ODF est l’avenir, OOXML le passé

Posté par  (courriel, site web personnel, Mastodon) . Édité par Xavier Teyssier et Benoît Sibaud. Modéré par Benoît Sibaud. Licence CC By‑SA.
37
31
mar.
2026
Bureautique

Ceci est la traduction d’un article (en) d’Italo Vignoli (en), co-fondateur de TheDocumentFoundation (TDF), la fondation qui pilote la suite bureautique LibreOffice sur le blog de TDF.

Italo Vignoli rappelle que le choix d’un format de fichier n’est pas anodin et qu’il se prolonge dans l’avenir. Il explique en quoi le format Open Document Format (ODF) est préférable au format Office Open XML (OOXML) de Microsoft. Notamment de par sa conception qui fait de l’ODF un format transparent qui n’est lié à aucune entreprise commerciale et qui peut ainsi être adopté par n’importe qui sans restriction.

Sommaire

Quand une personne, un gouvernement, une école ou une entreprise choisit un format pour conserver et échanger ses documents numériques, ce n’est pas seulement une décision technique, mais cela revient à placer un pari sur le type d’infrastructure numérique dont ils dépendront dans le futur.

En ce sens, les formats ODF et OOXML ne sont pas des options équivalentes parmi d’autres, mais des solutions radicalement différentes : l’une est tournée vers un avenir d’ouverture, d’interopérabilité et de souveraineté numérique, quand l’autre est resté sur un passé où l’on défendait la position dominante d’une entreprise via un verrouillage numérique.

ODF est conçu pour être ouvert et transparent

Le format OpenDocument a été envisagé dès le départ comme un standard ouvert. Il a été conçu et développé par une communauté sous les auspices du consortium OASIS, puis ratifié par l’ISO, afin d’être implémenté par n’importe qui, sur n’importe quelle plateforme, sans avoir à verser des redevances et sans dépendre d’une seule entreprise ni nécessiter son autorisation.

Il ne s’agit pas là de détails techniques insignifiants, mais bien d’une déclaration de stratégie politique et économique inhérente au format lui-même.

ODF est basé sur un schéma XML épuré facile à lire même pour les personnes non initiées à la technique et réutilisable. La nomenclature des couleurs respecte les conventions Web et son architecture réutilise des composants issus des normes ouvertes largement adoptés. Le format a été conçu pour travailler dans une infrastructure transparente et ouverte, pas contre elle.

Lorsqu’une administration publique archive un document au format ODF, on peut être sûr que n’importe quel futur gouvernement, n’importe quelle future application, propriétaire ou libre, et n’importe quelle future plateforme pourra le lire, le gérer, traiter et transformer ce document parce que les spécifications sont publiques et qu’elles sont claires, complètes et exemptes de toute restriction.

En ce sens, l’engagement en faveur d’ODF est tourné vers l’avenir, car il s’inscrit dans la lignée de l’évolution des technologies et des infrastructures basées sur le logiciel libre ainsi que dans celle de la stratégie européenne en matière de souveraineté numérique.

OOXML a été conçu pour préserver le passé

Le format OOXML, ou Office Open XML, n’a pas été conçu dans un souci d’interopérabilité, mais pour répondre à un objectif très précis : encoder les formats binaires de Microsoft Office en XML de manière à permettre à Microsoft de prétendre respecter la norme sans pour autant renoncer à son emprise sur les utilisateurs par le biais d’un verrouillage technologique.

Cette genèse n’est pas de l’histoire ancienne, mais remonte à la période comprise entre 2006 ‒ par pure coïncidence, l’année où le format ODF a été approuvé par l’ISO ‒ et 2008, année de l’événement grotesque connu sous le nom de « Ballot Resolution Meeting » (réunion de résolution des votes), qui a conduit à l’approbation d’OOXML par l’ISO et qui est consignée dans toutes les versions de la spécification.

OOXML Transitional, la variante que presque tous les documents Microsoft Office utilisent en pratique, et la seule disponible aujourd’hui, est explicitement définie comme une couche de compatibilité avec les anciens formats binaires (les, désormais oubliés, DOC, XLS et PPT, qui n’étaient rien d’autre que l’enregistrement de la mémoire de travail sur le disque), et contient des milliers d’éléments non documentés, d’exceptions spécifiques au format et de références à des systèmes Microsoft hérités qu’aucun tiers ne peut reproduire intégralement.

La spécification elle-même reconnaît que les fichiers Transitional peuvent contenir des éléments dont le comportement est « hérité » et dont l’affichage correct nécessite une connaissance des systèmes propriétaires de Microsoft. En bref, pour implémenter correctement OOXML Transitional, il faut décoder trente ans d’histoire de Microsoft Office, ce que personne, à l’exception de Microsoft, ne peut faire, et que personne ne pourra jamais faire.

En ce sens, choisir OOXML n’est pas un pari mais un choix rétrograde, parce que le format n’est ouvert qu’en apparence ‒ mais il suffit de très peu, d’un peu de bonne volonté, pour se rendre compte qu’il est complètement fermé ‒ et a été conçu pour être un mécanisme de verrouillage.

Deux voies de normalisation complètement différentes

Le parcours de l’OOXML vers la ratification ISO est un catalogue de tout ce qui ne devrait jamais se produire au cours d’un processus de normalisation, à commencer par la méthode Fast Track. Un commentaire disait : « Ce serait vraiment triste si l’ISO abaissait ses normes au point d’accepter cette monstruosité ».

Un autre commentaire, émanant d’un membre du comité technique de l’ISO qui a approuvé OOXML, résume bien les problèmes de ce format : « Le problème avec OOXML ne réside pas seulement dans le fait que le document lui-même est d’une taille monstrueuse. Le format OOXML actuel présente un certain nombre de problèmes techniques qui ont été énumérés en détail ailleurs. Un autre problème réside dans le fait que la spécification elle-même n’est pas rédigée comme une norme, mais plutôt comme le type de documentation technique que l’on s’attendrait à trouver pour un produit commercial. Cela entraînera de graves problèmes d’interopérabilité dans la pratique, et comme l’interopérabilité est l’essence même d’une norme, cela est inacceptable ».

Le marché a confirmé ce que le processus de normalisation avait cherché à dissimuler : OOXML Transitional n’a jamais offert l’interopérabilité qu’il promettait, ainsi que le confirment les pertes de contenu, les différences d’affichage et diverses autres incompatibilités entre la mise en œuvre de Microsoft Office et celles de tiers, qui persistent et sont encore documentées aujourd’hui. Une véritable norme devrait être parfaitement reproductible en suivant sa spécification, et ne devrait pas nécessiter de recourir à la rétro-ingénierie ou à des approches par essais et erreurs.

L’ODF, en revanche, a suivi le processus de normalisation ISO, et c’est pour cette raison qu’il s’agit du format recommandé par le cadre d’interopérabilité de l’UE, par le Deutschland-Stack allemand ‒ qui l’impose aux côtés du PDF/UA à tous les niveaux de l’administration publique ‒ et par un nombre croissant de cadres nationaux, qui ont conclu de manière indépendante qu’une réelle interopérabilité nécessite une norme véritablement ouverte, qui réponde à la définition d’une norme telle que l’ODF.

L’ODF est « tourné vers l’avenir »

Un format tourné vers l’avenir est un format qui réduit la dépendance future, et non qui la renforce. C’est un format qui peut être utilisé sans nécessiter la connaissance des technologies propriétaires d’un seul fournisseur. C’est un format qu’une administration publique peut confier en toute confiance à ses citoyens, à ses archives et à ses successeurs.

ODF répond à ces critères. Son architecture est transparente, ses schémas sont clairs et sa gouvernance est véritablement ouverte. Ses différentes implémentations démontrent chaque jour qu’il peut être mis en œuvre intégralement et fidèlement par des projets très différents les uns des autres, non pas parce qu’ils l’ont rétro-conçu, mais parce que les spécifications sont complètes et facilement compréhensibles.

Un format « tourné vers le passé », en revanche, est un format qui lie l’avenir aux stratégies commerciales d’un seul fournisseur. En ce sens, OOXML Transitional est un artefact archéologique qui préserve le passé au détriment de l’avenir. Les organisations qui l’adoptent comme norme parient ‒ ou peut-être espèrent-elles simplement ‒ que la feuille de route de Microsoft, la tarification de Microsoft et les choix de plateformes de Microsoft resteront inchangés indéfiniment.

C’est un risque qu’aucun gouvernement, aucune entreprise ni aucune institution ‒ ni d’ailleurs aucun individu soucieux de l’intégrité à long terme de ses données ‒ ne devrait se sentir à l’aise de prendre.

Le problème avec les « alternatives » c’est qu’elles ne sont pas vraiment alternatives

L’OOXML ‒verrouillé par conception comporte une deuxième dimension, plus subtile‒ et bien plus dangereuse pour les utilisateurs et les utilisatrices ‒, qui mérite d’être expliquée : le rôle des logiciels qui se présentent comme une alternative à Microsoft Office, mais qui utilisent OOXML comme format natif par défaut.

C’est un choix technique biaisé. Il s’agit là d’un choix technique partial. Lorsqu’une suite bureautique, qu’elle soit propriétaire ou « nominalement » open source, définit OOXML comme format par défaut pour les documents, elle n’offre pas de moyen de sortir de l’écosystème Microsoft, mais le renforce en réalité. Chaque fichier OOXML créé par une application non-Microsoft est un fichier qui valide OOXML en tant que norme, ce qui alimente le discours de Microsoft sur l’interopérabilité et rend la migration hors de la collection de formats Microsoft légèrement plus difficile.

Les alternatives réelles ‒ les applications qui prennent au sérieux l’interopérabilité et les normes ouvertes ‒ utilisent ODF par défaut et traitent OOXML comme une couche de compatibilité pour l’importation/exportation, et non comme un format natif. La distinction est importante : c’est la différence entre soutenir l’écosystème des formats ouverts et confier sa stratégie de format à l’architecture héritée de Microsoft, tout en parlant d’ouverture.

L’Allemagne a fait son choix

Le mandat allemand sur le Deutschland-Stack est le signal le plus clair de ces derniers temps quant à la direction prise par la politique européenne. En rendant l’ODF obligatoire à tous les niveaux fédéral, régional et municipal, l’Allemagne a institutionnalisé ce que les défenseurs de cette cause réclamaient depuis au moins vingt ans : que les normes ouvertes soient des pré-requis pour une souveraineté numérique, et non une simple option.

Cette obligation n’est pas contre Microsoft mais en faveur de la souveraineté, parce qu’elle affirme que les documents administratifs appartiennent à l’État, et non à un seul fournisseur. Les données des citoyens doivent rester lisibles à jamais et ne peuvent en aucun cas être soumises à une licence logicielle. Par conséquent, le format de document doit permettre aux administrations publiques de faire un choix indépendant et de migrer sans que le format lui-même ne constitue un obstacle.

La voie est claire

L’ODF est le format de la souveraineté numérique et d’une infrastructure publique ouverte, transparente et interopérable. Il a été conçu pour un avenir où aucun fournisseur unique ne pourra contrôler le niveau documentaire de la civilisation.

OOXML est un format étroitement lié à l’histoire de l’entreprise Microsoft, traduit en XML et ratifié au milieu de la controverse. Il a été conçu pour garantir que l’avenir reste compatible avec le passé de Microsoft, ce qui réduit considérablement la liberté de choix des gouvernements, des organisations, des entreprises et des particuliers et qui limite leur contrôle sur leurs documents.

Quelques notes de la traductrice

Quand Italo Vignali dit que le format :

ODF est basé sur un schéma XML épuré facile à lire même pour les personnes non initiées à la technique

Il a tout à fait raison. Les spécifications sont plutôt faciles à comprendre dans l’ensemble et le système de balisage est tout aussi facile à comprendre. Quant à la structure d’un fichier ODF (qui est en fait un fichier compressé) est aussi simple et claire. Et cela même si le fichier XML peut être plutôt difficile à lire selon la complexité du fichier généré.

J’ai traduit « open source » par « logiciel libre » car il m’a semblé que c’était clairement le propos.

Cet article s’inscrit dans toute une série d’articles qu’Italo Vignoli a écrit sur le format ODF (EN), il n’est pas improbable qu’il l’ait écrit (ou, tout au moins, mis en ligne) en réaction à la décision de NextCloud de configurer l’OOXML comme format par défaut de Collabora Online.

L’article d’origine est sous licence CC BY-SA 3.0, qui est une version plus ancienne de celle utilisée par défaut sur LinuxFR.

Et enfin, cette traduction a été assistée par DeepL.

Aller plus loin

  • # Office Web

    Posté par  . Évalué à 10 (+15/-0).

    En bref, pour implémenter correctement OOXML Transitional, il faut décoder trente ans d’histoire de Microsoft Office, ce que personne, à l’exception de Microsoft, ne peut faire, et que personne ne pourra jamais faire.

    Hé bien, j'irai même plus loin : Microsoft non plus ne peut pas le faire. J'ai eu l'occasion de devoir utiliser MS Office en version Web, et clairement, les fonctionnalités sont différentes. Et l'affichage aussi.
    Ma conclusion, c'est que Microsoft a réimplémenté Office sur le Web, et est également incapable de récupérer ces 40 années d'héritage logiciel.

  • # Ouin Ouin, on ne peut pas lutter...

    Posté par  . Évalué à -10 (+8/-28). Dernière modification le 01 avril 2026 à 10:42.

    Chaque fois que je vois ce genre d'articles, qui se résument à "ouin ouin, ODF c'est bien, l'OOXML célemal", je me rends compte que les auteurs n'ont rien compris sur un point fondamental:

    Le format du document, on s'en tape.

    Le plus important c'est ce qui marche, ce qui fonctionne le mieux. Et ODT, malgré les évangélistes, ne fonctionne pas. Il est autant propriétaire de fait à LibreOffice. (Et comme je sais que je vais me faire moinsser, j'y vais à fond).

    1. Essayez d'ouvrir un ODT complexe dans Calligra, ou même OpenOffice: Il est cassé.
    2. Envoyez un ODT à une personne de votre entourage: C'est quoi cette merde?
    3. Ouvrer un ODT que vous avez écris il y a 10 ans dans LibreOffice: Il est cassé.

    Pourquoi? Simplement parce que le format ODT est issue du modèle de document de OpenOffice. En quoi c'est mieux qu'un format issue de MS Office? Il est plus jeune, sous entendu moins d'erreur et de dette technique dedans, mais aussi sur entendu sans expérience importante des documents que MS a accumulé.

    Finalement, toutes les critiques de l'OOXML et Microsoft, s'appliquent en 10x pire pour l'ODF, car l'ODF n'est quasiment pas utilisé. OOXML c'est pas top, mais il y a des suites opensources qui le gère correctement, avec une interface utilisable au point que les utilisateurs extérieurs ne peuvent pas savoir que tu as modifié un fichier docx hors d'Office.

    Je ne parle même pas de l'interface de LibreOffice qui est réalisée avec les pieds (encore un sujet à moinsserie sur ce site), genre Screenshot

    Histoire de bien filer une crise cardiaque à tout designer.
    1. Les icônes à gauche du menu n’ont pas de padding ni de marge à gauche
    2. Les icônes à gauche du menu ne sont pas alignées verticalement avec le baseline des éléments du menu
    3. Les icônes du ruban n’ont pas la même taille
    4. Certaines icônes ont du texte dessous, d’autres non.
    5. Celles avec le texte sont les plus connues (copy, paste) donc texte inutile.
    6. L’icône en haut à gauche, elle, n’a pas de texte et est incompréhensible.
    7. À droite, aucun alignement des barres de séparation verticale entre la ligne d’icône du haut avec celle du bas.
    8. Sur la page du document lui même, les onglets de marge haut et bas ne sont pas symétrique, il manque 1px sur celui d'en haut (et l'analogie avec les machines à écrire est tellement vieille que je pense personne ne l'a saisie => inutile)

    Bref, avant de parler d'évangile, pour essayer d'attirer du monde pour sa paroisse, il faut corriger les défauts du produit, l'user experience, la stabilité du format le meilleur du monde et là, miracle, il y aura des utilisateurs, il y aura des retours, et le format sera plus utilisé en dehors du monde merveilleux des Geeks.

    • [^] # Re: Ouin Ouin, on ne peut pas lutter...

      Posté par  . Évalué à 9 (+7/-0).

      Il y a beaucoup de mauvaise foi dans ton commentaire.

      En quoi c'est mieux qu'un format issue de MS Office ?

      Peut-être parce qu'il ne fait pas 10000 pages et qu'il n'y a pas des blobs non documentés dedans ?

      Avant ODT il n'y avait qu'un format propriétaire qui le serait resté sans ODT (OOXML n'existe que parce que MS y a été, de facto, contraint).

      Tu appliques un raisonnement récursif douteux : ODT c'est pas bien parce que presque personne ne l'utilise (ce qui est d'ailleurs faux), donc il ne faut pas l'utiliser. Et puis l'interface de LO est nulle (ce qui se discute) mais n'est pas absolument pas un argument quand l'article dont il est question parle de l'avenir.

      Pour finir, le titre de ton commentaire est juste ridicule, j'espère que tu t'en rends compte.

      • [^] # Re: Ouin Ouin, on ne peut pas lutter...

        Posté par  (site web personnel) . Évalué à 10 (+7/-0).

        Avant ODT il n'y avait qu'un format propriétaire qui le serait resté sans ODT (OOXML n'existe que parce que MS y a été, de facto, contraint).

        Tex ? Troff ? SGML ? DocBook ? HTML ?

        Ce post est offensant ? Prévenez moi sur https://linuxfr.org/board

        • [^] # Re: Ouin Ouin, on ne peut pas lutter...

          Posté par  (site web personnel, Mastodon) . Évalué à 4 (+2/-0).

          J’aurais cité et me serait arrêté à RTF qui est le format pivot initié par le même éditeur (en s’inspirant de la syntaxe TeX…) Bien que correctement spécifié, mais pas endossé par OSI, et largement supporté, cela a montré aussi que la firme de Redmond est incapable de suivre ses propres standards : en fait, y a que word qui foire le RTF à un moment ou un autre (tout comme ils le font pour du .doc entre les versions différentes de leur programme remarque)

          “It is seldom that liberty of any kind is lost all at once.” ― David Hume

      • [^] # Re: Ouin Ouin, on ne peut pas lutter...

        Posté par  . Évalué à -1 (+1/-3).

        Autant je suis d'accord sur le début du commentaire (mon commentaire du début se voulait très trollesque de toute façon), autant je ne le suis plus sur la fin. Je n'ai jamais dis, ni écrit qu'il ne fallait pas utiliser LO.

        J'ai écrit que LO n'est pas mieux que MSO, ce que j'ai d'ailleurs argumenté sur pas mal de points. Il n'est ni mieux sur le point de la supposé compatibilité (qui, de facto est pire que le OOXML), sur l'utilisabilité (l'interface est brouillonne, et c'est un euphémisme, la logique même de l'interface est à chier), sur sa vitesse (ouvre un fichier docx conséquent ou xlsx dans MSO et un odt/ods dans LO, tu verras), bref, pour quelqu'un qui doit utiliser cet outil, LO, c'est une douleur dans le bas du dos (pour traduire une expression anglaise).

        Le titre est aussi ridicule que la politique actuelle de LO qui est de critiquer à tout va la dominance du format OOXML au lieu de:

        1. Identifier les problèmes de leur logiciel (la lenteur, l'interface, la non compatibilité)
        2. Promouvoir le format de fichier/document (notamment en collaborant avec les autres suites qui implémentent ODT pour identifier les problèmes de compatibilité)
        3. Résoudre les problèmes politiques (ne pas se taper sur la gueule avec Collabora parce qu'ils ont forké, etc…)

        Bref, je suis dépité de la gestion et de l'avancement de LO que j'ai promu pendant des années avant de me résoudre, pragmatiquement à utiliser OnlyOffice.

    • [^] # Re: Ouin Ouin, on ne peut pas lutter...

      Posté par  . Évalué à 10 (+16/-0).

      Visiblement, tu as pris très au sérieux un commentaire ailleurs et tu tiens à perdre du karma, tu insistes même pour être moinsser. Et je ne serai pas surpris que ta demande se concrétise, mais pas parce-que tu critiques ODF ou LibreOffice, mais plutôt parce-que :

      • tu critiques l’interface de LibreOffice comme critique d’ODF (WTF?) ;
      • tu critiques la mauvaise prise en charge d’ODF récent par un logiciel abandonné, OpenOffice (tu as essayé d’ouvrir un OOXML avec MS Office 97 ?) ;
      • tu critiques le mauvais support d’ODF par LibreOffice, sans donner d’exemple ou d’élément allant dans le sens de ta critique.

      Je pense que tu trouverais sur ce site beaucoup de gens ouverts à une critique d’ODF, notamment le fait qu’il ne tient pas toutes ses promesses d’interopérabilité comme l’illustre ton exemple avec Calligra (que je n’utilise pas, je t’accorde la critique pour la forme mais le reste de ton argumentaire me fait douter sur le fond). Mais c’est sûr que dans ton message actuel, les critiques que tu fais d’ODF semblent surtout servir de motivation à ton appel au moinssage.

      Sur le fond, ton argument c’est « le format ODT est issue du modèle de document de OpenOffice » et c’est assez faux. Notamment, ODF est depuis le début un format d’échange qui décrit les documents, et non un enregistrement d’une représentation interne du document dans OpenOffice ou LibreOffice. Ensuite, c’est vrai que ODF et LibreOffice évoluent ensemble et que LibreOffice est construit avec une représentation interne du document et des formattages qui correspondent aux fonctionnalités de la spec ODF, mais c’est un argument en faveur de LibreOffice et ODF qui est donnée dans le texte auquel tu réponds, qui énonce que c’est justement cette approche, de construire l’outil autour d’un standard, qui permet de penser qu’on saura rouvrir les ODF pendant longtemps après leur enregistrement. À l’inverse, un format qui s’appuie sur une représentation interne d’un outil est condamné à dépendre ce cet outil (et de tout son historique) pour être lu.

      Si LibreOffice implémente mal une spec ODF, c’est un bug, quand MS Office implémente mal un standard ou une formule, c’est une feature, et un héritage pesant.

      • [^] # Re: Ouin Ouin, on ne peut pas lutter...

        Posté par  (site web personnel) . Évalué à 6 (+3/-0).

        Le cas d'ODF pose une question : comment faire pour qu'un format dépasse son logiciel "père" ?

        Ce post est offensant ? Prévenez moi sur https://linuxfr.org/board

      • [^] # Re: Ouin Ouin, on ne peut pas lutter...

        Posté par  . Évalué à 1 (+4/-4).

        tu critiques l’interface de LibreOffice comme critique d’ODF (WTF?) ;

        Parce que, de facto, LibreOffice est le seul logiciel qui ouvre l'ODT de LibreOffice correctement. Je dis ça après avoir essayé quasiment toutes les applications qui savent ouvrir l'ODS (Calligra, OpenOffice, Abiword, Google Docs, Microsoft Word). Donc, une fois réalisé le fait que ODT c'est beau sur le papier, mais dans la pratique, c'est aussi "pragmatiquement" lié à LibreOffice que OOXML l'est à MS Office (ce qui est faux, puisque OnlyOffice ouvre et édite les OOXML à la perfection, mais passons). Je sépare le théorique du pratique ici. Bien sûr que j'adorerais qu'il y a un vrai format ouvert ODF qui marche partout. Mais dans la pratique, c'est pas le cas et l'observation concrète, c'est que ODT de LO ne fonctionne que dans LO (dès que tu mets des choses non basique dans le document évidemment, le Helloword fonctionne). DOCX fonctionne dans au moins 2 suites différentes dont une open source.

        tu critiques la mauvaise prise en charge d’ODF récent par un logiciel abandonné, OpenOffice (tu as essayé d’ouvrir un OOXML avec MS Office 97 ?) ;

        À ma connaissance OpenOffice n'est pas abandonné (dernière release en nov 2025). Mais merci, tu montres mon point comme quoi LO est le seul qui vaille pour l'ODF… Et non tu ne peux pas ouvrir un OOXML dans MSO97 parce qu'il n'avait pas encore le support du OOXML (ce qui paraît évident, tu ne peux pas ouvrir un fichier H265 sur un lecteur DivX de 1999).

        tu critiques le mauvais support d’ODF par LibreOffice, sans donner d’exemple ou d’élément allant dans le sens de ta critique.

        Pas du tout! Bien au contraire. Le support ODF de LibreOffice est probablement parfait, puisque seul LO sait l'ouvrir correctement (comment ne le pourrait-il pas, vu que le modèle de document du standard ODF provient de StarOffice qui est devenu OpenOffice puis LibreOffice). Je critique le fait que seul LO peut ouvrir correctement un fichier ODT créé par LO. Donc, de fait, c'est pas un standard et l'argument "c'est aux autres suites de s'améliorer pour être aussi bonne que LO" s'applique exactement de la même manière à MSO et son OOXML. Dans la pratique, constatation facile à faire, il n'y a aucun autre logiciel (* à part les forks, évidemment) qui sait ouvrir un fichier généré dans LO sans avoir des problèmes de compatibilité du format, le document ouvert est pété. Ce qui n'arrive pas avec un fichier OOXML dans OnlyOffice qui s'ouvre et s'édite parfaitement, malgré la lourdeur du standard OOXML qui est souvent reproché ici sur ce site.

        Sur le fond, ton argument c’est « le format ODT est issue du modèle de document de OpenOffice » et c’est assez faux.

        C'est pas ce que Wikipedia dit, je cite:

        La spécification OpenDocument s'est très largement inspirée du format créé pour les premières versions de la suite bureautique libre OpenOffice.org. Les deux formats sont en effet fondamentalement similaires, tant par leur structure générale que par la liste des objets documentaires qu'ils permettent de représenter.

    • [^] # Re: Ouin Ouin, on ne peut pas lutter...

      Posté par  (courriel, site web personnel, Mastodon) . Évalué à 10 (+16/-1). Dernière modification le 01 avril 2026 à 19:56.

      Ce qui serait bien, serait de lire avant de commenter.

      Déjà, il s’agit du format ODF pour Open Document Format, ce qui était, d’ailleurs, précisé dans le chapo. ODT n’étant que le format de texte inclus dans la norme ODF.

      Ensuite le format ODF a évolué depuis sa création il y a vingt ans, il est maintenant en version 1.4. OpenOffice, dont le développement est arrêté depuis très longtemps et Calligra qui n’a pas, non plus, bénéficié d’un réel développement depuis pas mal d’années et qui n’a jamais été très fini, en sont restés la version 1.2 de l’ODF (peut-être 1.3 pour Calligra).

      J’ouvre sans problème des fichiers au format ODF que j’ai conçu depuis un certain nombre (supérieur à 10) d’années. En fait, je travaille toujours avec certains fichiers qui datent de Mathusalem. Si on pouvait avoir des exemples concrets. Par contre j’en ai eu et j’en ai avec des fichiers OOXML.

      Comme cela a été rappelé dans l’article que j’ai traduit et dans d’autres commentaires : le format ODF n’est pas lié à LibreOffice ni fait par lui et pour lui. Il est géré par le consortium OASIS.

      Concernant l’interface de LibreOffice, c’est un très mauvais procès à lui faire, étant donné qu’elle est pleinement personnalisable et qu’on peut donc se faire un outil à sa main, ce qui, sur le plan ergonomique, est un sacré gain. La preuve avec mon interface à moi de Writer de LibreOffice : avec mes icônes, l’ordre dans lequel elles figurent, ma barre d’outils de styles (verticale à gauche). Bref tout ce qui m’est utile quand je travaille sur un texte. On peut même avoir une barre d’outils spécifique à un fichier (ce que j’utilise aussi) et personnaliser les menus et les menus contextuels. Et, évidemment, j’ai mes couleurs d’interface.
      Interface de Writer très personnalisée en dominante bleue
      Interface de Writer, version 26.2, la fenêtre a été rétrécie pour la capture, évidemment, en temps normal, elle occupe tout l’écran et donc toutes les icônes sont affichées.

      Ce qui aurait été bien, ça aurait été d’indiquer quelle version de LibreOffice illustre le commentaire.

      Je n’ai aucun avis sur systemd

      • [^] # Re: Ouin Ouin, on ne peut pas lutter...

        Posté par  . Évalué à 0 (+3/-4).

        J'ai bien lu l'article avant de commenter. Je sépare l'expérience du discours ici.

        L'interface présenté est celle par défaut d'une installation sous Arch linux, donc 26.2 également (choix "Tabbed" lors de la première ouverture).

        Quant à votre screenshot, je pense que vous vouliez montrer quelque chose de clean mais c'est tout le contraire pour moi. Il y a tellement de défaut dans cette interface…

        Pour citer ceux qui me gène le plus:
        1. Incohérence du choix des icônes: certaines ont un fond (rectangle blanc), d'autres non
        2. Une icône ne doit pas contenir de texte, et encore moins un acronyme (sinon, mettre un texte à la place). Exemple "g", "lt.", "u+" qui ne sont pas intuitive pour un brin. Autant mettre un boule de couleur différente, puisque l'utilisateur devra associer un signe cabalistique à une fonction de toute façon.
        3. Pas d'alignement horizontal ou vertical (visiblement, c'est dans toutes les versions de LO…)
        4. Du texte en blanc sur fond bleu, du texte en noir sur fond bleu, du texte de taille différente sur la même ligne
        5. problème de marge après/avant les icônes. On a l'impression qu'ils ont essayé de gagne de la place, mais pourtant ils laissent une marge de fou inutile autour de la page blanche de travail.

        Bref, il faut avoir un œil un minimum critique, je vous l'accorde, mais là, c'est assez évident, non?

        • [^] # Re: Ouin Ouin, on ne peut pas lutter...

          Posté par  (courriel, site web personnel, Mastodon) . Évalué à 6 (+3/-0).

          Ce sont MES icônes que j'ai dessiné comme je le voulais et comme cela me parlait et comme j'en avais envie, c'est même le résultat d'un travail sur plusieurs années.

          Je voulais juste montrer une interface très personnalisée qui est entièrement à ma main. C'est l'une des très très grandes forces de LibreOffice la capacité de personnaliser l'interface au petit poil. Et je ne prétends pas que cela plaise à tout le monde, mais avoir mon outil de travail personnalisé à mon goût, à ma vue et à mes besoins c'est très important.

          Je n’ai aucun avis sur systemd

        • [^] # Re: Ouin Ouin, on ne peut pas lutter...

          Posté par  . Évalué à 3 (+2/-2).

          Exemple "g", "lt.", "u+" qui ne sont pas intuitive pour un brin

          Je dirais gras, italique pour g et it, ta mauvaise foi est toujours présente.

          Incohérence du choix des icônes: certaines ont un fond (rectangle blanc), d'autres non

          Rien a foutre, c'est du cosmétique pas de l'UX

          Une icône ne doit pas contenir de texte

          Hou un commandement divin

          Pas d'alignement horizontal ou vertical (visiblement, c'est dans toutes les versions de LO…)

          je vois pas ou, a moins que tu parles des décalage lié aux triangles vers le bas ?

          du texte de taille différente sur la même ligne

          ça ne saute pas aux yeux

          Bref, il faut avoir un œil un minimum critique, je vous l'accorde, mais là, c'est assez évident, non?

          Peut être pour quelqu'un qui veut un tableau à afficher dans son salon, mais du point de vue utilisation, économie de clic et de scroll, le choix est vite fait.

          Il ne faut pas décorner les boeufs avant d'avoir semé le vent

    • [^] # Re: Ouin Ouin, on ne peut pas lutter...

      Posté par  . Évalué à 6 (+3/-0).

      Histoire de bien filer une crise cardiaque à tout designer.

      J'ai comme un doute, en tout cas pas au designer UX qu'on a au boulot :)

      Bon pour répondre à ta mauvaise foie qui défend bec et ongle l'hégémonie de la firme de Redmond sur les format de stockage de fichier, je prends office 365 (fourni par ma boite) et j'ouvre un document docx;

      Bon déjà la mise en page est foutu, le fichier est d'origine windows, et pas de bol je l'édite sous firefox/linux

      Pour les icônes avec texte ou sans texte, ben…
      c'est aussi mixé sur le truc home, typiquement undo a du texte, mais pas redo, j'ai paste, mais pas copy ni cut, et j'ai un clipboard a cheval sous 2 icônes, ah pardon ça doit être le nom de section, tout comme undo qui pour le coup est en fait sous l’icône redo… la section devrait s'appeler history…

      de même ta critique sur les icônes pas alignés, on a le même pour le choix des polices…

      Enfin au vu de la densité de fonctions disponible et du fait de devoir faire des choix (on peut pas tout mettre), ajouter des marges pour faire joli ou aligner des icône est un non sens, de même vouloir absolument aligner verticalement des sections qui n'ont rien a voir entre elles c'est encore une idée de merde.

      Il ne faut pas décorner les boeufs avant d'avoir semé le vent

      • [^] # Re: Ouin Ouin, on ne peut pas lutter...

        Posté par  . Évalué à 4 (+2/-0).

        Je ne sais pas si c'était utile de démonter cette critique sur l'interface au vu du niveau de mauvaise foi.

        D'abord la copie d'écran ne vient pas de sa propre machine mais du site de libreoffice.

        Ensuite comme l'a fait remarqué Isabeau l'interface est hautement configurable. La présentation des outils sous forme d'onglets n'est (à ma connaissance ) pas celle par défaut et elle a été faite pour copier l'ergonomie douteuse de Windows et des application Microsoft. Ce n'est pas pour rien que tu y retournes exactement les mêmes « problèmes » que ceux listés.

        De tout manière cela commençait comme un énorme troll avec cette affirmation :

        Le format du document, on s'en tape.

        Je ne vais pas m'embêter en 2026 à réexpliquer ici à quel point l'usage des formats ouverts est primordiale et pourquoi la définition en été inscrite dans la loi il y a bientôt 22 ans.

    • [^] # Re: Ouin Ouin, on ne peut pas lutter...

      Posté par  . Évalué à 7 (+5/-0).

      Un premier Avril, tout est possible, même troller un mercredi. Bien joué, félicitations.

      "Si tous les cons volaient, il ferait nuit" F. Dard

  • # Pour les afficionados de MS-Word…

    Posté par  (site web personnel) . Évalué à 4 (+2/-0).

    A priori il peut lire les documents texte ODF, probablement les écrire, mais je ne sais pas avec quelle "qualité" (ie. respect de la sémantique XML de ODF).

    Votez les 30 juin et 7 juillet, en connaissance de cause. http://www.pointal.net/VotesDeputesRN

  • # Manque de style

    Posté par  (site web personnel) . Évalué à 4 (+2/-1). Dernière modification le 03 avril 2026 à 01:22.

    Désolé mais je trouve que l'auteur a un style de bulldozer, le raisonnement tourne en rond (j'avais compris dès la première fois merci) et le résultat est digne d'un robotexte (IA générative). C'etait pénible à lire pour ma part

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