Retour sur la libération du code source de MS-DOS 1.25 et 2.0 par Microsoft

43
6
août
2019
Microsoft

Microsoft a décidé le 28 septembre 2018 de libérer les sources des versions 1.25 et 2.0 de MS-DOS sous licence MIT et de les publier sur GitHub.

MS-DOS Logo

Il s’agit des mêmes versions données au Computer History Museum (Musée de l’histoire de l’ordinateur) le 25 mars 2014, comme le précise Microsoft dans le fichier README.md.
Microsoft précise aussi dans son billet de blog que les deux versions (1.25 et 2.0) ont été écrites avec l’assembleur de l’Intel 8086, le premier processeur de la famille x86.

L’entreprise indique que beaucoup de fichiers de documentation d’extension .TXT et .DOC intercalés entre les fichiers sources sont intéressants à lire, tout comme de nombreux commentaires directement dans le code source.

On ne peut que se réjouir de cette libération, bien qu’elle soit tardive. Mais à quand la libération de NTKRPAMP.EXE, le noyau de Windows NT pour un système multiprocesseur ?

Sommaire

Petit historique de MS-DOS

MS-DOS

Le système d’exploitation MS-DOS (Microsoft Disk Operating System) s’appelait à l’origine QDOS (Quick and Dirty OS) ou 86-DOS et fut développé par Tim Patterson de l’entreprise SCP (Seattle Computer Products) comme un clone de CP/M, un système d’exploitation développé en 1974 par Gary Kidall de chez Digital Research. CP/M était conçu pour les processeurs Intel 8080 / Zilog Z80, 86-DOS visait donc à fournir un environnement familier sur la nouvelle architecture matérielle 8086 d’Intel. QDOS a pris le nom de MS-DOS à la suite de son rachat par Bill Gates.

Le système CP/M (Control Program/Monitor) devait être initialement le système d’exploitation de l’IBM PC, mais alors que CP/M-86 était en développement les relations entre Digital Research et IBM se sont dégradées autour des questions de facturation (le premier préférant un achat unique de licence quand le second désirait une redevance), et parce que les accords de non‐divulgation (NDA — non‐disclosure agreement) demandés par IBM ne convenaient pas à Digital Research.

Bill Gates a saisi l’occasion et conclu un accord commercial avec IBM pour que celui‐ci fonde son PC-DOS sur MS-DOS. C’est ainsi que PC-DOS, fut distribué avec les premières livraisons de l’IBM PC à l’automne 1981. La version de CP/M compatible avec le processeur 8086 fut disponible dès le printemps 1982 (à peine six mois plus tard) mais ce système d’exploitation fut un échec commercial, pris de vitesse par PC-DOS. Découvrant l’affaire, Digital Research menaça IBM d’une action en justice pour contrefaçon de propriété intellectuelle et obtint d’IBM que CP/M-86 soit proposé comme une alternative à PC-DOS, mais cela ne pu infléchir la route de PC-DOS / MS-DOS et le succès de Microsoft.

Tandis que les premiers clones de l’IBM PC apparaissait, Microsoft conclut des accords avec les autres fabricants pour distribuer MS-DOS. MS-DOS devint le système majoritaire en prenant le pas sur PC-DOS, et les deux branches étant développées séparément, des incompatibilités furent parfois introduites.

La famille CP/M est différente de la famille UNIX en termes de fonctionnement architectural. De plus, MS-DOS est un système mono‐utilisateur, car Microsoft réservait cette fonctionnalité pour son UNIX maison nommé Xenix.

L’impact de MS-DOS sur l’industrie et la culture

MS-DOS a conservé de CP/M le concept de BIOS qui permet d’abstraire le matériel afin de faire fonctionner une version unique du système d’exploitation sur différents modèles de machines. L’accord commercial entre Microsoft et IBM autour de MS-DOS et de l’IBM PC a rendu très populaire ce concept au cœur du développement de l’informatique personnelle, facilitant plus tard l’essor d’un certain noyau Freax visant le processeur i386 (renommé rapidement en Linux)…

Microsoft Windows utilise toujours aujourd’hui le caractère \ comme séparateur de chemin d’accès, bien que le reste de l’industrie utilise /. Cela vient du fait que DOS a hérité de CP/M le caractère / comme préfixe d’option (qu’il semble avoir hérité lui‐même de VMS). Larry Osterman, un ingénieur de Microsoft a raconté que, parce que les employés de Microsoft développaient DOS sur Xenix, ils étaient habitués à utiliser le caractère / comme séparateur de chemin et - comme préfixe d’option. Ceux‐ci implémentèrent donc dans certaines parties de DOS (N. D. L. R. : mais pas toutes) la capacité de décoder les caractères / et \ indifféremment dans les chemins d’accès, et ajoutèrent une variable SWITCHAR à mettre dans le fichier config.sys pour changer le préfixe d’option de / en -. Larry Osterman dit dans son billet que l’option a disparu depuis longtemps, mais nous pouvons cependant la retrouver dans le code de DOS 2.0 qui vient d’être libéré.

MS-DOS fut plusieurs fois adapté sous licence par des tiers (PC-DOS, Compaq DOS…) et des projets complètements indépendants ont été développés pour être compatible avec lui : DR-DOS, FreeDOS (on en parle après), ou encore PTS-DOS, une version russe certifiée par le Ministère de la Défense de la Fédération de Russie.

MS-DOS ou ses clones furent très souvent utilisés au cœur de systèmes industriels ayant une grande longévité, ce qui rend parfois nécessaire sa maintenance aujourd’hui. MS-DOS fut souvent utilisé comme système autonome pour des utilitaires sur disquette (ancêtres des CD autonomes sous GNU/Linux et autres clefs USB autonomes) mais son usage a largement dépassé le cadre de l’ordinateur personnel.

Tout comme nous trouvons aujourd’hui GNU/Linux dans de nombreux appareils du quotidien comme nos téléphones Android, nos box Internet, des télévisions ou même des réfrigérateurs, MS-DOS ou ses clones se sont retrouvés dans certains objets parfois inattendus, comme le téléphone Nokia 9110 Communicator ou la calculatrice graphique Casio Graph 100+ qui exécutent un ROM-DOS de Datalight (équivalent à MS-DOS 2) sur un processeur AMD dérivé du i486, pour le premier, et un processeur Nec dérivé du 80286, pour la seconde. Ceci permit à des enthousiastes de développer leurs propres programmes pour cette calculatrice en utilisant, par exemple, la suite Turbo C 3 de Borland (C, C++ et assembleur), le compilateur C de Digital Mars ou encore QBasic de Microsoft.

DOS est aussi devenu, à l’instar du jeu DOOM, un défi pour beaucoup de développeurs : celui de le porter sur le plus d’architectures possibles (ou aussi, dans le cas de DOS, de mettre en œuvre des clones). On peut citer par exemple la version de FreeDOS conçue pour tourner sur les appareils photos Canon EOS (comme module de l’extension non officielle Magic Lantern), la très récente inclusion de DosCard (une version incorporable de DOSBox, voir ci‐après) dans le moteur OpenMW permettant d’avoir un environnement de travail DOS dans l’univers virtuel du jeu Morrowind. Microsoft lui‐même s’est prêté à ce jeu lorsque le 1er avril 2015 l’entreprise a publié une application appelée « MS-DOS Mobile » présentée comme un nouveau système d’exploitation mobile, et qui fournissait une interface similaire à MS-DOS sur leurs téléphones sous Windows.

Enfin, le clone libre FreeDOS (dont nous parlons juste après) est parfois installé sur certaines machines vendues sans Windows ou sans GNU/Linux, afin de livrer la machine avec un fonctionnement minimal. Certaines machines vendues « sans système d’exploitation » ont donc parfois bien un système d’exploitation quand même !

Les versions de Microsoft DOS

Version 1.00 (1981)

La première version sortie sur l’IBM PC.

Elle ne prend en charge que les disquettes 5″¼ simple face de 160 Kio.
Disquette

Les répertoires n’existaient pas sur cette version et on ne pouvait mettre que 64 fichiers sur une disquette.

Version 1.25 (1982)

C’est une des versions qui ont été libérées. Une légère évolution de la 1.24. Elle fut la première version vendue par Microsoft et, plus généralement, c’est la première version utilisée par tous les fabricants de clones des ordinateurs d’IBM.

Pour les disquettes 5″¼, on passe sur une gestion du double face avec une plus grande capacité (320 Kio).

Microsoft précise que le code source de cette version ne contient que sept fichiers en assembleur, comme on peut le voir sur le dépôt GitHub.

Version 2.0 (1983)

Deuxième version libérée par Microsoft.

Elle introduit la gestion des disques durs avec un système de fichiers FAT12, ainsi que les répertoires. Les disquettes 5″¼ simple face gagnent en capacité, passant de 160 Kio à 180 Kio, tandis que les disquettes double face passent de 320 Kio à 360 Kio.

Par rapport à la 1.25, dans le code source on passe de sept fichiers à cent fichiers en assembleur ; presque quinze fois plus, augmentant la sophistication du code et la taille de l’équipe de développement, comme le précise Microsoft.

Version 3.0 (1984)

Cette version introduit la prise en charge des disquettes de 1 200 Kio et les disques durs de 15 360 Kio.

Version 6.22 (1994)

La question qui se pose est : pourquoi ne pas avoir libéré le code de la dernière version commercialisée, la 6.22 ? Peut‐être pour ne pas afficher les pratiques controversées de ralentissement des concurrents ? [N. D. M. : il s’agit de la dernière version commercialisée séparément]

L’historique des versions sur la page Wikipédia évoque une version 7 avec Windows 95 et une 8 avec Windows ME en 2000 (avant une fin de prise en charge en 2001). Sont aussi mentionnés les problèmes rencontrés avec les versions 6.2x à cause des brevets logiciels. Ce pourrait être une explication, du moins pour la 6.22 (pas forcément pour la 3.0).

Les divers projets libres autour de MS-DOS

Wikipédia possède des listes très détaillées de systèmes compatibles DOS ou similaires à DOS, ainsi que des comparaisons ou des informations très intéressantes sur les couches de compatibilité permettant d’exécuter des programmes DOS sur des systèmes plus récents. Mais LinuxFr.org oblige, nous nous concentrons sur les projets libres continuant à entretenir l’environnement DOS.

À noter qu’il existait un système d’exploitation nommé OpenDOS, un descendant de DR-DOS de Digital Research (et donc de CP/M-86 via la branche Concurrent PC-DOS, sa version multi‐utilisateur). Mais bien que ce système s’appelle OpenDOS et que le source ait été distribué, celui‐ci n’a rien de libre. En effet, selon les termes de Caldera, le source aurait été rendu disponible pour une utilisation personnelle à coût nul, et une redistribution commerciale d’OpenDOS nécessitait une licence payante. L’annonce disait également que les sources de certains composants de tierces parties de Novell DOS 7 ne seraient pas publiés, ce qui fait d’OpenDOS une forme d’open core dont même le cœur n’est pas libre car soumis à une clause non commerciale.

Le logiciel rpix86 est similaire à DOSBox, que nous présentons ci‐après, et permet d’exécuter des jeux DOS sur un Raspberry Pi. Mais il n’est malheureusement pas libre, et le seul interpréteur qu’il est capable d’exécuter est 4DOS qui, bien que le source soit disponible, est malheureusement couvert par une licence MIT modifiée qui n’est pas reconnue comme libre ni par l’OSI, ni par la FSF, une clause interdisant l’usage commercial. Le programme rpix86 tournant sous GNU/Linux, on peut donc tout de même le citer, parce que dans LinuxFr.org il y a « Linux »…

Toujours en développement

FreeDOS

FreeDOS

FreeDOS, une alternative libre qui a été créée en 1994 du fait de l’arrêt du support par Microsoft.

Il est intéressant de voir que la version stable (1.0) de FreeDOS, sortie en 2006, a mis douze ans à arriver, chose rare dans le développement logiciel mais qui s’explique aisément par les faibles moyens à disposition. Il a fallu aux développeurs une bonne dose de ténacité pour ne pas abandonner.

FreeDOS est souvent comparé à ReactOS, qui vise à être une alternative libre à Microsoft Windows ; il peut aussi être comparé à Haiku, clone de BeOS compatible avec celui‐ci.

DOSBox

DOSBox

DOSBox est un émulateur simulant un environnement compatible MS-DOS dans le but d’exécuter notamment des jeux vidéo développés autrefois pour ce système. Il est aussi possible de l’utiliser pour lancer tout type de logiciels. Ce projet est toujours dynamique et permet d’accéder à la culture du jeu vidéo sur PC de la fin des années 80 et du début des années 90, sans avoir à dénicher une vieille machine compatible. Bien que DOSBox soit capable de faire tourner FreeDOS, il fournit sa propre implémentation et son propre interpréteur de commandes DOS.

DOSBox permet aux particuliers d’exécuter leurs vielles applications et vieux jeux DOS, mais il permet également à des sociétés de redistribuer leurs anciens jeux pour de nouveaux systèmes en empaquetant DOSBox avec leurs jeux, de très nombreux titres ont été distribués officiellement ainsi.

Projets abandonnés

PC-MOS/386

PC-MOS/386 était un système d’exploitation compatible DOS multi‐utilisateur et multi‐tâche développé par une entreprise américaine du nom de The Software Link et qui fut distribué pour la première fois en 1987, et fut libéré en 2017 sous licence GPL v3. Comme son nom l’indique, PC-MOS/386 visait les processeurs i386 qui ont une architecture bien plus récente que celles prises en charges par les premières versions de DOS dont nous parlons dans cet article. La dernière version de PC-MOS/386, la version 5.01, était compatible avec MS-DOS 5 et requiert une MMU (unité de gestion mémoire) ce qui la rend de fait incompatible avec les processeurs 8086. Pour le cas d’un processeur 80286, il était cependant possible d’installer une extension matérielle entre le processeur et son support (socket) pour rendre l’ordinateur compatible avec le système.

CP/M

Ce n’est pas tout à fait DOS, mais étant donné le lien étroit entre DOS et CP/M, il serait dommage de ne pas le citer. Le code source de CP/M a été libéré en 2001 par l’ayant droit du moment (l’entreprise Lineo). Le code source peut être retrouvé sur le site du Computer History Museum et sur le site de passionnés The Unofficial CP/M Web Site. Toutes les versions ne sont pas disponibles (1.1, 1.3, 1.4 et 2.0 sont incluses) et certaines sont incomplètes. Certaines parties ont été obtenues par désassemblage. Initialement, CP/M était surtout programmé en langage PL/M et fut réécrit en assembleur. Sont disponibles également des numérisations de listings originaux. Selon l’article Wikipédia anglophone, le code serait couvert par une licence similaire aux licences BSD.

DOSEMU

Un peu comme DOSBox, DOSEMU visait à permettre d’exécuter des applications DOS sous GNU/Linux. DOSEMU réalisait ceci en fournissant une couche de compatibilité pour un véritable système d’exploitation comme FreeDOS. Bien que pleinement fonctionnel et toujours disponible dans certaines distributions GNU/Linux aujourd’hui, le développement semble s’être arrêté en 2012.

Cette libération peut‐elle profiter au projet FreeDOS ?

Pas directement, le code libéré (version 1.25 et 2.0) est entièrement écrit en assembleur alors que FreeDOS combine du code C et de l’assembleur. Cependant cela évite la rétro‐ingénierie pour comprendre le fonctionnement… Sauf que c’est un peu trop tard : le projet FreeDOS a déjà un peu désossé tout DOS pour en comprendre le comportement. Le code source permet cependant de vérifier que cela a été fait correctement. De plus, FreeDOS ayant pour objectif d’être compatible mais pas de refaire forcément à l’identique, s’il peut faire mieux que MS-DOS, il le fera.

Quel intérêt y trouver ?

L’intérêt académique

L’intérêt académique se situe à la fois sur le plan de la recherche et le plan de l’enseignement. Cela permet aux élèves d’étudier et comprendre comment fonctionnaient les premiers systèmes d’exploitation et donc de mieux appréhender les nouveaux. Cela peut constituer une première étape d’apprentissage de par la relative simplicité de ces systèmes. Il existe aussi d’autres solutions comme Minix, mais un système comme MS-DOS constitue aussi un cas d’école des avantages et faiblesses de ce type de système.

L’intérêt historique / archivistique

L’intérêt historique / archivistique réside dans le fait de pouvoir aisément présenter et manipuler un système ancien sans avoir à entretenir un matériel délicat dont les pièces seraient de plus en plus difficiles à trouver. Cela apporte une stabilité qui dépend moins de l’environnement. On peut comparer cet intérêt avec celui de savoir reproduire un objet du Moyen‐Âge pour explorer son usage sans avoir à utiliser l’original et le mettre en danger.

L’intérêt sécuritaire

L’intérêt sécuritaire est sans doute l’intérêt le plus susceptible de motiver un travail, voire un travail rémunéré (même si cela devient rare et minoritaire car très spécialisé). Outre les passionnés qui ont besoin d’une machine sans trop de failles de sécurité (et stable) pour jouer, il y a encore bien des organisations (de grosses sociétés ou des états) qui ont de très vieux logiciels souvent critiques qui tournent toujours. Parfois les spécifications sont perdues et il est donc bien plus économique de les faire durer ainsi. L’entreprise Microsoft elle‐même a déjà été réduite à modifier un ancien exécutable pour corriger un problème de sécurité… Modification opérée directement sur le binaire, donc sans recompilation depuis le source. Il existe donc nombre de composants qu’il faut « conserver ainsi », parfois même chez les éditeurs de ces composants…

L’intérêt pratique

L’intérêt pratique est donc minime et ne vaut pas le travail qu’il demande. Ce qui motive avant tout c’est la passion de l’informatique. La passion de faire revivre un système d’exploitation qui a connu son heure de gloire. C’est un peu comme rouler avec une voiture de collection : c’est inconfortable mais cela évoque un autre monde qui, avec le temps, est enchanté…

Nous pouvons comparer cela, dans un autre contexte, au langage de programmation Cobol crée en 1959. Parce qu’il a toujours été confidentiel et réservé à des clients fortunés, aucune communauté de passionnés ne l’avait adapté à du matériel moderne. C’est seulement très récemment qu’ont été développées des alternatives à base de logiciels libres pseudo‐compatibles pour faire tourner les logiciels Cobol sur des systèmes GNU/Linux plus accessibles financièrement. Mais en attendant, les banques ont dû dépenser des sommes considérables pour maintenir ces logiciels en fonction…

Se pose une dernière question : quels outils pour compiler assembler ?

Aller plus loin

  • # Nostalgie

    Posté par . Évalué à 4 (+1/-0). Dernière modification le 07/08/19 à 05:10.

    Aaah, mon Amstrad 1512, double lecteur de disquettes 5´25 double face pour épater la galerie!

    Et le couple DR-DOS et GEM, il est liberé?

    • [^] # Re: Nostalgie

      Posté par (page perso) . Évalué à 9 (+7/-0).

      DR-DOS et Digital Research GEM n’ont pas été libéré, mais tu trouveras ton bonheur en installant OpenGEM sur FreeDOS. ;-)

      OpenGEM

      copie d’écran d’OpenGEM provenant du site officiel

      J’ai déjà installé les deux sur du vrai matos (un vieil IBM Thinkpad =D), et ça marche. :-)

      ce commentaire est sous licence cc by 4 et précédentes

      • [^] # Re: Nostalgie

        Posté par (page perso) . Évalué à 4 (+2/-0).

        Alors, DR-DOS est devenu Caldera OpenDOS qui a été publié mais avec une license incompatible avec la plupart des autres licenses libres (d'après https://archive.org/details/opendos701)

        Et FreeGEM/OpenGEM est également directement issu des sources du GEM original publiées également par Caldera.

        Donc oui, DR-DOS et GEM ont été libérés bien avant le DOS de Microsoft et les projets sont toujours un peu vivants. Surtout pour GEM, car il y a aussi pas mal d'activité sur les machines compatibles Atari ST "modernes" avec des versions gérant les couleurs 32bit, etc. La version DOS de GEM reste assez simpliste en comparaison.

        • [^] # Re: Nostalgie

          Posté par (page perso) . Évalué à 5 (+3/-0). Dernière modification le 07/08/19 à 10:38.

          Oui, je parle d’OpenDOS dans les modifications que je soumets aux modérateurs (avec notamment un lien vers cette annonce officielle et historique de Caldera) :-)

          Il y avait une clause non-commerciale, ce n’est donc pas considéré comme libre, et certaines parties (développées par des tiers) n’avaient pas leurs sources publiées :

          Individuals can use OpenDOS source for personal use at no cost. Individuals and organizations desiring to commercially redistribute Caldera OpenDOS must acquire a license with an associated small fee. Source code for proprietary third-party components of Novell DOS 7 will not be published.

          Ce passage de la page d’archive.org que tu cites me fait rire :

          The source was then closed again as Gross felt this would undermine the commercial aspirations of the system.

          On parle bien d’OpenDOS après 1997, en gros à l’époque de Windows 98…

          ce commentaire est sous licence cc by 4 et précédentes

  • # merci pour le coup de pied au derrière :-)

    Posté par (page perso) . Évalué à 10 (+9/-0). Dernière modification le 07/08/19 à 05:54.

    Bon, j’ai eu une année hyper chronophage… et je n’ai pas vraiment pu rédiger l’article comme je le voulais. Vous avez bien fait de le publier maintenant, ça aurait été dommage de le publier en septembre. :D

    Ce qui tombe bien c’est que je suis en congé depuis cette semaine… et que j’ai enfin trouvé le temps de rédiger ce que je voulais mettre dans cet article ! Pour le texte qui était déjà existant (sincère merci aux contributeurs !) j’ai aussi corrigé des formulations un peu bancales comme « La question qui se pose, est pourquoi […] » → « La question qui se pose est : pourquoi […] ». J’ai essayé d’intégrer les modifications apportées par les modérateurs après publication.

    Vous trouverez le source de mes corrections et ajouts ici.

    Il y a un point très problématique dans la dépêche, la phrase « Citons le cas connu de Haiku, clone de BeOS qui a été en partie financé par Jean‐Louis Gassée ». Je n’ai jamais entendu dire que Jean-Louis Gassée ait donné de l’argent à Haiku, à moins que la phrase signifie que BeOS a été initialement financé par Jean-Louis Gassée (ce qui n’est alors pas intéressant dans la dépêche). Je serais très heureux d’apprendre que Jean-Louis Gassée mettait la main au porte-feuille pour aider Haiku, mais d’une je n’en ai jamais entendu parler, de deux cela semble un peu contradictoire avec les propos qu’il a tenu en février ou il supposait publiquement qu’Haiku soit un « bootleg », c’est à dire une « copie pirate » : « Today, a (possibly bootleg) version of BeOS circulates as Haiku OS. ». Il est intéressant de noter que s’il a fait une mise à jour de son article pour présenter ses excuses, il n’a pas retiré le mot de bootleg et dit que « it now appears my "possibly bootleg" comment just above might have been misguided. » : ce qui signifie que considérer Haiku comme une possible copie pirate est serait elle-même possiblement une erreur, et n’est pas affirmatif à ce sujet. Ce faisant il fait bien attention à garder ouverte la porte qui mène à l’accusation de copie pirate. C’est pourquoi je serai très heureux de savoir qu’il a pu aidé financièrement le projet Haiku, mais en attendant, j’ai vraiment besoin que cette phrase soit retirée de l’article car je ne veux pas voir mon nom associée à une affirmation que je ne peux pas soutenir. Je ne veux pas qu’on puisse dire « Thomas a dit que […] ».

    Dans tous les cas, ma modification de l’article a complètement repris l’évocation d’Haiku et la citation de Jean-Louis Gassée n’est plus nécessaire dans ce cas. ;-)

    En tout cas, merci pour le coup de pied au derrière, et si vous pouvez fusionner avec mes modifications qui étaient en attente, ce serait extra ! :-)

    ce commentaire est sous licence cc by 4 et précédentes

    • [^] # Re: merci pour le coup de pied au derrière :-)

      Posté par (page perso) . Évalué à 4 (+2/-0).

      En tant que développeur de Haiku, je ne suis pas au courant de ça non plus.

      On a récupéré des bouts de code source de BeOS (le Tracker et la Deskbar) qui avaient été publié sous licence libre à la toute fin de Be. Mais jamais de financements.

      Pour son commentaire sur le fait que Haiku serait une version "bootleg" de BeOS, il s'agit probablement d'une confusion avec Zeta, qui lui utilisait les sources de BeOS dans des conditions contractuelles peu claires (ça rappelle un peu ce qui s'est passé également avec RiscOS).

    • [^] # Re: merci pour le coup de pied au derrière :-)

      Posté par (page perso) . Évalué à 3 (+0/-0).

      Il y a un point très problématique dans la dépêche, la phrase « Citons le cas connu de Haiku, clone de BeOS qui a été en partie financé par Jean‐Louis Gassée ».

      Je viens de mettre la phrase en mode interrogatif et entre parenthèses. Ainsi on n'affirme rien et les commentaires sont cohérents avec le texte.

    • [^] # Re: merci pour le coup de pied au derrière :-)

      Posté par (page perso) . Évalué à 3 (+1/-0).

      C'est presque fait : ta réécriture remplace le texte publié hier, je vais maintenant tâcher de fusionner sans rien oublier.

      "La liberté est à l'homme ce que les ailes sont à l'oiseau" Jean-Pierre Rosnay

  • # Plus jamais ça ...

    Posté par . Évalué à 10 (+10/-2). Dernière modification le 07/08/19 à 11:59.

    Noooonn rien de riennnnnn, Je ne regrette rien … (Edith Piaf)

    … et surtout pas MS-DOS ou Windows NT

    Cette époque est derrière nous, il s'agit de "truc" historique à ranger dans un musée, qui représente une époque heureusement révolue.

    M$ peut libérer les sources, ce truc a quand même amputé de quelques points de QI les cerveaux d'une génération comme Hèlène et les garçons, les power rangers et la téléréalité (de nos jours c'est twitter facebook à titre de comparaison …)

    Pour avoir bosser avec MS-DOS / Windows 3.1 / les ports séries / parallèles / les "compatibles PC" / ces p….. de prise BNC autoshunt murales que l'on réparait à coup de tatanes.

    non sans façon … plus jamais ça et vive Linux le RJ45 les switchs Les ports USB …

    N'empêche que, il faut quand même en reparler de temps en temps pour éviter que l'on refasse les mêmes erreurs, comme le Mode WAP, NT4 ou Internet Explorer …

    QUESTION : le mois aout tous les jours c'est Dredi non ?

    • [^] # Re: Plus jamais ça ...

      Posté par . Évalué à 4 (+4/-1). Dernière modification le 08/08/19 à 11:27.

      Personnellement j'aimais bien Windows 3.11. Mais je comprends pas, pourquoi ils libèrent se genre de vieillerie, à part pour raconter des histoires du genre "Microsoft contribue au monde libre". S'ils voulaient faire quelque chose d'utile, qu'ils libèrent le code NT4 ou de Windows XP. Ça reste du vieux mais au moins ça servirait.

      • [^] # Re: Plus jamais ça ...

        Posté par (page perso) . Évalué à 2 (+3/-3).

        Surtout qu'XP ça a tout de même été un bon OS bien robuste.

        OS préféré Mageia 6 et Mageia 7, CMS préféré SPIP, suite bureautique préférée LibreOffice, logiciel de dessin préféré Inkscape.

        • [^] # Re: Plus jamais ça ...

          Posté par . Évalué à 4 (+3/-1).

          C'est marrant mais "robuste" c'est pas le premier qualificatif qui me vient à l'esprit

          Bon dans le microcosme Windows … OK peut être

          • [^] # Re: Plus jamais ça ...

            Posté par (page perso) . Évalué à 3 (+3/-1).

            La Traban des OS.
            C'est éprouvé, prévisible. Pour peu de dénicher les bonnes pièces, ça fonctionne encore aujourd'hui.
            T'en voudrais juste pas une nouvelle ;).

          • [^] # Re: Plus jamais ça ...

            Posté par (page perso) . Évalué à 4 (+2/-0).

            Windows XP faisait suite à Windows Millenium. Forcément c'est plus facile d'avoir l'air stable quand tu sors après ce flop dantesque…

            • [^] # Re: Plus jamais ça ...

              Posté par (page perso) . Évalué à 3 (+1/-0).

              cépafaux !

              Cela dit, il est resté longtemps bien implanté. D'un point de vue ergonomique, c'était plutôt une réussite de mon point de vue.

              OS préféré Mageia 6 et Mageia 7, CMS préféré SPIP, suite bureautique préférée LibreOffice, logiciel de dessin préféré Inkscape.

              • [^] # Re: Plus jamais ça ...

                Posté par . Évalué à 1 (+0/-1).

                Ah la force de l'habitude …

                L'être humain a cette faculté de s'habituer à tout, puis au bout du compte il est persuadé que c'est une bonne chose même pour des choses contre productive et absolument en dehors de toute logique.

                Et surtout ne pas renier ses premiers pas …

                A mon avis ce qui perdra l'humanité et notre civilisation c'est la perte de son sens critique.

                Tout le monde sait que le premier arrivé gagne et c'est d'autant plus vrai en informatique.

                vous ne me croyez pas …

                Recherchez "réponse gm microsoft"

                Puis après visionnez "The Great Hack" sur NetFlix

                Et le pire c'est que je ne vois même pas comment on peut s'en sortir …

        • [^] # Re: Plus jamais ça ...

          Posté par . Évalué à 3 (+1/-0).

          Pas avant le SP1. À l'époque, Windows 2000 lui était largement préféré.

          Et encore, par la suite il était pas très robuste face aux virus de l'époque, d'où le SP2 qui chamboula absolument tout.

          "Quand certains râlent contre systemd, d'autres s'attaquent aux vrais problèmes." (merci Sinma !)

      • [^] # Re: Plus jamais ça ...

        Posté par . Évalué à 6 (+4/-0).

        Je comprends tout à fait que l'on ne peut renier ses premiers amours, surtout en informatique.

        Mais à l'époque, dans les années 1990, W311 n'était pas la panacée (comme la plupart des windows d'ailleurs)
        par contre, commercialement très présent, il était l'extension graphique de MSDOS présent par défaut sur tout les compatibles PC.

        Windows a toujours été une réussite commerciale, mais pas technique.
        Par contre il faut reconnaître à M$ d'être capable de rattraper très vite son retard.

        La comparaison de W311 (même des PC sous DOS) avec les atari et amiga de l'époque (pour ne citer qu'eux)
        était ridicule sur tout les niveaux Graphique / Son / prix et sans même parler du fait que le Workbench de l'amiga était réellement multi tache.

        • [^] # Re: Plus jamais ça ...

          Posté par . Évalué à 2 (+3/-2).

          Je ne prendrais pas la déférence de Windows 3, mais ça faisait le job, et on voyait bien le grand fossé qui le séparait de la version 2 qui graphiquement était horrible. Après c'est sûr que si on compare avec la concurrence Windows n'a jamais été au dessus et encore moins actuellement.

      • [^] # Re: Plus jamais ça ...

        Posté par (page perso) . Évalué à 4 (+2/-0).

        Probablement parce que les versions plus récentes utilisent du code développé par d'autres entreprises, sur lequel ils ne peuvent pas aussi facilement changer la license, et aussi parce qu'il n'y a probablement pas un dépôt git avec les sources de tout Windows XP.

        Déjà pour MS-DOS 6.22, la seule différence avec la version 6.20 est le remplacement de l'outil de compression de disques, drivespace remplace un autre outil pour lequel Microsoft n'avait qu'une license temporaire. C'est aussi la raison pour laquelle HyperTerminal n'est plus fourni avec Windows aujourd'hui.

        Mais ils ont déjà libéré des choses plus récentes: le winfile.exe de Windows 3.11 qui apparament était toujours utilisé et maintenu par un développeur en interne, la calculatrice de windows 10, …

        Ça arrive tout doucement et par petits morceaux.

        • [^] # Re: Plus jamais ça ...

          Posté par . Évalué à 2 (+2/-2).

          Ça arrive tout doucement et par petits morceaux.

          Perso je trouve que c'est une bonne définition pour les produits Microsofts au début c'est beau tout neuf et puis ils se désagrégent …

          Au mois d'aout c'est Dredi tout les jours

  • # Zilog 280 ?

    Posté par . Évalué à 3 (+2/-0). Dernière modification le 08/08/19 à 17:40.

    CP/M était conçu pour les processeurs Intel 8080 / Zilog 280

    Le zilog Z80 plutot, non ? (à moins que zilog ai aussi eu un 280 dont je n'ai pas eu connaissance ?)

    J'ai toujours un 6128 fonctionnel avec ses disquettes de CP/M (complètement inutile sur cette machine, ceci-dit, mais ça marche). Il servait surtout de bootstrap pour certain jeux/soft avec la commande |CPM ou ùCPM sur les azerty.

    • [^] # Re: Zilog 280 ?

      Posté par (page perso) . Évalué à 4 (+1/-0).

      Corrigé, merci.

    • [^] # Re: Zilog 280 ?

      Posté par . Évalué à 1 (+0/-0).

      J'ai toujours un 6128 fonctionnel avec ses disquettes de CP/M (complètement inutile sur cette machine, ceci-dit, mais ça marche).

      Mmh au moins pour formater tes disquettes si tu n'as pas un soft comme Discology. Bon, il est aussi possible de formatter depuis un PC, c'est vrai.

  • # Dosemu est mort, vive Dosemu 2 !

    Posté par . Évalué à 3 (+3/-0).

    Bonjour à tous,

    si Dosemu n'est plus actif, il y a maintenant Dosemu 2 !

    dosemu2 is a virtual machine that allows you to run DOS programs under linux. It was started as an attempt to re-incarnate the famous dosemu project under GPLv2+ license (dosemu1 license is controversial), but have grown into an entirely new project with different ideas, goals and code. Also it has a much wider scope than dosemu1 had: instead of just being a virtual machine, we also develop our own 64-bit DOS.

  • # DOSBox c'est pour les jeux, pas autre chose (dixit les développeurs)

    Posté par . Évalué à 6 (+4/-0).

    DOSBox est un émulateur simulant un environnement compatible MS-DOS dans le but d’exécuter notamment des jeux vidéo développés autrefois pour ce système. Il est aussi possible de l’utiliser pour lancer tout type de logiciels.

    DOSBox est spécialisé dans les jeux DOS. Il peut faire fonctionner plein d'applications, car de fait faire fonctionner les jeux c'est le cas le plus difficile. Qui peut le plus, peut le moins.

    MAIS… Ce n'est pas son but ! Et les développeurs ne prennent pas en charge l'usage de DOSBox pour autre chose que des jeux, et refusent tout patch allant dans ce sens.

    Sur les forums VOGONS, la couleur est donnée :
    DOSBox IS NOT SUITED TO RUN YOUR NON-GAMING DOS APPLICATION

    Et puis bon, en vrac, pour les applications 'normales' c'est pas la joie DOSBox :

    • Le coeur de l'émulation triche avec des techniques d'émulation HLE pour aller vite… Et ça peut faire des chocapics sur votre machine-outil de 1986…
    • Pas de support du copier/coller
    • Pas d'intégration avec le gestionnaire de fenêtre (c'est une VM, même si ça utilise du HLE)
    • Pas de support du réseau (y'a une émulation IPX over UDP et une émulation nullmodem, mais ça ne marche que pour les jeux DOS. Dans Windows 3.11 par exemple, ce n'est pas détecté. À moins d'utiliser un patch tierce partie jamais intégré pour émuler une NE2000)
    • Pas de support pour les imprimantes (il existe un patch tierce partie jamais intégré non plus. Et pour cause : pour les jeux, ça n'a aucun intérêt)

    Si on veut absolument utiliser un émulateur/hyperviseur pour son application MS-DOS 'sérieuse', il faut mieux se tourner vers autre chose (VirtualBox, peut-être).

    À noter que les versions 32 bit de Windows prennent toujours en charge les applications DOS et Win16 grâce à NTVDM et au sous-système Windows-on-Windows.

    Sous Windows 64 bit, le seul sous-système Windows-on-Windows qui existe est pour le support des applications Win32.

    "Quand certains râlent contre systemd, d'autres s'attaquent aux vrais problèmes." (merci Sinma !)

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