Passant a écrit 105 commentaires

  • [^] # Re: Triste

    Posté par  . En réponse au journal Intuition. Évalué à 9. Dernière modification le 21/05/17 à 06:51.

    Je comprend qu'une personne puisse avoir envie de se suicider, ou de vouloir essayer de se suicider pour faire un appel à l'aide.

    Je ne doute pas que tu sois convaincu de la compréhension que tu revendiques, mais je vois tellement d'incohérences dans ton propos que j'en doute sérieusement.

    C'est quoi la morale? "le monde me fait chier, je vais faire chier 10 x 600 personnes pour finir"

    L'instinct de mort (sauf peut-être chez certaines personnes âgées) c'est la dernière conséquence du nihilisme le plus abouti, celui qui a quitté le domaine des mots et de la pensée pour habiter la chair et les affects. N'est-ce pas simplement inconséquent, une contradiction dans les termes, de chercher une morale dans le nihilisme ?

    Et «le monde me fait chier» ? C'est ainsi que tu te représentes la subjectivité du suicidé ? Personnellement, je me représente plutôt quelque chose qui commence par «je ne suis rien, je ne vaux rien, je ne peux rien», et ainsi de suite…

    Mais il y a moyen de le faire sans traumatiser des personnes

    Ah bon ? Quelles que soient les modalités de la mise à mort, et sans même parler du suicidé lui-même, ses parents, ou ses amis, ou sa compagne ou son compagnon, voire ses enfants, et plus généralement encore tous les témoins doués de raison qui se voient ainsi confronté à la mort, qu'en fais-tu ?

    Nous sommes tous, individuellement et collectivement, habités par la terreur de la mort, mais les sociétés occidentales ont relégué la mort dans des lieux soustraits aux regards des profanes.

    Parmi les conséquence de cette dissimulation, il y a celles-ci : ces aspects de la réalité sont souvent totalement fantasmés et, ce qui découle du premier point, à l'exception des spécialistes dont la spécialité est justement de gérer pour les autres et la violence et la mort, nous sommes généralement encore plus désemparés et désarmés lorsque nous finissons par être contraints de nous y confronter ; ou le choc est plus brutal et le deuil plus difficile, ou simplement la sensibilité ne semble même plus capable d'appréhender ces aspects de la réalité, pour ne pas y avoir été préparé.

    Mais peut-être voulais-tu seulement dire que tu acceptais qu'une personne cherche à se suicider (à condition, bien sûr, qu'elle ne t'importune pas trop) ?

    Je viens d'accompagner un proche dans ses derniers instants, jusqu'à sa fin, et en te lisant, j'ai vraiment l'impression que tu parles dans le vide, et que ton propos brasse du vent.

  • [^] # Re: Don régulier et virement permanent

    Posté par  . En réponse à la dépêche Dons aux associations, épisode 5. Évalué à 1.

    Je viens d'envoyer un mail à team… pour les infos.
    Et parce que je tiens quand même à râler : le seul fait d'avoir à demander ces infos a bien failli m'empêcher de le faire, je fais partie des gens qui ont du mal avec ce type de démarches si elles ne restent pas strictement privées.

  • [^] # Re: Heu… il y a que moi qui ait compris que c'était plutôt une dénonciation indirecte de Google ?

    Posté par  . En réponse au journal Désolé, la Quadrature, mais tu fais fausse route. Évalué à 5. Dernière modification le 07/12/16 à 12:57.

    Je ne pense pas non plus que l'habillage ou la présentation graphique puissent en soi constituer l'acte condamnable, c'est bien trop imprécis là où il faut toute la clarté possible, et je ne vois quelle autre faute que celle du mauvais goût cela pourrait constituer. Cela pourrait par contre servir, comme tu le reconnais, à consolider le faisceau de présomptions.

    J'aurais tendance à penser que l'acte, en tant que tel, qui pourrait rendre une plainte recevable serait le suivant : la devise dans le bandeau du header (« Toutes les infos sur l'IVG dont vous avez besoin : médicales, psychologiques, juridiques ou sociales. ») et l'absence d'«À propos».

    Et ça tombe bien que tu prennes l'exemple du Gorafi. Sa devise («Toute l'information selon des sources contradictoires») détourne une tournure courante des devises des journaux («Toute l'information qui vaut la peine d'être imprimée», pour ne citer que celle-là). La caricature est déjà claire à ce niveau, mais si cela ne suffisait pas à tous, l'à propos vient lever le dernier voile d'ambiguïté quant à la vocation humoristique du site et de son contenu.

    Le Gorafi peut ainsi bénéficier du droit à la parodie, et éviter de rentrer dans le domaine du droit de la presse, et de l'obligation d'informer selon les modalités du droit à l'information des lecteurs. Il n'y a rien de tel en ce qui concerne le site dont ce journal parle.

    Tout du moins j'imagine que c'est de cette façon là que je procéderais.

    Et puisque tu parles des conséquences possibles de cette loi, il me semble que ce qu'elle pourrait par la suite faciliter ou légitimer, ce n'est pas, comme tu l'affirmes, de futures lois de plus en plus «liberticides» (je partage l'avis de j-c_32 à ce propos), mais une extension du droit de la presse (et donc de ses devoirs) aux médias numériques qui s'afficheraient comme des médias d'information.

    Non pas parce que les gouvernements et le corps politique seraient malveillants, simplement parce que c'est déjà le cas en pratique, que de plus en de gens utilisent les nouveaux médias comme des médias d'information (et je ne dis pas que c'est un mal). L'actualité récente l'a confirmé avec force, par exemple pendant l'élection de Trump (je pense à un article du Guardian, mais il y en a eu une pelletée sur le sujet ces derniers temps).

    Et je ne pense pas que cela sera forcément une mauvaise chose si c'est bien le chemin que l'on prend.

  • [^] # Re: Heu… il y a que moi qui ait compris que c'était plutôt une dénonciation indirecte de Google ?

    Posté par  . En réponse au journal Désolé, la Quadrature, mais tu fais fausse route. Évalué à 1.

    Pire, elle affaiblit l'autorité de la loi. En effet, si une loi n'est pas appliquée, pourquoi une autre le serait-elle ? Ou pourquoi aurait-on confiance dans le fait que l'autre le soit ? Et si l'autre l'est, n'est-ce pas injuste que la première ne soit pas appliquée ?

    Remarque que l'inverse est tout aussi problématique, par exemple lorsqu'une loi est systématiquement violée (je pense au téléchargement illégal d'œuvres soumises aux droits d'auteur) ou lorsque se développent de nouvelles pratiques sociales (le droit à l'information dans les nouveaux médias numériques, dans le cas qui nous intéresse).

  • [^] # Re: Fausse route

    Posté par  . En réponse au journal Désolé, la Quadrature, mais tu fais fausse route. Évalué à 3.

    Il y a un monde entre la mièvrerie et le mépris, où l'on pourrait peut-être trouver le minimum syndical de considération propice à des relations dépassionnées et plus réfléchies. Et ce n'est parce que ton voisin est déclaré coupable que tu es autorisé à le traiter comme un chien.

    Mais je pensais au cas général. Derrière ce site, et probablement d'autres aussi, il y a la petite frange catholique qui le soutient, et n'est pas non plus si négligeable que ça. Et au-delà de son caractère restrictif, cette loi réaffirme un certain projet de société, où la femme est l'égale de l'homme et dispose librement de son corps, qui concerne l'ensemble du corps social, et donc aussi cette partie de la société qui s'oppose à l'IVG. J'ose espérer que ce n'est pas une bataille sans fin, mais je me dis que ça pourrait bien l'être si l'on traite systématiquement par le mépris cette partie là.

    Il y a aussi que lorsque je vois la promptitude avec laquelle certains agitent le chiffon de l'atteinte à la liberté d'expression, je ne peux que me dire qu'il est d'autant plus important de rester pondéré et de ne pas trop jouer avec le feu.

    Mais ce n'est bien sûr que mon avis.

  • [^] # Re: Fausse route

    Posté par  . En réponse au journal Désolé, la Quadrature, mais tu fais fausse route. Évalué à 0. Dernière modification le 05/12/16 à 14:40.

    Faire taire ceux qui parlent de maternité ? […taire…taire…taire…] Faire taire les obscurantistes qui vont balancer des conneries contredisant les vérités scientifiques.

    Non. Rappeler aux éditeurs concernés, si nécessaire et seulement si nécessaire, leur devoir d'information au regard de la loi et seulement dans son périmètre d'action. Et n'aller en justice que si le dialogue n'est pas possible, ou visiblement pas constructif. Donc, non, certainement pas les faire taire.

    Et si tout le monde acceptait de jouer le jeu selon les règles démocratiques, j'imagine que suffirait un petit bandeau en haut de page comprenant un lien vers le site institutionnel accompagné d'un message du genre «Vous trouverez toutes les informations pratiques sur l'IVG à l'adresse suivante».

    Mais pourquoi les anti-IVG se prêteraient-ils à ce jeu lorsque leurs interlocuteurs les traitent comme leurs ennemis, se posent comme leurs ennemis, et ne cherchent qu'à les faire taire ?

  • [^] # Re: Heu… il y a que moi qui ait compris que c'était plutôt une dénonciation indirecte de Google ?

    Posté par  . En réponse au journal Désolé, la Quadrature, mais tu fais fausse route. Évalué à 3. Dernière modification le 05/12/16 à 07:28.

    Whaou ! J'aimerais bien que tu me montres de tels exemples. Vraiment.

    C'est, dans la plupart des pays occidentaux, un élément ordinaire du droit pénal depuis la deuxième moitié du 19ème siècle. Ce qui permet de distinguer l'homicide volontaire de l'involontaire, qui permet de dégager la responsabilité de l'auteur de l'acte en cas de démence, ce qui permet de reconnaître la légitime défense, etc. Je me permets de citer un passage d'Universalis à ce propos (que je préfère à Wikipedia dans certains domaines).

    Responsabilité (droit), deuxième chapitre, premier paragraphe (Universalis) :

    C'est, en droit pénal, la volonté de commettre l'acte interdit qui constitue la faute (culpa) intentionnelle ou d'imprudence, et définit de ce fait la culpabilité. Par conséquent, on ne peut dire, en droit pénal – et à la différence du droit civil –, qu'on est responsable mais pas coupable, car il s'agit non pas de payer financièrement la réparation d'un fait matériel consistant seulement en un dommage, mais de répondre d'un acte réprimé par le droit pénal. En revanche, la question subsiste de savoir si l'infraction peut être reprochée, c'est-à-dire imputable à l'auteur.

    Je te conseillerais de regarder le documentaire «10e chambre, instants d'audience» de Raymond Depardon. L'on voit qu'à travers les questions que pose la juge, qu'en plus de la preuve matérielle et du mobile, l'on cherche à établir la responsabilité des accusés en les amenant à parler de l'intention des actes pour lesquels ils sont jugés. Et l'on voit aussi qu'une partie de la population est totalement démunie devant la Justice, mais c'est un autre débat.

    «Surveiller et punir» de Michel Foucault serait aussi une bonne lecture à ce propos.

    Ah : je ne suis bien sûr qu'un dilettante.

  • [^] # Re: Heu… il y a que moi qui ait compris que c'était plutôt une dénonciation indirecte de Google ?

    Posté par  . En réponse au journal Désolé, la Quadrature, mais tu fais fausse route. Évalué à 3. Dernière modification le 05/12/16 à 00:57.

    Je me permets de répondre à nouveau, après y avoir un peu plus réfléchi.

    Le débat revient un peu à savoir si la liberté d'expression est totale ou pas. Elle l'est aux us, elle l'est pas en France.

    Non, sauf à la considérer comme l'unique principe fondateur, la liberté d'expression ne peut être totale, et aucun des droits fondamentaux ne peut l'être. Ces droit fondamentaux, posés dans leurs principes dans les constitutions et les textes à valeur constitutionnelle, ne sont pas nécessairement cohérents entre eux, et sont bien souvent concurrents en pratique.

    L'exercice de ta liberté d'expression peut, par exemple, empiéter sur mes droits à la dignité et à la vie privée par la diffamation ou la calomnie.

    C'est un problème qui n'admet pas de solution générale, et encore moins de solution simple ou élégante. Et c'est bien le rôle du législateur et de la justice que d'apporter les aménagements nécessaires, toujours particuliers et toujours insatisfaisants, à un certain équilibre entre ces forces concurrentes.

  • [^] # Re: Heu… il y a que moi qui ait compris que c'était plutôt une dénonciation indirecte de Google ?

    Posté par  . En réponse au journal Désolé, la Quadrature, mais tu fais fausse route. Évalué à 2.

    C'est un faux combat que mène le gouvernement pour se détourner du problème de fond.

    Et pourquoi donc ne pas opérer sur deux fronts, quand bien même ce serait (pour certains) pour de mauvaises raisons ? Agir où on le peut en attendant d'agir où on n'a peut-être pas (encore ?) les moyens matériels de le faire, ne me semble pas en soi mauvais (bien au contraire).

    D'autant plus que faciliter l'accès à l'information tout en limitant tant que faire se peut la désinformation, c'est aussi un peu faire de la prévention, non ?

  • [^] # Re: Heu… il y a que moi qui ait compris que c'était plutôt une dénonciation indirecte de Google ?

    Posté par  . En réponse au journal Désolé, la Quadrature, mais tu fais fausse route. Évalué à 2.

    Je ne me risquerai pas à interpréter ces chiffres, mais dans un des rapports que l'on peut trouver sur la page que tu cites, je lis ceci page 6 (370) :

    Des recours élevés peuvent révéler des difficultés d’utilisation ou d’accès à la contraception. Un faible recours, souvent interprété comme la marque d’une bonne couverture contraceptive, peut aussi attester d’un accès plus difficile à l’IVG. La question de l’accès est devenue une préoccupation centrale pour les pouvoirs publics. Un rapport établi fin 2013 pour la ministre de la Santé aborde amplement le problème de l’accès à l’IVG dans certains territoires et des disparités dans le choix ou l’accès aux infrastructures de santé en général (HCE ­fh, 2013). En 10 ans, plus de 130 établissements de santé pratiquant l’IVG ont fermé. Le manque de moyens matériels, financiers et humains actuel et à venir du fait des prévisions de départs en retraite de médecins pratiquant des IVG, sans garantie de leur remplacement, laisse craindre une dégradation des conditions d’accès.

  • [^] # Re: Heu… il y a que moi qui ait compris que c'était plutôt une dénonciation indirecte de Google ?

    Posté par  . En réponse au journal Désolé, la Quadrature, mais tu fais fausse route. Évalué à 2.

    […] on sait tous avec quelle facilité un miroir du site va se retrouver en ligne immédiatement, donc pourquoi diable se faire chier à faire une loi qui ne va visiblement pas servir à grand chose […]

    Je ne pense pas qu'il soit souhaitable que le législateur s'interdise de légiférer en raison de l'impossibilité ou de la difficulté pratique et technique de la mise en application d'une loi. À quoi servirait-elle dans ce cas ? Principalement à fixer le cadre général et les principes de nos sociétés. Et, par ailleurs, qui pourrait dire que ce qui n'est pas possible à l'instant le sera toujours ? Entendons-nous bien, je ne dis pas non plus qu'il est nécessaire de ne pas tenir compte des limitations pratiques, ou qu'il faut dès à présent commencer à tisser sur la comète, seulement que l'argument ne me semble pas recevable dans le cas général.

  • [^] # Re: Heu… il y a que moi qui ait compris que c'était plutôt une dénonciation indirecte de Google ?

    Posté par  . En réponse au journal Désolé, la Quadrature, mais tu fais fausse route. Évalué à 1. Dernière modification le 04/12/16 à 04:18.

    Et si la personne en question est de bonne foi, et y croit vraiment? […] L'intention compte pour beaucoup, certes, mais dans un cas pareil, c'est particulièrement difficile à prouver.

    En remettant la charge de la preuve dans le bon sens, tu réponds toi-même à cette question : il n'y aura pas de délit si l'accusation n'arrive pas à prouver une volonté de tromper (que la personne est effectivement de mauvaise foi).

    Comme tu l'écris, ce sera bien difficile à démontrer. Je dirais que le législateur a été suffisamment prudent dans la formulation de cette proposition que pour la prémunir d'abus ou de dérives de son champ d'application. L'argument de la pente savonneuse, beaucoup utilisé au fil de ce cher nal, s'applique difficilement à ce cas.

    Le débat revient un peu à savoir si la liberté d'expression est totale ou pas. Elle l'est aux us, elle l'est pas en France.

    Il me semble avoir lu qu'il y avait bien des limitations à la liberté d'expression dans le droit américain, mais que personne ne les mettaient en pratique. Ce n'est pas le cas ?

    Mais, oui, c'est bien le sujet du débat. Qui est peut-être aussi celui d'une extension claire du domaine du droit de la presse à celui des éditeurs sur le web.

    Ce qui m'ennuie c'est que l'on ait présenté cette proposition comme une atteinte à la liberté d'expression, alors que celle-ci est actuellement limitée, aussi bien dans ses principes que dans son application, dans les différents textes existant (voir, par exemple, les articles 10 et 11 de la Déclaration des droits de l'homme de 1789, ou encore l'article 10 de la Convention européenne des droits de l'homme de 1966).

    Pour faire un parallèle, que penses tu de l'interdiction d'exprimer des these révisionnistes? Ou l'interdiction de propos racistes?

    J'étais personnellement en défaveur de ces deux interdiction avant ce journal. Mais un commentaire de lasher apporte un éclairage très intéressant sur le sujet, et je suis bien près de revoir ma position.

  • [^] # Re: Heu… il y a que moi qui ait compris que c'était plutôt une dénonciation indirecte de Google ?

    Posté par  . En réponse au journal Désolé, la Quadrature, mais tu fais fausse route. Évalué à 6.

    Tu restes libre de dire publiquement ce que tu souhaites sur l'IVG. La seule liberté que tu n'auras plus c'est de le faire dans l'intention délibérée de tromper les femmes cherchant à s'informer sur l'IVG.

    Mais, d'une part, il me semble que c'est une liberté que tu n'as jamais vraiment pleinement eue : il se trouve seulement que cette restriction est seulement formalisée dans ce cas-ci.
    Et, d'autre part, hors des cas patents comme celui donné en exemple par Liorel, il est toujours difficile de prouver l'intentionnalité d'un acte ; ce qui sera malgré cela un des éléments essentiels du jugement.

    Donc il sera (heureusement ?, malheureusement ?) très aisé d'éviter de tomber sous le coup de cette loi par un moyen semblable à celui que tu proposes.

  • [^] # Re: Merci la quadrature

    Posté par  . En réponse au journal Désolé, la Quadrature, mais tu fais fausse route. Évalué à 2.

    Il y a un problème dans cette formulation.

    En effet. Je reformule donc la deuxième question : de tels sites sont-ils susceptibles d'entraver significativement l'exercice du droit à l'avortement de femmes cherchant effectivement à y recourir ? Et, par la suite, si l'on montre que le préjudice est et réel et substantiel : était-il intentionnel ?, est-il la conséquence d'une relation asymétrique ?, est-il le fait d'une présentation frauduleuse ou mensongère ?

  • [^] # Re: Merci la quadrature

    Posté par  . En réponse au journal Désolé, la Quadrature, mais tu fais fausse route. Évalué à 3. Dernière modification le 02/12/16 à 15:33.

    Je parlais évidemment de m’exprimer dans l’espace public, ou dans un espace privé mais avec d’autres gens :/

    Ce que tu exprimes lors d'un repas en famille ou avec tes amis à ton domicile sera généralement considéré comme l'expression d'une personne privée dans un espace privé.

    Et les discussions que tu pourrais avoir avec ces mêmes connaissances dans un lieu public, disons un parc ou un café, seront probablement considérées comme des événement privés tant que tu ne vocalises pas trop tes propos et y agis effectivement en tant que personne privée.

    Je ne crois pas non.

    L'on peut parfaitement en discuter sans pour autant en faire l'apologie ou inciter à en consommer, et donc, par exemple, défendre la dépénalisation sans être inquiété. Voici un lien vers un article du Courrier international traitant du sujet (malheureusement réservé aux abonnés) journal français soumis à la législation française.

    Et il faudrait aussi savoir précisément ce qui constitue le délit : la consommation ?, la possession ?, en quelle quantité ?, selon quelles modalités ?, etc.

    Tu fais une hiérarchie ?

    Non, un constat. Je n'ai pas de jugement moral sur le sujet : le connaissant mal, je suis resté prudent dans l'énoncé des faits.

  • [^] # Re: Merci la quadrature

    Posté par  . En réponse au journal Désolé, la Quadrature, mais tu fais fausse route. Évalué à 4. Dernière modification le 02/12/16 à 14:08.

    Je n’ai pas le droit de dire qu’Hitler a eu raison de vouloir zigouiller les juifs, que le cannabis c’est moins dangereux que l’alcool ou encore que l’homosexualité est une maladie…

    Sauf erreur de ma part, l'état ne te dénie pas ce droit si tu l'exerces en tant que personne privée dans un espace privé, tout du moins pour les trois exemples cités.

    Si tu l'exerces en tant que personne publique dans un lieu public, ta liberté sera par contre limitée par la nécessité de préserver les autres droits de la personnalité que l'exercice de ta liberté pourrait dénier, comme le droit à l'image, à la vie privée, etc. Et même en tenant compte de ces contraintes nécessaires de l'espace public, tu serais tout à fait libre d'y exprimer tes deux derniers exemples (ce serait plus délicat pour le premier, certes).

    Le problème pourrait donc être formulé différemment : les sites dont il est question font-ils partie de l'espace public ?, et leur contenu remet-il en cause le droit à l'avortement des femmes qui chercheraient à l'exercer ?

    Je pense que Liorel a très bien montré comment ce pourrait être le cas pour la seconde question.
    Quant à la première, hé bien, quant à la première, heu…

  • # Fiches de lecture ?

    Posté par  . En réponse au sondage Comment vous inciter à contribuer plus souvent à LinuxFr.org ?. Évalué à 2. Dernière modification le 15/11/16 à 10:49.

    Des fiches de lecture sur des sujets connexes, comme par exemple celui de la vie privée ? Personnellement, l'exercice me tenterait bien pour l'ouvrage suivant : «La vie privée à l'ère du numérique». Certes, cela pourrait passer en journal, mais j'apprécierais aussi un travail de relecture ou de réécriture par des tiers.

  • [^] # Re: V pour vandetta

    Posté par  . En réponse au journal Comme d'habitude, l'UMP l'a voulu, le PS l'a fait, et vice versa. Évalué à 4.

    Va et vocifère donc, Ô visage volontairement vague, si telle est ta voie et ton envie. Mais si tu veux venir me voir, dis-moi : est-ce parce que ta voix est vive qu'elle a de la valeur ? Faut-il que ton verbe soit vibrant, ton discours plein de vigueur et de verve, pour être vraiment valide ? N'est-ce pas bien souvent l'inverse chez les vivants ?

  • [^] # Re: Comme d'habitude, l'UMP l'a voulu, le PS l'a fait, et vice versa

    Posté par  . En réponse au journal Comme d'habitude, l'UMP l'a voulu, le PS l'a fait, et vice versa. Évalué à 5.

    Leurs cadres sont tous issus des mêmes classes sociales, passe encore, mais carrément issus des deux ou trois mêmes écoles. Ils apprennent tous la même histoire, sont tous formatés de la même manière : ils ont tous les mêmes intérêts, souvent la même culture et la même morale.

    C'est un argument qui revient assez souvent.

    Mais que les deux grands partis d'un système bipartisan portent tous deux un projet de société à peu de choses près équivalent, ou partagent fondamentalement les mêmes intérêts, ne remet pas nécessairement en question son caractère démocratique.

    Ce que l'on demande à l'opposition, quelle qu'elle soit, pour que les institutions restent démocratiques, c'est d'exister, et d'exister avec suffisamment de poids et de moyens que pour servir effectivement de contre-poids et de mécanisme de contrôle aux pouvoirs de l'exécutif et du parti dominant. C'est, théoriquement, ce que devrait permettre la compétition organisée autour de l'exécutif par les élections, les commissions parlementaires, etc. Est-ce bien le cas en pratique ? C'est un autre (long) débat.

    Nos démocraties ont sûrement bien des défauts, mais je doute que cette critique-là soit vraiment fondée.

  • [^] # Re: Merci

    Posté par  . En réponse à la dépêche surveillance:// Entretien avec son auteur Tristan Nitot et 10 livres à gagner. Évalué à 7.

    C'est aussi à mes yeux une des grandes faiblesses de ce type discours : l'illustration par des cas limites ou hypothétiques d'une part, et de l'autre le manque d'exemples concrets, quotidiens et ordinaires.

    Mais Florent Zara écrivait un peu plus haut que les «exemples concrets donnés par Tristan dans son bouquin sont très parlant et convaincants». Je pensais d'abord les demander, mais j'ai finalement acheté l'ebook.

    Alors voici les exemples concrets (et seulement ceux-là) que j'ai relevé dans la première partie, «Souriez, vous êtes surveillés !».

    1. Le «Celebgate» : diffusion illégale de photos de nu de célébrités, stockées sur des serveurs de Apple.
    2. Utilisation par l'ING de certaines données bancaires de ses clients (achats et lieux d'achat) à des fins publicitaires, révélée en mars 2014.
    3. Uber : affichage sur grand écran des trajets des véhicules, et parfois aussi des noms des célébrités utilisant leurs services.
    4. Utilisation d'un podomètre, dans un procès, pour prouver une diminution de l'activité de la plaignante suite à un accident.
    5. Dénonciation à la police, par Google, d'un utilisateur de Gmail ayant envoyé une photographie pédopornographique par mail.
    6. Harcèlement organisé par un ingénieur de Google ayant illégalement accédé aux données privées d'utilisateurs mineurs.
    7. Expérience sur les effets du filtrage des contenus, menée par des chercheurs sur un panel de 700k utilisateurs de Facebook. Constitution de deux groupes : l'un soumis à des contenus positifs, l'autre à des contenus négatifs. Effets observés : messages plus positifs des utilisateurs du premier groupe.
    8. On estimerait qu'une expérience menée par Facebook, demandant à ses utilisateurs de répondre à la question «Un réseau social peut-il pousser les gens à voter ?», aurait amené 340k utilisateurs à voter, qui ne l'auraient pas fait sans cela.
    9. Anecdote rapportée par un data scientist : un père, qui s'était plaint à un supermarché que sa fille recevait par la poste des publicités de vêtements pour bébé et de berceaux, avait découvert par la suite qu'elle était enceinte. Le lien semble avoir été fait par l'utilisation de la carte de paiement ou de la carte de fidélité.
    10. Étude menée par Facebook sur les messages de certains utilisateurs, montrant que l'on pouvait, de la quantité et de la qualité de certains messages échangés par certains membres, déduire à peu près le moment où ils avaient commencé une relation amoureuse.

    Il me semble que ces cas illustrent plutôt deux problèmes qui, sans être totalement orthogonaux à celui de la surveillance, lui sont tout de même bien distincts : celui des responsabilités légales et professionnelles des acteurs collectant et traitant des données privées, et celui des effets et des usages du profilage que permet le big data.

    La suite de l'ouvrage m'apportera peut-être les exemples demandés, mais pour l'avoir survolé, je n'y crois pas trop.

  • [^] # Re: Faut arrêter les interprétations à 2 balles ...

    Posté par  . En réponse au journal Point d’étape sur le matériel et nos libertés. Évalué à 3.

    Concernant la discrimination OpenSource LL, je pense que malgré tout il y a une part d’interprétation personnelle Dans un journal de 2011, il est dit que les LL sont inclus dans l'OpenSource, je n'ai pas fait l'effort d'analyser logiquement cette assertion mais j'aurais tendance à être assez en accord avec.

    C'est certainement le cas lorsque la discussion se focalise sur la lettre les licences, comme elle tourne régulièrement en rond en ces lieux.
    Sans prendre parti, j'ai apprécié que ce journal s'attache plutôt à leur esprit, et aux destinataires des libertés logicielles : l'utilisateur quel qu'il soit pour le libre, le développeur pour l'Open Source. Aurais-je mal compris ?

    Tu peux certainement avoir de bons arguments mais CRIER dans des messages en employer des termes grossiers et des termes de Kevin sur internet 'Kestuveu' est paradoxal car tu as fait un commentaire visant à spécifier que tu savais à qui tu parlais.

    Petit moment laudateur : l'usage de codes et d'éléments de langage familiers et argotiques dans une prose par ailleurs riche et soutenue est justement ce qui fait tout le charme des contributions d'eingousef, et dénote une écriture fort bien maîtrisée. Le style est beaucoup dans le contraste…

  • [^] # Re: Modération laxiste

    Posté par  . En réponse au sondage La modération a posteriori des contenus et commentaires problématiques sur LinuxFr.org. Évalué à 2.

    Bannir provisoirement un membre qui réagit sans retenue à un post qui le vise plus ou moins ouvertement en évoquant des utilisateurs dont «les commentaires se composent au 3/4 d’étrons insultants» et «qui ont régulièrement une attitude de merde», c'est pour le moins ironique.

    Le faire lors d'un sondage portant sur la modération a posteriori, c'est un plaisir de fin gourmet.

    La première des règles de modération serait donc de ne pas parler des règles de modération ؟

    Cela dit, et à quelques dommages collatéraux près, la modération me semble assez équilibrée. Gagnerait-elle à être parfois moins laconique, comme dans ce cas-ci ? En lisant ce fil pavé de bonnes intentions, le doute m'habite.

  • [^] # Re: Du genre troublant

    Posté par  . En réponse à la dépêche Son et lumière à l’hôtel. Évalué à 1.

    Qui n'a jamais regrétté des paroles irréfléchie un lendemain de cuite […]

    Une idée un peu en l'air en passant : ne pourrait-ce justement être l'une des fonctions (psycho-)sociales de l'alcool dans nos sociétés européennes (entre autres) ? La catharsis et l'excès dans un premier temps ; la culpabilité et le retour à l'ordre dans le second ?

  • [^] # Re: ça voir ecrire !

    Posté par  . En réponse au sondage Sur LinuxFr.org, quand je vote pertinent/inutile, en fait je vote.... Évalué à 2.

    Le Japon vient d'ailleurs de suivre (hip hip hip) ils ferment les facs de sociologie…(ou astrologie avec une autre nom))

    J'ai toujours une ou deux guerres de retard, donc je te remercie pour l'information (bien que ta présentation soit assez douteuse : après quelques recherches, il semble que ce soit surtout en projet, projet certes assez avancé, mais encore loin d'être acquis ou réalisé).

    Ce projet semble t'enthousiasmer, mais est es-tu vraiment sûr que ce soit une bonne nouvelle pour le Japon et les japonais ? (Sans rentrer dans les questions idéologiques ou celles concernant la valeur en soi de la recherche fondamentale.)

    La publicité, le management, le marketing, la communication d'entreprise, la gestion des ressources humaines, et j'en passe, ne sont finalement que des formes de sociologie et de psychologie appliquées. Penses-tu réellement que les économies modernes, reposant principalement sur la consommation et le renouvellement constant des biens et des besoins, puissent se passer de ces disciplines ? Que le marketing ou la publicité ne participent en rien au succès ou à la débâcle d'un produit ? Que les entreprises feraient bien mieux de se débarrasser de leurs commerciaux ?

    Penses-tu que l'on puisse mettre en œuvre des projet de développement et de coopération sans connaître leurs enjeux et leurs impacts sociaux, sans tenir compte, par exemple, des différences culturelles et des frictions qu'elles pourraient générer ?

    Crois-tu donc que l'on puisse mettre en place des politiques efficientes d'urbanisme, d’aménagement du territoire ou encore de gestion des flux migratoires, qui ne reposeraient par sur des études de terrain, des enquête, des analyses qui soient menées par des agents un minimum formés aux branches correspondantes de la sociologie, de l'anthropologie ou de la psychologie ?

    Les sciences humaines n'interviendraient aucunement dans la compréhension et la satisfaction des besoins des sociétés modernes en général, et de la société japonaise en particulier, vraiment ?

  • [^] # Re: Han

    Posté par  . En réponse au journal Grammalecte : plus que presque rien !. Évalué à 2.

    De bon augure et de bonne guerre, c'est sûr…