Je viens de vérifier sur un exemple de standard du Jazz, "What a wonderful world". Il est au catalogue Sacem, les auteurs sont B Y Forster (AKA GD Weiss) et R Thiele; Weiss est mort en 2010 -> Domaine public en 2081. Il faut parfois se montrer patient…
Si j'ai bien compris, tu transcris à l'oreille des morceaux et tu diffuses les partitions? Je ne suis pas juriste, mais si les morceaux sont protégés par le droit d'auteur (auteur mort il y a moins de 70 ans), alors la publication des partitions est une contrefaçon. Code de la propriété intellectuelle, article L-335-2:
Toute édition d'écrits, de composition musicale, de dessin, de peinture ou de toute autre production, imprimée ou gravée en entier ou en partie, au mépris des lois et règlements relatifs à la propriété des auteurs, est une contrefaçon et toute contrefaçon est un délit. La contrefaçon en France d'ouvrages publiés en France ou à l'étranger est punie de trois ans d'emprisonnement et de 300 000 euros d'amende.
Du coup, il faut quand même être clair : l'objectif n'est pas de se mettre à l'abri des demandes abusives des maisons de disque (puisque de telles demandes ne seraient pas du tout abusives du point de vue légal), l'objectif est d'éviter les poursuites et/ou de mettre les oeuvres contrefaites hors de portée de la justice.
Il est à noter que quand nous jouons cette musique en public l'organisateur est tenu de faire une déclaration à la Sacem et d'en payer les droits.
Ça c'est parce que les ayant-droit ont autorisé la reprise des oeuvres via un contrat avec la Sacem. La Sacem collecte l'argent et en reverse une partie aux ayant-droit. Il s'agit donc d'une reprise autorisée par les auteurs (contre rétribution).
Ça m'étonnerait que les ayant-droit autorisent la diffusion de partitions, étant donné qu'il est fréquent que ces partitions sont éditées et vendues par les maisons de disque (ou par des tiers avec lesquelles elles ont un contrat). Pour une chanson contemporaine, ça coûte entre 5 et 10€ en version pdf, un peu plus en version papier. Ça se trouve très facilement sur Internet; j'imagine que tu peux chercher si les morceaux que tu as transcrits sont disponibles. Le truc qui m'a toujours semblé difficile à controler, c'est que la copie de la partition achetée légalement n'est évidemment pas autorisée; donc on est censés acheter une copie par musicien dans un groupe. Par contre, on peut la revendre d'occasion, comme un livre ou un jeu vidéo.
À noter, c'est bien la contrefaçon (l'édition et la diffusion) qui est interdite; la transcription à l'oreille est autorisée (sous le régime de la copie privée, j'imagine), du moment que tu la gardes pour toi. Tu peux même faire des reprises en public (du moment que tu payes les droits Sacem…). Par contre, il ne faut pas être trop mauvais dans la transcription, parce que si la version reprise est trop personnalisée (modification des paroles, de la grille d'accords…), c'est une adaptation (et pas une reprise), et ça doit être explicitement autorisé.
En gros, le partage avec la communauté, c'est seulement pour les compositions perso, ou pour les trucs assez anciens pour être dans le domaine public (ça doit commencer à arriver avec le Jazz, puisqu'a priori, des compositeurs morts avant 1952, il doit y en avoir quelques uns). Il faudrait vérifier les histoires de droits voisins quand même—par exemple quand on réutilise un enregistrement pour un sample—mais ça doit se savoir dans le milieu quand quelque chose tombe dans le domaine public. La Sacem prétend que son catalogue (https://repertoire.sacem.fr/) est à jour, et qu'on peut vérifier si une oeuvre n'est pas dedans. C'est très trompeur comme présentation (l'adhésion à la Sacem n'étant pas obligatoire, il est possible qu'une oeuvre protégée ne soit pas au catalogue), mais j'imagine que ça fonctionne quand on parle des artistes gérés par des maisons de disque.
Les joueurs de "speed chess" qui jouent pour de l'argent dans la rue n'hésitent pas à bouger plusieurs pièces durant leur tour, à faire des déplacements illégaux, à ajouter ou retirer des pièces. Ça se fait seul, ou en équipe (pour la distraction et l'intervention).
Il faut vraiment avoir un niveau très faible pour ne pas s'en rendre compte. Même un joueur moyen sait où sont toutes les pièces de l'échiquier, et peut même reconstituer la partie après coup. À partir d'un certain niveau, tu connais les structures de pions par exemple; tu sais que la partie mène à telle ou telle structure, impossible de bouger un pion sans que la structure change (et que l'adversaire s'en aperçoive immédiatement). De même, à partir d'un certain niveau, les joueurs notent intitivement toutes les menaces possibles. Du coup, une pièce qui se retrouve menacée d'un coup alors qu'elle ne l'était pas avant, ça va se voir comme le nez au milieu de la figure. En cas de doute, on propose à l'adversaire de revenir 2 coups en arrière et de rejouer les coups, impossible de ne pas se faire démanquer.
Et pour les coups illégaux, la règle c'est qu'au premier on rejoue le coup, et au deuxième la partie est perdue (évidemment, dans la rue, tu fais ce que tu veux, mais normalement au deuxième coup illégal tu te lèves et tu te barres, aucun intérêt de jouer ce genre de parties).
Du coup, seuls les joueurs très faibles peuvent se faire surprendre, et les joueurs très faibles, on peut les battre sans tricher.
Le sous-financement de l'appareil judiciaire garantit que seuls ceux qui ont beaucoup de temps, de patience et de moyens se lanceront dans une procédure judiciaire.
Surtout que c'est le tribunal administratif ici, non? Du coup, c'est pas seulement de la patience qu'il faut, c'est aussi une bonne espérance de vie.
Tu ne crois pas que la décroissance puisse marcher parce que tu es bien dans l’idée dominante que c’est la seule voie possible.
Tu as probablement écrit le contraire de ce que tu voulais dire, mais tu m'a mal compris. Je pense qu'il est possible que la décroissance rationnelle soit la voie la plus efficace pour limiter le réchauffement climatique. Mais je pense aussi que cette décroissance est mortifère; et que la seule raison qui pourrait me faire croire que c'est la voie à prendre serait de me convaincre que si on le faisait pas, on irait vers une récession dont les conséquences seraient pires que la décroissance contrôlée.
La dernière partie du raisonnement ne me semble pas acquise. L'humanité a déja été de nombreuses fois dans une spirale autodestructrice, mais ça n'a pas toujours mené à la disparition d'une civilisation. Par exemple, le défrichage des surfaces boisées aurait pu mener à une catastrophe humanitaire et écologique en France (plus d'arbre = plus de bois, plus de chauffage, plus de construction), mais ça n'a pas été le cas: l'augmentation des rendements de l'agriculture a permis de replanter des arbres et d'avoir à la fois du bois et de quoi manger. On a su gérer collectivement la catastrophe annoncée du trou dans la couche d'ozone. Plus récemment, depuis le XIXe siècle, de nombreuses ressources ont connu d'immenses crises avec une demande démesurée par rapport à l'offre, et on a toujours réussi à trouver des produits de substitution. Je n'arrive pas à trouver un seul exemple d'un produit ou d'un bien de consommation qu'on aimerait tous avoir et dont on doive se passer parce que les matières premières n'existent plus. On a également pu se débarrasser de matières premières dangereuses de la même manière (mercure, plomb). Bien sûr, le fait que ça n'est jamais arrivé ne garantit pas que ça n'arrivera jamais, mais de la même manière, le fait que ça n'est jamais arrivé ouvre la possibilité que ça puisse ne pas arriver.
Quoi qu'il en soit, le PIB peut très bien continuer à augmenter sans pour autant qu'on doive extraire toujours plus de matières premières et brûler plus de CO2. Évidemment, ça serait plus clair si on avait construit assez de centrales nucléaires ces 30 dernières années pour avoir de l'énergie électrique pas chère à gogo…
Posté par arnaudus .
En réponse au journal Hypocrisie d'énergie.
Évalué à 1.
Dernière modification le 02 août 2022 à 14:54.
Ce genre d’alliance de la carpe et du lapin semble moins déranger quand il s’agit d’alliance de circonstance entre les progressistes (proclamés) et l’extrême droite.
Deux faux font un vrai?
C’est juste qu’on a tellement été biberonnés à l’idée que la croissance est nécessaire
Tu peux le tourner comme tu veux, mais la croissance économique est en effet indispensable, rien que pour maintenir le niveau de vie moyen dans une population croissante. Une majorité de nos concitoyens pensent avoir besoin de plus de biens et de services, et ce n'est pas parce que certains d'entre nous n'ont pas cette impression qu'ils peuvent unilatéralement décider pour tout le monde que la baisse du niveau de vie est un objectif.
L'augmentation du niveau de vie n'est d'ailleurs pas antinomique avec des objectifs écologiques raisonnables. Le pouvoir d'achat ne sert pas seulement à changer de téléphone portable tous les ans; il peut servir à acheter des biens de meilleure qualité, donc plus durables, de pouvoir financer des services à la place de biens (par exemple, un taxi plutôt que d'acheter une voiture, une réparation plutôt qu'un nouvel appareil), de pouvoir mieux manger, mieux se vêtir, investir (isolation, panneaux solaires), avoir accès à de vraies ressources culturelles (spectacle vivant, journalisme d'investigation)…
Comment concilier la décroissance avec l'augmentation des dépenses de santé? Avec une meilleure prise en charge des personnes âgées? Avec l'investissement dans des moyens de transport non-polluants? Dans l'éducation, la recherche, la culture? Déja qu'on n'arrive pas à financer les services publics, comment le faire dans une économie en décroissance, avec moins de rentrées fiscales tous les ans? Comment vivre avec le chômage de masse qui en découlerait?
Parce que c'est facile de dire "vous changerez d'iPhone tous les 3 ans au lieu de tous les ans", mais la décroissance, ça n'est pas ça. La décroissance, c'est aussi une baisse des salaires (soit individuelle, associée ou non à un partage du temps de travail, soit globale, avec beaucoup de chômeurs et peu d'employés à plein temps); moins de services publics, etc. Voyager moins, ça n'est pas que des vacances en France, c'est aussi de voir ses proches moins souvent, de rater les enterrements, de réserver les études à l'étranger à une élite financière, d'avoir des contacts sociaux seulement dans son voisinage. Et par dessus tout, il n'est pas du tout sûr qu'on sache organiser la décroissance sans sombrer dans une dépression inédite, et on ne sait encore moins comment ne faire décroitre qu'une partie de la population (ceux qui ont déja beaucoup et qui justement ne veulent surtout pas décroitre) sans faire décroitre ceux qui n'ont pas grand chose. Prétendre que "oui oui on a bien des idées, et puis on va taxer les riches et ça va bien se passer" est un argument, c'est plutôt une preuve que non non ça ne va pas bien se passer du tout.
Toute l'idée est justement de se donner les moyens de rendre ces approches de décroissance et de low-tech faisables et utilisables, ce qui nécessite des politiques, incitatives mais aussi coercitives.
De mon point de vue, la décroissance n'a aucun avenir politique, dans le sens où elle n'est pas capable de convaincre une majorité d'électeurs. On peut bien sûr blâmer les électeurs, puisqu'une bonne partie du problème est due à un aveuglement volontaire, mais ça serait trop facile : les écolos seraient porteurs de la bonne parole, et les gens trop centrés sur leurs problèmes pour l'entendre. Ça permet aux écolos de prendre une attitude de témoin de Jéovah, c'est assez confortable intellectuellement.
Sauf qu'à mon avis, la réalité est avant tout que le concept de décroissance est porté par deux grands courants de pensée incompatibles, les "pragmatiques" qui voient la décroissance comme un moyen, et les "idéologues" qui conçoivent la décroissance comme un objectif. Ils font semblant de faire partie des mêmes mouvements politiques parce qu'ils seraient encore moins audibles s'ils faisaient bande à part, mais j'ai l'impression que cette mésalliance est un repoussoir pour beaucoup d'électeurs.
Avec un ordinateur. Des cas de triche plus ou moins complexes ont été documentés (souvent, avec un complice qui indique les coups par un code discret). Bien sûr, on ne sait rien d'éventuels tricheurs qui n'ont jamais été démasqués, mais il n'y a qu'à très très haut niveau que ça pourrait passer inaperçu (notamment parce que le bon joueur sait quels coups ressemblent trop à des coups d'ordinateur, et ne les jouerait pas).
Bah du coup ils n'ont ce qu'ils méritent. Tu espères quoi quand tu t'arrêtes dans un tripot clandestin que tu ne connais pas?
De toutes manières, mon argument n'était pas qu'il est impossible de se faire plumer au poker par des tricheurs. C'était plutôt au contraire que c'est tellement facile que les artefacts technologiques plus ou moins foireux sont aussi inutiles qu'incertains pour les tricheurs. Si le croupier est de mèche, pas besoin de lecteurs infrarouge, le gars distribue les cartes qu'il veut. Si d'autres joueurs sont complices, pas besoin de marquer les cartes, jouer en groupe contre un joueur solitaire suffit pour le plumer. Si le joueur à plumer est trop gogo pour se rendre compte qu'il se fait plumer, pas besoin de tricher, il suffit de bien jouer. Du coup, pour résumer, j'ai l'impression que la triche est probablement répandue dans certains milieux, au poker comme à d'autres jeux, mais que cette triche très technologique me semble assez "gadget" par rapport aux autres possibilités.
C'est un peu comme aux échecs. Techniquement, la triche est possible, voire facile. Socialement, c'est beaucoup plus dur. Ne pas se faire prendre nécessite beaucoup de prudence, et de profondes connaissances du jeu en question (en gros, il faut être un bon joueur, au moins aussi bon que celui qu'on essaye de battre en trichant). Le paradoxe, c'est donc qu'on se fait gauler face aux joueurs plus forts que soi, et qu'on n'a pas besoin de tricher face aux joueurs plus faibles.
Ça me parait quand même restreint à un contexte assez particulier. Je ne prétends pas que c'est impossible, mais c'est plutôt que c'est bien ciblé. Il faut des complices et des gogos qui veulent bien venir chez toi pour jouer gros.
Une bonne triche, disons au poker, c'est très sournois.
Certes, mais en gros, pour bien tricher, il faut être discret, ce qui veut dire qu'on ne peut pas non plus gagner gros. Surtout si on veut répéter le truc; sur une soirée OK, mais si tu organises des pokers toutes les semaines chez toi, ça va finir par se voir. Ou alors tu acceptes de perdre 49% des parties, mais alors tu ne gagnes pas beaucoup.
C'est souvent en équipe, ce qui permet de distribuer l'argent
Ça fait longtemps que je n'ai pas joué au poker, mais il me semble bien que si tu as une équipe contre toi, tu vas perdre même sans tricher. La stratégie gagnante au poker est basée sur l'hypothèse que tes adversaires défendent leurs intérêts. S'ils se mettent d'accord sur une stratégie perdante (par exemple, un ou plusieurs joueurs suivent toutes tes relances), et qu'ils compensent en se refilant des jetons dès que tu ne participes pas à une main, tu ne peux plus bluffer et tu deviens complètement lisible pour le ou les joueurs qui jouent vraiment.
En tout cas, il me semble que la triche sur la connaissance des mains avant que les cartes ne soient distribuées est assez facilement détectable : les tricheurs vont avoir tous leurs tirages. Tu gardes une marge de manœuvre, puisqu'ils connaissent les cartes, mais ne peuvent pas anticiper tes mises. Ils vont donc devoir parfois suivre une relance alors qu'ils n'ont qu'un tirage, et ça tu vas forcément le voir. Je me trompe peut-être, mais j'ai l'impression que ça va sembler louche assez rapidement à tout joueur expérimenté. Après, c'est toujours pareil : si tu triches une seule fois, pile au bon moment, avec la bonne conjonction de planètes, alors en effet, c'est indétectable. Mais tu ne montes pas un tel projet pour ne tricher qu'une fois toutes les trois semaines…
Est-ce qu'il y a la moindre preuve que quelqu'un a déja réussi à tricher avec ce système en conditions réelles? Il faut maitriser toute la chaine (fournir le paquet, placer les caméras, mettre au point un système pour récupérer les données en temps réel), réussir à prendre en gros plan la tranche du paquet mélangé avant la distribution; le moindre flou de bougé ou un mauvais empilement des cartes; le joueur qui distribue qui coupe le paquet avant de donner, et ça ne marche plus.
Il faut ajouter à ça que les bons joueurs savent repérer assez rapidement les tricheurs, normalement. Après quelques donnes ils vont avoir des doutes, et la partie risque de tourner court.
Je ne suis pas sûr d'avoir compris la finalité. Il me semble que le dispositif pourrait être utilisé pour ne pas tricher aux cartes, en particulier pour exclure une complicité du croupier. Après que le paquet de cartes ait été mélangé, il peut être scanné (éventuellement par la machine qui le mélange), ce qui fait que les tirages deviennent déterministes à partir de là.
On pourrait penser que le dispositif introduit une faille de sécurité, puisque si le casino a accès à la séquence des cartes, les joueurs pourraient l'avoir également, mais il suffirait de marquer chaque paquet différemment (2 bits supplémentaires permettraient de générer > 2700 codes uniques) pour que le casino puisse aller piocher le codage des cartes dans une bdd secrète. En changeant le paquet de cartes toutes les quelques donnes (ce qui est déja fait pour éviter le marquage manuel des cartes), on se retrouverait avec un système qui mimerait parfaitement les propriétés d'un générateur de nombre aléatoires (la séquence des cartes peut être prédite avant la partie par le "maitre du jeu", mais pas par les joueurs).En plus, pas besoin d'aller s'emm* avec des encres invisibles, le code pourrait apparaitre au vu de tous sans que ça ne pose de problème de sécurité.
Je crois que ça n'est pas ça qu'il demande (mais c'est mal demandé). Quand on lit la question, obtenir élégamment nan ne peut se faire qu'en demandant explicitement un nan (et pas appeler une opération qui renvoie nan, ce qui ne serait ni élégant, ni stable, ni rapide). Je pense que l'OP veut savoir quelle opération peut bien retourner nan si ni sqrt(-2.), ni 3./0., ni log(-3.) ne renvoient nan.
Ça pourrait très bien être une sorte d'archaïsme progressivement remplacé par des erreurs plus précises?
C'est une doc technique incomplète sur l'architecture du moteur, je ne vois pas ce que ça dit sur la finalité du projet… Et si tu vas par là, certains liens en bas de la page mènent à des pages en Allemand, pas très pratique.
En tout cas, si le but est de démontrer des possibilités techniques, ça fonctionne mal, ça n'a pas l'air mieux qu'un grep sur HTMLtoText… Peut-être que derrière, la base de données est bien construite et que c'est rapide et optimisé, mais un moteur de recherche c'est quand même bien plus qu'un Ctrl+F sur le web.
C'est quand même curieux à quel point on peut passer des années de boulot à faire un site et pas une minute à expliquer ce qu'il est censé faire. C'est un projet, une démonstration technique, un site utilisable, une publicité, une farce?
Le moteur en lui-même est naze, il suffit de taper une seule requête pour s'en rendre compte. Il est probable que la base de données derrière est toute petite (par exemple, pas de lien vers Wikipédia; un moteur qui ne ferait que renvoyer vers Wikipédia serait déja 100 fois plus pertinent), et il semble que le moteur ne sache pas reconnaitre la langue de la requête—il retourne parfois des résultats en allemand, souvent en anglais, mais sans logique. Zéro sémantique, ça ressemble à une recherche par mot-clé. Par exemple, quand on demande "how many bats", on tombe sur des trucs de baseball. Google ne s'y trompe pas, il devine qu'on veut savoir combien il existe d'espèces de chauve-souris.
Pire, il ne semble avoir aucune protection en pratique contre le spam. Taper "chat noir moteur" mène en première réponse sur "Träffen swingerdateclub Irc chat El Singles Likemynudephoto sex chat rooms Thebangclub The erotic review Iniian dixk harrcore wide harem efficient adult-cocksuckers".
En fait, c'est un projet secret pour nous faire aimer Google et nous montrer ce que serait Internet sans les GAFAM?
Au final, c'est intéressant de voir comment il est difficile de créer un moteur de recherche qui soit aussi rapide, efficace, et fonctionnel que Google. Les "alternatives libres" qui s'y essayent sont en général assez foireuses, et celles qui ne le sont pas sont des aggrégateurs de réponses de différents moteurs (et comme les concurrents pompent tous plus ou moins Google, c'est en fait le résultat de Google).
Un duel à la cuillère? Si j'arrivais à m'imaginer être invité à un tel évènement, je crois que je ne viendrais pas du tout, ou je me pointrais avec un gilet par balle et une kalash…
Je me réponds parce qu'à la relecture, mon post manquait de bienveillance par rapport à l'intervention de Joris Dedieu. Je n'ai pas changé d'avis, je trouve que le PO est caricaturalement manichéen, et que cette caricature est au-delà du ridicule.
Mais pour essayer d'être un petit peu plus constructif:
"Ils", c'est nous. Les pollueurs, c'est les 10% les plus riches du monde, c'est à dire nous. Rejeter la faute sur les ultra-riches, c'est pour fuir nos responsabilités. Si on ne gardait que les millionnaires sur Terre (21M de personnes), on défoncerait les objectifs de l'accord de Paris, et les problèmes climatiques disparaitraient immédiatement. Bien sûr, les riches et les ultra-riches polluent plus par personne que les autres, personne ne le nie. Mais en valeur absolue, cette pollution est très faible, les blâmer pour l'exemple, OK, les blâmer pour rejeter la faute sur eux, foutaises.
Nous sommes TRÈS largement complices dans la société de consommation. Les grands industriels font semblant de nous dire qu'on peut consommer sans limite, et nous faisons semblant de le croire. On peut éventuellement condamner le greenwashing par exemple, parce que c'est une forme de tromperie.
Jusqu'à preuve du contraire, l'argent, l'influence, le lobbying, ont des effets indirects sur les décisions collectives. Parce qu'au final, c'est quand même les citoyens qui votent, un bulletin par personne. Et la majorité ne vote pas pour changer leur mode de vie pour sauver le climat, bien au contraire. Je trouve même assez cynique la récupération des mouvements populaires pour le pouvoir d'achat (style gilets jaunes) par une partie de la gauche écologiste. Ces mouvements de protestation viennent en réalité d'une partie de la population défavorisée sur le plan socio-économique, et qui veut retourner la table pour accéder à la grande consommation de la classe moyenne. Bref, tout ça pour dire que la consommation et la destruction de la planète, c'est plutôt populaire comme point de vue.
"Ils sont coupables parce qu'ils incitent nos plus bas instincts": altermondialistes et Talibans, même combat? Je ne trouve aucune excuse à ce type d'argument d'inversion de la culpabilité. Les industriels ne sont pas plus coupables de nous inciter à acheter des 4x4 polluants, encombrants, et inutiles, que les femmes ne sont coupables d'inciter les hommes à les violer en portant des jupes. "Je suis faible, je ne sais pas résister à la tentation" n'a jamais dédouané personne. Si on n'a aucun courage, on n'arrivera jamais à lutter contre le réchauffement.
Un petit mot sur les solutions technophiles aux problèmes climatiques : il semble aussi caricatural de compter dessus sans rien regarder d'autre, que de les exclure sans les regarder. Les solutions techniques rendent la transition énergétique possible (humainement, socialement, et économiquement). Les autres solutions semblent assez impossibles (ne serait-ce parce qu'elles sont socialement inacceptables). Il ne faut quand même pas oublier que la décroissance contrôlée n'est pas la seule solution : on peut aussi ne pas arriver à contrôler le climat, monter la température de 4°C, et tous crever. Rendre la décroissance plus acceptable grâce à des moyens techniques, c'est une option très intéressante, c'est absurde de la rejeter par idéologie.
Donc, d'un côté, il y a les méchants. On les appelle "Ils". "Ils" font des trucs dangereux, brûlent des arbres, asservissent les humains, etc., et mènent l'humanité à sa perte. Qu'est-ce qu'ils sont méchants, "Ils". S'il y avait un enfer, ils brûleraient dedans.
Et d'un autre côté, il y a "Nous". "Nous" on est gentils, victimes, et on serait heureux s'il n'y avait pas "Ils". D'ailleurs, quand "nous" faisons des trucs débiles (genre acheter des poupées gonflables en plastique made in China), c'est parce que "Ils" ont mobilisé le pire de nos instincts. Et ça, c'est quand même très méchant, de mobiliser nos pires instincts, parce qu'on est gentils, c'est quand même pas de notre faute si on a des instincts.
Conclusion : on ne sait pas comment "Ils" dominent le monde. Détruire l'environnement, ça doit donner le pouvoir absolu. En tout cas, ça n'est pas nous qui détruisons l'environnement. Débarrassons-nous de "Ils". Il ne restera alors que les gentils, et nous seront tous heureux jusqu'à la fin des temps!
Pour le zombie, je trouve que l'expérience de pensée s'arrête dès qu'on essaye d'y mettre de la neuro. Je n'arrive pas à concevoir un zombie philosophique qui aurait les mêmes états d'activation du cerveau qu'un être humain normal. Du coup, tu passes une IRM à ton zombie en lui posant des questions; si ça s'allume à peu près pareil que chez toi quand tu lui fait parler de son enfance, je trouve que le concept de "zombie" devient beaucoup moins concevable.
Ceci dit, on part tous du principe qu'il n'y a aucun doute sur le fait qu'on ait une conscience (en gros, l'idée d'une sorte de petit bonhomme dans ta tête qui regarde le film de ta vie et qui est "toi", qui fait le lien entre le toi d'hier et d'aujourd'hui, etc). Ce qui est carrément intéressant, c'est qu'on n'a jamais identifié une zone du cerveau qui aurait ce rôle; que pas grand chose se passe dans nos neurones quand on a l'impression que le petit bonhomme est là sans rien faire… D'où l'hypothèse de l'illusionnisme (https://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89liminativisme), qui est assez fascinante. L'idée (très contre-intuitive et pas facile à se représenter) serait que la conscience serait une illusion, une sorte de rationalisation à laquelle on tiendrait pour expliquer ce que notre cerveau a fait tout seul. Il y a en tout cas des résultats d'expériences très dérangeants; typiquement, quand on demande à un sujet de prendre une décision (par exemple bouger la main droite ou la gauche), on peut visualiser par IRM sa décision avant que le sujet ait conscience qu'il a pris cette décision (lui est persuadé qu'il n'a pas encore décidé). Il peut même justifier sa décision par des évènements qui ont eu lieu après que son cerveau l'ait pris… un peu comme quand on joue 30s à un jeu vidéo de course automobile avant de s'apercevoir que c'est une démo qui tourne et que la manette n'avait aucun effet. Sauf que là ça durerait toute la vie.
J'ai l'impression que tous les gens "sérieux" sont d'accord pour dire que l'ingénieur en question a un peu pété un boulon, parce que son protocole de test n'est absolument pas rationnel. Il est dans le même état d'esprit que les petits vieux qui affirment partout que leur chien est plus intelligent que leur voisin, il gâtouille mais il n'y a pas grand chose à chercher là-dedans.
Sur le fond, cette histoire est quand même intéressante, puisqu'elle confirme que ce qu'on pensait fiable au XXe siècle pour caractériser une AI, typiquement le test de Turing, ne l'est en fait pas. Les AI de type "chatbot" moulinent des milliards de dialogues écrits par les humains et ressortent des phrases dans le contexte, ce qui les fait "mimer" une conversation. On n'évalue donc pas l'humanité de l'AI en discutant avec, mais l'humanité des millions d'anonymes qui ont contribué à la construction de la base de données. Ce n'est pas une inférence, on en est certains: par exemple, si on lui demande si elle préfère Mozart ou Beethoven, le chatbot va te répondre savamment sur les mérites respectifs des classiques et des romantiques, l'AI peut même te répondre des trucs aussi "humains" que "ni l'un ni l'autre je préfère le baroque". N'empêche, elle simule, car elle n'a jamais écouté de musique.
J'ai l'impression que c'est le contexte qui a fait naitre l'idée de zombie philosophique en théorie de la conscience. Le zombie serait quelque chose qui agirait de la même manière qu'un humain, mais qui ne ressentirait rien. Il n'y aurait aucun moyen de déterminer s'il a une conscience, et tout nous pousserait à conclure qu'il en a une—du coup, le problème de déterminer si les autres ont une conscience est peut-être indécidable. Ces AI sont des simulations de zombies philosophiques, et c'est pour ça que c'est intéressant d'interagir avec elles.
Bah c'est quand même l'argument de base des mouvements minoritaires : "en fait on est nombreux mais ça ne se voit pas". Suit une série d'arguments plus ou moins absurdes pour expliquer le paradoxe; le vote utile, les médias, les rézosocio, les capitalistes, les gens qui ne votent pas comme il faut parce qu'ils sont endoctrinés, les abtentionnistes qui voteraient pour nous s'il votaient, etc.
Ceci dit, pour les mouvements anti-UE, je trouve que les élus ont une grosse responsabilité. Pendant des dizaines d'années, ils ont utilisé l'UE pour se dédouaner des décisions politiques qu'ils n'assumaient pas, et ils ont tout fait pour stimuler l'idée que l'UE était quelque chose de non-démocratique et qui échappait à tout contrôle. Ce qui est tout simplement faux, surtout pour les gros pays fondateurs (France-Allemagne). Absolument rien ne peut se passer au niveau Européen sans la validation de la France et de l'Allemagne. C'est donc totalement ridicule d'imaginer que l'Europe puisse forcer ces pays à quoi que ce soit.
Pour revenir à la gronde hors média, ça peut quand même ponctuellement exister (typiquement, les gilets jaunes). Ce type de mouvement ne peut pas vraiment exister dans les médias parce qu'ils n'ont pas de porte-parole ni de représentants, à part des images de foules, il n'y a pas grand chose à rapporter. Souvent, ces mouvements invoquent une motivation anarchique à l'absence de représentants ou de revendications, mais c'est probablement en grande partie parce que le simple fait de clarifier les revendications entraineraient l'extinction immédiate du mouvement (c'est ce qui s'est passé avec les gilets jaunes) : discuter permet de se rendre compte qu'au fond on peut être d'accord sur les problèmes, mais pas du tout sur les solutions.
Sérieusement, tu vois jamais aucun article, vidéo, message IM remettant en question l'adhésion de la France à l'UE ? Wow, the bubble is strong on that one ;)
Bah moi non plus, en fait. Ça me semble assez croquignolesque d'accuser les autres de vivre dans une grosse bulle (rassemblant quoi, 90% des électeurs?) sans se poser de question sur la riquiquité de la sienne :-)
Au passage, la France est un des membres fondateurs de l'UE, donc je ne pense même pas qu'on puisse dire qu'elle y a adhéré. On ne parle d'adhésion que lorsqu'on rejoint une organisation existante…
Le lien n'a aucun intérêt, c'est du gloubiboulga pseudo-vulgarisateur («Un neurologues (sic) m’a dit un jour : “il y a plus d’information dans un cerveau humain que dans internet tout entier”. Alors pourquoi pas stocker de l’information numérique dans de l’ADN"»).
Le coût de la synthèse d'ADN, c'est en gros 1€/4 pb (= 1€/octet, il y a 2 bits par pb) (bon, après ça dépend de la longueur du fragment, là c'est pour > 1ko par fragment). Le coût de la lecture d'ADN, c'est beaucoup moins par octet (< 1000$/génome humain (3Gb), soit 6€/Mo), mais attention, il faut séquencer tout l'échantillon (on ne peut pas choisir le petit bout qu'on veut). Du coup, ça revient beaucoup plus cher, pour lire 1ko dans un tube qui contient 1Go, ça revient à plusieurs centaines d'euros.
Bref, si l'idée n'est pas totalement absurde dans l'absolu, ça n'a aujourd'hui aucun intérêt. Je ne sais même pas si le bilan carbone est meilleur; les séquenceurs sont des grosses machines demandant beaucoup de ressources informatiques, la chimie nécessaire aux opérations de synthèse et de séquençage est complexe, et l'ADN doit être stocké dans de bonnes conditions (froid, -20°C, voire -80°C). Même l'espace nécessaire au stockage n'est pas forcément optimal, parce qu'il faut partitionner les données en de nombreux "secteurs" à lire séparément. Si on réduit trop les quantités d'ADN, ça va commmencer à poser des problèmes de fiabilité, et surtout, la lecture est destructive; après plusieurs cycles de lecture il faudra resynthétiser.
Si vous voulez une vraie application de l'ADN, le marquage pour traçabilité est une vraie possibilité. Un petit pshit d'ADN dans une péniche de blé et on peut tracer le moindre grain de blé jusqu'au consommateur.
Je crois que dans ce cas ça doit être "tromperie", qui doit être plus précis que "escroquerie". J'ai l'impression que seul l'ayant droit peut poursuivre pour contrefaçon et recel de contrefaçon.
J'imagine qu'il y a en effet "tromperie", mais le préjudice ne va pas être énorme. Si le logiciel fonctionne correctement, la seule chose que tu ne peux pas faire est de le modifier, diffuser, etc. À moins que tu aies des arguments en béton, j'ai peur que tu ne puisses demander qu'un euro symbolique…
[^] # Re: Statut des partitions
Posté par arnaudus . En réponse au journal Partage de partitions musicales. Évalué à 6.
Je viens de vérifier sur un exemple de standard du Jazz, "What a wonderful world". Il est au catalogue Sacem, les auteurs sont B Y Forster (AKA GD Weiss) et R Thiele; Weiss est mort en 2010 -> Domaine public en 2081. Il faut parfois se montrer patient…
# Statut des partitions
Posté par arnaudus . En réponse au journal Partage de partitions musicales. Évalué à 10.
Si j'ai bien compris, tu transcris à l'oreille des morceaux et tu diffuses les partitions? Je ne suis pas juriste, mais si les morceaux sont protégés par le droit d'auteur (auteur mort il y a moins de 70 ans), alors la publication des partitions est une contrefaçon. Code de la propriété intellectuelle, article L-335-2:
Toute édition d'écrits, de composition musicale, de dessin, de peinture ou de toute autre production, imprimée ou gravée en entier ou en partie, au mépris des lois et règlements relatifs à la propriété des auteurs, est une contrefaçon et toute contrefaçon est un délit.
La contrefaçon en France d'ouvrages publiés en France ou à l'étranger est punie de trois ans d'emprisonnement et de 300 000 euros d'amende.
Du coup, il faut quand même être clair : l'objectif n'est pas de se mettre à l'abri des demandes abusives des maisons de disque (puisque de telles demandes ne seraient pas du tout abusives du point de vue légal), l'objectif est d'éviter les poursuites et/ou de mettre les oeuvres contrefaites hors de portée de la justice.
Ça c'est parce que les ayant-droit ont autorisé la reprise des oeuvres via un contrat avec la Sacem. La Sacem collecte l'argent et en reverse une partie aux ayant-droit. Il s'agit donc d'une reprise autorisée par les auteurs (contre rétribution).
Ça m'étonnerait que les ayant-droit autorisent la diffusion de partitions, étant donné qu'il est fréquent que ces partitions sont éditées et vendues par les maisons de disque (ou par des tiers avec lesquelles elles ont un contrat). Pour une chanson contemporaine, ça coûte entre 5 et 10€ en version pdf, un peu plus en version papier. Ça se trouve très facilement sur Internet; j'imagine que tu peux chercher si les morceaux que tu as transcrits sont disponibles. Le truc qui m'a toujours semblé difficile à controler, c'est que la copie de la partition achetée légalement n'est évidemment pas autorisée; donc on est censés acheter une copie par musicien dans un groupe. Par contre, on peut la revendre d'occasion, comme un livre ou un jeu vidéo.
À noter, c'est bien la contrefaçon (l'édition et la diffusion) qui est interdite; la transcription à l'oreille est autorisée (sous le régime de la copie privée, j'imagine), du moment que tu la gardes pour toi. Tu peux même faire des reprises en public (du moment que tu payes les droits Sacem…). Par contre, il ne faut pas être trop mauvais dans la transcription, parce que si la version reprise est trop personnalisée (modification des paroles, de la grille d'accords…), c'est une adaptation (et pas une reprise), et ça doit être explicitement autorisé.
En gros, le partage avec la communauté, c'est seulement pour les compositions perso, ou pour les trucs assez anciens pour être dans le domaine public (ça doit commencer à arriver avec le Jazz, puisqu'a priori, des compositeurs morts avant 1952, il doit y en avoir quelques uns). Il faudrait vérifier les histoires de droits voisins quand même—par exemple quand on réutilise un enregistrement pour un sample—mais ça doit se savoir dans le milieu quand quelque chose tombe dans le domaine public. La Sacem prétend que son catalogue (https://repertoire.sacem.fr/) est à jour, et qu'on peut vérifier si une oeuvre n'est pas dedans. C'est très trompeur comme présentation (l'adhésion à la Sacem n'étant pas obligatoire, il est possible qu'une oeuvre protégée ne soit pas au catalogue), mais j'imagine que ça fonctionne quand on parle des artistes gérés par des maisons de disque.
[^] # Re: Rien de nouveau
Posté par arnaudus . En réponse au journal Cartes marquées, magie et triche aux jeux.... Évalué à 3. Dernière modification le 03 août 2022 à 13:18.
Il faut vraiment avoir un niveau très faible pour ne pas s'en rendre compte. Même un joueur moyen sait où sont toutes les pièces de l'échiquier, et peut même reconstituer la partie après coup. À partir d'un certain niveau, tu connais les structures de pions par exemple; tu sais que la partie mène à telle ou telle structure, impossible de bouger un pion sans que la structure change (et que l'adversaire s'en aperçoive immédiatement). De même, à partir d'un certain niveau, les joueurs notent intitivement toutes les menaces possibles. Du coup, une pièce qui se retrouve menacée d'un coup alors qu'elle ne l'était pas avant, ça va se voir comme le nez au milieu de la figure. En cas de doute, on propose à l'adversaire de revenir 2 coups en arrière et de rejouer les coups, impossible de ne pas se faire démanquer.
Et pour les coups illégaux, la règle c'est qu'au premier on rejoue le coup, et au deuxième la partie est perdue (évidemment, dans la rue, tu fais ce que tu veux, mais normalement au deuxième coup illégal tu te lèves et tu te barres, aucun intérêt de jouer ce genre de parties).
Du coup, seuls les joueurs très faibles peuvent se faire surprendre, et les joueurs très faibles, on peut les battre sans tricher.
[^] # Re: aah la CAF - ma vie
Posté par arnaudus . En réponse au lien les erreurs de détection de fraude et leurs conséquences fatales. Évalué à 5.
Surtout que c'est le tribunal administratif ici, non? Du coup, c'est pas seulement de la patience qu'il faut, c'est aussi une bonne espérance de vie.
[^] # Re: Je m'en fiche de plus en plus.
Posté par arnaudus . En réponse au journal Hypocrisie d'énergie. Évalué à 1.
Tu as probablement écrit le contraire de ce que tu voulais dire, mais tu m'a mal compris. Je pense qu'il est possible que la décroissance rationnelle soit la voie la plus efficace pour limiter le réchauffement climatique. Mais je pense aussi que cette décroissance est mortifère; et que la seule raison qui pourrait me faire croire que c'est la voie à prendre serait de me convaincre que si on le faisait pas, on irait vers une récession dont les conséquences seraient pires que la décroissance contrôlée.
La dernière partie du raisonnement ne me semble pas acquise. L'humanité a déja été de nombreuses fois dans une spirale autodestructrice, mais ça n'a pas toujours mené à la disparition d'une civilisation. Par exemple, le défrichage des surfaces boisées aurait pu mener à une catastrophe humanitaire et écologique en France (plus d'arbre = plus de bois, plus de chauffage, plus de construction), mais ça n'a pas été le cas: l'augmentation des rendements de l'agriculture a permis de replanter des arbres et d'avoir à la fois du bois et de quoi manger. On a su gérer collectivement la catastrophe annoncée du trou dans la couche d'ozone. Plus récemment, depuis le XIXe siècle, de nombreuses ressources ont connu d'immenses crises avec une demande démesurée par rapport à l'offre, et on a toujours réussi à trouver des produits de substitution. Je n'arrive pas à trouver un seul exemple d'un produit ou d'un bien de consommation qu'on aimerait tous avoir et dont on doive se passer parce que les matières premières n'existent plus. On a également pu se débarrasser de matières premières dangereuses de la même manière (mercure, plomb). Bien sûr, le fait que ça n'est jamais arrivé ne garantit pas que ça n'arrivera jamais, mais de la même manière, le fait que ça n'est jamais arrivé ouvre la possibilité que ça puisse ne pas arriver.
Quoi qu'il en soit, le PIB peut très bien continuer à augmenter sans pour autant qu'on doive extraire toujours plus de matières premières et brûler plus de CO2. Évidemment, ça serait plus clair si on avait construit assez de centrales nucléaires ces 30 dernières années pour avoir de l'énergie électrique pas chère à gogo…
[^] # Re: Je m'en fiche de plus en plus.
Posté par arnaudus . En réponse au journal Hypocrisie d'énergie. Évalué à 1. Dernière modification le 02 août 2022 à 14:54.
Deux faux font un vrai?
Tu peux le tourner comme tu veux, mais la croissance économique est en effet indispensable, rien que pour maintenir le niveau de vie moyen dans une population croissante. Une majorité de nos concitoyens pensent avoir besoin de plus de biens et de services, et ce n'est pas parce que certains d'entre nous n'ont pas cette impression qu'ils peuvent unilatéralement décider pour tout le monde que la baisse du niveau de vie est un objectif.
L'augmentation du niveau de vie n'est d'ailleurs pas antinomique avec des objectifs écologiques raisonnables. Le pouvoir d'achat ne sert pas seulement à changer de téléphone portable tous les ans; il peut servir à acheter des biens de meilleure qualité, donc plus durables, de pouvoir financer des services à la place de biens (par exemple, un taxi plutôt que d'acheter une voiture, une réparation plutôt qu'un nouvel appareil), de pouvoir mieux manger, mieux se vêtir, investir (isolation, panneaux solaires), avoir accès à de vraies ressources culturelles (spectacle vivant, journalisme d'investigation)…
Comment concilier la décroissance avec l'augmentation des dépenses de santé? Avec une meilleure prise en charge des personnes âgées? Avec l'investissement dans des moyens de transport non-polluants? Dans l'éducation, la recherche, la culture? Déja qu'on n'arrive pas à financer les services publics, comment le faire dans une économie en décroissance, avec moins de rentrées fiscales tous les ans? Comment vivre avec le chômage de masse qui en découlerait?
Parce que c'est facile de dire "vous changerez d'iPhone tous les 3 ans au lieu de tous les ans", mais la décroissance, ça n'est pas ça. La décroissance, c'est aussi une baisse des salaires (soit individuelle, associée ou non à un partage du temps de travail, soit globale, avec beaucoup de chômeurs et peu d'employés à plein temps); moins de services publics, etc. Voyager moins, ça n'est pas que des vacances en France, c'est aussi de voir ses proches moins souvent, de rater les enterrements, de réserver les études à l'étranger à une élite financière, d'avoir des contacts sociaux seulement dans son voisinage. Et par dessus tout, il n'est pas du tout sûr qu'on sache organiser la décroissance sans sombrer dans une dépression inédite, et on ne sait encore moins comment ne faire décroitre qu'une partie de la population (ceux qui ont déja beaucoup et qui justement ne veulent surtout pas décroitre) sans faire décroitre ceux qui n'ont pas grand chose. Prétendre que "oui oui on a bien des idées, et puis on va taxer les riches et ça va bien se passer" est un argument, c'est plutôt une preuve que non non ça ne va pas bien se passer du tout.
[^] # Re: Je m'en fiche de plus en plus.
Posté par arnaudus . En réponse au journal Hypocrisie d'énergie. Évalué à 4.
De mon point de vue, la décroissance n'a aucun avenir politique, dans le sens où elle n'est pas capable de convaincre une majorité d'électeurs. On peut bien sûr blâmer les électeurs, puisqu'une bonne partie du problème est due à un aveuglement volontaire, mais ça serait trop facile : les écolos seraient porteurs de la bonne parole, et les gens trop centrés sur leurs problèmes pour l'entendre. Ça permet aux écolos de prendre une attitude de témoin de Jéovah, c'est assez confortable intellectuellement.
Sauf qu'à mon avis, la réalité est avant tout que le concept de décroissance est porté par deux grands courants de pensée incompatibles, les "pragmatiques" qui voient la décroissance comme un moyen, et les "idéologues" qui conçoivent la décroissance comme un objectif. Ils font semblant de faire partie des mêmes mouvements politiques parce qu'ils seraient encore moins audibles s'ils faisaient bande à part, mais j'ai l'impression que cette mésalliance est un repoussoir pour beaucoup d'électeurs.
[^] # Re: Rien de nouveau
Posté par arnaudus . En réponse au journal Cartes marquées, magie et triche aux jeux.... Évalué à 4.
Avec un ordinateur. Des cas de triche plus ou moins complexes ont été documentés (souvent, avec un complice qui indique les coups par un code discret). Bien sûr, on ne sait rien d'éventuels tricheurs qui n'ont jamais été démasqués, mais il n'y a qu'à très très haut niveau que ça pourrait passer inaperçu (notamment parce que le bon joueur sait quels coups ressemblent trop à des coups d'ordinateur, et ne les jouerait pas).
[^] # Re: Rien de nouveau
Posté par arnaudus . En réponse au journal Cartes marquées, magie et triche aux jeux.... Évalué à 3. Dernière modification le 04 juillet 2022 à 11:34.
Bah du coup ils n'ont ce qu'ils méritent. Tu espères quoi quand tu t'arrêtes dans un tripot clandestin que tu ne connais pas?
De toutes manières, mon argument n'était pas qu'il est impossible de se faire plumer au poker par des tricheurs. C'était plutôt au contraire que c'est tellement facile que les artefacts technologiques plus ou moins foireux sont aussi inutiles qu'incertains pour les tricheurs. Si le croupier est de mèche, pas besoin de lecteurs infrarouge, le gars distribue les cartes qu'il veut. Si d'autres joueurs sont complices, pas besoin de marquer les cartes, jouer en groupe contre un joueur solitaire suffit pour le plumer. Si le joueur à plumer est trop gogo pour se rendre compte qu'il se fait plumer, pas besoin de tricher, il suffit de bien jouer. Du coup, pour résumer, j'ai l'impression que la triche est probablement répandue dans certains milieux, au poker comme à d'autres jeux, mais que cette triche très technologique me semble assez "gadget" par rapport aux autres possibilités.
C'est un peu comme aux échecs. Techniquement, la triche est possible, voire facile. Socialement, c'est beaucoup plus dur. Ne pas se faire prendre nécessite beaucoup de prudence, et de profondes connaissances du jeu en question (en gros, il faut être un bon joueur, au moins aussi bon que celui qu'on essaye de battre en trichant). Le paradoxe, c'est donc qu'on se fait gauler face aux joueurs plus forts que soi, et qu'on n'a pas besoin de tricher face aux joueurs plus faibles.
[^] # Re: Rien de nouveau
Posté par arnaudus . En réponse au journal Cartes marquées, magie et triche aux jeux.... Évalué à 7.
Ça me parait quand même restreint à un contexte assez particulier. Je ne prétends pas que c'est impossible, mais c'est plutôt que c'est bien ciblé. Il faut des complices et des gogos qui veulent bien venir chez toi pour jouer gros.
Certes, mais en gros, pour bien tricher, il faut être discret, ce qui veut dire qu'on ne peut pas non plus gagner gros. Surtout si on veut répéter le truc; sur une soirée OK, mais si tu organises des pokers toutes les semaines chez toi, ça va finir par se voir. Ou alors tu acceptes de perdre 49% des parties, mais alors tu ne gagnes pas beaucoup.
Ça fait longtemps que je n'ai pas joué au poker, mais il me semble bien que si tu as une équipe contre toi, tu vas perdre même sans tricher. La stratégie gagnante au poker est basée sur l'hypothèse que tes adversaires défendent leurs intérêts. S'ils se mettent d'accord sur une stratégie perdante (par exemple, un ou plusieurs joueurs suivent toutes tes relances), et qu'ils compensent en se refilant des jetons dès que tu ne participes pas à une main, tu ne peux plus bluffer et tu deviens complètement lisible pour le ou les joueurs qui jouent vraiment.
En tout cas, il me semble que la triche sur la connaissance des mains avant que les cartes ne soient distribuées est assez facilement détectable : les tricheurs vont avoir tous leurs tirages. Tu gardes une marge de manœuvre, puisqu'ils connaissent les cartes, mais ne peuvent pas anticiper tes mises. Ils vont donc devoir parfois suivre une relance alors qu'ils n'ont qu'un tirage, et ça tu vas forcément le voir. Je me trompe peut-être, mais j'ai l'impression que ça va sembler louche assez rapidement à tout joueur expérimenté. Après, c'est toujours pareil : si tu triches une seule fois, pile au bon moment, avec la bonne conjonction de planètes, alors en effet, c'est indétectable. Mais tu ne montes pas un tel projet pour ne tricher qu'une fois toutes les trois semaines…
[^] # Re: Rien de nouveau
Posté par arnaudus . En réponse au journal Cartes marquées, magie et triche aux jeux.... Évalué à 5.
Est-ce qu'il y a la moindre preuve que quelqu'un a déja réussi à tricher avec ce système en conditions réelles? Il faut maitriser toute la chaine (fournir le paquet, placer les caméras, mettre au point un système pour récupérer les données en temps réel), réussir à prendre en gros plan la tranche du paquet mélangé avant la distribution; le moindre flou de bougé ou un mauvais empilement des cartes; le joueur qui distribue qui coupe le paquet avant de donner, et ça ne marche plus.
Il faut ajouter à ça que les bons joueurs savent repérer assez rapidement les tricheurs, normalement. Après quelques donnes ils vont avoir des doutes, et la partie risque de tourner court.
# Pour tricher ou pour ne pas tricher?
Posté par arnaudus . En réponse au journal Cartes marquées, magie et triche aux jeux.... Évalué à 6.
Je ne suis pas sûr d'avoir compris la finalité. Il me semble que le dispositif pourrait être utilisé pour ne pas tricher aux cartes, en particulier pour exclure une complicité du croupier. Après que le paquet de cartes ait été mélangé, il peut être scanné (éventuellement par la machine qui le mélange), ce qui fait que les tirages deviennent déterministes à partir de là.
On pourrait penser que le dispositif introduit une faille de sécurité, puisque si le casino a accès à la séquence des cartes, les joueurs pourraient l'avoir également, mais il suffirait de marquer chaque paquet différemment (2 bits supplémentaires permettraient de générer > 2700 codes uniques) pour que le casino puisse aller piocher le codage des cartes dans une bdd secrète. En changeant le paquet de cartes toutes les quelques donnes (ce qui est déja fait pour éviter le marquage manuel des cartes), on se retrouverait avec un système qui mimerait parfaitement les propriétés d'un générateur de nombre aléatoires (la séquence des cartes peut être prédite avant la partie par le "maitre du jeu", mais pas par les joueurs).En plus, pas besoin d'aller s'emm* avec des encres invisibles, le code pourrait apparaitre au vu de tous sans que ça ne pose de problème de sécurité.
[^] # Re: Pas sûr d'avoir compris le besoin…
Posté par arnaudus . En réponse au message Comment obtenir exceptionnellement un float de valeur nan ?. Évalué à 4. Dernière modification le 27 juin 2022 à 15:32.
Je crois que ça n'est pas ça qu'il demande (mais c'est mal demandé). Quand on lit la question, obtenir élégamment nan ne peut se faire qu'en demandant explicitement un nan (et pas appeler une opération qui renvoie nan, ce qui ne serait ni élégant, ni stable, ni rapide). Je pense que l'OP veut savoir quelle opération peut bien retourner nan si ni sqrt(-2.), ni 3./0., ni log(-3.) ne renvoient nan.
Ça pourrait très bien être une sorte d'archaïsme progressivement remplacé par des erreurs plus précises?
[^] # Re: Lapin compris
Posté par arnaudus . En réponse au lien Chat noir : un moteur de recherche libre. Évalué à 6.
Peut-être les milliards de $ engloutis dans la recherche de méthodes pour biaiser les page rank finissent par porter leurs fruits…
[^] # Re: Lapin compris
Posté par arnaudus . En réponse au lien Chat noir : un moteur de recherche libre. Évalué à 3.
C'est une doc technique incomplète sur l'architecture du moteur, je ne vois pas ce que ça dit sur la finalité du projet… Et si tu vas par là, certains liens en bas de la page mènent à des pages en Allemand, pas très pratique.
En tout cas, si le but est de démontrer des possibilités techniques, ça fonctionne mal, ça n'a pas l'air mieux qu'un grep sur HTMLtoText… Peut-être que derrière, la base de données est bien construite et que c'est rapide et optimisé, mais un moteur de recherche c'est quand même bien plus qu'un Ctrl+F sur le web.
# Lapin compris
Posté par arnaudus . En réponse au lien Chat noir : un moteur de recherche libre. Évalué à 6.
C'est quand même curieux à quel point on peut passer des années de boulot à faire un site et pas une minute à expliquer ce qu'il est censé faire. C'est un projet, une démonstration technique, un site utilisable, une publicité, une farce?
Le moteur en lui-même est naze, il suffit de taper une seule requête pour s'en rendre compte. Il est probable que la base de données derrière est toute petite (par exemple, pas de lien vers Wikipédia; un moteur qui ne ferait que renvoyer vers Wikipédia serait déja 100 fois plus pertinent), et il semble que le moteur ne sache pas reconnaitre la langue de la requête—il retourne parfois des résultats en allemand, souvent en anglais, mais sans logique. Zéro sémantique, ça ressemble à une recherche par mot-clé. Par exemple, quand on demande "how many bats", on tombe sur des trucs de baseball. Google ne s'y trompe pas, il devine qu'on veut savoir combien il existe d'espèces de chauve-souris.
Pire, il ne semble avoir aucune protection en pratique contre le spam. Taper "chat noir moteur" mène en première réponse sur "Träffen swingerdateclub Irc chat El Singles Likemynudephoto sex chat rooms Thebangclub The erotic review Iniian dixk harrcore wide harem efficient adult-cocksuckers".
En fait, c'est un projet secret pour nous faire aimer Google et nous montrer ce que serait Internet sans les GAFAM?
Au final, c'est intéressant de voir comment il est difficile de créer un moteur de recherche qui soit aussi rapide, efficace, et fonctionnel que Google. Les "alternatives libres" qui s'y essayent sont en général assez foireuses, et celles qui ne le sont pas sont des aggrégateurs de réponses de différents moteurs (et comme les concurrents pompent tous plus ou moins Google, c'est en fait le résultat de Google).
[^] # Re: Il faut arrêter ces gens
Posté par arnaudus . En réponse au journal Les IA des GAFAM sont-elles sentientes ?. Évalué à 3.
Un duel à la cuillère? Si j'arrivais à m'imaginer être invité à un tel évènement, je crois que je ne viendrais pas du tout, ou je me pointrais avec un gilet par balle et une kalash…
[^] # Re: Il faut arrêter ces gens
Posté par arnaudus . En réponse au journal Les IA des GAFAM sont-elles sentientes ?. Évalué à 10. Dernière modification le 17 juin 2022 à 18:16.
Je me réponds parce qu'à la relecture, mon post manquait de bienveillance par rapport à l'intervention de Joris Dedieu. Je n'ai pas changé d'avis, je trouve que le PO est caricaturalement manichéen, et que cette caricature est au-delà du ridicule.
Mais pour essayer d'être un petit peu plus constructif:
"Ils", c'est nous. Les pollueurs, c'est les 10% les plus riches du monde, c'est à dire nous. Rejeter la faute sur les ultra-riches, c'est pour fuir nos responsabilités. Si on ne gardait que les millionnaires sur Terre (21M de personnes), on défoncerait les objectifs de l'accord de Paris, et les problèmes climatiques disparaitraient immédiatement. Bien sûr, les riches et les ultra-riches polluent plus par personne que les autres, personne ne le nie. Mais en valeur absolue, cette pollution est très faible, les blâmer pour l'exemple, OK, les blâmer pour rejeter la faute sur eux, foutaises.
Nous sommes TRÈS largement complices dans la société de consommation. Les grands industriels font semblant de nous dire qu'on peut consommer sans limite, et nous faisons semblant de le croire. On peut éventuellement condamner le greenwashing par exemple, parce que c'est une forme de tromperie.
Jusqu'à preuve du contraire, l'argent, l'influence, le lobbying, ont des effets indirects sur les décisions collectives. Parce qu'au final, c'est quand même les citoyens qui votent, un bulletin par personne. Et la majorité ne vote pas pour changer leur mode de vie pour sauver le climat, bien au contraire. Je trouve même assez cynique la récupération des mouvements populaires pour le pouvoir d'achat (style gilets jaunes) par une partie de la gauche écologiste. Ces mouvements de protestation viennent en réalité d'une partie de la population défavorisée sur le plan socio-économique, et qui veut retourner la table pour accéder à la grande consommation de la classe moyenne. Bref, tout ça pour dire que la consommation et la destruction de la planète, c'est plutôt populaire comme point de vue.
"Ils sont coupables parce qu'ils incitent nos plus bas instincts": altermondialistes et Talibans, même combat? Je ne trouve aucune excuse à ce type d'argument d'inversion de la culpabilité. Les industriels ne sont pas plus coupables de nous inciter à acheter des 4x4 polluants, encombrants, et inutiles, que les femmes ne sont coupables d'inciter les hommes à les violer en portant des jupes. "Je suis faible, je ne sais pas résister à la tentation" n'a jamais dédouané personne. Si on n'a aucun courage, on n'arrivera jamais à lutter contre le réchauffement.
Un petit mot sur les solutions technophiles aux problèmes climatiques : il semble aussi caricatural de compter dessus sans rien regarder d'autre, que de les exclure sans les regarder. Les solutions techniques rendent la transition énergétique possible (humainement, socialement, et économiquement). Les autres solutions semblent assez impossibles (ne serait-ce parce qu'elles sont socialement inacceptables). Il ne faut quand même pas oublier que la décroissance contrôlée n'est pas la seule solution : on peut aussi ne pas arriver à contrôler le climat, monter la température de 4°C, et tous crever. Rendre la décroissance plus acceptable grâce à des moyens techniques, c'est une option très intéressante, c'est absurde de la rejeter par idéologie.
[^] # Re: Il faut arrêter ces gens
Posté par arnaudus . En réponse au journal Les IA des GAFAM sont-elles sentientes ?. Évalué à 10.
Donc, d'un côté, il y a les méchants. On les appelle "Ils". "Ils" font des trucs dangereux, brûlent des arbres, asservissent les humains, etc., et mènent l'humanité à sa perte. Qu'est-ce qu'ils sont méchants, "Ils". S'il y avait un enfer, ils brûleraient dedans.
Et d'un autre côté, il y a "Nous". "Nous" on est gentils, victimes, et on serait heureux s'il n'y avait pas "Ils". D'ailleurs, quand "nous" faisons des trucs débiles (genre acheter des poupées gonflables en plastique made in China), c'est parce que "Ils" ont mobilisé le pire de nos instincts. Et ça, c'est quand même très méchant, de mobiliser nos pires instincts, parce qu'on est gentils, c'est quand même pas de notre faute si on a des instincts.
Conclusion : on ne sait pas comment "Ils" dominent le monde. Détruire l'environnement, ça doit donner le pouvoir absolu. En tout cas, ça n'est pas nous qui détruisons l'environnement. Débarrassons-nous de "Ils". Il ne restera alors que les gentils, et nous seront tous heureux jusqu'à la fin des temps!
Signé: Jean-Michel Manichéen.
[^] # Re: Surtout du buzz
Posté par arnaudus . En réponse au journal Les IA des GAFAM sont-elles sentientes ?. Évalué à 9.
Pour le zombie, je trouve que l'expérience de pensée s'arrête dès qu'on essaye d'y mettre de la neuro. Je n'arrive pas à concevoir un zombie philosophique qui aurait les mêmes états d'activation du cerveau qu'un être humain normal. Du coup, tu passes une IRM à ton zombie en lui posant des questions; si ça s'allume à peu près pareil que chez toi quand tu lui fait parler de son enfance, je trouve que le concept de "zombie" devient beaucoup moins concevable.
Ceci dit, on part tous du principe qu'il n'y a aucun doute sur le fait qu'on ait une conscience (en gros, l'idée d'une sorte de petit bonhomme dans ta tête qui regarde le film de ta vie et qui est "toi", qui fait le lien entre le toi d'hier et d'aujourd'hui, etc). Ce qui est carrément intéressant, c'est qu'on n'a jamais identifié une zone du cerveau qui aurait ce rôle; que pas grand chose se passe dans nos neurones quand on a l'impression que le petit bonhomme est là sans rien faire… D'où l'hypothèse de l'illusionnisme (https://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89liminativisme), qui est assez fascinante. L'idée (très contre-intuitive et pas facile à se représenter) serait que la conscience serait une illusion, une sorte de rationalisation à laquelle on tiendrait pour expliquer ce que notre cerveau a fait tout seul. Il y a en tout cas des résultats d'expériences très dérangeants; typiquement, quand on demande à un sujet de prendre une décision (par exemple bouger la main droite ou la gauche), on peut visualiser par IRM sa décision avant que le sujet ait conscience qu'il a pris cette décision (lui est persuadé qu'il n'a pas encore décidé). Il peut même justifier sa décision par des évènements qui ont eu lieu après que son cerveau l'ait pris… un peu comme quand on joue 30s à un jeu vidéo de course automobile avant de s'apercevoir que c'est une démo qui tourne et que la manette n'avait aucun effet. Sauf que là ça durerait toute la vie.
# Surtout du buzz
Posté par arnaudus . En réponse au journal Les IA des GAFAM sont-elles sentientes ?. Évalué à 10.
J'ai l'impression que tous les gens "sérieux" sont d'accord pour dire que l'ingénieur en question a un peu pété un boulon, parce que son protocole de test n'est absolument pas rationnel. Il est dans le même état d'esprit que les petits vieux qui affirment partout que leur chien est plus intelligent que leur voisin, il gâtouille mais il n'y a pas grand chose à chercher là-dedans.
Sur le fond, cette histoire est quand même intéressante, puisqu'elle confirme que ce qu'on pensait fiable au XXe siècle pour caractériser une AI, typiquement le test de Turing, ne l'est en fait pas. Les AI de type "chatbot" moulinent des milliards de dialogues écrits par les humains et ressortent des phrases dans le contexte, ce qui les fait "mimer" une conversation. On n'évalue donc pas l'humanité de l'AI en discutant avec, mais l'humanité des millions d'anonymes qui ont contribué à la construction de la base de données. Ce n'est pas une inférence, on en est certains: par exemple, si on lui demande si elle préfère Mozart ou Beethoven, le chatbot va te répondre savamment sur les mérites respectifs des classiques et des romantiques, l'AI peut même te répondre des trucs aussi "humains" que "ni l'un ni l'autre je préfère le baroque". N'empêche, elle simule, car elle n'a jamais écouté de musique.
J'ai l'impression que c'est le contexte qui a fait naitre l'idée de zombie philosophique en théorie de la conscience. Le zombie serait quelque chose qui agirait de la même manière qu'un humain, mais qui ne ressentirait rien. Il n'y aurait aucun moyen de déterminer s'il a une conscience, et tout nous pousserait à conclure qu'il en a une—du coup, le problème de déterminer si les autres ont une conscience est peut-être indécidable. Ces AI sont des simulations de zombies philosophiques, et c'est pour ça que c'est intéressant d'interagir avec elles.
[^] # Re: Merci l'UE
Posté par arnaudus . En réponse au lien Face aux attentats et aux catastrophes naturelles le système d'alerte par téléphone arrive en France. Évalué à 2.
Bah c'est quand même l'argument de base des mouvements minoritaires : "en fait on est nombreux mais ça ne se voit pas". Suit une série d'arguments plus ou moins absurdes pour expliquer le paradoxe; le vote utile, les médias, les rézosocio, les capitalistes, les gens qui ne votent pas comme il faut parce qu'ils sont endoctrinés, les abtentionnistes qui voteraient pour nous s'il votaient, etc.
Ceci dit, pour les mouvements anti-UE, je trouve que les élus ont une grosse responsabilité. Pendant des dizaines d'années, ils ont utilisé l'UE pour se dédouaner des décisions politiques qu'ils n'assumaient pas, et ils ont tout fait pour stimuler l'idée que l'UE était quelque chose de non-démocratique et qui échappait à tout contrôle. Ce qui est tout simplement faux, surtout pour les gros pays fondateurs (France-Allemagne). Absolument rien ne peut se passer au niveau Européen sans la validation de la France et de l'Allemagne. C'est donc totalement ridicule d'imaginer que l'Europe puisse forcer ces pays à quoi que ce soit.
Pour revenir à la gronde hors média, ça peut quand même ponctuellement exister (typiquement, les gilets jaunes). Ce type de mouvement ne peut pas vraiment exister dans les médias parce qu'ils n'ont pas de porte-parole ni de représentants, à part des images de foules, il n'y a pas grand chose à rapporter. Souvent, ces mouvements invoquent une motivation anarchique à l'absence de représentants ou de revendications, mais c'est probablement en grande partie parce que le simple fait de clarifier les revendications entraineraient l'extinction immédiate du mouvement (c'est ce qui s'est passé avec les gilets jaunes) : discuter permet de se rendre compte qu'au fond on peut être d'accord sur les problèmes, mais pas du tout sur les solutions.
[^] # Re: Merci l'UE
Posté par arnaudus . En réponse au lien Face aux attentats et aux catastrophes naturelles le système d'alerte par téléphone arrive en France. Évalué à 3.
Bah moi non plus, en fait. Ça me semble assez croquignolesque d'accuser les autres de vivre dans une grosse bulle (rassemblant quoi, 90% des électeurs?) sans se poser de question sur la riquiquité de la sienne :-)
Au passage, la France est un des membres fondateurs de l'UE, donc je ne pense même pas qu'on puisse dire qu'elle y a adhéré. On ne parle d'adhésion que lorsqu'on rejoint une organisation existante…
# Sans intérêt
Posté par arnaudus . En réponse au lien Stockage de données sur l’ADN. Évalué à 10.
Le lien n'a aucun intérêt, c'est du gloubiboulga pseudo-vulgarisateur («Un neurologues (sic) m’a dit un jour : “il y a plus d’information dans un cerveau humain que dans internet tout entier”. Alors pourquoi pas stocker de l’information numérique dans de l’ADN"»).
Le coût de la synthèse d'ADN, c'est en gros 1€/4 pb (= 1€/octet, il y a 2 bits par pb) (bon, après ça dépend de la longueur du fragment, là c'est pour > 1ko par fragment). Le coût de la lecture d'ADN, c'est beaucoup moins par octet (< 1000$/génome humain (3Gb), soit 6€/Mo), mais attention, il faut séquencer tout l'échantillon (on ne peut pas choisir le petit bout qu'on veut). Du coup, ça revient beaucoup plus cher, pour lire 1ko dans un tube qui contient 1Go, ça revient à plusieurs centaines d'euros.
Bref, si l'idée n'est pas totalement absurde dans l'absolu, ça n'a aujourd'hui aucun intérêt. Je ne sais même pas si le bilan carbone est meilleur; les séquenceurs sont des grosses machines demandant beaucoup de ressources informatiques, la chimie nécessaire aux opérations de synthèse et de séquençage est complexe, et l'ADN doit être stocké dans de bonnes conditions (froid, -20°C, voire -80°C). Même l'espace nécessaire au stockage n'est pas forcément optimal, parce qu'il faut partitionner les données en de nombreux "secteurs" à lire séparément. Si on réduit trop les quantités d'ADN, ça va commmencer à poser des problèmes de fiabilité, et surtout, la lecture est destructive; après plusieurs cycles de lecture il faudra resynthétiser.
Si vous voulez une vraie application de l'ADN, le marquage pour traçabilité est une vraie possibilité. Un petit pshit d'ADN dans une péniche de blé et on peut tracer le moindre grain de blé jusqu'au consommateur.
[^] # Re: Bonne nouvelle... mais croisade difficile
Posté par arnaudus . En réponse au lien La GPL est à la fois une licence et un accord contractuel. Évalué à 3.
Je crois que dans ce cas ça doit être "tromperie", qui doit être plus précis que "escroquerie". J'ai l'impression que seul l'ayant droit peut poursuivre pour contrefaçon et recel de contrefaçon.
J'imagine qu'il y a en effet "tromperie", mais le préjudice ne va pas être énorme. Si le logiciel fonctionne correctement, la seule chose que tu ne peux pas faire est de le modifier, diffuser, etc. À moins que tu aies des arguments en béton, j'ai peur que tu ne puisses demander qu'un euro symbolique…