Sortie de Fedora 22

61
28
mai
2015
Fedora

Ce mardi 26 mai 2015, le projet Fedora a annoncé la sortie de la distribution GNU/Linux Fedora 22. La version 21 était sortie le 9 décembre 2014.

Pour rappel, Fedora est une distribution GNU/Linux communautaire développée par le projet éponyme et sponsorisée par l’entreprise Red Hat, qui lui fournit des développeurs ainsi que des moyens financiers et logistiques. Fedora est prompte à inclure des nouveautés et peut être considérée comme une vitrine technologique pour le monde du logiciel libre, auquel elle contribue largement via les projets amont tels que le noyau Linux, GNOME, NetworkManager, PackageKit, PulseAudio, X.Org, la célèbre suite de compilateurs GCC et bien d’autres.

Sommaire

Ceux qui désirent une plus grande stabilité et un support à long terme (pendant 10 ans) peuvent se tourner vers Red Hat Enterprise Linux (RHEL), qui est un dérivé de Fedora, ou CentOS et Scientific Linux, qui sont des clones gratuits de RHEL.

Mais pour tous les autres, sortez les tacos au poulet et la sauce piquante : Fedora 22 est là !

Environnement graphique

Environnements de bureau

GNOME

L’environnement de bureau par défaut GNOME est proposé en version 3.16. Des contributeurs de Fedora se sont directement impliqués dans la réalisation de deux de ses nouveautés majeures :

  • le peaufinage du design de l’explorateur de fichier Nautilus, qui se coule mieux dans le visuel des autres applications GNOME ;
  • la refonte globale du système de notification, abandonnant la présentation sur la barre du bas pour fusionner avec le widget calendrier dans la barre du haut.

Gnome-Shell par défaut

On peut noter l’apparition de deux jeux de puzzle, un clone du 2048 et un taquin.

Un travail important d’intégration des applications Qt a été mené, avec la fin de l’écriture d’Adwaita, le thème par défaut des applications GTK+, ainsi qu’une meilleure gestion des notifications. Cette version est également l’occasion pour le thème de GNOME-Shell d’arborer un style plus sobre.

Notons encore qu’ABRT, l’outil de rapports de bogues, utilise désormais les paramètres de confidentialité de GNOME pour n’envoyer que les informations souhaitées par le rapporteur. Il s’intègre aussi mieux au nouveau système de notification. En marge de cette version de GNOME, la notification automatique de fin d’exécution des tâches lancées dans GNOME Terminal a été ajoutée.

Enfin, dans l’idée d'une meilleure intégration, GNOME Logiciel remplace Packagekit pour installer automatiquement les codecs manquants à l’ouverture d’un fichier.

Mate

Pour les nostalgiques de l’ère GNOME 2, MATE passe en version 1.8. Cette version s’intègre mieux avec le système, en utilisant upower pour la gestion d’énergie, PulseAudio pour s'occuper du son et systemd-logind pour ce qui est des sessions.

Le gestionnaire de fenêtre Marco se rend plus flexible avec la prise en charge d’un léger tiling et snapping.

L’aide utilisateur a été remaniée et quelques effets graphiques supplémentaires pointent le bout de leur nez, notamment pour l’extinction de l’appareil.

Attention, beaucoup de noms de paquet sous la forme mate-function ont changés en faveur du nom du programme. Par exemple, mate-file-manager devient caja.

KDE

Plasma 5.3 est maintenant la version par défaut de l’interface de KDE. Cette version apporte un nouveau thème plus clair et plus lisible nommé Breeze.

Grâce aux changements apportés par Qt 5, la bibliothèque graphique ayant servi à sa conception, l’interface est maintenant totalement gérée par l’accélération graphique matérielle via OpenGL.

La compatibilité avec Wayland a été accrue, tout comme la gestion de l’énergie et du Bluetooth.

Plasma 5.3

Xfce

Xfce est mis à jour en version 4.12 : à la clé, la prise en compte des écrans de très haute résolution, une meilleure gestion des configurations multi-écran et de la bibliothèque libinput décrite plus bas.

Côté applicatif, les onglets dans le navigateur de fichiers Thunar font leur apparition et l’éditeur de texte mousepad est plus rapide et plus simple.

Pour finir, la transition vers GTK+ 3 se poursuit avec le port des applets et du lecteur multimédia parole.

Xfce

LXDE : LXQt

LXDE est disponible depuis plusieurs années dans Fedora, l’objectif étant de fournir une alternative très simple et très légère tout en essayant d’être visuellement agréable. Cette fois, c’est son pendant Qt (plutôt que GTK+) qui est disponible, avec le même objectif, mais un visuel et une intégration orientée Qt : LXQt — anciennement Razor-Qt.

Qtile

Un nouveau gestionnaire de fenêtres pavant fait son apparition, de son petit nom qtile. Il est entièrement écrit et configurable en Python. Comme beaucoup de ses semblables, tel i3, il est hautement scriptable.

Localisation

Depuis la version 19, le projet Fedora a entrepris de grands travaux pour améliorer la gestion des langues. Cette version ne fait pas exception avec l’ajout de polices de caractères adaptées à l’Odia et au Telugu, deux langues indiennes.

Toujours au sujet des polices de caractères, eurlatgr remplace latarcyrheb-sun16 comme police de caractères des consoles pour les langues écrites dans un alphabet latin ou grec. Pour les alphabets arabe, cyrillique et hébreu, latarcyrheb-sun16 reste en vigueur. Ces changements devenaient nécessaires, en raison de l’usage croissant d’Unicode.

Dans la continuité de ce travail, la langue indienne Marathi dispose d’une nouvelle méthode de saisie Minglish, adaptée à la population également anglophone. Cette méthode repose sur la traduction phonétique des caractères à partir de la prononciation alphabétique anglaise. Si une correspondance est trouvée, le mot est automatiquement transcrit dans l’alphabet de cette langue. Ainsi la saisie est plus rapide, notamment pour les mots qui nécessitent de parcourir des tables ou d'utiliser des combinaisons complexes à partir de Alt + Gr.

Le gestionnaire de paquet a aussi été modifié pour installer automatiquement les traductions des logiciels selon la langue système choisie.

Wayland et libinput

La migration vers Wayland se concrétise. Avec la précédente version de Fedora, il était déjà possible de tester Wayland en changeant le type de session dans GDM (quand on choisit son utilisateur et qu’on rentre son mot de passe).

Avec Fedora Workstation 22, la migration vers Wayland continue de manière progressive. Ainsi, GDM tourne dorénavant par défaut sur Wayland. Cependant, s’il n’arrive pas à se lancer avec Wayland, GDM est automatiquement redémarré avec le serveur X. La session GNOME, par contre, reste sous X.

Bien que GDM soit plus facile à gérer que le bureau GNOME, on peut supposer avec optimisme que Wayland gérera par défaut la session GNOME dans la prochaine version de Fedora.

Un autre changement majeur sous le capot est le passage à libinput, tant pour Wayland que pour le serveur X. En effet, X.Org ne s’occupe pas seulement de l’affichage, mais aussi des périphériques d’entrée (input) comme le clavier, la souris, le pavé et l’écran tactile.

Le serveur X dispose de plusieurs pilotes d’entrée notamment evdev et synaptics. libinput a initialement été développé pour Wayland, mais par la suite un pilote équivalent a été développé pour X.org, sous le doux nom de xorg-x11-drv-libinput. L’architecture de libinput est plus solide ; sa gestion du multi-touch est meilleure que celle de synaptics, qui n’était pas vraiment prévue pour cela.

L’interaction entre plusieurs périphériques d’entrée est aussi facilitée, par exemple la désactivation du pavé tactile lors de la frappe au clavier (cf. Hans de Goede, Replacing Xorg input-drivers with libinput, DevConf, 7 février 2015, Brno).

Mozilla Firefox avec GTK+ 3

Fedora est la première distribution à intégrer Mozilla Firefox basée sur la bibliothèque d’interface graphique GTK+ 3. Avec cette mise à niveau de GTK+ 2 à GTK+ 3, les ralentissements rencontrés lors du défilement rapide d’une page web, via le pavé numérique, semblent avoir été éliminés. Le thème de GTK+ 3, fait que l’on se retrouve avec les écritures blanc sur un fond noir. Vous trouverez plus d’information dans ce lien.

Administration système

Sous le capot

Au menu, un noyau Linux 4.0 encore plus performant. Il facilite notamment la vie des sysadmin et des développeurs avec une notation zen qui désencombre la mémoire de futilités ! Merci Oncle Linus, merci !

Systemd n’est pas en reste avec sa 219e récidive.

DNF remplace Yum

La nouveauté la plus marquante de cette version est probablement le remplacement du gestionnaire de paquets par défaut. DNF (Dandified Yum) prend la place du vétéran Yum, présent depuis Fedora Core 1 (septembre 2003).

Plusieurs éléments ont mené à la création de DNF . Yum fait son âge et son évolution a laissé un code peu maintenable. Son cœur bat encore en Python 2 et son API est assez mal documentée. De surcroît son empreinte mémoire est importante et ses performances laissent à désirer. Partant de ce constat, Yum a été forké en janvier 2012, donnant naissance à DNF.

Les développeurs de DNF ont ainsi procédé à une réécriture et un nettoyage du code, abandonnant au passage certaines fonctionnalités et rendant l’outil compatible avec Python 3. Ils ont de même documenté l’API depuis le début du projet.

La gestion des dépôts a été délégée à librepo et celle des dépendances à hawkey, qui fournit une API de haut-niveau à libsolv. Cette bibliothèque a été développée à l’origine par openSUSE pour son gestionnaire de paquets zypper. Elle repose sur un algorithme de résolution de dépendances par satisfaisabilité bien plus efficace, rapide et économe en mémoire que l'algorithme itératif de Yum.

Présent dans Fedora depuis la version 18, DNF est maintenant considéré comme stable et remplace donc Yum comme gestionnaire de paquets par défaut. Il peut cependant être désinstallé au profit de Yum ou être utilisé en parallèle à celui-ci.

DNF n’est toutefois pas totalement compatible avec son prédécesseur. La liste des différences est documentée sur une page ad-hoc. Afin de faciliter la transition, une couche de compatibilité dnf-yum est également proposée, sans pour autant gommer les différences entre les deux gestionnaires de paquets.

Pour plus de renseignements, vous pouvez consulter la FAQ de DNF ainsi que la documentation officielle.

Rechercher un logiciel dans un dépôt désactivé

Autre nouveauté sur la gestion des paquets : afin de simplifier la vie de l’utilisateur tout en l’incitant à désactiver les dépôts non officiels pour sa sécurité, il est dorénavant possible via PackageKit et GNOME Logiciels de rechercher des paquets disponibles dans des dépôts désactivés. L’information sur un dépôt désactivé est remontée à l’utilisateur seulement si l’option enabled_metadata est activée pour celui-ci.

PreUpgrade facilite la mise à jour

Un nouveau paquet preupgrade-assistant a été ajouté. Il permet d’aider l’administrateur système à adapter la configuration de ses logiciels à celle d’une version plus récente, si nécessaire.

Dbxtool

La norme UEFI avec Secure Boot permet non seulement l’établissement d’une liste blanche de binaires et de matériel utilisables, mais également l’établissement d’une liste noire de binaires et de certificats de sécurité. Ça peut être une manière de forcer la mise à jour d’un logiciel non fiable par exemple.

Le nouvel utilitaire dbxtool a donc été mis à disposition pour gérer la liste noire de l’UEFI Secure Boot. Il n’est toutefois pas actif par défaut.

BIND

BIND fait une entrée remarquée avec la version majeur 9.10. Aussi, il est vivement recommandé aux administrateurs systèmes l’employant de se renseigner en détail à son sujet.

Pour résumer, l’ajout du type de fichier map permet à des données de zones d’être directement accessibles en mémoire. Un nouvel outil delv aide dorénavant à l’inspection des données DNS, mais aussi DNSSEC. L’API PKCS#11 est maintenant également disponible. Outre l’amélioration des performances globales du programme, elle permet l’exploitation du matériel d’accélération de calculs cryptographiques et de bien d’autres encore.

Apache

Dans les logiciels prisés par les administrateurs système, il y a aussi Apache. Ainsi, Fedora 22 inclut le programme Ipsilon. Il s’agit d’un serveur et d’une boîte à outils destinés à configurer les fournisseurs de services basés sur Apache. Il inclut une application mod_wsgi qui fournit les SSO fédérés aux applications web.

Un gestionnaire d’identité est fourni à côté pour l’identification via FreeIPA par exemple, tandis que la communication avec les applications peut se faire via des protocoles fédérés, tels que SAML ou OpenID.

Serveur de base de données

L’aspect base de données n’est pas laissé de côté pour autant. Fedora fournit une suite d’utilitaires pour améliorer et simplifier le rôle de serveur de base de données. Le tout repose sur le gestionnaire de base de données libre PostgreSQL.

Avec l’aide du programme graphique Cockpit et de l’interface D-Bus, il devient plus simple et plus rapide de créer un système orienté base de données disponible sur le réseau. Pour la mise en place, elle repose sur le travail de la version précédente, à savoir l’API et le framework des rôles de serveurs.

Système de fichier par défaut

Uniquement pour la version serveur de Fedora, le système de fichier XFS est proposé par défaut au lieu de ext4 pour sa capacité à gérer de manière optimale les grands espaces de stockage (8 Eio au lieu de 1 Eio, et 8 Eio au lieu de 16 Tio pour la taille maximale d’un fichier).

Cloud et virtualisation

Elasticsearch

L’outil Elasticsearch fait son apparition dans les dépôts. Ce logiciel est un serveur distribué d’indexation de données. Basé sur une API REST et orienté documents, il stocke ses résultats sous forme de documents JSON. L’objectif est de faciliter les recherches dans un grand nombre de données textuelles et potentiellement non formatées, mais il peut également indexer en fonction d’un schéma JSON ou XML par exemple.

Fedora Atomic Host

Fedora Atomic Host, l’implémentation du projet Atomic au sein de Fedora, est disponible. L’objectif du projet Atomic est de fournir de manière sécurisée des applications à base de Docker en couplage avec SELinux et des mises à jour dites atomiques.

Ce comportement a nécessité la conception d’un nouvel outil, RpmOstree, reposant sur les bibliothèques de DNF évoquées plus haut. Il représente les mises à jour sous forme d’un arbre de modifications à appliquer de façon atomique, plutôt que paquet par paquet. Il peut permettre typiquement la création d’une partition clone de celle d’origine avec les mises à jour effectuées. Ainsi, en cas de panne, il peut revenir en arrière très rapidement et simplement, sans casse.

Tunir

Dans la même optique de déploiement et de test d’images cloud, on notera la disponibilité de Tunir. Ce logiciel d’aide à l’intégration continue est utilisé notamment pour les images officielles de Fedora Cloud compilées chaque nuit. Il peut ainsi construire une image pour la lancer automatiquement dans une machine virtuelle ou dans Docker pour y exécuter les tests adéquats. Il se distingue de solutions comme Jenkins par sa légèreté et sa simplicité d’utilisation.

Vagrant

On remarquera l’ajout de Vagrant, un utilitaire d’automatisation et de gestion de création de machines virtuelles pour faciliter le développement et la réalisation de tests dans un environnement unique.

Bien qu’il puisse être couplé avec plusieurs systèmes de virtualisation comme VirtualBox, Docker et VMWare, il utilise par défaut la solution libvirt, largement répandue dans l’écosystème Fedora & Red Hat. Par ailleurs, Vagrant peut exploiter les images Fedora Atomic Host et Fedora Cloud pour générer des systèmes prêts à l’emploi.

Développement

GCC 5.1

La suite de compilation GCC est mise à jour vers la nouvelle version majeure 5.1 (cf. la dépêche Le compilateur GCC 5.1 : harder, better, faster, stronger). L’ABI des applications C++ change pour se conformer intégralement à la norme C++11, qui nécessite la recompilation de tous les programmes utilisant std ::list et std ::string. Cependant, pour des raisons de temps, Fedora a compilé l’ensemble des programmes avec GCC 5, mais en désactivant la nouvelle ABI, ce qui retarde la recompilation massive de ces programmes à Fedora 23.

Unicode 7.0

La bibliothèque standard du langage C, glibc, prend en charge Unicode 7.0 au lieu d’Unicode 5.1. L’ajout de ces 8 000 caractères supplémentaires a nécessité un gros travail pour corriger les régressions potentielles dues à ce changement. Cela permet de poursuivre l’effort d’internationalisation du projet.

Boost

Les amateurs de C++ seront heureux d’apprendre le lifting de la bibliothèque Boost en version 1.57. Ce petit boost corrige de nombreux bogues, surtout dans la section Thread, en attendant l’arrivée prochaine de la version 1.58 qui incorporera notamment une classe pour la gestion du boutisme, mais aussi une classe dédiée aux tris de haute performance.

Python

Le framework web Django passe à la version 1.8. L’API Model.meta apparaît. Plusieurs moteurs de templates comme celui de Django ou Jinja2 sont gérés. Une meilleure intégration à PostgreSQL pour l’aspect base de données et divers correctifs améliorent encore l’environnement Python.

La bibliothèque graphique wxPython passe à la version 3.0 (la version précédente datait de 2011). Elle gère maintenant GTK+ 3, apporte le rendu des pages HTML/CSS/JS via wx.html2 et corrige énormément de bogues. En théorie, la compatibilité avec la version précédente n’est pas un grand problème, mais doit être vérifiée par ses utilisateurs.

La bibliothèque dateutil se met à l’heure 2.4. Par rapport à la version 1.5, le gros changement est la compatibilité avec Python 3. La version compatible avec Python 2.6 est disponible dans un autre paquet. Cette bibliothèque étend la gestion des dates standards avec le calcul relatif des dates (la dernière semaine d’un mois donné par exemple), le calcul de la date de Pâques, une meilleure gestion des fuseaux horaires via tzdata.

Ruby

Le précieux Ruby s’orne d’une nouvelle version 2.2. Ce bijou apporte le fameux ramasse-miettes incrémental et s’occupe également des symboles. La prise en charge d’Unicode se confirme avec la version 7.0. Quelques méthodes supplémentaires ont été ajoutées sur les types de base. Un nettoyage de l’API C a également été mené, pour terminer le polissage.

Ruby met son framework web sur les rails avec la version 4.2. Le train des nouveautés comporte l’ActiveJob, une couche d’abstraction pour les systèmes d’attente tels que Resque, Delayed Job ou Sidekiq. L’ActionMailer peut envoyer les messages après un délai d’attente, tandis que la sérialisation des données peut se faire avec GlobalID. La console web n’est pas oubliée sur le quai étant donné qu’elle facilite le développement et le débogage d’applications.

Perl

Le langage de programmation Perl passe en version 5.20.0 (cf. perldelta 5.20.0). Décidément, c’est la fête d’Unicode, mais cette fois c’est pour la 6.3 et, si l’UTF-8 est la locale de l’environnement, le traitement des caractères passe en Unicode.

Deux nouvelles syntaxes se révèlent être de vraies perles : %hash{…} et %array{…} pour obtenir des listes de clés/valeurs ou d’index/valeurs respectivement. Le Copy-on-write est accessible pour les données scalaires. À côté de ça, nous pouvons noter la disparition de PerlIO_vsprintf() et de PerlIO_sprintf().

Haskell

Le compilateur du langage fonctionnel Haskell, surnommé GHC, fonctionnera sous la version 7.8. Au menu, un nouveau gestionnaire d’entrées-sorties améliore les performances en cas d’activité intense dans ce domaine. Le nouveau générateur de code est enfin accessible après des années d’attente, promettant un gain de performance perceptible ; l’ancien n’est de toute façon plus disponible. Avec l’aide de la suite de compilation LLVM, la compilation croisée à destination des systèmes iOS est désormais possible. Enfin, la compilation parallèle est aussi disponible de manière similaire à ce que propose la commande make.

Java

Gradle, le constructeur, déployeur et testeur automatique d’applications Java, bénéficie aussi d’un rafraîchissement à la mode 2.0/2.2. C’est ainsi que la compatibilité avec Java 8 est proposée, tandis que la prise en charge de Java 5 est entièrement retirée. La compilation croisée en est facilitée, tout comme la gestion de l’architecture 64 bits de Windows. Sachez enfin que les utilisateurs d’OpenShift profiteront aussi de sa compatibilité avec son infrastructure.

Architecture ARM

Précédemment, les images pour l’architecture ARM étaient sur la page des Spins. À présent, une page leur est dédiée, avec des images pour les versions Serveur et Workstation qui intègrent la majorité des environnements de bureau.

Vous trouverez les informations spécifiques à certaines cartes ARM sur le wiki Fedora.

Prévus pour la suite

23 dans les tuyaux

La version 23 a déjà quelques pistes de nouveautés qui devraient voir le jour. Comme cela a déjà été expliqué plus haut, Wayland devrait remplacer totalement X11, laissant XWayland pour la compatibilité, si nécessaire.

Après des années de travaux en ce sens, Python 3 pourrait également être à l’honneur comme la seule version installée. Python 2.7 serait accessible dans les dépôts pour ceux qui le souhaitent.

De nouveaux rôles de serveur, en plus de celui de serveur de base de données, devraient être ajoutés pour simplifier l’administration système.

Le futur de Fedora Workstation

Red Hat a rejoint récemment le groupe Khronos, qui s’occupe notamment de la standardisation d’OpenGL. Red Hat aura donc son mot à dire. Gageons que ce sera un gain pour le desktop sous GNU/Linux.

Il est aussi prévu dans GNOME Logiciels de pouvoir mettre à jour le firmware des cartes mères ou d’autres périphériques, chose qui est généralement faisable uniquement sous Windows pour le moment.

Enfin, Fedora vise une consommation moindre d’énergie pour une plus grande durée de vie des batteries (cf. Christian Schaller, Fedora Workstation: More than the sum of its parts, 20 avril 2015).

  • # DNF et priority

    Posté par (page perso) . Évalué à 2.

    Je ne suis pas sûr de comprendre la documentation officielle au sujet des fichiers de configurations /etc/dnf/dnf.conf et les *.repo dans /etc/yum.repos.d/. Une partie de la documentation semble indiquer que les *.repos sont obsolètes sans vraiment le dire et que tout est centralisé dans /etc/dnf/dnf.conf y compris la configurations des priorités des dépôts.

    Une autre partie de la doc me laisse entendre en revanche que rien n’a changé par rapport à yum pour la configuration des dépôts mais dnf alors n’indique pas les paquets bloqués donc on ne sait pas vraiment si les valeurs données à priority ont été prises en compte.

    • [^] # Re: DNF et priority

      Posté par (page perso) . Évalué à 3.

      De ce que je comprends de la doc, tu peux mettre les .repo dans le dnf.conf (et encore, je ne suis pas totalement sûr). Par contre le support des .repo est garanti (c'est le cas d'ailleurs par défaut sous Fedora 22 Beta, les dépôts sont dans /etc/yum.repos.d uniquement).

  • # Très bien mais...

    Posté par (page perso) . Évalué à 5.

    J'ai migré ce matin, rien à dire, Firefox GTK3 fonctionne au poil, première distrib à l'intégrer.

    Par contre, libinput ne gère pas l'accélération du touchpad donc si cela vous gène aussi, il faut juste faire un:
    # dnf remove xorg-x11-drv-libinput

    Sinon, rien à redire, la meilleur intégration de GNOME3 disponible…

  • # waiting for wayland

    Posté par . Évalué à -6.

    je suis tellement impatient de pouvoir enfin tester wayland , mais malheureusement comme toujours sur linux le software évolue plus vite que le hardware du coup on attend toujours un support de wayland , kvm , drm …etc pour les drivers propriétaire d'Nvidia mais rien en vue…

  • # Installation après Kubuntu

    Posté par (page perso) . Évalué à 1.

    Je suis depuis 2 ans avec une Kubuntu pour mon desktop et j'aimerais tester autre chose.
    Le plus naturel pour moi serait de passer à une debian/KDE mais après avoir installé la fedora 22 sur une VM, j'avoue qu'elle me plait bien. J'ai déjà été sous fedora il y a quelques années (version 2 ou 3 :)) donc elle me rappelle de bons souvenirs.
    Ma question est donc de savoir si les migrations entre les versions se passent bien ou si il est préférable de tout réinstaller à chaque fois ?
    Egalement, avez-vous d'autres remarques à me faire à propos de cette distribution pour ceux qui l'utilisent comme desktop ?

    • [^] # Re: Installation après Kubuntu

      Posté par (page perso) . Évalué à 6.

      Depuis l’apparition de fedup, je passe d'une version à l'autre sans soucis entre deux stables (pour une béta, c'est une autre histoire :)).
      Mais c'est mon usage perso, chez certains ça foire aussi, mais ça me semble plutôt stable.

    • [^] # Re: Installation après Kubuntu

      Posté par . Évalué à 4.

      J'aurais la même question, venant d'Ubuntu 14.04 LTS sous Gnome 3.
      L'intérêt de Fedora est pour moi d'avoir des logiciels plus récents que sous Ubuntu LTS, en particulier LibreOffice et Gnome. J'aime bien aussi l’expérience utilisateur plus "pure" et moins Canonical.
      Unity ne devrait pas trop me manquer vu l'excellence de Gnome 3, mais la très bonne stabilité et compatibilité d'Ubuntu LTS me font craindre une régression en migrant vers Fedora.
      J'entends de bons commentaires sur la fiabilité de Fedora, mais je suis à mon compte sous Linux et je ne peux juste pas perdre de temps à bidouiller le système ou essuyer des plâtres encore trop frais, Linux est mon outil de travail et non un passe-temps. Bref, je ne sais pas encore si le jeu en vaut la chandelle ou pas.

      • [^] # Re: Installation après Kubuntu

        Posté par (page perso) . Évalué à 6.

        Sur ma machine perso j'utilise Fedora 22 depuis la beta, et j'ai eu très peu de problèmes.

        À mon boulot j'utilise Fedora sans problème aussi.

        Fedora est assez prompt à faire les mises à jour, par exemple les versions 3.16.x de GNOME. Ubuntu ne met pas toujours à jour les versions des modules de GNOME. Certains modules restent en 3.14.0 alors que les développeurs ont sorti les versions 3.14.1 et 3.14.2 qui corrigent des bugs important (j'ai vu ça dans Debian aussi). Aussi, Ubuntu mélange les versions des modules de GNOME : certains modules sont en 3.14, d'autres sont en 3.12, d'autres sont encore plus ancien… ce qui engendre pas mal d'autres bugs. Et aussi, depuis plusieurs années, Ubuntu ne prend pas la dernière version de GNOME, mais la précédente.

        Ce qui aide aussi dans Fedora est que bon nombre de packageurs sont aussi les développeurs/mainteneurs en amont. Donc ils savent comment bien intégrer leurs logiciels dans la distrib.

        « Un animal d'une atterrante stupidité : il est persuadé que si vous ne le voyez pas, il ne vous voit pas non plus » (H2G2)

      • [^] # Re: Installation après Kubuntu

        Posté par (page perso) . Évalué à 4.

        Après il ne faut pas se voiler la face : Fedora sera forcément de nature plus instable avec les derniers paquets disponibles et de nombreux technologies inclus nul part ailleurs ce qui favorise le risque de pannes.

        Cependant, depuis quelques années, un grand effort sur la QA a été faite donnant une grande stabilité en général même pour les alpha-beta (que j'utilise au quotidien depuis pas mal de temps, rarement avec des soucis).

        Le mieux est que tu testes un peu pour voir si pour ton usage quotidien ça tourne bien. Si tu ne rencontres pas de problèmes, il est peu probable que sur une version donnée tu en trouves d'autres. ;)

      • [^] # Re: Installation après Kubuntu

        Posté par . Évalué à 1.

        Pareil je suis passé d'une Ubuntu 14.04 à Fedora et la seule régression que j'ai c'est que parfois le bout freeze lors du splash screen (plymouth). Je suis alors obligé d'éteindre en force la machine. Alors que je n'ai jamais eu ce soucis sur Ubuntu.
        Il y a même les mises à jour faisables graphiquement par contre je ne sais pas pourquoi il demande toujours un redémarrage pour les appliquer.

        • [^] # Re: Installation après Kubuntu

          Posté par . Évalué à 2.

          Il y a même les mises à jour faisables graphiquement par contre je ne sais pas pourquoi il demande toujours un redémarrage pour les appliquer.

          Curieux certes la fedora que j'ai est dans une image virtuelle mais bon je n'ai pas vu ce comportement.

        • [^] # Re: Installation après Kubuntu

          Posté par (page perso) . Évalué à 4.

          Parce que quand tu fais une mise à jour graphiquement, normalement c'est au redémarrage qu'il les applique (du moins, partiellement). Cela est lié à une fonctionnalité développée pour systemd il y a quelques versions de Fedora.

          Pourquoi se comportement ? Quand tu démarres ta machine, l'environnement est plus contrôlé, le risque d'échec de son application est plus faible et cela occasionne moins de bogues car certains logiciels auraient la version à jour et d'autres pas car il faut relancer les applications concernées.

          Si tu fais les mises à jour en console, tu n'as pas ce comportement si jamais tu préfères faire ainsi.

      • [^] # Re: Installation après Kubuntu

        Posté par . Évalué à 4.

        L'intérêt de Fedora est pour moi d'avoir des logiciels plus récents que sous Ubuntu LTS

        Ben déjà, tu peux aussi commencer par utiliser une Ubuntu pas-LTS (ou une Debian Sid :)
        Fedora, c'est par définition du bleeding-edge (beta-test de la future RHEL), donc ne t'attend pas au même niveau de stabilité qu'une distribution stable/LTS. Il faut comparer ce qui est comparable !

    • [^] # Commentaire supprimé

      Posté par . Évalué à -10.

      Ce commentaire a été supprimé par l'équipe de modération.

      • [^] # Re: Installation après Kubuntu

        Posté par . Évalué à 1.

        Tu faisais les migrations avec fedup ?

        • [^] # Commentaire supprimé

          Posté par . Évalué à -10.

          Ce commentaire a été supprimé par l'équipe de modération.

          • [^] # Re: Installation après Kubuntu

            Posté par . Évalué à 2.

            Bah c'est bien pour ça que j'utilise une rolling release. ;-)

            "Quand certains râlent contre systemd, d'autres s'attaquent aux vrais problèmes." (merci Sinma !)

            • [^] # Re: Installation après Kubuntu

              Posté par (page perso) . Évalué à 1.

              Il peut y avoir aussi des problèmes avec les rolling releases.

              Je réinstalle aussi toujours à partir d'un live USB. Je me suis fais un petit script de post-installation, plus 2 ou 3 étapes manuelles qui ne prennent pas beaucoup de temps. Au moins ça marche à chaque fois, et je suis sûr que mon système est « propre ». Quand j'installe un paquet, je le rajoute dans ma liste de paquets à installer dans le script. Avant de réinstaller, je nettoie ma liste de paquets en enlevant ce que je n'ai plus besoin.

              « Un animal d'une atterrante stupidité : il est persuadé que si vous ne le voyez pas, il ne vous voit pas non plus » (H2G2)

              • [^] # Re: Installation après Kubuntu

                Posté par . Évalué à 2.

                J'ai rien à faire, à part deux/trois opérations tous les 6 mois…

                "Quand certains râlent contre systemd, d'autres s'attaquent aux vrais problèmes." (merci Sinma !)

  • # Problème sous MSI GE60

    Posté par . Évalué à 1.

    En passant d'Ubuntu gnome à Fedora 22, il y a des améliorations concernant le pavé de la souris, LVM etc etc par contre des bugs rencontrés comme écran figé à chaque fois que je lance l'application "Stellarium" j'ignore pourquoi et l'écran se fige dans d'autres circonstances aussi.

    Autre problème: J'ai installé Adobe Flash plugin mais la vidéo reste noir ou sautille sur des sites comme Dailymotion etc etc. Et vous ?

    Bref, ça m'a l'air une bonne distribution mais manque de compatibilité et de drivers je pense.
    D'autres cas comme moi ?

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