arnaudus a écrit 5604 commentaires

  • [^] # Re: Maintenance

    Posté par  . En réponse au journal La cochonnerie en boite que sont les systèmes de dépendances. Évalué à 5.

    Donc je pin les versions.

    Et dans 10 ans, tu dépendras d'obscurs modules qui ont 10 ans? Qui ne seront peut-être même plus disponibles ailleurs que sur les gros disques des repositories pip ou conda? Quand tu auras une faille de sécurité corrigée dans le module M1, soit tu restes avec ton trou, soit tu mets à jour M1, qui va dépendre d'une version récente de M2, qui va dépendre d'une version récente de M3, et manque de bol, tu utilisais déja une version ancienne de M3. Du coup, il va te falloir deux versions de M3? Tu vas patcher M2 pour qu'il soit compatible avec ta version de M3?

    Honnêtement, j'ai du mal à imaginer comment le pin de version est compatible avec la maintenance d'un logiciel. Ou alors tu pars du principe que ton truc sera obsolète d'ici quelques années, et qu'à ce moment tu réécriras tout from scratch avec des technologies plus récentes.

    Ça doit évidemment dépendre de ce qu'on distribue, et à qui on le distribue. Mais je n'ose pas imaginer ce qui se passerait si Firefox par exemple décidait qu'il dépendait d'une version fixe de libcairo ou de libgtk. Tu seras bloqué toute ta vie avec une distrib de 2022? Tu pourras mettre à jour Firefox, mais aucune autre de ses dépendances?

  • [^] # Re: Maintenance

    Posté par  . En réponse au journal La cochonnerie en boite que sont les systèmes de dépendances. Évalué à 6.

    L’utilisateur est le développeur

    Qui plus est, "amateur" (souvent aucune formation).

    avec des enjeux très largement réduits

    Mouais, enfin il faut être honnête : quelle est la proportion de résultats scientifiques publiés affectés par des bugs plus ou moins importants? Si c'est 80%, alors on est un peu payés pour rien. La qualité de la production scientifique, c'est maintenant avant tout la qualité et la reproductibilité du code pour l'analyse des données.

    c’est du code plus ou moins “jetable”,

    Certes, mais "jetable" ne veut pas forcément dire "crado". Dans ce contexte, la stabilité des API n'a aucun intérêt en effet (puisque par définition on fait tout le temps évoluer le code jusqu'à la publication, et le code ne tournera probablement plus jamais après); les optimisations prématurées sont proscrites, on ne code que ce dont on a besoin au moment où on en a besoin. Mais ça n'empêche pas de documenter un minimum (on peut être relu et on doit pouvoir justifier chaque bout de code), ça n'empêche pas d'utiliser un gestionnaire de version, etc.

    Ceci dit j’utilisais aussi à l’occasion du code plus professionnel,

    Il est certain que les pratiques peuvent changer, et que ceux qui travaillent mieux peuvent s'en sortir. Mais ça dépend également des modes de financement (typiquement, il n'y a aucun financement possible pour la maintenance), des modes d'évaluation (est-ce que la qualité des logiciels est évaluée, est-ce qu'il est valorisable de contribuer à un projet libre, etc), et de la culture scientifique dans la discipline (valorisation du travail collectif vs. chacun dans son coin).

    Une nouveauté de cette année, c'est le recrutement de "data editor" dans les journaux scientifiques (ceux des sociétés savantes hein, les grands éditeurs s'en fichent). Ils vont vérifier si les auteurs des articles mettent bien à disposition les données scientifiques et le code utilisé pour les analyses.

  • [^] # Re: Maintenance

    Posté par  . En réponse au journal La cochonnerie en boite que sont les systèmes de dépendances. Évalué à 10. Dernière modification le 23 août 2022 à 09:58.

    C'était ironique, hein. Deux posts plus haut j'expliquais que ces pratiques de gestion des dépendances n'existaient pas quand on maintenait ses logiciels, mais pour ça il faut juste bosser. Si on ne fout rien pendant 10 ans, on a besoin de dépendances qui ont aussi 10 ans.

    (tu travaillerais pas dans la boîte qui a vu ces 900 serveurs se faire hacké-rançonné par hasard ?)

    Je travaille dans la recherche publique, donc c'est bien pire que ça. Il arrive fréquemment qu'il n'y ait pas d'admin sys dans les laboratoires, tout le monde est root sur les serveurs, et les logiciels métier sont des trucs confidentiels codés par des stagiaires, utilisés par 3 personnes dans le monde et téléchargés sur un serveur chinois pas mis à jour depuis 7 ans.

    J'imagine que le seul point fort des labos publics c'est que tout le monde sait qu'ils n'ont pas un rond et qu'il serait impossible même avec la meilleure volonté du monde de sortir une rançon de 10$ en bitcoins avec les règles de la comptabilité publique.

  • [^] # Re: Contenu privé… et médical !

    Posté par  . En réponse au lien La justice privée automatisée sans possibilité de s'expliquer fait des victimes. Évalué à 4.

    Bah justement, ce qui était censé être expliqué dans l'article, c'est que Google n'analyse pas les contenus privés. Apparemment, le téléphone du monsieur était configuré pour envoyer automatiquement les photos sur Google drive, qui est potentiellement public et partageable. Vu le coût CPU de l'analyse de photos par un algo d'AI, j'aurais pensé que Google n'aurait analysé que les répertoires publics… après, peut-être que le drive était configuré pour partager avec la famille ou je ne sais pas quoi, c'est souvent des histoires de détail ces trucs là. Ou alors, Google considère le drive comme non-privé, mais je trouverais ça bizarre.

    De toutes manières, je ne pense pas que Google ait spontanément pensé à analyser les photos pour détecter la pédopornographie. C'est probablement une obligation légale (l'hébergeur de contenu doit mettre tous les moyens en place pour empêcher la diffusion), et une grosse pression de la part des actionnaires pour éviter les scandales (du style "un réseau de pédophiles utilisait Google drive pour échanger des trucs").

  • [^] # Re: -1

    Posté par  . En réponse au lien La justice privée automatisée sans possibilité de s'expliquer fait des victimes. Évalué à 4.

    sans doute une synchro automatique depuis le tel

    Parfois j'ai l'impression que les GAFAM ne payent ni le CPU ni l'espace disque…

  • [^] # Re: Maintenance

    Posté par  . En réponse au journal La cochonnerie en boite que sont les systèmes de dépendances. Évalué à 1.

    je sais pas comment vous faites dans le monde pro avec une groses base de code à faire évoluer et à maintenir…

    Bah, c'est expliqué dans le journal : conda et/ou gros binaire monolithique, le développeur fournit une image de sa machine au client pour que le code tourne, et 10 ans après c'est toujours le même environnement.

  • [^] # Re: -1

    Posté par  . En réponse au lien La justice privée automatisée sans possibilité de s'expliquer fait des victimes. Évalué à 6.

    L'article est derrière un paywall, donc on peut légitimement estimer que le lien n'est pas très utile.

    Sur le fond, l'histoire ne me semble pas très claire (pourquoi la photo a t-elle été analysée? mise à disposition sur un serveur d'images? Pourquoi l'appel a été rejeté?).

    Au passage, faire l'objet d'une enquête de police n'est pas un préjudice (même s'il y a garde à vue), en France on ne peut pas demander réparation à l'État même en cas de non-lieu. Et (toujours en France, aux US je ne sais pas), une dénonciation n'est problématique que si elle est calomnieuse. Du coup, ça exclut l'incompétence ou la négligence…

  • [^] # Re: Maintenance

    Posté par  . En réponse au journal La cochonnerie en boite que sont les systèmes de dépendances. Évalué à 7.

    Ou alors tu fais des interface propres et pérennes.

    Mouais. On peut aussi sortir des logiciels sans bugs, comme ça, plus besoin de bug trackers…

    Tu peux toujours faire en sorte de ne pas casser les interfaces existantes, mais ça ne marche que dans un sens (on peut utiliser une lib récente sur un code ancien, mais pas le contraire). Il ne faut pas non plus qu'une politique de non-évolution trop stricte t'empêche d'améliorer l'interface.

    Et puis, les problèmes de compatibilité peuvent arriver sans changement d'interface. Tu ne peux jamais prévoir comment les utilisateurs vont contourner les bugs; si dans ta version 1.0 tu avais sqrt(-2) qui renvoyait Inf, et que tu décides de corriger ça et de renvoyer NaN dans ta version 1.2, tu n'es pas à l'abri de flinguer le code d'un utilisateur qui testait if (isinf(sqrt(foo)).

  • [^] # Re: Le peu de Python que je fais...

    Posté par  . En réponse au journal La cochonnerie en boite que sont les systèmes de dépendances. Évalué à 10.

    tu ne le mets pas à jour. sauf menace terroriste avérée. ou sinon si tu aimes les emmerdes,

    C'est pas exactement le signe que ça tient avec des bouts de ficelle, ça? Tous les jours, ton environnement se décale par rapport aux versions maintenues des dépendances. Un jour, quelqu'un sous macOS va avoir un problème pour trouver la vielle version du module machin sur pip, il faudra 20 minutes pour installer l'environnement sur une Ubuntu récente, et puis peu à peu tout va devenir obsolète, certaines dépendances ne fonctionneront plus avec systemd, avec wayland, et paf, ça sera fini.

  • [^] # Re: Maintenance

    Posté par  . En réponse au journal La cochonnerie en boite que sont les systèmes de dépendances. Évalué à 6.

    et en priant pour que le système de build et l'environnement de développement trouve la bonne

    Je me réponds à moi-même, mais pour le principe de râler, il faut quand même noter qu'à ma connaissance, aucun langage n'est conçu pour traiter correctement les dépendances, et refilent le bébé au compilo, qui le refile au builder, qui le refile au système. Genre #include <gsl/gsl_vector.h> et démerde-toi pour que ça soit la bonne version dans le path. Et si c'est dans l'en-tête d'un .h d'une lib, bah c'est pareil, le système va automagiquement se démerder pour lier la version que le dev de la lib avait en tête.

    (selon les langages, il peut exister des hacks plus ou moins efficaces pour récupérer la version du module chargé, mais je trouve ça assez dingue que ça ne soit pas dans les briques de base).

  • # Maintenance

    Posté par  . En réponse au journal La cochonnerie en boite que sont les systèmes de dépendances. Évalué à 10. Dernière modification le 22 août 2022 à 15:19.

    Est-ce qu'au final on n'est pas simplement en train d'acter le fait que personne ne souhaite maintenir les logiciels?

    Traditionnellement, l'évolution des logiciels (compilateurs, systèmes de build, bibliothèques tierces…) demande une maintenance permanente. Ça ne compile plus avec le nouveau gcc parce qu'il est plus strict sur les erreurs de syntaxe, il faut réécrire le code pour s'interfacer avec la dernière API de libxml, il faut contourner un bug du compilateur sur telle ou telle architecture, etc. Un projet actif demande de toujours bricoler pour fournir des paquets qui fonctionnent sur plusieurs OS ou plusieurs distributions. C'est casse pied, mais c'est le prix à payer pour s'assurer que le logiciel soit utilisable, qu'il soit compilé avec des options d'optimisation plus efficaces, qu'il soit compatibles avec les nouvelles technologies, et qu'il s'appuie sur des versions à jour (débuggées, sécurisées, et optimisées) des bibliothèques externes.

    J'ai l'impression que l'écosystème actuel n'accepte plus ce coût, et voudrait que les logiciels fonctionnent pour toujours comme au jour de la publication de la première version. Avec un Python d'il y a 10 ans, avec des dépendances qui n'ont pas été touchées depuis 15 ans, avec des interfaces graphiques qui datent de Windowmaker… Si les dépendances sont trop chiantes, paf on distribue le binaire compilé d'un bloc, et si ça marche pas, paf on te met ça dans une machine virtuelle, ça juste marche.

    Conda et compagnie, c'est quand même par design pour pallier les trucs pas maintenus, qui ont besoin d'une combinaison précise de dépendances pas à jour, ou pour faire tourner la dernière version d'un logiciel sur un serveur pas super à jour. C'est plus dans nos pratiques collectives de maintenance qu'il y a un problème, non? Je ne vois pas comment ça pourrait être résolu magiquement en bloatant les machines avec 127 versions de chaque dépendance et en priant pour que le système de build et l'environnement de développement trouve la bonne et se débrouille pour trouver quelque chose de plus ou moins compatible sur chaque machine où le logiciel sera distribué…

  • [^] # Re: Mes p'tites blagues leur ont pas plu...

    Posté par  . En réponse au journal Petites blagounettes de tout poil. Évalué à 0.

    ça n'a pas grand chose à voir avec "lourdingue"

    Bah, "lourdingue" je comprends ça comme "un peu beauf / sexiste / raciste et fier de l'être", donc c'est pas très loin, non? Ou alors je n'ai pas non plus compris que qu'elle avait sous-entendu. Mais comme FantastIX "assume" (après avoir affirmé 5 ou 6 fois que le problème ne venait pas des blagues mais des lecteurs), je pense qu'on est finalement tous assez d'accord.

  • [^] # Re: Mes p'tites blagues leur ont pas plu...

    Posté par  . En réponse au journal Petites blagounettes de tout poil. Évalué à 1.

    On m'a souvent dit que j'étais lourdingue. Alors j'ai arrêté de m'en cacher en assumant.

    C'est pourtant le contraire de ce que tu as fait dans cette discussion, puisque tu prétends que tes blagues ne sont pas lourdes et que c'est les autres qui ne les comprennent pas.

    Tu es au moins au courant qu'il existe une autre solution qu'assumer? Genre, faire un effort pour être moins lourd?

  • [^] # Re: Mes p'tites blagues leur ont pas plu...

    Posté par  . En réponse au journal Petites blagounettes de tout poil. Évalué à -4.

    Te casse pas, je crois qu'on t'a bien compris, en fait.

  • [^] # Re: Mes p'tites blagues leur ont pas plu...

    Posté par  . En réponse au journal Petites blagounettes de tout poil. Évalué à 0.

    C'est tout aussi "maladroit" que se sentir offensé par un message sans chercher à comprendre le messager.

    Ah oui, ils sont pénibles aussi ces Juifs, ces noirs, ces blondes et ces pédés à se sentir offensés par des blagues innocentes. Ils sont bien tous pareil, hein.

  • [^] # Re: Mes p'tites blagues leur ont pas plu...

    Posté par  . En réponse au journal Petites blagounettes de tout poil. Évalué à 0.

    J'imagine qu'une explication pourrait être le côté disruptif de briser le tabou du racisme—c'est le moteur des blagues (ou les contrepétries) sur le sexe ou le caca, c'est "drôle" parce qu'on va au-delà de ce que la bienséance permet. Mais franchement, je n'y crois pas, parce que les blagues racistes existaient bien avant que le racisme ou la xénophobie soient mal vus. Pourquoi est-ce qu'il semble si "drôle" d'exprimer des stéréotypes racistes? Je ne sais pas trop.

    En tout cas, la blague du "non-binaire" ne m'a pas fait rire du tout, parce que déja c'est pas très drôle (ce n'est même pas un calembourg, puisque "binaire" a la même étymologie dans le deux cas), que j'avais deviné la chute dès les premiers mots, et que la communauté des informaticiens est probablement l'une des plus sexiste et homophobe qui soit. Déja que beaucoup de jeunes femmes hésitent à se lancer dans cette voie parce qu'elles ne sont pas sûres de pouvoir s'y intégrer, alors les trans, je n'ose même pas imaginer. C'est sûr que de tomber sur des forums où on leur dit qu'elles ne savent pas manipuler des booléens va les rassurer sur leur futur milieu pro…

    "Pourquoi les ordinateurs quantiques ne sont toujours pas sur le marché? Parce que les informaticiens ne savent pas qu'il est possble d'être non-binaire. ah ah."

  • [^] # Re: Mes p'tites blagues leur ont pas plu...

    Posté par  . En réponse au journal Petites blagounettes de tout poil. Évalué à 8.

    Ce que tu dis devrait être vrai… à condition d'analyser les intentions des auteurs. Et dans ces cas-là, on arrive vite au procès d'intention.

    Non, c'est à la personne qui communique de s'assurer que le message sera bien perçu, ce n'est pas à la personne qui reçoit de message de "faire un effort" pour comprendre qu'une blague homophobe n'est "pas méchante".

    Tout le monde sait maintenant que certaines "victimes" des blagues stéréotypées se disent blessées par ces blagues. Tu as plusieurs choix. Tu peux penser que ces gens sont des menteurs et qu'ils ne sont pas réellement blessés. Ils veulent juste que tu arrêtes de les faire, parce que… ils n'aiment pas être essentialisés, peut-être. Tu peux aussi considérer que ces gens sont sincères, qu'ils sont réellement blessés, mais tu t'en fous et tu continues. C'est ton droit.

    Mais il faut être cohérent. À moins d'avoir vécu en hermite pendant 50 ans, tu sais que les blagues stéréotypées sont malvenues (tu sais, c'est le fameux "on ne peut plus rien dire"). Je ne comprends pas tellement ce que tu essayes de faire croire en jouant l'innocent. "Comment? Qu'apprends-je? Michel Leeb ne passe plus à la télé?". Si tu veux assumer, assume, en l'occurrence, on ne parle pas de quelque chose d'illégal.

    Sur le fond, j'ai essayé de t'expliquer pourquoi ces blagues sont malvenues. 1) elles peuvent blesser, 2) elles entretiennent les stéréotypes racistes, sexistes, et homophobles, qui sont la base de la discrimination sociale. Donc c'est à toi de voir si tu peux changer tes habitudes et te retenir, ou si tu t'en fous et tu continues. Un peu comme cramer du pétrole pour ses loisirs, par exemple, c'est le même principe.

    En tout cas, par exemple, je crois que je n'aimerais pas du tout que mes enfants apprennent ce qu'est un Juif ou un homosexuel par ce genre de blagues pourries. Un Juif, c'est pas quelqu'un qui est radin, et un homosexuel, ce n'est pas quelqu'un qui dit "oh oh j'ai mal aux fesses" d'une voix efféminée. C'est juste… pas drôle, en fait, ce qui est un peu dommage pour une blague, non?

  • [^] # Re: Mes p'tites blagues leur ont pas plu...

    Posté par  . En réponse au journal Petites blagounettes de tout poil. Évalué à 2.

    Il y a pas mal de travaux sur la question, je crois :-)

    https://cabinet-analytica.fr/blog-reduire-lagressivite-au-volant-a-laide-de-la-psychologie-sociale/
    https://www.cerveauetpsycho.fr/sd/psychologie-comportementale/agressif-au-volant-7630.php

    Après, ça n'est pas mon domaine, donc je ne sais pas trop comment trouver des sources primaires (articles scientifiques) de qualité.

  • [^] # Re: Mes p'tites blagues leur ont pas plu...

    Posté par  . En réponse au journal Petites blagounettes de tout poil. Évalué à 10.

    Bah là même moi j'avais compris… Je crois que le monsieur veut dire qu'il est légèrement passé de mode de s'amuser des stéréotypes attribués à des minorités qui souffrent de discriminations. La raison, c'est qu'on s'est aperçu, depuis une bonne quarantaine d'années, que véhiculer des stéréotypes sous n'importe quelle forme (y compris des blagues) amplifie les discriminations, et contribue à essentialiser les êtres humains (ce type est Juif -> il est radin, cette personne est transexuelle -> elle ne sait pas se décider).

    En fait, toutes les histoires ou anecdotes qui essentialistes mettent mal à l'aise, parce qu'elles nourrissent les stéréotypes : "Alors c'est l'histoire d'un informaticien, d'un noir, et d'une blonde qui sont dans un ascenseur…"; les personnages de l'histoire sont une incarnation des préjugés et des stéréotypes qui sont souvent associés à des caractéristiques physiques ou à des métiers. Pendant longtemps, l'argument "oohhh mais c'est juste pour une blague, c'est innocent" a été toléré, mais je trouve qu'en 2022, les sciences sociales ont tellement démontré que les préjugés avaient des conséquences réelles en termes de discrimination (la plupart des discriminations ne sont pas consientes) que c'est du même niveau scientifique que la terre plate. Ça n'est pas du tout innocent de faire des blagues sur les Juifs, les pédés, et les trans. Le but de ces blagues est de s'assurer de l'homogénéité du groupe social, on raconte ces blagues entre gens "normaux" (pas noirs, ni Juifs, ni trans), et puis on a bien des copains pédés, ils rigolent avec nous, c'est bien que ça ne pose pas de problème. En parlant de pédé, ça fait un bout de temps qu'on n'a pas vu Gégé à la machine à café avec nous, non?

  • [^] # Re: Contexte, quand même

    Posté par  . En réponse au lien Aux USA, facebook transmet à la justice les messages d'une ado poursuivie pour IVG. Évalué à 5.

    Les connotations, c'est quand même assez culturel, non? En l'occurrence, j'ai un peu l'impression que cette connotation n'est pas dans la définition d''agitation"

    Larousse en ligne dit:
    1. Action d'agiter, de s'agiter ; état qui en résulte ; mouvement continuel et irrégulier
    2. Trouble profond qui se manifeste extérieurement ; émotion, excitation
    3. Mouvement de contestation, de mécontentement d'ordre politique, social

    Le Robert en ligne a des exemples d'utilisation de l'expression "agitation médiatique". Certains sont en effet connotés négativement ("Or le programme de développement envisagé devra viser l'efficacité et non l'agitation médiatique."), mais pas tous ("Peut-être pour attirer sur l'art ancien ou moderne un peu de l'agitation médiatique qui entoure l'art contemporain."), il y a même une utilisation qui semble même positive dans le contexte ("L'agitation médiatique autour du projet de rétrocession est relayée dans les milieux diplomatiques français et dans la presse réunionnaise.").

    En tout cas, ce n'était vraiment pas mon intention de suggérer que les médias américains avaient sur-réagi. Peut-être aurais-je dû écrire "activité médiatique" au lieu d'"agitation".

  • [^] # Re: Contexte, quand même

    Posté par  . En réponse au lien Aux USA, facebook transmet à la justice les messages d'une ado poursuivie pour IVG. Évalué à 1.

    Je n'ai pas écris "simple agitation médiatique", j'ai écris "agitation médiatique", c'est toi qui rajoutes "simple". Je n'ai aucune raison de présupposer que les médias s'agitent sans raison.

  • [^] # Re: Contexte, quand même

    Posté par  . En réponse au lien Aux USA, facebook transmet à la justice les messages d'une ado poursuivie pour IVG. Évalué à 4.

    Sans vouloir être pédant, je crois que le point Godwin, strico senso, nécessite une référence à Hitler (ou au régime Hitlérien). Un pédophile néo-nazi vaut peut-être un demi-point Godwin?

  • [^] # Re: Contexte, quand même

    Posté par  . En réponse au lien Aux USA, facebook transmet à la justice les messages d'une ado poursuivie pour IVG. Évalué à 3.

    L'article parle de 23 à 27 semaines, mais aux US on ne compte pas les semaines de la même manière, et je n'ai pas envie de jouer aux devinettes pour savoir si le ou la journaliste a fait la conversion ou pas.

    De toutes manières, mon argument n'est pas terrible : ce n'est pas parce que la survie du foetus est possible à partir de x semaines que l'IVG devient moralement indéfendable à cette date. 1) les risques pour le foetus sont très élevés (survie et séquelles), 2) c'est très couteux pour la société (des mois d'hospitalisation en service spécialisé, impossible que ça devienne une manière normale de naitre), 3) aucun médecin n'accepterait de provoquer un accouchement prématuré sans raison médicale, 4) ça relancerait les problèmes éthiques autour de l'IMG pour cause de maladie grave après la date légale de l'IVG.

    Tout en admettant ça, il me semble quand même que le problème de l'IVG devient différent quand le foetus est potentiellement viable.

  • [^] # Re: Contexte, quand même

    Posté par  . En réponse au lien Aux USA, facebook transmet à la justice les messages d'une ado poursuivie pour IVG. Évalué à 6.

    ça aurait pu être 3 semaines sans que ça ne change rien techniquement.

    Je ne suis pas sûr de savoir ce que tu veux dire par "techniquement". D'après l'article, le délai pour IVG dans le Nebraska est de 20 semaines (donc plus qu'en France, même), et ce délai n'a pas changé. Bref, tout ça aurait pu se passer il y a un an et n'aurait même pas été mentionné dans le journal local; c'est bien parce qu'il y a eu toute cette agitation autour de Roe vs Wade que ça devient un sujet majeur. Bien sûr, le même problème pourrait arriver avec un avortement à 3 semaines, sauf que ça n'est pas le cas (et "techniquement", une IVG à 3 semaines ne nécessite pas d'enterrer le fœtus dans le jardin; il me semble assez possible que cette preuve matérielle a pu influencer la décision du juge d'autoriser la requête à Facebook).

    "l'illégal que je voudrai légal mais pour l'illégal que je veux garder illégal il faut tous les moyens contre eux" complètement subjectif.

    Je suis assez d'accord, c'est très compliqué. C'est normal que tout le monde (particuliers et entreprises) doive fournir des données à la justice dans le cadre d'une enquête—c'est comme ça qu'on prouve la culpabilité ou l'innocence des gens. C'est aussi bizarre de défendre le point de vue selon lequel c'est à une entreprise de décider quelles données sont communicables ou non en fonction de critères moraux subjectifs. En fait, ce que ce problème illustre, c'est plus les dysfonctionnements profonds de la démocratie US que des problèmes techniques de communication des données. Si, d'une manière ou une autre, un mouvement réactionnaire ou populiste vient au pouvoir légalement, il va mettre en place des lois réactionnaires ou populistes qu'il va bien falloir faire respecter.

  • # Contexte, quand même

    Posté par  . En réponse au lien Aux USA, facebook transmet à la justice les messages d'une ado poursuivie pour IVG. Évalué à 6.

    De manière complètement indépendante des problèmes liés à la communication des messages privés à la justice, l'article indique quand même qu'il s'agit d'un avortement clandestin à plus de 23 semaines de grossesse (donc à peu près 6 mois), un stade où la survie des grands prématurés est possible. J'imagine que c'est passible de poursuites dans la plupart des pays, donc il faut faire gaffe à réaliser que ce dont on parle ici n'a pas grand chose à voir avec l'agitation médiatique récente sur l'IVG aux US.