Pour les anglais anti-colonialistes — qui ont fini par réussir à faire triompher leurs vues au parlement —, la colonisation était en fait un transfert de richesses vers l’aristocratie, préjudiciable à la fois aux colonies et au reste de la nation.
> au profit des seuls riches futurs américains
Même pas. Le capital utilisé pour « encourager l’émigration », utilisé sur le sol anglais, aurait pu permettre de faire vivre beaucoup mieux ces mêmes colons en Angleterre. Les grands bénéficiaires de la colonisation, c’était la marine anglaise, qui avait ainsi une excuse toute faite pour bénéficier d’un budget… conséquent (nous devons nous donner les moyen de défendre notre empire colonial) qui comptait dans ses rangs une grande partie de l’aristocratie — surtout les cadets, qui n’héritaient pas de la propriété foncières de leurs parents, et qui se dirigeaient donc vers les carrières militaires. D’où l’argument cité plus haut.
Je parle d’or physique utilisé comme épargne sûre. Des vagues échos que j’ai eu, ça semble être une utilisation « courante » des napoléons (bon, par courante, j’entends « chez ceux qui se posent ce genre de question » :))
> je n’ai jamais dis que l’URSS était la solution
Et je n’ai jamais prétendu que tu l’as dit :)
Tu m’as dit : c’est pas le capitalisme qui enrichit, c’est l’industrialisation.
Je te donne un contre-exemple : un pays qui s’industrialise sans capitalisme (l’URSS), et qui ne s’enrichit pas pour autant.
Ergo : non, l’industrialisation seule n’est pas une condition suffisante pour l’enrichissement. Il faut autre chose.
> mais ça a commencé très tôt, dès la colonisation qui a été très vite suivie du commerce triangulaire, etc. et plus généralement par l’exploitation des colonies.
Sauf que les colonies coûtaient plus à la Grande-Bretagne qu’elles ne rapportaient. Relis les débats parlementaires qui ont conduit à l’abandon des colonies.
> Pourquoi « [mon] explication est incapable de rendre compte
Je suis pas très clair effectivement. Je vais essayer de le dire autrement : si mon salaire ne dépendait effectivement que des conséquences futures de mon travail, alors l’accumulation passée de capitaux n’aurait aucune incidence sur le taux des salaires présent. Or, on constate aisément que c’est faux.
> D'ailleurs j'avais cru lire quelquepart que l'achat l'or (or bijouterie) est inaccessible au particulier
Ben non, tu peux par exemple acheter des napoléons à Paris (je sais pas où, je sais juste que c’est possible :))
> Non, ce n’est pas le capitalisme qui apporte autant de richesse, c’est la mécanisation et l’industrialisation,
Non : regarde « l’industrialisation à marche forcée » en URSS : ça a pas fonctionné des masses.
> et accessoirement aussi, comme il est dit, l’exploitation des travailleurs pauvres à l’autre bout du monde
Non.
1. Nos importations des pays émergents, c’est 6% du PIB. Même si on les exploitait à fond (ce qui reste à prouver), ça ne pourrait expliquer que 6% de notre richesse. Il te reste 94% à expliquer autrement.
2. Le mouvement d’enrichissement de l’occident a commencé avant « la mondialisation ».
> Et ton petit miracle n’a plus rien d’un miracle
Je l’ai dit ailleurs : je connais le « secret » derrière ce « miracle ». Mais tu n’as qu’à moitié raison ; ton explication est incapable de rendre compte du caractère progressif de l’enrichissement, que ce « miracle » arrive petit à petit.
Mais bon, je connais aussi, grosso modo, le « secret » de la vie (l’homéostasie). Ça ne m’empêche pas de m’émerveiller à chaque fois devant ce trésor d’ingéniosité qu’est le corps humain :)
> L'eau courante... Pas forcément.
Combien de personnes en France ?
> L'électricité ... Pas forcément.
Combien de personnes en France ?
> A manger tous les jours... Pas forcément
Combien de personnes en France ?
> l'accès aux soins... Pas forcément.
Combien de personnes en France ?
> Un abri chauffé... Pas forcément.
Combien de personnes en France ?
> 1/3 des sdf sont salariés en france. Ca te dis quelque chose ?
SDF ≠ sans-abri.
Je le sais fort bien, puisque je suis dans cette situation.
> Il y a des trucs qui s'appelle le secours catholique, ou encore des tiquets alimentaires en france, ca te dis quelque chose ?
Ce doit être mon envolée lyrique qui t’a perdu.
Oui, je suis conscient que la pauvreté ne sera jamais totalement éradiquée. Que le paradis sur terre n’existe pas. Que les accidents de la vie existent. Que les filets de sécurité de ce genre sont nécessaires. So what ?
> Et le type qui vis de troc peut très bien voyager, en troquant.
Un type au SMIC ne peut pas voyager, par contre un type qui vit de troc le peut…
…soit tu parles de situations ultra-minoritaire, soit tu parles de troc impliquant des choses pas très légales.
> T'as déjà essayé de te concentrer après avoir fait 8h de chaines ?
Chez moi, les ouvriers ne travaillent pas le week-end.
> Oh oui tu as raison. On devrais même pas les payer tellement c'est peu utile dans l'absolu....
> Et ton travail a toi (ou à moi) c'est quoi ? juste faire en sorte que les électrons qui sorte d'un tuyau corresponde à ce qu'on veut
Tu n’as lu que la moitié de mon message. C’est triste, j’y avais mis beaucoup de cœur :(. Méchant, va.
Donc je répète : le boulot de l’ouvrier, comme le mien, comme probablement le tien, en termes de travail, d’utilité produite, relativement aux services reçus en une journée est dérisoire. Ridicule. Et pourtant cette rétribution qui n’est pas un vol (je me demande comment tu as pu interpréter « on devrait pas les payer » en lisant mon message, puisque j’affirme très explicitement le contraire) est tout à fait honnête du point de vue de chacun. Et c’est ça qui est miraculeux. Bon sang, tu as simplement essayé d’y penser sérieusement, ou tu réponds en mode automatique ?
Regarde ce que peut t’acheter une journée de ton travail, compare avec ce que tu produis en une jourrnée de travail. Tu n’arrives pas à voir le gouffre qui sépare les deux ? Mets de côté deux secondes ton misérabilisme qui, voulant trouver des problèmes, regarde des cas particuliers, (tu pourras y revenir tout à loisir une fois que tu auras vu l’image globale, celle du salarié moyen en France) et regarde le cas général. Ne vois-tu pas ce que j’essaie de te montrer depuis tout à l’heure ?
Voilà, le capitalisme, en général, c’est ça. On peut discuter des cas particuliers ensuite. Mais ne jamais perdre de vue l’image globale, ce que le capitalisme apporte au salarié moyen, à toi, à moi : une richesse inimaginable, comparée au travail fourni (comme tu dis, tripoter des électrons, en terme de travail…)
C’est tout ce que j’essaie de te dire. Rien de plus. Pas que le capitalisme réalisera le paradis sur terre. Pas qu’il soignera ta calvitie, qu’il fera revenir ta femme, et t’assurera le succès dans tout ce que tu fais. Mais ce « c’est tout », c’est déjà énorme, tu ne penses pas ? (s’il te plaît, si te ne devais répondre qu’à une partie de mon message, répond à celle-ci)
> Comment puis m'émerveiller de ça quand la richesse produite par cette société qui a produit ça, donne des MILLIARDS a des personnes qui ont déjà tout ce qu'il faut, et bien plus de superficiel encore, sous prétexte qu'elles ont des sous ?
Il est endetté parce que quelqu’un a gagné des milliards ? Si oui, il s’agit de le prouver. Si non, je ne vois absolument pas ce que ça a à voir là-dedans : si les deux seraient plus pauvres dans un système non-capitaliste, à quoi bon ?
C’est bien joli de s’émouvoir, mais tu proposes quoi ? Renoncer à l’image globale que je t’ai montré plus haut ? As-tu la moindre idée du nombre de cas semblables — ou plutôt, pire — que cela créerait ?
> Tu as juste "oublié" les personnes qui creveront à 35-40 ans dans les usines tawanaise ou autres pays en PVD, pour que tu puisse acheter ton "bijoux" 5€ moins cher, et le jeter.
Si tu veux dire par là que la vie dans des pays pauvres est difficile, que la pauvreté, c’est moche, je suis d’accord avec toi. Mais je n’avais pas besoin de toi pour m’en rendre compte.
Mais encore une fois : so what ? Je sais qu’on ne se sort pas de la pauvreté en claquant des doigts. L’Europe a aussi dû passer des étapes difficile avant d’en arriver à son niveau de vie actuel — qui est loin d’être l’aboutissement de l’histoire. Les PVD devront y passer aussi — et sont pour beaucoup en train d’y passer. C’est triste, mais c’est la réalité. La situation originelle de l’homme est le dénûment complet, et je ne vois pas ce que tu peux y changer. Sauf si tu t’appelles Dieu.
> Tu as juste "oublié" tous ces enfants, enrolé de force par des chefs de guerre pour que tel ou tel entreprise puisse profiter d'une mine X ou Y de matière première utilisée dans une quelconque étape de fabrication de "bijoux" high tech.
Si tu veux dire par là que vivre dans une dictature/république bananière africaine, c’est difficile, je suis d’accord avec toi.
So what ?
> Je fais remarquer que le capitalisme n'est pas le seul modèle existant.
Avec le gros sous-entendu : il est bien pourri, et il faut en changer. Pourquoi louvoies-tu ?
Et d’abord, sur quoi te bases-tu pour affirmer ça ? En prenant les bords de la courbe de Gauss, et en faisant du sentimentalisme dessus.
Désolé, mais pour comparer des modèles, on fait pas comme ça : on compare le centre de la courbe de Gauss. C’est ce que j’essaie de te montrer depuis le début. Mais tu t’efforces de regarder ailleurs.
Je trouve ça triste, mais ne t’inquiète pas : je m’en remettrai.
> La chine est bien plus productive que nous. Regarde son PIB.
Ben oui, quand on est plus gros géographiquement, c’est tout de suite plus facile d’avoir un gros PIB. Mais tu l’as dis toi même : le critère pertinent, c’est le PIB/habitant.
> Les états africains ont presque tous adopté l'économie capitaliste.
Tu postes depuis IPoT ?
Pas en 2010, en tout cas.
> Tu crois qu'il n'y a aucune entreprises européenne ou américaine ou ... là bas ?
Ben si, mais elles n’y sont pas pour fuir le capitalisme européen. That’s my point.
> Ils ont des putains de matières premières, et ce sont les entreprises "capitalistes" qui vont là bas les récuperer, et qui sont protégés par les gouvernements
Ha, j’ai compris : pour toi, capitaliste, c’est : il y a des transactions qui se font avec de l’argent. Forcément, vu comme ça.
Bon, histoire de remettre les points sur les i : capitalisme = propriété privée des bien de production. Quand le gouvernement décide de l’allocation des matières premières du pays, j’ai quelques difficultés à appeler ça capitalisme.
> Ce n'est pas parce que c'est artisanale que c'est "réservé à une élite".
C’est pas ce que j’ai dit. Je vis encore dans le monde réel, et j’ai tout à fait conscience mon artisan boulanger n’est pas réservé à une élite.
Par contre, j’ai tout à fait conscience que mon PC ne pourrait pas être fabriqué artisanalement.
Et d’ailleurs, je ne vois pas pour quelle raison tu opposes artisanat et capitalisme. Les artisans boulangers ne sont pas prêt de disparaître ; les bijoutiers non plus.
> Quand tu avais un menuisier dans chaque village, tu crois que c'était "réservé à une élite" d'aller voir un artisan menuisier lui demandait de faire des trucs ?
Non. Mais à l’époque où il y avait un menuisier dans chaque village, il n’y avait pas la télé dans chaque foyer.
Je ne mélange pas les torchons et les serviettes ; ce n’est pas un hasard ; le progrès technique a permis de faire faire le travail de ces menuisiers à moindre coût, c’est-à-dire avec moins de ressources (moins de main d’œuvre, plus d’efficacité). Ces ressources n’ont pas été perdues pour autant. Elles ont été vers des secteurs plus technologiquement avancé. Comme la télévision (OK, chronologiquement, ça ne correspond pas forcément, mais l’idée y est).
Donc moins de menuisiers = plus de télés. Je sais, ça fait bizarre (et un peu neuneu) dit comme ça, mais c’est la réalité profonde et profondément incomprise du capitalisme, et je sais pas toi, mais moi, je ne m’en plaint pas (OK, la télé était un mauvais exemple, je n’en ai pas ; mais passons) — d’avoir plus d’appareils technologiquement évolués au prix d’une disparition de l’artisanat dans la menuiserie.
> Tant qu'on croira que le capitalisme est le sauveur de l'humanité, on continuera a foncer dans un mur, en béton armé...
C’est une erreur de croire que l’humanité a besoin d’être sauvée. Le monde va de se (et le capitalisme fait partie de ce schéma global).
Par contre, ce qui est certain, c’est que les famines ont disparu de l’occident depuis l’industrialisation et le capitalisme. Ce n’est pas l’humanité, mais ça fait tout de même un paquet de personnes.
> Et comment sait-on ce qui est le plus « utile à la société », bah en lui demandant: vote ?
Objection théorique : chaque décision économique se fait à la marge. Ce qu’un vote est incapable de retranscrire (Condorcet)
Objection pratique : si tu dois voter pour décider de l’allocation de chaque boulon :
1. tout le monde passera sa vie à votre
2. rien n’indique que l’allocation finale sera cohérente (le bâtisseurs qui a des briques mais pas d’eau pour son ciment, l’agriculteur qui a de l’eau mais pas de tracteur…)
> Et là il reste ouvrier dans une usine a visser des boulons toute la journée, toute sa vie aussi et au jour le jour.
Dans le monde fantasmé des marxistes seulement.
L’ouvrier occidental, il a :
- l’eau courante, l’électricité, à manger tous les jours, l’accès aux soins, un abri chauffé, et des appareils pour lui faciliter son quotidien que Louis XIV aurait considéré comme de la magie (ou de la sorcellerie ;))
- il peut aller en vacances à l’autre bout du monde (oui, en économisant, et ? il en a la possibilité ! rien que ça devrait paraître incroyable à un paysan qui ne vit que de troc)
- il a un accès à internet, un téléphone portable, la télé,
- il a accès à plus de culture, de livres, de musique et de spectacles que les plus nantis des siècles précédents. Une vie entière est-elle suffisante pour se faire la totalité de Wikisource + Gallica + Google Books ?
Bon sang, il a accès à tous ces services, et des centaines d’autres tellement évidents qu’on les oublie, et tellement indispensables qu’on arriverait maintenant difficilement à vivre sans, que c’est un miracle qu’un travail quotidien aussi ingrat, aussi peu utile dans l’absolu, arrive à les payer ! Et note que ce n’est pas un cadeau de la société envers cet ouvrier, c’est son dû ! Comment arrives-tu à ne pas t’émerveiller devant cela ? J’avoue que c’est quelque chose que je ne comprendrai jamais, être aussi blasé devant un tel miracle répété quotidiennement.
Parlons de moi : je fais quoi pour la société ? Je développe des logiciels pendant des mois, qui seront vaguement utilisés par au plus une petite centaine de personnes, si ça marche bien. Et cette petite centaine de personnes ne font pas de choses beaucoup plus utiles pour la société. Et pourtant, la valeur de ce service suffit à me payer un bijou telle que la machine sur laquelle j’écris ce message. Sans que je n’aie rien volé personne ! Pire, en ayant donné plus que je n’ai reçu à chaque personne avec qui j’ai échangé (sinon, elles n’auraient pas échangé avec moi) ! Tu ne trouves pas ça magique ? Fabuleux ?
Désolé pour l’envolée lyrique. Mais franchement, un de ces jours, quand tu te réveilles, fait le compte de chaque objet que tu utilises dans la journée, essaie d’imaginer le nombre de personnes qui ont dû être rémunérées afin de le fabriquer, additionne le tout, compare ceci à ton travail de la journée. Ne te semble-t-il pas minable, misérable ? Et pourtant, c’est le cas de chacun d’entre nous. J’ai beau connaître le secret derrière cette magie, ça reste impressionnant.
Alors tu peux fantasmer sur le troc qui empêcherait l’existence des méchants capitalistes si ça t’amuse, bien au chaud derrière ton écran. Moi, je préfère vivre dans mon monde capitaliste plein de méchants exploiteurs, mais tellement magique.
(bon, pour le HS, il faudra que je re-regarde noir. Mais puisque ça vient d’une chanson, je pencherai pour un conditionnel raccourci pour faire joli ;))
> Est ce mal ? Est ce mieux ?
Ce sera juste moins productif. En tant qu’économiste, je n’ai pas à juger si c’est mal ou bien, mieux ou moins bien. Maintenant, je peux remarquer que :
- les sociétés plus productives (plus riches) attirent davantage que les autres. Je suis en général circonspect vis-à-vis de la notion de nature humaine, mais ceci semble en faire partie : tu vois des africains venir en europe pour fuir la pauvreté ; tu vois beaucoup moins d’européens aller en afrique fuir le capitalisme et la mondialisation pourtant tellement honnis dans les discours.
- personnellement, je suis heureux que notre système économique soit tellement productif que la machine sur laquelle je tape ce message soit un bien produit en masse et non pas tellement rare (artisanat) que réservé à une élite.
Essaye d’imaginer un seul instant le temps qu’il faudrait à un artisan pour faire la machine sur laquelle tu écris ta réponse. Pense au processeur ; gravé à l’aide de miroirs d’une précision à peine concevable ; de ton disque dur, mécanique mais dont la tête se mesure en nanomètres. Tu penses franchement que « 100 artisans sans robots » en seraient capable ? Et si oui, en combien de temps ? Quel prix pour une machine ?
> Tiens, est-ce que j'irais tripatouiller des serveurs au lieu de faire la grasse matinée, si j'étais pas payé pour? Sans doute que oui :)
Sans doute, sans doute…
Mais qui irait ramasser et retraiter les déchets, aller dans une usine pour un poste de fabrication à la chaîne (faut pas rêver, la fabrication à la chaîne, on ne peut juste plus abandonner).
Autre problème : quelqu’un fabrique une machine-outil ; comment décider à qui elle revient ? L’utilisera-t-on pour fabriquer des vêtements ? des voitures ? des jouets ? d’autres machines-outil ? Qui décide ? Sur quel critère ? Comment sait-on ce qui est le plus « utile à la société » (c’est-à-dire : le plus désiré par le consommateur final) ? Comment s’assure-t-on que ton mécanisme d’investissement (c’est-à-dire : à quelle production assigne-t-on la machine outil) est compatible avec les besoins de la société ?
C’est effectivement mon intuition également, mais c’est quelque chose d’énormément difficile à quantifier, parce que dans le système actuel, les banques produisent deux effets opposés :
- une création de valeur de par son activité d’intermédiaire entre prêteurs et emprunteurs (baisse des coûts de transaction)
- une captation de valeur par l’inflation (l’inflation cause une redistribution de la richesse vers ceux qui sont plus proches des mécanismes de production monétaire, et les banques, tout comme les états, sont en première ligne)
Non, mais sans capitaliste (qui peut très bien être lui-même), ton pauvre il reste au même état qu’au commencement, c’est-à-dire un chasseur-cueilleur qui vit dans une grotte au jour le jour.
(HS: tu es sûr de ta signature ? J’ai l’impression que la concordance des temps n’est pas bonne ; j’aurais soit mis wakaru au présent — ou au conditionnel, soit korosu au passé. Mais peut-être que je n’ai juste rien compris, mon japonais est rouillé :p)
> Et pourquoi s'il te plait ?
Capital = outils + avances + capital circulant
Et produire sans outils, c’est pas très efficace.
> Faire un vrai sabre japonais d'une qualité inégalable que si il était fait avec les machines etc...
Ben oui, mais ton exemple est bien parlant de ce que je veux dire : jamais tu ne feras de production de masse avec ça, comme tu le dis toi-même. Et si tu veux nourrir et vêtir des dizaines de millions de personnes, c’est avec de la production de masse, productive et à forte intensité capitalistique, que tu le feras, pas avec un artisan qui met 6 mois à te faire un sabre.
> Je crois qu’on n’est pas d’accord sur la définition du terme.
C’est un peu ballot, parce que j’utilise la définition utilisée par les économistes depuis au moins Jean-Baptiste Say :)
> il a investit dans leur travail, sans capital.
Ben non, du point de vue du boulanger, c’est bien un capital : une valeur produite non immédiatement consommée (pour être plus précis, “réalisée” — ce qui est légèrement différent de “consommée” — dans le jargon de Say, mais ne compliquons pas inutilement les choses), utilisée afin de payer des avances.
Au niveau économique, c’est un auto-investissement, bien que si tu proposes à un comptable d’appeler ça “auto-investissement”, il sortira probablement le bazooka (il ne faut jamais contrarier un expert comptable).
> et donc un pouvoir économique sur-dimensionné par rapport aux autres
Ben non.
Donne moi tout le capital du monde entier, si je décide de l’utiliser pour produire uniquement des chemises vertes à pois jaunes, je risque fort de faire rapidement faillite.
Le pouvoir économique, il est surtout du côté des consommateurs. Pas uniquement, bien sûr, mais surtout.
> on peut produire [sans capital]
Oui, mais en contrepartie d’une productivité pire que médiocre.
> [on peut] investir sans capital
Non, puisqu’on ce qu’on investit, c’est du capital.
C’est comme si tu disais : « on peut manger sans nourriture ».
> qui n’est rien d’autre qu’une part de la richesse qui n’est pas réinjectée dans l’économie
Non. Ou plutôt, ça dépend ce que tu entends par là.
Le capital, c’est l’ensemble des valeurs produites qui ne sont pas consommées immédiatement. C’est-à-dire qu’elles sont réinjectées dans l’économie (par l’investissement) mais pas directement dans la consommation.
> Plutôt que de bloquer cette richesse, plus exactement sa représentation monétaire, à ne rien faire, elle pourrait être réinvestie instantanément dans l’économie
C’est ce qui se passe, en pratique.
> il n’y a pas besoin de capital pour fabriquer ses robots mais, encore et toujours, de travail, uniquement.
Ben si, tu as besoin :
- d’avances sur les salaires (comme l’a fait remarquer Zenitram) et les matières premières. Capital sous forme de monnaie.
- d’autres machines. Encore du capital, incorporé cette fois.
Ben, à part les industries de luxe, le but des industries c’est soit les masses, soit des sous-traitants pour les industries ciblant les masses (et ainsi par récurrence).
> Pas OK sur la réglementation industrie/consommateur, c'est bien de l'ordre de la protection des intérêts de chaque acteur et donc c'est pleinement le rôle de la loi
Non, la loi protège les droits de chaque acteur, pas ses intérêts, c’est totalement différent. Les droits sont quelque chose de général, tandis que les réglementations peuvent porter sur des choses aussi spécifiques que de process de production.
> Pas OK sur les conventions collectives, comme leur nom l'indique, c'est une convention à trois, employeur/employé avec état comme médiateur pour rétablir l'équilibre des intérêts
Il me semble qu’en droit français actuel, tu ne peux couper à une convention collective, et c’est ça que je met dans « état-providence » : l’impossibilité pour deux personnes de former une convention sans passer par ce troisième acteur qu’est l’état.
(idem pour la réglementation)
L’État-médiateur, ça fait de toute façon partie de l’État-gendarme, ne serait-ce qu’avec les tribunaux :)
M’enfin, je crois que ça part en discussion du sexe des anges là, si tu permets, je vais m’arrêter là…
> Le terme "spéculateur" n'est peut-être pas exact.
Effectivement. On appelle ça un rentier, « celui qui vit de ses rentes ».
> Ou alors, Lavoisier s'est trompé.
Non. C’est toi qui t’est planté.
La richesse ne préexiste pas, elle se créée. Désolé si j’enfonce des portes ouvertes.
Pour créer de la richesse, il faut deux choses, en quantité variable : du capital, et du travail.
Quand tu pèches à main nue, tu produis de la richesse à l’aide de ton seul travail.
Une chaîne de production entièrement automatisée produit de la richesse à l’aide de seul capital.
En pratique, dans l’industrie, capital et travail se mêlent pour produire de la richesse.
Dans le jargon marxiste, un prolétaire c’est quelqu’un qui ne vit que de son travail.
Un rentier est quelqu’un qui ne vit que de son capital.
Pour la grande majorité des gens, les revenus se composent de travail (ton salaire) et de capital (les intérêts ton livret d’épargne. Oui, tu es en partie un salaud de rentier qui encule les travailleurs).
Un rentier est donc quelqu’un qui vit des revenus de son capital. Il faut donc que son capital soit productif, donc produise de la richesse. Donc oui, un rentier produit de la richesse. Comment ? En investissant son capital.
Par exemple, un boulanger produit chaque jour, actuellement, 1 tonne de pain. Le rentier lui fournit alors le capital pour acheter un four plus gros lui permettant de produire 1 tonne 100 kg (soit à l’aide d’un prêt à intérêt, soit un prêt obligataire, soit par un système d’actionnariat. C’est un peu plus compliqué aujourd’hui : le rentier passe par des intermédiaires, banques ou fonds de pension qui cherchent les investissements les plus productifs — et prennent leur commissions au passage —, mais l’effet final estle même). En rémunération, le rentier reçoit les 50 kg de pain dont tu te plains. Ce qui fait 50 kg de pain en plus pour les travailleurs. Comment sait-on qu’il n’a pas pris les 100 kg pour lui ? simple : dans le cas contraire, le boulanger n’aurait eu aucun intérêt à utiliser ce capital.
tl;dr : un rentier ne reçoit un revenu que dans la mesure (mais pas proportionnellement) où il créé de la richesse, disponible pour « les travailleurs ».
(oui, c’est une version un peu simplifiée de la réalité, mais si tu veux une version plus réaliste prenant en compte les erreurs d’appréciation des acteurs par exemple, il va falloir ouvrir un livre d’économie, mon pavé de texte est suffisamment lourd comme ça :))
Je parlais de la déclaration des droits de l’homme, effectivement, mea culpa.
Sinon, pour répondre à l’autre question, pour moi, l’État providence aujourd’hui c’est effectivement ce que tu as cité, plus :
- monopoles légaux (sécu, poste, eau, sncf,…)
- réglementation de l’industrie
- subventions (associations, culture, entreprises,…)
- intervention dans les contrats (conventions collectives par exemple)
Les montagnards étaient déjà là en 1791, la « filiation » c’est qu’en 1789 il y avait une majorité écrasante de libéraux et donc une constitution libérale ; en 1791 toujours une majorité libérale mais avec une forte présence montagnarde, donc une constitution libérale avec quelques compromis socialistes* ; et en 1793, avec l’éviction des girondins, radicalisation de la nouvelle constitution.
Et encore une fois, éducation + assurance chômage, ça reste light pour un état-providence, aucun politicien aujourd’hui ne propose de réduire l’état à ça, même parmi ceux pour qui Sarkozy est socialiste. Déduire de la constitution de 1791 que les libéraux sont favorables à un état-providence, c’est vraiment capillotracté.
C’est quoi pour toi un spéculateur ?
En quoi cette fonction implique-t-elle un « enculage de travailleurs » ?
Tu t’es fait enculer par des spéculateurs, personnellement ?
> AMHA, tous les employeurs tirent directement profit de ceux qui n'ont pas d'autres ressources que leur travail, surtout s'ils sont nombreux et démunis !
Un employeur qui tire profit du fait que toute sa clientèle soit ruinée ?
> Je dirais au contraire qu'il n'y a qu'un pas: si on a un intérêt à ce qu'ils existent, on a intérêt à maintenir leur existence.
Non, maintenir leur existence suppose une démarche active, donc des ressources, ne serait-ce que du temps, et l’« investissement » pourrait ne pas être rentable.
Mais j’attends encore un exemple d’industriel qui ait comme intérêt d’avoir une clientèle pauvre.
> Tout reste à déterminer ce que veut dire "en raison de leur faculté".
"En raison de", à l’époque, était utilisé comme synonyme de « proportionnel à » ; voir quelques ouvrages scientifiques à l’époque, je pense par exemple à la traduction en Français des Principia (1759).
> C'est pas des marxistes mais bien des libéraux qui ont écrit cela...
1. Non: la constitution de l’an I, c’est l’œuvre des montagnards suite à leur coup de force ; les libéraux étaient dans la gironde, et n’ont pas participé à sa réalisation.
2. Ça reste de toute façon très light par rapport à ce qu’on connaît aujourd’hui ; proposer de limiter l’état aux fonctions régaliennes, l’EdNat et l’assurance chômage, c’est déjà plus loin que ce que proposait alternative libérale, pour rester dans le paysage politique français.
[^] # Re: Banques
Posté par Moonz . En réponse au journal Éloge du don. Évalué à 2.
> au profit des seuls riches futurs américains
Même pas. Le capital utilisé pour « encourager l’émigration », utilisé sur le sol anglais, aurait pu permettre de faire vivre beaucoup mieux ces mêmes colons en Angleterre. Les grands bénéficiaires de la colonisation, c’était la marine anglaise, qui avait ainsi une excuse toute faite pour bénéficier d’un budget… conséquent (nous devons nous donner les moyen de défendre notre empire colonial) qui comptait dans ses rangs une grande partie de l’aristocratie — surtout les cadets, qui n’héritaient pas de la propriété foncières de leurs parents, et qui se dirigeaient donc vers les carrières militaires. D’où l’argument cité plus haut.
[^] # Re: Banques
Posté par Moonz . En réponse au journal Éloge du don. Évalué à 2.
[^] # Re: Banques
Posté par Moonz . En réponse au journal Éloge du don. Évalué à 2.
Et je n’ai jamais prétendu que tu l’as dit :)
Tu m’as dit : c’est pas le capitalisme qui enrichit, c’est l’industrialisation.
Je te donne un contre-exemple : un pays qui s’industrialise sans capitalisme (l’URSS), et qui ne s’enrichit pas pour autant.
Ergo : non, l’industrialisation seule n’est pas une condition suffisante pour l’enrichissement. Il faut autre chose.
> mais ça a commencé très tôt, dès la colonisation qui a été très vite suivie du commerce triangulaire, etc. et plus généralement par l’exploitation des colonies.
Sauf que les colonies coûtaient plus à la Grande-Bretagne qu’elles ne rapportaient. Relis les débats parlementaires qui ont conduit à l’abandon des colonies.
> Pourquoi « [mon] explication est incapable de rendre compte
Je suis pas très clair effectivement. Je vais essayer de le dire autrement : si mon salaire ne dépendait effectivement que des conséquences futures de mon travail, alors l’accumulation passée de capitaux n’aurait aucune incidence sur le taux des salaires présent. Or, on constate aisément que c’est faux.
[^] # Re: Banques
Posté par Moonz . En réponse au journal Éloge du don. Évalué à 2.
Ben non, tu peux par exemple acheter des napoléons à Paris (je sais pas où, je sais juste que c’est possible :))
[^] # Re: Banques
Posté par Moonz . En réponse au journal Éloge du don. Évalué à 2.
Non : regarde « l’industrialisation à marche forcée » en URSS : ça a pas fonctionné des masses.
> et accessoirement aussi, comme il est dit, l’exploitation des travailleurs pauvres à l’autre bout du monde
Non.
1. Nos importations des pays émergents, c’est 6% du PIB. Même si on les exploitait à fond (ce qui reste à prouver), ça ne pourrait expliquer que 6% de notre richesse. Il te reste 94% à expliquer autrement.
2. Le mouvement d’enrichissement de l’occident a commencé avant « la mondialisation ».
> Et ton petit miracle n’a plus rien d’un miracle
Je l’ai dit ailleurs : je connais le « secret » derrière ce « miracle ». Mais tu n’as qu’à moitié raison ; ton explication est incapable de rendre compte du caractère progressif de l’enrichissement, que ce « miracle » arrive petit à petit.
Mais bon, je connais aussi, grosso modo, le « secret » de la vie (l’homéostasie). Ça ne m’empêche pas de m’émerveiller à chaque fois devant ce trésor d’ingéniosité qu’est le corps humain :)
[^] # Re: Banques
Posté par Moonz . En réponse au journal Éloge du don. Évalué à 1.
Combien de personnes en France ?
> L'électricité ... Pas forcément.
Combien de personnes en France ?
> A manger tous les jours... Pas forcément
Combien de personnes en France ?
> l'accès aux soins... Pas forcément.
Combien de personnes en France ?
> Un abri chauffé... Pas forcément.
Combien de personnes en France ?
> 1/3 des sdf sont salariés en france. Ca te dis quelque chose ?
SDF ≠ sans-abri.
Je le sais fort bien, puisque je suis dans cette situation.
> Il y a des trucs qui s'appelle le secours catholique, ou encore des tiquets alimentaires en france, ca te dis quelque chose ?
Ce doit être mon envolée lyrique qui t’a perdu.
Oui, je suis conscient que la pauvreté ne sera jamais totalement éradiquée. Que le paradis sur terre n’existe pas. Que les accidents de la vie existent. Que les filets de sécurité de ce genre sont nécessaires. So what ?
> Et le type qui vis de troc peut très bien voyager, en troquant.
Un type au SMIC ne peut pas voyager, par contre un type qui vit de troc le peut…
…soit tu parles de situations ultra-minoritaire, soit tu parles de troc impliquant des choses pas très légales.
> T'as déjà essayé de te concentrer après avoir fait 8h de chaines ?
Chez moi, les ouvriers ne travaillent pas le week-end.
> Oh oui tu as raison. On devrais même pas les payer tellement c'est peu utile dans l'absolu....
> Et ton travail a toi (ou à moi) c'est quoi ? juste faire en sorte que les électrons qui sorte d'un tuyau corresponde à ce qu'on veut
Tu n’as lu que la moitié de mon message. C’est triste, j’y avais mis beaucoup de cœur :(. Méchant, va.
Donc je répète : le boulot de l’ouvrier, comme le mien, comme probablement le tien, en termes de travail, d’utilité produite, relativement aux services reçus en une journée est dérisoire. Ridicule. Et pourtant cette rétribution qui n’est pas un vol (je me demande comment tu as pu interpréter « on devrait pas les payer » en lisant mon message, puisque j’affirme très explicitement le contraire) est tout à fait honnête du point de vue de chacun. Et c’est ça qui est miraculeux. Bon sang, tu as simplement essayé d’y penser sérieusement, ou tu réponds en mode automatique ?
Regarde ce que peut t’acheter une journée de ton travail, compare avec ce que tu produis en une jourrnée de travail. Tu n’arrives pas à voir le gouffre qui sépare les deux ? Mets de côté deux secondes ton misérabilisme qui, voulant trouver des problèmes, regarde des cas particuliers, (tu pourras y revenir tout à loisir une fois que tu auras vu l’image globale, celle du salarié moyen en France) et regarde le cas général. Ne vois-tu pas ce que j’essaie de te montrer depuis tout à l’heure ?
Voilà, le capitalisme, en général, c’est ça. On peut discuter des cas particuliers ensuite. Mais ne jamais perdre de vue l’image globale, ce que le capitalisme apporte au salarié moyen, à toi, à moi : une richesse inimaginable, comparée au travail fourni (comme tu dis, tripoter des électrons, en terme de travail…)
C’est tout ce que j’essaie de te dire. Rien de plus. Pas que le capitalisme réalisera le paradis sur terre. Pas qu’il soignera ta calvitie, qu’il fera revenir ta femme, et t’assurera le succès dans tout ce que tu fais. Mais ce « c’est tout », c’est déjà énorme, tu ne penses pas ? (s’il te plaît, si te ne devais répondre qu’à une partie de mon message, répond à celle-ci)
> Comment puis m'émerveiller de ça quand la richesse produite par cette société qui a produit ça, donne des MILLIARDS a des personnes qui ont déjà tout ce qu'il faut, et bien plus de superficiel encore, sous prétexte qu'elles ont des sous ?
Il est endetté parce que quelqu’un a gagné des milliards ? Si oui, il s’agit de le prouver. Si non, je ne vois absolument pas ce que ça a à voir là-dedans : si les deux seraient plus pauvres dans un système non-capitaliste, à quoi bon ?
C’est bien joli de s’émouvoir, mais tu proposes quoi ? Renoncer à l’image globale que je t’ai montré plus haut ? As-tu la moindre idée du nombre de cas semblables — ou plutôt, pire — que cela créerait ?
> Tu as juste "oublié" les personnes qui creveront à 35-40 ans dans les usines tawanaise ou autres pays en PVD, pour que tu puisse acheter ton "bijoux" 5€ moins cher, et le jeter.
Si tu veux dire par là que la vie dans des pays pauvres est difficile, que la pauvreté, c’est moche, je suis d’accord avec toi. Mais je n’avais pas besoin de toi pour m’en rendre compte.
Mais encore une fois : so what ? Je sais qu’on ne se sort pas de la pauvreté en claquant des doigts. L’Europe a aussi dû passer des étapes difficile avant d’en arriver à son niveau de vie actuel — qui est loin d’être l’aboutissement de l’histoire. Les PVD devront y passer aussi — et sont pour beaucoup en train d’y passer. C’est triste, mais c’est la réalité. La situation originelle de l’homme est le dénûment complet, et je ne vois pas ce que tu peux y changer. Sauf si tu t’appelles Dieu.
> Tu as juste "oublié" tous ces enfants, enrolé de force par des chefs de guerre pour que tel ou tel entreprise puisse profiter d'une mine X ou Y de matière première utilisée dans une quelconque étape de fabrication de "bijoux" high tech.
Si tu veux dire par là que vivre dans une dictature/république bananière africaine, c’est difficile, je suis d’accord avec toi.
So what ?
> Je fais remarquer que le capitalisme n'est pas le seul modèle existant.
Avec le gros sous-entendu : il est bien pourri, et il faut en changer. Pourquoi louvoies-tu ?
Et d’abord, sur quoi te bases-tu pour affirmer ça ? En prenant les bords de la courbe de Gauss, et en faisant du sentimentalisme dessus.
Désolé, mais pour comparer des modèles, on fait pas comme ça : on compare le centre de la courbe de Gauss. C’est ce que j’essaie de te montrer depuis le début. Mais tu t’efforces de regarder ailleurs.
Je trouve ça triste, mais ne t’inquiète pas : je m’en remettrai.
[^] # Re: Banques
Posté par Moonz . En réponse au journal Éloge du don. Évalué à 2.
Ben oui, quand on est plus gros géographiquement, c’est tout de suite plus facile d’avoir un gros PIB. Mais tu l’as dis toi même : le critère pertinent, c’est le PIB/habitant.
> Les états africains ont presque tous adopté l'économie capitaliste.
Tu postes depuis IPoT ?
Pas en 2010, en tout cas.
> Tu crois qu'il n'y a aucune entreprises européenne ou américaine ou ... là bas ?
Ben si, mais elles n’y sont pas pour fuir le capitalisme européen. That’s my point.
> Ils ont des putains de matières premières, et ce sont les entreprises "capitalistes" qui vont là bas les récuperer, et qui sont protégés par les gouvernements
Ha, j’ai compris : pour toi, capitaliste, c’est : il y a des transactions qui se font avec de l’argent. Forcément, vu comme ça.
Bon, histoire de remettre les points sur les i : capitalisme = propriété privée des bien de production. Quand le gouvernement décide de l’allocation des matières premières du pays, j’ai quelques difficultés à appeler ça capitalisme.
> Ce n'est pas parce que c'est artisanale que c'est "réservé à une élite".
C’est pas ce que j’ai dit. Je vis encore dans le monde réel, et j’ai tout à fait conscience mon artisan boulanger n’est pas réservé à une élite.
Par contre, j’ai tout à fait conscience que mon PC ne pourrait pas être fabriqué artisanalement.
Et d’ailleurs, je ne vois pas pour quelle raison tu opposes artisanat et capitalisme. Les artisans boulangers ne sont pas prêt de disparaître ; les bijoutiers non plus.
> Quand tu avais un menuisier dans chaque village, tu crois que c'était "réservé à une élite" d'aller voir un artisan menuisier lui demandait de faire des trucs ?
Non. Mais à l’époque où il y avait un menuisier dans chaque village, il n’y avait pas la télé dans chaque foyer.
Je ne mélange pas les torchons et les serviettes ; ce n’est pas un hasard ; le progrès technique a permis de faire faire le travail de ces menuisiers à moindre coût, c’est-à-dire avec moins de ressources (moins de main d’œuvre, plus d’efficacité). Ces ressources n’ont pas été perdues pour autant. Elles ont été vers des secteurs plus technologiquement avancé. Comme la télévision (OK, chronologiquement, ça ne correspond pas forcément, mais l’idée y est).
Donc moins de menuisiers = plus de télés. Je sais, ça fait bizarre (et un peu neuneu) dit comme ça, mais c’est la réalité profonde et profondément incomprise du capitalisme, et je sais pas toi, mais moi, je ne m’en plaint pas (OK, la télé était un mauvais exemple, je n’en ai pas ; mais passons) — d’avoir plus d’appareils technologiquement évolués au prix d’une disparition de l’artisanat dans la menuiserie.
> Tant qu'on croira que le capitalisme est le sauveur de l'humanité, on continuera a foncer dans un mur, en béton armé...
C’est une erreur de croire que l’humanité a besoin d’être sauvée. Le monde va de se (et le capitalisme fait partie de ce schéma global).
Par contre, ce qui est certain, c’est que les famines ont disparu de l’occident depuis l’industrialisation et le capitalisme. Ce n’est pas l’humanité, mais ça fait tout de même un paquet de personnes.
[^] # Re: Banques
Posté par Moonz . En réponse au journal Éloge du don. Évalué à 2.
Objection théorique : chaque décision économique se fait à la marge. Ce qu’un vote est incapable de retranscrire (Condorcet)
Objection pratique : si tu dois voter pour décider de l’allocation de chaque boulon :
1. tout le monde passera sa vie à votre
2. rien n’indique que l’allocation finale sera cohérente (le bâtisseurs qui a des briques mais pas d’eau pour son ciment, l’agriculteur qui a de l’eau mais pas de tracteur…)
[^] # Re: Banques
Posté par Moonz . En réponse au journal Éloge du don. Évalué à 1.
Dans le monde fantasmé des marxistes seulement.
L’ouvrier occidental, il a :
- l’eau courante, l’électricité, à manger tous les jours, l’accès aux soins, un abri chauffé, et des appareils pour lui faciliter son quotidien que Louis XIV aurait considéré comme de la magie (ou de la sorcellerie ;))
- il peut aller en vacances à l’autre bout du monde (oui, en économisant, et ? il en a la possibilité ! rien que ça devrait paraître incroyable à un paysan qui ne vit que de troc)
- il a un accès à internet, un téléphone portable, la télé,
- il a accès à plus de culture, de livres, de musique et de spectacles que les plus nantis des siècles précédents. Une vie entière est-elle suffisante pour se faire la totalité de Wikisource + Gallica + Google Books ?
Bon sang, il a accès à tous ces services, et des centaines d’autres tellement évidents qu’on les oublie, et tellement indispensables qu’on arriverait maintenant difficilement à vivre sans, que c’est un miracle qu’un travail quotidien aussi ingrat, aussi peu utile dans l’absolu, arrive à les payer ! Et note que ce n’est pas un cadeau de la société envers cet ouvrier, c’est son dû ! Comment arrives-tu à ne pas t’émerveiller devant cela ? J’avoue que c’est quelque chose que je ne comprendrai jamais, être aussi blasé devant un tel miracle répété quotidiennement.
Parlons de moi : je fais quoi pour la société ? Je développe des logiciels pendant des mois, qui seront vaguement utilisés par au plus une petite centaine de personnes, si ça marche bien. Et cette petite centaine de personnes ne font pas de choses beaucoup plus utiles pour la société. Et pourtant, la valeur de ce service suffit à me payer un bijou telle que la machine sur laquelle j’écris ce message. Sans que je n’aie rien volé personne ! Pire, en ayant donné plus que je n’ai reçu à chaque personne avec qui j’ai échangé (sinon, elles n’auraient pas échangé avec moi) ! Tu ne trouves pas ça magique ? Fabuleux ?
Désolé pour l’envolée lyrique. Mais franchement, un de ces jours, quand tu te réveilles, fait le compte de chaque objet que tu utilises dans la journée, essaie d’imaginer le nombre de personnes qui ont dû être rémunérées afin de le fabriquer, additionne le tout, compare ceci à ton travail de la journée. Ne te semble-t-il pas minable, misérable ? Et pourtant, c’est le cas de chacun d’entre nous. J’ai beau connaître le secret derrière cette magie, ça reste impressionnant.
Alors tu peux fantasmer sur le troc qui empêcherait l’existence des méchants capitalistes si ça t’amuse, bien au chaud derrière ton écran. Moi, je préfère vivre dans mon monde capitaliste plein de méchants exploiteurs, mais tellement magique.
(bon, pour le HS, il faudra que je re-regarde noir. Mais puisque ça vient d’une chanson, je pencherai pour un conditionnel raccourci pour faire joli ;))
[^] # Re: Banques
Posté par Moonz . En réponse au journal Éloge du don. Évalué à 2.
Ce sera juste moins productif. En tant qu’économiste, je n’ai pas à juger si c’est mal ou bien, mieux ou moins bien. Maintenant, je peux remarquer que :
- les sociétés plus productives (plus riches) attirent davantage que les autres. Je suis en général circonspect vis-à-vis de la notion de nature humaine, mais ceci semble en faire partie : tu vois des africains venir en europe pour fuir la pauvreté ; tu vois beaucoup moins d’européens aller en afrique fuir le capitalisme et la mondialisation pourtant tellement honnis dans les discours.
- personnellement, je suis heureux que notre système économique soit tellement productif que la machine sur laquelle je tape ce message soit un bien produit en masse et non pas tellement rare (artisanat) que réservé à une élite.
Essaye d’imaginer un seul instant le temps qu’il faudrait à un artisan pour faire la machine sur laquelle tu écris ta réponse. Pense au processeur ; gravé à l’aide de miroirs d’une précision à peine concevable ; de ton disque dur, mécanique mais dont la tête se mesure en nanomètres. Tu penses franchement que « 100 artisans sans robots » en seraient capable ? Et si oui, en combien de temps ? Quel prix pour une machine ?
[^] # Re: Banques
Posté par Moonz . En réponse au journal Éloge du don. Évalué à 2.
Sans doute, sans doute…
Mais qui irait ramasser et retraiter les déchets, aller dans une usine pour un poste de fabrication à la chaîne (faut pas rêver, la fabrication à la chaîne, on ne peut juste plus abandonner).
Autre problème : quelqu’un fabrique une machine-outil ; comment décider à qui elle revient ? L’utilisera-t-on pour fabriquer des vêtements ? des voitures ? des jouets ? d’autres machines-outil ? Qui décide ? Sur quel critère ? Comment sait-on ce qui est le plus « utile à la société » (c’est-à-dire : le plus désiré par le consommateur final) ? Comment s’assure-t-on que ton mécanisme d’investissement (c’est-à-dire : à quelle production assigne-t-on la machine outil) est compatible avec les besoins de la société ?
[^] # Re: Banques
Posté par Moonz . En réponse au journal Éloge du don. Évalué à 3.
- une création de valeur de par son activité d’intermédiaire entre prêteurs et emprunteurs (baisse des coûts de transaction)
- une captation de valeur par l’inflation (l’inflation cause une redistribution de la richesse vers ceux qui sont plus proches des mécanismes de production monétaire, et les banques, tout comme les états, sont en première ligne)
[^] # Re: Banques
Posté par Moonz . En réponse au journal Éloge du don. Évalué à 3.
(HS: tu es sûr de ta signature ? J’ai l’impression que la concordance des temps n’est pas bonne ; j’aurais soit mis wakaru au présent — ou au conditionnel, soit korosu au passé. Mais peut-être que je n’ai juste rien compris, mon japonais est rouillé :p)
[^] # Re: Banques
Posté par Moonz . En réponse au journal Éloge du don. Évalué à 2.
Capital = outils + avances + capital circulant
Et produire sans outils, c’est pas très efficace.
> Faire un vrai sabre japonais d'une qualité inégalable que si il était fait avec les machines etc...
Ben oui, mais ton exemple est bien parlant de ce que je veux dire : jamais tu ne feras de production de masse avec ça, comme tu le dis toi-même. Et si tu veux nourrir et vêtir des dizaines de millions de personnes, c’est avec de la production de masse, productive et à forte intensité capitalistique, que tu le feras, pas avec un artisan qui met 6 mois à te faire un sabre.
[^] # Re: Banques
Posté par Moonz . En réponse au journal Éloge du don. Évalué à 2.
C’est un peu ballot, parce que j’utilise la définition utilisée par les économistes depuis au moins Jean-Baptiste Say :)
> il a investit dans leur travail, sans capital.
Ben non, du point de vue du boulanger, c’est bien un capital : une valeur produite non immédiatement consommée (pour être plus précis, “réalisée” — ce qui est légèrement différent de “consommée” — dans le jargon de Say, mais ne compliquons pas inutilement les choses), utilisée afin de payer des avances.
Au niveau économique, c’est un auto-investissement, bien que si tu proposes à un comptable d’appeler ça “auto-investissement”, il sortira probablement le bazooka (il ne faut jamais contrarier un expert comptable).
> et donc un pouvoir économique sur-dimensionné par rapport aux autres
Ben non.
Donne moi tout le capital du monde entier, si je décide de l’utiliser pour produire uniquement des chemises vertes à pois jaunes, je risque fort de faire rapidement faillite.
Le pouvoir économique, il est surtout du côté des consommateurs. Pas uniquement, bien sûr, mais surtout.
[^] # Re: Banques
Posté par Moonz . En réponse au journal Éloge du don. Évalué à 3.
Oui, mais en contrepartie d’une productivité pire que médiocre.
> [on peut] investir sans capital
Non, puisqu’on ce qu’on investit, c’est du capital.
C’est comme si tu disais : « on peut manger sans nourriture ».
> qui n’est rien d’autre qu’une part de la richesse qui n’est pas réinjectée dans l’économie
Non. Ou plutôt, ça dépend ce que tu entends par là.
Le capital, c’est l’ensemble des valeurs produites qui ne sont pas consommées immédiatement. C’est-à-dire qu’elles sont réinjectées dans l’économie (par l’investissement) mais pas directement dans la consommation.
> Plutôt que de bloquer cette richesse, plus exactement sa représentation monétaire, à ne rien faire, elle pourrait être réinvestie instantanément dans l’économie
C’est ce qui se passe, en pratique.
> il n’y a pas besoin de capital pour fabriquer ses robots mais, encore et toujours, de travail, uniquement.
Ben si, tu as besoin :
- d’avances sur les salaires (comme l’a fait remarquer Zenitram) et les matières premières. Capital sous forme de monnaie.
- d’autres machines. Encore du capital, incorporé cette fois.
[^] # Re: Banques
Posté par Moonz . En réponse au journal Éloge du don. Évalué à 4.
[^] # Re: Eloge du conservatisme
Posté par Moonz . En réponse au journal Éloge du don. Évalué à 2.
[^] # Re: Eloge du conservatisme
Posté par Moonz . En réponse au journal Éloge du don. Évalué à 2.
Non, la loi protège les droits de chaque acteur, pas ses intérêts, c’est totalement différent. Les droits sont quelque chose de général, tandis que les réglementations peuvent porter sur des choses aussi spécifiques que de process de production.
> Pas OK sur les conventions collectives, comme leur nom l'indique, c'est une convention à trois, employeur/employé avec état comme médiateur pour rétablir l'équilibre des intérêts
Il me semble qu’en droit français actuel, tu ne peux couper à une convention collective, et c’est ça que je met dans « état-providence » : l’impossibilité pour deux personnes de former une convention sans passer par ce troisième acteur qu’est l’état.
(idem pour la réglementation)
L’État-médiateur, ça fait de toute façon partie de l’État-gendarme, ne serait-ce qu’avec les tribunaux :)
M’enfin, je crois que ça part en discussion du sexe des anges là, si tu permets, je vais m’arrêter là…
[^] # Re: Banques
Posté par Moonz . En réponse au journal Éloge du don. Évalué à 6.
Effectivement. On appelle ça un rentier, « celui qui vit de ses rentes ».
> Ou alors, Lavoisier s'est trompé.
Non. C’est toi qui t’est planté.
La richesse ne préexiste pas, elle se créée. Désolé si j’enfonce des portes ouvertes.
Pour créer de la richesse, il faut deux choses, en quantité variable : du capital, et du travail.
Quand tu pèches à main nue, tu produis de la richesse à l’aide de ton seul travail.
Une chaîne de production entièrement automatisée produit de la richesse à l’aide de seul capital.
En pratique, dans l’industrie, capital et travail se mêlent pour produire de la richesse.
Dans le jargon marxiste, un prolétaire c’est quelqu’un qui ne vit que de son travail.
Un rentier est quelqu’un qui ne vit que de son capital.
Pour la grande majorité des gens, les revenus se composent de travail (ton salaire) et de capital (les intérêts ton livret d’épargne. Oui, tu es en partie un salaud de rentier qui encule les travailleurs).
Un rentier est donc quelqu’un qui vit des revenus de son capital. Il faut donc que son capital soit productif, donc produise de la richesse. Donc oui, un rentier produit de la richesse. Comment ? En investissant son capital.
Par exemple, un boulanger produit chaque jour, actuellement, 1 tonne de pain. Le rentier lui fournit alors le capital pour acheter un four plus gros lui permettant de produire 1 tonne 100 kg (soit à l’aide d’un prêt à intérêt, soit un prêt obligataire, soit par un système d’actionnariat. C’est un peu plus compliqué aujourd’hui : le rentier passe par des intermédiaires, banques ou fonds de pension qui cherchent les investissements les plus productifs — et prennent leur commissions au passage —, mais l’effet final estle même). En rémunération, le rentier reçoit les 50 kg de pain dont tu te plains. Ce qui fait 50 kg de pain en plus pour les travailleurs. Comment sait-on qu’il n’a pas pris les 100 kg pour lui ? simple : dans le cas contraire, le boulanger n’aurait eu aucun intérêt à utiliser ce capital.
tl;dr : un rentier ne reçoit un revenu que dans la mesure (mais pas proportionnellement) où il créé de la richesse, disponible pour « les travailleurs ».
(oui, c’est une version un peu simplifiée de la réalité, mais si tu veux une version plus réaliste prenant en compte les erreurs d’appréciation des acteurs par exemple, il va falloir ouvrir un livre d’économie, mon pavé de texte est suffisamment lourd comme ça :))
[^] # Re: Eloge du conservatisme
Posté par Moonz . En réponse au journal Éloge du don. Évalué à 2.
Sinon, pour répondre à l’autre question, pour moi, l’État providence aujourd’hui c’est effectivement ce que tu as cité, plus :
- monopoles légaux (sécu, poste, eau, sncf,…)
- réglementation de l’industrie
- subventions (associations, culture, entreprises,…)
- intervention dans les contrats (conventions collectives par exemple)
[^] # Re: Eloge du conservatisme
Posté par Moonz . En réponse au journal Éloge du don. Évalué à 2.
Et encore une fois, éducation + assurance chômage, ça reste light pour un état-providence, aucun politicien aujourd’hui ne propose de réduire l’état à ça, même parmi ceux pour qui Sarkozy est socialiste. Déduire de la constitution de 1791 que les libéraux sont favorables à un état-providence, c’est vraiment capillotracté.
* oui, je sais, anachronisme
[^] # Re: Banques
Posté par Moonz . En réponse au journal Éloge du don. Évalué à 4.
En quoi cette fonction implique-t-elle un « enculage de travailleurs » ?
Tu t’es fait enculer par des spéculateurs, personnellement ?
[^] # Re: Eloge du conservatisme
Posté par Moonz . En réponse au journal Éloge du don. Évalué à 2.
Un employeur qui tire profit du fait que toute sa clientèle soit ruinée ?
> Je dirais au contraire qu'il n'y a qu'un pas: si on a un intérêt à ce qu'ils existent, on a intérêt à maintenir leur existence.
Non, maintenir leur existence suppose une démarche active, donc des ressources, ne serait-ce que du temps, et l’« investissement » pourrait ne pas être rentable.
Mais j’attends encore un exemple d’industriel qui ait comme intérêt d’avoir une clientèle pauvre.
[^] # Re: Eloge du conservatisme
Posté par Moonz . En réponse au journal Éloge du don. Évalué à 2.
"En raison de", à l’époque, était utilisé comme synonyme de « proportionnel à » ; voir quelques ouvrages scientifiques à l’époque, je pense par exemple à la traduction en Français des Principia (1759).
> C'est pas des marxistes mais bien des libéraux qui ont écrit cela...
1. Non: la constitution de l’an I, c’est l’œuvre des montagnards suite à leur coup de force ; les libéraux étaient dans la gironde, et n’ont pas participé à sa réalisation.
2. Ça reste de toute façon très light par rapport à ce qu’on connaît aujourd’hui ; proposer de limiter l’état aux fonctions régaliennes, l’EdNat et l’assurance chômage, c’est déjà plus loin que ce que proposait alternative libérale, pour rester dans le paysage politique français.