Oui, la plupart des textes publiés par Abrüpt sont publiés sous licence CC-BY-NC-SA 4., à l’exception de certains textes sous licence CC0 pour les auteurs qui le demandent :
Et pour les quelques autrices et auteurs qui ont l’extravagance de vouloir s’égarer de leur vivant dans le domaine public, qui n’en ont que faire des agitations de quelconques margoulins, qui vivent hallucinés en parallèle du monde, qui glorifient le partage et la dérive, nous louons leur geste sacrificiel et les accompagnons joyeux en leurs facéties, car nous souhaitons secrètement la généralisation du domaine public à toute notre société. En somme, il y aura là d’autres absconses appellations, plus simples cette fois, CC0 — entendre ici Creative Commons Zero, le domaine public souhaitent.
Merci pour cette belle initiative et pour le partage.
Si tu souhaites réfléchir à rendre libre non seulement les textes que tu publies mais aussi les livres eux-mêmes (leurs mise en pages, leurs couvertures), tu pourrais trouver des idées en regardant ce que font les éditions abrüpt. Voir par exemple ce texte de Joachim Séné, disponible en librairie mais aussi téléchargeable en pdf et disposant de son propre dépôt git permettant de reproduire le livre chez soi.
Je vois une autre sorte d’avantage de la littérature sous licence libre, que tu ne cites pas mais à laquelle tu penses peut-être : les licences libres permettent que les textes continuent de pouvoir être diffusés légalement après la disparition de la maison d’édition ou après la mort de l’auteur (et non de devoir attendre soixante-dix ans après cette mort). Ce n’est pas un effet immédiat, mais qui me semble très important.
Ça doit être parfois vrai (encore faudrait-il préciser quelles pratiques culturelles on considère et compare). Cela dit, il y a peut-être plus de ressemblances culturelles entre un informaticien parisien et un informaticien moscovite qu’entre un médecin séoulien et un ouvrier travaillant à Toyota Onnaing, ou même qu’entre une caissière de Trappes et un berger de Lozère.
Un continent (du latin continere pour « tenir ensemble », ou continens terra, les « terres continues ») désigne au sens propre une vaste étendue émergée continue du sol à la surface du globe terrestre.
Bien sûr il existe de nombreuses définitions complémentaires ou concurrentes d'un continent, dont certaines font appel à des critères plutôt culturels que géographiques.
Sur le plan culturel, pour revenir à mon incompréhension initiale du propos de tkr, la Russie me semble incontestablement plus européenne qu’asiatique (langue majoritaire slave, système d’écriture dérivé du grec, religion majoritaire similaire à la religion majoritaire grecque, arts très fortement inspirés des arts d’Europe occidentale depuis au moins trois cents ans, etc.)
Certes une grande partie du territoire de la Russie se trouve aujourd’hui au-delà de la Volga et de l’Oural. Mais son cœur politique, culturel et démographique se trouve toujours à Moscou, ville européenne d’où a commencé plusieurs siècles d’extensions coloniales.
Oui, l’Oural (la rivière) et l’Oural (la chaîne de montagnes) font partie de la définition qui fait le plus consensus aujourd’hui :
Une frontière communément admise suit la mer Égée, les Dardanelles, la mer de Marmara et le Bosphore (collectivement appelés les « détroits »), la mer Noire, le long de la ligne de partage des eaux du Grand Caucase, la partie nord-ouest de la mer Caspienne, ainsi que le long du fleuve Oural et des montagnes de l'Oural jusqu'à la mer de Kara
C’est une définition qui a souvent changé avec le temps.
De toutes façons, cette délimitation ne peut être que conventionnelle puisque l’Europe n’est pas un continent à proprement parler, mais seulement une petite partie de l’Eurafrasie ;)
J’ai beau y réfléchir, je n’arrive pas à comprendre ce que tu essayes de dire. Tu les situes où, les frontières géographiques et culturelles de l’Europe ?
Quand on parle de « théorie de l'évolution », il n'y aucune ambiguïté possible
Je peux attester que la confusion est bien possible. J’ai le souvenir de conversations avec un ami, cultivé et ayant fait quelques années d’études à l’université et pourtant adepte des explications créationnistes, qui m’assurait que la « théorie de l’évolution » n’était « qu’une théorie », et que l’expression signifiait en réalité « hypothèse de l’évolution ». Ce cas n’est peut-être pas si isolé (l’article rappelle que la proportion des créationnistes dans la population n’est pas insignifiante).
Je trouve quant à moi l’article intéressant sur le fond. Pour nommer les phénomènes qu’ils découvrent, les scientifiques, faute de pouvoir inventer entièrement leur langage, utilisent les approximations de la langue commune et des métaphores (ce sont des poètes : ils essayent de nommer ce qui n’a pas encore été nommé !). Le problème des métaphores c’est qu’elles conduisent parfois à supposer trop de ressemblances entre les deux phénomènes comparés. Pour prendre un exemple encore tiré de la biologie : on dit parfois que l’adn est un code (code génétique). Ce n’est qu’une métaphore. Le « code » dans la plupart des sens renvoie à une écriture et à des scripteurs (l’écriture des codes de lois, l’écriture de symboles…). Si on se laisse trop séduire par la métaphore il pourrait donc être tentant d’imaginer que le « code génétique » a été écrit par quelqu’un (l’adn comme écriture de Dieu, on en revient au même point).
Note incidente : je me demande si quand nous entendons un mot notre cerveau ne convoque pas de façon plus ou moins inconsciente l’ensemble des sens que nous connaissons de ce mot (par exemple, quand j’entends parler des « saveurs » des leptons, une partie de moi-même ne peut pas s’empêcher de penser à des parfums de pistache ou de vanille).
Aussi, pour ajouter un peu de perspective : en France 60 % de la population actuelle n’a pas de diplôme de l’enseignement supérieur. Certains faits scientifiques qui nous paraissent évidents ne le sont peut-être pas la majorité des Français.
C'est compliqué parce qu'il y a la pigmentation de la peau, il y a comment la période s'identifie et il y a comment les autres l'identifient.
Oui. Cela me rappelle l’histoire de Rachel Dolezal, dont les deux parents sont blancs et qui n’a pas d’ancêtres noirs connus, qui a été perçue comme noire pendant des années parce qu’elle s’identifiait et se présentait comme telle. Elle en parle dans un livre (que je n’ai pas lu)
Mais paradoxalement je n'ai jamais entendu parler d'une personne à la peau dite noire s'identifier comme blanche parce qu'elle avait un ancêtre blanc.
Peut-être est-ce lié au fait que les sociétés à fond raciste considèrent qu’une seule goutte de sang noire empêche de pouvoir se revendiquer blanc ?
Gloire à tous ceux qui ont contribué à conserver du parchemin brûlé et indéchiffrable pendant presque 300 ans, dans l’hypothèse que les générations futures s’y intéresseraient toujours et sauraient peut-être en faire quelque chose.
Une autre proposition qui empêcherait peut-être la publication d’un bon nombre de ces journaux: obliger un petit temps d’attente entre la création du compte et la publication d’un premier contenu. Par exemple, attente d’une heure après la création d’un compte pour l’écriture du premier commentaire, un jour pour un message de forum, deux jours pour un lien, trois jours pour un journal. À voir si ça ne dissuaderait pas trop les contributions utiles de nouveaux venus de bonne volonté.
Tout est déjà stocké dans la bibliothèque de Babel. Il n'y a rien à sauvegarder, rien à installer, rien à imprimer, rien à écrire. Juste à profiter de la vie ☺️
Je mettais en contraste le temps de génération du texte (quelques minutes, avec une ia) avec le temps de maturation et de tâtonnements d’une vie et d’une œuvre, qu’il est difficile d’imiter si on ne l’a pas soi-même traversé. J’essayais de relever, dans mes deux commentaires, qu’à mes yeux il manquait justement à ce texte des marques crédibles de maturation et de tâtonnement. Je me suis permis de le faire parce que j’ai cru, peut-être à tort, que la maturation et le tâtonnement étaient des thèmes centraux de cette œuvre (son titre,« repentirs », évoque des traces de corrections, d’essais-erreurs, de cheminement, et ce journal se termine en précisant que les repentirs ne sont pas de la fiction).
Je te l’accorde, il se peut que j’aie cherché dans cette œuvre quelque chose qui ne pouvait pas s'y trouver, que je me sois focalisé sur des aspects largement inessentiels, et que je sois entièrement passé à côté de ses ambitions, de son sens et de sa portée. Peut-être auras-tu la gentillesse de m’indiquer ce que je n’ai pas su y voir, et qui est peut-être évident.
Cette fiction imite un processus de création (une recherche de formes). Je dis que comme il n’y a pas de véritable cheminement et de véritables erreurs, il ne peut pas se produire de véritables trouvailles.
Personnellement (et je me rends compte que je dois bien insister sur le fait que c’est une perspective personnelle, celle de quelqu’un qui est curieux des processus de création en général, et curieux de la recherche de formes poétiques en particulier), ce texte ne me renseigne pas sur le fonctionnement réel d’un processus de création littéraire et sur la manière dont une vie vécue infléchit la recherche de formes artistiques. Et pour cause. Derrière ce texte il n’y a pas de vie vécue, pas d’erreurs, de tâtonnements et de découvertes, ou seulement très indirectement : les fragments de vie qu’ont vécu ceux dont les textes ont été utilisés pour entraîner claudeai).
Pour éclaircir le sentiment que j’ai eu en lisant ce texte, je vais prendre l’exemple d’une autre fiction qui raconte le déroulement d’un processus de création : La recherche du temps perdu de Proust. Apparemment, dans la recherche du temps perdu tout est fictif : les personnages, les lieux, les évènements racontés, les sentiments, les pensées, la rencontre avec le temps à l’état pur qui provoque la décision d’écrire, etc. Pourtant, toute cette matière fictive a été élaborée à partir de la vie de Proust, vie unique qui était la seule à pouvoir sécréter cette œuvre unique qui en est le produit mais non le décalque.
Dire cela ce n’est pas plaider contre les œuvres de fiction. Au contraire, c’est à mes yeux l’une des plus grandes gloires de la fiction de réussir à transformer des expériences vécues en œuvres d’art plus ou moins universelles.
Ainsi, l’écrivain raconte les doutes et les tourments de personnages qui n’ont pas réellement existé et qui vivent des évènements qui n’ont jamais eu lieu, comme tu le dis. Mais, au moment de décrire les doutes et les tourments de ses personnages, de quels matériaux l’écrivain se sert-il ? Il a il me semble deux sources principales : soit il se sert de ses propres expériences, et essaye d’utiliser au mieux les ressources du langage pour coller au plus près de ces émotions qu’il connaît d’expérience et dont il se rappelle, soit il se sert des phrases et des figures dont d’autres se sont servis avant lui et qu’il a déjà entendues ou lues, c’est-à-dire le plus souvent de clichés. Les ias génératives nous permettent de rencontrer une sorte d’écrivain qui ne se sert pour écrire que de ce qu’ont écrit d’autres avant lui (c’est-à-dire les expériences des autres), et jamais de la forme la plus adéquate pour décrire des expériences individuelles (et pour cause…). Autrement dit : les ias sont des écrivains dont les clichés sont la matière première.
Je reviens au texte de départ, à ce récit d’un processus de création. Je ne dis pas que ce texte n’a aucun intérêt intrinsèque et qu’il est impossible de le trouver beau ou touchant.Je crois toutefois qu’en tant que récit d’une expérience ce texte semble largement manquer du plus important à mes yeux : l’expérience.
Personnellement, ce qui m’intéresse le plus dans la création poétique (et plus généralement dans la création artistique), c’est précisément la part individuelle des œuvres, la part personnelle qui ne peut pas être réduite à des clichés. J’ai en général plaisir à lire les journaux personnels des auteurs (plus ou moins fictionnels) pour pouvoir apercevoir le travail laborieux qui permet de réussir à exprimer le plus justement possible leur expérience propre, et qui permet aux auteurs d’essayer de se détacher un tant soit peu des clichés (des manières de dire communes), ce qui n’est jamais entièrement possible (même chez les plus grands écrivains les véritables trouvailles sont peut-être plus rares que les manières de dire communes). Je n’ai pas retrouvé ce plaisir à la lecture de ce texte.
D'accord pour appeler ça une fiction. La question que je pose est donc celle-là : la fiction d'une recherche n'est-elle pas condamnée à ne jamais rien trouver ?
Quelques minutes, donc, suffiraient à simuler une écriture qui aurait duré quarante ans, à simuler un chemin sinueux que personne n’a parcouru.
Imaginons un écrivain qui écrit une phrase, puis, quelques jours ou quelques années plus tard le rature, le remplace par une autre : ce repentir a été possible uniquement parce qu’entre-temps l’écrivain a vécu, s’est transformé, a jeté un regard rétrospectif sur ce qu’il a écrit et sur ce qu’il a été. À quoi bon feindre l’hésitation quand le but final peut être atteint dès le départ, quand rien ne s’est transformé au cours de cette errance qui n’a pas eu lieu ?
Il manque donc peut-être simplement à ce texte la chance d’errer (de faire des erreurs), chance propre à l’expérience d’écrire, et à l’expérience de vivre.
[^] # Re: Textes libres et livres libres
Posté par serol (site web personnel) . En réponse à la dépêche Éditer de la littérature libre : les Éditions du Renard Spatial. Évalué à 2 (+1/-0).
Oui, la plupart des textes publiés par Abrüpt sont publiés sous licence CC-BY-NC-SA 4., à l’exception de certains textes sous licence CC0 pour les auteurs qui le demandent :
https://abrupt.cc/partage/
# Textes libres et livres libres
Posté par serol (site web personnel) . En réponse à la dépêche Éditer de la littérature libre : les Éditions du Renard Spatial. Évalué à 2 (+1/-0).
Merci pour cette belle initiative et pour le partage.
Si tu souhaites réfléchir à rendre libre non seulement les textes que tu publies mais aussi les livres eux-mêmes (leurs mise en pages, leurs couvertures), tu pourrais trouver des idées en regardant ce que font les éditions abrüpt. Voir par exemple ce texte de Joachim Séné, disponible en librairie mais aussi téléchargeable en pdf et disposant de son propre dépôt git permettant de reproduire le livre chez soi.
Je vois une autre sorte d’avantage de la littérature sous licence libre, que tu ne cites pas mais à laquelle tu penses peut-être : les licences libres permettent que les textes continuent de pouvoir être diffusés légalement après la disparition de la maison d’édition ou après la mort de l’auteur (et non de devoir attendre soixante-dix ans après cette mort). Ce n’est pas un effet immédiat, mais qui me semble très important.
[^] # Re: Un système d'exploitation qui appartient à l'Europe.
Posté par serol (site web personnel) . En réponse au lien Découverte du projet EuroOS. Évalué à 2 (+1/-0).
Ça doit être parfois vrai (encore faudrait-il préciser quelles pratiques culturelles on considère et compare). Cela dit, il y a peut-être plus de ressemblances culturelles entre un informaticien parisien et un informaticien moscovite qu’entre un médecin séoulien et un ouvrier travaillant à Toyota Onnaing, ou même qu’entre une caissière de Trappes et un berger de Lozère.
[^] # Re: Un système d'exploitation qui appartient à l'Europe.
Posté par serol (site web personnel) . En réponse au lien Découverte du projet EuroOS. Évalué à 2 (+2/-1).
https://fr.wikipedia.org/wiki/Continent
Bien sûr il existe de nombreuses définitions complémentaires ou concurrentes d'un continent, dont certaines font appel à des critères plutôt culturels que géographiques.
Sur le plan culturel, pour revenir à mon incompréhension initiale du propos de tkr, la Russie me semble incontestablement plus européenne qu’asiatique (langue majoritaire slave, système d’écriture dérivé du grec, religion majoritaire similaire à la religion majoritaire grecque, arts très fortement inspirés des arts d’Europe occidentale depuis au moins trois cents ans, etc.)
Certes une grande partie du territoire de la Russie se trouve aujourd’hui au-delà de la Volga et de l’Oural. Mais son cœur politique, culturel et démographique se trouve toujours à Moscou, ville européenne d’où a commencé plusieurs siècles d’extensions coloniales.
[^] # Re: Un système d'exploitation qui appartient à l'Europe.
Posté par serol (site web personnel) . En réponse au lien Découverte du projet EuroOS. Évalué à 2 (+2/-1).
Oui, l’Oural (la rivière) et l’Oural (la chaîne de montagnes) font partie de la définition qui fait le plus consensus aujourd’hui :
C’est une définition qui a souvent changé avec le temps.
De toutes façons, cette délimitation ne peut être que conventionnelle puisque l’Europe n’est pas un continent à proprement parler, mais seulement une petite partie de l’Eurafrasie ;)
[^] # Re: Un système d'exploitation qui appartient à l'Europe.
Posté par serol (site web personnel) . En réponse au lien Découverte du projet EuroOS. Évalué à 0 (+0/-1).
Avec cette définition les trois quarts des Russes vivent en Europe.
[^] # Re: Un système d'exploitation qui appartient à l'Europe.
Posté par serol (site web personnel) . En réponse au lien Découverte du projet EuroOS. Évalué à 0 (+0/-1).
J’ai beau y réfléchir, je n’arrive pas à comprendre ce que tu essayes de dire. Tu les situes où, les frontières géographiques et culturelles de l’Europe ?
[^] # Re: Dictionnaire, mon bon dictionnaire
Posté par serol (site web personnel) . En réponse au lien La théorie de l’évolution est mal comprise : est‑ce un problème de langue, de vocabulaire ou de psychologie ?. Évalué à 7 (+6/-0).
Je peux attester que la confusion est bien possible. J’ai le souvenir de conversations avec un ami, cultivé et ayant fait quelques années d’études à l’université et pourtant adepte des explications créationnistes, qui m’assurait que la « théorie de l’évolution » n’était « qu’une théorie », et que l’expression signifiait en réalité « hypothèse de l’évolution ». Ce cas n’est peut-être pas si isolé (l’article rappelle que la proportion des créationnistes dans la population n’est pas insignifiante).
Je trouve quant à moi l’article intéressant sur le fond. Pour nommer les phénomènes qu’ils découvrent, les scientifiques, faute de pouvoir inventer entièrement leur langage, utilisent les approximations de la langue commune et des métaphores (ce sont des poètes : ils essayent de nommer ce qui n’a pas encore été nommé !). Le problème des métaphores c’est qu’elles conduisent parfois à supposer trop de ressemblances entre les deux phénomènes comparés. Pour prendre un exemple encore tiré de la biologie : on dit parfois que l’adn est un code (code génétique). Ce n’est qu’une métaphore. Le « code » dans la plupart des sens renvoie à une écriture et à des scripteurs (l’écriture des codes de lois, l’écriture de symboles…). Si on se laisse trop séduire par la métaphore il pourrait donc être tentant d’imaginer que le « code génétique » a été écrit par quelqu’un (l’adn comme écriture de Dieu, on en revient au même point).
Note incidente : je me demande si quand nous entendons un mot notre cerveau ne convoque pas de façon plus ou moins inconsciente l’ensemble des sens que nous connaissons de ce mot (par exemple, quand j’entends parler des « saveurs » des leptons, une partie de moi-même ne peut pas s’empêcher de penser à des parfums de pistache ou de vanille).
Aussi, pour ajouter un peu de perspective : en France 60 % de la population actuelle n’a pas de diplôme de l’enseignement supérieur. Certains faits scientifiques qui nous paraissent évidents ne le sont peut-être pas la majorité des Français.
[^] # Re: Le surentraînement des IA sur des profils types peut nuire à ces profils types
Posté par serol (site web personnel) . En réponse au journal les visages générés par IA. Évalué à 6 (+6/-1).
Oui. Cela me rappelle l’histoire de Rachel Dolezal, dont les deux parents sont blancs et qui n’a pas d’ancêtres noirs connus, qui a été perçue comme noire pendant des années parce qu’elle s’identifiait et se présentait comme telle. Elle en parle dans un livre (que je n’ai pas lu)
Peut-être est-ce lié au fait que les sociétés à fond raciste considèrent qu’une seule goutte de sang noire empêche de pouvoir se revendiquer blanc ?
# Gloire aux archivistes
Posté par serol (site web personnel) . En réponse au lien Des informaticiens parviennent à déchiffrer un rouleau antique calciné par le Vésuve il y a 2 000 ans sans même le dérouler. Évalué à 10 (+13/-0).
Gloire à tous ceux qui ont contribué à conserver du parchemin brûlé et indéchiffrable pendant presque 300 ans, dans l’hypothèse que les générations futures s’y intéresseraient toujours et sauraient peut-être en faire quelque chose.
[^] # Re: Salle d’attente
Posté par serol (site web personnel) . En réponse au journal Les journaux générés par IA. Évalué à 3 (+2/-0).
Le problème c’est que parfois c’est pertinent d’être impertinent.
# Salle d’attente
Posté par serol (site web personnel) . En réponse au journal Les journaux générés par IA. Évalué à 10 (+13/-1).
Une autre proposition qui empêcherait peut-être la publication d’un bon nombre de ces journaux: obliger un petit temps d’attente entre la création du compte et la publication d’un premier contenu. Par exemple, attente d’une heure après la création d’un compte pour l’écriture du premier commentaire, un jour pour un message de forum, deux jours pour un lien, trois jours pour un journal. À voir si ça ne dissuaderait pas trop les contributions utiles de nouveaux venus de bonne volonté.
[^] # Re: Détail des votes
Posté par serol (site web personnel) . En réponse au lien «Permis de tuer» pour les policiers, la loi validée en urgence à l’Assemblée. Évalué à 2 (+1/-0).
Il n’y a pas de surprise, si ? La ligne de démarcation entre la gauche et la droite semble vraiment nette sur une question comme celle-là.
[^] # Re: Excellente idée
Posté par serol (site web personnel) . En réponse au lien sneakerweb : distribution de sites par support physique. Évalué à 1 (+0/-0).
Tout est déjà stocké dans la bibliothèque de Babel. Il n'y a rien à sauvegarder, rien à installer, rien à imprimer, rien à écrire. Juste à profiter de la vie ☺️
[^] # Re: Repentirs
Posté par serol (site web personnel) . En réponse au journal Repentirs — un poème dont l'historique git est l'œuvre. Évalué à 2 (+1/-0).
Je mettais en contraste le temps de génération du texte (quelques minutes, avec une ia) avec le temps de maturation et de tâtonnements d’une vie et d’une œuvre, qu’il est difficile d’imiter si on ne l’a pas soi-même traversé. J’essayais de relever, dans mes deux commentaires, qu’à mes yeux il manquait justement à ce texte des marques crédibles de maturation et de tâtonnement. Je me suis permis de le faire parce que j’ai cru, peut-être à tort, que la maturation et le tâtonnement étaient des thèmes centraux de cette œuvre (son titre,« repentirs », évoque des traces de corrections, d’essais-erreurs, de cheminement, et ce journal se termine en précisant que les repentirs ne sont pas de la fiction).
Je te l’accorde, il se peut que j’aie cherché dans cette œuvre quelque chose qui ne pouvait pas s'y trouver, que je me sois focalisé sur des aspects largement inessentiels, et que je sois entièrement passé à côté de ses ambitions, de son sens et de sa portée. Peut-être auras-tu la gentillesse de m’indiquer ce que je n’ai pas su y voir, et qui est peut-être évident.
[^] # Re: Repentirs
Posté par serol (site web personnel) . En réponse au journal Repentirs — un poème dont l'historique git est l'œuvre. Évalué à 4 (+3/-0).
Cette fiction imite un processus de création (une recherche de formes). Je dis que comme il n’y a pas de véritable cheminement et de véritables erreurs, il ne peut pas se produire de véritables trouvailles.
Personnellement (et je me rends compte que je dois bien insister sur le fait que c’est une perspective personnelle, celle de quelqu’un qui est curieux des processus de création en général, et curieux de la recherche de formes poétiques en particulier), ce texte ne me renseigne pas sur le fonctionnement réel d’un processus de création littéraire et sur la manière dont une vie vécue infléchit la recherche de formes artistiques. Et pour cause. Derrière ce texte il n’y a pas de vie vécue, pas d’erreurs, de tâtonnements et de découvertes, ou seulement très indirectement : les fragments de vie qu’ont vécu ceux dont les textes ont été utilisés pour entraîner claudeai).
Pour éclaircir le sentiment que j’ai eu en lisant ce texte, je vais prendre l’exemple d’une autre fiction qui raconte le déroulement d’un processus de création : La recherche du temps perdu de Proust. Apparemment, dans la recherche du temps perdu tout est fictif : les personnages, les lieux, les évènements racontés, les sentiments, les pensées, la rencontre avec le temps à l’état pur qui provoque la décision d’écrire, etc. Pourtant, toute cette matière fictive a été élaborée à partir de la vie de Proust, vie unique qui était la seule à pouvoir sécréter cette œuvre unique qui en est le produit mais non le décalque.
Dire cela ce n’est pas plaider contre les œuvres de fiction. Au contraire, c’est à mes yeux l’une des plus grandes gloires de la fiction de réussir à transformer des expériences vécues en œuvres d’art plus ou moins universelles.
Ainsi, l’écrivain raconte les doutes et les tourments de personnages qui n’ont pas réellement existé et qui vivent des évènements qui n’ont jamais eu lieu, comme tu le dis. Mais, au moment de décrire les doutes et les tourments de ses personnages, de quels matériaux l’écrivain se sert-il ? Il a il me semble deux sources principales : soit il se sert de ses propres expériences, et essaye d’utiliser au mieux les ressources du langage pour coller au plus près de ces émotions qu’il connaît d’expérience et dont il se rappelle, soit il se sert des phrases et des figures dont d’autres se sont servis avant lui et qu’il a déjà entendues ou lues, c’est-à-dire le plus souvent de clichés. Les ias génératives nous permettent de rencontrer une sorte d’écrivain qui ne se sert pour écrire que de ce qu’ont écrit d’autres avant lui (c’est-à-dire les expériences des autres), et jamais de la forme la plus adéquate pour décrire des expériences individuelles (et pour cause…). Autrement dit : les ias sont des écrivains dont les clichés sont la matière première.
Je reviens au texte de départ, à ce récit d’un processus de création. Je ne dis pas que ce texte n’a aucun intérêt intrinsèque et qu’il est impossible de le trouver beau ou touchant.Je crois toutefois qu’en tant que récit d’une expérience ce texte semble largement manquer du plus important à mes yeux : l’expérience.
Personnellement, ce qui m’intéresse le plus dans la création poétique (et plus généralement dans la création artistique), c’est précisément la part individuelle des œuvres, la part personnelle qui ne peut pas être réduite à des clichés. J’ai en général plaisir à lire les journaux personnels des auteurs (plus ou moins fictionnels) pour pouvoir apercevoir le travail laborieux qui permet de réussir à exprimer le plus justement possible leur expérience propre, et qui permet aux auteurs d’essayer de se détacher un tant soit peu des clichés (des manières de dire communes), ce qui n’est jamais entièrement possible (même chez les plus grands écrivains les véritables trouvailles sont peut-être plus rares que les manières de dire communes). Je n’ai pas retrouvé ce plaisir à la lecture de ce texte.
[^] # Re: Repentirs
Posté par serol (site web personnel) . En réponse au journal Repentirs — un poème dont l'historique git est l'œuvre. Évalué à 0 (+0/-1).
D'accord pour appeler ça une fiction. La question que je pose est donc celle-là : la fiction d'une recherche n'est-elle pas condamnée à ne jamais rien trouver ?
# Repentirs
Posté par serol (site web personnel) . En réponse au journal Repentirs — un poème dont l'historique git est l'œuvre. Évalué à 5 (+5/-1).
Quelques minutes, donc, suffiraient à simuler une écriture qui aurait duré quarante ans, à simuler un chemin sinueux que personne n’a parcouru.
Imaginons un écrivain qui écrit une phrase, puis, quelques jours ou quelques années plus tard le rature, le remplace par une autre : ce repentir a été possible uniquement parce qu’entre-temps l’écrivain a vécu, s’est transformé, a jeté un regard rétrospectif sur ce qu’il a écrit et sur ce qu’il a été. À quoi bon feindre l’hésitation quand le but final peut être atteint dès le départ, quand rien ne s’est transformé au cours de cette errance qui n’a pas eu lieu ?
Il manque donc peut-être simplement à ce texte la chance d’errer (de faire des erreurs), chance propre à l’expérience d’écrire, et à l’expérience de vivre.
[^] # Re: comment cette idée nous vient elle en tête ?
Posté par serol (site web personnel) . En réponse au lien Les femmes qui utilisent l’IA sont vues comme incompétentes, les hommes comme pragmatiques. Évalué à 1 (+0/-0).
Mais d’où vient le patriarcat ? ;)
[^] # Re: Téléphone rose pas cher
Posté par serol (site web personnel) . En réponse au message Téléphone rose pas cher, quelqu'un a testé ça sous Linux ?. Évalué à 2 (+1/-0).
J’ai le même problème avec mon PC, il m’affiche un Manet chaque fois que je demande un Botticelli. Si quelqu’un a une idée pour le dépannage…
[^] # Re: Pas un OS
Posté par serol (site web personnel) . En réponse au lien IoToS - Le prof qui a codé un OS de zéro pour ses élèves. Évalué à 2 (+1/-0).
Je t’ai trouvé une photo d’époque qui permet de comprendre les détails.
Source : https://www.la-croix.com/Abonnes/Formation-biblique/Ancien-Testament/Genese-sept-jours-pour-la-terre
[^] # Re: Pas un OS
Posté par serol (site web personnel) . En réponse au lien IoToS - Le prof qui a codé un OS de zéro pour ses élèves. Évalué à 3 (+2/-0).
Le record est actuellement à 6 jours.
[^] # Re: Pas un OS
Posté par serol (site web personnel) . En réponse au lien IoToS - Le prof qui a codé un OS de zéro pour ses élèves. Évalué à 8 (+7/-0). Dernière modification le 25 juin 2026 à 15:21.
Ça me rappelle une blague : pour faire une tarte aux pommes à partir de zéro, il faut d’abord créer l’univers.
[^] # Re: Solution
Posté par serol (site web personnel) . En réponse au lien Quand l’IA corrige l’IA : un bac de philo très augmenté. Évalué à 1 (+0/-0).
Les notes risquent de sérieusement chuter, à cause des problèmes de concentration que cela induira pour les adolescents.
# À quoi tenons-nous ?
Posté par serol (site web personnel) . En réponse au lien Bien choisir son moment, c'est important !. Évalué à 1 (+0/-0).
Ils ont peut-être raison, dans le fond : nous allons peut-être devoir choisir, nous demander à quoi nous tenons vraiment.