Solidatech : un programme qui entrave le développement du Libre en milieu associatif

Posté par  . Édité par Benoît Sibaud, Davy Defaud et Ysabeau. Modéré par Ysabeau. Licence CC By‑SA.
47
15
nov.
2020
Communauté

L’April (association pour la promotion et la défense des logiciels libres) a souhaité donner sa position vis‑à‑vis du programme Solidatech porté par les Ateliers du Bocage.

L’article montre que la gouvernance de ce programme et son lien avec Techsoup aux États‑Unis contribuent à entretenir un modèle d’informatique privatrice dans les associations en France. Selon l’April, cela entrave donc l’appropriation des logiciels libres alors que les valeurs (partage, entraide, coopération pour ne citer que celles‑là) que portent ces derniers sont souvent plus cohérentes avec ce que défend une grande partie des associations en France.

L’article est à lire dans son intégralité sur le site de l’April.

Visuel SchrödingerIllustration : Lorette et Laurent Costy, licences Art libre 1.3, Creative Commons BY‑SA 2.0 et GFDL 1.3

Aller plus loin

  • # « [M]ettre le numérique au service du bien commun »

    Posté par  (site Web personnel) . Évalué à -2 (+1/-5).

    Quand des « programmes [dont l'objectif] est d'entretenir une dépendance aux logiciels privateurs » mettent ainsi en avant les thèmes chers au libriste, ne faut-il pas y reconnaître une certaine victoire morale ? Après tout, dans le monde privateur, l'éthique ne consiste-t-elle pas en la maximisation des revenus quels qu'en soit le coût social ? Si les tenants de cette morale commencer à devoir en passer dans le discours — même discrètement — par une forme de reconnaissance de la société, n'est-ce pas déjà une certaine reconnaissance ?

    « IRAFURORBREVISESTANIMUMREGEQUINISIPARETIMPERAT » — Odes — Horace

  • # Faut être un peu lucide aussi ... sinon c'est contre productif !

    Posté par  . Évalué à -6 (+8/-14).

    Je suis au CA d'une grosse association avec des salariés etc. qui soutient le mouvement du libre. Grosse asso ça veut dire petite entreprise. Et comme on est très pauvre, on est bien content d'avoir ces programmes qui nous permettent d'obtenir à bas coût des logiciels propriétaire/pro simplement parce qu'on ne peut pas payer des gens pour qu'ils passent leurs journées à se prendre la tête avec un logiciel qui est certes gratuit mais qui ne répond pas aux besoins, sachant que coût licence est <<< coût salarié. Parfois il y a une bonne alternative libre, parfois non. Exemples: résigné à se rabattre sur Serveur Mail Outlook externalisé chez xyz, Windows pour le desktop, Autocad archi, on s'angoisse sur les évolutions de Fusion 360, pour le Graphisme/PAO franchement c'est rude si tu dois payer quelqu'un pour faire des plaquettes. Là tu peux pas dire, nan mais avec … on peut faire du SVG alors que j'ai eu plein d'expériences clique & crash … évidement chez toi tu peux sauvegarder avant chaque clique, réessayer 50 fois, chercher un workaround pendant 2h … mais c'est chez toi

    • [^] # Re: Faut être un peu lucide aussi ... sinon c'est contre productif !

      Posté par  (site Web personnel) . Évalué à 10 (+14/-4).

      Autant votre argumentation se tient a priori, autant votre attaque contre le libre me paraît étonnante. Bossant exclusivement avec des outils libres depuis presque vingt ans — en dehors de quelques éventuels blobs binaires qui se chargent sur des périphériques — et les crashes, les problèmes d'incompatibilités, de virus, d'ordinateurs qui plantent, je ne connais plus. Au contraire de ceux de mes collègues qui restent accrochés à leur écosystème dont d'autres sont propriétaires, tel des naufragés cramponnés à l'épave de leur trirème sabotée, et qui régulièrement se plaignent de tel ou tel plantage, dysfonctionnement, etc. Bien souvent liés aux luttes de pouvoir entre divinités mythologiques (Gafa), titans (start-up), rois, ou héros (pirates et autres acteurs des milieux interlopes de l'informatique) qui se déroulent largement hors de leur portée et dont ils sont les victimes collatérales, sortes d'ilotes des temps modernes. Mais c'est vrai qu'eux disposent d'un support informatique qu'il faut bien justifier.
      Après, tout dépend certainement du domaine. Mais pour de la bureautique, du graphisme, de la programmation, ou des serveurs, le libre fait tout de même figure de champs Élysées à côté des dédales égéens construits pour piéger de malheureux (auto) sacrifiés. Une fois achevé l'effort de suivre le fil d'Ariane, échappé au minotaure, on retrouve un ciel céruléen longtemps oublié. (L'épithète étant ajouté pour imiter le pléonasme classique de M. Tournier en quasi incipit de Vendredi ou les Limbes du pacifique. On s'amuse comme on peut. Et ça reste dans un champ métaphorique connexe. Même si Robinson ne naviguait probablement pas en galère.)

      « IRAFURORBREVISESTANIMUMREGEQUINISIPARETIMPERAT » — Odes — Horace

      • [^] # Re: Faut être un peu lucide aussi ... sinon c'est contre productif !

        Posté par  . Évalué à 2 (+2/-2).

        Au contraire de ceux de mes collègues qui restent accrochés à leur écosystème dont d'autres sont propriétaires, tel des naufragés cramponnés à l'épave de leur trirème sabotée, et qui régulièrement se plaignent de tel ou tel plantage, dysfonctionnement, etc.

        Pas chez moi.

        Poutre, paille, tout ça…

        "Quand certains râlent contre systemd, d'autres s'attaquent aux vrais problèmes." (merci Sinma !)

    • [^] # Re: Faut être un peu lucide aussi ... sinon c'est contre productif !

      Posté par  . Évalué à 6 (+7/-3).

      Salut,

      une grosse association avec des salariés […] on est très pauvre,

      Euh. Excuse du peu, mais si vous pouvez salarier des personnes, je ne dirais pas ça ;)

    • [^] # Re: Faut être un peu lucide aussi ... sinon c'est contre productif !

      Posté par  . Évalué à 10 (+9/-0).

      Je travaille aussi dans le social et je n'ai que trop entendu ce discours. La vérité est à mon avis bien plus hypocrite. Si cette annonce sort aujourd'hui c'est certainement en partie car les licences Microsoft Solidatech ont subit une forte hausse de prix ces derniers temps. Cela fait pas loin de 10 ans que la situation était la même, personne n'avait bougé à l'époque où on pouvait obtenir Office à 6 balles.

      Concernant la suite office, pour accompagner des gens sur de la bureautique dans des ateliers ponctuels je peux assurer que LibreOffice convient tout à fait. Il faut arrêter avec cette rengaine de logiciel plus utilisable ce n'est tout simplement pas une réalité pour la majorité des gens. Quelle différence il y a t-il entre aller chercher comment insérer une image dans un onglet Insérer ou dans le menu Insérer par exemple. Les deux logiciels ont la même logique d'interface, alors les discours qui ne représente que la flemme de chacun il y en foutrement marre. Désolé de m'emporter, mais je constate encore que le problème ne vient pas des publics mais bien des professionnels.

      Pour des besoins particuliers, en l’occurrence AutoCAD, ça dépend de ton besoin. AutoCAD c'est extrêmement large, il peut être utilisé de bien des façons. J'ai vu des étudiants en Archi passer de AutoCAD à du SVG pour réaliser des maquettes et ce, sans problèmes. Pour des besoins plus restreints le combo LibreCAD puis Inkscape fait tout à fait l'affaire et ce sans crashs. Il arrive souvent que les structures utilisent le même logiciel que les partenaires car ils pensent à tort ou à raison qu'il sera plus facile de communiquer, s'échanger des fichiers, c'est parfois vrai je te l'accorde mais dans la plupart des cas il n'y à aucun problème à importer un fichier au format libre dans un logiciel propriétaire.

      Pour ajouter une troisième explication il y a également des logiques de financement. Les commandes de formation sont souvent liées aux logiciels Microsoft au sens large:
      - "Accompagner des personnes éloignées de l'emploi à créer une lettre et un CV"
      - "Initiation à l'ordinateur"
      - "Gestion des fichiers et photos"
      Dans toutes ces lignes il est souvent spécifié Suite Office, Windows, etc. C'est une commande et il faut que les personnes accompagnées puissent mettre Word / Excel / sur le CV car le marché de l'emploi est ainsi fait. Communiquez sur Libre Office et Linux et vous avez de bonnes chances de ne pas avoir le marché.
      Les temps changent bien sûr, les assos ont fait du chemin. Il est d'ailleurs de coutume de se moquer du paquebot à bouger que représentent les collectivités. On se moquent mais elles sont souvent bien plus en avance sur le libre que la majorité des assos avec des bibliothécaires avertis ou des services de la commune tournant sur du libre.

    • [^] # Re: Faut être un peu lucide aussi ... sinon c'est contre productif !

      Posté par  . Évalué à 3 (+4/-1).

      J'ai dû préparer une certaine de cours à mes parents concernant 2 logiciels :
      Gimp
      LibreOffice.
      Les questions précises concernant la mise en page d'affiches , les objets WordArt, la modification des images, et mes recherches concernant ces questions ont abouti à 2 résultats :
      -> Ceux qui s'attachent à 'Toshop parce que 'toshop c'est mieux que Gimp ne connaissent ni l'un, ni l'autre.
      Les seuls points négatifs que l'on peut aujourd'hui trouver à Gimp viennent uniquement du caractère non intuitif d'un certain ( et unique ) sous menu , très bien et largement documenté par un très grand nombre de professionnels.
      -> Ceux qui font des affiches en Word Art chez eux iraient beaucoup plus vite en apprenant à se servir de leur logiciel ( quel qu'il soit ) et le passage de doc à docx, de xls à xlsx , de ppt à pptx prouve à lui seul que l'effort de modification du comportement et des habitudes qu'ils trouvent insurmontable , ils l'ont fait en pire il y a quelques années. Il existe des dizaines de logiciels de bureautique, et ils en utilisent régulièrement 2 au minimum: la suite Office de Microsoft, et Google Docs .
      Moi, perso, je me fais ch* lorsqu'on m'adresse un format docx ou xlsx… Je me dis, aujourd'hui " tiens, encore des gens qui ne me connaissent pas ". au minimum.

      Le chapitre sur Autocad.
      Il y a dix ans, un discours équivalent au tien concernait Toshop vs Gimp , ou vs Blender, OpenShot, kdenlive, cinerella, etc…, ou vs Avidemux.

      Que l'on reste juste dans le domaine du métier ( architecture ? ) … Me semble finalement un point positif: Il y a des métiers qui ont choisi MacOS il y a 30 ans. En passant à Windows il y a 20 ans, ils ont tout perdu. Il y a des métiers qui ont choisi le libre il y a 20 ans, et qui continuent , tout en gardant une trace exploitable de leur passé.
      Autodesk ? Cette petite boite se fait sans cesse bouffer par Dassault System, Boeing, sans compter que si un jour Bouygues décide d'imposer une interface aux constructeurs et architectes, Autodesk n'aura plus que quelques mois à vivre. et avec lui AutoCad qui a servi pour réaliser des milliards de plans, du bâtiment à l'assemblage mécanique.
      L'histoire même de BRL-Cad est une épée de Damoclès pour les logiciels non libres.

      De toutes façons, on en n'est plus là du tout. Clé USB, image système réinstallée en 15 minutes chrono, les systèmes locaux ont appris et doivent apprendre l'interopérabilité. rester à des solutions purement Microsoft, ou Autodesk, c'est aujourd'hui foncer dans un mur.
      Aujoud'hui qu'on peut faire du Powershell et du Visual Studio sur Fedora, en partageant des fichiers modifiables à plusieurs sur Sharepoint ( ou un équivalent libre) tout en faisant des webconférences sur BigBlueButton ou Teams … Non, il faut aujourd'hui désapprendre à s'enfermer dans une seule suite bureautique ou un seul logiciel de CAO. Il faut réapprendre à apprendre.

      • [^] # Re: Faut être un peu lucide aussi ... sinon c'est contre productif !

        Posté par  (site Web personnel) . Évalué à 0 (+2/-4).

        N'étant pourtant pas le dernier à soutenir (et aussi créer) des logiciels libres, je trouve tout cela bien approximatif.
        Les logiciels Autodesk et Adobe n'ont pas à ce jour d'équivalent libre, je côtoie assez d'utilisateurs professionnels pour en être absolument convaincu (non pas par de la rhétorique mais par les faits).

        Les logiciels libres sont souvent limités par le budget, ce qui se traduit par : petite équipe, documentation mince, suite de tests rares, suivi de version aléatoire, support professionnel inexistant ou lacunaire.
        Combien de développeurs à temps complet rémunérés pour GIMP vs Photoshop, LibreOffice vs MS Office?
        Le ratio est tellement important que le talent des uns ne peut pas rivaliser avec les moyens des autres.
        Et encore… avez vous goûté au publipostage sur LibreOffice?

        Imaginons que demain une vraie alternative libre, à par exemple InDesign, soit proposée par un éditeur, qui sera prêt à payer autant (voir plus) que ce que facture Adobe?
        (afin que le logiciel puisse fournir le même niveau de stabilité, documentation et support)

        Personne.

        (à charge: ces 20 dernières années)

        Les seuls logiciels libres qui s'en sortent aussi bien que les logiciels propriétaires sont ceux financés par de gros acteurs pour leurs besoins.

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