maintenant ils me forcent la main pour faire du prélèvement automatique
Je ne sais pas ce que tu appelles "forcer la main", mais c'est légitime de te facturer des frais de gestion (pareil que si tu payes en chèque), ou bien de résilier ton contrat, si ton cas les oblige à intervenir manuellement.
Bah non, justement, jusqu'à preuve du contraire, le genre d'un substantif est lié à ce substantif, et pas au sexe de la personne correpondante. On dit "une sage-femme" comme on dit "une voiture". On peut donc dire "il est sage-femme", mais il faudrait aussi dire "il est une sage-femme", ce qui est très bizarre, non? C'est comme "Madame le ministre".
De toutes manières, cette pureté grammaticale ne tient pas vraiment. "Madame le ministre est tombé(e) dans l'escalier"? "Le ministre est tombée dans l'escalier"? C'est pourtant le sujet, "le ministre". Ça n'est pas non plus un hasard si, par exemple, tous les animaux sont genrés dans le bon sens : "le cerf" et "la biche", "le chien" et "la chienne", "le verrat" et "la truie", etc. C'est parce que c'est naturel. La preuve, quand il y a un hic ("la chouette"), c'est le bordel : "la chouette est perchée dans l'arbre", "la chouette mâle est…" "le mâle de la chouette est perché dans l'arbre". Donc plus j'y pense et moins je suis d'accord avec l'idée qu'il est acceptable de ne pas sexer les métiers, ça rend les phrases grammaticalement très complexes, on voit bien qu'il y a un pépin.
La meilleure idée, c'est juste de comprendre que le genre grammatical est censé être une pure propriété formelle.
Ouais, mais le problème c'est que les exceptions existent déja, typiquement sur la féministation des métiers. On dit "une directrice", "une institutrice", "une factrice", etc. Dire "L'instituteur du petit dernier est une femme", ça semble être une faute de français. Est-ce qu'on peut rester dans cet espèce d'entre-deux, où cohabitent des formes lexicalisées usitées ("présidente", "infirmière", "assistante", "avocate"), des formes lexicalisées non-usitées ("doctoresse", "mairesse"), des formes neutres ("géographe", "économiste", "ministre", "pilote"), des formes non-lexicalisées évidentes ("milicienne", "électricienne", "éboueuse"?), et des formes dégueulassoïdes non-lexicalisées et délirantes ("un sage-femme" ("maïeuticien" me semble bien plus élégant), "une autrice" ("auteuse"? Beeerk), "une pompière", "une major/majore/majorette?"), et des cas où il est virtuellement impossible de trouver une solution ("une marin-pompière?" "une maréchale-ferrante", "une grande officière de la légion d'honneur"?).
Le problème de fond existe donc, si on dit "une boulangère" et "une couturière" et pas "une cheffesse de service", c'est pour la seule raison que pendant longtemps certaines professions n'étaient pas accessibles aux femmes et qu'on n'avait pas besoin du mot. Du coup, c'est un peu facile de se cacher derrière l'argument du mot qui n'existe pas en français, parce que le problème, c'est justement que le mot n'existe pas.
Ceci était dit, autant je peux discuter sur la féminisation des métiers, autant cette dégueulasserie avec les points… C'est pas du vocabulaire, c'est de la grammaire. Foutre des pseudo-regexp illisibles et imprononçables dans les mots, ça ne peut pas constituer une solution. La solution, c'est surtout que quand on dit "chers collègues", les femmes n'ont aucune raison de se sentir exclues. Si elles se sentent exclues, c'est un problème de société, pas un problème de langue.
Sur le fond, je pense qu'il disait qu'il fallait cumuler l'indemnité de licenciement et le chômage pour vivre à revenu constant, donc si tu es indemnisé à hauteur d'un mois de salaire, tu peux vivre environ 3 mois à revenu constant. Ensuite, tu seras au niveau de l'indemnité chômage. De toutes manières, il me semble compliqué de comparer les périodes travaillées et les périodes chômées, parce que ce n'est pas du tout le même contexte ; d'un côté tu as besoin de moins de revenus quand tu es chez toi (pas besoin de nounou, pas de frais réels…), mais d'un autre côté, le préjudice social est réel (et c'est lui, et lui seul, qui est indemnisé).
De toutes manières, c'est très clair, on est en train de passer vers un système où un licenciement n'est plus considéré comme un évènement exceptionnel, et où la responsabilité de l'ex-employeur est limitée. On va vers ça dans tous les domaines de la société ; le droit du divorce a récemment évolué d'une manière analogue (par exemple, le droit d'un conjoin qui ne travaillait pas à maintenir un train de vie élevé n'est pas automatique). Tu le fais larguer, tu te retrouves sans ressources, tu as le droit à un petit quelque chose pour te retourner, mais après tu te démerdes ; ton ex-conjoint n'est pas responsable du fait que tu n'arrives pas à te recaser. Bah du coup, c'est pareil pour le taf.
Du coup, mon interrogation suivante est : caca dans les yeux, naïveté, bisounoursie aigüe, …
Quelqu'un qui n'est pas d'accord avec toi est forcément idiot. C'est super constructif.
Il y a des failles dans le raisonnement libéral, mais attaque-les directement au lieu d'insulter les gens qui ne partagent pas ton opinion.
Mais visiblement, pour un votant, ce n'est pas intéressant que d'essayer de comprendre pourquoi de moins en moins de gens vont voter. C'est triste.
C'est logique, plutôt, non? Plus il y a d'abstentionnistes, et plus les votants ont de poids. A priori, ils n'ont aucun intérêt d'inciter les autres à voter.
Je suis moyennement convaincu. Je suis presque sûr que soit cela ne changerait rien (on aurait des candidats comme aujourd'hui) soit une situation bloquée où c'est toujours le vote blanc qui bloque tout.
Ah bah non, quand même, le seul intérêt de compter les votes blancs serait d'interdire aux candidats précédents de se représenter. Du coup, tu n'aurais pas les mêmes candidats, même s'ils viennent du même parti. Mais bon, la mise en place de primaires rend tout ceci peu intéressant, puisqu'à l'issue d'une primaire, c'est le candidat le plus populaire qui se présente (et pas le vainqueur d'un jeu politique interne).
On avait je crois 11 candidats au premier tour
La mauvaise foi n'a aucune limite, donc ça ne vaut pas le coup de chercher à discuter. Son point de vue tourne autour de l'idée que les abstentionnistes ont quelque chose à dire (ce qui reste à prouver) et que leurs opinions diffèrent du reste de la population (ce qui reste aussi à prouver). Tout le reste n'est que pure spéculation. Même l'idée que les abstentionnistes sont contre la démocratie représentative ne fonctionne pas, puisque certains candidats avaient centré leur programme sur des changements de constitution qui allaient dans ce sens. Non, franchement, autant ne pas se prendre la tête, on a le droit de s'abstenir pour de multiples raisons, on a le droit de justifier son abstention par n'importe quel raisonnement, mais dans tous les cas c'est illégitime d'essayer de faire dire quoi que ce soit aux abstentionnistes (et, franchement, je pense que c'est inutile d'aller disséquer leurs arguments, qui, pour la plupart, n'ont aucun intérêt et sont tout à fait illogiques).
Tant mieux pour ceux qui vont voter, ça donne plus de poids à leur bulletin.
Le chômage, c'est une assurance, ça ne réduit pas le préjudice. Autrement, ça voudrait dire que je te porte pas préjudice si je te crame ta voiture, sous prétexte que tu es assuré? Allons allons, la discussion peut voler un peu plus haut que ça…
De toutes manières, la discussion sur les abstentionnistes est très rhétorique, puisque par définition on ne peut pas leur attribuer un vote. Ceci dit, aussi surprenant que ça puisse paraitre, à chaque fois qu'une étude a été faite en demandant ce que les abstentionnistes auraient voté si on les avait forcé à le faire, on retombe à peu près sur les proportions des votants. Le raisonnement qui consiste à dire que les abstentionnistes auraient voté plus pour X ou pour Y, c'est de la communication de parti politique, ça ne correspond absolument pas à la réalité.
La loi de l'offre et de la demande, c'est quelque chose de simple, qui permet de comprendre comment les prix et les quantités sont fixés. Essayer de lui faire dire plus que ça, c'est en effet n'importe quoi.
Produire en petite quantité coûte cher à cause de l'absence d'économies d'échelle, ça n'a rien à voir avec l'offre et la demande. Ça veut simplement dire que quand tu es petit, tu n'es pas compétitif. Et ça, c'est tant pis pour toi, ton activité n'est pas viable, et tu vas couler, parce que la demande de produits moins bons et plus chers est, en théorie, très limitée.
quand même pas besoin d'un bac + 12 pour comprendre ça
Ce qui me semble encore plus facile à comprendre, c'est qu'on ne peut pas vendre un appareil plus cher et moins performant que les concurrents, sauf à avoir une très très bonne raison de le faire. Toute la discussion porte donc autour de l'idée qu'une base partiellement ou complètement libre, c'est une très très bonne raison, ou non.
Personnellement, tous ces projets de téléphone libre, ça ne me semble pas très sérieux. Quel est le business model? La cible doit être aisée (autrement, on ne dépense pas autant dans un téléphone), sensibiliseé au LL et aux problèmes de vie privée, pas trop geek-matériel (parce que le matos n'est pas au niveau), très geek-logiciel (parce qu'il va y avoir des bugs et un catalogue d'applications vide), pas intéressée par l'économie et la pérénité de la chose (parce que bon, sans business model, dans 6 mois ça aura coulé)… Tout ça me semble complètement paradoxal ; les gens qui connaissent un peu l'affaire et qui attendent depuis des années des appareils libres savent que le développement associé est super casse-gueule, et que des grandes boites du logiciel libre (Mozilla, Ubuntu…) s'y sont cassées les dents.
On pourrait imaginer un business model basé sur la sécurité : on vend des portables pas très performants, mais complètement sécurisés (la cible pourrait être des entreprises, etc). On pourrait aussi avoir une cible différente des "gros", avec des portables d'entrée de gamme, qui permettent quelques fonctions de base sans pour autant permettre d'installer des jeux (et ça permettrait d'éviter de parler de la taille du catalogue d'applications…).
principe même de l'offre et la demande
Le principe de l'offre et de la demande, pour moi, ça veut dire qu'on peut vendre plus cher quelque chose qui est très demandé, et on doit baisser les prix quand on n'a pas de clients. Bref, exactement le contraire de ce que tu suggères.
ils ont pas le volume de samsung ou bien de apple
On reproche souvent à Apple leurs marges considérables. C'est pas un peu paradoxal d'expliquer qu'on ne peut pas s'aligner sur leurs prix à cause des coûts de production?
De toutes manières, à mon avis, l'argument est peu vendeur. L'épicerie du coin de la rue est plus chère que le supermarché, mais on y va parce que c'est pratique, que c'est ouvert plus tard le soir, etc ; bref, le consommateur n'a pas besoin de la raison pour laquelle le prix est plus élevé, il a besoin d'une raison pour accepter de payer plus cher. Ici, la seule raison, c'est le libre, et c'est le seul argument pertinent. On pourrait éventuellement invoquer des usines dont les employés sont mieux traités que les enfants chinois des usines d'Apple, par exemple, ça pourrait être un argument. Mais quelque chose comme «mes concurrents sont mieux organisés que moi et arrivent à des coûts de production inférieurs, ce qui leur permet de vendre moins cher que moi tout en ayant des meilleures marges», ça donne presque envie d'aller voir ailleurs, non?
C'est une exception, mais elle est explicitement autorisée.
CPI article 122-5:
Lorsque l'oeuvre a été divulguée, l'auteur ne peut interdire :
[…]
Les copies ou reproductions réalisées à partir d'une source licite et strictement réservées à l'usage privé du copiste […]
Note la finesse avec laquelle sont formulées les exceptions: «l'auteur ne peut interdire». Ça date d'une époque où on savait écrire des lois qui traversent les décennies. Quand on compare avec, par exemple puisqu'on en parle, l'article 331-5 sur les mesures techniques (un gloubiboulga incompréhensible et jargonnant)…
il suffit alors de révoquer la clef correspondante
Que d'efforts pour pas grand chose… Dans un monde dominé par Apple où il n'existe que 3 modèles de smartphone et 2 portables, pourquoi pas… Mais dans le monde réel, il faudrait que toutes les combinaisons possibles de matériel, du bas niveau aux périphériques, soient certifiées? Tout ça pour empêcher les copies numériques, ce qui va reporter le problème sur des captures analogiques de très bonne qualité? Pour l'audio par exemple, j'imagine qu'il est quasiment impossible de distinguer une copie numérique d'une copie analogique. Jusqu'à preuve du contraire, les yeux et les oreilles ne pourront pas intégrer de DRM, et il faudra bien, d'une manière où d'une autre, passer par là pour qu'on puisse écouter de la musique…
Sauf que je ne comprends pas comment le W3C est en droit de prétendre quoi que ce soit sur la légalité du reverse-engineering. Jusqu'à preuve du contraire, c'est quand même les parlements nationaux qui décident de ce qui est légal ou non…
Sur le fond, ça me semble quand même un désaccord plutôt mineur, et sans réel intérêt (puisqu'en pratique, il est évident que le code sera audité. C'est juste la publication du résultat des audits qui est problématique).
Personnellement, j'avoue ne jamais avoir compris comment on pouvait concevoir des DRM efficaces pour empêcher la copie sans verouiller la totalité du système, du BIOS au moniteur. Si tu veux pomper ton film, tu captures le flux audio ou vidéo après le navigateur, non?
Sauf que le taux de déflation doit être retiré de ce que l'investissement te rapporte. Une économie déflationniste revient à remonter le courant en permanence : l'ensemble de l'économie est plombé par la déflation. Donc au bout d'un moment, jouer l'avocat du diable a une limite. La déflation, c'est un monde où :
* Garder le pognon sous son matelas permet de s'enrichir
* Les salaires baissent tous les ans
* Les robinets du crédit sont fermés
* L'investissement n'est intéressant que pour les projets hyper-rentables (rentabilité supérieure au taux de déflation)
* Les gens ne consomment que les produits de première nécessité
Si c'était seulement avec un argument écologique, au moins on pourrait discuter (mais attention, on ne parle pas de décroissance, mais bien de déflation, ça n'est pas la même chose). Là, ton scénario nous propose simplement une crise économique majeure sans scénario de sortie, avec des revenus du travail qui baissent et des revenus du capital immobilisé qui montent, ça n'est un modèle pour personne (à moins que tu sois nihiliste ou un truc comme ça?).
Tu peux le voir comme ça : le logiciel est l'implémentation d'un algorithme qui est public. Dans ce cas, la publication du code source est moins cruciale que quand l'algorithme n'est pas public. On est libre de ré-implémenter l'algorithme et de vérifier que le code est conforme à la loi. Je trouve que le problème est très différent dans le cas par exemple des logiciels d'admission post-bac, pour lesquels l'algorithme n'est pas public ; dans ce cas, la publication du code source est essentielle.
corriger les ajouts qui sont pas forcément synchro avec la loi
Mouais, attention quand même, le logiciel ne reste qu'une calculatrice sophistiquée, il ne fait pas du tout référence. J'imagine que les erreurs arrivent surtout avec des combinaisons complexes de niches fiscales, ce qui risque de ne poser problème que pour une très petite partie de la population, et probablement assez aisée pour de toutes manières passer par un spécialiste pour remplir des déclarations complexes, qui détecterait rapidement les erreurs éventuelles du logiciel.
Que cela change-t-il avec une monnaie déflationniste ? Rien.
Il y a un moment où il va falloir s'arrêter de discuter, parce que c'est n'importe quoi. Une monnaie déflationniste te donne un avantage à emprunter, même si tu ne fais rien de l'argent, et te donne un désavantage à prêter. Chacun accumule un max de pognon dans son coin et personne n'a intérêt à le faire circuler, c'est absurde.
Dans le monde réel, y a-t-il vraiment besoin de l'accélération liée au crédit ?
Le crédit n'accélère pas l'économie, il crée la croissance en permettant l'investissement. C'est mécanique, si l'investissement te rapporte plus que le taux de ton crédit, tu gagnes du pognon. Ton raisonnement à base de temps, c'est juste parce que tu ne parles pas d'un investissement (quelque chose qui te rapporte de l'argent).
Le bon exemple, ça serait : si j'achète une voiture, je peux avoir un job loin de chez moi qui me rapporte plus que le RSA. Du coup, l'achat d'une voiture est un investissement, et tu as intérêt à l'acheter, même à crédit. Par contre, l'achat d'un canapé n'est pas un investissement, et tu as intérêt à ne pas l'acheter de toutes manières (et encore moins à crédit).
Après, c'est sûr que l'argument de SimCity, c'est un argument massue. Je pense que même les économistes resteraient bouche bée.
Il ne vient pas des dépots, il est créé (et détruit quand remboursé, sauf les interêts).
Il me semble qu'il est créé quand il est dépensé, plutôt. Quand on te prête 1000€, on crédite 1000€ sur ton compte, et tu dois 1000€ à la banque. Dans le cas le plus simple, tu achètes un ordi à 1000€ à un commerçant qui est dans la même banque que toi, et hop, le jeu d'écriture fait que c'est maintenant lui qui a 1000€ sur son compte. Ensuite, c'est tout une chaine de confiance entre banques et particuliers qui se met en place, et qui accepte de dire que de voir 1000€ sur un compte c'est comme si on avait vraiment 1000€. Jusqu'à ce que quelqu'un sorte du système, demande 1000€ en liquide par exemple, et là, la banque doit transformer ces 1000€ en «vrai argent».
Oui, l'OCDE est une officine d'extrême gauche bien connue pour manipuler les chiffres
Les chiffres de l'OCDE sont bons, c'est ton raisonnement qui est faux.
Et toi, tu nous fais tout un raisonnement pour expliquer qu'en payant moins d'impôts, les riches en payent plus (en proportion).
Je fais tout un raisonnement pour prouver que tu as tort de dire que la réforme bénéficie plus aux riches qu'aux pauvres. La réforme bénéficie à tout ceux qui payent des impôts, et proportionnellement plus aux classes moyennes qu'au 10e décile. Le chiffre de 65% est juste, c'est le raisonnement que tu tiens derrière qui est faux.
Le nombre de tranche d'impôts et surtout le taux de la tranche supérieure n'ont pas cessé de baisser depuis des décennies mais tu affirmes sans frémir qu'après cette superbe réforme, l'impôt sera plus redistributif.
La tranche supérieure a augmenté depuis 2004, donc ça n'est pas vrai. Globalement, il n'y a pas d'évolution de la redistribution de l'IR depuis plus de 30 ans. Le taux d'imposition réel diminue pour les très hauts revenus, mais ça n'évolue que très peu.
Qui manipule ?
Quel que soit le point de vue que tu souhaites défendre, tu ne peux pas prétendre avoir raison sur le fond en ayant tort sur la forme. En l'occurrence, si tu décides de baisser l'IR, tu peux baisser les tranches que tu veux, faire ce que tu veux, tu feras toujours gagner plus aux riches qu'aux pauvres. Pour inverser les chiffres bruts (et pas propotionnels au revenu), il faudrait augmenter le taux d'imposition des plus riches. Là, je te l'accorde, c'est une décision politique, mais ça n'était pas l'option retenue par le gouvernement.
Ton raisonnement, ce n'est pas que la réforme fiscale du gouvernement bénéficie aux riches, c'est que toute baisse d'impôts bénéficie aux riches. C'est trivial, non? C'est un programme politique, la redistribution via des hausses d'impôts. C'est juste que ce programme n'est pas très populaire…
Dans cette situation, je te propose le deal suivant : je te prête 100 zorgluf au 31 décembre et tu me rends 100 zorgluf au 1er janvier. Un prêt à un taux d’intérêt nominal de 0%.
Deal ou pas deal ?
Ton exemple sur un jour n'a pas vraiment de sens. Inverse le truc, tu me prêtes 100 le 1er janvier, je te rends 100 le 31 décembre. Tu m'as prếté de quoi acheter 100 carambars, et je te rends de quoi acheter 110 carambars. Pour moi, c'est équivalent à un prêt à 10%. Si j'avais besoin de cet argent, alors ça peut être intéressant pour moi. Si je n'en avais pas besoin, évidemment que non, puisque c'est toujours le cas quand on emprunte de l'argent. Pour toi, l'opération est neutre. Tu es aussi riche à la fin que si tu ne m'avais rien prếté, puisqu'au 31 décembre, tu peux t'acheter 110 carambars dans les deux cas. Tu aurais pu garder ton argent.
Comme tu as une bonne bouille, je te fais un prix d’ami. Je te prête 100 zorgluf au 31 décembre et tu me rends 95 zorgluf au 1er janvier. Taux d’intérêt nominal négatif !
Deal ou pas deal ?
Toujours pareil, inverse les dates, autrement c'est un prêt à 10% journalier. Donc on part toujours sur une déflation à 10%, le premier janvier j'emprunte de quoi acheter 100 carambars, et le 31 décembre je te rends l'équivalent de 104.5 carambars. Mais en plus j'ai de quoi m'acheter 5.5 carambars, j'ai donc gagné 1 carambar dans l'affaire. Donc deal, évidemment! Prête-moi 1 milliard, je les met au chaud, et je te rends moins à la fin de l'année!
Maintenant, de ton point de vue, l'opération est débillissime. Tu me prêtes de quoi m'acheter 100 carambars, et je te rends l'équivalent de 104.5 carambars… Sauf que si tu ne m'avais pas prêté de l'argent, tu aurais maintenant 110 carambars! En me prêtant de l'argent, tu as donc perdu du pouvoir d'achat en carambars.
Donc voila, une monnaie déflationniste, c'est hyper-dangereux, rien ne peux marcher. Le seul comportement rationnel est de ne surtout rien dépenser, et éventuellement de prêter de l'argent à des taux positifs, taux qui va s'additionner au taux de déflation pour le calcul du coût des crédits, ce qui risque de rendre les crédits irremboursables (plus ça va, plus les salaires diminuent, moins on peut rembourser, jusqu'au point de non-retour où au fil des mois la dette augmente malgré les remboursements!!). L'économie est complètement bloquée et l'argent ne circule pas.
C'est sans commune mesure, et surtout, c'est du gâchis intégral ; toute cette puissance de calcul ne sert quasiment à rien et les ressources dépensées auraient pu être utilisées pour quelque chose d'utile.
qui favorisent clairement les détenteurs de capital, c'est-à-dire les patrons.
Arlette Laguiller, sors de ce corps! Sérieusement, on peut se permettre de distinguer les actionnaires et les dirigeants d'entreprises? Autrement c'est du n'importe quoi.
L'OCDE a montré que 46% des baisses d'impôts décidés allaient profiter aux 10% les plus riches de notre pays.
… qui payent beaucoup plus que 46% de l'impôt, donc ils y gagnent moins que les autres! Exemple typique de manipulation de chiffres. Prenons l'impôt sur le revenu, 78% de l'IR est payé par le 10e décile (les 10% les plus riches). Imaginons que l'IR total soit de 100 Mrds. Le 10e décile paye 78 Mrds, les autres déciles (surtout le 9e et le 8e en fait) payent les 22 Mrds qui restent. Tu décides de faire 10 Mrds de baisse, et 64% de ces 10 Mrds (donc 6.4 Mrds) bénéficient au 10e décile. Reste donc 3.6 Mrds pour les déciles suivant. Résultat, le 10 décile paye donc 78-6.4 = 71.6 Mrds d'IR, et les autres déciles 18.4 Mrds ( = 90 Mrds, le compte est bon). Après la réforme, le 10e décile contribue à 71.6/90 = 80% de l'IR. L'impôt est donc devenu plus redistributif, puisque les riches payent en proportion plus que les autres.
Ce n'est pas un hasard, c'est un choix conscient.
Très certainement.
Et ce n'est certainement pas le fruit de discussions entre personnes qui ne sont pas d'accord.
J'imagine que si. C'est juste que ces discussions n'ont probablement pas fait intervenir de démagogues qui font semblant de ne pas savoir compter.
C'est l'exemple parfait de choix idéologique, quasi dogmatique.
Rendre l'impôt plus progressif est en effet idéologique.
On ne peut pas condamner un type de violence sans considérer l'autre type de violence.
Je pense avoir la faiblesse de préférer un type de violence plutôt qu'un autre. Ton truc, ça peut amener à légitimer la violence physique avec un raisonnement de type "deux faux font un vrai", et je n'irais pas dans ce sens.
Sans compter qu'il serait délirant de considérer que la violence sociale a remplacé la violence physique. Il y a un ou deux siècles, non seulement le monde était beaucoup plus violent physiquement, mais il était aussi beaucoup plus violent socialement (pas de droit du travail, esclavage ou servitude, absence totale d'ascenceur social, pas d'égalité devant la loi, etc).
Et puis c'est où la limite pour la violence sociale? Quand tu auditionnes 5 personnes pour un job, 4 devront en chercher un autre, ils vont être déçus et se sentir rejetés. Quand tu te fais draguer, parfois tu vas dire non (enfin, j'imagine), est-ce que le partenaire déçyu ne va pas se sentir socialement violenter? Parfois, il y a des gens qui doivent se faire virer, parce qu'ils picolent, parce qu'ils ne viennent plus au travail, parce que l'usine ferme, parce que ce qu'ils savent faire n'a plus de valeur pour la société. C'est violent, mais pour moi c'est totalement indépendent du code du travail. Tu peux accompagner les changements de la société pour essayer de minimiser les effets délétères de ces changements, mais tu ne peux pas faire de loi qui empêche le monde de changer. Et j'ai l'impression que c'est ce qui est en train de se passer ; un fossé se creuse entre ceux dont l'activité ou les compétences sont valorisables pour la société, et ceux dont les compétences ne sont pas valorisables. Ce n'est pas juste, mais aucune loi miraculeuse ne pourra y remédier. Et dans ce cadre, l'idée que ça ne puisse être que la pénurie de main d'œuvre qui pourra créer les conditions dans lesquelles les salariés seront en position de force pour négocier n'est pas a priori stupide, surtout quand on voit avec quelle facilité il est possible de tourner autour du code du travail pour en éviter les contraintes.
Comme des euros ou des dollars ? Tu trouves quelqu’un pour t’en prêter, et tu lui rends plus tard avec intérêts ?
Ouais, donc du coup, je ne vois comment les banques pourraient disparaitre, puisque c'est exactement ce qu'elles font. Sauf que bon courage pour trouver quelqu'un pour te préter dans une monnaie en déflation constante! Je te prête 100 Bt et tu m'en rends 90 dans 1 an? Quel est mon intérêt de te les prêter?
Qu’est-ce que tu entends par là ?
Je veux dire, le principe de la blockchain (les algos qui permettent la sécurisation d'une information partagée). Il y a quand même un gros travail et une vraie innovation derrière cette technologie.
[^] # Re: OVH
Posté par arnaudus . En réponse au journal Bouygues et IP fixe... qui change (où l'on parle aussi de fake MX). Évalué à 2.
Je ne sais pas ce que tu appelles "forcer la main", mais c'est légitime de te facturer des frais de gestion (pareil que si tu payes en chèque), ou bien de résilier ton contrat, si ton cas les oblige à intervenir manuellement.
[^] # Re: pluriel optionnel
Posté par arnaudus . En réponse au journal Écriture inclusive, comment la France a encore perdu une belle occasion de devenir leade(r|use).. Évalué à -2.
Bah non, justement, jusqu'à preuve du contraire, le genre d'un substantif est lié à ce substantif, et pas au sexe de la personne correpondante. On dit "une sage-femme" comme on dit "une voiture". On peut donc dire "il est sage-femme", mais il faudrait aussi dire "il est une sage-femme", ce qui est très bizarre, non? C'est comme "Madame le ministre".
De toutes manières, cette pureté grammaticale ne tient pas vraiment. "Madame le ministre est tombé(e) dans l'escalier"? "Le ministre est tombée dans l'escalier"? C'est pourtant le sujet, "le ministre". Ça n'est pas non plus un hasard si, par exemple, tous les animaux sont genrés dans le bon sens : "le cerf" et "la biche", "le chien" et "la chienne", "le verrat" et "la truie", etc. C'est parce que c'est naturel. La preuve, quand il y a un hic ("la chouette"), c'est le bordel : "la chouette est perchée dans l'arbre", "la chouette mâle est…" "le mâle de la chouette est perché dans l'arbre". Donc plus j'y pense et moins je suis d'accord avec l'idée qu'il est acceptable de ne pas sexer les métiers, ça rend les phrases grammaticalement très complexes, on voit bien qu'il y a un pépin.
[^] # Re: pluriel optionnel
Posté par arnaudus . En réponse au journal Écriture inclusive, comment la France a encore perdu une belle occasion de devenir leade(r|use).. Évalué à 10.
Ouais, mais le problème c'est que les exceptions existent déja, typiquement sur la féministation des métiers. On dit "une directrice", "une institutrice", "une factrice", etc. Dire "L'instituteur du petit dernier est une femme", ça semble être une faute de français. Est-ce qu'on peut rester dans cet espèce d'entre-deux, où cohabitent des formes lexicalisées usitées ("présidente", "infirmière", "assistante", "avocate"), des formes lexicalisées non-usitées ("doctoresse", "mairesse"), des formes neutres ("géographe", "économiste", "ministre", "pilote"), des formes non-lexicalisées évidentes ("milicienne", "électricienne", "éboueuse"?), et des formes dégueulassoïdes non-lexicalisées et délirantes ("un sage-femme" ("maïeuticien" me semble bien plus élégant), "une autrice" ("auteuse"? Beeerk), "une pompière", "une major/majore/majorette?"), et des cas où il est virtuellement impossible de trouver une solution ("une marin-pompière?" "une maréchale-ferrante", "une grande officière de la légion d'honneur"?).
Le problème de fond existe donc, si on dit "une boulangère" et "une couturière" et pas "une cheffesse de service", c'est pour la seule raison que pendant longtemps certaines professions n'étaient pas accessibles aux femmes et qu'on n'avait pas besoin du mot. Du coup, c'est un peu facile de se cacher derrière l'argument du mot qui n'existe pas en français, parce que le problème, c'est justement que le mot n'existe pas.
Ceci était dit, autant je peux discuter sur la féminisation des métiers, autant cette dégueulasserie avec les points… C'est pas du vocabulaire, c'est de la grammaire. Foutre des pseudo-regexp illisibles et imprononçables dans les mots, ça ne peut pas constituer une solution. La solution, c'est surtout que quand on dit "chers collègues", les femmes n'ont aucune raison de se sentir exclues. Si elles se sentent exclues, c'est un problème de société, pas un problème de langue.
[^] # Re: Science friction
Posté par arnaudus . En réponse au journal En marche. Évalué à 4.
Sur le fond, je pense qu'il disait qu'il fallait cumuler l'indemnité de licenciement et le chômage pour vivre à revenu constant, donc si tu es indemnisé à hauteur d'un mois de salaire, tu peux vivre environ 3 mois à revenu constant. Ensuite, tu seras au niveau de l'indemnité chômage. De toutes manières, il me semble compliqué de comparer les périodes travaillées et les périodes chômées, parce que ce n'est pas du tout le même contexte ; d'un côté tu as besoin de moins de revenus quand tu es chez toi (pas besoin de nounou, pas de frais réels…), mais d'un autre côté, le préjudice social est réel (et c'est lui, et lui seul, qui est indemnisé).
De toutes manières, c'est très clair, on est en train de passer vers un système où un licenciement n'est plus considéré comme un évènement exceptionnel, et où la responsabilité de l'ex-employeur est limitée. On va vers ça dans tous les domaines de la société ; le droit du divorce a récemment évolué d'une manière analogue (par exemple, le droit d'un conjoin qui ne travaillait pas à maintenir un train de vie élevé n'est pas automatique). Tu le fais larguer, tu te retrouves sans ressources, tu as le droit à un petit quelque chose pour te retourner, mais après tu te démerdes ; ton ex-conjoint n'est pas responsable du fait que tu n'arrives pas à te recaser. Bah du coup, c'est pareil pour le taf.
Quelqu'un qui n'est pas d'accord avec toi est forcément idiot. C'est super constructif.
Il y a des failles dans le raisonnement libéral, mais attaque-les directement au lieu d'insulter les gens qui ne partagent pas ton opinion.
[^] # Re: Résultats du second tour présidentiel 2017
Posté par arnaudus . En réponse au journal En marche. Évalué à 3.
C'est logique, plutôt, non? Plus il y a d'abstentionnistes, et plus les votants ont de poids. A priori, ils n'ont aucun intérêt d'inciter les autres à voter.
[^] # Re: Résultats du second tour présidentiel 2017
Posté par arnaudus . En réponse au journal En marche. Évalué à 2.
Ah bah non, quand même, le seul intérêt de compter les votes blancs serait d'interdire aux candidats précédents de se représenter. Du coup, tu n'aurais pas les mêmes candidats, même s'ils viennent du même parti. Mais bon, la mise en place de primaires rend tout ceci peu intéressant, puisqu'à l'issue d'une primaire, c'est le candidat le plus populaire qui se présente (et pas le vainqueur d'un jeu politique interne).
La mauvaise foi n'a aucune limite, donc ça ne vaut pas le coup de chercher à discuter. Son point de vue tourne autour de l'idée que les abstentionnistes ont quelque chose à dire (ce qui reste à prouver) et que leurs opinions diffèrent du reste de la population (ce qui reste aussi à prouver). Tout le reste n'est que pure spéculation. Même l'idée que les abstentionnistes sont contre la démocratie représentative ne fonctionne pas, puisque certains candidats avaient centré leur programme sur des changements de constitution qui allaient dans ce sens. Non, franchement, autant ne pas se prendre la tête, on a le droit de s'abstenir pour de multiples raisons, on a le droit de justifier son abstention par n'importe quel raisonnement, mais dans tous les cas c'est illégitime d'essayer de faire dire quoi que ce soit aux abstentionnistes (et, franchement, je pense que c'est inutile d'aller disséquer leurs arguments, qui, pour la plupart, n'ont aucun intérêt et sont tout à fait illogiques).
Tant mieux pour ceux qui vont voter, ça donne plus de poids à leur bulletin.
[^] # Re: Science friction
Posté par arnaudus . En réponse au journal En marche. Évalué à 6.
Le chômage, c'est une assurance, ça ne réduit pas le préjudice. Autrement, ça voudrait dire que je te porte pas préjudice si je te crame ta voiture, sous prétexte que tu es assuré? Allons allons, la discussion peut voler un peu plus haut que ça…
[^] # Re: Résultats du second tour présidentiel 2017
Posté par arnaudus . En réponse au journal En marche. Évalué à 9.
De toutes manières, la discussion sur les abstentionnistes est très rhétorique, puisque par définition on ne peut pas leur attribuer un vote. Ceci dit, aussi surprenant que ça puisse paraitre, à chaque fois qu'une étude a été faite en demandant ce que les abstentionnistes auraient voté si on les avait forcé à le faire, on retombe à peu près sur les proportions des votants. Le raisonnement qui consiste à dire que les abstentionnistes auraient voté plus pour X ou pour Y, c'est de la communication de parti politique, ça ne correspond absolument pas à la réalité.
[^] # Re: Rapport performance / prix décevant
Posté par arnaudus . En réponse à la dépêche Librem 5, un projet de téléphone mobile libre tournant sous GNU/Linux !. Évalué à 2.
La loi de l'offre et de la demande, c'est quelque chose de simple, qui permet de comprendre comment les prix et les quantités sont fixés. Essayer de lui faire dire plus que ça, c'est en effet n'importe quoi.
Produire en petite quantité coûte cher à cause de l'absence d'économies d'échelle, ça n'a rien à voir avec l'offre et la demande. Ça veut simplement dire que quand tu es petit, tu n'es pas compétitif. Et ça, c'est tant pis pour toi, ton activité n'est pas viable, et tu vas couler, parce que la demande de produits moins bons et plus chers est, en théorie, très limitée.
[^] # Re: Rapport performance / prix décevant
Posté par arnaudus . En réponse à la dépêche Librem 5, un projet de téléphone mobile libre tournant sous GNU/Linux !. Évalué à 10. Dernière modification le 25 septembre 2017 à 14:23.
Ce qui me semble encore plus facile à comprendre, c'est qu'on ne peut pas vendre un appareil plus cher et moins performant que les concurrents, sauf à avoir une très très bonne raison de le faire. Toute la discussion porte donc autour de l'idée qu'une base partiellement ou complètement libre, c'est une très très bonne raison, ou non.
Personnellement, tous ces projets de téléphone libre, ça ne me semble pas très sérieux. Quel est le business model? La cible doit être aisée (autrement, on ne dépense pas autant dans un téléphone), sensibiliseé au LL et aux problèmes de vie privée, pas trop geek-matériel (parce que le matos n'est pas au niveau), très geek-logiciel (parce qu'il va y avoir des bugs et un catalogue d'applications vide), pas intéressée par l'économie et la pérénité de la chose (parce que bon, sans business model, dans 6 mois ça aura coulé)… Tout ça me semble complètement paradoxal ; les gens qui connaissent un peu l'affaire et qui attendent depuis des années des appareils libres savent que le développement associé est super casse-gueule, et que des grandes boites du logiciel libre (Mozilla, Ubuntu…) s'y sont cassées les dents.
On pourrait imaginer un business model basé sur la sécurité : on vend des portables pas très performants, mais complètement sécurisés (la cible pourrait être des entreprises, etc). On pourrait aussi avoir une cible différente des "gros", avec des portables d'entrée de gamme, qui permettent quelques fonctions de base sans pour autant permettre d'installer des jeux (et ça permettrait d'éviter de parler de la taille du catalogue d'applications…).
Le principe de l'offre et de la demande, pour moi, ça veut dire qu'on peut vendre plus cher quelque chose qui est très demandé, et on doit baisser les prix quand on n'a pas de clients. Bref, exactement le contraire de ce que tu suggères.
On reproche souvent à Apple leurs marges considérables. C'est pas un peu paradoxal d'expliquer qu'on ne peut pas s'aligner sur leurs prix à cause des coûts de production?
De toutes manières, à mon avis, l'argument est peu vendeur. L'épicerie du coin de la rue est plus chère que le supermarché, mais on y va parce que c'est pratique, que c'est ouvert plus tard le soir, etc ; bref, le consommateur n'a pas besoin de la raison pour laquelle le prix est plus élevé, il a besoin d'une raison pour accepter de payer plus cher. Ici, la seule raison, c'est le libre, et c'est le seul argument pertinent. On pourrait éventuellement invoquer des usines dont les employés sont mieux traités que les enfants chinois des usines d'Apple, par exemple, ça pourrait être un argument. Mais quelque chose comme «mes concurrents sont mieux organisés que moi et arrivent à des coûts de production inférieurs, ce qui leur permet de vendre moins cher que moi tout en ayant des meilleures marges», ça donne presque envie d'aller voir ailleurs, non?
[^] # Re: Il sers à quoi
Posté par arnaudus . En réponse au journal L'EFF quitte le W3C. Évalué à 6.
C'est une exception, mais elle est explicitement autorisée.
Note la finesse avec laquelle sont formulées les exceptions: «l'auteur ne peut interdire». Ça date d'une époque où on savait écrire des lois qui traversent les décennies. Quand on compare avec, par exemple puisqu'on en parle, l'article 331-5 sur les mesures techniques (un gloubiboulga incompréhensible et jargonnant)…
[^] # Re: Il sers à quoi
Posté par arnaudus . En réponse au journal L'EFF quitte le W3C. Évalué à 3.
Que d'efforts pour pas grand chose… Dans un monde dominé par Apple où il n'existe que 3 modèles de smartphone et 2 portables, pourquoi pas… Mais dans le monde réel, il faudrait que toutes les combinaisons possibles de matériel, du bas niveau aux périphériques, soient certifiées? Tout ça pour empêcher les copies numériques, ce qui va reporter le problème sur des captures analogiques de très bonne qualité? Pour l'audio par exemple, j'imagine qu'il est quasiment impossible de distinguer une copie numérique d'une copie analogique. Jusqu'à preuve du contraire, les yeux et les oreilles ne pourront pas intégrer de DRM, et il faudra bien, d'une manière où d'une autre, passer par là pour qu'on puisse écouter de la musique…
[^] # Re: Il sers à quoi
Posté par arnaudus . En réponse au journal L'EFF quitte le W3C. Évalué à 4.
Sauf que je ne comprends pas comment le W3C est en droit de prétendre quoi que ce soit sur la légalité du reverse-engineering. Jusqu'à preuve du contraire, c'est quand même les parlements nationaux qui décident de ce qui est légal ou non…
Sur le fond, ça me semble quand même un désaccord plutôt mineur, et sans réel intérêt (puisqu'en pratique, il est évident que le code sera audité. C'est juste la publication du résultat des audits qui est problématique).
Personnellement, j'avoue ne jamais avoir compris comment on pouvait concevoir des DRM efficaces pour empêcher la copie sans verouiller la totalité du système, du BIOS au moniteur. Si tu veux pomper ton film, tu captures le flux audio ou vidéo après le navigateur, non?
[^] # Re: Aucune raison de s'emballer
Posté par arnaudus . En réponse au journal Conséquences sociales des cryptomonnaies. Évalué à 4.
Sauf que le taux de déflation doit être retiré de ce que l'investissement te rapporte. Une économie déflationniste revient à remonter le courant en permanence : l'ensemble de l'économie est plombé par la déflation. Donc au bout d'un moment, jouer l'avocat du diable a une limite. La déflation, c'est un monde où :
* Garder le pognon sous son matelas permet de s'enrichir
* Les salaires baissent tous les ans
* Les robinets du crédit sont fermés
* L'investissement n'est intéressant que pour les projets hyper-rentables (rentabilité supérieure au taux de déflation)
* Les gens ne consomment que les produits de première nécessité
Si c'était seulement avec un argument écologique, au moins on pourrait discuter (mais attention, on ne parle pas de décroissance, mais bien de déflation, ça n'est pas la même chose). Là, ton scénario nous propose simplement une crise économique majeure sans scénario de sortie, avec des revenus du travail qui baissent et des revenus du capital immobilisé qui montent, ça n'est un modèle pour personne (à moins que tu sois nihiliste ou un truc comme ça?).
[^] # Re: En France
Posté par arnaudus . En réponse au journal Argent public, code public : la nouvelle campagne de la FSFE. Évalué à 3.
Tu peux le voir comme ça : le logiciel est l'implémentation d'un algorithme qui est public. Dans ce cas, la publication du code source est moins cruciale que quand l'algorithme n'est pas public. On est libre de ré-implémenter l'algorithme et de vérifier que le code est conforme à la loi. Je trouve que le problème est très différent dans le cas par exemple des logiciels d'admission post-bac, pour lesquels l'algorithme n'est pas public ; dans ce cas, la publication du code source est essentielle.
[^] # Re: En France
Posté par arnaudus . En réponse au journal Argent public, code public : la nouvelle campagne de la FSFE. Évalué à 3.
Mouais, attention quand même, le logiciel ne reste qu'une calculatrice sophistiquée, il ne fait pas du tout référence. J'imagine que les erreurs arrivent surtout avec des combinaisons complexes de niches fiscales, ce qui risque de ne poser problème que pour une très petite partie de la population, et probablement assez aisée pour de toutes manières passer par un spécialiste pour remplir des déclarations complexes, qui détecterait rapidement les erreurs éventuelles du logiciel.
[^] # Re: Aucune raison de s'emballer
Posté par arnaudus . En réponse au journal Conséquences sociales des cryptomonnaies. Évalué à 7.
Il y a un moment où il va falloir s'arrêter de discuter, parce que c'est n'importe quoi. Une monnaie déflationniste te donne un avantage à emprunter, même si tu ne fais rien de l'argent, et te donne un désavantage à prêter. Chacun accumule un max de pognon dans son coin et personne n'a intérêt à le faire circuler, c'est absurde.
[^] # Re: Aucune raison de s'emballer
Posté par arnaudus . En réponse au journal Conséquences sociales des cryptomonnaies. Évalué à 5.
Le crédit n'accélère pas l'économie, il crée la croissance en permettant l'investissement. C'est mécanique, si l'investissement te rapporte plus que le taux de ton crédit, tu gagnes du pognon. Ton raisonnement à base de temps, c'est juste parce que tu ne parles pas d'un investissement (quelque chose qui te rapporte de l'argent).
Le bon exemple, ça serait : si j'achète une voiture, je peux avoir un job loin de chez moi qui me rapporte plus que le RSA. Du coup, l'achat d'une voiture est un investissement, et tu as intérêt à l'acheter, même à crédit. Par contre, l'achat d'un canapé n'est pas un investissement, et tu as intérêt à ne pas l'acheter de toutes manières (et encore moins à crédit).
Après, c'est sûr que l'argument de SimCity, c'est un argument massue. Je pense que même les économistes resteraient bouche bée.
[^] # Re: Aucune raison de s'emballer
Posté par arnaudus . En réponse au journal Conséquences sociales des cryptomonnaies. Évalué à 2.
Il me semble qu'il est créé quand il est dépensé, plutôt. Quand on te prête 1000€, on crédite 1000€ sur ton compte, et tu dois 1000€ à la banque. Dans le cas le plus simple, tu achètes un ordi à 1000€ à un commerçant qui est dans la même banque que toi, et hop, le jeu d'écriture fait que c'est maintenant lui qui a 1000€ sur son compte. Ensuite, c'est tout une chaine de confiance entre banques et particuliers qui se met en place, et qui accepte de dire que de voir 1000€ sur un compte c'est comme si on avait vraiment 1000€. Jusqu'à ce que quelqu'un sorte du système, demande 1000€ en liquide par exemple, et là, la banque doit transformer ces 1000€ en «vrai argent».
[^] # Re: Oh une petite 95 en vue
Posté par arnaudus . En réponse au journal Journal social agenda. Évalué à 3.
Les chiffres de l'OCDE sont bons, c'est ton raisonnement qui est faux.
Je fais tout un raisonnement pour prouver que tu as tort de dire que la réforme bénéficie plus aux riches qu'aux pauvres. La réforme bénéficie à tout ceux qui payent des impôts, et proportionnellement plus aux classes moyennes qu'au 10e décile. Le chiffre de 65% est juste, c'est le raisonnement que tu tiens derrière qui est faux.
La tranche supérieure a augmenté depuis 2004, donc ça n'est pas vrai. Globalement, il n'y a pas d'évolution de la redistribution de l'IR depuis plus de 30 ans. Le taux d'imposition réel diminue pour les très hauts revenus, mais ça n'évolue que très peu.
Quel que soit le point de vue que tu souhaites défendre, tu ne peux pas prétendre avoir raison sur le fond en ayant tort sur la forme. En l'occurrence, si tu décides de baisser l'IR, tu peux baisser les tranches que tu veux, faire ce que tu veux, tu feras toujours gagner plus aux riches qu'aux pauvres. Pour inverser les chiffres bruts (et pas propotionnels au revenu), il faudrait augmenter le taux d'imposition des plus riches. Là, je te l'accorde, c'est une décision politique, mais ça n'était pas l'option retenue par le gouvernement.
Ton raisonnement, ce n'est pas que la réforme fiscale du gouvernement bénéficie aux riches, c'est que toute baisse d'impôts bénéficie aux riches. C'est trivial, non? C'est un programme politique, la redistribution via des hausses d'impôts. C'est juste que ce programme n'est pas très populaire…
[^] # Re: Aucune raison de s'emballer
Posté par arnaudus . En réponse au journal Conséquences sociales des cryptomonnaies. Évalué à 10. Dernière modification le 13 septembre 2017 à 17:37.
Ton exemple sur un jour n'a pas vraiment de sens. Inverse le truc, tu me prêtes 100 le 1er janvier, je te rends 100 le 31 décembre. Tu m'as prếté de quoi acheter 100 carambars, et je te rends de quoi acheter 110 carambars. Pour moi, c'est équivalent à un prêt à 10%. Si j'avais besoin de cet argent, alors ça peut être intéressant pour moi. Si je n'en avais pas besoin, évidemment que non, puisque c'est toujours le cas quand on emprunte de l'argent. Pour toi, l'opération est neutre. Tu es aussi riche à la fin que si tu ne m'avais rien prếté, puisqu'au 31 décembre, tu peux t'acheter 110 carambars dans les deux cas. Tu aurais pu garder ton argent.
Toujours pareil, inverse les dates, autrement c'est un prêt à 10% journalier. Donc on part toujours sur une déflation à 10%, le premier janvier j'emprunte de quoi acheter 100 carambars, et le 31 décembre je te rends l'équivalent de 104.5 carambars. Mais en plus j'ai de quoi m'acheter 5.5 carambars, j'ai donc gagné 1 carambar dans l'affaire. Donc deal, évidemment! Prête-moi 1 milliard, je les met au chaud, et je te rends moins à la fin de l'année!
Maintenant, de ton point de vue, l'opération est débillissime. Tu me prêtes de quoi m'acheter 100 carambars, et je te rends l'équivalent de 104.5 carambars… Sauf que si tu ne m'avais pas prêté de l'argent, tu aurais maintenant 110 carambars! En me prêtant de l'argent, tu as donc perdu du pouvoir d'achat en carambars.
Donc voila, une monnaie déflationniste, c'est hyper-dangereux, rien ne peux marcher. Le seul comportement rationnel est de ne surtout rien dépenser, et éventuellement de prêter de l'argent à des taux positifs, taux qui va s'additionner au taux de déflation pour le calcul du coût des crédits, ce qui risque de rendre les crédits irremboursables (plus ça va, plus les salaires diminuent, moins on peut rembourser, jusqu'au point de non-retour où au fil des mois la dette augmente malgré les remboursements!!). L'économie est complètement bloquée et l'argent ne circule pas.
[^] # Re: Conséquences environnementales
Posté par arnaudus . En réponse au journal Conséquences sociales des cryptomonnaies. Évalué à 10.
C'est sans commune mesure, et surtout, c'est du gâchis intégral ; toute cette puissance de calcul ne sert quasiment à rien et les ressources dépensées auraient pu être utilisées pour quelque chose d'utile.
[^] # Re: Aucune raison de s'emballer
Posté par arnaudus . En réponse au journal Conséquences sociales des cryptomonnaies. Évalué à 10. Dernière modification le 13 septembre 2017 à 15:36.
Je sens qu'il est possible de faire affaire avec toi :-) Sérieusement, pose toi et penses-y calmement.
[^] # Re: Oh une petite 95 en vue
Posté par arnaudus . En réponse au journal Journal social agenda. Évalué à 3.
Arlette Laguiller, sors de ce corps! Sérieusement, on peut se permettre de distinguer les actionnaires et les dirigeants d'entreprises? Autrement c'est du n'importe quoi.
… qui payent beaucoup plus que 46% de l'impôt, donc ils y gagnent moins que les autres! Exemple typique de manipulation de chiffres. Prenons l'impôt sur le revenu, 78% de l'IR est payé par le 10e décile (les 10% les plus riches). Imaginons que l'IR total soit de 100 Mrds. Le 10e décile paye 78 Mrds, les autres déciles (surtout le 9e et le 8e en fait) payent les 22 Mrds qui restent. Tu décides de faire 10 Mrds de baisse, et 64% de ces 10 Mrds (donc 6.4 Mrds) bénéficient au 10e décile. Reste donc 3.6 Mrds pour les déciles suivant. Résultat, le 10 décile paye donc 78-6.4 = 71.6 Mrds d'IR, et les autres déciles 18.4 Mrds ( = 90 Mrds, le compte est bon). Après la réforme, le 10e décile contribue à 71.6/90 = 80% de l'IR. L'impôt est donc devenu plus redistributif, puisque les riches payent en proportion plus que les autres.
Très certainement.
J'imagine que si. C'est juste que ces discussions n'ont probablement pas fait intervenir de démagogues qui font semblant de ne pas savoir compter.
Rendre l'impôt plus progressif est en effet idéologique.
Je pense avoir la faiblesse de préférer un type de violence plutôt qu'un autre. Ton truc, ça peut amener à légitimer la violence physique avec un raisonnement de type "deux faux font un vrai", et je n'irais pas dans ce sens.
Sans compter qu'il serait délirant de considérer que la violence sociale a remplacé la violence physique. Il y a un ou deux siècles, non seulement le monde était beaucoup plus violent physiquement, mais il était aussi beaucoup plus violent socialement (pas de droit du travail, esclavage ou servitude, absence totale d'ascenceur social, pas d'égalité devant la loi, etc).
Et puis c'est où la limite pour la violence sociale? Quand tu auditionnes 5 personnes pour un job, 4 devront en chercher un autre, ils vont être déçus et se sentir rejetés. Quand tu te fais draguer, parfois tu vas dire non (enfin, j'imagine), est-ce que le partenaire déçyu ne va pas se sentir socialement violenter? Parfois, il y a des gens qui doivent se faire virer, parce qu'ils picolent, parce qu'ils ne viennent plus au travail, parce que l'usine ferme, parce que ce qu'ils savent faire n'a plus de valeur pour la société. C'est violent, mais pour moi c'est totalement indépendent du code du travail. Tu peux accompagner les changements de la société pour essayer de minimiser les effets délétères de ces changements, mais tu ne peux pas faire de loi qui empêche le monde de changer. Et j'ai l'impression que c'est ce qui est en train de se passer ; un fossé se creuse entre ceux dont l'activité ou les compétences sont valorisables pour la société, et ceux dont les compétences ne sont pas valorisables. Ce n'est pas juste, mais aucune loi miraculeuse ne pourra y remédier. Et dans ce cadre, l'idée que ça ne puisse être que la pénurie de main d'œuvre qui pourra créer les conditions dans lesquelles les salariés seront en position de force pour négocier n'est pas a priori stupide, surtout quand on voit avec quelle facilité il est possible de tourner autour du code du travail pour en éviter les contraintes.
[^] # Re: Aucune raison de s'emballer
Posté par arnaudus . En réponse au journal Conséquences sociales des cryptomonnaies. Évalué à 5.
Ouais, donc du coup, je ne vois comment les banques pourraient disparaitre, puisque c'est exactement ce qu'elles font. Sauf que bon courage pour trouver quelqu'un pour te préter dans une monnaie en déflation constante! Je te prête 100 Bt et tu m'en rends 90 dans 1 an? Quel est mon intérêt de te les prêter?
Je veux dire, le principe de la blockchain (les algos qui permettent la sécurisation d'une information partagée). Il y a quand même un gros travail et une vraie innovation derrière cette technologie.