’y avait pas de forward secrecy utilisé).

Il est difficile, voire impossible, de faire une détection post‐mortem d’infiltration, l’attaque ne laissant pas d’entrée suspecte dans le journal système.

Passer à OpenSSL 1.0.1g, redémarrer tous les services utilisant libssl et remplacer l’intégralité de ses certificats (la clef privée étant vulnérable) est donc nécessaire.

Journal L'art de stocker des mots de passe

Posté par . Licence CC by-sa
85
17
jan.
2014

Bonjour à tous,

Je vous propose un enième article sur un sujet bien connu : comment sécuriser des mots de passe dans une base de données. Et au passage, comment éviter de se taper la honte si votre BDD est leakée.

Après une longue réflexion, j'ai décidé de présenter ce journal sous forme de niveaux. Deux négatifs (-2 et -1) qui correspondent à des solutions (trop) souvent mises en place mais pas sécurisées du tout.
Puis, un niveau 0 qui (...)

Quoi de neuf côté LinuxFr.org

85
4
juin
2015
LinuxFr.org

La dernière dépêche de cette catégorie LinuxFr.org qui ne soit pas une dépêche récurrente type « Les meilleurs journaux du mois » ou « Les prix du mois » ou « Les statistiques de l'année » remonte à mai 2014 pour une mise à jour du serveur. Voici donc, à l'aube de l'été, quelques actualités de type « en coulisses ».

Une faille nommée « shellshock »

82
28
sept.
2014
Sécurité

« ShellShock », une faille dans l'usage du shell Bash, est sous les projecteurs depuis quelques jours. Le terme est un jeu de mot entre la stupeur propre à l'obusite des combattants de la première guerre mondiale et l'interface système shell. Nous vous proposons des explications sur cet évènement particulier, son périmètre, les conditions de son exploitation, les surfaces d'attaques, et les solutions proposées, déjà mises en œuvre ou à venir. Enfin, une revue de presse sera dressée, cette faille s'étant transformée en évènement.

Clé web USB et sécurité

79
31
août
2011
Sécurité

C'est l'histoire d'une personne qui reçoit un gros document papier, contenant une clé USB en forme de clé de porte (voir la photo en seconde partie de la dépêche). On se dit que la clé USB doit contenir la version numérique du document papier, et on branche négligemment l'objet sur son ordinateur.

Une fois branchée sous Windows, la clé ouvre la fenêtre Exécuter avec le raccourci clavier [Touche windows+R], tape une adresse HTTP de site web et confirme la demande. On se retrouve avec un navigateur (disons Internet Explorer par défaut sous Windows) qui ouvre un site distant inconnu. En l'occurrence la clé pointe vers le site du vendeur de ce gadget (l'adresse était en erreur la première fois que je l'ai branchée...), qui lui-même pointe vers le site désiré par l'acheteur de cet objet promotionnel.

Le colonel Moutarde, sur la table (de hachage), avec un livre de maths

Posté par . Édité par baud123, Xavier Claude, Benoît Sibaud et patrick_g. Modéré par Malicia. Licence CC by-sa
78
30
déc.
2011
Sécurité

Quand des chercheurs en informatique font de la théorie, certains écoutent, comme les développeurs de Perl. D'autres dorment au fond de la classe : cette fois, le bonnet d'âne est pour PHP, Python, V8 (JavaScript par Google, qui sert par exemple dans node.js), Ruby (sauf CRuby), de nombreux serveurs d'applications en Java, mais aussi ASP.NET. Ils ont dû se réveiller brutalement mercredi, lors d'une présentation d'Alexander Klink et Julian Wälde au Chaos Communication Congress montrant comment saturer très simplement un serveur grâce à une attaque basée sur la complexité algorithmique.

Sandboxing fin dans le noyau linux : la saga des filtres seccomp

77
15
jan.
2012
Noyau

Les développeurs de Google sont toujours à la recherche de solutions permettant d'améliorer la sécurité du navigateur web Google Chrome (ou son implémentation libre Chromium), ou de leur projet ChromeOS. Dans la dépêche à ce sujet, je vous avais raconté leur participation au projet Capsicum, qui apporte une gestion très fine des privilèges d'un processus, maintenant intégré dans FreeBSD.

Bien que les techniques mises en place par Capsicum soient pensées pour tous les systèmes inspirés d'UNIX, il n'y a pas grand espoir aujourd'hui qu'un port Linux soit accepté par les développeurs noyau ; Capsicum est un projet externe qu'il faudrait d'abord intégrer, ré-exprimer en terme des fonctionnalités existantes dans le noyau ; et les mainteneurs sont notoirement mécontents de la multiplication des solutions de sécurité (les Linux Security Modules en particulier) et ne verraient pas d'un bon œil l'apparition d'un nouveau candidat. Les développeurs Chromium utilisent sous Linux le primitif système de sandboxing seccomp, bien qu'il soit beaucoup moins flexible que Capsicum et donc nettement plus pénible et difficile à utiliser.

Depuis 2009, les développeurs Chrome essaient d'étendre les capacités de seccomp pour mieux répondre à leurs besoins. Les changements se sont révélés beaucoup plus difficiles à faire accepter que prévu : la situation a semblé bloquée à de nombreuses reprises et n'a pas évolué pendant de nombreux mois. Après plusieurs tentatives infructueuses, Will Drewry vient de proposer une nouvelle approche qui pourrait obtenir l'approbation des développeurs noyau ; mais rien n'est encore gagné…

Les serveurs de kernel.org ont été compromis

76
1
sept.
2011
Pirate

Pour télécharger les sources du noyau Linux il faut aller sur kernel.org. C'est là que sont rassemblés les archives des différentes versions et c'est là que se trouvent les différentes branches git de nombreux développeurs.

Les responsables du site viennent d'annoncer (voir la partie news en bas de la page) que le serveur Hera avait été compromis, et ce au moins depuis le 28 août. Le pirate a modifié les binaires SSH du système et il a ajouté un cheval de Troie dans les scripts de démarrage.
Bien évidemment les administrateurs ont immédiatement isolé la machine et sont en train de tout passer au peigne fin pour comprendre l'origine de la compromission et pour évaluer les dégâts. Il faudra au minimum que les centaines de développeurs utilisant directement kernel.org changent leur clé SSH et que les tarballs disponibles soient régénérés (puisqu'elles ont été signées avec une clé présente sur le serveur compromis).

En revanche il n'y a, à priori, pas d'inquiétude à avoir en ce qui concerne les sources du noyau. La conception même de git, avec les sommes de hachage SHA-1 calculées pour chaque commit et chaque fichier source, empêche d'implanter une backdoor. Celui qui tenterait cela serait immédiatement détecté puisque les centaines de développeurs du noyau qui ont une copie git des sources recevraient alors une alerte au premier commit.

Jonathan Corbet, éditeur du site LWN, a rapidement publié un article sur le site linux.com pour expliquer ce fait et pour couper court aux articles catastrophistes que les journalistes n'allaient pas manquer de publier.
L'état de la presse étant ce qu'il est, nous savons tous que cet article de Jonathan n'empêchera pas les gens de dire n'importe quoi....

Journal Annonce : Manux 0.0.1

72
15
août
2013

Bonjour tout le monde!

Je voudrais profiter de ce journal pour vous présenter mon projet personnel : Manux version 0.0.1.

Il s'agit d'un système d'exploitation, pour l'instant très limité, conçu pour encaisser les exploits jour zéro en espace utilisateur, et renforcé face aux exploits noyau. Son noyau, ainsi que les éléments du cœur du système (comme le système de paquetages), ont été entièrement écrits de zéro par mes soins. Son architecture est très différente de celle des autres systèmes d'exploitation (...)

Journal Heartbleed : petit best of des journalistes

70
11
avr.
2014

Aaah, pas facile d'écrire un article sur un sujet aussi technique que le récent bug sur OpenSSL, baptisé Heartbleed, quand on est journaliste généraliste. Forcément, ça donne des erreurs et approximations dans l'article final, ce qui ne manque pas de nous font osciller entre le rire gras et le désespoir, nous, techniciens. Petit tour d'horizon du best of des journalistes sur Heartbleed.

Avant de commencer, notons que je passerai sur les trop nombreuses occurrences de l'adjectif crypté et ses variantes (...)

Journal Tame et OpenBSD

Posté par (page perso) . Licence CC by-sa
66
20
juil.
2015

Juste un petit journal pour vous signaler un post intéressant de Theo de Raadt (leader d'OpenBSD) sur la liste "Tech".
Dans ce post il présente tame, un outil sur lequel il travaille depuis un certain temps et qui vise à réduire les droits d'un programme afin de diminuer la surface d'attaque.

Theo commence par évoquer très brièvement les alternatives et pourquoi, selon lui, elles ne conviennent pas.

  • Capsicum nécessite de réécrire profondément le programme qui sera protégé.
  • D'autres approches (...)