Pourquoi l'art échapperait à ce genre de mécanismes de durées et de conditions ?
"Parce que l'art n'est pas une marchandise"? Non, je déconne. À mon avis, c'est juste une conjonction de facteurs qui ont mis l'industrie "culturelle" en position de force : non seulement ils peuvent plaider que l'art doit être traité de manière différente du reste de l'économie, mais en plus tous les gouvernements ont toujours investi énormément dans l'"exception culturelle", qui est idéalisée en terme de rayonnement de la France et de la francophonie dans le monde (d'où la tétrachiée de films français super chiants et super subventionnés). Évidemment, le législateur a bien pris soin de ne pas définir précisément ce qui relève du domaine artistique (à une époque, nos députés savaient écrire des lois simples, claires, et applicables), mais la conséquence c'est évidemment que le même régime s'applique à des créations originales qui méritent réellement d'être aidées et au dernier boysband TF1/M6/NRJ/Universal.
On peut sincèrement douter de la légitimité d'appliquer (quasiment) le même droit à une rédaction de CE2, à une toile de Picasso, au code du noyau Linux, et à un article scientifique écrit par un fonctionnaire.
À ma connaissance, l'origine "morale" de cette règle est à chercher dans l'idée de voir la famille comme l'unité financière, ce qui était la vision majoritaire à l'époque de l'élaboration du droit d'auteur. L'homme travaille pour nourrir sa femme et ses enfants, il construit une maison et un patrimoine qui leur reviendra à sa mort. Note également que ça peut permettre une cohérence en fonction du type d'œuvre ; un sculpteur qui meurt lègue ses créations à ses proches, qui peuvent les vendre, alors que la famille d'un compositeur qui meurt perdrait toute possibilité de vendre par exemple des partitions inédites.
J'imagine qu'il y a aussi un simple souci de "moralité", dans le sens où il semble assez étrange que la mort prématurée d'un artiste permette au monde entier d'exploiter ses œuvres sans verser aucune rétribution. Quand quelqu'un qui n'a pas de famille meurt, ses biens sont vendus au profit de l'État, mais ils ne sont pas donnés au monde entier. Par exemple, les propriétés privées restent privées ; si ton voisin meurt tu n'as pas le droit d'aller bronzer dans son jardin.
Par contre, toutes les extensions et les modifications postérieures (notamment l'extension de la protection de 50 à 70 ans) ne sont que les conséquences des lobbys industriels. Il faut bien comprendre comment l'industrie de la "culture" a su profiter des règles existantes pour se créer un petit nid douillet à base de rentes.
Est-ce qu'une partie des données n'est pas centralisable par le FAI? Si Free passe un contrat avec mediamétrie, est-ce qu'il ne peut pas fournir des données anonymisées sur les habitudes des internautes (par exemple, en anonymisant l'IP, liste des requêtes, éventuellement vers une liste de sites cibles qui ont payé (histoire de ne pas avoir des téras de logs). Je trouve que c'est plutôt avantageux en terme de vie privée, si le FAI fait bien son boulot, tout en conservant une approche non-biaisée…
C'est pour ça que la manière dont on pose la question est importante : est-ce qu'on veut se mettre en conformité avec la loi (d'un point de vue purement juridique), et dans ce cas, on se considère comme un FAI (on se contente d'implémenter les décisions de justice), ou est-ce qu'on se place sur un point de vue moral, et qu'on souhaite offrir un anonymat légitime (par exemple, liberté d'expression pour les opposants politiques). Dans le premier cas, je pense que c'est inutile (parce qu'on n'est pas un FAI, et que même si on l'était, il suffirait d'attendre d'être contacté pour bloquer certaines IP, il n'y a pas grand chose à faire préventivement), et dans le deuxième cas, non seulement ça me semble impossible, mais en plus ce n'est carrément pas compatible avec le principe de Tor. De ce que je comprend du principe de Tor, c'est qu'on assume l'"irresponsabilité" de sa démarche ; on sait qu'une grosse partie de traffic est par nature illégal et/ou immoral, voire carrément gerbant, mais qu'on assume ça.
J'ai peur que ça ne crée plus de problèmes que ça n'en résoud. Existe-t-il des blacklists officielles de sites terroristo-pédo-nazis? Si tu te fais ta propre liste, tu pourrais te faire reprocher d'avoir été particulièrement sympa avec certains sites notoires. D'autre part, si tu commences comme ça, tu vas vouloir couvrir toutes les activités illégales, et pas seulement les pires saloperies : la came, les trucs pour pirater les cartes bleues, les virus, les médocs frelatés, la prostitution… Tu vas aussi vouloir limiter les activités récréatives qui bouffent toute la bande passante, type streaming porno. Au final, tu vas contrôler internet encore plus qu'un État le ferait, et de manière encore plus arbitraire, ce qui pose bien la question de fond : est-il vraiment "bien" de participer à Tor?
Il est tout à fait possible que ça soit contre rémunération, avec un contrat et tout, c'est toi qui décides. Il me semble évident que médiamétrie doit avoir un processus adapté pour traiter les données privées, étant donné que c'est leur fond de commerce (à quelle heure tu as été pisser pendant le film, etc).
Sur le fond, mediamétrie est une entreprise privée, qui a des clients et des actionnaires. Elle ne te doit rien de particulier, ce n'est pas un droit d'avoir un logiciel qui tourne sur tes ordinateurs. Si le logiciel ne tourne pas sous Linux, c'est un biais dans leurs données (même s'ils représentent que 5% du marché, les linuxiens ont un comportement inhabituel de consommation et d'utilisation d'Internet, et ne pas les inclure peut biaiser les résultats des études). Cependant, tu ne peux pas forcer une boite comme celle-là à être scientifiquement rigoureuse : la valeur des résultats ne dépend que de ce que les clients veulent payer pour les avoir. De fait, ça veut surtout dire que les clients se foutent totalement des gens qui font attention à ce qu'ils installent sur leurs machines ; le cœur de cible est probablement plus l'internaute moyen qui ne met pas de mot de passe à son wifi et qui n'a pas de bloqueur de pubs.
Sur la forme, c'est hyper-vexant d'être exclu d'études de consommation, parce que c'est une preuve assez violente de non-intégration dans la société. Quand j'étais étudiant, je me rappelle avoir été sollicité pour une enquête par téléphone, une des premières questions était le montant de mon loyer, et après avoir donné la réponse, on m'a fait comprendre que "je n'étais pas le public visé" (autrement dit, que mon pouvoir d'achat n'était pas suffisant pour que les commanditaires de l'enquête acceptent de payer le salaire du télé-opérateur). Le côté "sollicitation - exclusion" est quand même problématique, même pour la qualité des enquêtes (je pense que beaucoup de gens ne répondent plus à aucune enquête pendant plusieurs années). Le minimum serait de laisser l'entretient aller jusqu'au bout, même si le questionnaire est réduit.
La FAQ de CC est pourtant très claire : la clause NC n'est pas claire par design. Autrement dit, c'est au "licenseur" (je en sais pas comment ça se dit en français) de préciser, s'il le souhaite, la portée de la clause NC. S'il ne précise rien, c'est à toi de lui demander. S'il ne te répond pas, ou si ses prétentions sont abusives et vont au delà d'une lecture honnête de la clause NC, tu es dans une situation juridiquement indéfinie.
Parmi tes questions, j'ai une seule certitude : pour l'utilisation interne dans ton entreprise, tu peux faire ce que tu veux. Tout comme la GPL, la licence CC-NC règlemente la diffusion du logiciel, pas son utilisation. Du coup, tu peux prendre un soft CC-NC pour faire du microtrading et lever des millions par jour, tu ne violes pas la clause. Par contre, si tu distribues des DVD avec une collection de logiciels à prix coûtant, tu violes la clause.
Plus précisément, la clause empêche les redistributions qui sont principalement associées à une pratique commerciale. Clairement, ça empêche toute vente que ce soit. J'imagine que ça empêche aussi la vente de prestation autour du logiciel. Par contre, si tu fais tourner un serveur web avec des logiciels NC et que tu affiches des publicités, j'ai l'impression que ça ne relève pas de la pratique commerciale (mais puisque de toutes manières tu ne distribues pas le logiciel, la licence est totalement indifférente). Par contre si tu offres un lien pour télécharger le logiciel, crac, pratique commerciale.
Moralité, cette licence n'aurait jamais dû exister, et il ne faudrait jamais l'utiliser. Elle ne fait pas ce qu'elle est censée faire dans l'esprit de la personne qui l'a choisie (j'imagine que l'idée, c'est de récupérer une partie des bénéfices des entreprises qui utilisent le soft pour faire de l'argent), mais qu'elle risque simplement de gêner la distribution (puisque c'est la distribution qui est interdite, pas l'utilisation) tout en mettant beaucoup d'associations, d'administrations publiques, etc. dans des situations juridiquement mouvantes.
Je pense sincèrement qu'il n'y a rien à comprendre. On a un tableaux avec trois échelles ordinales (classés, mais qualitativement) : une mesure de gravité, une mesure de fréquence, et une mesure d'importance. L'importance augmente avec la gravité? OK. L'importance augmente avec la fréquence? OK. Mais une "unité" de fréquence vaut une unité de gravité, c'est très étrange. Je doute qu'on puisse faire quoi que ce soit de sérieux avec un truc aussi fumeux.
Ça dépend de qui et de quoi, et c'est bien ça le problème… tant que c'est spontané, on peut imaginer que les gens font ça par honneur ou par devoir (ou éventuellement pour être reconnus, ou simplement pour nuire à quelqu'un). Quand c'est pour du pognon, c'est glauque, quand même…
Je ne suis pas naïf au point de penser que toute vérité est bonne à dire, et j'avoue que je ne comprends pas les raisons qui poussent à penser le contraire. Révéler la couverture de nos espions en Irak ou en Syrie par exemple, ou l'identité d'agents infiltrés dans BokoHaram, erk. En plus, c'est presque un meurtre, de faire ça.
La différence c’est que ces deux derniers se basent sur bitcoin pour rémunérer les informations
Euh, dans quelle mesure ceci est-il différent de la corruption? Autant je peux trouver une certaine moralité quand un individu décide illégalement de diffuser un certain nombre d'informations détenues par une personne morale ayant autorité (employeur, administration…) parce qu'il pense que le public devrait les connaitre ; autant j'ai du mal à trouver quoi que ce soit de positif dans l'acte de rémunérer quelqu'un pour obtenir les mêmes informations. En particulier, ça mène au paradoxe total qu'une société plus démocratique ne peut émerger que dans un État corrompu….
Tu ne peux pas confondre dans ton raisonnement les requêtes arbitraires de l'administration, et l'application du pouvoir judiciaire. Il est légitime pour la police de faire des enquêtes, et il est légitime que dans ce cadre, elle soit en mesure d'obtenir des renseignements que tu ne veux pas particulièrement lui fournir. Ma version de la chose, c'est donc "je n'ai rien à cacher à la justice", non pas que je n'aie rien à me reprocher, mais plutôt qu'il est normal que le pouvoir judiciaire puisse obtenir un certain nombre de choses, et que je sois puni si je ne souhaite pas les fournir.
Je suis complètement d'accord pour dire que c'est notre liberté de se protéger d'intrusions illégales et illégitimes ; et que c'est notre devoir en tant que citoyen de ne pas s'opposer à des requêtes légales et légitimes. Que le requérant possède un képi ou non, ça ne change pas grand chose, ce qui compte c'est le respect des règles, et en particulier la séparation des pouvoirs. Après, tu peux aussi consédérer que les lois sont pourries, que la démocratie est viciée, etc, mais c'est contradictoire avec le fait que tu es censé accepter les règles de vie commune, et notamment cette malheureuse "dictature de la majorité". Où commence le délire anarchiste? Tu veux refuser l'accès à tes données à une personne qui a légalement le droit de les consulter, tu veux aussi dénier le droit à un policier de t'empêcher de rentrer sur une scène de crime, le droit aux services fiscaux de te forcer à payer tes impôts, le droit à la puissance publique de t'obliger à instruire tes enfants?
Si les flics débarquent chez toi, c'est probablement pour quelque chose de plus sérieux que le téléchargement d'une série… L'entrave à la justice n'est qu'un moyen parmi d'autres de te condamner parce que tu as refusé de fournir des preuves, c'est exactement pareil que de brûler des documents compromettants. Les juges ne sont pas des débiles profonds, tu ne gagneras jamais en expliquant que quand la police est arrivée, tu avais froid et tu te faisais un feu avec les factures de Bygmalion. C'est exactement pareil pour le disque dur ; si les flics sont chez toi, c'est qu'ils ont déja des éléments (par exemple adresse IP). Si tu ne déchiffres pas le disque, tu risques d'être condamné pour entrave et pas pour le délit inital, mais ça ne change pas.
Je ne conteste absolument pas le raisonnement des juristes, tel que maître Eolas, sur la forme. Mon problème porte plus sur le fond : ce qui est mal d'un point de vue moral, c'est de violer la loi. Si tu es pêté de thunes, tu peux griller le même stop en vélo tous les jours devant la police, tous les jours tu payeras une amende, et tu es raccord avec la justice. Mais ça ne rend pas ton action morale pour autant. Ton raisonnement revient à dire qu'il est normal de buter quelqu'un si tu te débrouilles bien pour cacher le corps et qu'on ne te retrouve jamais. L'article de loi que je t'ai copié dit simplement qu'il est illégal de ne pas fournir le mot de passe. Qu'il puisse exister des excuses à la con pour ne pas être condamné dans certaines circonstances ne change absolument pas le fait que c'est illégal.
Ça n'a rien à voir avec garder le silence, je ne vois pas la logique du truc. Un flic se pointe chez toi pour une perquisition par exemple, dans le cadre d'une instruction. Il te demande ton mot de passe, et tu es censé lui fournir. Il peut aussi te demander d'ouvrir ton coffre fort, c'est exactement le même principe. Tu es censé obtempérer, tout en gardant le silence si tu veux.
De toutes manières, que tu files ou pas ton mot de passe, ils vont t'embarquer ton disque. Et à part faire peser des charges supplémentaires contre toi, je ne vois absolument pas à quoi ça peut bien servir de ne pas déchiffrer ton disque. Renverse le raisonnement : en tant que citoyen, j'estime que les forces de police sont en droit de savoir ce que tu as sur tes disques si c'est dans le cadre d'une enquete de police sous contrôle d'un juge d'instruction, dans le respect des règles, des lois, et de la constitution. Je ne vois pas où est le problème.
??? Qui t'a raconté ça? C'est une entrave à la justice, tu risques 3 ans de prison et 45000€ d'amende. Les peines sont même majorées si le fait de fournir les mots de passe peut empêcher de commettre un délit.
Article 434-15-2
Créé par Loi n°2001-1062 du 15 novembre 2001 - art. 31 JORF 16 novembre 2001
Est puni de trois ans d'emprisonnement et de 45 000 euros d'amende le fait, pour quiconque ayant connaissance de la convention secrète de déchiffrement d'un moyen de cryptologie susceptible d'avoir été utilisé pour préparer, faciliter ou commettre un crime ou un délit, de refuser de remettre ladite convention aux autorités judiciaires ou de la mettre en oeuvre, sur les réquisitions de ces autorités délivrées en application des titres II et III du livre Ier du code de procédure pénale.
Si le refus est opposé alors que la remise ou la mise en oeuvre de la convention aurait permis d'éviter la commission d'un crime ou d'un délit ou d'en limiter les effets, la peine est portée à cinq ans d'emprisonnement et à 75 000 euros d'amende.
Il est possible de faire une attaque dite "froide", avec de la neige carbonique par exemple, pour pouvoir stabiliser la ram, qu'on déplace dans un autre ordinateur pour l'analyser et trouver les clefs de chiffrement.
À moins que tu consideres que supporter différentes versions d'un même OS ce soit équivalent à porter sur une plate forme différente?
Tecnhiquement, c'est plus ou moins le cas. Il y a la version de l'OS, mais aussi toutes les caractéristiques de l'appareil (taille de l'écran, présence de senseurs, mémoire, processeur, etc), qui semblent mettre le bazar partout. Google gère ça relativement bien, en cachant les applications non-compatibles dans Google Play (il y a quand même pas mal d'erreurs), mais la conséquence, c'est que sur certains appareils, tu n'as accès qu'à une partie ridicule du store. Du coup, on a beau te dire "l'application existe sur Android", rien ne garantit qu'elle va être disponible pour ton Android. C'est un problème pour tout le monde, développeurs, utilisateurs, commerciaux, vendeurs de téléphone, etc. Et ça donne une mauvaise image d'Android pour tout le monde.
Bof, Google est le premier responsable de la fragmentation, avec la complicité des vendeurs de téléphones (ou l'inverse). Si par exemple il était possible de mettre à jour son Android, il y aurait nettement moins de fragmentation (et on pourrait très bien suggérer aux utilisateurs de mettre à jour leur appareil).
Ce n'est pas Android qui est trop fragmenté, c'est le monde du smartphone en général. Pendant des années, on nous a rabaché que c'était beaucoup trop coûteux pour une boite de maintenir une version Linux en plus des versions Mac et Windows, y compris pour les programmes vendus relativement cher (suite Office, jeux, etc), et maintenant on voudrait nous faire croire qu'il est rentable de développer 10 versions d'applications gratuites?
IA se mettant des coups de pieds au cul récursivement ?
C'est exactement la définition de la singularité technologie, la violence en moins. Si quelqu'un crée une IA capable de s'améliorer elle-même, on va avoir une rupture dans l'histoire de la technologie—des innovations technologiques à profusion, virtuellement instantanées.
La notion d'intelligence artificielle est quasiment impossible à définir de manière consensuelle, mais en tout cas, pour générer une singularité technologique, il lui faut plusieurs propriétés : la capacité de créer des IA plus performantes, et la capacité à inventer des "choses" autres que des IA. La deuxième exclut dans une certaine mesure tout ce qui consiste en du calcul brut. Par exemple, une IA capable de démontrer des théorèmes mathématiques ne pourrait pas enclencher un tel cycle, par contre, une IA capable de créer de nouvelles conjectures, de démontrer des théorèmes, et de produire des IA encore plus fortes pour définir de nouvelles conjectures, de démontrer des théorèmes, et de produire des IA encore plus fortes, pourraient plus ou moins "résoudre" les mathématiques, ce qui serait quand même une sorte de truc important pour l'humanité…
Mouais, si je comprends bien, tu veux dire que l'"OS cérébral" qui a inventé les avions, les ordinateurs, et les centrales nucléaires est le même que celui qui a inventé le fondamentalisme religieux, l'épuration ethnique, et le bizutage. Du coup, on peut très bien disposer prochainement d'un programme d'IA tellement puissant qu'il est capable de concevoir des IA encore plus intelligentes, en le faisant tourner sur une machine qui n'arrive pas à détecter ton imprimante wifi? Ça me parait paradoxal, mais pas forcément plus que l'existence de gamins miséreux qui passent leur vie à récupérer quelques grammes de métaux précieux dans nos poubelles informatiques…
En même temps, c'est un peu la discussion qu'on a eue sur un autre fil il y a peu de temps, est-ce que les datacenters de Google sont vraiment "intelligents"? Contraitement à la plupart des approches en IA, les algorithmes sont profondément bêtes ; ils ne font que chercher des réponses dans la base de données gigantesque des connaissances humaines numérisées. Plus cette base sera exhaustive et plus les algorithmes de recherche seront précis, et plus on aura l'impression d'accéder à une sorte de mémoire centrale de l'humainité. Cependant, une telle structure n'est pas "intelligente" et ne peut rien inventer, rien créer, rien produire à part des synthèses des données qu'elle contient. Elle est donc totalement incapable de générer cette fameuse singularité, son point d'arrivée ne peut être qu'une sorte de Wikipédia incroyablement exhaustive munie d'une interface intuitive, mais elle sera totalement dépendante de la création humaine pour s'enrichir de nouvelles données. Elle va pouvoir te lister tous les algotithmes de tri, mais ne pourra pas en inventer un. Elle pourra te lister des centaines de milliers de conjectures mathématiques, sans pouvoir en démontrer aucune.
J'ai l'impression que dans le domaine logiciel, pour avoir une singularité, il faut impérativement des machines autoprogrammables. Par exemple, des logiciels qui auto-codent de nouvelles fonctionnalités, ce genre de choses. 20 ans me semble très optimiste pour voir une telle technologie fonctionner réellement. Au cours des 20 dernières années, quelles ont réellement été les innovations en terme de programmation (pas les trucs cryptiques et en proof of concept dans les labos de recherche)? Vu comment c'est parti, il ne me semble pas improbable que dans 20 ans, on en soit toujours à peu près au même point…
Pendant que certains se font peur tout seuls avec l'intelligence artificielle, on doit composer tous les jours avec des OS plus ou moins buggués, toujours aussi techniques à installer et à utiliser, et toujours aussi "bêtes". Il y a une évolution très nette des supports informatiques : tout petits ordinateurs avec des écrans tactiles, wifi, toujours plus de données stockées dans un petit espace… Mais pour ce qui est de la qualité générale les logiciels, warf warf. On a utilisé les améliorations des capacités de calcul pour faire tourner les logiciels dans des frameworks de plus en plus lourds (flash, java…) ; les gains de réactivité sur les accès disque ont été plus que largement compensés par la nécessité de pinger un serveur à l'autre bout de la planète pour ouvrir n'importe quelle application… C'est toujours aussi long de développer le moindre logiciel, toujours aussi long de le débugguer, toujours aussi galère pour le faire tourner sur plusieurs plateformes et lui faire passer les mises à jour du système. Bref, on en est encore à passer le plus clair de notre temps à faire tourner des logiciels triviaux correctement. Si d'ici 50 ans on pouvait arriver à des systèmes à peu près stables, à peu près robustes, et à peu près compatibles avec le matériel et le logiciel des autres, je pense que ça serait un progrès très net. Ça me semblerait assez dément d'imaginer que la singularité technologique est imminente alors qu'on sait à peine comment être sûr d'afficher correctement un lecteur vidéo sur une page web…
Tu pourrais au moins me donner le bénéfice du doute et dégrader le sophisme en paralogie… Je revendique l'effet de style, tout le monde a compris que je ne voulais pas dire "tout le monde". (tiens, une paralogie récursive).
Pour rebondir sur les autres commentaires, il y a une différence très nette entre "tout le monde est d'accord pour dire", "tout le monde est d'accord pour faire", et "tout le monde fait". Je suis d'accord pour dire plein de trucs que je ne fais absolument pas. J'irais même plus loin : je suis d'accord pour dire plein de trucs que je n'ai même pas l'intention de faire. Par exemple, je suis d'accord pour dire que ça serait bien que je fasse un régime.
[^] # Re: Le supprimer ? Non. L'adapter ? Oui !
Posté par arnaudus . En réponse au journal La France met en garde contre un "démantèlement" du droit d'auteur en Europe. Évalué à 6.
Bienvenu dans le monde réel! :-)
"Parce que l'art n'est pas une marchandise"? Non, je déconne. À mon avis, c'est juste une conjonction de facteurs qui ont mis l'industrie "culturelle" en position de force : non seulement ils peuvent plaider que l'art doit être traité de manière différente du reste de l'économie, mais en plus tous les gouvernements ont toujours investi énormément dans l'"exception culturelle", qui est idéalisée en terme de rayonnement de la France et de la francophonie dans le monde (d'où la tétrachiée de films français super chiants et super subventionnés). Évidemment, le législateur a bien pris soin de ne pas définir précisément ce qui relève du domaine artistique (à une époque, nos députés savaient écrire des lois simples, claires, et applicables), mais la conséquence c'est évidemment que le même régime s'applique à des créations originales qui méritent réellement d'être aidées et au dernier boysband TF1/M6/NRJ/Universal.
On peut sincèrement douter de la légitimité d'appliquer (quasiment) le même droit à une rédaction de CE2, à une toile de Picasso, au code du noyau Linux, et à un article scientifique écrit par un fonctionnaire.
[^] # Re: Le supprimer ? Non. L'adapter ? Oui !
Posté par arnaudus . En réponse au journal La France met en garde contre un "démantèlement" du droit d'auteur en Europe. Évalué à 9.
À ma connaissance, l'origine "morale" de cette règle est à chercher dans l'idée de voir la famille comme l'unité financière, ce qui était la vision majoritaire à l'époque de l'élaboration du droit d'auteur. L'homme travaille pour nourrir sa femme et ses enfants, il construit une maison et un patrimoine qui leur reviendra à sa mort. Note également que ça peut permettre une cohérence en fonction du type d'œuvre ; un sculpteur qui meurt lègue ses créations à ses proches, qui peuvent les vendre, alors que la famille d'un compositeur qui meurt perdrait toute possibilité de vendre par exemple des partitions inédites.
J'imagine qu'il y a aussi un simple souci de "moralité", dans le sens où il semble assez étrange que la mort prématurée d'un artiste permette au monde entier d'exploiter ses œuvres sans verser aucune rétribution. Quand quelqu'un qui n'a pas de famille meurt, ses biens sont vendus au profit de l'État, mais ils ne sont pas donnés au monde entier. Par exemple, les propriétés privées restent privées ; si ton voisin meurt tu n'as pas le droit d'aller bronzer dans son jardin.
Par contre, toutes les extensions et les modifications postérieures (notamment l'extension de la protection de 50 à 70 ans) ne sont que les conséquences des lobbys industriels. Il faut bien comprendre comment l'industrie de la "culture" a su profiter des règles existantes pour se créer un petit nid douillet à base de rentes.
[^] # Re: Logiciel de statistique ?
Posté par arnaudus . En réponse au journal Sous représentation de Linux dans les études médiamétrie ?. Évalué à 2.
Est-ce qu'une partie des données n'est pas centralisable par le FAI? Si Free passe un contrat avec mediamétrie, est-ce qu'il ne peut pas fournir des données anonymisées sur les habitudes des internautes (par exemple, en anonymisant l'IP, liste des requêtes, éventuellement vers une liste de sites cibles qui ont payé (histoire de ne pas avoir des téras de logs). Je trouve que c'est plutôt avantageux en terme de vie privée, si le FAI fait bien son boulot, tout en conservant une approche non-biaisée…
[^] # Re: Précision
Posté par arnaudus . En réponse au journal Mozilla fait tourner des nœuds Tor. Évalué à 3.
C'est pour ça que la manière dont on pose la question est importante : est-ce qu'on veut se mettre en conformité avec la loi (d'un point de vue purement juridique), et dans ce cas, on se considère comme un FAI (on se contente d'implémenter les décisions de justice), ou est-ce qu'on se place sur un point de vue moral, et qu'on souhaite offrir un anonymat légitime (par exemple, liberté d'expression pour les opposants politiques). Dans le premier cas, je pense que c'est inutile (parce qu'on n'est pas un FAI, et que même si on l'était, il suffirait d'attendre d'être contacté pour bloquer certaines IP, il n'y a pas grand chose à faire préventivement), et dans le deuxième cas, non seulement ça me semble impossible, mais en plus ce n'est carrément pas compatible avec le principe de Tor. De ce que je comprend du principe de Tor, c'est qu'on assume l'"irresponsabilité" de sa démarche ; on sait qu'une grosse partie de traffic est par nature illégal et/ou immoral, voire carrément gerbant, mais qu'on assume ça.
[^] # Re: Précision
Posté par arnaudus . En réponse au journal Mozilla fait tourner des nœuds Tor. Évalué à 5.
J'ai peur que ça ne crée plus de problèmes que ça n'en résoud. Existe-t-il des blacklists officielles de sites terroristo-pédo-nazis? Si tu te fais ta propre liste, tu pourrais te faire reprocher d'avoir été particulièrement sympa avec certains sites notoires. D'autre part, si tu commences comme ça, tu vas vouloir couvrir toutes les activités illégales, et pas seulement les pires saloperies : la came, les trucs pour pirater les cartes bleues, les virus, les médocs frelatés, la prostitution… Tu vas aussi vouloir limiter les activités récréatives qui bouffent toute la bande passante, type streaming porno. Au final, tu vas contrôler internet encore plus qu'un État le ferait, et de manière encore plus arbitraire, ce qui pose bien la question de fond : est-il vraiment "bien" de participer à Tor?
[^] # Re: Logiciel de statistique ?
Posté par arnaudus . En réponse au journal Sous représentation de Linux dans les études médiamétrie ?. Évalué à 7.
Il est tout à fait possible que ça soit contre rémunération, avec un contrat et tout, c'est toi qui décides. Il me semble évident que médiamétrie doit avoir un processus adapté pour traiter les données privées, étant donné que c'est leur fond de commerce (à quelle heure tu as été pisser pendant le film, etc).
Sur le fond, mediamétrie est une entreprise privée, qui a des clients et des actionnaires. Elle ne te doit rien de particulier, ce n'est pas un droit d'avoir un logiciel qui tourne sur tes ordinateurs. Si le logiciel ne tourne pas sous Linux, c'est un biais dans leurs données (même s'ils représentent que 5% du marché, les linuxiens ont un comportement inhabituel de consommation et d'utilisation d'Internet, et ne pas les inclure peut biaiser les résultats des études). Cependant, tu ne peux pas forcer une boite comme celle-là à être scientifiquement rigoureuse : la valeur des résultats ne dépend que de ce que les clients veulent payer pour les avoir. De fait, ça veut surtout dire que les clients se foutent totalement des gens qui font attention à ce qu'ils installent sur leurs machines ; le cœur de cible est probablement plus l'internaute moyen qui ne met pas de mot de passe à son wifi et qui n'a pas de bloqueur de pubs.
Sur la forme, c'est hyper-vexant d'être exclu d'études de consommation, parce que c'est une preuve assez violente de non-intégration dans la société. Quand j'étais étudiant, je me rappelle avoir été sollicité pour une enquête par téléphone, une des premières questions était le montant de mon loyer, et après avoir donné la réponse, on m'a fait comprendre que "je n'étais pas le public visé" (autrement dit, que mon pouvoir d'achat n'était pas suffisant pour que les commanditaires de l'enquête acceptent de payer le salaire du télé-opérateur). Le côté "sollicitation - exclusion" est quand même problématique, même pour la qualité des enquêtes (je pense que beaucoup de gens ne répondent plus à aucune enquête pendant plusieurs années). Le minimum serait de laisser l'entretient aller jusqu'au bout, même si le questionnaire est réduit.
# C'est pourtant clair!
Posté par arnaudus . En réponse au message Licence CC avec clause non commerciale. Évalué à 3. Dernière modification le 06 février 2015 à 16:41.
La FAQ de CC est pourtant très claire : la clause NC n'est pas claire par design. Autrement dit, c'est au "licenseur" (je en sais pas comment ça se dit en français) de préciser, s'il le souhaite, la portée de la clause NC. S'il ne précise rien, c'est à toi de lui demander. S'il ne te répond pas, ou si ses prétentions sont abusives et vont au delà d'une lecture honnête de la clause NC, tu es dans une situation juridiquement indéfinie.
Parmi tes questions, j'ai une seule certitude : pour l'utilisation interne dans ton entreprise, tu peux faire ce que tu veux. Tout comme la GPL, la licence CC-NC règlemente la diffusion du logiciel, pas son utilisation. Du coup, tu peux prendre un soft CC-NC pour faire du microtrading et lever des millions par jour, tu ne violes pas la clause. Par contre, si tu distribues des DVD avec une collection de logiciels à prix coûtant, tu violes la clause.
Plus précisément, la clause empêche les redistributions qui sont principalement associées à une pratique commerciale. Clairement, ça empêche toute vente que ce soit. J'imagine que ça empêche aussi la vente de prestation autour du logiciel. Par contre, si tu fais tourner un serveur web avec des logiciels NC et que tu affiches des publicités, j'ai l'impression que ça ne relève pas de la pratique commerciale (mais puisque de toutes manières tu ne distribues pas le logiciel, la licence est totalement indifférente). Par contre si tu offres un lien pour télécharger le logiciel, crac, pratique commerciale.
Moralité, cette licence n'aurait jamais dû exister, et il ne faudrait jamais l'utiliser. Elle ne fait pas ce qu'elle est censée faire dans l'esprit de la personne qui l'a choisie (j'imagine que l'idée, c'est de récupérer une partie des bénéfices des entreprises qui utilisent le soft pour faire de l'argent), mais qu'elle risque simplement de gêner la distribution (puisque c'est la distribution qui est interdite, pas l'utilisation) tout en mettant beaucoup d'associations, d'administrations publiques, etc. dans des situations juridiquement mouvantes.
[^] # Re: Puisqu'on est sur Linuxfr, autant être précis
Posté par arnaudus . En réponse à la dépêche NSA - À propos de BULLRUN. Évalué à 4.
Je pense sincèrement qu'il n'y a rien à comprendre. On a un tableaux avec trois échelles ordinales (classés, mais qualitativement) : une mesure de gravité, une mesure de fréquence, et une mesure d'importance. L'importance augmente avec la gravité? OK. L'importance augmente avec la fréquence? OK. Mais une "unité" de fréquence vaut une unité de gravité, c'est très étrange. Je doute qu'on puisse faire quoi que ce soit de sérieux avec un truc aussi fumeux.
[^] # Re: Question complexe
Posté par arnaudus . En réponse au journal Participation communautaire sur un texte de loi qui va être proposé. Évalué à 3.
Tu peux développer ou il n'y a rien derrière tes formules creuses? Genre, par exemple, une proposition d'État qui fonctionne sans pouvoir exécutif?
[^] # Re: En concurrents…
Posté par arnaudus . En réponse au journal Sourcesûre, une plateforme francophone pour lanceurs d'alertes. Évalué à 3.
Ça dépend de qui et de quoi, et c'est bien ça le problème… tant que c'est spontané, on peut imaginer que les gens font ça par honneur ou par devoir (ou éventuellement pour être reconnus, ou simplement pour nuire à quelqu'un). Quand c'est pour du pognon, c'est glauque, quand même…
Je ne suis pas naïf au point de penser que toute vérité est bonne à dire, et j'avoue que je ne comprends pas les raisons qui poussent à penser le contraire. Révéler la couverture de nos espions en Irak ou en Syrie par exemple, ou l'identité d'agents infiltrés dans BokoHaram, erk. En plus, c'est presque un meurtre, de faire ça.
[^] # Re: En concurrents…
Posté par arnaudus . En réponse au journal Sourcesûre, une plateforme francophone pour lanceurs d'alertes. Évalué à 6.
Euh, dans quelle mesure ceci est-il différent de la corruption? Autant je peux trouver une certaine moralité quand un individu décide illégalement de diffuser un certain nombre d'informations détenues par une personne morale ayant autorité (employeur, administration…) parce qu'il pense que le public devrait les connaitre ; autant j'ai du mal à trouver quoi que ce soit de positif dans l'acte de rémunérer quelqu'un pour obtenir les mêmes informations. En particulier, ça mène au paradoxe total qu'une société plus démocratique ne peut émerger que dans un État corrompu….
[^] # Re: Point sécurité.
Posté par arnaudus . En réponse à la dépêche Se passer de Dropbox en montant son coffre-fort numérique à la maison. Évalué à 3.
Tu ne peux pas confondre dans ton raisonnement les requêtes arbitraires de l'administration, et l'application du pouvoir judiciaire. Il est légitime pour la police de faire des enquêtes, et il est légitime que dans ce cadre, elle soit en mesure d'obtenir des renseignements que tu ne veux pas particulièrement lui fournir. Ma version de la chose, c'est donc "je n'ai rien à cacher à la justice", non pas que je n'aie rien à me reprocher, mais plutôt qu'il est normal que le pouvoir judiciaire puisse obtenir un certain nombre de choses, et que je sois puni si je ne souhaite pas les fournir.
Je suis complètement d'accord pour dire que c'est notre liberté de se protéger d'intrusions illégales et illégitimes ; et que c'est notre devoir en tant que citoyen de ne pas s'opposer à des requêtes légales et légitimes. Que le requérant possède un képi ou non, ça ne change pas grand chose, ce qui compte c'est le respect des règles, et en particulier la séparation des pouvoirs. Après, tu peux aussi consédérer que les lois sont pourries, que la démocratie est viciée, etc, mais c'est contradictoire avec le fait que tu es censé accepter les règles de vie commune, et notamment cette malheureuse "dictature de la majorité". Où commence le délire anarchiste? Tu veux refuser l'accès à tes données à une personne qui a légalement le droit de les consulter, tu veux aussi dénier le droit à un policier de t'empêcher de rentrer sur une scène de crime, le droit aux services fiscaux de te forcer à payer tes impôts, le droit à la puissance publique de t'obliger à instruire tes enfants?
[^] # Re: Point sécurité.
Posté par arnaudus . En réponse à la dépêche Se passer de Dropbox en montant son coffre-fort numérique à la maison. Évalué à 1.
Si les flics débarquent chez toi, c'est probablement pour quelque chose de plus sérieux que le téléchargement d'une série… L'entrave à la justice n'est qu'un moyen parmi d'autres de te condamner parce que tu as refusé de fournir des preuves, c'est exactement pareil que de brûler des documents compromettants. Les juges ne sont pas des débiles profonds, tu ne gagneras jamais en expliquant que quand la police est arrivée, tu avais froid et tu te faisais un feu avec les factures de Bygmalion. C'est exactement pareil pour le disque dur ; si les flics sont chez toi, c'est qu'ils ont déja des éléments (par exemple adresse IP). Si tu ne déchiffres pas le disque, tu risques d'être condamné pour entrave et pas pour le délit inital, mais ça ne change pas.
Je ne conteste absolument pas le raisonnement des juristes, tel que maître Eolas, sur la forme. Mon problème porte plus sur le fond : ce qui est mal d'un point de vue moral, c'est de violer la loi. Si tu es pêté de thunes, tu peux griller le même stop en vélo tous les jours devant la police, tous les jours tu payeras une amende, et tu es raccord avec la justice. Mais ça ne rend pas ton action morale pour autant. Ton raisonnement revient à dire qu'il est normal de buter quelqu'un si tu te débrouilles bien pour cacher le corps et qu'on ne te retrouve jamais. L'article de loi que je t'ai copié dit simplement qu'il est illégal de ne pas fournir le mot de passe. Qu'il puisse exister des excuses à la con pour ne pas être condamné dans certaines circonstances ne change absolument pas le fait que c'est illégal.
[^] # Re: Point sécurité.
Posté par arnaudus . En réponse à la dépêche Se passer de Dropbox en montant son coffre-fort numérique à la maison. Évalué à 3.
Ça n'a rien à voir avec garder le silence, je ne vois pas la logique du truc. Un flic se pointe chez toi pour une perquisition par exemple, dans le cadre d'une instruction. Il te demande ton mot de passe, et tu es censé lui fournir. Il peut aussi te demander d'ouvrir ton coffre fort, c'est exactement le même principe. Tu es censé obtempérer, tout en gardant le silence si tu veux.
De toutes manières, que tu files ou pas ton mot de passe, ils vont t'embarquer ton disque. Et à part faire peser des charges supplémentaires contre toi, je ne vois absolument pas à quoi ça peut bien servir de ne pas déchiffrer ton disque. Renverse le raisonnement : en tant que citoyen, j'estime que les forces de police sont en droit de savoir ce que tu as sur tes disques si c'est dans le cadre d'une enquete de police sous contrôle d'un juge d'instruction, dans le respect des règles, des lois, et de la constitution. Je ne vois pas où est le problème.
[^] # Re: Point sécurité.
Posté par arnaudus . En réponse à la dépêche Se passer de Dropbox en montant son coffre-fort numérique à la maison. Évalué à 2.
??? Qui t'a raconté ça? C'est une entrave à la justice, tu risques 3 ans de prison et 45000€ d'amende. Les peines sont même majorées si le fait de fournir les mots de passe peut empêcher de commettre un délit.
[^] # Re: Point sécurité.
Posté par arnaudus . En réponse à la dépêche Se passer de Dropbox en montant son coffre-fort numérique à la maison. Évalué à 10.
[^] # Re: Merci pour cette news et pour les commentaires
Posté par arnaudus . En réponse à la dépêche Se passer de Dropbox en montant son coffre-fort numérique à la maison. Évalué à 3.
Qu'est-ce qui t'empêche de chiffrer tes documents sensibles avant de les mettre sur le serveur du tiers en qui tu n'as pas confiance?
[^] # Re: Point sécurité.
Posté par arnaudus . En réponse à la dépêche Se passer de Dropbox en montant son coffre-fort numérique à la maison. Évalué à 3.
Vu que le possesseur dudit képi est en droit de te demander ta clé de chiffrage, je ne vois pas vraiment ce que ça change.
[^] # Re: Fragmentation
Posté par arnaudus . En réponse au journal Microsoft investit dans CyanogenMod !?. Évalué à 3.
Tecnhiquement, c'est plus ou moins le cas. Il y a la version de l'OS, mais aussi toutes les caractéristiques de l'appareil (taille de l'écran, présence de senseurs, mémoire, processeur, etc), qui semblent mettre le bazar partout. Google gère ça relativement bien, en cachant les applications non-compatibles dans Google Play (il y a quand même pas mal d'erreurs), mais la conséquence, c'est que sur certains appareils, tu n'as accès qu'à une partie ridicule du store. Du coup, on a beau te dire "l'application existe sur Android", rien ne garantit qu'elle va être disponible pour ton Android. C'est un problème pour tout le monde, développeurs, utilisateurs, commerciaux, vendeurs de téléphone, etc. Et ça donne une mauvaise image d'Android pour tout le monde.
[^] # Re: Fragmentation
Posté par arnaudus . En réponse au journal Microsoft investit dans CyanogenMod !?. Évalué à 10.
Bof, Google est le premier responsable de la fragmentation, avec la complicité des vendeurs de téléphones (ou l'inverse). Si par exemple il était possible de mettre à jour son Android, il y aurait nettement moins de fragmentation (et on pourrait très bien suggérer aux utilisateurs de mettre à jour leur appareil).
Ce n'est pas Android qui est trop fragmenté, c'est le monde du smartphone en général. Pendant des années, on nous a rabaché que c'était beaucoup trop coûteux pour une boite de maintenir une version Linux en plus des versions Mac et Windows, y compris pour les programmes vendus relativement cher (suite Office, jeux, etc), et maintenant on voudrait nous faire croire qu'il est rentable de développer 10 versions d'applications gratuites?
[^] # Re: Intelligence artificielle... warf...
Posté par arnaudus . En réponse au journal Bill Gates est « préoccupé par la superintelligence » artificielle. Évalué à 5.
C'est exactement la définition de la singularité technologie, la violence en moins. Si quelqu'un crée une IA capable de s'améliorer elle-même, on va avoir une rupture dans l'histoire de la technologie—des innovations technologiques à profusion, virtuellement instantanées.
La notion d'intelligence artificielle est quasiment impossible à définir de manière consensuelle, mais en tout cas, pour générer une singularité technologique, il lui faut plusieurs propriétés : la capacité de créer des IA plus performantes, et la capacité à inventer des "choses" autres que des IA. La deuxième exclut dans une certaine mesure tout ce qui consiste en du calcul brut. Par exemple, une IA capable de démontrer des théorèmes mathématiques ne pourrait pas enclencher un tel cycle, par contre, une IA capable de créer de nouvelles conjectures, de démontrer des théorèmes, et de produire des IA encore plus fortes pour définir de nouvelles conjectures, de démontrer des théorèmes, et de produire des IA encore plus fortes, pourraient plus ou moins "résoudre" les mathématiques, ce qui serait quand même une sorte de truc important pour l'humanité…
[^] # Re: Intelligence artificielle... warf...
Posté par arnaudus . En réponse au journal Bill Gates est « préoccupé par la superintelligence » artificielle. Évalué à 5.
Mouais, si je comprends bien, tu veux dire que l'"OS cérébral" qui a inventé les avions, les ordinateurs, et les centrales nucléaires est le même que celui qui a inventé le fondamentalisme religieux, l'épuration ethnique, et le bizutage. Du coup, on peut très bien disposer prochainement d'un programme d'IA tellement puissant qu'il est capable de concevoir des IA encore plus intelligentes, en le faisant tourner sur une machine qui n'arrive pas à détecter ton imprimante wifi? Ça me parait paradoxal, mais pas forcément plus que l'existence de gamins miséreux qui passent leur vie à récupérer quelques grammes de métaux précieux dans nos poubelles informatiques…
[^] # Re: Intelligence artificielle... warf...
Posté par arnaudus . En réponse au journal Bill Gates est « préoccupé par la superintelligence » artificielle. Évalué à 6.
En même temps, c'est un peu la discussion qu'on a eue sur un autre fil il y a peu de temps, est-ce que les datacenters de Google sont vraiment "intelligents"? Contraitement à la plupart des approches en IA, les algorithmes sont profondément bêtes ; ils ne font que chercher des réponses dans la base de données gigantesque des connaissances humaines numérisées. Plus cette base sera exhaustive et plus les algorithmes de recherche seront précis, et plus on aura l'impression d'accéder à une sorte de mémoire centrale de l'humainité. Cependant, une telle structure n'est pas "intelligente" et ne peut rien inventer, rien créer, rien produire à part des synthèses des données qu'elle contient. Elle est donc totalement incapable de générer cette fameuse singularité, son point d'arrivée ne peut être qu'une sorte de Wikipédia incroyablement exhaustive munie d'une interface intuitive, mais elle sera totalement dépendante de la création humaine pour s'enrichir de nouvelles données. Elle va pouvoir te lister tous les algotithmes de tri, mais ne pourra pas en inventer un. Elle pourra te lister des centaines de milliers de conjectures mathématiques, sans pouvoir en démontrer aucune.
J'ai l'impression que dans le domaine logiciel, pour avoir une singularité, il faut impérativement des machines autoprogrammables. Par exemple, des logiciels qui auto-codent de nouvelles fonctionnalités, ce genre de choses. 20 ans me semble très optimiste pour voir une telle technologie fonctionner réellement. Au cours des 20 dernières années, quelles ont réellement été les innovations en terme de programmation (pas les trucs cryptiques et en proof of concept dans les labos de recherche)? Vu comment c'est parti, il ne me semble pas improbable que dans 20 ans, on en soit toujours à peu près au même point…
# Intelligence artificielle... warf...
Posté par arnaudus . En réponse au journal Bill Gates est « préoccupé par la superintelligence » artificielle. Évalué à 10.
Pendant que certains se font peur tout seuls avec l'intelligence artificielle, on doit composer tous les jours avec des OS plus ou moins buggués, toujours aussi techniques à installer et à utiliser, et toujours aussi "bêtes". Il y a une évolution très nette des supports informatiques : tout petits ordinateurs avec des écrans tactiles, wifi, toujours plus de données stockées dans un petit espace… Mais pour ce qui est de la qualité générale les logiciels, warf warf. On a utilisé les améliorations des capacités de calcul pour faire tourner les logiciels dans des frameworks de plus en plus lourds (flash, java…) ; les gains de réactivité sur les accès disque ont été plus que largement compensés par la nécessité de pinger un serveur à l'autre bout de la planète pour ouvrir n'importe quelle application… C'est toujours aussi long de développer le moindre logiciel, toujours aussi long de le débugguer, toujours aussi galère pour le faire tourner sur plusieurs plateformes et lui faire passer les mises à jour du système. Bref, on en est encore à passer le plus clair de notre temps à faire tourner des logiciels triviaux correctement. Si d'ici 50 ans on pouvait arriver à des systèmes à peu près stables, à peu près robustes, et à peu près compatibles avec le matériel et le logiciel des autres, je pense que ça serait un progrès très net. Ça me semblerait assez dément d'imaginer que la singularité technologique est imminente alors qu'on sait à peine comment être sûr d'afficher correctement un lecteur vidéo sur une page web…
[^] # Re: La viande !
Posté par arnaudus . En réponse au journal Climat et logiciel. Évalué à 0.
Tu pourrais au moins me donner le bénéfice du doute et dégrader le sophisme en paralogie… Je revendique l'effet de style, tout le monde a compris que je ne voulais pas dire "tout le monde". (tiens, une paralogie récursive).
Pour rebondir sur les autres commentaires, il y a une différence très nette entre "tout le monde est d'accord pour dire", "tout le monde est d'accord pour faire", et "tout le monde fait". Je suis d'accord pour dire plein de trucs que je ne fais absolument pas. J'irais même plus loin : je suis d'accord pour dire plein de trucs que je n'ai même pas l'intention de faire. Par exemple, je suis d'accord pour dire que ça serait bien que je fasse un régime.