Je deviens peut-être un vieux con, mais je ne comprend pas cette fixation sur l'anonymat. On est tous d'accord ici qu'il existe de vrais problèmes de respect de la vie privée sur Internet, à la fois du côté des acteurs privés (pour lesquels le danger viens de la quantité d'informations qui peuvent être inférées à partir de l'analyse en masse de données individuellement insignifiantes), et du côté des pouvoirs publics, qui s'arrogent plus ou moins légalement des capacités à surveiller les communications des citoyens.
Cependant, dans une démocratie et dans un état de droit, l'anonymat n'est pas du tout un droit. L'anonymat est même quelque chose de nuisible, parce qu'une société ne peut fonctionner que si tous les citoyens sont susceptibles de rendre des comptes. Si on veut conduire une voiture, on ne peut pas rester anonyme, si on veut signer un contrat de travail, on ne peut pas rester anonyme, si on veut se faire soigner, on ne peut pas rester anonyme, etc. On a d'ailleurs le devoir de s'identifier quand les forces de l'ordre le demandent, et de toutes manières, on passe notre vie à donner notre nom, date de naissance, ou adresse, dès qu'on demande un service à l'État ou à une entreprise.
Je ne vois donc pas par quel miracle Internet serait un endroit magique dans lequel l'anonymat serait un droit inaliénable. La loi devrait nous garantir le respect de notre vie privée, l'accès aux données personnelles nous concernant, elle devrait aussi garantir que l'administration ne puisse nous surveiller que dans des conditions strictes, sous le contrôle d'un juge, etc. Mais la loi devrait aussi faire en sorte que tout citoyen soit en mesure de rendre des comptes : de la même manière que la police peut retrouver l'identité d'un individu suspecté d'un délit de fuite à partir de sa plaque d'immatriculation, il me semble tout à fait légitime de retrouver l'identité d'un individu suspecté d'un délit quelconque (intrusion dans un serveur informatique par exemple) à partir de son adresse IP. Dans un tel contexte, l'utilisation d'un subterfuge pour masquer son adresse IP revient à circuler avec une fausse plaque, et est passible de poursuites judiciaires.
À mon avis, le seul truc que les utilisateurs de Tor vont réussir à faire, c'est de rendre son utilisation illégale. Il me semble totalement irresponsable de mettre en place des noeuds de sortie Tor sans mettre en place des systèmes destinés à limiter les utilisations douteuses, voire franchement dégueulasses, du réseau. Et ça ne me choquerait pas du tout que les propriétaires des noeuds de sortie doivent répondre devant la justice : dans la plupart des pays démocratiques, quand on fournit un soutien logistique, financier, ou matériel à un crime ou un délit, on peut être accusé de complicité.
Quand les députés ont indiqué que "une fois qu'ils ont été élus, ils n'ont aucun compte à rendre, et aucun devoir d'écouter ceux qui les ont élus", cela se positionne dans "dictature" ou "démocratie"
En tout cas, c'est carrément l'esprit de la constitution. Nous vivons dans une démocratie représentative, les élus ne sont pas des délégués. En particulier, le mandat impératif est interdit.
Non, c'est même un gros défaut de oolite à mon avis, la physique est même franchement débile (pas de gravité, pas d'inertie, ça se comporte comme un avion, en gros : on coupe les moteurs et ça ralentit, on remet les moteurs et on accèlère jusqu'à une vitesse max). On a une sorte d'hyperdrive qui ne fonctionne qu'à distance des autres vaisseaux, et qui n'arrête pas de se couper quand on en croise un, c'est assez énervant.
Ça serait vraiment bien qu'il puisse exister un mode à la physique un tout petit peu plus réaliste, même éventuellement sans la gravité : au moins que le vaisseau respecte les règles de base de l'inertie, par exemple…
Si tu connaissais un peu le projet LibreOffice, tu n'aurais pas besoin de demander un lien pour accéder aux archives des listes de discussion et du bug-tracker et tu saurais ce qui s'est déjà dit sur le sujet qui t'intéresse.
Si les gens de Libre Office sont tous aussi ouverts que toi, ça ne m'étonne pas que les utilisateurs ne passent pas beaucoup de temps à discuter le bout de gras avec eux.
Sur le fond, je suis parfaitement d'accord avec Barret Michel: les styles tels qu'ils sont actuellement sont un outil de geek totalement contre-intuitif, pour plein de raisons : styles par défaut fantaisistes (c'est super important : on se demande "tiens, qu'est-ce que ça fait si je clique sur "titre 2", ah, c'est bleu souligné en rouge, Ctrl-Z et je passe à autre chose"), interface incompréhensible (mélange fond-forme, héritage dynamique / WTF), des dizaines de styles aux noms abscons proposés dans le styliste, etc). Honnêtement, de mon point de vue, ça passerait beaucoup mieux si tu disais "il y a eu beaucoup de travail fait sur LO, mais pour l'instant, on n'a pas eu beaucoup de temps pour s'attaquer aux styles". Au moins ça expliquerait l'ergonomie du truc. Là, quand tu écris, on a l'impression que le design actuel est issu de longues discussions et d'années de brainstorming, ça fout quand même un peu les jetons, parce que du point de vue utilisateur, c'est incompréhensible (d'ailleurs, ce n'est pas une nouveauté que peu de gens utilisent les styles, et que personne n'a l'idée de les utiliser sans une formation conséquente).
Il y a un truc qu'il ne faut jamais oublier : quand on a passé longtemps à se former à un outil non-ergonomique, on devient totalement incapable d'en voir les défauts : on sait le manipuler, contourner les bugs, prévoir ses réactions, etc. Du coup, plus le temps passe, et plus on devient réticent à l'idée de le modifier en profondeur. À mon avis, c'est exatctement ce qui se passe pour le styliste de Libre Office : les devs ne réalisent pas le gouffre qu'il y a entre les utilisateurs débutants et les utilisateurs avancés, et ne voient pas l'intérêt de changer l'interface (au risque de perturber les utilisateurs avancés) pour la rendre utilisable sans formation (en caricaturant à peine, on devient capable d'utiliser les styles de LO quand on est déja à l'aise en Latex).
Sur la forme, je trouve ça dommage d'être aussi agressif et d'utiliser l'argument fallacieux du bug tracker. Si tu as déja dans ta vie reporté un bug sur un projet que tu ne connais pas (et visiblement, tu sembles prétendre que tu le fais régulièrement), tu sais très bien que tu es souvent mal reçu, que le bug est classé sans suite, ou qu'on te demande de recompiler la version beta de GNOME avec les options de débuggage avant de valider ton bug. Entrer dans une communauté a un coût, que beaucoup de gens n'ont pas envie de payer. Si tu vas voir ton concessionnaire pour lui dire que la voiture que tu viens de lui acheter fonctionne bien, mais que tu trouves que le levier de vitesse a tendance à heurter ton genou quand tu passes la marche arrière, tu ne t'attends pas à ce qu'il te foute dehors en te gueulant d'aller te plaindre aux ingénieurs japonais. Les expériences des utilisateurs reportées sur les forums généralistes sont probablement les meilleurs témoignages, les moins biaisés, les moins influencés par la communauté. Si la communauté LO les méprise comme tu le fais et préfère se regarder le nombril parmi les élus qui ont compris comment utiliser le styliste, tant pis pour elle.
Je viens de jeter un oeil au document de 60 pages… Ce qui est convainquant, c'est que LO a beaucoup évolué tandis que OO est resté tel quel, mais l'histoire du fork et le nombre de commits aurait suffit. Je n'ai pas l'impression que la liste des "améliorations" de LO ait été rédigée de manière neutre, il ne s'agit que d'une liste de corrections de bugs mineurs, de refactoring de code, de fonctions cryptiques, ou de jugements subjectifs. Une fois qu'on a retiré les trucs du genre "Les caractères cambodgiens de clignottent plus quand on appuie sur Ctrl-Alt-Echap-M-R en même temps", "La lisibilité des paramètres des constructeurs des classes à usage interne à Impress a été améliorée", ou "la boite de dialogue affichant un message d'erreur dans les versions beta est plus élégante", il ne reste quand même pas 60 pages. Attention, je ne dis pas que LO n'est pas meilleur qu'OO ou que les devs n'ont rien glandé, c'est juste que la transformation des logs du bug tracker en document pdf ne peut pas être un document comparatif de référence.
Je n'ai pas compris ta proposition : qui va mettre à jour en temps réel ta base de données bibliographique? Des millions de refs annuelles mises à jour de manière bénévole par des gens qui sont déja occuppés à faire un vrai boulot (genre publier)? Si chaque article est cité 3 fois en moyenne la première année et que 10% des chercheurs (c'est énorme!) utilisent ta base de données, alors quelle est la probabilité que la ref que tu cherches soit déja dans la base quand tu écris ton article? Pas loin de 0. Tu vas donc devoir systématiquement remplir la base en ligne comme tu le ferais avec ton bibtex, tu vas y trouver des erreurs comme dans ton bibtex. Tu vas aussi y trouver des doublons, des homonymes, des articles qui n'existent pas… Bref, les trucs collaboratifs, ça marche quand des millions de personnes sont intéressées à travailler sur des milliers de données, pas quand 100 personnes sont intéressées par des millions de données.
Si ton système, c'est d'utiliser un identifiant unique en ref biblio et d'avoir un système te permettant de récupérer les métadonnées associées en ligne, ça existe déja : tu peux taper les DOI dans Google Scholar et récupérer les données en bibtex. Mais une telle moulinette n'a rien de révolutionnaire : plein d'articles n'ont pas de DOI (vieux articles), les livres n'ont pas de DOI, les thèses non plus, etc. Donc tu vas te taper une bdd locale de toutes manières, tu proposes juste de la remplir "automatiquement" en remplissant ton document Latex de DOI cryptiques à la place d'identifiants classiques. Comme les DOI sont en général assez chiants à trouver et à retaper, ton système tourne un peu en rond.
Attention, hein, je ne dis pas que toute amélioration est impossible. Par exemple, ça serait vraiment bien qu'il soit possible de citer les publis de manière traditionnelle (genre "Machin et al 2001") et qu'un outil logiciel cherche dans les bases de données les articles qui correspondent à ça, en proposant une liste de choix en fonction du contexte de ton article.
Mouais, pour la biblio faut quand même se taper la récupération et/ou le nettoyage des bibtex plus ou mons bien faits par exemple.
J'ai du mal à comprendre la remarque : oui, certes, il existe des erreurs dans les bases biblio, mais il en existera toujours. Et comme il est inconcevable d'avoir des bdd de références scientifiques communautaires, elles seront toujours entretenues par les journaux eux-mêmes et/ou par des boîtes qui tirent bénéfices de telles bases (Google, Reuters/Web-of-Knowledge, etc). Du coup, même si on peut réflechir à des systèmes plus pratiques, il faudra toujours téléchager les références en local sous un format spécial, corriger les erreurs, et faire des références vers ces bdd locales au moment de la compilation.
Pour trouver les articles qui en référencent un en particulier il faut soit le faire à la main soit avec des services spécialisé genre scholar ou citeseer. Il y a moyen d'améliorer ça
Euh, genre, comment? Il faut une énorme bdd online qui a accès à des articles dont une bonne partie ne sont pas disponibles gratuitement. Il faut ensuite parser les références (dont les formats sont systématiquement différents) pour les connecter avec d'autres références dans la base, avec une tolérance aux erreurs, tout en gérant les trucs aussi complexes que de ne pas pointer vers les preprints arXive, les thèses et mémoires qui ont le même titre ; savoir gérer les "companion papers" qui ont le même titre et les mêmes auteurs, les bouquins, les chapitres de bouquins, les manuels de logiciel… Il faut qu'une telle base soit exhaustive et mise à jour très rapidement. Quand le nombre de citations devient aussi un moyen d'évaluer les chercheurs et les laboratoires, la moindre erreur peut avoir des conséquences importantes dans le monde réel!
Bref, on peut toujours améliorer l'existant, mais c'est un projet gigantesque et très coûteux.
Pour chercher les articles qui parlent d'un sujet donné on peux faire mieux aussi.
Tu veux dire, fournir un moteur de recherche plus efficace que celui de Google? Ouais ouais, passe devant, je te suis.
En parcourant la doc, je me suis demandé si ça n'était pas plutôt le genre de trucs qui pourrait être généré à partir du Latex, et pas le remplacer. Pour l'instant, ça a l'air d'une sorte de régression par rapport à Latex : les maths sont une rigolade, il y a tout à refaire pour les styles (articles et bibliographie) des journaux, je n'ai pas compris s'il existait un outil comme bibtex pour générer la liste des références à partir d'une base de données, etc. Je n'ai pas non plus compris comment le machin gérait la mise en page, ce que Latex fait très honorablement : emplacement des figures, césure des fins de ligne, espacements verticaux dans la page (et je ne parle pas des ligatures et autre détails typographiques). Bref, j'ai l'impression qu'on pourrait faire une moulinette pour tranformer du Latex en RASH (par exemple pour la publication web), mais qu'il ne semble pas très utile d'écrire directement en RASH (apprendre un nouvel outil et gérer tous les bugs de jeunesse doit être compensé par des avantages évidents).
En caricaturant, l'OTAN est une forme de mise sous tutelle de l'armée locale par l'armée américaine
Tu sais très bien que c'est faux. L'OTAN est une alliance, on y entre ou on y sort (la preuve, la France n'y était pas, et ça posait un problème politique, pas militaire). Depuis sont entrée dans l'OTAN, je n'ai pas l'impression que la France a perdu une quelconque souveraineté militaire.
les écoutes de la NSA à l'étranger, qui visaient en premier l'Europe, est une atteinte aux libertés des alliés.
Je l'interprète comme le fait que les USA considèrent leurs alliés comme des ennemis potentiels. C'est moche, mais c'est de la politique internationale. À ma connaissance, on ne sait même pas si les gouvernements européens étaient au courant, s'ils ont essayé de faciliter ou d'empêcher cet espionnage ; quel rapport avec une mise sous tutelle?
Quant à choisir des exemples, prend des cas où la coopération ne semble pas vraiment bilatérale. Par exemple, le traité TAFTA, qui, il me semble, pose une vraie question sur l'intéret de l'Europe à se plier aux pratiques commerciales US qui ne correspondent pas à notre modèle de société. L'OMC me semble aussi douteuse (disons que l'idéologie sous-jacente favorise les économies pseudo-libérales*). Mais globalement, nous avons peut-être une relation de dominant à dominé avec les US, mais certainement pas de maître à esclave.
(* Je n'ai jamais compris ce qu'il y avait de libéral dans l'édification de carcans juridiques sclérosants autour de la propriété intellectuelle et indistrielle, par exemple. L'économie US est totalement capitaliste et optimise le rendement du capital, mais elle dépend lourdement d'un cadre juridique très strict destiné à préserver les profits.)
C'est clair, mais Bluetouff n'est pas un quidam au hasard. Je n'ai pas trop compris ses motivations, mais c'était à la fois frauduleux (il s'est emmerdé à trouver un moyen détourner d'accéder à des documents pour lesquels il n'avait pas d'accès direct) et pour jouer au con. Bah voila, c'est ce qui arrive quand on joue au con, parfois ça passe, parfois ça passe pas. On peut toujours discuter de la peine et du processus juduciaire, mais sur le fond, jouer avec les limites comporte toujours un risque.
Dans les commentaires, on voit des grands mots, comme "présomption d'innocence", "justice bafouée", etc. Honnêtement, je vois surtout qu'un juge n'accepte pas qu'on se foute de lui en prétendant ne pas trop savoir. Si ça se trouve, il aurait eu moins de problèmes s'il n'avait pas essayé de faire croire en son innocence contre toute vraisemblance.
Donc il a jamais dit qu'il avait conscience d'accéder à un espace interdit. Juste que la page racine avait un login.
Clair, les juges n'ont pas du tout l'habitude de déceler quand on essaye de les prendre pour des cons. Tu te fous de lui parce qu'il prononce "gougleu", mais l'argumentaire de la mort qui tue à base de "c'est mon oncle qui a tondu la pelouse et qui en a mis dans des sachets, j'vous jure je savais pas", il a décelé l'astuce…
sinon, il y a risque de l'enfreindre par méconnaissance.
Visiblement, Bluetouff n'a pas réussi à convaincre le juge qu'il ne savait pas qu'il n'avait pas le droit d'accéder à ces documents. Je pense que le juge a très bien compris que Bluetouff pensait pouvoir profiter de ce qu'il pensait être une faille dans la loi ("la porte était grande ouverte, je ne savais pas que je n'avais pas le droit de rentrer chez les gens et de prendre des photos"), et le juge a conclu que cette faille n'existait que dans l'imagination de Bluetouff (c'est l'intention qui compte, pas la méthode).
La justice se fout des arguments techniques. Elle a estimé qu'il était clair que les mainteneurs du site n'avaient pas l'intention de rendre ces documents publics, que que Bluetouff le savait. À partir de là, le délit est constitué. Tous les trucs techniques n'ont rien à voir avec ça—c'est une vraie déformation professionnelle, les gens qui tripotent l'informatique ont tendance à confondre l'intention avec la technique, en imaginant qu'on peut contourner quelque chose de visiblement interdit en utilisant un protocole qui lui, n'est pas explicitement interdit.
Je ne suis pas certain, mais j'imagine que ça pourrait avoir à voir avec la possibilité d'utiliser les preuves accumulées par les services secrets lors d'un procès éventuel. Si tu ne fais que des trucs illégaux, tu amasses des infos, mais pas de preuves.
ca me fait penser étrangement au relations que les EU ont avec plein d'autre petit pays qui n'ont même pas une frontière commune.
"Plein" ne me semble pas être un exemple crédible. Quelques exemples seraient de bon aloi. La finlandisation, ça n'est pas seulement une forme de dépendance économique, c'est une forme d'annexion de facto : perte de souveraineté, perte d'indépendance militaire, perte de la liberté d'expression, etc. En Finlande, les programmes scolaires étaient censurés, les livres et les films étaient censurés, les journaux étaient censurés, etc. Honnêtement, ça me fait plus penser aux relations que la Russie a actuellement avec certains États de l'ex-URSS. Les États-Unis ont une politique de domination militaire et économique, mais 1) ils n'ont pas de politique d'expansion territoriale (et ne menacent personne d'annexion ; je n'ai jamais entendu un responsable américain prétendre que l'Irak ou l'Afghanistan étaient des territoires US), 2) ils n'exercent pas d'occupation militaire de leurs "alliés" (les chars US ne se balladent pas dans Londres), 3) en général, la liberté d'expression est préservée (la France est alliée des US et tu as le droit de raconter ce que tu veux sur les américains sans trop rien risquer). On peut accuser les US de pas mal de choses, mais c'est mal comprendre ce qu'on appelle la "finlandisation" que de la comparer avec la politique internationale des US.
Ouhlala, les services secrets font des trucs illégaux? Quelle surprise, on tombe de haut.
Il ne manquerait plus qu'on s'aperçoive qu'ils manquent de transparence.
Sans blague, il est tout à fait normal que les services secrets soient border-line, c'est même leur raison d'être (autrement, on confierait ces missions à la police). Ce qui est est dangereux, c'est la généralisation de ces méthodes (le fait de ne pas cibler une surveillance ou une action sur un individu identifié, mais d'aller à la pêche aux infos en surveillant des gens au hasard).
C'est vraiment n'importe quoi ce gouvernement.
La tentation de l'exécutif vers une surveillance poussée a toujours existé, et je pense que pas mal de constitutionnalistes iraient même à dire que c'est inévitable. Le dysfonctionnement ne vient pas du ministère de l'intérieur ou du premier ministre, mais plutôt du pouvoir législatif (assemblée, sénat, et conseil constitutionnel) qui, eux, n'ont pas vocation à gouverner, et sont censés encadrer par la loi les vélléités sécuritaires du gouvernement.
Sur le fond, l'argument de la légalisation des pratiques existantes n'est pas forcément fallacieux, c'est le même qui est utilisé par exemple pour la légalisation du cannabis. Encore une fois, ce qui est surprenant, c'est que le projet soit passé comme une lettre à la poste, pas qu'il ait été proposé.
des voisins super calés en télécoms, avec lesquels le pays a toujours entretenu de bonnes relations de business, même au temps de la guerre froide
C'est quand même un peu de la réécriture de l'histoire. Les Finlandais étant en première ligne à cause de leur frontière commune avec l'URSS, sans républiques "démocratiques et socialistes" pour faire tampon, ils ont été contraints à des concessions politiques majeures (le processus d'écrasement d'un État souverain par un voisin puissant a d'ailleurs été appelé "finlandisation"). C'est une forme d'annexion par la menace : si tu adhères à l'OTAN, on te pète la tronche, si tu ne fais pas de commerce avec nous, on te pète la tronche. Appeler ça des bonnes relations commerciales, ça équivaudrait à dire qu'une victime de viol a eu des bonnes relations avec son aggresseur parce qu'il n'a fait que la menacer avec une arme sans en faire usage…
Je suis tout à fait d'accord avec toi, en fait. J'essayais juste de rationnaliser la chose pour essayer de mieux comprendre. Dans ces modèles de crowd funding, il y a trois partenaires : 1) le public / client, 2) la personne qui organise le projet, et 3) des intermédiaires plus ou moins identifiés (éditeur, producteur, industriel qui va produire l'objet ou fournir les composants, intermédiaires financiers, ou simplement l'éditeur du site de crowdfunding).
Pour simplifier, mon argument est le suivant : dans quelques cas, il est probable que 2 essaye plus ou moins d'arnaquer 1. Dans la plupart des cas, 1 = 2, tout le monde est de bonne foi… Mais dans tous les cas, il n'y a que 3 qui gagne. C'est comme au loto : il n'y a qu'un seul vrai gagnant, c'est l'organisateur. Les perdants sont ceux qui prennent des risques.
Dans un système économique sain, le risque est récompensé. Par exemple, soit tu places ton pognon sur ton livret A, avec peu de rémunération, mais aucun risque, soit tu investis à la bourse, avec une espérance de gain plus élevée, mais une variance plus élevée aussi. J'ai un peu peur quand dans le crowdfunding, l'espérance de gain est faible pour ceux qui prennent les risques, et élevée pour ceux qui ne les prennent pas. Je voulais donc être sûr de bien comprendre si les clients étaient conscients du fait qu'ils étaiernt en fait des donateurs dans le système, et pas des bénéficiaires.
Ça serait un super bouquin ? Faut que je le soutienne, sinon il ne verra pas le jour
Du point de vue de l'éditeur, c'est plutôt "Il est risqué de financer un bouquin sans savoir s'il va se vendre. Si on arrive à le vendre avant de le produire, ce risque n'existe plus. Faisons croire à ces pigeons que c'est avantageux pour eux".
En gros, tu fais porter le risque sur le lecteur et/ou l'auteur. Il n'y a plus d'investisseur, et donc plus de rémunération du risque. Je suis d'accord pour dire que c'est un modèle différent, mais j'ai du mal à voir en quoi il est meilleur que le modèle classique.
un tirage photo, un dessin unique, une édition limitée…
Mouais mouais mouais, des trucs qui ne valent rien à produire mais qui prendraient "magoqiement" de la valeur. D'un côté, il y a un discours "débarrassons-nous des intermédiaires, nous n'avons pas besoin de toute cette machinerie capitalistico-industrielle de l'édition", et puis, dans la même phrase, on appuie sur une logique de spéculation possible sur la base d'une rareté artificiellement introduite (tes goodies n'ont pas de valeur intrinsèque, c'est la promesse de l'édition limitée qui leur donne une valeur de revente potentielle, bien hypothétique d'ailleurs sur un tel marché de niche).
payer une fonctionnalité logiciel, qui n'existera pas sinon.
Dans ce cas, on peut le présenter comme ça. Mais pour bien faire, il faudrait une liste de fonctionnalités, et un prix pour chacune d'entre elles ; quand on atteint le seuil le développeur se lance. Honnêtement, je ne sais pas si un tel système pourrait constituer un business model sérieux.
dans nos sociétés occidentales, les classes >= moyennes ont effectivement (beaucoup) trop d'argent !
Trop de pouvoir d'achat matériel, c'est tout à fait vrai (on peut acheter à peu près n'importe quel objet plus ou moins électronique et plus ou moins jetable). C'est déja un peu moins vrai si on s'intéresse aux vrais objets pérennes, et presque faux quand on parle de service (typiquement, payer quelqu'un pour faire quelque chose). C'est ça le drame de nos sociétés, les objets coutent tellement peu qu'il vaut mieux les jeter que de les réparer. Un ordinateur coûte une heure de salaire de programmeur (allez, deux si le programmeur est mal payé) ; comment veux-tu expliquer aux gens qu'ils peuvent avoir un ordi pour 300€ mais qu'il leur faudrait payer 1000€ pour que quelqu'un corrige un bug dans un logiciel?
a été brutalement forké alors qu'il était sous licence libre par des gens qui ne respectent pas les lois internationales
C'est leur explication. Mais ça n'a pas l'air très convainquant ; d'une part, il y a clairement une forme de xénophobie (le forkeur est Russe, et apparemment, il y a comme un climat de guerre froide). En essayant de reconstruire les morceaux à partir de la discussion (je ne garantis pas avoir tout compris), un contributeur russe trouvait que les versions patchées ne sortaient pas assez souvent et il a donc décidé de proposer des versions "à lui". Ça n'a pas plus au mainteneur principal et la situation s'est envenimée ; la version 64 bits a été rendue non-libre, et du coup l'autre gars a réellement forké. Le différend semble lié au fait que dès le fork, le nom du forkeur a été ajouté à tous les fichiers, sans lien avec d'éventuelles modifs. Ça ne me semble pas non plus catastrophique…
Ça n'est pas complètement clair, mais ils ont l'air de dire qu'ils ont disparu des auteurs du code source, ce qui est en effet un problème. Mais bon, quand on héberge et développe un projet et que le projet fonctionne, il n'y a aucune raison que les forks deviennent populaires. Un projet forké, c'est le plus souvent un projet qui a de vrais problèmes de gouvernance, c'est plus un symptôme qu'une cause…
# Respect de la vie privée != anonymat
Posté par arnaudus . En réponse au journal Le réseau Tor a besoin de vous !. Évalué à 5.
Je deviens peut-être un vieux con, mais je ne comprend pas cette fixation sur l'anonymat. On est tous d'accord ici qu'il existe de vrais problèmes de respect de la vie privée sur Internet, à la fois du côté des acteurs privés (pour lesquels le danger viens de la quantité d'informations qui peuvent être inférées à partir de l'analyse en masse de données individuellement insignifiantes), et du côté des pouvoirs publics, qui s'arrogent plus ou moins légalement des capacités à surveiller les communications des citoyens.
Cependant, dans une démocratie et dans un état de droit, l'anonymat n'est pas du tout un droit. L'anonymat est même quelque chose de nuisible, parce qu'une société ne peut fonctionner que si tous les citoyens sont susceptibles de rendre des comptes. Si on veut conduire une voiture, on ne peut pas rester anonyme, si on veut signer un contrat de travail, on ne peut pas rester anonyme, si on veut se faire soigner, on ne peut pas rester anonyme, etc. On a d'ailleurs le devoir de s'identifier quand les forces de l'ordre le demandent, et de toutes manières, on passe notre vie à donner notre nom, date de naissance, ou adresse, dès qu'on demande un service à l'État ou à une entreprise.
Je ne vois donc pas par quel miracle Internet serait un endroit magique dans lequel l'anonymat serait un droit inaliénable. La loi devrait nous garantir le respect de notre vie privée, l'accès aux données personnelles nous concernant, elle devrait aussi garantir que l'administration ne puisse nous surveiller que dans des conditions strictes, sous le contrôle d'un juge, etc. Mais la loi devrait aussi faire en sorte que tout citoyen soit en mesure de rendre des comptes : de la même manière que la police peut retrouver l'identité d'un individu suspecté d'un délit de fuite à partir de sa plaque d'immatriculation, il me semble tout à fait légitime de retrouver l'identité d'un individu suspecté d'un délit quelconque (intrusion dans un serveur informatique par exemple) à partir de son adresse IP. Dans un tel contexte, l'utilisation d'un subterfuge pour masquer son adresse IP revient à circuler avec une fausse plaque, et est passible de poursuites judiciaires.
À mon avis, le seul truc que les utilisateurs de Tor vont réussir à faire, c'est de rendre son utilisation illégale. Il me semble totalement irresponsable de mettre en place des noeuds de sortie Tor sans mettre en place des systèmes destinés à limiter les utilisations douteuses, voire franchement dégueulasses, du réseau. Et ça ne me choquerait pas du tout que les propriétaires des noeuds de sortie doivent répondre devant la justice : dans la plupart des pays démocratiques, quand on fournit un soutien logistique, financier, ou matériel à un crime ou un délit, on peut être accusé de complicité.
[^] # Re: Encore ?
Posté par arnaudus . En réponse au journal L'État français retourne sa veste sur l'Open Data dans les transports. Évalué à 2.
[Edit: je pense que c'est moi qui confond anarchisme et anarchie :-) ]
[^] # Re: Encore ?
Posté par arnaudus . En réponse au journal L'État français retourne sa veste sur l'Open Data dans les transports. Évalué à 0.
Il y a forcément parmi nous quelqu'un qui n'a pas compris ce qu'était l'anarchie :-)
[^] # Re: Encore ?
Posté par arnaudus . En réponse au journal L'État français retourne sa veste sur l'Open Data dans les transports. Évalué à 3.
En tout cas, c'est carrément l'esprit de la constitution. Nous vivons dans une démocratie représentative, les élus ne sont pas des délégués. En particulier, le mandat impératif est interdit.
[^] # Re: navigation spatiale et combat
Posté par arnaudus . En réponse au journal Oolite : un pare-feu dans l'espace. Évalué à 2.
Non, c'est même un gros défaut de oolite à mon avis, la physique est même franchement débile (pas de gravité, pas d'inertie, ça se comporte comme un avion, en gros : on coupe les moteurs et ça ralentit, on remet les moteurs et on accèlère jusqu'à une vitesse max). On a une sorte d'hyperdrive qui ne fonctionne qu'à distance des autres vaisseaux, et qui n'arrête pas de se couper quand on en croise un, c'est assez énervant.
Ça serait vraiment bien qu'il puisse exister un mode à la physique un tout petit peu plus réaliste, même éventuellement sans la gravité : au moins que le vaisseau respecte les règles de base de l'inertie, par exemple…
[^] # Re: OK, mais comparaison douteuse...
Posté par arnaudus . En réponse au journal LibreOffice vs Apache OpenOffice. Évalué à 4.
Si les gens de Libre Office sont tous aussi ouverts que toi, ça ne m'étonne pas que les utilisateurs ne passent pas beaucoup de temps à discuter le bout de gras avec eux.
Sur le fond, je suis parfaitement d'accord avec Barret Michel: les styles tels qu'ils sont actuellement sont un outil de geek totalement contre-intuitif, pour plein de raisons : styles par défaut fantaisistes (c'est super important : on se demande "tiens, qu'est-ce que ça fait si je clique sur "titre 2", ah, c'est bleu souligné en rouge, Ctrl-Z et je passe à autre chose"), interface incompréhensible (mélange fond-forme, héritage dynamique / WTF), des dizaines de styles aux noms abscons proposés dans le styliste, etc). Honnêtement, de mon point de vue, ça passerait beaucoup mieux si tu disais "il y a eu beaucoup de travail fait sur LO, mais pour l'instant, on n'a pas eu beaucoup de temps pour s'attaquer aux styles". Au moins ça expliquerait l'ergonomie du truc. Là, quand tu écris, on a l'impression que le design actuel est issu de longues discussions et d'années de brainstorming, ça fout quand même un peu les jetons, parce que du point de vue utilisateur, c'est incompréhensible (d'ailleurs, ce n'est pas une nouveauté que peu de gens utilisent les styles, et que personne n'a l'idée de les utiliser sans une formation conséquente).
Il y a un truc qu'il ne faut jamais oublier : quand on a passé longtemps à se former à un outil non-ergonomique, on devient totalement incapable d'en voir les défauts : on sait le manipuler, contourner les bugs, prévoir ses réactions, etc. Du coup, plus le temps passe, et plus on devient réticent à l'idée de le modifier en profondeur. À mon avis, c'est exatctement ce qui se passe pour le styliste de Libre Office : les devs ne réalisent pas le gouffre qu'il y a entre les utilisateurs débutants et les utilisateurs avancés, et ne voient pas l'intérêt de changer l'interface (au risque de perturber les utilisateurs avancés) pour la rendre utilisable sans formation (en caricaturant à peine, on devient capable d'utiliser les styles de LO quand on est déja à l'aise en Latex).
Sur la forme, je trouve ça dommage d'être aussi agressif et d'utiliser l'argument fallacieux du bug tracker. Si tu as déja dans ta vie reporté un bug sur un projet que tu ne connais pas (et visiblement, tu sembles prétendre que tu le fais régulièrement), tu sais très bien que tu es souvent mal reçu, que le bug est classé sans suite, ou qu'on te demande de recompiler la version beta de GNOME avec les options de débuggage avant de valider ton bug. Entrer dans une communauté a un coût, que beaucoup de gens n'ont pas envie de payer. Si tu vas voir ton concessionnaire pour lui dire que la voiture que tu viens de lui acheter fonctionne bien, mais que tu trouves que le levier de vitesse a tendance à heurter ton genou quand tu passes la marche arrière, tu ne t'attends pas à ce qu'il te foute dehors en te gueulant d'aller te plaindre aux ingénieurs japonais. Les expériences des utilisateurs reportées sur les forums généralistes sont probablement les meilleurs témoignages, les moins biaisés, les moins influencés par la communauté. Si la communauté LO les méprise comme tu le fais et préfère se regarder le nombril parmi les élus qui ont compris comment utiliser le styliste, tant pis pour elle.
[^] # Re: Forme de caractères
Posté par arnaudus . En réponse au journal Fonte de caractère de Firefox OS. Évalué à 7.
Non seulement c'est courant, mais c'est même le principe :-)
[^] # Re: les deux
Posté par arnaudus . En réponse au journal LibreOffice vs Apache OpenOffice. Évalué à 10.
C'est ce qu'on appelle un argument objectivement objectif. Ça change des commentaires subjectivement subjectifs des linuxiens!
# OK, mais comparaison douteuse...
Posté par arnaudus . En réponse au journal LibreOffice vs Apache OpenOffice. Évalué à 10.
Je viens de jeter un oeil au document de 60 pages… Ce qui est convainquant, c'est que LO a beaucoup évolué tandis que OO est resté tel quel, mais l'histoire du fork et le nombre de commits aurait suffit. Je n'ai pas l'impression que la liste des "améliorations" de LO ait été rédigée de manière neutre, il ne s'agit que d'une liste de corrections de bugs mineurs, de refactoring de code, de fonctions cryptiques, ou de jugements subjectifs. Une fois qu'on a retiré les trucs du genre "Les caractères cambodgiens de clignottent plus quand on appuie sur Ctrl-Alt-Echap-M-R en même temps", "La lisibilité des paramètres des constructeurs des classes à usage interne à Impress a été améliorée", ou "la boite de dialogue affichant un message d'erreur dans les versions beta est plus élégante", il ne reste quand même pas 60 pages. Attention, je ne dis pas que LO n'est pas meilleur qu'OO ou que les devs n'ont rien glandé, c'est juste que la transformation des logs du bug tracker en document pdf ne peut pas être un document comparatif de référence.
[^] # Re: Et l'inverse?
Posté par arnaudus . En réponse au journal Une nouvelle manière de publier des articles scientifiques ... HTML, métadonnées et linkeddata. Évalué à 4.
Je n'ai pas compris ta proposition : qui va mettre à jour en temps réel ta base de données bibliographique? Des millions de refs annuelles mises à jour de manière bénévole par des gens qui sont déja occuppés à faire un vrai boulot (genre publier)? Si chaque article est cité 3 fois en moyenne la première année et que 10% des chercheurs (c'est énorme!) utilisent ta base de données, alors quelle est la probabilité que la ref que tu cherches soit déja dans la base quand tu écris ton article? Pas loin de 0. Tu vas donc devoir systématiquement remplir la base en ligne comme tu le ferais avec ton bibtex, tu vas y trouver des erreurs comme dans ton bibtex. Tu vas aussi y trouver des doublons, des homonymes, des articles qui n'existent pas… Bref, les trucs collaboratifs, ça marche quand des millions de personnes sont intéressées à travailler sur des milliers de données, pas quand 100 personnes sont intéressées par des millions de données.
Si ton système, c'est d'utiliser un identifiant unique en ref biblio et d'avoir un système te permettant de récupérer les métadonnées associées en ligne, ça existe déja : tu peux taper les DOI dans Google Scholar et récupérer les données en bibtex. Mais une telle moulinette n'a rien de révolutionnaire : plein d'articles n'ont pas de DOI (vieux articles), les livres n'ont pas de DOI, les thèses non plus, etc. Donc tu vas te taper une bdd locale de toutes manières, tu proposes juste de la remplir "automatiquement" en remplissant ton document Latex de DOI cryptiques à la place d'identifiants classiques. Comme les DOI sont en général assez chiants à trouver et à retaper, ton système tourne un peu en rond.
Attention, hein, je ne dis pas que toute amélioration est impossible. Par exemple, ça serait vraiment bien qu'il soit possible de citer les publis de manière traditionnelle (genre "Machin et al 2001") et qu'un outil logiciel cherche dans les bases de données les articles qui correspondent à ça, en proposant une liste de choix en fonction du contexte de ton article.
[^] # Re: Et l'inverse?
Posté par arnaudus . En réponse au journal Une nouvelle manière de publier des articles scientifiques ... HTML, métadonnées et linkeddata. Évalué à 2.
J'ai du mal à comprendre la remarque : oui, certes, il existe des erreurs dans les bases biblio, mais il en existera toujours. Et comme il est inconcevable d'avoir des bdd de références scientifiques communautaires, elles seront toujours entretenues par les journaux eux-mêmes et/ou par des boîtes qui tirent bénéfices de telles bases (Google, Reuters/Web-of-Knowledge, etc). Du coup, même si on peut réflechir à des systèmes plus pratiques, il faudra toujours téléchager les références en local sous un format spécial, corriger les erreurs, et faire des références vers ces bdd locales au moment de la compilation.
Euh, genre, comment? Il faut une énorme bdd online qui a accès à des articles dont une bonne partie ne sont pas disponibles gratuitement. Il faut ensuite parser les références (dont les formats sont systématiquement différents) pour les connecter avec d'autres références dans la base, avec une tolérance aux erreurs, tout en gérant les trucs aussi complexes que de ne pas pointer vers les preprints arXive, les thèses et mémoires qui ont le même titre ; savoir gérer les "companion papers" qui ont le même titre et les mêmes auteurs, les bouquins, les chapitres de bouquins, les manuels de logiciel… Il faut qu'une telle base soit exhaustive et mise à jour très rapidement. Quand le nombre de citations devient aussi un moyen d'évaluer les chercheurs et les laboratoires, la moindre erreur peut avoir des conséquences importantes dans le monde réel!
Bref, on peut toujours améliorer l'existant, mais c'est un projet gigantesque et très coûteux.
Tu veux dire, fournir un moteur de recherche plus efficace que celui de Google? Ouais ouais, passe devant, je te suis.
# Et l'inverse?
Posté par arnaudus . En réponse au journal Une nouvelle manière de publier des articles scientifiques ... HTML, métadonnées et linkeddata. Évalué à 5.
En parcourant la doc, je me suis demandé si ça n'était pas plutôt le genre de trucs qui pourrait être généré à partir du Latex, et pas le remplacer. Pour l'instant, ça a l'air d'une sorte de régression par rapport à Latex : les maths sont une rigolade, il y a tout à refaire pour les styles (articles et bibliographie) des journaux, je n'ai pas compris s'il existait un outil comme bibtex pour générer la liste des références à partir d'une base de données, etc. Je n'ai pas non plus compris comment le machin gérait la mise en page, ce que Latex fait très honorablement : emplacement des figures, césure des fins de ligne, espacements verticaux dans la page (et je ne parle pas des ligatures et autre détails typographiques). Bref, j'ai l'impression qu'on pourrait faire une moulinette pour tranformer du Latex en RASH (par exemple pour la publication web), mais qu'il ne semble pas très utile d'écrire directement en RASH (apprendre un nouvel outil et gérer tous les bugs de jeunesse doit être compensé par des avantages évidents).
[^] # Re: Géopolitique
Posté par arnaudus . En réponse au journal Des nouvelles de Nokia et de Sailfish. Évalué à 1.
Tu sais très bien que c'est faux. L'OTAN est une alliance, on y entre ou on y sort (la preuve, la France n'y était pas, et ça posait un problème politique, pas militaire). Depuis sont entrée dans l'OTAN, je n'ai pas l'impression que la France a perdu une quelconque souveraineté militaire.
Je l'interprète comme le fait que les USA considèrent leurs alliés comme des ennemis potentiels. C'est moche, mais c'est de la politique internationale. À ma connaissance, on ne sait même pas si les gouvernements européens étaient au courant, s'ils ont essayé de faciliter ou d'empêcher cet espionnage ; quel rapport avec une mise sous tutelle?
Quant à choisir des exemples, prend des cas où la coopération ne semble pas vraiment bilatérale. Par exemple, le traité TAFTA, qui, il me semble, pose une vraie question sur l'intéret de l'Europe à se plier aux pratiques commerciales US qui ne correspondent pas à notre modèle de société. L'OMC me semble aussi douteuse (disons que l'idéologie sous-jacente favorise les économies pseudo-libérales*). Mais globalement, nous avons peut-être une relation de dominant à dominé avec les US, mais certainement pas de maître à esclave.
(* Je n'ai jamais compris ce qu'il y avait de libéral dans l'édification de carcans juridiques sclérosants autour de la propriété intellectuelle et indistrielle, par exemple. L'économie US est totalement capitaliste et optimise le rendement du capital, mais elle dépend lourdement d'un cadre juridique très strict destiné à préserver les profits.)
[^] # Re: Je suis ahuris...
Posté par arnaudus . En réponse au journal L'affaire Bluetouff. Évalué à -2.
C'est clair, mais Bluetouff n'est pas un quidam au hasard. Je n'ai pas trop compris ses motivations, mais c'était à la fois frauduleux (il s'est emmerdé à trouver un moyen détourner d'accéder à des documents pour lesquels il n'avait pas d'accès direct) et pour jouer au con. Bah voila, c'est ce qui arrive quand on joue au con, parfois ça passe, parfois ça passe pas. On peut toujours discuter de la peine et du processus juduciaire, mais sur le fond, jouer avec les limites comporte toujours un risque.
Dans les commentaires, on voit des grands mots, comme "présomption d'innocence", "justice bafouée", etc. Honnêtement, je vois surtout qu'un juge n'accepte pas qu'on se foute de lui en prétendant ne pas trop savoir. Si ça se trouve, il aurait eu moins de problèmes s'il n'avait pas essayé de faire croire en son innocence contre toute vraisemblance.
[^] # Re: Relaxé en première instance
Posté par arnaudus . En réponse au journal L'affaire Bluetouff. Évalué à 8.
Clair, les juges n'ont pas du tout l'habitude de déceler quand on essaye de les prendre pour des cons. Tu te fous de lui parce qu'il prononce "gougleu", mais l'argumentaire de la mort qui tue à base de "c'est mon oncle qui a tondu la pelouse et qui en a mis dans des sachets, j'vous jure je savais pas", il a décelé l'astuce…
[^] # Re: Et vice et versa
Posté par arnaudus . En réponse au journal L'affaire Bluetouff. Évalué à 3.
Visiblement, Bluetouff n'a pas réussi à convaincre le juge qu'il ne savait pas qu'il n'avait pas le droit d'accéder à ces documents. Je pense que le juge a très bien compris que Bluetouff pensait pouvoir profiter de ce qu'il pensait être une faille dans la loi ("la porte était grande ouverte, je ne savais pas que je n'avais pas le droit de rentrer chez les gens et de prendre des photos"), et le juge a conclu que cette faille n'existait que dans l'imagination de Bluetouff (c'est l'intention qui compte, pas la méthode).
[^] # Re: Relaxé en première instance
Posté par arnaudus . En réponse au journal L'affaire Bluetouff. Évalué à 10.
La justice se fout des arguments techniques. Elle a estimé qu'il était clair que les mainteneurs du site n'avaient pas l'intention de rendre ces documents publics, que que Bluetouff le savait. À partir de là, le délit est constitué. Tous les trucs techniques n'ont rien à voir avec ça—c'est une vraie déformation professionnelle, les gens qui tripotent l'informatique ont tendance à confondre l'intention avec la technique, en imaginant qu'on peut contourner quelque chose de visiblement interdit en utilisant un protocole qui lui, n'est pas explicitement interdit.
[^] # Re: Si même l'Etat se complait dans l'illégalité, où va la France?
Posté par arnaudus . En réponse au journal Les douanes ont acheté des IMSI catchers. Évalué à 2.
Je ne suis pas certain, mais j'imagine que ça pourrait avoir à voir avec la possibilité d'utiliser les preuves accumulées par les services secrets lors d'un procès éventuel. Si tu ne fais que des trucs illégaux, tu amasses des infos, mais pas de preuves.
[^] # Re: Géopolitique
Posté par arnaudus . En réponse au journal Des nouvelles de Nokia et de Sailfish. Évalué à 7.
"Plein" ne me semble pas être un exemple crédible. Quelques exemples seraient de bon aloi. La finlandisation, ça n'est pas seulement une forme de dépendance économique, c'est une forme d'annexion de facto : perte de souveraineté, perte d'indépendance militaire, perte de la liberté d'expression, etc. En Finlande, les programmes scolaires étaient censurés, les livres et les films étaient censurés, les journaux étaient censurés, etc. Honnêtement, ça me fait plus penser aux relations que la Russie a actuellement avec certains États de l'ex-URSS. Les États-Unis ont une politique de domination militaire et économique, mais 1) ils n'ont pas de politique d'expansion territoriale (et ne menacent personne d'annexion ; je n'ai jamais entendu un responsable américain prétendre que l'Irak ou l'Afghanistan étaient des territoires US), 2) ils n'exercent pas d'occupation militaire de leurs "alliés" (les chars US ne se balladent pas dans Londres), 3) en général, la liberté d'expression est préservée (la France est alliée des US et tu as le droit de raconter ce que tu veux sur les américains sans trop rien risquer). On peut accuser les US de pas mal de choses, mais c'est mal comprendre ce qu'on appelle la "finlandisation" que de la comparer avec la politique internationale des US.
# Si même l'Etat se complait dans l'illégalité, où va la France?
Posté par arnaudus . En réponse au journal Les douanes ont acheté des IMSI catchers. Évalué à -2.
Ouhlala, les services secrets font des trucs illégaux? Quelle surprise, on tombe de haut.
Il ne manquerait plus qu'on s'aperçoive qu'ils manquent de transparence.
Sans blague, il est tout à fait normal que les services secrets soient border-line, c'est même leur raison d'être (autrement, on confierait ces missions à la police). Ce qui est est dangereux, c'est la généralisation de ces méthodes (le fait de ne pas cibler une surveillance ou une action sur un individu identifié, mais d'aller à la pêche aux infos en surveillant des gens au hasard).
La tentation de l'exécutif vers une surveillance poussée a toujours existé, et je pense que pas mal de constitutionnalistes iraient même à dire que c'est inévitable. Le dysfonctionnement ne vient pas du ministère de l'intérieur ou du premier ministre, mais plutôt du pouvoir législatif (assemblée, sénat, et conseil constitutionnel) qui, eux, n'ont pas vocation à gouverner, et sont censés encadrer par la loi les vélléités sécuritaires du gouvernement.
Sur le fond, l'argument de la légalisation des pratiques existantes n'est pas forcément fallacieux, c'est le même qui est utilisé par exemple pour la légalisation du cannabis. Encore une fois, ce qui est surprenant, c'est que le projet soit passé comme une lettre à la poste, pas qu'il ait été proposé.
# Géopolitique
Posté par arnaudus . En réponse au journal Des nouvelles de Nokia et de Sailfish. Évalué à 10.
C'est quand même un peu de la réécriture de l'histoire. Les Finlandais étant en première ligne à cause de leur frontière commune avec l'URSS, sans républiques "démocratiques et socialistes" pour faire tampon, ils ont été contraints à des concessions politiques majeures (le processus d'écrasement d'un État souverain par un voisin puissant a d'ailleurs été appelé "finlandisation"). C'est une forme d'annexion par la menace : si tu adhères à l'OTAN, on te pète la tronche, si tu ne fais pas de commerce avec nous, on te pète la tronche. Appeler ça des bonnes relations commerciales, ça équivaudrait à dire qu'une victime de viol a eu des bonnes relations avec son aggresseur parce qu'il n'a fait que la menacer avec une arme sans en faire usage…
[^] # Re: Compte demandé
Posté par arnaudus . En réponse au journal Grammalecte needs you !. Évalué à 3.
Je suis tout à fait d'accord avec toi, en fait. J'essayais juste de rationnaliser la chose pour essayer de mieux comprendre. Dans ces modèles de crowd funding, il y a trois partenaires : 1) le public / client, 2) la personne qui organise le projet, et 3) des intermédiaires plus ou moins identifiés (éditeur, producteur, industriel qui va produire l'objet ou fournir les composants, intermédiaires financiers, ou simplement l'éditeur du site de crowdfunding).
Pour simplifier, mon argument est le suivant : dans quelques cas, il est probable que 2 essaye plus ou moins d'arnaquer 1. Dans la plupart des cas, 1 = 2, tout le monde est de bonne foi… Mais dans tous les cas, il n'y a que 3 qui gagne. C'est comme au loto : il n'y a qu'un seul vrai gagnant, c'est l'organisateur. Les perdants sont ceux qui prennent des risques.
Dans un système économique sain, le risque est récompensé. Par exemple, soit tu places ton pognon sur ton livret A, avec peu de rémunération, mais aucun risque, soit tu investis à la bourse, avec une espérance de gain plus élevée, mais une variance plus élevée aussi. J'ai un peu peur quand dans le crowdfunding, l'espérance de gain est faible pour ceux qui prennent les risques, et élevée pour ceux qui ne les prennent pas. Je voulais donc être sûr de bien comprendre si les clients étaient conscients du fait qu'ils étaiernt en fait des donateurs dans le système, et pas des bénéficiaires.
[^] # Re: Compte demandé
Posté par arnaudus . En réponse au journal Grammalecte needs you !. Évalué à 3.
Du point de vue de l'éditeur, c'est plutôt "Il est risqué de financer un bouquin sans savoir s'il va se vendre. Si on arrive à le vendre avant de le produire, ce risque n'existe plus. Faisons croire à ces pigeons que c'est avantageux pour eux".
En gros, tu fais porter le risque sur le lecteur et/ou l'auteur. Il n'y a plus d'investisseur, et donc plus de rémunération du risque. Je suis d'accord pour dire que c'est un modèle différent, mais j'ai du mal à voir en quoi il est meilleur que le modèle classique.
Mouais mouais mouais, des trucs qui ne valent rien à produire mais qui prendraient "magoqiement" de la valeur. D'un côté, il y a un discours "débarrassons-nous des intermédiaires, nous n'avons pas besoin de toute cette machinerie capitalistico-industrielle de l'édition", et puis, dans la même phrase, on appuie sur une logique de spéculation possible sur la base d'une rareté artificiellement introduite (tes goodies n'ont pas de valeur intrinsèque, c'est la promesse de l'édition limitée qui leur donne une valeur de revente potentielle, bien hypothétique d'ailleurs sur un tel marché de niche).
Dans ce cas, on peut le présenter comme ça. Mais pour bien faire, il faudrait une liste de fonctionnalités, et un prix pour chacune d'entre elles ; quand on atteint le seuil le développeur se lance. Honnêtement, je ne sais pas si un tel système pourrait constituer un business model sérieux.
Trop de pouvoir d'achat matériel, c'est tout à fait vrai (on peut acheter à peu près n'importe quel objet plus ou moins électronique et plus ou moins jetable). C'est déja un peu moins vrai si on s'intéresse aux vrais objets pérennes, et presque faux quand on parle de service (typiquement, payer quelqu'un pour faire quelque chose). C'est ça le drame de nos sociétés, les objets coutent tellement peu qu'il vaut mieux les jeter que de les réparer. Un ordinateur coûte une heure de salaire de programmeur (allez, deux si le programmeur est mal payé) ; comment veux-tu expliquer aux gens qu'ils peuvent avoir un ordi pour 300€ mais qu'il leur faudrait payer 1000€ pour que quelqu'un corrige un bug dans un logiciel?
[^] # Re: ambiance sur le projet...
Posté par arnaudus . En réponse au journal MenuetOS : 1.0. Évalué à 3.
C'est leur explication. Mais ça n'a pas l'air très convainquant ; d'une part, il y a clairement une forme de xénophobie (le forkeur est Russe, et apparemment, il y a comme un climat de guerre froide). En essayant de reconstruire les morceaux à partir de la discussion (je ne garantis pas avoir tout compris), un contributeur russe trouvait que les versions patchées ne sortaient pas assez souvent et il a donc décidé de proposer des versions "à lui". Ça n'a pas plus au mainteneur principal et la situation s'est envenimée ; la version 64 bits a été rendue non-libre, et du coup l'autre gars a réellement forké. Le différend semble lié au fait que dès le fork, le nom du forkeur a été ajouté à tous les fichiers, sans lien avec d'éventuelles modifs. Ça ne me semble pas non plus catastrophique…
[^] # Re: ambiance sur le projet...
Posté par arnaudus . En réponse au journal MenuetOS : 1.0. Évalué à 4.
Ça n'est pas complètement clair, mais ils ont l'air de dire qu'ils ont disparu des auteurs du code source, ce qui est en effet un problème. Mais bon, quand on héberge et développe un projet et que le projet fonctionne, il n'y a aucune raison que les forks deviennent populaires. Un projet forké, c'est le plus souvent un projet qui a de vrais problèmes de gouvernance, c'est plus un symptôme qu'une cause…