XMPP au printemps, le grand rafraîchissement

Posté par  (site web personnel, Mastodon) . Modéré par Lucas Bonnet. Licence CC By‑SA.
112
30
mar.
2011
XMPP

C’est en 1999 que Jeremie Miller crée Jabberd, serveur open source de messagerie instantanée et de présence. Il appelle le protocole (de fait) sous-jacent « Jabber », terme traduisible directement de l’anglais au français comme un « bavardage ». Puis, le petit protocole au nom sans prétention commença à en avoir. Voulant jouer dans la cour des grands, il fut en effet proposé comme standard auprès de l’IETF avec l’objectif de fournir une véritable interopérabilité dans le monde de la communication instantanée, encore jeune, mais déjà quasi-entièrement sous le contrôle de divers réseaux privés, propriétaires et sans aucune transparence de fonctionnement.

Mais l’Internet est sans pitié pour les jeunes présomptueux, et il fallut plusieurs groupes de travail IETF, brouillons, stabilisation du protocole, la création d’une fondation (Jabber Software Foundation)… pour que finalement, début 2004, 5 ans après la création du protocole, ce dernier soit enfin un standard reconnu. On lui accorda des numéros pour faire le fier comme James Bond : RFC 3920 (le cœur) et RFC 3921 (Messagerie Instantanée et Présence). Petit protocole devenu grand décida alors de changer de nom pour paraître plus sérieux lors d’entretiens d’embauche. Il se fit donc appeler XMPP, pour e*Xtensible **Messaging and **Presence **P*rotocol.

À partir de là, la JSF prit plus d’importance, s’organisa davantage et changea à son tour son nom en 2007 pour XSF, XMPP Standards Foundation. Notons l’évolution sémantique : on est passé d’une entité de code (Software) à une autre gérant désormais clairement des Standards. Les rôles sont répartis entre l’IETF et la XSF. L’IETF s’occupe essentiellement du centre névralgique du protocole, ce qui en fait un protocole Internet interopérable. De son côté, la XSF gère en plus les extensions : les XEP (XMPP Extension Protocols). En effet, XMPP a été créé comme un protocole extensible. Par design, il est un triple protocole — comme son nom l’indique : un protocole de Présence (qui de ses contacts est présent ?), un protocole de Messagerie (non forcément lié à la présence : on peut envoyer des messages à des entités dont nous ne connaissons pas la présence, comme pour les e-mails), et enfin, un protocole e*X*tensible, qui permet donc de créer des sous-protocoles de communication, pour tout usage. XMPP fut défini comme un protocole applicatif extrêmement générique, non limité à la messagerie instantanée.
La XSF s’occupe donc en particulier de cette dernière caractéristique (extensibilité), et travaille en collaboration avec l’IETF sur les deux autres.

Néanmoins, cela fait maintenant 7 années que le cœur de notre petit protocole n’avait pas été soigné, bien que souvent ausculté puisqu’il se faisait vieux. C’est pourquoi, après toutes ces années de traitement, le voilà comme un nouveau né avec ses nouveaux numéros d’identité.
En effet, pour fêter le printemps, le 21 mars 2011 est à noter comme le jour où les RFC de XMPP seront mises à jour : les RFC 3920 et 3921 sont désormais obsolètes et remplacées respectivement par les RFC 6120 et 6121. Enfin, une troisième RFC voit le jour, standardisant séparément le format des adresses XMPP (ce qui était auparavant intégré à la RFC 3920) : la RFC 6122.

La guerre des formats de bureautique normalisés ISO commence

Posté par  (site web personnel) . Modéré par Benoît Sibaud.
0
3
avr.
2008
Microsoft
Après avoir été rejeté une première fois lors de sa procédure fast-track à l'ISO, le format OOXML de Microsoft vient d'être normalisé par l'organisme international. Il rejoint donc l'OpenDocument (ODF) parmi les formats bureautiques normalisés ISO.

Il faut rappeler que les votants sont organisés en deux comités, le comité P, auquel appartiennent les principaux pays membres, et la globalité des pays membres. Pour qu'une norme soit décidée, il est nécessaire d'obtenir un vote favorable d'au moins 66,7% des membres P et au moins 75% de tous les membres. Ainsi, au vote qui se concluait le 29 mars dernier, OOXML aurait obtenu un score de 86% de votes favorables tous membres confondus et 75% de votes favorables pour les seuls pays P.

À l'issue de cette suite de procédures et votes, on ne peut que déplorer l'attitude discutable de Microsoft et surtout l'étrange valse de changements d'avis durant les votes, lesquels ont entraîné des dépôts de plaintes de la part de plusieurs pays et/ou organismes. On peut en effet citer le cas de la Norvège, où les techniciens de l'organisme de normalisation se sont décidés contre le format OOXML à dix-neuf voix contre deux, et où l'organisme a malgré tout décidé d'accepter OOXML (!). Ou bien aussi la Pologne, où les abstentions ont été comptées comme des votes « oui ». Et que dire de l'AFNOR, notre organisme à nous, qui au dernier moment (et selon certaines sources, après concertation avec Microsoft France) serait passé de non à abstention ?

Sans se lancer dans une liste exhaustive, plusieurs enquêtes, dont une au niveau européen, sont en cours et il est possible que la normalisation officielle soit en suspend le temps que ces enquêtes arrivent à terme.

Pour conclure, toute cette affaire dévoile la faiblesse de l'ISO face à une entité telle que Microsoft et prouve, comme d'aucuns le disent, que l'on peut désormais acheter une norme. Au-delà de la nature scandaleuse de cet état de fait, c'est la confiance de toute une société technique envers l'ISO qui s'en trouve ébranlée.

Référentiel Général d'Interopérabilité: Nouvel appel à contributions

Posté par  (site web personnel) . Modéré par Nÿco.
0
26
mai
2006
Communauté
L’ordonnance n° 2005-1516 du 8 décembre 2005 concerne les échanges électroniques entre administrations et entre administrations et usagers. Elle prévoit un référentiel général d’interopérabilité (RGI) spécifiant les règles, normes et standards à utiliser.

La Direction Générale de la Modernisation de l'État, DGME, au ministère des Finances, héberge Adèle, service de développement de l'administration électronique. Elle a lancé lancé le 21 avril un appel à commentaires pour recueillir l’avis des acteurs sur les règles d'interopérabilité des trois volets du RGI : interopérabilité technique, organisationnelle et sémantique. Depuis cette date, il s'est produit un évènement important : le format OpenDocument a été approuvé par l'ISO.

Wiki RGI est un projet de rédaction collaborative pendant la phase d'appel à commentaires des règles qui composeront le Référentiel Général d'Interopérabilité. C'est sur ce travail que se joue l'avenir de l'administration française.

Cette très heureuse initiative n'a actuellement reçu que trop peu de contributions, ce qui est très dommageable. C'est pourquoi nous sommes tous appelés à prendre le temps de lire cet appel à commentaires et à y répondre de notre mieux. C'est une occasion unique que nous devons saisir impérativement. L'avenir des logiciels libres en France en dépend.

Vers un manifeste pour les standards ouverts.

Posté par  . Modéré par Fabien Penso.
Étiquettes :
0
22
nov.
2002
Communauté
Julien Tayon nous propose un bel article en faveur des standards ouverts qui, selon l'équipe éditoriale de Libroscope, serait bénéfique à tout un chacun, du commun des utilisateurs de l'informatique jusqu'aux éditeurs.

Les thématiques abordées touchent aussi bien les aspects techniques que des considérations éthiques. C'est donc par une telle démarche qu'un terrain propice à l'adoption des logiciels libres pourrait naître. Il prolonge d'ailleurs ainsi l'article annoncé sur LinuxFr récemment :
«1- Standards ouverts, 2 - Logiciels libres»

Un webinaire à propos de l’interopérabilité et l’optimisation logistique pour les circuits courts

Posté par  . Édité par Ysabeau 🧶. Modéré par Ysabeau 🧶. Licence CC By‑SA.
14
5
déc.
2024
Internet

Le Data Food Consortium (DFC) organise un nouveau webinaire pour présenter ses avancées et notamment une solution de mutualisation et d’optimisation logistique des circuits courts¹ :

Le mardi 10 décembre à 13h30 (inscription ci-dessous).

Ce webinaire inclura une démonstration de l’optimisation d’une tournée de livraison de produits en circuits courts issus de plusieurs plateformes de vente.

Le Data Food Consortium travaille depuis 2018 à relever ce défi logistique qui pose problème aux circuits courts notamment sur le plan écologique. Effectivement, ces circuits et plus particulièrement ceux de proximité sont constitués d’un maillage de producteurs et productrices sur le territoire. Les livraisons de produits qui ne sont pas mutualisées entraînent une mise en circulation sous-optimale de véhicules. Cela engendre une pollution plus importante, des coûts et du temps de travail supplémentaires.

La solution qui sera présentée utilise VROOM : « un moteur d’optimisation libre écrit en C++20 qui vise à fournir de bonnes solutions à divers problèmes réels de tournées de véhicules (VRP) dans un petit temps de calcul ». Nous accédons à ce moteur via l’API mise à disposition par la société Verso.

Revue de presse de l'April pour la semaine 47 de l'année 2016

18
29
nov.
2016
Internet

La revue de presse de l'April est régulièrement éditée par les membres de l'association. Elle couvre l'actualité de la presse en ligne, liée au logiciel libre. Il s'agit donc d'une sélection d'articles de presse et non de prises de position de l'association de promotion et de défense du logiciel libre.

Sommaire

Journal CPU Ex0189 Code-barres

Posté par  (site web personnel, Mastodon) . Licence CC By‑SA.
8
21
avr.
2022

Dans cette release de CPU, dans la série Arrière-guichet : Une encre magnétique, un œil de taureau, des barres en blanc et noir et un concours d'innovation. Nous parlons de la création et des usages du code-barres, une révolution sur toute la chaine logistique qui allait en entrainer d'autres.

Écoute, textes, liens et commentaires : https://cpu.pm/0189

Chapitres :