arnaudus a écrit 5774 commentaires

  • [^] # Re: Dieu n'existe pas

    Posté par  . En réponse au journal Paris sous les balles. Évalué à 3. Dernière modification le 18 novembre 2015 à 15:43.

    Je n'ai jamais suggéré que la France était responsable de ça, mais l'histoire de l'immigration en France fait que les musulmans sont encore plus fragmentés en France que dans la plupart des pays (à l'exception des US, peut-être). Quand je pensais à la fragmentation, je ne pensais pas seulements aux courants classiques, mais aussi à la fragmentation par génération (la pratique de l'islam est complètement différente entre les migrants et les enfants issus des deuxièmes ou troisièmes générations), par pays d'origine (les communautés d'origine algérienne, tunisienne, marocaine, sub-saharienne, et moyen-orientales sont du même ordre de grandeur), et entre régions (pratiquer l'islam à Saint-Denis ou à Clermont-Ferrand, c'est quand même pas pareil). Tout ça explique parfaitement qu'on ne peut pas s'attendre à ce qu'une grand-mère Syrienne tout juste arrivée et un gamin de 13 ans dont les parents sont nés en France puisse émettre un avis homogène en tant que musulmans. D'ailleurs, le deuxième risque d'avoir un avis beaucoup plus mesuré que la première, et ça, la France en est responsable.

  • [^] # Re: Dieu n'existe pas

    Posté par  . En réponse au journal Paris sous les balles. Évalué à 6.

    Je pense que personne n'imagine que les musulmans en général soutiennent Daesh et le terrorisme, mais il faut aussi être réaliste : on aimerait tous que la version idéale républicaine soit vraie, mais la réalité est toujours plus complexe que ça. J'ai l'impression qu'historiquement (avant 2015), en France la communauté musulmane est fragmentée et très diverse, mais que les différents courants sont plus ou moins poreux. En clair, l'extrêmisme n'est pas isolé, il y a tout un continuum entre la masse des musulmans par tradition avec une interprétation très libre du Coran, et le fanatisme, avec tous les intermédiaires possibles (variation des positions sur l'alcool, sur le rôle de la femme, sur la "soumission" aux règles elles-mêmes, et sur le statut des infidèles, non-croyants, et apostats). Il faut bien sûr prendre en compte l'existence d'un communautarisme, qui n'est probablement pas dû à la religion, mais au rejet politique, économique, et social des musulmans par le reste de la société française. Je n'ose pas trop imaginer comment on peut vivre le fait que 35% de la population vote pour un parti dont le programme prévoit plus ou moins explicitement de nous renvoyer dans le pays de nos parents ou de nos grands-parents, mais ça ne m'étonne pas qu'on puisse se sentir un peu à part.

    Bref, toute cette digression pour justifier que la réalité est complexe, et que même l'attentat contre Charlie Hebdo n'a pas été rejeté de manière claire et homogène par l'ensemble des musulmans. J'imagine que les choses pourraient bien être différentes maintenant, ceci dit, mais il ne faut pas se leurrer : Daesh et l'extrêmisme islamiste relèvent bien d'une vision de l'islam, vision complètement dégénérée, on est bien d'accord, mais qui recrute dans les rangs des musulmans traditionnalistes et conservateurs. Imagine que quelqu'un fasse pêter une bombe dans un QG de néo-nazis, tu peux réprouver le geste sans avoir vraiment de sympathie avec les victimes, tu peux plus ou moins comprendre ou admettre les motivations des tueurs en fonction de ta poximité culturelle avec eux, etc. Le chantage affectif qu'on fait aux musulmans après chaque évènement lié au terrorrisme islamiste (sur la base de "vous êtes avec nous ou contre nous") pourrait bien avoir des conséquences pas très agréables, en particulier parce qu'il est dégradant pour n'importe qui de renoncer publiquement à un certain nombre de "valeurs culturelles" (il va sans dire que la "valeur culturelle" du port du voile, de la virginité au mariage, de la persécution des homosexuels, etc. me parait personnellement toute relative, mais ça fait partie intégrante de la culture pour certains français musulmans, et ça n'est pas en les forçant à y renoncer qu'on va progresser).

  • [^] # Re: Dieu n'existe pas

    Posté par  . En réponse au journal Paris sous les balles. Évalué à 5.

    Ils trouveraient une autre raison

    Sans être dans la tête de leurs dirigeants, c'est impossible à dire. C'est un peu comme si tu disais que la motivation d'Hitler n'était pas vraiment la domination de la race Aryenne sur l'Europe mais de sombres complots géopolitiques. À mon avis, la clé, ça serait de savoir si les gens qui prennent les décisions croient réellement à leur délire, ou s'ils manipulent consciemment leurs sous-fifres comme le feraient des gourous assoiffés de pognon. Personnellement, je pense que les dirigeants de Daesh sont réellement des allumés religieux, qu'ils pensent œuvrer pour le bien de leur religion, et qu'ils sont prets à mourir pour ça ; de la même manière qu'Hitler souhaitait réellement exterminer les juifs. Quand tu en es arrivé à ce genre de situation, tu ne peux pas utiliser les arguments géopolitiques et diplomatiques habituels.

    Pour moi, ce genre de trucs est vraiment la raison qui empêche de faire l'amalgame entre l'Allemagne nazie et l'URSS : bien sûr, les deux ont fait de nombreux morts, mais l'URSS n'était qu'une dictature "classique", dont les exactions ont eu des motivations purement politiques dans l'unique but de préserver le pouvoir des dirigeants. Les crimes des nazis avaient une motivation idéologique, irrationnelle. Et j'ai l'impression que les motivations de Daesh sont totalement idéologiques : la volonté d'expansion et d'exactions n'est pas motivée par un désir d'accroitre les richesses et la superficie contrôlée, mais par une sorte d'appel religieux à étendre une idéologie à l'échelle d'un territoire ou d'un continent.

  • [^] # Re: Dieu n'existe pas

    Posté par  . En réponse au journal Paris sous les balles. Évalué à 7.

    Autrement dit ce n'est pas trop un fait religieux mais plutôt (géo) politique non ??

    Je ne sais pas ce qu'il te faut pour qualifier un attentat de religieux ; les guerres de religion sont toutes géo-politiques à un certain point, mais là, il s'agit quand même d'attentats suicides commis par des mecs ultra-radicalisés parce que la France balance des bombes sur un pseudo-État islamiste. Jusqu'à preuve du contraire, ces attaques se font au nom de leur conception de l'Islam à travers une lecture radicale du Coran. Autrement dit, sans l'histoire de religion, l'EI n'existe pas.

    Après, je suis bien d'accord pour dire que le même raisonnement s'applique à l'État d'Israël, qui lui est bien reconnu par les nations unies (État sans réelle légitimité territoriale construit sur une base d'uniformité religieuse).

  • # Le dire c'est bien, le faire c'est mieux

    Posté par  . En réponse au journal Et si l'on pensai ? Enfin je veux dire et si l'on pensai par soi même, ça donnerai quoi ?. Évalué à 10.

    En fait, pour être tout à fait franc, quand on produit une réflexion de qualité, le texte se suffit à lui-même. D'expérience, quand on commence par "Je suis le seul à penser des trucs, les autres ne font que de la merde, lisez ma prose, c'est long mais ça vaut le coup, ne regardez pas trop mes chevilles qui enflent", etc, bah le texte reflète exactement le contraire.

    Du coup, la prochaine fois, passe plus de temps à penser, et moins à te faire mousser, et ça va passer beaucoup mieux!

  • [^] # Re: Et ?

    Posté par  . En réponse au journal Et si l'on pensai ? Enfin je veux dire et si l'on pensai par soi même, ça donnerai quoi ?. Évalué à 4.

    L'uniformité du discours télévisuel est souvent vu (à tort) comme une preuve de la théorie du complot. La télé ne propose pas d'enquêtes approfondies, et ne fait que mettre en image les dépèches AFP. Mais il ne faut pas jeter le bébé avec l'eau du bain. La télé est un média intégré à la démocratie, il existe des règles strictes sur le temps de parole des différents partis, et elle propose systématiquement une approche contradictoire, même si elle est toujours un peu théatrale et mise en scène (une allocution du premier ministre, puis l'intervention d'un opposant qui va dire qu'il n'a pas aimé ce qu'a dit le premier ministre). La télé est aussi l'instrument de la solennité du pouvoir, avec tout ce qu'il a de bizarre au XXIe siècle (les dorures, les palais, etc). On peut trouver ça nul, mais en même temps, c'est peut-être le dernier endroit où l'on montre un minimum de respect pour les dirigeants (on peut dire "Monsieur le Président" sans être un lèche-boule). Bref, entre les chaines parlementaires et les journaux TV, on trouve quand même un minimum d'informations sur le fonctionnement de la démocratie, bien plus que dans d'autres médias.

  • [^] # Re: Dieu n'existe pas

    Posté par  . En réponse au journal Paris sous les balles. Évalué à 7.

    et que tu m'impose pas ta morale et ta vision du monde

    … et que tu ne me balances pas une rafale de kalash' quand je prend l'apéro. Parce que moi, jusqu'ici, le pouvoir de nuisance max des gens qui voient des choses qui n'existent pas, c'était les témoins de Jéovah qui m'obligeaient à mettre le jeu en pause pour leur dire d'aller voir ailleurs.

    Sur le fond, c'est quand même plus que ça. Le lobby religieux a des conséquences réelles, même en France, notamment en termes de progrès social et sociétal. J'ai même l'impression que la marque de la morale religieuse, c'est de se mêler de ta vie alors que tu n'as rien demandé (avec une fascination toute particulière sur ce que tu fais avec tes organes génitaux et avec les orifices de ton tube digestif). Ça peut même être gentil, du style "je vais prier pour que vous guérissiez de votre bronchite", mais c'est toujours basé sur le fait qu'ils s'intéressent à toi plutôt qu'à leurs oignons. Du coup, si tu leur demande de ne pas se mêler de ta vie, tu leur demande de renoncer au principe de leur morale.

  • [^] # Re: Dieu n'existe pas

    Posté par  . En réponse au journal Paris sous les balles. Évalué à 10.

    Bon, ça dépend des religions, mais le Dieu judéo-chrétien est en effet une énorme enflure : il est sadique, fait souffrir des innocents (et surtout des croyants) pour tester la foi de ses sujets, il est complètement mégalo (il faut vénérer son nom et chanter ses louanges pour ne pas s'attirer le chatiment divin), il envoie son fils se faire zigouiller sans lui donner les pouvoirs magiques permettant de transmettre son message de manière convainquante ; il est complètement injuste (les enfants morts avant d'être baptisés n'accèdent pas au paradis) et totalitaire (son truc préféré c'est quand tout le monde rampe à ses pieds sans remettre en cause son autorité). Il ne faut pas se leurrer, c'est le père fouettard, un truc qui fout tellement les jetons aux gamins qu'il préfèrent croire en lui plutôt que de risquer son courroux. Heureusement qu'il s'est magiquement dupliqué en un fils gentil (parce que la classe virtuelle pure "Saint Esprit" n'est pas compilable à cause d'une erreur de syntaxe, de toutes manières), parce que pris dans son ensemble, Dieu tient plus de Saddam Hussein que de Gandhi…

  • [^] # Re: Dieu n'existe pas

    Posté par  . En réponse au journal Paris sous les balles. Évalué à 4.

    c'est que ce n'est pas réfutable, par définition

    Mais bien sûr que si, et c'est justement une communication intensive des "croyants" qui te fait croire le contraire (autrement dit, tu véhicules sans le savoir des éléments de langage destinés à maintenir l'existence d'un pseudo-débat).

    Plus exactement, ce n'est pas l'existence des Dieux qui est réfutable, mais c'est leur action magique sur le monde. Un dieu non-interventionniste n'est pas réfutable autrement que par le rasoir d'Occam (autrement dit, si on arrive à expliquer les choses sans Dieu, la démarche logique consiste à privilégier l'hypothèse où il n'a aucun rôle). Mais la plupart des gens croient à un Dieu interventionniste. Les gens croient que se mettre à genoux pendant des heures dans une église va modifier la gravité du cancer de grand-tonton, ou que le voisin a eu un accident de voiture parce qu'il a mangé du cochon. D'une manière générale, la religion (les rituels, etc) sont fortement liés à la nature interventionniste de la déité magique, puisqu'il n'y aurait aucun intérêt de discuter le bout de gras avec Dieu si au final ça ne changeait rien (à moins de tout parier sur la vie éternelle, mais c'est un argument qui peut sembler peu convainquant). Et un Dieu interventionniste, il intervient sur le monde physique, et change des choses, qui seraient détectables par une analyse statistique ou scientifique adéquate, donc parfaitement réfutable.

  • [^] # Re: Dieu n'existe pas

    Posté par  . En réponse au journal Paris sous les balles. Évalué à 10.

    Beaucoup de monde est athée, beaucoup moins est nihiliste.

    Bof, je crois que tu prends ton cas personnel pour une réalité. Croire en la vie après la mort, c'est croire que l'esprit (l'âme, ou n'importe quoi, on s'en fout, les trucs qui n'existent pas peuvent prendre autant de formes qu'on veut) peut exister en dehors du cerveau où il se trouve, ce qui est matériellement débile et contraire à tout ce qu'on connait de la biologie, de la phyisque, de la chimie, bref, c'est fantasmagorique. Il me semble au contraire de toi que la réfutation de la pensée magique se fait la plupart du temps en bloc, parce que c'est une histoire de cohérence.

  • [^] # Re: Dieu n'existe pas

    Posté par  . En réponse au journal Paris sous les balles. Évalué à 8.

    croire que "Dieu" n'existe pas est autant une croyance que croire que "Dieu" existe.

    Euh, bah non. Tu peux croire ou ne pas croire que la programmation objet est efficace, c'est équivalent. Par contre, "ne pas croire que quelque chose existe", ça n'est pas symmétrique avec "croire que quelque chose existe".

  • [^] # Re: reforme

    Posté par  . En réponse au sondage J'utilise les touches "Arrêt Défil" et/ou "Pause/Attn". Évalué à 6.

    Il ne faut pas non plus oublié qu'un certain nombre de touches inutiles ont été récupérées pour des fonctions non-prévues à l'origine (@; #, |, & …). D'où, paradoxalement, l'utilité des touches qui ne servent à rien.

  • [^] # Re: Pour jouer

    Posté par  . En réponse au sondage J'utilise les touches "Arrêt Défil" et/ou "Pause/Attn". Évalué à 9.

    Ça me semble plutôt une bonne idée, en fait…

  • [^] # Re: Le monde est rempli de sociopathes/psychopathes

    Posté par  . En réponse au journal Debian live: fin brutale. Évalué à 4.

    Bah, ce qui me gène un peu, c'est qu'on parle beaucoup de communication, de nuances, de diplomatie, etc., mais on ne parle pas du tout de gouvernance. Un projet comme Debian ne peut pas évoluer du fil de l'eau, il lui faut une gouvernance, une ligne, et les moyens d'appliquer les décisions. Le problème des décisions consensuelles est qu'elles finissent toujours par une hyper-complexification du système, et à l'hétérogénéité. Je ne dis pas du tout que la situation dont on parle correspond à ça, puisque je n'ai pas compris du tout ce qu'il en était ni quelle était l'origine du problème, mais je ne pense pas qu'on puisse toujours prendre parti pour les tenants du consensus.

    L'autre problème, évidemment, c'est l'ambiance des discussions entre développeurs libres. Il n'y a qu'à voir l'ambiance sur les mailing list du kernel, c'est vraiment élitiste et geek au possible : les vannes sont méchantes, les critiques perçantes, ça sent la testostérone et les frictions par clavier interposé. Un peu comme un vestiaire de rugbymans, ils jouent tous dans la même équipe, il existe une forme de solidarité très forte dans la communauté, mais ça fritte en permanence. On pourrait penser qu'un mec tout gentil n'a rien à faire dans un vestiaire de rugby, et qu'un dev gentil subirait les mêmes brimades dans un monde où ça fritte en permanence. On peut le regretter, hein, mais d'après le peu que je connaisse du projet Debian, ça n'est pas un monde de tendres, et finanlement, c'est aussi une sorte de "tradition" culturelle.

  • [^] # Re: M'voyez

    Posté par  . En réponse au journal Un autre s'est fait prendre. Évalué à 4.

    C'est peut-être une mauvaise cueillette de champignons…

  • [^] # Re: malice/complot/incompétence, touss

    Posté par  . En réponse au journal De cause à effet?. Évalué à 3.

    Mouais, je trouve quand même que la direction des services de l'État (typiquement, direction des hôpitaux, présidence des universités, etc) sont en général occupés par des gens plus préoccupés par leur carrière que par les conséquences de leurs actions (ou de leur non-action).

  • [^] # Re: malice/complot/incompétence, touss

    Posté par  . En réponse au journal De cause à effet?. Évalué à 5.

    Je sais qu'il est de bon ton de cracher sur les fonctionnaires, cela rencontre toujours son public.

    Étant moi-même fonctionnaire, je n'avais absolument pas l'intention de «cracher sur les fonctionnaires». Je parlais justement des «hauts fonctionnaires», c'est à dire de gens qui ne rentrent absolument pas dans ce que le grand public entend comme «fonctionnaire». Le problème, c'est que la plupart des hauts fonctionnaires sont techniquement incompétents—je veux dire par là qu'ils n'ont simplement pas les compétences leur permettant d'exercer leurs responsabilités. En général, c'est principalement un problème de RH, de ressources, et de répartition des tâches. Tu vas envoyer des administratifs signer des contrats de PPP rédigés par les armées de juristes de Bouygues, par exemple. Comment peux-tu imaginer que ces administratifs puissent représenter les intérêts de l'État? C'est simplement injuste, l'État n'est pas armé pour ce genre de négociations. Dans n'importe quelle boîte privée, quand quelqu'un foire tout ce qu'il fait à un poste donné, c'est son manager ou les gens qui l'ont mis à ce poste qui prennent une soufflante (en plus de l'éviction du mec en question, évidemment). Dans le public, ça n'est jamais remis en cause. Les promotions se font à l'ancienneté ou sur des critères débiles de concours internes, il n'y a aucune évaluation des conséquences de stratégies, des décisions, des protocoles administratifs, des pertes de productivité associées à une nouvelle règle comptable inapplicable, etc. En général, d'après mon expérience, la plupart des fonctionnaires sont très compétents, c'est juste l'organisation des services (et donc la tête de ces services) qui sont totalement inappropriés.

  • [^] # Re: Réécriture de l'histoire

    Posté par  . En réponse à la dépêche L’histoire de Microsoft et le logiciel libre - Mons (Belgique), 19 novembre 2015. Évalué à 7.

    Mais dès qu'il reprendront du poil de la bête qui te dit qu'il ne retomberont pas dans leur bonne veilles habitudes ?

    Quelque part, l'avantage du LL c'est que si une boite devient "méchante", le code est toujours libre et on peut forker. Si personne ne forke c'est que le logiciel n'intéressait personne, et qu'on ne perd donc pas grand chose.

    On peut aussi voir des contributions au libre sous forme de patches de compatibilité. MS sait très bien que les problèmes de compatibilité entre les suites office sont un frein à la migration, ce qui les arrange encore. Sauf que si un jour MS Office n'est plus si majoritaire que ça, le problème existera aussi dans le sens contraire, et ça sera tout bénef pour MS de contribuer à un meilleur support des .docx dans les suites concurrentes.

    Bref, une boite (surtout une boite US) n'est jamais idéologiquement bloquée. Elle peut s'être engagé dans une voie et maintenir cette stratégie temporairement si elle pense que c'est avantageux, mais ce n'est pas comme un être humain qui change de bord politique : une entreprise capitaliste va dans le sens du pognon. Si le contexte veut qu'on se fait plus de pognon en vendant du logiciel proprio, alors on vendra du logiciel proprio et on dira que GNU est un cancer. Si on pense se faire plus de pognon en vendant du support de logiciel libre, alors on changera complètement de philosophie, pas besoin d'arguments pour justifier un changement de position.

    Ce qu'on voit bien, c'est que 1) vendre du logiciel n'est plus aussi rentable qu'avant, 2) vendre un système d'exploitation est virtuellement impossible, 3) on peut rendre les utilisateurs aussi captifs qu'avant tout en fournissant gratos un OS libre (merci Google pour cette démonstration). Du coup, comme Windows 10 est pseudo-gratuit et que Windows 11 sera probablement encore plus gratuit, la question de l'Open Source (on ne parle pas de copyleft, hein) semble tout à fait pertinente.

  • [^] # Re: malice/complot/incompétence, touss

    Posté par  . En réponse au journal De cause à effet?. Évalué à 10.

    Ah oui, tout à fait, mais ça n'est pas un complot, ça. C'est juste de l'incompétence d'un côté, et de l'habileté de l'autre. C'est justement pour ça que l'État doit être protégé par la loi, il est totalement injustifiable que l'incompétence de quelques hauts fonctionnaires puissent engager la collectivité dans des rapports de force déséquilibrés.

    Le complot, ça serait de penser que les gouvernants agissent de manière consciente contre l'intérêt commun afin de défendre des intérêts privés. Je pense que ça n'est pas du tout comme ça que ça se passe. Les gouvernants ont simplement une autre idée de la défense de l'intérêt commun, où les questions d'ordre géo-politico-stratégiques passent avant l'indépendance des citoyens, les libertés individuelles, etc. C'est comme ça que les multinationales se débrouillent pour avoir une telle influence : elles promettent aux dirigeants ce que veulent les citoyens (emploi et croissance d'un côté, même si la plupart des emplois ne sont en fait pas en France, et pouvoir d'achat de l'autre, justement parce que les emplois ne sont pas en France). Quand un "spécialiste de l'économie numérique" va raconter au premier ministre que le big data et le marketting personnalisé représente un gisement de 500 000 emplois en France, tu crois vraiment qu'il va envoyer chier Google au prétexte que c'est pas bien de lire les emails des gens?

    En gros, les dirigeants ne sont pas des débiles profonds. Ils sortent simplement tous du même moule, dans lequel les solutions sont toujours les mêmes (relancer la croissance), toujours à brève échéance (5 ans grand max), sans qu'il n'y ait derrière aucun projet de société ni même aucune réflexion. Aucun d'entre eux ne penserait à soutenir un projet garantissant les libertés individuelles s'il y a le moindre risque de gêner une entreprise qui promet depuis longtemps de créer quelques emplois (et ce même si ladite entreprise ne crée en fait pas grand chose à part embaucher des juristes spécialisés dans l'évasion fiscale).

  • # Réécriture de l'histoire

    Posté par  . En réponse à la dépêche L’histoire de Microsoft et le logiciel libre - Mons (Belgique), 19 novembre 2015. Évalué à 8.

    Bon, il ne faut pas tourner autour du pot : ceci est une tentative de réécrire l'histoire. Ça colle bien avec la célèbre citation de Ghandi, "First they ignore you, …" etc ; Microsoft sent le vent tourner et voudrait bien qu'on oublie un peu leur communication et leur lobbying féroce contre le LL.

    Maintenant, on peut se demander si on ne peut pas les laisser réécrire l'histoire si ça peut permettre que Microsoft développe du logiciel libre. Après tout, l'objectif du logiciel libre n'a jamais été de couler des entreprises, et maintenant que Microsoft n'est plus tout puissant, il est peut-être possible de contribuer collectivement à un écosystème informatique plus sain, en particulier autour de la compatibilité des formats bureautiques, et de pactes de non-agression sur les brevets logiciels.

  • [^] # Re: …suite de la flame war

    Posté par  . En réponse au journal Ubuntu / Riddell : solve not found. Évalué à 3.

    De manière générale, c'est vrai qu'on peut toujours douter de ce genre de claquages de porte : quand un seul mec pète un plomb, ça peut aussi venir de lui. Ces comités ne sont quand même pas tous remplis de pourris arrivistes, et si quelqu'un claque la porte à raison, ça entraine généralement des réactions de soutien, voire un mouvement de groupe. Par contre, quand quelqu'un se barre en disant "vous êtes tous des cons", bah les cons restent solidaires. Ça fait plutôt penser à ça, surtout quand il semble impossible de produire des arguments compréhensibles qui parlent à l'intelligence du lecteur et pas à son affect.

    qu'il a tous les tords.

    Mais non, parce que le Tort Tue! Il a tous les torTs.

  • [^] # Re: Un peu plus d'info

    Posté par  . En réponse au journal Ubuntu / Riddell : solve not found. Évalué à 5.

    Ça ne me parait pas très clair quand même. Il est beaucoup question de marque, et je pense que la question est ouverte, parce que la propriété intellectuelle et le droit des marques sont deux choses très différentes. Par exemple, je distribue un binaire d'un soft distribué sous GPL, qui fait ce qu'il est censé faire, mais qui affiche un message du style "Ceci est le logiciel X packagé par Bidule Company(TM)". En tant que binaire d'un soft GPL, il est librement diffusable, modifiable, etc, et je dois fournir les sources avec. Cependant, il me parait assez cohérent de demander à ce que le nom de l'entreprise n'apparaisse pas dans les versions diffusées, puisqu'il n'a rien à voir avec la licence. C'est sûr, ça ressemble à une manière pas très propre de contourner en partie la GPL, mais je ne suis pas complètement certain que la GPL impose que le binaire soit redistribuable tel quel : tant qu'on peut étudier le binaire, obtenir les sources, et rediffuser les sources et une version modifiée/compilée, on ne restreint pas les libertés de l'utilisateur. En particulier, il me semble au contraire souhaitable de faire disparaitre la mention de Bidule Company des binaires recompilés, puisque Bidule Corp ne souhaite pas forcément être associée à des paquets mal patchés.

    Donc soit je n'ai rien compris au problème, soit Canonical n'a pas forcément franchi la ligne rouge, tout en s'en étant quand même assez fortement rapproché.

  • [^] # Re: Tu peu mesure

    Posté par  . En réponse au message Problème connexion internet. Évalué à 2.

    De mémoire, j'avais un problème similaire avec un ancien portable : le driver wifi linux fonctionnait avec la carte intégrée, mais la qualité de la connexion était beaucoup moins bonne qu'elle devrait être. C'est certainement parce que le driver est imparfait, je n'ai aucune idée de comment ces trucs là fonctionnent mais ils doivent certainement corriger une partie des erreurs de manière logicielle, chose qui marche plus ou moins bien en fonction du code du pilote.

    Le truc le plus simple, si c'est vraiment un problème de puissance du signal, c'est d'acheter un répéteur wifi : c'est pas très cher, c'est très facile à configurer, et ça permet aussi d'économiser la batterie des truc-phones et des tablettes en rapprochant le signal de la machine (après tout, ça quoi çà peut bien servir de balancer le wifi à puissance max parce que la box est à la cave?). En plus, certains répéteurs ont le bon goût d'avoir un port ethernet, ce qui permet même de dépanner quand on n'a pas de carte wifi.

  • [^] # Re: Ou alors...

    Posté par  . En réponse au journal Dévoiler la «libre» politique,. Évalué à 2. Dernière modification le 23 octobre 2015 à 10:31.

    Mais peut-être qu'il n'y a pas de chaines (oui, je me la joue Matrix), à part pour les gens voulant absolument opposer les uns contre les autres.

    J'ai surtout l'impression que les gens inventent des chaînes pour justifier leurs limites. Quand tu n'arrives pas à avancer, au lieu de te remettre en cause, tu prétends que la société, l'État, le lobby pétrolier, les Juifs, les politiques, ou la main du capitalisme te met des chaînes. Et que c'est à cause de ces chaînes que tu n'arrives pas à faire ce que sans ces chaînes, tu changerais le monde les doigts dans le nez.

    C'est hyper-malsain comme raisonnement. Tous les "grands Hommes" ont réussi à faire des choses extraordinaires dans nos sociétés, pourquoi n'ont-ils ou elles pas été gênées par ces fameuses chaînes? Pourquoi Stallman n'a-t-il pas été muselé par les chaînes du capitalisme? Pourquoi Torvalds peut 3 fois par semaine chier sur Microsoft, Google, ou Nvidia? Les chaînes du capitalisme n'ont pas envoyé des ninjas pour les buter?

    Les chaînes, c'est nous qui nous les inventons et qui les mettons. Je n'ai pas l'ambition de renverser la société, et je sais très bien pourquoi ; j'ai autre chose à faire, je n'ai pas le charisme ou les compétences pour le faire, et j'ai rugby à la télé samedi à 17h. C'est moi, et moi tout seul, qui me fout ces chaînes. C'est moi qui préfère regarder les pubs de TF1 plutôt que d'aller à une install party, il n'y a pas de chaînes.

    Je sais bien que c'est à la mode de prétendre que nos démocraties ne sont pas vraiment des démocraties, que l'Oeil de Sauron lit nos emails, etc. Dans l'ensemble, c'est des conneries, et c'est d'ailleurs contradictoire : c'est justement parce qu'on vit en démocratie et que la majorité de nos concitoyens pensent qu'il est une bonne chose que la police ait accès aux emails des méchants terroristes que l'administration a des facilités pour ce genre d'espionnage. La démocratie, ça ne devient pas une mauvaise chose quand on est minoritaire, hein.

  • [^] # Re: Framabee

    Posté par  . En réponse au journal Passage à duckduckgo pour mes recherches au lieu de google. Évalué à 10.

    Je ne vois pas l'intérêt de compter en grammes de CO2 : si l'électricité vient d'une centrale hydraulique, on est à 0g de CO2…

    Les journalistes adorent inventer des unités débiles. On a eu le "terrain de football", unité d'aire très précise, maintenant on a le "gramme de CO2", une unité d'énergie.

    Attention, hein, sur le fond, le gramme de CO2 peut être une unité très adapté à mesurer la consommation d'une voiture, par exemple. Mais pour la consommation électrique, c'est juste débile.

    Au passage, il y a un vrai problème méthodologique pour le calcul de l'énergie associée à une requête Google. Une énorme partie de cette énergie est invariante quel que soit le nombre de requêtes (coût de la construction et du maintien de la base de données, etc). Du coup, ça veut dire que plus on fait de requêtes dans Google et moins la requête est coûteuse. Par contraste, multiplier les moteurs de recherche revient à multiplier l'effort de construction des bases de données, le nombre de connexions des robots à tous les sites web de la terre, etc. D'un point de vue écologique, il est donc bien plus raisonnables de tous utiliser Google que de multiplier les moteurs indépendants.