De toutes manières, 1) introduire des données bidons indistinguables des données réelles semble très difficile (par exemple, je pense qu'il est trivial pour n'importe quel vendeur/acheteurs de données de vérifier l'activité des comptes Facebook ou Twitter affiliés aux contacts, et de "nettoyer" les bases), 2) même si c'était possible, il n'est pas du tout exclu que ça n'ait aucun effet sur le marché des données personnelles, puisque les vraies données sont présentes de toutes manières. Envoyer une pub ciblée par e-mail à 10000 vraies personnes, où à 100000 personnes dont 90% sont des comptes bidons, ne génère pas spécialement de coûts supplémentaires. Les tarifs seraient réajustés automatiquement du fait du faible taux de retours, mais je ne suis pas certain que la "pureté" des bases de données soit un critère essentiel (à moins que l'objectif soit le démarchage téléphonique par exemple, mais c'est typiquement un cas où il est rentable de faire un pré-filtre—par exemple, ne pas appeler un numéro à l'indicatif international inexistant.
Dans le même style, des hordes de robots cliqueurs sur tous les liens commerciaux d'une page me semblent bien plus efficaces, puisqu'ils pourrissent les données d'un utilisateur réel : plus moyen de savoir si vous vous intéressez aux tournevis ou aux couches culottes si votre navigateur clique sur un lien aléatoire par seconde (votre bande passante en prend un coup, mais celle du fournisseur de service aussi). De même, si tous les liens de la page de retours de Google sont cliqués, pas moyen de savoir ce qui vous a intéressé. Bien sûr, vos vraies données sont aussi quelque part là-dedans, mais elles sont noyées par 99% de données bidon, et là, c'est vraiment dur de trier.
En même temps, c'est pas comme s'il venait s'expliquer, et la dernière fois, il avait engagé une discussion trollesque qui était tout sauf sincère, remplie d'arguments qui n'étaient pas de lui.
Cette description ne serait pas un stéréotype voire une homme de paille?
Une homme de paille, je ne pense pas, parce que je n'ai pas avancé d'arguments à sa place. Pour le stéréotype, peut-être, mais je fais ce que je peux avec ce que j'ai. Son argument, c'est quand même que le logiciel propriétaire enrichit Bill Gates qui finance l'OMS qui émet des recommandations liberticides et qui favorisent les entreprises pharmaceutiques. Pas besoin de faire d'homme de paille, je trouve.
Ici le but est de contre-carrer des source et des arguments douteux mais pas de stigmatiser les personnes.
Bah je ne sais pas. Réfuter les arguments complotistes, on fait ça depuis très longtemps. Est-ce qu'il ne serait pas temps d'essayer de stigmatiser les messagers? La dernière fois, les gens ont essayé de discuter avec lui, de présenter des arguments scientifiques, logiques sourcés. Il n'a visiblement aucune intention d'aller lire les méta-analyses sur l'hydroxychloroquine, ce qui l'intéresse, c'est de diffuser une rhétorique pseudoscientifique.
Du coup, je dirais que le but, c'est 1) de montrer qu'il est minoritaire; ce n'est pas parce qu'il a une énergie démesurée à consacrer à la diffusion de ses thèses qu'on ne peut pas le contredire, 2) que le lecteur de Linuxfr a le droit d'être protégé des bonimenteurs. Et pour moi, 3) j'aimerais comprendre comment ça marche dans sa tête. Je propose une interprétation, elle est peut-être complètement fausse, je ne peux pas savoir. Mais si elle est proche de la réalité, j'espère peut-être qu'en lisant ce que j'ai écrit, il va se dire "OK, je n'aime pas Bill Gates et je n'aime pas l'OMS; imaginer qu'ils sont de mèche pour brider les libertés individuelles justifierait cette opinion, mais ce n'est pas parce qu'un scénario est compatible avec mes opinions qu'il est réel." Encore une fois, je ne comprends pas pourquoi certaines personnes ont du mal, spontanément, à expliquer la différence entre ce qui est vrai et ce qui pourrait, ou aurait pu, être vrai. Mais il est peut-être sincère dans sa démarche, comme un témoin de Jéhovah qui est sincèrement désolé pour ceux qui lui ont claqué la porte au nez parce qu'ils vont aller en enfer et être torturé par leur Dieu miséricordieux (?). Quelle que soit la force de cette conviction, si on ne cherche pas à comprendre ses motivations, on ne pourra pas le convaincre de se poser et de réfléchir à ce qu'il raconte. Et du coup, il faut s'intéresser au bonhomme, et pas au message. Le message, de toutes manières, c'est le même que ce qu'on trouve partout sur Facebook, il n'y a rien d'intéressant là-dedans.
C'est de toutes manières totalement impossible de savoir si les gens sont juste obtus / ignorants / méthologiquement inaptes / aveuglés par une idéologie ou par un gourou, ou s'ils sont entrés dans une démarche de négationnisme et de manipulation active. Peut-être ne le savent-ils même pas eux mêmes.
J'ai découvert très récemment que certaines personnes, quand on leur posait la question, acceptaient qu'ils faisaient une différence entre "croire" et "penser être vrai". Quand j'y réfléchis, je me demande si cette espèce de schizophrénie n'est pas courante également dans les familles religieuses, par exemple. Tu vis dans un environnement social dans lequel la cohésion est basée sur un ensemble de croyances, ça peut être des croyances religieuses, ou un ensemble de théories plus ou moins complotistes qui te donnent une grille de lecture du monde ("Le gouvernement profite de la pandémie pour installer un régime autoritaire", par exemple, avec tout un tas de croyances corrélées sur l'efficacité de la chloroquine, la distribution ou la dangerosité des vaccins, l'influence du capitalisme, de Bill Gates, de la 5G, c'est hétérogène et incohérent, voire parfois même complètement autocontradictoire, mais ça n'est pas un problème à partir du moment où on vit dans un environnement où remettre en cause ces croyances n'est pas envisageable et entrainerait une expulsion du groupe, et éventuellement une forme de harcèlement). Bref, les gens ne sont pas complètement débiles, et quand tu leur demandes "Mais cette histoire de puce 5G dans les vaccins, tu penses que c'est vrai?", ils peuvent te répondre "nooon, pas vraiment, mais c'est l'idée, tu vois, ce qui est important, c'est qu'on nous manipule." Ils "croient" en ces trucs, les relaient, et ressortent ces "mèmes" au cours des discussions, mais ils ressentent plus ou moins que c'est factuellement absurde.
Je ne voudrais pas parler à la place de papap, il faudrait qu'il s'exprime sincèrement s'il le souhaite, mais mon interprétation, il croit qu'il y a quelque chose de malsain avec le capitalisme et le logiciel propriétaire, il déteste Bill Gates (parce qu'il est riche, ou parce qu'il est devenu riche en vendant des logiciels pourris), il déteste probablement des grands concepts comme "Big Pharma", il déteste les organisations internationales comme l'OMS qu'il considère comme corrompues. Et voila, son histoire comme un tout, c'est pas cohérent mais c'est pas très grave, c'est une grille d'interprétation simple qu'on peut appliquer aux problèmes hyper-complexes du monde réel. Et je ne pense pas que papap croie vraiment que c'est vrai. Il n'a pas l'air complètement idiot, il sait que France-Soir est un journal qui relaie des thèses nationalistes et complotistes, il sait que le Raoultisme ne tient plus face aux faits, il sait que la fondation Gates fournit des médocs aux petits africains. Et je pense qu'il sait que le lien entre la défiance d'un élu local envers le logiciel libre et la gestion internationale de la pandémie est un mensonge qu'il se fait à lui-même. Je ne sais pas s'il admettrait en public que ce qu'il a écrit n'est probablement pas vrai, que c'est une sorte de dissertation uchronique ou d'essai politique, comme ces jeux de rôles dans certaines formations où il faut défendre successivement deux points de vue opposés. Le seul truc malsain dans cette histoire, c'est qu'il n'est pas sincère sur le fait qu'il s'agisse d'un jeu (avec nous et avec lui-même également, probablement).
Je ne trouve pas ce genre de conneries drôles du tout. De mon temps de vieux, les trolls, c'était à vocation humoristique. Là, c'est à vocation politique, et ça peut avoir des conséquences graves sur la diffusion des informations scientifiques (et sur l'image du site).
Ce genre de trucs, c'est à l'opposé des valeurs du logiciel libre. Caser des mensonges relayés par des journaux populistes, et les cacher derrière une pseudo-défense des logiciels libres, c'est juste complètement nul. Je ne voudrais pas que quelqu'un puisse penser que les logiciels libres aient quoi que ce soit à voir avec ce genre de mouvements, qui ont largement assez de caisses de résonance dans les médias et sur les réseaux sociaux pour épargner les sites spécialisés avec leurs faits alternatifs.
Cabinet qui est aussi bien spécialisé en licenciements, qu'en logistique. Bref, des parasites.
OK, donc c'est des méchants (on ne sait pas pourquoi, peut-être parce qu'ils sont chers? Comme les footballeurs, ceux qui sont trop payés, c'est des méchants). Ça a quoi à voir avec l'incompétence de l'administration?
L'administration n'est pas défaillante par essence, elle ne tourne juste pas pour satisfaire en premier lieu les besoins de la population mais pour faire tourner l'économie pour le plus grand bénéfice de la bourgeoisie française.
Si la préfecture paume ton dossier, c'est parce que la secrétaire qui l'a mis dans le mauvais tiroir fait tourner l'économie pour le plus grand bénéfice de la bourgeoisie française? Faut arrêter de picoler.
Encore une fois, l'administration n'est juste pas conçue pour être efficace ou réactive.
Dire que ce cabinet a débloqué la situation c'est oublié les hôpitaux qui ont géré les vagues.
Le rapport entre les hopitaux et la logistique de la distribution de vaccin? Ah, on me dit dans l'oreillette qu'il n'y en a aucun.
Au passage, les hopitaux qui ont (plus ou moins) bien géré la crise, c'est beaucoup plus du fait de l'implication des soignants que de l'efficacité de l'administration…
C'est oublié que c'est maintenant un problème est de production.
C'est pour l'instant faux, on a vacciné 700000 personnes et il y a encore >800000 vaccins en réserve. Donc pour l'instant, c'est encore un problème de logistique.
Concurrence et brevet.
Voila, même pas de phrase, comme ça c'est au lecteur d'essayer de trouver une logique.
Une autre différence assez importante, c'est que la grippe est dangereuse pour les très jeunes enfants (< 2 ans), avec une mortalité non-négligeable, surtout avec comorbidités. Rien de ça pour le COVID, les bébés ne semblent même pas l'attrapper (les enfants produisent très peu de récepteur ACE2, qui est la cible du coronavirus).
Par ailleurs, la mortalité due à la grippe est le plus souvent due à des surinfections. Alors que pour le Covid, on meurt soit directement à cause du Coronavirus, soit à cause du système immunitaire qui finit par bousiller les poumons. C'est pas du tout la même stratégie pour sauver les patients graves.
Non, il n'y a pas de données. La position du gouvernement UK est intenable, le vaccin est certifié selon une certaine procédure, et s'écarter de la procédure, ça revient à sortir du sentier en espérant trouver "au jugé" un raccourcis.
Une autre idée dans le même genre serait de jouer autour de la chaine du froid (très contraignante), un peu comme quand on mange un yaourt périmé et que ça n'est pas très grave. Il est en effet largement possible qu'on puisse conserver le vaccin Pfizer à -18°C dans un congélateur grand public, mais ça n'a juste pas été testé. Donc, on ne sait pas. Et quand on ne sait pas, on prend un gros risque à faire comme si on savait.
Les anglais ont même par exemple considéré la possibilité de "mélanger" les vaccins, par exemple de donner une première dose du Pfizer et une deuxième avec le Moderna. À ce niveau, c'est de la pure inconscience. La seule manière de l'expliquer, c'est de réaliser que les gens qui prennent ce genre de décisions n'ont absolument aucune culture scientifique; ils se "croient" intelligents, mais ils n'ont pas les connaissances suffisantes pour réaliser l'absurdité de leur raisonnement.
Sur la forme : c'est parfaitement OK de ne pas tout comprendre et de ne pas tout connaitre. On a même le droit de ne rien comprendre à rien. Par contre, je ne comprends pas comment on peut à la fois ne rien comprendre, l'avouer, et écrire des torchons agressifs et accusateurs. Quand on ne connait pas un sujet, on se renseigne ou on laisse les autres parler, non?
Sur le fond, beaucoup de choses ont été dites.
La grippe n'a pas le même R0 que le Covid (plutôt 2 pour la grippe). > 80% de la population a déja des anticorps pour la grippe (infections ou vaccins dans les années précédentes). La grippe reste épidémique parce que le taux de mutation du virus est très élevé et qu'il évolue très vite pour échapper au système immunitaire.
La campagne de vaccination grippale vise les plus âgés. Ça n'est pas très logique : ne vacciner que les vieux ne permet pas de stopper l'épidémie (le danger pour les bébés et les personnes fragiles reste donc élevé), et le vaccin est peu efficace chez les personnes âgées. Il faudrait vacciner tout le monde bien sûr, ce qui éviterait la plupart des épidémies de grippe. C'est bien sûr sans compter les antivax et ceux qui ont peur d'une petite piqûre et seraient prêts à inventer n'importe quoi pour l'éviter. La campagne de vaccination Covid est plus rationnelle : elle vise à arrêter l'épidémie, pas seulement à protéger les vieux.
La campagne de vaccination grippale semble "rouler" parce qu'elle a lieu tous les ans. Il suffit d'un grain de sable (par exemple, une plus forte demande cette année) pour que ça coince (rupture de stock). Imaginez aussi qu'il faille un vaccin + un rappel : les infirmières et les médecins seraient tout un coup débordés. Et comme dit plus haut, la logistique pour distribuer et conserver des vaccins au -80°C est très très différente de celle du vaccin contre la grippe, que les gens achètent et conservent 3 semaines au frigo avant d'aller voir leur médecin.
L'administration patine et est inefficace : bien sûr. Mais il faut avoir vécu dans une grotte ces 50 dernières années pour faire semblant de le découvrir. L'administration arrive à peine à gérer les affaires courantes en temps normal. À chaque changement mineur de logiciel ou de système, il y a 2 ans de cafouillage qui peut même conduire à des condamnations de l'État à la cour Européenne de justice (dernièrement : permis de conduire et carte grise, émission de cartes de séjour, déni d'accès aux prestations sociales, etc). De toutes manières, ces défaillances administratives ne sont pas directement liées au gouvernement, elles sont dues à une politique RH défaillante dans la fonction publique, au sous-financement, à l'inefficacité des chaines de commandement, et à l'incompétence (voire à la malveillance) des cadres de la fonction publique. Donc, en cas de crise, évidemment que rien ne fonctionne; blâmez le gouvernement si vous voulez, ça n'y changera rien. Vous noterez que la situation s'est débloquée suite à l'intervention d'un cabinet privé pour gérer la logistique, d'ailleurs (je trouve ça triste à en pleurer…).
Un dernier mot sur la judiciarisation de la société : je me demande à quoi servent ces poursuites. Les élus sont bien sûr responsables de leurs actions (ou de leur inaction), mais là, on est face à une catastrophe naturelle. On ne va pas porter plainte contre un virus! Parfois, quand on est aux responsabilités, on se trompe, on ne prend pas les bonnes décisions, ou on doit prendre des décisions douloureuses (fermer un service parce qu'on n'a pas l'argent pour le laisser ouvert, faire tourner des services en conditions dégradées, etc). Faire des erreurs par inexpérience ou par manque de lucidité n'est pas illégal, et je ne vois pas ce que la justice a à voir là-dedans. C'est juste une affaire de pognon? La satisfaction de savoir ce qui s'est réellement passé, qui a réellement pris les décisions, au prix d'une enquête de 10 ans payée par la société? Ça ne fera pas revenir tata Jeanine de toutes manières. En tout cas, pour la gestion du Covid, je n'ai pas l'impression qu'il n'y ait aucune infraction réellement constituée. Bien sûr, il y a de l'incompétence, de l'impréparation, des choix politiques qui ont fait que le système de santé était déja en mauvais état au début de la crise. Mais tout ceci est du ressort du débat politique, et pas du débat judiciaire! Quand on voit des cabinets d'avocats qui recrutent de manière putassière des familles de victimes, je me dis que tous ces procès ne sont pas du tout à l'avantage de la société ou des victimes.
Posté par arnaudus .
En réponse au journal Trump == Hitler.
Évalué à 10.
Dernière modification le 07 janvier 2021 à 13:28.
Les morts s'expliquent par le fait qu'il y avait beaucoup d'armes à feu sur place, des deux côtés
La police anti-émeutes est aussi armée en France, mais malgré la brutalité de la répression policière au cours des dernières années, elle n'a jamais fait usage de ces armes. C'est un point important je pense, et passer par dessus n'est explicable que par la volonté de donner une vision caricaturale des choses. Ça ne coûte rien de dire qu'on est contre les violences policières tout en reconnaissant que la situation en France n'a rien à voir avec les US, vu qu'en France les flics ne tirent pas sur les noirs désarmés ou sur les manifestants. Ça n'excuse en rien les autres problèmes.
Je t'invite à visualiser cette vidéo (notamment)
À mon avis, une grande partie de la bêtise vers laquelle le monde glisse lentement est attribuable à des gens qui s'informent en visualisant des vidéos. La seule utilisation de cette vidéo serait en tant que preuve dans un tribunal pour juger les FDO après une plainte des manifestants.
Je ne voudrais pas faire croire que je cautionne les violences policières. Mais il y a deux manières de considérer les violences policières. Soit on pense qu'elles sont illégales, et dans ce cas, le seul terrain possible pour les dénoncer est la voie judiciaire. Soit on pense que la violence policière est un problème politique (c'est à dire qu'elle est légale et que la seule manière de la faire cesser est de changer la politique de la gestion des manifestations), auquel cas il faut proposer un programme politique et utliser ces preuves comme argument électoral.
Exciter les gens sans leur fournir aucune solution, et en leur servant un discours poluliste pré-maché, ça ne sert à rien à part rajouter de l'huile sur le feu. Cette approche inclut:
Présenter une vidéo de violences policières comme un argument prouvant que les violences policières augmentent (il faudrait plutôt recencer la totalité des manifestations et compter aussi celles où ça se passe bien—je rappelle qu'il y a 60 ans, les policiers jetaient des corps de dizaines d'Algériens dans la Seine, ça relativise un peu la gravité des gaz lacrymo),
Ignorer les voies de recours judiciaires, ou délégitimer les décisions de justice (par exemple, ignorer le fait que le procureur ne poursuive pas les manifestants sur la simple parole des policiers prouve, à mon avis, qu'on ne vit pas dans un état policier et que la justice protège les citoyens de l'arbitraire des FDO)
Mentir ou déformer la réalité sur la légalité des arrestations (faire croire que les gardes à vue étaient illégales, par exemple, ou qu'un rappel à la loi prouve qu'une garde à vue était abusive).
Faire ou parler de politique ne nécessite absolument pas d'ignorer tous les arguments allant vers une position mesurée. Pourquoi faut-il toujours exagérer tous les faits? Depuis quand les gens proposant une vision manichéenne sont-ils devenus intéressants?
Du coup, c'est pas quand même comme un menhir dans la chaussure de ton raisonnement? Est-ce que quelqu'un de normalement constitué ne devrait pas, à ce stade de l'écriture d'un tel commentaire, se dire "hummm… peut-être qu'il y a quelque chose d'incohérent dans l'argument que j'essaye d'amener"?
Je doute que tu souhaitais qu'on t'oppose des arguments juridiques, mais une garde à vue menant à une relaxe ou un rappel à la loi ne veut pas du tout dire qu'elle est injustifiée. Il est tout à fait légal de mettre des gens en garde à vue quand ils sont soupçonnés d'un délit ou d'un crime passible d'une peine de prison afin justement de vérifier si ces soupçons sont fondés, c'est le fonctionnement normal de la police et de la justice. À noter aussi qu'un rappel à la loi confirme que le délit est constitué (c'est juste que le procureur ne souhaite pas continuer les poursuites), et donc que la procédure de police était justifiée.
Il faut bien les différencier des garde à vue illégales (par exemple, pour des délits n'était pas passibles de peines de prison, ou dont les formes n'ont pas été respectées). C'est une situation très différente.
On peut déplorer qu'en France, la loi ne donne pas beaucoup de garanties aux justiciables victimes de procédures ou d'arrestations abusives, et que l'exécutif a beaucoup de marge de manoeuvre pour déterminer l'usage de la force pour le maintien de l'ordre public. En même temps, si personne ne porte plainte contre les policiers, il ne peut rien se passer. Il serait donc intéressant, plutôt que de donner les chiffres des arrestations, de lister les condamnations de l'État, qui ne sont pas sujettes à controverses ou à interprétation.
Le modèle économique aussi. Youtube rémunère les auteurs de vidéos populaires, ce qui n'est possible / rentable que par la centralisation. Je ne vois pas comment un tel modèle serait possible en décentralisé (c'est même probablement impossible d'avoir des stats fiables sur le nombre de visionnage avec PeerTube…).
Sans vouloir jouer l'avocat du diable, j'ai aussi l'impression qu'une partie de la centralisation (typiquement, pour les emails grand public) est due au manque de résilience des protocoles internet aux attaques et détournement (typiquement, spam). Quelque part, il semble que SMTP a été conçu sans même un embryon de sécurité, ce qui oblige les serveurs mails à assurer de leur côté la protection de leur utilisateurs, de manière complètement indépendante et à leurs frais. Ça encourage clairement à la centralisation (le coût du maintien des logiciels et des whitelists n'est pas proportionnel au nombre d'utilisateurs) et à l'exclusion des "petits".
C'est un peu la même chose pour HTML et Javascripts; les protocoles rendent beaucoup de choses possibles, c'est une porte grande ouverte à tous ceux qui veulent abuser. La fragmentation du web, c'est aussi les sites qui ne fonctionnent pas sous tel ou tel navigateur ou avec tel ou tel bloqueur de pubs ou de scripts, et ça, ça ne serait pas nécessaire si dès le début Internet avait été conçu dans le souci de protection des utilisateurs. La neutralité et la décentralisation, dans les faits, ont bien plus profité aux arnaqueurs, aux crackers, aux publicitaires et aux blanchisseurs de pognon qu'aux opposants politiques. Même genre de raisonnement que pour Tor ou pour Bitcoin: est-ce qu'une utilisation légimite marginale justifie l'existence d'un outil utilisé majoritairement à des fins illégales/immorales/criminelles? Tout le monde n'est pas libertarien, et il ne faut pas s'étonner de la réaction liberticide des acteurs économiques (les GAFAM) et politiques (les États).
Donc, voila mon pavé dans la mare : la fragmentation est principalement due à la mauvaise conception technique et politique des protocoles internet. Il y a eu un temps pour la liberté, mais les tenants de cette liberté n'ont pas trouvé (ou n'ont pas voulu trouver) les moyens de protéger les autres acteurs, qu'ils soient forts (États et grandes entreprises) ou faibles (les particuliers). Cette faillite est maintenant actée, et c'est les forts qui prennent le pouvoir. Les faibles ne seront toujours pas protégés, évidemment, mais les forts le seront. Malheureusement, il n'y a rien à regretter : le seul "paradis" perdu, c'est le monde imaginaire créé à la mesure de quelques milliers de hackeurs/crackers en dépit de toute logique sociale, économique et politique. La technique ne permet pas de s'affranchir de la société, et quand elle est assez forte pour donner le change, la société a les moyens de la faire plier (et c'est tant mieux, je n'aimerais pas vivre dans un monde où il existerait des moyens infaillibles d'échapper aux règles communes).
Tu prends littéralement l'exemple sans essayer de le comprendre.
Je pense que j'ai très bien compris ce que tu essayais de dire, et je pense que tu as tort. La différence entre une licence CC et pas de licence, c'est une différence qualitative. Ton analogie suggère qu'elle est quantitative, mais reformuler plusieurs fois la même idée ne la rend pas moins fausse.
C'est ton opinion, pas la mienne. aucune des 2 opinions est mal mais merci de respecter que d'autres n'ont pas la même opinion que toi.
Si je comprends bien, tu prétends qu'il est logiquement impossible que tu aies tort. Du coup, je ne sais même pas pourquoi on échange si tu penses que toutes les opinions sont équivalentes indépendamment de leur relation avec la réalité.
Donc, pour les autres, puisqu'apparemment pour toi les opinions n'ont pas besoin d'être justifiées, la différence entre une oeuvre sous CC et une oeuvre diffusée sans licence est que la licence CC donne des droits à l'utilisateur. Elle définit les limites, mais elle donne les droits : vous avez le droit de faire ci, vous avez le droit de faire ça. C'est un contrat que l'auteur passe avec les gens à qui il distribue son oeuvre.
Un texte diffusé sans licence ne donne aucun droit. Les seuls droits que tu as sont implicites, et te sont offerts par la loi, et pas par l'auteur du texte.
L'auteur du journal a laissé l'idée que peut-être ça le serait
L'auteur du journal a écrit exactement "j'ai eu le plaisir d'y découvrir qu'il était sous licence Creative Commons". Je pense que si tu as compris "c'est libre", ce n'est pas de la faute de l'auteur du journal.
Ça m'est arrivé par le passé de souhaiter avoir raison en dépit des faits, et ça me permet d'essayer de reconstituer ton raisonnement. Mais je peux t'affirmer qu'il est fallacieux, et que ça a un nom : c'est de la mauvaise foi. 1) tu sais que CC != libre. 2) tu sais que l'auteur du journal a écrit "CC" (et pas "libre"). 3) tu aurais aimé que l'auteur parle de "libre" vs "non-libre", plutôt que de "CC" vs "pas de licence". 4) tu prétends donc que l'auteur t'a trompé parce que quand tu as lu "CC" tu as cru lire "libre". Or, ça n'est pas possible, puisque toi, tu connais la différence. Donc tu imagines que quelqu'un d'autre aurait pu être trompé. Mais comme tu trouves que l'argument est trop faible ("OK, moi je connais la différence et ce que tu écris est factuellement vrai, et j'ai d'ailleurs bien compris, mais peut-être que quelqu'un qui n'est pas moi aurait pu mal comprendre, même s'il n'y a aucun fait qui suggère que l'affirmation ait pu vraiment tromper quelqu'un"), alors tu prétends avoir été trompé. Donc c'est un mensonge. Pas un gros, hein, et en plus, c'est un mensonge que tu pourras toujours nier comme tu veux puisqu'il s'agit de ton interprétation; peut-être qu'à la seconde où tu as lu le message tu as momentanément oublié que tu savais la différence entre CC et libre, et que ça ne n'est revenu qu'après, personne ne peut le prouver. Il n'y a que toi qui sait que c'est un mensonge, donc voila, c'est un "petit" mensonge pour avoir raison.
note : rigolo que le 2 poids 2 mesures… on dit que macOS est dispo gratos on va dire "bouh c'est pas libre", mais pour un texte "arrête de faire chier avec ton libre" quand on veut juste savoir sans critiquer la licence… Cacher la connaissance quand on ne veut pas assumer…
Bah, déja, 1) c'est très différent, puisque MACOS n'est pas sous CC-NC (c'est un logiciel propriétaire soumis à une licence propriétaire, et c'est même beaucoup plus restrictif qu'une licence shareware), 2) les conceptueurs des logiciels libres, Stallman en tête, ont toujours fait la différence entre les licences logicielles et les licences des oeuvres non-logicielles (pour lesquelles ils n'ont en général rien prévu parce que considérées hors sujet). J'ai assisté à des conférences où Stallman expliquait n'avoir aucun problème de principe avec le droit d'auteur des oeuvres d'art (il avait beaucoup de critiques sur les détails, comme la durée de la protection, mais pas contre le principe), et qu'il trouvait normal que l'artwork des jeux vidéos soit protégé de manière traditionnelle (il souhaitait par contre que le moteur fut libre). D'ailleurs, c'est assez amusant que la licence de documentation GNU, la GFDL, n'était pas libre. Pour l'anecdote, Wikipédia a commencé sa vie sous licence GFDL, et la non-liberté de la licence a vite posé des problèmes pratiques et éthiques avant d'être remplacée par la CC-BY-SA par un tour de passe-passe assez mémorable. Il semble donc que le mouvement libriste étendu au domaine artistique soit postérieur au logiciel libre, et pas basé sur les mêmes personnes et les mêmes concepts. J'ai l'impression d'être assez vieux pour me rappeler que la raison d'être du logiciel libre n'est pas du tout la même que celle qui motiverait la diffusion d'une oeuvre sous licence libre (et en particulier, je n'ai aucun problème avec la clause ND pour une oeuvre graphique).
Bref, je me sens un peu "Stallmanien" dans mon rapport avec le libre appliqué aux arts. Je ne vois pas trop l'intérêt, et c'est un détournement (pas méchant ni nuisible, hein, juste probablement inutile) du concept de logiciel libre. Du coup, pour un roman ou un dessin, l'info intéressante, c'est pas "c'est libre?". Pour un logiciel, oui, mais pas pour un roman (qui est, pour moi, BY and ND par essence).
Ah oui, pardon, je devais répondre à "N-O-N. Combien de fois faudra-t-il le dire?". À vrai dire, je ne sais pas. Combien de fois faut-il répéter un truc faux pour le rendre vrai?
Bah c'est là que je ne suis pas d'accord. Même la plus restrictive des licences CC (CC-BY-NC-ND, je pense) offre de nombreuses libertés à l'utilisateur, beaucoup plus qu'une oeuvre commerciale habituelle (et notamment le droit d'en faire des copies privées et non-privées). Certes, ce n'est pas une oeuvre libre, mais personne n'a prétendu ça de toutes manières.
Du coup, on est d'accord, "CC" tout court est imprécis. Mais l'analogie avec le prix est assez foireuse, puisque là, on ne te dit pas "c'est entre 10 et 1000€", on te dit "c'est 0€". Donc OK, on ne sait pas si c'est 0€ et en plus tu as un mars, ou 0€ mais tu donnes ton adresse email, ou 0€ mais tu nettoies le pare-brise de l'auteur. Mais l'info principale, tu l'as eue.
Posté par arnaudus .
En réponse au journal Une cuite de Schrödinger.
Évalué à 9.
Dernière modification le 26 novembre 2020 à 09:27.
Alors, tu peux utiliser les services d'une vilaine entreprise qui commence par "Goo" et qui finit par "Gle" ou n'importe quelle alternative plus ou moins respectrice de ta vie privée, taper "Valery Bonneau Creative Commons", et sans même cliquer sur quoi que ce soit d'autre, tu pourras lire "mes textes sont également (sauf rares exceptions) mis en ligne directement sous licence Creative Commons BY-SA" dès la deuxième ligne.
Un peu de bienveillance, ça ne fait de mal à personne. Même si la licence était CC-ND, il y a toujours moyen d'expliquer poliment.
bein non, des gens ont été condamnés parce qu'ils étaient près du groupe qui lançait des pavés, sans preuve.
Exactement comme cette affirmation, en fait?
Je ne vais pas répéter ce que j'ai écris plus haut. Le témoignage des FDO a valeur de preuve, donc ça n'est pas "sans preuve". C'est "sans preuve matérielle", comme dans beaucoup d'affaires jugées. Le juge évalue la crédibilité de tous les éléments, preuves matérielles et témoignages, il y a des preuves matérielles plus ou moins fiables, et des témoignages plus ou moins fiables.
à partir du moment où une personne diffuse ces images, le procureur a tout loisir de renvoyer devant un tribunal correctionnel en disant “je ne sais pas quelle est l’intention, ce sera au juge de le déterminer” »
Ah mais oui, les procureurs passent leur vie à envoyer au tribunal des gens qui seront relaxés. C'est comme ça que ça se passe, ils s'ennuient les procs, et ils savent bien que les juges apprécient qu'on leur fasse perdre leur temps.
Sans déc, le manque d'indépendance des procureurs est un problème en France, on se fait d'ailleurs régulièrement affichés par la justice Européenne pour ça. Mais sur le fond, être convoqué au tribunal n'est pas une atteinte aux droits fondamentaux. Ça arrive, on peut prendre des contraventions non-valables, on peut être mis en garde à vue puis relâché, etc. Si ça n'arrive pas tous les 15 jours aux mêmes personnes, c'est censé faire partie des inconvénients de l'État de droit.
Gérald Darmanin exposait clairement ses intentions
À la télé. Jusqu'à preuve du contraire, les déclarations à la télé du ministre de l'intérieur n'ont pas valeur de loi.
Eh, oh, c'est un ministre. Il ment comme il respire. Surtout lui. Comment peut-on lui accorder le moindre crédit?
De toutes manières, il n'est pas évident du tout qu'une version du texte "à la Ciotti" passerait le conseil constitutionnel. Après la censure de la loi Avia, ça m'étonnerait que le gouvernement tente un coup pareil.
La justice condamne parfois sans preuve matérielle. C'est très différent. Un témoignage, encore plus quand il s'agit du témoignage d'un agent assermenté, peut avoir valeur de preuve. On peut contester le principe, puisque les exemples de faux témoignage, y compris de fonctionnaires de police, abondent largement.
Les preuves matérielles sont également falsifiables. Un document peut être un faux, une photo peut être truquée, un expert peut se tromper… Le juge va prendre en compte la crédibilité des preuves, des témoins, la cohérence des arguments de l'accusé. C'est toujours subjectif, au final.
Et même aux assises, c'est subjectif. Le critère, c'est l'intime conviction! Ça n'est pas un critère scientifique ou rationnel. Si le jury est intimement convaincu que l'accusé est coupable, alors il est condamné. On peut évidemment penser que la qualité des preuves a quelque chose à voir avec la conviction du jury, mais pas nécessairement. On peut penser à quasiment toutes les affaires de viol sur mineur, jugées parfois des décennies après les faits; aucune preuve matérielle, seulement des témoignages dont la valeur de preuve est très faible…
À ma connaissance, on peut de toutes manières faire appel, même en cas de procédures rapides.
Ça ne change en rien l'idée que les procédures rapides ne respectent probablement pas tout le temps les droits de la défense, que la valeur des témoignage des FDO est plus douteuse que l'institution aimerait le faire croire, que la comparution immédiate est une forme de justice pour les pauvres et les gueux (SDF, étrangers en situation irrégulière…) qui ont peu de ressources pour faire valoir leurs droits, et que les condamnations sont parfois lourdes. Je ne connais pas les statistiques sur les résultats des appels, ça serait intéressant.
Il faudrait aussi vérifier de quoi les gens sont vraiment accusés. Par exemple, pour les violences en réunion, on peut être complice quand on a participé à la "réunion", sans preuve directe d'avoir commis l'acte. Typiquement, quand un groupe lance des pavés sur des CRS et qu'un CRS est blessés, on peut être condamné si on a une preuve qu'on a lancé des pavés, sans prouver que c'est bien un des pavés qu'on a lancé qui a blessé le CRS (je ne sais pas si je suis clair…).
Il peut y avoir des abus pour moi à cause de ce flou.
Des abus de la part de qui? Des juges? C'est quand même douteux, non? Du genre, le policier se fait virer à cause de la vidéo et il fait une dépression, ça me semble implaidable (puisque la vidéo n'a pas été diffusée dans le but de nuire, la dépression a été une conséquence de la diffusion mais pas son objectif).
L'amendement d'Éric Ciotti… Oui, bon, il y a des gens qui osent tout, voila. Il ne fait pas partie de la majorité, les amendements farfelus il y en a un paquet.
Pas besoin d'une loi supplémentaire
On est complètement d'accord. Mais la gesticulation politique est devenue la norme.
Dans le fond, il me semble complètement idiot de limiter cette loi aux policiers et gendarmes, et même d'ailleurs aux fonctionnaires. Il me semblerait sain que d'une manière générale, il soit interdit de diffuser quoi que ce soit dans le but de nuire à l'intégrité physique ou psychique de qui que ce soit. Et ça tombe bien, parce que c'est déja plus ou moins le cas (même si je pense qu'il faut une qualification différente : atteinte à la vie privée, diffammation (qui inclut la volonté de nuire), etc).
D'ailleurs, ça me fait penser qu'il est interdit de diffuser sur un réseau social la vidéo d'une bavure policière :
Article 222-33-3 du Code pénal:
« Est constitutif d'un acte de complicité des atteintes volontaires à l'intégrité de la personne prévues par les articles 222-1 à 222-14-1 et 222-23 à 222-31 et 222-33 et est puni des peines prévues par ces articles le fait d'enregistrer sciemment, par quelque moyen que ce soit, sur tout support que ce soit, des images relatives à la commission de ces infractions.
Le fait de diffuser l'enregistrement de telles images est puni de 5 ans d'emprisonnement et de 75 000 euros d'amende.
Le présent article n'est pas applicable lorsque l'enregistrement ou la diffusion résulte de l'exercice normal d'une profession ayant pour objet d'informer le public ou est réalisé afin de servir de preuve en justice
Du coup, si le principe était de condamner les gesn qui filment et diffusent les bavures, il semblerait beaucoup plus adéquat d'utiliser une loi existante (diffuser une agression revient à être complice de l'agression) plutôt que d'en inventer une qui ne permet pas du tout de poursuivre les gens qui diffusent les bavures.
Pour le coup, je me sens assez neutre sur la question. Cependant, je trouve que les détracteurs de cette loi préfèrent partir sur des grands discours («interdire au public de diffuser l’image de policiers»), qui ne me semblent pas correspondre au contenu du projet de loi. Donc, histoire qu'on sache de quoi il en retourne réellement:
« Art. 35 quinquies. – Est puni d’un an d’emprisonnement et de 45 000 euros d’amende le fait de diffuser, par quelque moyen que ce soit et quel qu’en soit le support, dans le but qu’il soit porté atteinte à son intégrité physique ou psychique, l’image du visage ou tout autre élément d’identification d’un fonctionnaire de la police nationale ou d’un militaire de la gendarmerie nationale lorsqu’il agit dans le cadre d’une opération de police. » D'après ce que je comprends:
* Il n'est pas interdit de filmer
* Il est interdit de diffuser l'image "dans le but qu'il soit porté atteinte à son intégrité physique ou psychique". Toutes les autres diffusions sont donc autorisées.
Du coup, je ne vois pas en quoi ça aurait changé quoi que ce soit pour Benalla, puisque 1) Benalla n'est pas un fonctionnaire de police, 2) à ma connaissance, les images n'ont pas été diffusées pour porter atteinte à son intégrité.
Comme c'est l'intention qui est sanctionnée ici, il me semble qu'aucune condamnation ne puisse être prononcée sans preuve de cette intention. Si la vidéo est accompagnée d'un commentaire du style «Dites-moi si vous connaissez ce keuf, on va lui faire la peau», alors oui, ça tombe sous le coup de la loi. Si vous diffusez avec un message qui dit «regardez ce que les Keufs ont fait à mon poto quand ils l'ont arrêté», il n'y a visiblement aucune volonté de nuire à l'intégrité des policiers, et ça me semble inattaquable.
C'est sûr que c'est beaucoup plus facile de rebondir tout de suite sur l'idée qu'on est en train de voter une loi qui interdit aux gens de reporter des violences policières, mais ça ne me semble pas être le cas.
Pour Zoom, il me semble que l'utilisation du client web est une solution vraiment acceptable. En tout cas, le client fonctionne avec Firefox.
Avec le temps, j'en suis venu à être de moins en moins demandeur envers les autres. L'utilisation du logiciel libre est avant tout un choix personnel; à quelques exceptions près, le logiciel libre se "paye"; soit on s'asseoit sur des fonctionnalités qu'ont les équivalents propriétaires, soit la configuration et l'installation sont plus compliquées… Difficile d'imposer ce choix aux autres, et en tant que prescripteur, on a forcément une responsabilité sur les ennuis et les dysfonctionnements.
Évidemment, quand il faut échanger entre le monde du libre et le monde du proprio, ça peut coincer. Par exemple, quand le seul moyen d'échange est un fichier Excel, c'est gonflant. Mais c'est inutile d'attaquer directement. On ouvre le fichier avec LibreOffice, on modifie ce qu'on doit modifier, on le ré-enregistre au format .xls, et on l'envoie. L'autre va se recevoir un .xls tout corrompu, et il va gérer. S'il n'y arrive pas, là on pourra lui expliquer le problème.
Pour revenir au but du journal, j'imagine que le plus constructif, c'est d'utiliser une solution libre quand on organise, et d'en parler brièvement. Avec un peu de chances, ça sera réutilisé.
Il ne faut pas non plus oublier que les solutions proprio de visioconf assurent également l'infrastructure derrière, ce que ne fait pas le ll. On a client gratuit qui fonctionne très bien la plupart du temps, et on ne se pose pas de question. Bien sûr, c'est un procédé marketting pour "capturer" des clients potentiels, mais pour l'instant, la concurrence a l'air réelle, et la qualité (des clients et des services) est souvent acceptable. Parmi les logiciels proprio, je ne pense pas que Zoom soit le plus problématique (mais bon, on ne sait jamais non plus ce que ce genre de soft fait vraiment, surtout que son unique rôle est de balancer des millions de paquets sur le réseau…).
Honnêtement, je ne pense pas qu'il faille se prendre la tête plus que nécessaire. D'une part, une règle tacite de politesse professionnelle veut que ça soit l'organisateur de la visioconf qui choisisse la solution logicielle. S'il y a peu de participants, il peut, s'il le souhaite, ouvrir la question ("Est-ce que zoom va à tout le monde?"). S'il ne le fait pas, alors c'est qu'il ne le souhaite pas. En fonction du contexte, on peut parfois échanger sur des points techniques (typiquement, Skype pro qui n'a pas de client pour Linux : "Est-ce qu'il serait possible d'envisager une solutioon alternative?"). S'il s'agit d'une visioconf où on est "demandeur" (négociation d'un contrat, entretien d'embauche…) ou qu'on demande du temps sans contrepartie (sisi, dans le milieu académique, c'est très courant), alors on cherche à emprunter un ordinateur sous Windows.
D'autre part, quand on organise une visioconf, on peut choisir l'outil. Avec quand même, encore, une règle de politesse : on minimise la charge de travail sur les participants, donc soit on propose un client qui s'installe facilement sur tous les systèmes sans galère de dépendances ou de mises à jour, soit on propose une alternative en client web, de préférence sur un serveur qu'on héberge soi-même, histoire de contrôler les problèmes techniques.
Quand c'est du perso, on fait ce qu'on veut. Mais on ne peut rien exiger non plus, et on est souvent amenés à gérer le service après-vente. Quand on demande du temps aux gens (organisation d'une AG pour une association, réunion quelconque), on essaye de leur faciliter la vie. Quand on rend service, on peut attendre un peu plus d'efforts (mais là encore, il faut que la solution technique soit irréprochable, si ça merdoie on va tout se prendre dans la tronche).
Et si on trouve que c'est une compromission que d'accepter d'installer un logiciel proprio sur sa machine, alors on se crée un cercle d'amis très restreint qui partage exactement les mêmes valeurs. D'une manière générale, imposer ses choix de vie aux autres n'est vraiment pas compatible avec le vivre ensemble : quand on est invité à diner, on ne refuse pas de toucher son assiette si ça n'est pas du bio, quand on covoiture, on n'accepte pas de monter parce que ça n'est pas une électrique… C'est un peu la base d'une vie en société, quoi.
J'ai répondu à une offre de poste, entretien proposé par la RH d'un groupe de boites (petite structure).
Faut bien doser, hein. Pour avoir fait récemment du recrutement en visio, tu te tapes l'après-midi à auditionner tes 5 candidats, si le quatrième est un petit malin qui essaye de t'expliquer la vie en imposant sa solution logicielle, ça risque de ne pas commencer sur une note très positive. Et il y a aussi intérêt à ce qu'il n'y ait absolument aucun problème technique. Ça dépend de plein de facteurs (quel poste, quel niveau technique du recruteur, quelle personnalité recherchée), mais ça peut avant tout montrer une mauvaise connaissance du contexte professionnel (y compris l'éventualité d'une limitation des solutions techniques autorisées).
Ouhla. Tenter de promouvoir le logiciel libre avec un argument du style "on choisira ce qui marche mieux out of the box"? Faut avoir la foi, quand même… Je ne prétends pas que le proprio marche du premier coup, surtout sous Linux, mais il ne faut pas nier la réalité.
Posté par arnaudus .
En réponse au journal De la vie sur Vénus ?.
Évalué à 4.
Dernière modification le 20 septembre 2020 à 21:11.
Non mais oui, mais bon, OK, dans Avatar aussi il y a une forme d'intelligence non-individuelle, et dans plein de films et de bouquins il y a des formes de vie liquides, gazeuses, ou immatérielles… Le fait que ça figure dans des oeuvres de fiction ne veut pas dire que ça peut exister de manière vraisemblable…
Il me semble que le paiement des accords de transit n'est pas l'objet de cette décision.
Pas directement, mais l'objet de la décision reste celui des accords entre FAI et fournisseurs de contenu. Je ne vois pas comment les accords de transit ou autres accords impliquant des investissements en infrastructure (ça doit être par exemple aussi le cas des flux vidéo pour les box, non?) ne pourraient pas être affectés; j'imagine (j'ai peut-être tort parce que je ne suis pas de la partie) qu'il y a de nombreuses contreparties financières et matérielles contre un accès "zéro rating" ou une priorité de trafic, non?
Je ne doute pas que ça soit une bonne décision qui privilégie la "concurrence libre et non faussée" et l'intérêt du consommateur, mais elle ne doit pas plaire à tout le monde.
[^] # Re: Area 21
Posté par arnaudus . En réponse au lien Une appli qui créé de faux contacts pour empoisonner les données revendues. Évalué à 5. Dernière modification le 01 mars 2021 à 11:46.
De toutes manières, 1) introduire des données bidons indistinguables des données réelles semble très difficile (par exemple, je pense qu'il est trivial pour n'importe quel vendeur/acheteurs de données de vérifier l'activité des comptes Facebook ou Twitter affiliés aux contacts, et de "nettoyer" les bases), 2) même si c'était possible, il n'est pas du tout exclu que ça n'ait aucun effet sur le marché des données personnelles, puisque les vraies données sont présentes de toutes manières. Envoyer une pub ciblée par e-mail à 10000 vraies personnes, où à 100000 personnes dont 90% sont des comptes bidons, ne génère pas spécialement de coûts supplémentaires. Les tarifs seraient réajustés automatiquement du fait du faible taux de retours, mais je ne suis pas certain que la "pureté" des bases de données soit un critère essentiel (à moins que l'objectif soit le démarchage téléphonique par exemple, mais c'est typiquement un cas où il est rentable de faire un pré-filtre—par exemple, ne pas appeler un numéro à l'indicatif international inexistant.
Dans le même style, des hordes de robots cliqueurs sur tous les liens commerciaux d'une page me semblent bien plus efficaces, puisqu'ils pourrissent les données d'un utilisateur réel : plus moyen de savoir si vous vous intéressez aux tournevis ou aux couches culottes si votre navigateur clique sur un lien aléatoire par seconde (votre bande passante en prend un coup, mais celle du fournisseur de service aussi). De même, si tous les liens de la page de retours de Google sont cliqués, pas moyen de savoir ce qui vous a intéressé. Bien sûr, vos vraies données sont aussi quelque part là-dedans, mais elles sont noyées par 99% de données bidon, et là, c'est vraiment dur de trier.
[^] # Re: Responsabilité
Posté par arnaudus . En réponse au journal La relation entre les logiciels libres et le Covid-19. Évalué à 6. Dernière modification le 22 février 2021 à 19:02.
En même temps, c'est pas comme s'il venait s'expliquer, et la dernière fois, il avait engagé une discussion trollesque qui était tout sauf sincère, remplie d'arguments qui n'étaient pas de lui.
Une homme de paille, je ne pense pas, parce que je n'ai pas avancé d'arguments à sa place. Pour le stéréotype, peut-être, mais je fais ce que je peux avec ce que j'ai. Son argument, c'est quand même que le logiciel propriétaire enrichit Bill Gates qui finance l'OMS qui émet des recommandations liberticides et qui favorisent les entreprises pharmaceutiques. Pas besoin de faire d'homme de paille, je trouve.
Bah je ne sais pas. Réfuter les arguments complotistes, on fait ça depuis très longtemps. Est-ce qu'il ne serait pas temps d'essayer de stigmatiser les messagers? La dernière fois, les gens ont essayé de discuter avec lui, de présenter des arguments scientifiques, logiques sourcés. Il n'a visiblement aucune intention d'aller lire les méta-analyses sur l'hydroxychloroquine, ce qui l'intéresse, c'est de diffuser une rhétorique pseudoscientifique.
Du coup, je dirais que le but, c'est 1) de montrer qu'il est minoritaire; ce n'est pas parce qu'il a une énergie démesurée à consacrer à la diffusion de ses thèses qu'on ne peut pas le contredire, 2) que le lecteur de Linuxfr a le droit d'être protégé des bonimenteurs. Et pour moi, 3) j'aimerais comprendre comment ça marche dans sa tête. Je propose une interprétation, elle est peut-être complètement fausse, je ne peux pas savoir. Mais si elle est proche de la réalité, j'espère peut-être qu'en lisant ce que j'ai écrit, il va se dire "OK, je n'aime pas Bill Gates et je n'aime pas l'OMS; imaginer qu'ils sont de mèche pour brider les libertés individuelles justifierait cette opinion, mais ce n'est pas parce qu'un scénario est compatible avec mes opinions qu'il est réel." Encore une fois, je ne comprends pas pourquoi certaines personnes ont du mal, spontanément, à expliquer la différence entre ce qui est vrai et ce qui pourrait, ou aurait pu, être vrai. Mais il est peut-être sincère dans sa démarche, comme un témoin de Jéhovah qui est sincèrement désolé pour ceux qui lui ont claqué la porte au nez parce qu'ils vont aller en enfer et être torturé par leur Dieu miséricordieux (?). Quelle que soit la force de cette conviction, si on ne cherche pas à comprendre ses motivations, on ne pourra pas le convaincre de se poser et de réfléchir à ce qu'il raconte. Et du coup, il faut s'intéresser au bonhomme, et pas au message. Le message, de toutes manières, c'est le même que ce qu'on trouve partout sur Facebook, il n'y a rien d'intéressant là-dedans.
[^] # Re: Responsabilité
Posté par arnaudus . En réponse au journal La relation entre les logiciels libres et le Covid-19. Évalué à 10. Dernière modification le 22 février 2021 à 14:32.
C'est de toutes manières totalement impossible de savoir si les gens sont juste obtus / ignorants / méthologiquement inaptes / aveuglés par une idéologie ou par un gourou, ou s'ils sont entrés dans une démarche de négationnisme et de manipulation active. Peut-être ne le savent-ils même pas eux mêmes.
J'ai découvert très récemment que certaines personnes, quand on leur posait la question, acceptaient qu'ils faisaient une différence entre "croire" et "penser être vrai". Quand j'y réfléchis, je me demande si cette espèce de schizophrénie n'est pas courante également dans les familles religieuses, par exemple. Tu vis dans un environnement social dans lequel la cohésion est basée sur un ensemble de croyances, ça peut être des croyances religieuses, ou un ensemble de théories plus ou moins complotistes qui te donnent une grille de lecture du monde ("Le gouvernement profite de la pandémie pour installer un régime autoritaire", par exemple, avec tout un tas de croyances corrélées sur l'efficacité de la chloroquine, la distribution ou la dangerosité des vaccins, l'influence du capitalisme, de Bill Gates, de la 5G, c'est hétérogène et incohérent, voire parfois même complètement autocontradictoire, mais ça n'est pas un problème à partir du moment où on vit dans un environnement où remettre en cause ces croyances n'est pas envisageable et entrainerait une expulsion du groupe, et éventuellement une forme de harcèlement). Bref, les gens ne sont pas complètement débiles, et quand tu leur demandes "Mais cette histoire de puce 5G dans les vaccins, tu penses que c'est vrai?", ils peuvent te répondre "nooon, pas vraiment, mais c'est l'idée, tu vois, ce qui est important, c'est qu'on nous manipule." Ils "croient" en ces trucs, les relaient, et ressortent ces "mèmes" au cours des discussions, mais ils ressentent plus ou moins que c'est factuellement absurde.
Je ne voudrais pas parler à la place de papap, il faudrait qu'il s'exprime sincèrement s'il le souhaite, mais mon interprétation, il croit qu'il y a quelque chose de malsain avec le capitalisme et le logiciel propriétaire, il déteste Bill Gates (parce qu'il est riche, ou parce qu'il est devenu riche en vendant des logiciels pourris), il déteste probablement des grands concepts comme "Big Pharma", il déteste les organisations internationales comme l'OMS qu'il considère comme corrompues. Et voila, son histoire comme un tout, c'est pas cohérent mais c'est pas très grave, c'est une grille d'interprétation simple qu'on peut appliquer aux problèmes hyper-complexes du monde réel. Et je ne pense pas que papap croie vraiment que c'est vrai. Il n'a pas l'air complètement idiot, il sait que France-Soir est un journal qui relaie des thèses nationalistes et complotistes, il sait que le Raoultisme ne tient plus face aux faits, il sait que la fondation Gates fournit des médocs aux petits africains. Et je pense qu'il sait que le lien entre la défiance d'un élu local envers le logiciel libre et la gestion internationale de la pandémie est un mensonge qu'il se fait à lui-même. Je ne sais pas s'il admettrait en public que ce qu'il a écrit n'est probablement pas vrai, que c'est une sorte de dissertation uchronique ou d'essai politique, comme ces jeux de rôles dans certaines formations où il faut défendre successivement deux points de vue opposés. Le seul truc malsain dans cette histoire, c'est qu'il n'est pas sincère sur le fait qu'il s'agisse d'un jeu (avec nous et avec lui-même également, probablement).
# Responsabilité
Posté par arnaudus . En réponse au journal La relation entre les logiciels libres et le Covid-19. Évalué à 10.
Je ne trouve pas ce genre de conneries drôles du tout. De mon temps de vieux, les trolls, c'était à vocation humoristique. Là, c'est à vocation politique, et ça peut avoir des conséquences graves sur la diffusion des informations scientifiques (et sur l'image du site).
Ce genre de trucs, c'est à l'opposé des valeurs du logiciel libre. Caser des mensonges relayés par des journaux populistes, et les cacher derrière une pseudo-défense des logiciels libres, c'est juste complètement nul. Je ne voudrais pas que quelqu'un puisse penser que les logiciels libres aient quoi que ce soit à voir avec ce genre de mouvements, qui ont largement assez de caisses de résonance dans les médias et sur les réseaux sociaux pour épargner les sites spécialisés avec leurs faits alternatifs.
[^] # Re: Avoir un avis sur tout, même quand on n'y connait rien
Posté par arnaudus . En réponse au journal genre, ils nous prendraient pour des neuneux ?. Évalué à 9.
OK, donc c'est des méchants (on ne sait pas pourquoi, peut-être parce qu'ils sont chers? Comme les footballeurs, ceux qui sont trop payés, c'est des méchants). Ça a quoi à voir avec l'incompétence de l'administration?
Si la préfecture paume ton dossier, c'est parce que la secrétaire qui l'a mis dans le mauvais tiroir fait tourner l'économie pour le plus grand bénéfice de la bourgeoisie française? Faut arrêter de picoler.
Encore une fois, l'administration n'est juste pas conçue pour être efficace ou réactive.
Le rapport entre les hopitaux et la logistique de la distribution de vaccin? Ah, on me dit dans l'oreillette qu'il n'y en a aucun.
Au passage, les hopitaux qui ont (plus ou moins) bien géré la crise, c'est beaucoup plus du fait de l'implication des soignants que de l'efficacité de l'administration…
C'est pour l'instant faux, on a vacciné 700000 personnes et il y a encore >800000 vaccins en réserve. Donc pour l'instant, c'est encore un problème de logistique.
Voila, même pas de phrase, comme ça c'est au lecteur d'essayer de trouver une logique.
[^] # Re: Non, la grippe est potentiellement mortelle
Posté par arnaudus . En réponse au journal genre, ils nous prendraient pour des neuneux ?. Évalué à 7.
Une autre différence assez importante, c'est que la grippe est dangereuse pour les très jeunes enfants (< 2 ans), avec une mortalité non-négligeable, surtout avec comorbidités. Rien de ça pour le COVID, les bébés ne semblent même pas l'attrapper (les enfants produisent très peu de récepteur ACE2, qui est la cible du coronavirus).
Par ailleurs, la mortalité due à la grippe est le plus souvent due à des surinfections. Alors que pour le Covid, on meurt soit directement à cause du Coronavirus, soit à cause du système immunitaire qui finit par bousiller les poumons. C'est pas du tout la même stratégie pour sauver les patients graves.
[^] # Re: double dose
Posté par arnaudus . En réponse au journal genre, ils nous prendraient pour des neuneux ?. Évalué à 10.
Non, il n'y a pas de données. La position du gouvernement UK est intenable, le vaccin est certifié selon une certaine procédure, et s'écarter de la procédure, ça revient à sortir du sentier en espérant trouver "au jugé" un raccourcis.
Une autre idée dans le même genre serait de jouer autour de la chaine du froid (très contraignante), un peu comme quand on mange un yaourt périmé et que ça n'est pas très grave. Il est en effet largement possible qu'on puisse conserver le vaccin Pfizer à -18°C dans un congélateur grand public, mais ça n'a juste pas été testé. Donc, on ne sait pas. Et quand on ne sait pas, on prend un gros risque à faire comme si on savait.
Les anglais ont même par exemple considéré la possibilité de "mélanger" les vaccins, par exemple de donner une première dose du Pfizer et une deuxième avec le Moderna. À ce niveau, c'est de la pure inconscience. La seule manière de l'expliquer, c'est de réaliser que les gens qui prennent ce genre de décisions n'ont absolument aucune culture scientifique; ils se "croient" intelligents, mais ils n'ont pas les connaissances suffisantes pour réaliser l'absurdité de leur raisonnement.
# Avoir un avis sur tout, même quand on n'y connait rien
Posté par arnaudus . En réponse au journal genre, ils nous prendraient pour des neuneux ?. Évalué à 10.
Sur la forme : c'est parfaitement OK de ne pas tout comprendre et de ne pas tout connaitre. On a même le droit de ne rien comprendre à rien. Par contre, je ne comprends pas comment on peut à la fois ne rien comprendre, l'avouer, et écrire des torchons agressifs et accusateurs. Quand on ne connait pas un sujet, on se renseigne ou on laisse les autres parler, non?
Sur le fond, beaucoup de choses ont été dites.
La grippe n'a pas le même R0 que le Covid (plutôt 2 pour la grippe). > 80% de la population a déja des anticorps pour la grippe (infections ou vaccins dans les années précédentes). La grippe reste épidémique parce que le taux de mutation du virus est très élevé et qu'il évolue très vite pour échapper au système immunitaire.
La campagne de vaccination grippale vise les plus âgés. Ça n'est pas très logique : ne vacciner que les vieux ne permet pas de stopper l'épidémie (le danger pour les bébés et les personnes fragiles reste donc élevé), et le vaccin est peu efficace chez les personnes âgées. Il faudrait vacciner tout le monde bien sûr, ce qui éviterait la plupart des épidémies de grippe. C'est bien sûr sans compter les antivax et ceux qui ont peur d'une petite piqûre et seraient prêts à inventer n'importe quoi pour l'éviter. La campagne de vaccination Covid est plus rationnelle : elle vise à arrêter l'épidémie, pas seulement à protéger les vieux.
La campagne de vaccination grippale semble "rouler" parce qu'elle a lieu tous les ans. Il suffit d'un grain de sable (par exemple, une plus forte demande cette année) pour que ça coince (rupture de stock). Imaginez aussi qu'il faille un vaccin + un rappel : les infirmières et les médecins seraient tout un coup débordés. Et comme dit plus haut, la logistique pour distribuer et conserver des vaccins au -80°C est très très différente de celle du vaccin contre la grippe, que les gens achètent et conservent 3 semaines au frigo avant d'aller voir leur médecin.
L'administration patine et est inefficace : bien sûr. Mais il faut avoir vécu dans une grotte ces 50 dernières années pour faire semblant de le découvrir. L'administration arrive à peine à gérer les affaires courantes en temps normal. À chaque changement mineur de logiciel ou de système, il y a 2 ans de cafouillage qui peut même conduire à des condamnations de l'État à la cour Européenne de justice (dernièrement : permis de conduire et carte grise, émission de cartes de séjour, déni d'accès aux prestations sociales, etc). De toutes manières, ces défaillances administratives ne sont pas directement liées au gouvernement, elles sont dues à une politique RH défaillante dans la fonction publique, au sous-financement, à l'inefficacité des chaines de commandement, et à l'incompétence (voire à la malveillance) des cadres de la fonction publique. Donc, en cas de crise, évidemment que rien ne fonctionne; blâmez le gouvernement si vous voulez, ça n'y changera rien. Vous noterez que la situation s'est débloquée suite à l'intervention d'un cabinet privé pour gérer la logistique, d'ailleurs (je trouve ça triste à en pleurer…).
Un dernier mot sur la judiciarisation de la société : je me demande à quoi servent ces poursuites. Les élus sont bien sûr responsables de leurs actions (ou de leur inaction), mais là, on est face à une catastrophe naturelle. On ne va pas porter plainte contre un virus! Parfois, quand on est aux responsabilités, on se trompe, on ne prend pas les bonnes décisions, ou on doit prendre des décisions douloureuses (fermer un service parce qu'on n'a pas l'argent pour le laisser ouvert, faire tourner des services en conditions dégradées, etc). Faire des erreurs par inexpérience ou par manque de lucidité n'est pas illégal, et je ne vois pas ce que la justice a à voir là-dedans. C'est juste une affaire de pognon? La satisfaction de savoir ce qui s'est réellement passé, qui a réellement pris les décisions, au prix d'une enquête de 10 ans payée par la société? Ça ne fera pas revenir tata Jeanine de toutes manières. En tout cas, pour la gestion du Covid, je n'ai pas l'impression qu'il n'y ait aucune infraction réellement constituée. Bien sûr, il y a de l'incompétence, de l'impréparation, des choix politiques qui ont fait que le système de santé était déja en mauvais état au début de la crise. Mais tout ceci est du ressort du débat politique, et pas du débat judiciaire! Quand on voit des cabinets d'avocats qui recrutent de manière putassière des familles de victimes, je me dis que tous ces procès ne sont pas du tout à l'avantage de la société ou des victimes.
[^] # Re: ça interpelle différemment
Posté par arnaudus . En réponse au journal Trump == Hitler. Évalué à 10. Dernière modification le 07 janvier 2021 à 13:28.
La police anti-émeutes est aussi armée en France, mais malgré la brutalité de la répression policière au cours des dernières années, elle n'a jamais fait usage de ces armes. C'est un point important je pense, et passer par dessus n'est explicable que par la volonté de donner une vision caricaturale des choses. Ça ne coûte rien de dire qu'on est contre les violences policières tout en reconnaissant que la situation en France n'a rien à voir avec les US, vu qu'en France les flics ne tirent pas sur les noirs désarmés ou sur les manifestants. Ça n'excuse en rien les autres problèmes.
À mon avis, une grande partie de la bêtise vers laquelle le monde glisse lentement est attribuable à des gens qui s'informent en visualisant des vidéos. La seule utilisation de cette vidéo serait en tant que preuve dans un tribunal pour juger les FDO après une plainte des manifestants.
Je ne voudrais pas faire croire que je cautionne les violences policières. Mais il y a deux manières de considérer les violences policières. Soit on pense qu'elles sont illégales, et dans ce cas, le seul terrain possible pour les dénoncer est la voie judiciaire. Soit on pense que la violence policière est un problème politique (c'est à dire qu'elle est légale et que la seule manière de la faire cesser est de changer la politique de la gestion des manifestations), auquel cas il faut proposer un programme politique et utliser ces preuves comme argument électoral.
Exciter les gens sans leur fournir aucune solution, et en leur servant un discours poluliste pré-maché, ça ne sert à rien à part rajouter de l'huile sur le feu. Cette approche inclut:
Faire ou parler de politique ne nécessite absolument pas d'ignorer tous les arguments allant vers une position mesurée. Pourquoi faut-il toujours exagérer tous les faits? Depuis quand les gens proposant une vision manichéenne sont-ils devenus intéressants?
[^] # Re: ça interpelle différemment
Posté par arnaudus . En réponse au journal Trump == Hitler. Évalué à 9.
Du coup, c'est pas quand même comme un menhir dans la chaussure de ton raisonnement? Est-ce que quelqu'un de normalement constitué ne devrait pas, à ce stade de l'écriture d'un tel commentaire, se dire "hummm… peut-être qu'il y a quelque chose d'incohérent dans l'argument que j'essaye d'amener"?
Je doute que tu souhaitais qu'on t'oppose des arguments juridiques, mais une garde à vue menant à une relaxe ou un rappel à la loi ne veut pas du tout dire qu'elle est injustifiée. Il est tout à fait légal de mettre des gens en garde à vue quand ils sont soupçonnés d'un délit ou d'un crime passible d'une peine de prison afin justement de vérifier si ces soupçons sont fondés, c'est le fonctionnement normal de la police et de la justice. À noter aussi qu'un rappel à la loi confirme que le délit est constitué (c'est juste que le procureur ne souhaite pas continuer les poursuites), et donc que la procédure de police était justifiée.
Il faut bien les différencier des garde à vue illégales (par exemple, pour des délits n'était pas passibles de peines de prison, ou dont les formes n'ont pas été respectées). C'est une situation très différente.
On peut déplorer qu'en France, la loi ne donne pas beaucoup de garanties aux justiciables victimes de procédures ou d'arrestations abusives, et que l'exécutif a beaucoup de marge de manoeuvre pour déterminer l'usage de la force pour le maintien de l'ordre public. En même temps, si personne ne porte plainte contre les policiers, il ne peut rien se passer. Il serait donc intéressant, plutôt que de donner les chiffres des arrestations, de lister les condamnations de l'État, qui ne sont pas sujettes à controverses ou à interprétation.
[^] # Re: Pourquoi le craindre ?
Posté par arnaudus . En réponse au sondage Craindre la balkanisation du Web…. Évalué à 6.
Le modèle économique aussi. Youtube rémunère les auteurs de vidéos populaires, ce qui n'est possible / rentable que par la centralisation. Je ne vois pas comment un tel modèle serait possible en décentralisé (c'est même probablement impossible d'avoir des stats fiables sur le nombre de visionnage avec PeerTube…).
Sans vouloir jouer l'avocat du diable, j'ai aussi l'impression qu'une partie de la centralisation (typiquement, pour les emails grand public) est due au manque de résilience des protocoles internet aux attaques et détournement (typiquement, spam). Quelque part, il semble que SMTP a été conçu sans même un embryon de sécurité, ce qui oblige les serveurs mails à assurer de leur côté la protection de leur utilisateurs, de manière complètement indépendante et à leurs frais. Ça encourage clairement à la centralisation (le coût du maintien des logiciels et des whitelists n'est pas proportionnel au nombre d'utilisateurs) et à l'exclusion des "petits".
C'est un peu la même chose pour HTML et Javascripts; les protocoles rendent beaucoup de choses possibles, c'est une porte grande ouverte à tous ceux qui veulent abuser. La fragmentation du web, c'est aussi les sites qui ne fonctionnent pas sous tel ou tel navigateur ou avec tel ou tel bloqueur de pubs ou de scripts, et ça, ça ne serait pas nécessaire si dès le début Internet avait été conçu dans le souci de protection des utilisateurs. La neutralité et la décentralisation, dans les faits, ont bien plus profité aux arnaqueurs, aux crackers, aux publicitaires et aux blanchisseurs de pognon qu'aux opposants politiques. Même genre de raisonnement que pour Tor ou pour Bitcoin: est-ce qu'une utilisation légimite marginale justifie l'existence d'un outil utilisé majoritairement à des fins illégales/immorales/criminelles? Tout le monde n'est pas libertarien, et il ne faut pas s'étonner de la réaction liberticide des acteurs économiques (les GAFAM) et politiques (les États).
Donc, voila mon pavé dans la mare : la fragmentation est principalement due à la mauvaise conception technique et politique des protocoles internet. Il y a eu un temps pour la liberté, mais les tenants de cette liberté n'ont pas trouvé (ou n'ont pas voulu trouver) les moyens de protéger les autres acteurs, qu'ils soient forts (États et grandes entreprises) ou faibles (les particuliers). Cette faillite est maintenant actée, et c'est les forts qui prennent le pouvoir. Les faibles ne seront toujours pas protégés, évidemment, mais les forts le seront. Malheureusement, il n'y a rien à regretter : le seul "paradis" perdu, c'est le monde imaginaire créé à la mesure de quelques milliers de hackeurs/crackers en dépit de toute logique sociale, économique et politique. La technique ne permet pas de s'affranchir de la société, et quand elle est assez forte pour donner le change, la société a les moyens de la faire plier (et c'est tant mieux, je n'aimerais pas vivre dans un monde où il existerait des moyens infaillibles d'échapper aux règles communes).
[^] # Re: Creative Commons ?
Posté par arnaudus . En réponse au journal Une cuite de Schrödinger. Évalué à 3.
Je pense que j'ai très bien compris ce que tu essayais de dire, et je pense que tu as tort. La différence entre une licence CC et pas de licence, c'est une différence qualitative. Ton analogie suggère qu'elle est quantitative, mais reformuler plusieurs fois la même idée ne la rend pas moins fausse.
Si je comprends bien, tu prétends qu'il est logiquement impossible que tu aies tort. Du coup, je ne sais même pas pourquoi on échange si tu penses que toutes les opinions sont équivalentes indépendamment de leur relation avec la réalité.
Donc, pour les autres, puisqu'apparemment pour toi les opinions n'ont pas besoin d'être justifiées, la différence entre une oeuvre sous CC et une oeuvre diffusée sans licence est que la licence CC donne des droits à l'utilisateur. Elle définit les limites, mais elle donne les droits : vous avez le droit de faire ci, vous avez le droit de faire ça. C'est un contrat que l'auteur passe avec les gens à qui il distribue son oeuvre.
Un texte diffusé sans licence ne donne aucun droit. Les seuls droits que tu as sont implicites, et te sont offerts par la loi, et pas par l'auteur du texte.
L'auteur du journal a écrit exactement "j'ai eu le plaisir d'y découvrir qu'il était sous licence Creative Commons". Je pense que si tu as compris "c'est libre", ce n'est pas de la faute de l'auteur du journal.
Ça m'est arrivé par le passé de souhaiter avoir raison en dépit des faits, et ça me permet d'essayer de reconstituer ton raisonnement. Mais je peux t'affirmer qu'il est fallacieux, et que ça a un nom : c'est de la mauvaise foi. 1) tu sais que CC != libre. 2) tu sais que l'auteur du journal a écrit "CC" (et pas "libre"). 3) tu aurais aimé que l'auteur parle de "libre" vs "non-libre", plutôt que de "CC" vs "pas de licence". 4) tu prétends donc que l'auteur t'a trompé parce que quand tu as lu "CC" tu as cru lire "libre". Or, ça n'est pas possible, puisque toi, tu connais la différence. Donc tu imagines que quelqu'un d'autre aurait pu être trompé. Mais comme tu trouves que l'argument est trop faible ("OK, moi je connais la différence et ce que tu écris est factuellement vrai, et j'ai d'ailleurs bien compris, mais peut-être que quelqu'un qui n'est pas moi aurait pu mal comprendre, même s'il n'y a aucun fait qui suggère que l'affirmation ait pu vraiment tromper quelqu'un"), alors tu prétends avoir été trompé. Donc c'est un mensonge. Pas un gros, hein, et en plus, c'est un mensonge que tu pourras toujours nier comme tu veux puisqu'il s'agit de ton interprétation; peut-être qu'à la seconde où tu as lu le message tu as momentanément oublié que tu savais la différence entre CC et libre, et que ça ne n'est revenu qu'après, personne ne peut le prouver. Il n'y a que toi qui sait que c'est un mensonge, donc voila, c'est un "petit" mensonge pour avoir raison.
Bah, déja, 1) c'est très différent, puisque MACOS n'est pas sous CC-NC (c'est un logiciel propriétaire soumis à une licence propriétaire, et c'est même beaucoup plus restrictif qu'une licence shareware), 2) les conceptueurs des logiciels libres, Stallman en tête, ont toujours fait la différence entre les licences logicielles et les licences des oeuvres non-logicielles (pour lesquelles ils n'ont en général rien prévu parce que considérées hors sujet). J'ai assisté à des conférences où Stallman expliquait n'avoir aucun problème de principe avec le droit d'auteur des oeuvres d'art (il avait beaucoup de critiques sur les détails, comme la durée de la protection, mais pas contre le principe), et qu'il trouvait normal que l'artwork des jeux vidéos soit protégé de manière traditionnelle (il souhaitait par contre que le moteur fut libre). D'ailleurs, c'est assez amusant que la licence de documentation GNU, la GFDL, n'était pas libre. Pour l'anecdote, Wikipédia a commencé sa vie sous licence GFDL, et la non-liberté de la licence a vite posé des problèmes pratiques et éthiques avant d'être remplacée par la CC-BY-SA par un tour de passe-passe assez mémorable. Il semble donc que le mouvement libriste étendu au domaine artistique soit postérieur au logiciel libre, et pas basé sur les mêmes personnes et les mêmes concepts. J'ai l'impression d'être assez vieux pour me rappeler que la raison d'être du logiciel libre n'est pas du tout la même que celle qui motiverait la diffusion d'une oeuvre sous licence libre (et en particulier, je n'ai aucun problème avec la clause ND pour une oeuvre graphique).
Bref, je me sens un peu "Stallmanien" dans mon rapport avec le libre appliqué aux arts. Je ne vois pas trop l'intérêt, et c'est un détournement (pas méchant ni nuisible, hein, juste probablement inutile) du concept de logiciel libre. Du coup, pour un roman ou un dessin, l'info intéressante, c'est pas "c'est libre?". Pour un logiciel, oui, mais pas pour un roman (qui est, pour moi, BY and ND par essence).
Ah oui, pardon, je devais répondre à "N-O-N. Combien de fois faudra-t-il le dire?". À vrai dire, je ne sais pas. Combien de fois faut-il répéter un truc faux pour le rendre vrai?
[^] # Re: Creative Commons ?
Posté par arnaudus . En réponse au journal Une cuite de Schrödinger. Évalué à -3.
Bah c'est là que je ne suis pas d'accord. Même la plus restrictive des licences CC (CC-BY-NC-ND, je pense) offre de nombreuses libertés à l'utilisateur, beaucoup plus qu'une oeuvre commerciale habituelle (et notamment le droit d'en faire des copies privées et non-privées). Certes, ce n'est pas une oeuvre libre, mais personne n'a prétendu ça de toutes manières.
Du coup, on est d'accord, "CC" tout court est imprécis. Mais l'analogie avec le prix est assez foireuse, puisque là, on ne te dit pas "c'est entre 10 et 1000€", on te dit "c'est 0€". Donc OK, on ne sait pas si c'est 0€ et en plus tu as un mars, ou 0€ mais tu donnes ton adresse email, ou 0€ mais tu nettoies le pare-brise de l'auteur. Mais l'info principale, tu l'as eue.
[^] # Re: Creative Commons ?
Posté par arnaudus . En réponse au journal Une cuite de Schrödinger. Évalué à 9. Dernière modification le 26 novembre 2020 à 09:27.
Alors, tu peux utiliser les services d'une vilaine entreprise qui commence par "Goo" et qui finit par "Gle" ou n'importe quelle alternative plus ou moins respectrice de ta vie privée, taper "Valery Bonneau Creative Commons", et sans même cliquer sur quoi que ce soit d'autre, tu pourras lire "mes textes sont également (sauf rares exceptions) mis en ligne directement sous licence Creative Commons BY-SA" dès la deuxième ligne.
Un peu de bienveillance, ça ne fait de mal à personne. Même si la licence était CC-ND, il y a toujours moyen d'expliquer poliment.
[^] # Re: Histoire de savoir de quoi on parle vraiment...
Posté par arnaudus . En réponse au journal Projet de loi "Sécurité Globale". Évalué à 2.
Exactement comme cette affirmation, en fait?
Je ne vais pas répéter ce que j'ai écris plus haut. Le témoignage des FDO a valeur de preuve, donc ça n'est pas "sans preuve". C'est "sans preuve matérielle", comme dans beaucoup d'affaires jugées. Le juge évalue la crédibilité de tous les éléments, preuves matérielles et témoignages, il y a des preuves matérielles plus ou moins fiables, et des témoignages plus ou moins fiables.
Ah mais oui, les procureurs passent leur vie à envoyer au tribunal des gens qui seront relaxés. C'est comme ça que ça se passe, ils s'ennuient les procs, et ils savent bien que les juges apprécient qu'on leur fasse perdre leur temps.
Sans déc, le manque d'indépendance des procureurs est un problème en France, on se fait d'ailleurs régulièrement affichés par la justice Européenne pour ça. Mais sur le fond, être convoqué au tribunal n'est pas une atteinte aux droits fondamentaux. Ça arrive, on peut prendre des contraventions non-valables, on peut être mis en garde à vue puis relâché, etc. Si ça n'arrive pas tous les 15 jours aux mêmes personnes, c'est censé faire partie des inconvénients de l'État de droit.
À la télé. Jusqu'à preuve du contraire, les déclarations à la télé du ministre de l'intérieur n'ont pas valeur de loi.
Eh, oh, c'est un ministre. Il ment comme il respire. Surtout lui. Comment peut-on lui accorder le moindre crédit?
De toutes manières, il n'est pas évident du tout qu'une version du texte "à la Ciotti" passerait le conseil constitutionnel. Après la censure de la loi Avia, ça m'étonnerait que le gouvernement tente un coup pareil.
[^] # Re: Histoire de savoir de quoi on parle vraiment...
Posté par arnaudus . En réponse au journal Projet de loi "Sécurité Globale". Évalué à 2.
Cette affirmation me semble totalement gratuite.
La justice condamne parfois sans preuve matérielle. C'est très différent. Un témoignage, encore plus quand il s'agit du témoignage d'un agent assermenté, peut avoir valeur de preuve. On peut contester le principe, puisque les exemples de faux témoignage, y compris de fonctionnaires de police, abondent largement.
Les preuves matérielles sont également falsifiables. Un document peut être un faux, une photo peut être truquée, un expert peut se tromper… Le juge va prendre en compte la crédibilité des preuves, des témoins, la cohérence des arguments de l'accusé. C'est toujours subjectif, au final.
Et même aux assises, c'est subjectif. Le critère, c'est l'intime conviction! Ça n'est pas un critère scientifique ou rationnel. Si le jury est intimement convaincu que l'accusé est coupable, alors il est condamné. On peut évidemment penser que la qualité des preuves a quelque chose à voir avec la conviction du jury, mais pas nécessairement. On peut penser à quasiment toutes les affaires de viol sur mineur, jugées parfois des décennies après les faits; aucune preuve matérielle, seulement des témoignages dont la valeur de preuve est très faible…
À ma connaissance, on peut de toutes manières faire appel, même en cas de procédures rapides.
Ça ne change en rien l'idée que les procédures rapides ne respectent probablement pas tout le temps les droits de la défense, que la valeur des témoignage des FDO est plus douteuse que l'institution aimerait le faire croire, que la comparution immédiate est une forme de justice pour les pauvres et les gueux (SDF, étrangers en situation irrégulière…) qui ont peu de ressources pour faire valoir leurs droits, et que les condamnations sont parfois lourdes. Je ne connais pas les statistiques sur les résultats des appels, ça serait intéressant.
Il faudrait aussi vérifier de quoi les gens sont vraiment accusés. Par exemple, pour les violences en réunion, on peut être complice quand on a participé à la "réunion", sans preuve directe d'avoir commis l'acte. Typiquement, quand un groupe lance des pavés sur des CRS et qu'un CRS est blessés, on peut être condamné si on a une preuve qu'on a lancé des pavés, sans prouver que c'est bien un des pavés qu'on a lancé qui a blessé le CRS (je ne sais pas si je suis clair…).
[^] # Re: Histoire de savoir de quoi on parle vraiment...
Posté par arnaudus . En réponse au journal Projet de loi "Sécurité Globale". Évalué à 4.
Des abus de la part de qui? Des juges? C'est quand même douteux, non? Du genre, le policier se fait virer à cause de la vidéo et il fait une dépression, ça me semble implaidable (puisque la vidéo n'a pas été diffusée dans le but de nuire, la dépression a été une conséquence de la diffusion mais pas son objectif).
L'amendement d'Éric Ciotti… Oui, bon, il y a des gens qui osent tout, voila. Il ne fait pas partie de la majorité, les amendements farfelus il y en a un paquet.
On est complètement d'accord. Mais la gesticulation politique est devenue la norme.
Dans le fond, il me semble complètement idiot de limiter cette loi aux policiers et gendarmes, et même d'ailleurs aux fonctionnaires. Il me semblerait sain que d'une manière générale, il soit interdit de diffuser quoi que ce soit dans le but de nuire à l'intégrité physique ou psychique de qui que ce soit. Et ça tombe bien, parce que c'est déja plus ou moins le cas (même si je pense qu'il faut une qualification différente : atteinte à la vie privée, diffammation (qui inclut la volonté de nuire), etc).
[^] # Re: Histoire de savoir de quoi on parle vraiment...
Posté par arnaudus . En réponse au journal Projet de loi "Sécurité Globale". Évalué à 6.
D'ailleurs, ça me fait penser qu'il est interdit de diffuser sur un réseau social la vidéo d'une bavure policière :
Du coup, si le principe était de condamner les gesn qui filment et diffusent les bavures, il semblerait beaucoup plus adéquat d'utiliser une loi existante (diffuser une agression revient à être complice de l'agression) plutôt que d'en inventer une qui ne permet pas du tout de poursuivre les gens qui diffusent les bavures.
# Histoire de savoir de quoi on parle vraiment...
Posté par arnaudus . En réponse au journal Projet de loi "Sécurité Globale". Évalué à 10.
Pour le coup, je me sens assez neutre sur la question. Cependant, je trouve que les détracteurs de cette loi préfèrent partir sur des grands discours («interdire au public de diffuser l’image de policiers»), qui ne me semblent pas correspondre au contenu du projet de loi. Donc, histoire qu'on sache de quoi il en retourne réellement:
D'après ce que je comprends:« Art. 35 quinquies. – Est puni d’un an d’emprisonnement et de 45 000 euros d’amende le fait de diffuser, par quelque moyen que ce soit et quel qu’en soit le support, dans le but qu’il soit porté atteinte à son intégrité physique ou psychique, l’image du visage ou tout autre élément d’identification d’un fonctionnaire de la police nationale ou d’un militaire de la gendarmerie nationale lorsqu’il agit dans le cadre d’une opération de police. »
* Il n'est pas interdit de filmer
* Il est interdit de diffuser l'image "dans le but qu'il soit porté atteinte à son intégrité physique ou psychique". Toutes les autres diffusions sont donc autorisées.
Du coup, je ne vois pas en quoi ça aurait changé quoi que ce soit pour Benalla, puisque 1) Benalla n'est pas un fonctionnaire de police, 2) à ma connaissance, les images n'ont pas été diffusées pour porter atteinte à son intégrité.
Comme c'est l'intention qui est sanctionnée ici, il me semble qu'aucune condamnation ne puisse être prononcée sans preuve de cette intention. Si la vidéo est accompagnée d'un commentaire du style «Dites-moi si vous connaissez ce keuf, on va lui faire la peau», alors oui, ça tombe sous le coup de la loi. Si vous diffusez avec un message qui dit «regardez ce que les Keufs ont fait à mon poto quand ils l'ont arrêté», il n'y a visiblement aucune volonté de nuire à l'intégrité des policiers, et ça me semble inattaquable.
C'est sûr que c'est beaucoup plus facile de rebondir tout de suite sur l'idée qu'on est en train de voter une loi qui interdit aux gens de reporter des violences policières, mais ça ne me semble pas être le cas.
[^] # Re: Appliquer les règles de politesse habituelles?
Posté par arnaudus . En réponse au journal Comment et quoi répondre aux invitations Zoom et Microsoft Team → vs Jitsi Meet. Évalué à 4.
Pour Zoom, il me semble que l'utilisation du client web est une solution vraiment acceptable. En tout cas, le client fonctionne avec Firefox.
Avec le temps, j'en suis venu à être de moins en moins demandeur envers les autres. L'utilisation du logiciel libre est avant tout un choix personnel; à quelques exceptions près, le logiciel libre se "paye"; soit on s'asseoit sur des fonctionnalités qu'ont les équivalents propriétaires, soit la configuration et l'installation sont plus compliquées… Difficile d'imposer ce choix aux autres, et en tant que prescripteur, on a forcément une responsabilité sur les ennuis et les dysfonctionnements.
Évidemment, quand il faut échanger entre le monde du libre et le monde du proprio, ça peut coincer. Par exemple, quand le seul moyen d'échange est un fichier Excel, c'est gonflant. Mais c'est inutile d'attaquer directement. On ouvre le fichier avec LibreOffice, on modifie ce qu'on doit modifier, on le ré-enregistre au format .xls, et on l'envoie. L'autre va se recevoir un .xls tout corrompu, et il va gérer. S'il n'y arrive pas, là on pourra lui expliquer le problème.
Pour revenir au but du journal, j'imagine que le plus constructif, c'est d'utiliser une solution libre quand on organise, et d'en parler brièvement. Avec un peu de chances, ça sera réutilisé.
Il ne faut pas non plus oublier que les solutions proprio de visioconf assurent également l'infrastructure derrière, ce que ne fait pas le ll. On a client gratuit qui fonctionne très bien la plupart du temps, et on ne se pose pas de question. Bien sûr, c'est un procédé marketting pour "capturer" des clients potentiels, mais pour l'instant, la concurrence a l'air réelle, et la qualité (des clients et des services) est souvent acceptable. Parmi les logiciels proprio, je ne pense pas que Zoom soit le plus problématique (mais bon, on ne sait jamais non plus ce que ce genre de soft fait vraiment, surtout que son unique rôle est de balancer des millions de paquets sur le réseau…).
# Appliquer les règles de politesse habituelles?
Posté par arnaudus . En réponse au journal Comment et quoi répondre aux invitations Zoom et Microsoft Team → vs Jitsi Meet. Évalué à 10. Dernière modification le 26 octobre 2020 à 11:02.
Honnêtement, je ne pense pas qu'il faille se prendre la tête plus que nécessaire. D'une part, une règle tacite de politesse professionnelle veut que ça soit l'organisateur de la visioconf qui choisisse la solution logicielle. S'il y a peu de participants, il peut, s'il le souhaite, ouvrir la question ("Est-ce que zoom va à tout le monde?"). S'il ne le fait pas, alors c'est qu'il ne le souhaite pas. En fonction du contexte, on peut parfois échanger sur des points techniques (typiquement, Skype pro qui n'a pas de client pour Linux : "Est-ce qu'il serait possible d'envisager une solutioon alternative?"). S'il s'agit d'une visioconf où on est "demandeur" (négociation d'un contrat, entretien d'embauche…) ou qu'on demande du temps sans contrepartie (sisi, dans le milieu académique, c'est très courant), alors on cherche à emprunter un ordinateur sous Windows.
D'autre part, quand on organise une visioconf, on peut choisir l'outil. Avec quand même, encore, une règle de politesse : on minimise la charge de travail sur les participants, donc soit on propose un client qui s'installe facilement sur tous les systèmes sans galère de dépendances ou de mises à jour, soit on propose une alternative en client web, de préférence sur un serveur qu'on héberge soi-même, histoire de contrôler les problèmes techniques.
Quand c'est du perso, on fait ce qu'on veut. Mais on ne peut rien exiger non plus, et on est souvent amenés à gérer le service après-vente. Quand on demande du temps aux gens (organisation d'une AG pour une association, réunion quelconque), on essaye de leur faciliter la vie. Quand on rend service, on peut attendre un peu plus d'efforts (mais là encore, il faut que la solution technique soit irréprochable, si ça merdoie on va tout se prendre dans la tronche).
Et si on trouve que c'est une compromission que d'accepter d'installer un logiciel proprio sur sa machine, alors on se crée un cercle d'amis très restreint qui partage exactement les mêmes valeurs. D'une manière générale, imposer ses choix de vie aux autres n'est vraiment pas compatible avec le vivre ensemble : quand on est invité à diner, on ne refuse pas de toucher son assiette si ça n'est pas du bio, quand on covoiture, on n'accepte pas de monter parce que ça n'est pas une électrique… C'est un peu la base d'une vie en société, quoi.
[^] # Re: Anecdote
Posté par arnaudus . En réponse au journal Comment et quoi répondre aux invitations Zoom et Microsoft Team → vs Jitsi Meet. Évalué à 5.
Faut bien doser, hein. Pour avoir fait récemment du recrutement en visio, tu te tapes l'après-midi à auditionner tes 5 candidats, si le quatrième est un petit malin qui essaye de t'expliquer la vie en imposant sa solution logicielle, ça risque de ne pas commencer sur une note très positive. Et il y a aussi intérêt à ce qu'il n'y ait absolument aucun problème technique. Ça dépend de plein de facteurs (quel poste, quel niveau technique du recruteur, quelle personnalité recherchée), mais ça peut avant tout montrer une mauvaise connaissance du contexte professionnel (y compris l'éventualité d'une limitation des solutions techniques autorisées).
[^] # Re: Justifier?
Posté par arnaudus . En réponse au journal Comment et quoi répondre aux invitations Zoom et Microsoft Team → vs Jitsi Meet. Évalué à 8.
Ouhla. Tenter de promouvoir le logiciel libre avec un argument du style "on choisira ce qui marche mieux out of the box"? Faut avoir la foi, quand même… Je ne prétends pas que le proprio marche du premier coup, surtout sous Linux, mais il ne faut pas nier la réalité.
[^] # Re: Phosphine ?
Posté par arnaudus . En réponse au journal De la vie sur Vénus ?. Évalué à 4. Dernière modification le 20 septembre 2020 à 21:11.
Non mais oui, mais bon, OK, dans Avatar aussi il y a une forme d'intelligence non-individuelle, et dans plein de films et de bouquins il y a des formes de vie liquides, gazeuses, ou immatérielles… Le fait que ça figure dans des oeuvres de fiction ne veut pas dire que ça peut exister de manière vraisemblable…
[^] # Re: Règlement anti-libéral?
Posté par arnaudus . En réponse au lien La justice européenne confirme que le «trafic gratuit» enfreint les règles sur la neutralité du net. Évalué à 2.
Pas directement, mais l'objet de la décision reste celui des accords entre FAI et fournisseurs de contenu. Je ne vois pas comment les accords de transit ou autres accords impliquant des investissements en infrastructure (ça doit être par exemple aussi le cas des flux vidéo pour les box, non?) ne pourraient pas être affectés; j'imagine (j'ai peut-être tort parce que je ne suis pas de la partie) qu'il y a de nombreuses contreparties financières et matérielles contre un accès "zéro rating" ou une priorité de trafic, non?
Je ne doute pas que ça soit une bonne décision qui privilégie la "concurrence libre et non faussée" et l'intérêt du consommateur, mais elle ne doit pas plaire à tout le monde.